samedi 7 juin 2008

Jim Thompson : 1275 âmes

Polar
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Je m'appelle Nick Corey.

Je suis le shérif d'un patelin habité par des soûlauds, des fornicateurs, des incestueux, des feignasses, et des salopiaux de tout acabit.

Mon épouse me hait, ma maîtresse m'épuise et la seule femme que j'aime me snobe.

Enfin, j'ai une vague idée que tous les coups de pied qui se distribuent dans ce bas monde, c'est mon postère qui les reçoit.

Eh bien, les gars, ça va cesser. Je ne sais pas comment, mais cet enfer va cesser.
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Les 10 premières lignes :
He ben, mes enfants, je devrais l'avoir belle. Être peinard ce qui s'appelle. Tel que vous me voyez, je suis le shérif en chef du canton de Potts, et je me fais pas loin de deux mille dollars par an - sans compter les petits à-côtés.

En plus, je suis logé à l'œil au premier étage de l'immeuble du tribunal, et il faudrait être bougrement difficile pour ne pas se contenter de ça : il y a même une salle de bain, ce qui fait que j'ai pas à me laver dans une lessiveuse ni à patauger jusqu'au fond du jardin pour aller aux cabinets, ce qui est le cas de la plupart des habitants de ce pays.

Moi, mon paradis, je peux dire que je l'ai sur terre. Un vrai filon, que je tiens là, et pourquoi je continuerais pas à faire ma pelote, du moment que je m'occupe de mes oignons et que je prends bien garde de n'arrêter personne, à moins que je puisse pas faire autrement - et encore, à condition que ça ne mène pas loin (...) !
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Extrait :
"Les pauvres petites filles sans défense qui pleurent en voyant leur père entrer dans leur lit. Les hommes qui battent leurs femmes et les femmes qui hurlent des supplications. Les gosses qui pissent au lit, d'angoisse et de peur, et leurs mères qui les punissent en les aspergeant de poivre rouge. Les visages hâves, hagards, ravagés par le ténia et le scorbut. La sous-alimentation, les dettes toujours plus fortes que le crédit. La hantise, comment on va manger, où on va dormir, comment on va couvrir nos pauvres culs tout nus.
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Le genre d'obsession qui fait que, quand on n'a rien d'autre dans la tête, mieux vaut être mort. Parce que c'est le vide des idées, quand on est déjà mort en dedans, et qu'on ne fait plus que répandre la saloperie, la terreur, les larmes, les cris, la torture, la faim et la honte de sa propre mort. De son propre vide."
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Avis :
Nick Corey a un logement de fonction dans une petite ville, une femme et des maîtresses. Il se foule pas trop et en fait le moins possible ce qui semble être d'ailleurs le meilleur moyen pour rester à sa place de shérif. Mais il a ce problème, les élections approchent et il se pourrait bien que son rival arrive à les remporter. Et puis il y a aussi ces deux maquereaux qui lui ont manqués de respect...
1275 Âmes, c'est un peu la horde sauvage de Sam Peckinpah, je veux dire c'est salauds contre salauds, y en a pas un, pas une pour rattraper l'autre.

On y trouve les thèmes chers à Thompson, ceux qu'ils traînent comme une série de casseroles tout au long de son œuvre : la parano, la folie, la violence, le sexe...

Le personnage du Shérif aussi qui veut se faire réélire, le mariage foiré.

Les monologues déjantés du héros (l'anti-héros devrait-on dire) qui tente de justifier ses actions et de tout expliquer au lecteur.
Le personnage de Nick Corey, shérif du conté de Pottsville, est une ordure, mais on s'y attache avec dégoût, c'est un narrateur complexe qui jette un regard désabusé sur le monde.

Plus on avance et plus il semble qu'il prenne toutes les bassesses, tous les côtés sombres de l'être humain sur ses épaules, il y aura d'ailleurs cet étrange passage où Corey se prend pour une sorte de Jésus moderne.

C'est un jouisseur, un calculateur qui tente de retirer son épingle du jeu pour se la couler le plus doucement possible. Il ne recule devant rien pour arriver à ces fins. Il se fait passer pour un idiot afin de mieux enterrer la méfiance des autres et les écrabouiller plus sûrement.

Et on avance dans le bouquin, on s'englue dans le sordide tout en se demandant jusqu'où tout ça va nous mener.

Les scènes comiques alternent avec des scènes d'une rare violence physique et morale (le passage durant lequel Nick s'occupe du cas d'Oncle John est terrible), parfois Thompson mélange tout ça.

Alors, on rit. Mais on rit jaune, plus que jaune, disons, qu'on rit noir...

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Jim Thompson (1906-1977) -
Jim Thompson descend directement dans le coeur des hommes et fait défiler tout un monde de perdants, alcooliques, escrocs.
Pour lui, les hommes ont tous un double, un «démon dans la peau» (titre de l'un de ses livres). Le grotesque, l'abjection, la déchéance: l'écrivain plonge dans ce monde noir, achevant ses livres sans une lueur d'espoir, sans rémission possible.
L'un de ses romans, Monsieur Zéro, donne exactement la définition de ses antihéros. Ils n'ont pas de conscience, bonne ou mauvaise, mais se laissent glisser dans un engrenage, incapables de s'en échapper.
Mais Jim Thompson ne juge jamais, ne condamne pas, n'explique rien. Le thème récurrent de son oeuvre: les choses ne sont jamais ce qu'elles paraissent être et les gens font toujours le contraire de ce qu'ils disent.
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Interrogé par la revue Polar, Georges Perec (qui adapta Des cliques et des cloaques devenu Série noire réalisé par Alain Corneau pour le cinéma) rappelle que «l'intrigue policière ou criminelle n'intéresse pas Thompson».
Son héros «n'a pas de langage. Il est obligé de prendre son langage et ses réactions chez les autres. Il est entièrement conditionné par le monde qui l'entoure.» Même indifférence pour les lieux, le cadre de vie: petites villes, petits snacks pour de petits hommes.
En revanche, la géographie et l'histoire jouent un rôle important: Etats et villes marqués par les conséquences de la crise de 1929, Oklahoma, Texas et Nebraska pour l'essentiel, qui lui permettent un réalisme local voire campagnard.
A ce monde souterrain correspond une carrière mal connue. L'auteur fut oublié longtemps par les Américains qui lui dresseront, bien tardivement, quelques couronnes. Sans doute refusaient-ils de se regarder dans le miroir que Thompson leur tendait. - A lire: chez Folio ou Omnibus)






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L'histoire de Jim Thompson
Arrivé en Thailande au lendemain de la guerre de 1944, Jim Thompson était un ancien agent de l'OSS (qui s'appelle maintenant la CIA).
Séduit par le pays, il développe la production de la soie thailandaise et collectionne les objets d'art ancien asiatique.
Il disparut mystérieusement en 1967, lors d'un séjour chez des amis en Malaisie. C'était un homme extrèmement courtois et stylé.
Jim Thompson est né à Delaware en 1906, dans une famille aisée et bien établie. Il fut diplomé de l'Université de Princeton en 1926. En 1927, il voyagea en Europe, puis il reprit des études d'architecture à l'Université de Pennsylvanie. Il exerce comme architecte à New-York. En 1941, à cause de la seconde guerre mondiale, il ferme son cabinet et s'engage dans l'armée.
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L'agent secret
Peu de temps après son enrolement, il rencontre le Capitaine Edwin Black, de l'OSS et leur amitié dura jusqu'en 1967. Le Capitaine Black eut une grande influence sur Jim, alors lieutenant de 36 ans: il le convainc d'intégrer l'OSS et lui présente une ancienne manequin avec qui il se mariera quelques temps plus tard.
Après avoir recu une formation d'agent de l'OSS sur l'ile de Catalina (Californie), Jim est affecté à l'outre-mer: il sert en Afrique du Nord, France et en Italie. Puis, après la défaite allemande, il forme une équipe à Ceylan (Sri Lanka) avec pour mission d'être parachuté dans la jungle du nord de la Thailande. C'était pour renforcer les opposants thailandais au gouvernement pro-japonais de Bangkok. Mais la guerre cessa à la capitulation japonaise, et le Colonel Thompson arriva alors à Bangkok pour y prendre les fonctions de conseiller militaire à l'ambassade US.

Il se passionne alors pour la Thailande, voyage à travers tout le pays, parfois des semaines entières. Il lie de nombreuses amitiés, y compris auprès de personnes influentes. Il se prépare à revenir en Thailande, lorsqu'il sera démobilisé. Lorsque l'hotel Oriental est mis en vente, il achète un quart des parts. Malgré le mauvais état de l'hotel, ancien quartier général des japonais, il voit des possibilités de développement.

Après sa démobilisation aux USA, il ne parvient pas à convaincre sa femme de le suivre en Thailande qui demande le divorce. Il entame alors une nouvelle vie en Thailande; il cède ses part dans l'hotel Oriental, à la suite d'un désaccord avec Germaine Krull, journaliste francaise au 'Paris Magazine' et co-actionnaire de l'hotel.
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L'industriel
C'est alors qu'il se souvint des pièces de soie qu'il avait vu en Thailande. Cette industrie ancienne était en déclin à cause de la concurrence des produits européens et japonais, bon marché. Il restait une poignée de tisseurs en Thailande.
En 1947, il rencontre Madame Edna Chase, grand nom de la mode Newyorkaise et éditeur de la revue Vogue, et lui présente des échantillons de soie thailandaise. Séduite par le tissus, elle persuade un créateur de dessiner une robe en soie thailandaise. La robe fut présentée dans la revue et ce fut le succès. Mais Thompson devait produire des vetements à taille standardisée pour obtenir des commandes.
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Il fonde alors la 'Thai Silk Company', et améliore les couleurs, suit la qualité. Il incite les vieux tisseurs et en quelques mois près de 200 tisseurs travaillent pour lui. En 1951, la soie de Jim Thompson est utilisée pour la comédie musicale "Le Roi et Moi"; l'affaire prend de grandes proportions au point de devenir l'une des principales exportations du pays.
Deux plantations de murrier (pour l'élevage des vers à soie) sont créées au nord de la Thailande. En 1960, la "Thai Silk Company" compte 2000 tisseurs, et l'activité est si profitable, qu'il y a déjà 140 concurrents.
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Le collectionneur
L'autre activité qui le passionnait le plus, avec l'industrie de la soie, c'est sa collection d'oeuvres d'art asiatique. Il aimait visiter les villages du nord de la Thailande et commenca à s'intéresser à l'art thailandais, peintures sur soie, sculpture sur bois, et sculptures bouddhistes. Pour contenir tous ces trésors, il fit construire une maison a Bangkok : il racheta trois vielles maisons du XIX°siècle dans la région d'Ayutthaya et les fit reconstruire, sur un terrain qu'il acheta le long d'un klong à Bangkok. Il ajouta des corridors, un escalier et des salles de bains.

La collection comprend des laques birmanes, des bronzes cambodgiens, des poteries Ming, des chandeliers en cristal Victorien.
Jim Thompson invitait souvent des personalités à diner à la lumière des bougies et des torches du jardin tropical, avec un orchestre et des danseurs traditionnels thailandais. Thompson voulait céder la maison et la collection à la Siam Society, mais on le soupconnait d'avoir acheté des pièces volées dans les ruines khmères; il répliquait alors que de toutes façons les pièces étaient restées en Thailande grace à lui.
Deux ans avant sa disparition, il eu un grave désaccord avec les membres de la Siam Society à propos de la réelle appartenance de plusieurs objets, et de leur restitution.
La rumeur indique qu'il aurait changé son testament, la Siam Society étant alors déshéritée. Mais le testament ne fut jamais retrouvé.
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Au milieu des années 60, le siège de la Thai Silk Company devenait trop étroit et Thompson conçut les plans d'un nouveau batiment qui fut achevé en 1967. Il était surmené et fatigué, souffrait de calculs biliaires et avait accepté l'idée d'une opération plus tard cette année là. Il portait toujours sur lui des pillules pour appaiser la douleur. Il avait besoin de repos et l'opportunité vint, lorsque son amie, Connie Mangskau, l'invitat pour les vacances de Paques dans le chalet d'amis communs, le Dr Ling et son épouse, dans les Monts Cameron en Malaysie.
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Madame Mangskau etait anglaise, d'origine thai, et veuve d'un norvégien, capitaine de bateau. Thompson l'avait rencontré en 1945 lorsqu'elle travaillait comme interprète auprès des services alliés à Bangkok. Ils étaient devenus bon amis, il l'avait aidée à ouvrir sa première boutique d'antiquités, à l'hotel Trocadero puis à l'hotel Oriental, et plus tard il lui avait tracé les plans de sa fameuse maison Thai, qui était semblable à la sienne.
Le Dr ling, un homme d'affaire chinois de Singapour, et son épouse, Helen, avaient déjà invités Thompson et Connie Mangskau, trois ans plus tôt, à Paques, dans leur maison des Monts Cameron. Lorsque l'invitation a été renouvellée à Paques 1967, Thompson acceptat sans hésitation. Il aimait la vieille station britanique et il aimait bien les Lings, qui étaient aussi collectionneurs et antiquaires.
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Les Monts Cameron
Alors que Thompson avait beaucoup de détails à régler pour le déménagement de ses bureaux, il demanda à Connie de s'occuper du voyage. Lorsqu'il se retrouvèrent à l'aéroport, jeudi après-midi, thompson avait oublié de se faire vacciner contre le cholera et avait omis le certificat d'imposition et Connie, qui connaissait des responsables de l'aéroport, arrangea les difficultés.
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Cet indident mineur, souligne que Thompson n'avait pas prévu de quitter la Thailande, ni envisagé de rester longtemps hors du pays. Il avait sur lui 100 dollars en espèces. L'avion décolla à l'heure en direction de Penang.
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Des faits étranges se produisirent à leur arrivée à Penang. 'Aucun de nous n'avions été ici avant et nous étions anxieux de voir l'ile' rappelait Mme Mangskau. 'Nous avons loué une voiture et roulions autour de l'ile lorsque Jim devint anxieux et voulait retourner à Georgetown pour se faire couper les cheveux'. Mme Mangskau admis qu'elle était ennuyée, mais elle accepta de le déposer chez un coiffeur avant de retourner à l'hotel Ambassador, où ils avaient réservé deux chambres.
A son retour Thompson indiqua qu'il aurait préféré descendre à l'hotel E&O qui était un ancien établissement colonial, comme l'Oriental de Bangkok. Avait-il été à cet hotel pour quelque raison ?
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Le lendemain matin, ils prirent un taxi privé pour voyager jusqu'au 'Moonlight Cottage', la maison des Ling. Le taxi les pris en charge à l'hotel, mais il s'arréta 10 minutes en ville et le chauffeur entra dans un bureau. Un autre chauffeur revint et pris le volant.
Lorsqu'il arrivèrent à mi-chemin, à Tapah, le chauffeur s'arrêta à la station de taxi et annonça qu'il devait changer de véhicule, parce que le moteur ne fonctionnait pas bien. Il les invita à prendre un autre taxi, dans lequel deux chinois attendait déjà. Mme Mangskau devint iritée: elle avait payé pour un taxi privé et ne voyait pas pourquoi elle devait partager.
Le chauffeur acquiessa et les chinois descendirent du taxi. Mangskau et Thompson poursuivirent leur voyage et arrivèrent au chalet quelques minutes après les Ling, et eurent un diner paisible en soirée.
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Le lendemain matin, le Dr Ling annonca qu'il avait trouvé une nouvelle piste pour aller au golf ou ils devaient prendre le déjeuner, et il demanda à Thompson s'il voulait l'accompagner pour cette promenade.
Thompson accepta, mais comme ils étaient toujours absents à midi, les femmes envisagèrent d'appeler la police. Mais finalement, les deux hommes arrivèrent tranquillement au club, fatigués et las. Dr Ling s'était fait une élongation à la jambe mais Thompson avait bon moral.
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Le matin suivant c'était le dimanche de Paques et les Ling avaient pour habitude d'aller à la messe, à la petite église du village. Mme Mangskau et Thompson décidèrent de les accompagner, mais Thompson préféra aller à pied.
C'était le seul instant ou Thompson était seul, et l'enquète insista sur le fait que c'était le bon instant si quelqu'un avait voulu kidnapper Thompson. Après l'office religieux, Thompson voulait retourner au cottage, mais Mme Ling avait préparé un picnic. Ils conduisirent jusqu'à une partie isolée près de leur maison.
Thompson semblait mal à l'aise et était anxieux de retourner au cottage. Il commenca à ranger les affaires avant les autres. Ils rentrèrent au cottage à 14h30 et Mme Mangskau suggéra un peu de repos avant le diner, ce que tous approuvèrent, sauf Thompson.
La dernière fois qu'ils le virent, il était assis dans le salon. Quelques instants plus tard, alors que les Ling étaient dans leur chambre, au rez-de-chaussée, il entendirent le frottement d'un transat en aluminium comme s'il était tiré à travers la véranda. Ils supposèrent que Thompson voulait rester au soleil, mais quelques minutes plus tard, ils entendirent des pas dans le chemin de gravier.
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Disparition mystérieuse
A 17h00, Thompson n'était pas rentré. Dans sa chambre, il n'avait pas touché au lit et avait laissé ses cigarettes et ses pilules, alors qu'il ne s'en séparait jamais, parce qu'il fumait beaucoup. Au coucher de soleil, Dr Ling appela la police. La région était en alerte. S'il n'était pas de retour à l'aube, une recherche serait lancée. Mais le Dr Ling n'attendit pas, il téléphona à un ami qui avait un chien et lui demanda de l'aide.
L'ami arriva avec un colonel britanique en congé. Ils suivirent une piste qui conduisit aux 'Beehives', qu'avait déjà emprunté Thompson et la veille, il avait déclaré vouloir emprunter ce chemin à nouveau. Les hommes revinrent bredouille à minuit puis engagèrent une seconde recherche, elle aussi sans succès.
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A l'aube, la police ratissa la zone dans un rayon de 8 kilomètres autour du cottage, sans succès. 1500 personnes entreprirent la plus grande chasse à l'homme dans l'histoire de la région. Mais Thompson ne fut jamais retrouvé.
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La légende
Le mystère demeure sur la disparition de Jim Thompson à 61 ans, le dimanche 26 mars 1967.
Est-ce que l'industrie de la soie n'était pas une couverture pour lui permettre de poursuivre ses activités dans le renseignement ?
Quelques temps après la disparition de Jim Thompson, sa soeur fut retrouvée morte, rouée de coups dans sa maison de Pennsylvanie. Son bureau avait été fouillé et des papiers gisaient au sol, mais l'argent n'avait pas été volé.
Une série télévisée, "Silk Knot", en 10 épisodes a été produite.
Source: d'après un article en anglais de Harold Stephens -
Bangkok Post - 2000

vendredi 6 juin 2008

James Hadley Chase : Pas d'orchidées pour Miss Blandish

Polar

Le bonheur, c'était ce qui attendait la jolie Miss Blandish. Le bonheur des riches, grâce aux dollars de son milliardaire de père. Kidnappée par la bande Grisson, que commandait M'man Grisson, véritable ogre en jupons, Miss Blandish aurait pu connaître une fin miséricordieuse: être tuée par ses ravisseurs. Mais le pire l'attendait.
L'amour de Slim Grisson. L'amour malsain, brutal, sadique, de Slim Grisson, le demi-fou, le tueur dégénéré.

James Hadley Chase (1906-1985)
Avant de prendre des pseudonymes à consonance américaine (dont celui de Raymond Marshall), le Britannique René Brabazon Raymond était courtier en librairie. Et avait un avantage sur les autres: il lisait tous les livres qu'il conseillait.

A 33 ans, inspiré par Hemingway, Faulkner, l'esthétique hard-boiled de Dashiell Hammett - et après avoir étudié l'argot américain -, il entreprend son premier roman, Pas d'orchidées pour Miss Blandish.
Succès mondial dès sa sortie en 1939, c'est devenu l'un des fleurons de la Série Noire.
Avec près d'une centaine de titres, James Hadley Chase a popularisé, à défaut de les créer, les canons d'un nouveau genre, le «réalisme noir», mélange de brutalité et de pessimisme, de spontanéité et de pudeur, à l'opposé du roman psychologique.

Il ne juge pas, ne démontre rien, se contentant de mettre en scène des personnages paumés, qu'il laisse se débattre dans leur misérable condition.

L'écriture, très cinématographique, installe immédiatement une atmosphère, souvent poisseuse. Chase avait l'art de harponner le lecteur dès la première phrase. Comme dans cette ouverture de la nouvelle Tour de passe-passe: «Il vous arrive parfois de rencontrer une nana tellement bandante que vous avez envie de la regarder une deuxième fois.»

Ses personnages sont des stéréotypes mais son imagination, diabolique, lui autorisait tous les rebondissements, clé de son succès avec sa force narrative.

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En savoir plus :
http://jameshadleychase.free.fr/
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Sélections de quelques romans parus en poche :
http://www.livrenpoche.com/auteur/Chase-James-Hadley/10900.html
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Note :
Bien longtemps que je ne l'ai plus relu... en fait, il ne me reste que peu de souvenir à part "pas d'orchidée pour miss Blandish"... à l'occasion, je regarderai chez mon bouquiniste ce qu'il a en rayon...

jeudi 5 juin 2008

Agatha Christie : La mort n'est pas une fin



Polars

Seul roman historique de la reine du crime. L'histoire se passe à Thèbes en 2000 av J.C., sous le règne du pharaon Imhotep. Depuis qu'Imhotep a ramené Renisenb, sa nouvelle concubine, rien ne va plus au domaine... Elle l'a ensorcelé et il faut agir vite, avant qu'elle ne prenne complètement le pouvoir.








Sur les bords du Nil, en Égypte, près de Thèbes, 2 000 ans avant Jésus-Christ. Prêtre de la maison des morts, Imhotep doit veiller à l'entretien du tombeau d'un riche notable. En échange, il a reçu de nombreuses terres et des troupeaux.
Ce propriétaire avisé n'a pas confiance dans l'esprit d'initiative de sa progéniture à qui il impose ses décisions.
Devenue veuve, sa fille Renisenb revient vivre au domaine familial, et perçoit vite les tensions générées par cette dictature patriarcale. Les choses s'aggravent lorsque Imhotep rentre de Memphis accompagné de Nofret, une beauté de 18 ans présentée comme sa concubine.
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Le ton monte entre le père et ses fils à qui il reproche de n'avoir pas respecté ses consignes. Lorsqu'il repart régler quelques affaires, Nofret préfère rester seule au sein d'une famille hostile. Elle est jeune, belle et sait fort bien s'y prendre pour devenir riche. Pourtant, cet esprit machiavélique ignore que son attitude va déclencher une série de meurtres. Ce huis clos familial et les rivalités qui en découlent constitue l'unique roman historique d'Agatha Christie. Bien qu'elle ait choisi l'Égypte antique comme décor exotique, son intrigue reste résolument moderne. Une autre singularité de ce roman tient à l'absence de détective car délaissant ses habituelles enquêtes, la reine du crime a préféré écrire une chronique criminelle fluide et bien enlevée.
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Agatha Christie (1890-1976) : Son père disparaît alors qu'elle n'a que onze ans: Agatha Miller commence alors à écrire des poèmes et rêve de devenir pianiste. Elle admire Gaston Leroux et sa soeur lui lance un défi: faire aussi bien que Le mystère de la chambre jaune! Résultat: La mystérieuse affaire de Styles (1920), première apparition d'Hercule Poirot.
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Elle rencontre le succès six ans plus tard avec Le meurtre de Roger Ackroyd, grâce à une transgression: la manipulation du lecteur... La même année, un épisode étrange contribue à sa célébrité: trompée par son militaire de mari, elle disparaît plusieurs jours après avoir abandonné sa voiture. Retrouvée dans un hôtel où elle s'était enregistrée sous un faux nom, elle évoquera une amnésie... Remariée à un archéologue, elle trouve en voyage des cadres à ses romans. Son expérience d'infirmière de guerre lui sert à décrire les poisons.
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Les recettes de la reine du roman d'énigme (le «whodunit») sont en apparence simples: une histoire en lieu clos et une mécanique intellectuelle réglée avec minutie. La recherche du mobile s'effectue par l'étude psychologique des suspects, à savoir l'ensemble des personnages.
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Règle d'or: toujours surprendre son lecteur à la fin. Et s'assurer sa fidélité en publiant deux livres par an: «Je suis une machine à saucisses», disait-elle. Mais comment expliquer le record de quatre milliards de romans vendus (selon le Guinness)?
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Ses héros, Miss Marple et Poirot, sont stéréotypés, donc universels. Et le regard lucide, impitoyable, porté sur la «bonne» bourgeoisie fait mouche à tous les coups. Autre raison: en démasquant les criminels, ses enquêteurs révèlent les tares de la nature humaine. Et démontrent qu'il y a un assassin potentiel en chacun de nous. T.S. - A lire: L'intégrale (Editions du Masque)
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Les crimes commis par Agatha CHRISTIE
Les plus connus sont bien évidemment les meurtres, mais ils ne sont pas les seuls.
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Les vols
Ils peuvent aller du vol de bijoux au vol de plans plus ou moins secrets. Pour ces derniers, Poirot est le grand spécialiste, alors que les bijoux intéressent tout autant Mr Parker Pyne (bien que ce dernier intervienne rarement dans des affaires criminelles).
l'Affaire de l'appartement bon marché, vol de plans américains ;
« l'Affaire du Bungalow », le Club du mardi, un vol de bijoux ;
« À l'enseigne du « Bells and Motley » », le Mystérieux Mr Quinn, vol de biens divers ;
« le Bout du monde », le Mystérieux Mr Quinn, vol d'une opale ;
« l'Émancipation d'Edward Robinson », le Mystère de Listerdale, vol d'un collier de bijoux ;
« l'Émeraude du Radjah », le Mystère de Listerdale, vol d'une émeraude ;
« le Fruit d'un dimanche », le Mystère de Listerdale, vol de rubis
;
« Jane trouve du travail », le Mystère de Listerdale, vol de perles ;
« les Lingots d'or », le Club du mardi, vol de lingots d'or ;
le Lion de Némée, avec Poirot, vol de pékinois (!) ;
« Mr Eastwood cherche une histoire », le Mystère de Listerdale, vol d'une collection d'objets précieux ;
« l'Oracle de Delphes », Mr Parker Pyne, vol de bijoux couplé à un enlèvement ;
« la Perle de grand prix », Mr Parker Pyne, vol d'une perle en boucle d'oreille ;
les Plans du sous-marin, avec Poirot ;
Vol de bijoux à l'hôtel Metropolitan, avec Poirot ;
le Vol de l'Étoile du Nord, avec Poirot, vol de bijoux ;
À noter qu'un vol de bijoux est à l'origine de nombreux meurtres dans Le Chat et les Pigeons.
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Les meurtres
Ils sont évidemment très nombreux, et sont classés ici par moyen d'exécution.
Empoisonnements
Agatha Christie ayant été infirmière pendant la Première Guerre Mondiale, elle connait bien le sujet. Son premier livre a d'ailleurs été remarqué dans le journal des pharmaciens comme ne faisant pas appel au cliché classique du « poison qui ne laisse aucune trace » et comme décrivant des symptômes réalistes. Les poisons utilisés sont variés :
La
strychnine, remarquable par son goût très amer, ne saurait être administrée que dans du café. Utilisée dans :
la Mystérieuse affaire de Styles, son premier roman et la première affaire de Poirot en Angleterre.
l'Arrivée de Mr Quinn.
L'
arsenic, incontournable, le plus souvent extrait d'herbicides divers. Citons « SOS » (le Flambeau), la Troisième Fille (sans succès), « la Maison de la mort qui rode » (le Crime est notre affaire), « le Club du Mardi » (Miss Marple au club du mardi).
Le cyanure d'hydrogène, ou
acide prussique, autre classique. Utilisé dans :
Meurtre au champagne, dissout dans du champagne ;
le Miroir se brisa, sous forme gazeuse ;
le Géranium bleu, une des nouvelles de Miss Marple au Club du Mardi ;
la Plume empoisonnée, le premier meurtre ;
la Porte de Bagdad, le criminel se suicidant.
le
thallium, aux effets variés mais entraînant toujours la chute des cheveux. Dans Le Cheval Pâle ;
la
nicotine, alcaloïde très toxique pur (avis aux fumeurs). Dans Drame en trois actes ;
le phosphore, à l'origine d'une haleine phosphorescente. Dans Témoin muet ;
le
véronal, un somnifère. Dans Pension Vanilos, le Couteau sur la nuque ;
de la teinture à chapeaux. Dans Cartes sur table ;
du venin de
boomslang, un serpent africain, dans Mort dans les nuages ;
du
chlorhydrate de morphine, forme saline de la célèbre drogue dans Je ne suis pas coupable ;
la
gelséminine, extraite du jasmin jaune, dans les Quatre ;
de l'extrait de
ricin, dans le Crime est notre affaire ;
de la
taxine, dans Une poignée de seigle
de l'ésérine, dans la Maison biscornue ;
de la
digitaline, dans « l'Herbe de mort », une nouvelle du Club du mardi ;
de l'
atropine, dans l'Empreinte de Saint Pierre.
On peut classer dans cette catégorie les maladies inoculées, comme le charbon dans Cartes sur table.
À noter, pour les chimistes en herbe, quelques méthodes de préparation de poisons, dans la Mystérieuse Affaire de Styles par exemple, ou pour se procurer du poison, dans Pension Vanilos.
Enfin, Agatha Christie, bien que régulièrement elle se moque de ce cliché, ne dédaigne pas le poison inconnu, sous la forme d'un nouveau gaz toxique dans « la Beauté d'Hélène » (avec Mr Satterthwaite), pour un meurtre très scientifique.
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Morts par armes tranchantes
Le plus célèbre du genre est bien évidemment le Crime de l'Orient-Express, mais il y a aussi :
ABC contre Poirot, le dernier meurtre (lettre D) ;
Cartes sur table, pour le meurtre de Mr Shaitana ;
« le Chant du cygne », le Mystère de Listerdale ;
deux des meurtres dans le Couteau sur la nuque ;
le Crime du golf, toujours avec Poirot ;
dans « Impasse au roi », le Crime est notre affaire, avec un stylet ;
le Meurtre de Roger Ackroyd, avec Poirot, premier roman traduit en français ;
le Mystère du bahut espagnol, avec Poirot, l'arme étant un fin et long stylet ;
la Plume empoisonnée, le second meurtre, avec une broche ;
un égorgement, dans Les Quatre ;
le Sanglier d'Érymanthe, au rasoir ;
« le Sanctuaire d'Astarté », le Club du mardi (Miss Marple), avec un poignard ;
la Troisième Fille, le meurtre du peintre, avec un couteau ;
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Morts par armes à feu
Elles sont plus rares, mais existent aussi, en particulier dans :
le Chat et les Pigeons, le premier meurtre comme le dernier ;
Feux d'artifice, une petite nouvelle avec Poirot et Japps ;
la Maison du péril, mais restant sans effet ;
Mort sur le Nil, où ils sont d'ailleurs nombreux ;
l'Ombre sur la vitre, nouvelle avec Mr Quinn ;
Passager pour Francfort, le dernier meurtre (et de nombreux attentats) ;
le Rêve, où
l'on retrouve le docteur Stillingfleet ;
le Secret de Chimney's ;
le Signal rouge, une nouvelle du recueil Le Flambeau ;
le Signe dans le ciel, nouvelle avec Mr Quinn ;
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Strangulations
Elles existent aussi, l'étranglement pouvant être dû à divers objets :
ABC contre Poirot, la lettre B, avec une ceinture de soie ;
La dernière énigme, directement avec les mains (gantées, bien sûr) ;
Les vacances d'Hercule Poirot, directement avec les mains ;
L'homme au complet marron, le meurtre de l'actrice Nadine ;
Le train bleu, le seul meurtre du livre ;
dans « l'Oiseau à l'aile brisée », l'une des nouvelles du Mystérieux Mr. Quinn, une femme est étranglée avec une corde de guitare.
On peut y adjoindre les diverses tentatives d'assassinat par le gaz, dans La plume empoisonnée et dans Meurtre au champagne ;
ainsi qu'une excellente petite nouvelle, parue pour la première fois en France à la fin du premier tome de l'édition du Masque des oeuvres complètes en cours de parution.
Bien qu'il ne s'agisse pas de strangulation au sens propre, la mort par noyade (qui peut se rapprocher d'un accident) est due aussi à l'asphyxie. Elle est utilisée dans la Voix dans les ténèbres (avec Mr Quinn) ; le Seuil ensanglanté, la Demoiselle de compagnie et Mort par noyade (avec Miss Marple).
*
Morts par armes contondantes
On en trouve aussi quelques unes :
ABC contre Poirot, lettres A et C, avec une canne plombée ;
Cinq heures vingt-cinq, le meurtre du capitaine Trevilyan, avec un boudin de sable ;
le Chat et les Pigeons, les deux derniers meurtres, avec un boudin de sable ;
Mrs MacGinty est morte, le meurtre de Mrs MacGinty, avec un couteau à sucre ;
« Six pence pour une chanson », le Mystère de Listerdale ;
Tragédie de Noël, avec un sac de sable
.
*
Accidents et divers
Ils sont particulièrement mis à profit dans la Maison biscornue : des pierres, éléments de sculpture et autre se détachent malencontreusement. Aussi utilisé dans le Noël d'Hercule Poirot (une boule en pierre, servant de pomme d'escalier) et dans la Maison du péril (un tableau). Tomber d'une falaise peut aussi être efficace, dans Une mémoire d'éléphant, bien qu'il y ait des ratés (l'Homme au complet marron) ; à défaut d'une falaise un cheval peut faire l'affaire, comme dans la Nuit qui ne finit pas, ou un escalier, comme dans les Quatre Suspects ou le Mort avait les dents blanches. Et bien sûr, les Dix Petits Nègres.
Un meurtre particulièrement astucieux est décrit dans T.S.F., utilisant la radio (!).
*
Enlèvements et disparitions
Poirot surtout est concerné par cette catégorie d'enquêtes. Ce sont :
l'Enlèvement du premier ministre, pour empêcher une réunion pendant la guerre ;
la Disparition de Mr Davenheim, dans un but frauduleux ;
la Biche aux pieds d'airain, pour raisons de santé ;
Mais les époux Beresford aussi peuvent y être confrontés, dans Mr Brown et, si l'on veut, dans le Crime est notre affaire.
Un cas un peu particulier, rencontré par Mr Quinn et Satterthwaite, est raconté dans À l'enseigne du « Bells & Motley
».
*
Affaires de drogue
Là encore, surtout Poirot est concerné ; quelques nouvelles sont entièrement fondées sur la drogue mais beaucoup de romans y font allusion sans que ce soit l'intrigue principale. Ce sont, entre autres :
Une petite mention dans Les vacances d'Hercule Poirot, d'ailleurs remplacée par des bijoux dans la version cinématographique avec Peter Ustinov (la personne impliquée étant aussi différente...) ;
la Capture de Cerbère, la comtesse Vera Rossakof étant impliquée à son insu ;
Les événements de Pension
Vanilos découlent en partie de la drogue (mais aussi des bijoux) ;
Une utilisation très différente de la drogue est de rendre fou, pour éventuellement mener au suicide, ce qui est exploité dans la Troisième Fille et le Jardin des hespérides.
*
Les « grandes » organisations criminelles ; les luttes contre un cerveau du crime
Ce type de roman apparaît dès les premiers romans :
Mr Brown, première aventure des époux Beresford ;
Et pourquoi pas Evans ? ;
l'Homme au complet marron ;
Les Quatre avec Poirot, où l'organisation est très clairement définie ;
Passager pour Francfort, où il faut lutter contre diverses associations nazies ;
Destination
inconnue
Dans un genre voisin se situent les affaires d'espionnage, spécialité des époux Beresford (même si Hercule Poirot à des accointances avec les Services Spéciaux).
*
Divers
Beaucoup d'inclassables dans le genre franchement criminel, en particulier les affaires traitées par l'agence Parker Pyne. Mais aussi :
L'hydre de Lerne, où comment faire taire une rumeur ;

mercredi 4 juin 2008

Georges Simenon : L'affaire Saint-Fiacre


polar

« Un crime sera commis à l'église de Saint-Fiacre pendant la première messe du Jour des morts. » Tel est le message reçu par la police de Moulins qui en a averti Paris. Maigret se rend aussitôt sur place, car il a passé son enfance à SaintFiacre, dans l'Allier, où son père était régisseur du château. Il assiste à la messe au cours de laquelle la comtesse de Saint-Fiacre meurt... d'une crise cardiaque.

Le commissaire découvre pourtant rapidement que cette mort a été provoquée par une émotion violente : il trouve en effet, dans le missel de la comtesse, un extrait du Journal de Moulins annonçant la mort de Maurice de Saint-Fiacre, fils de la châtelaine. Or, celui-ci vient d'arriver de Paris au village, où il comptait demander à sa mère, comme il en a l'habitude, l'argent nécessaire à payer ses dettes.

L'enquête, menée au château, au village et à Moulins, se déroule dans une atmosphère pesante et émouvante à la fois, car Maigret, se rappelant son enfance avec une pointe de nostalgie, se rend compte que les choses ont beaucoup changé en trente-cinq ans. Le domaine n'est plus que l'ombre de ce qu'il était au temps où le père du commissaire s'en occupait : les ventes de terrains se sont en effet succédé depuis la mort du comte de Saint-Fiacre pour couvrir les folles dépenses de Maurice, qui mène à Paris une vie fastueuse ; de plus, la comtesse s'est laissé gruger par de nombreux « secrétaires » qui ont été autant d'amants successifs. Le dernier de ceux-ci, Jean Métayer, se sentant soupçonné, fait appel à un avocat ,de Bourges dont la suffisance irrite Maigret.
Néanmoins, le commissaire n'arrive à aucun résultat positif et il faut attendre, pour connaître le coupable, que Maurice de Saint-Fiacre organise, le lendemain du décès, un dîner placé « sous le signe de Walter Scott » (titre de chapitre) auquel sont conviés, outre les personnages cités ci-dessus, le curé, le médecin, le régisseur actuel et son fils, tous meurtriers possibles. Maurice de Saint-Fiacre y mène un jeu subtil que Maigret est réduit à suivre en témoin et cette scène à l'aspect lugubre aboutit à la découverte de l'assassin : il s'agit du fils du régisseur, Emile Gautier, qui a opéré avec la complicité de son père, lequel rachetait, en sous-main, les terres que la châtelaine devait vendre ; ainsi, la famille du régisseur espérait devenir propriétaire du domaine de Saint-Fiacre.



Adapté au cinéma :
Adapté à la télévision :

*Note du magazine Lire :
Georges Simenon (1903-1989) Ecrire «gris», limiter son vocabulaire pour «ne prendre que les mots qui ont la même résonance dans chaque esprit», les détracteurs de Simenon le lui ont longtemps reproché.

Or ce minimalisme veut correspondre aux histoires qu'il raconte. Le rythme est souvent caractéristique pour exprimer l'action des personnages. Il affectionne le monologue intérieur et les interrogations indirectes. «Je suis un instinctif, dit-il à Bernard Pivot en 1981 lors de l'émission Apostrophes, je ne suis pas du tout un intellectuel. Je n'ai jamais pensé un roman, j'ai senti un roman. Je n'ai jamais pensé un personnage, j'ai senti un personnage. Je n'ai jamais inventé une situation. La situation est venue lorsque j'écrivais un roman mais je ne savais pas du tout où mon personnage allait me mener.»

En écrivant ses premiers Maigret, Georges Simenon explique qu'il le fait pour apprendre le métier d'écrivain et que le choix du roman policier lui paraît plus facile, plus technique. Il instaure dès le début ses rituels d'écriture: rumination, rassemblement des informations, rédaction.

Il tape directement à la machine, évite de trop se relire, travaille dans une sorte de transe, en quelques jours pour ne pas perdre le fil de son histoire. La dernière étape est celle de l'ultime relecture où l'auteur se contente le plus souvent d'alléger encore son style, retirant des adjectifs, des adverbes.

Ce qui l'intéresse, c'est le criminel beaucoup plus que le crime. Maigret au début n'est qu'une silhouette qui va peu à peu se préciser, manifestant sa sympathie pour les petites gens, Paris et ses quartiers populaires.

Au départ, Simenon choisit de se pencher sur un homme sans aspérité en état de crise. Les décors restent un peu les mêmes, une France réinventée mais qu'il connaît bien, des impressions de lieux plus que des descriptions précises.

Son éducation dans un milieu petit-bourgeois et sa formation de journaliste lui serviront pour imaginer Maigret mais également tous ses personnages qui se doivent d'être «ordinaires».

Maigret antihéros, c'est la marque de Simenon, un homme simple, banal mais excellent enquêteur grâce à son don d'imprégnation, son envie de comprendre les raisons d'un crime.

«Je tiens Simenon pour un grand romancier, le plus grand peut-être et le plus vraiment romancier que nous ayons eu en littérature française aujourd'hui.» Qui dit cela? André Gide, en 1939. C.F.


Site officiel :
http://www.toutsimenon.com/

site intéressant :
http://www.libnet.ulg.ac.be/simenon.htm
http://www.0faute.com/simenon.htm

Note :
l'un de mes préférés... mais, je ne suis pas vraiment fan de Simenon.

mardi 3 juin 2008

Cette semaine, nos éminences n’en auront que pour Zola.

L’Affaire après l’Affaire
Elles célébreront le centenaire de sa panthéonisation. Ce sera également une manière d’enterrer une fois pour toutes le débat sur l’éventualité de celle du capitaine Dreyfus : on ne panthéonise pas une victime mais un héros, même si cette victime-là se défendit héroïquement, et puis le grand Zola louangé cette semaine ne sera pas l’auteur des Rougon-Macquart mais bien celui du plus célèbre éditorial de la presse française, J’accuse.




Bref, l’écrivain a été panthéonisé pour lui-même et pour l’officier qu’il défendit, n’en parlons plus. Demain, la ministre de la Culture inaugurera une exposition au sein du temple républicain dédié “aux grands hommes, la patrie reconnaissante”.
Et de jeudi à samedi, des chercheurs et des spécialistes venus de partout feront des communications dans le cadre d’un colloque. Parmi eux, Michel Drouin qui publie ces jours-ci Zola au Panthéon (166 pages, 13,50 euros, Perrin) dont le sous-titre est rien moins qu’intrigant :”La quatrième affaire Dreyfus” (la première allait de l’arrestation à J’accuse, la deuxième de J’accuse au procès de Rennes, la troisième de la grâce à l’arrête de la Cour de cassation)? De quoi s’agit-il ?
De l’Affaire après l’Affaire. Des lendemains de l’arrêt de la Cour de Cassation innocentant Dreyfus dont on croyait naïvement qu’il y mettait un terme définitif le 12 juillet 1906.
Du retard exceptionnel avec lequel Zola fut réellement panthéonisé, le 4 juin 1908, soit deux ans après le vote du Parlement, retard historique dû à la violence de la pression nationaliste et xénophobe.
Et du destin de Louis Grégori, normalien, monarchiste, agioteur et syndic de la presse militaire française, cet homme qui blessa le capitaine Dreyfus en tirant deux coups de feu sur lui à bout portant et de son scandaleux acquittement sous les exultations des Camelots du Roi. Il voulait juste se livrer à “une manifestation” sans véritable intention de tuer…
Michel Drouin étant un historien du genre pugnace et entêté, il a repris tout le dossier à zéro, et revisité l’enquête malgré la disparition des dossiers. Ses conclusions sont édifiantes sur cet épisode aussi ébouriffant que dramatique.
Elles rappellent que l’antidreyfusisme mit du temps à désarmer avant de s’avouer vaincu. Le 29 janvier 1912, Maurras écrivait encore de Dreyfus :”…quelque jour, après lecture d’un arrêt de justice -arrêt définitif, sans merci, celui-là- douze balles lui apprendront enfin l’art de ne plus trahir et de ne plus troubler ce pays qui l’hospitalise“.
Le même Maurras quittera la scène à l’issue de son propre procès et de sa condamnation au lendemain de la Libération par un historique :”C’est la revanche de Dreyfus !”Quarante ans après…
En relisant cela dans ce récit très vivant, on a envie de lancer Vive Zola ! deux fois plutôt qu’une et surtout Vive Clemenceau ! sans qui ni la dépouille de Zola ni le fantôme de Dreyfus ne seraient au Panthéon.
Michel Drouin s’est d’ores et déjà attelé à sa prochaine “mission” : faire rééditer les 4000 pages que Clemenceau consacra à l’Affaire. Vichy les avait fait disparaître des bibliothèques sous l’Occupation et depuis, on ne les trouve plus.

Henry Bauchau : Le Boulevard périphérique











Le Prix du Livre Inter 2008 a été attribué lundi 2 juin à Henry Bauchau, poète, dramaturge et romancier belge, pour son livre "Le Boulevard périphérique" (Actes Sud).


Le jury du Livre Inter est composé de 24 auditeurs de France Inter représentant toutes les régions de France. Henry Bauchau a été élu au 3ème tour par 13 voix (avec la voix du président du jury qui compte double) devant "Mon traître" de Sorj Chalandon (Grasset) (12 voix).


Prix du Livre InterCréé par Paul-Louis Mignon en 1975, le prix du Livre Inter compte aujourd'hui parmi les plus hautes récompenses du monde littéraire.Le jury de ce prix est composé de 24 auditeurs de France Inter représentant toutes les régions de France.


2008 Henry Bauchau Le Boulevard périphérique (Actes Sud)

2007 François Vallejo Ouest (Viviane Hamy)

2006 Jean-Baptiste Harang La chambre de la Stella (Grasset) 2005

Joël Egloff L'Etourdissement (Buchet Chastel)

2004 Patrick Lapeyre L'Homme-sœur (POL)

2003 Péju Pierre La Petite chartreuse (Gallimard)

1998 Martin Winckler La maladie de Sachs (POL)

1994 Robert Bober Quoi de neuf sur la guerre ? (POL)

1993 Frédéric Boyer Des choses idiotes et douces (POL)

1986 René Belleto L'enfer (POL)


*Biographie de l'auteur :
Né en 1913, en Belgique, Henry Bauchau est poète, dramaturge, romancier et psychanalyste. Son œuvre, essentiellement publiée par Actes Sud, est aujourd'hui traduite dans toute l'Europe, aux Etats-Unis, en Chine et au Japon.


-2003 Prix du Livre Oublié - Oedipe sur la route (Actes Sud)

-2005 Prix de la SGDL - Grand Prix de LittératureL'Enfant bleu (Actes Sud)

-2008 Prix du Livre Inter - Le Boulevard périphérique (Actes Sud)


résumé : Paris, 1980. Alors qu'il " accompagne " sa belle-fille dans sa lutte contre un cancer, le narrateur se souvient de Stéphane, son ami de jeunesse. Au début de la guerre, cet homme l'a initié à l'escalade et au dépassement de la peur, avant d'entrer dans la Résistance puis, capturé par un officier nazi - le colonel Shadow -, de mourir dans des circonstances jamais vraiment élucidées. Mais Shadow, à la fin de la guerre, s'est fait connaître du narrateur. Son intangible présence demeure en lui, elle laisse affleurer les instants ultimes, la mort courageuse - héroïque, peut-être - de Stéphane. Et la réalité contemporaine (l'hôpital, les soignés et les soignants, les visites, l'anxiété des proches, les minuscules désastres de la vie ordinaire, tout ce que représentent les quotidiens trajets sur le boulevard périphérique) reçoit de ce passé un écho d'incertitude et pourtant d'espérance... L'ombre portée de la mort en soi, telle est sans doute l'énigme dont Henry Bauchau interroge les manifestations conscientes et inconscientes, dans ce captivant roman qui semble défier les lois de la pesanteur littéraire et affirmer, jusqu'à sa plus ultime mise à nu, l'amour de la vie mystérieusement éveillée à sa condition mortelle.

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dimanche 1 juin 2008

Elizabeth George : Anatomie d'un crime

Polar
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Londres. A l'arrière d'un bus qui traverse la ville, le jeune Joel, sa sœur et son frère roulent vers leur destin.
Dans un quartier chic, Helen Lynley rentre chez elle. Elle est belle, heureuse, la vie lui sourit.
Tout est en place pour une rencontre. Inexorablement fatale. Car, même s'il l'ignore, Joel est une arme vivante.
Le détonateur, c'est son histoire, le chaos qu'on lui a donné pour tout bagage.
L'explosif ? C'est son quartier, écrasé par la misère et la violence qu'elle génère.
Jusqu'au dernier moment, Joel pense qu'il pourra choisir. Mais d'autres ont peut-être déjà choisi pour lui...
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Le nouveau roman d'Elizabeth George est beaucoup plus qu'une enquête : le récit passionnant d'un engrenage implacable. Elle sait comme nul autre nous faire emboîter le pas de son personnage, nous placer avec lui à la croisée des chemins. Lequel va-t-il prendre ? Où sont les issues, et y en a-t-il jamais eu ? Un roman noir, plus que jamais ancré dans son époque et ses bouleversements. Une extraordinaire machine à remonter le crime. Et à le démonter.
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Biographie de l'auteur :
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Américaine, Elizabeth George est née à Warren, dans l'Ohio. Après avoir vécu de longues années en Californie, où elle a passé son enfance, elle s'est désormais installée avec son mari dans une île proche de Seattle.
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Diplômée de littérature anglaise, titulaire d'une maîtrise de psychopédagogie, elle a enseigné l'anglais pendant treize ans avant de se consacrer pleinement à l'écriture.
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Imprégnée de culture anglaise, cette Américaine a une connaissance approfondie de l'Angleterre, dont l'histoire, la civilisation et les mœurs lui sont aussi familières que celles de son pays natal. Elizabeth George est aujourd'hui reconnue comme l'un des grands auteurs de littérature policière aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et dans les nombreux pays d'Europe où elle est publiée, notamment en France où, dès la parution de son premier roman, Enquête dans le brouillard, elle avait obtenu le Grand Prix de Littérature policière (1990).
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Note début de lecture :
Déjà lu quelques uns d'Elisabeth George alors normalement, peu de risque d'être déçue par ce polar...
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400 pages plus loin... Elizabeth George se livre à une étude familiale, psychologique et sociale phénoménales. Les amateurs de polars classiques ne vont pas y trouver leur compte mais les amateurs de Dickens vont se délecter.
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Les secrets des maîtres du polar
Les contemporains
*Elizabeth George née à Warren (Ohio) en 1949
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Depuis la fin des années 1980 et Enquête dans le brouillard, Elizabeth George a bâti une oeuvre romanesque qui fait d'elle l'une des reines du polar contemporain.
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L'Américaine, qui n'a jamais cessé de privilégier la psychologie et l'étude de moeurs, a eu le génie de créer un tandem d'enquêteurs particulièrement original: celui composé de l'inspecteur Thomas Lynley, aristocrate pur jus qui circule en Bentley, et du sergent Barbara Havers, fille du peuple un peu vulgaire et toujours attifée comme l'as de pique.
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Chacun de ses romans commence par la découverte du cadavre et la mise en place du contexte local - il est d'ailleurs arrivé à plusieurs reprises que le découvreur s'avère être également l'assassin.
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Miss George façonne la personnalité de ses héros, leur donne une réalité palpable, les décrivant physiquement, mentalement, psychologiquement et émotionnellement. Elle se montre très douée pour rendre avec une grande minutie les paysages de l'Angleterre et dépeindre la province, telle la petite station balnéaire du Meurtre de la falaise, où elle approfondit le mode de vie et la religion d'une communauté pakistanaise sans faire de démonstration politique.
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Immanquablement, Elizabeth George ébauche d'abord un plan à grands traits, établit une première liste de scènes qui lui serviront de guide. Tous ses romans possèdent une intrigue, une intrigue secondaire, des personnages en conflit avec eux-mêmes et avec les autres, une thématique, une dimension dramatique, des moments de réflexion et d'analyse, un décor, un cadre, des métaphores, des allusions. Et la recette fonctionne à merveille! A.F.
*A lire: Mes secrets d'écrivain (Pocket)