mercredi 24 juin 2009

curiosité de lecture : Dupuytren (le baron, le musée, la maladie)

En lisant Franck Thilliez...
Me fait penser aux cabinets de curiosités du XIXème siècle... au cirque Barnum... et éléphant-man (d'ailleurs cité dans le roman).


La maladie de Dupuytren touche beaucoup plus souvent l'homme que la femme, et le plus souvent après 40 ou 50 ans.

Généralement indolore, cette maladie de la main touche la paume et/ou la face palmaire des doigts, le plus souvent l’annulaire et l’auriculaire.
Elle se traduit au début par des indurations, des nodules, des cordes, des brides sous la peau. Il peut aussi exister des petits creux ou des plis de la peau (« ombilications »). Avec le temps, peut apparaître progressivement un déficit d’extension des doigts atteints, qui peuvent toujours se fermer normalement, mais ne peuvent plus s’étendre complètement.
A un stade évolué, le bout du (ou des) doigt(s) atteint(s) peut se mettre en hyper-extension permanente. Tout cela suffit à établir le diagnostic, qui ne nécessite ni radiographie, ni aucun examen complémentaire.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la maladie de Dupuytren ne concerne pas les tendons de la main. Elle est liée à une rétraction progressive de
« l’aponévrose palmaire », qui est une structure fibreuse située entre les tendons fléchisseurs et la peau. Souvent normale au début, la peau peut finir aussi par s’indurer, se rétracter et adhérer à l’aponévrose qu‘elle recouvre.

Le baron Guillaume Dupuytren, né à Pierre-Buffière (Haute-Vienne) le 6 octobre 1777 et mort à Paris le 8 février 1835, est un anatomiste et chirurgien militaire français. Il a laissé son nom à une contracture qu'il a décrite en 1831.

Il est nommé à 18 ans
prosecteur de la Faculté de Paris et, à 24 ans, chef des travaux anatomiques.
Il est professeur de médecine opératoire en 1812, chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu en 1815.
Il est également inspecteur général de l'Université en 1808, baron en 1816 et premier chirurgien du roi. Il est élu membre de l'Académie des sciences en 1825.

Dupuytren fut avant tout professeur et praticien.
Il a exécuté et perfectionné presque toutes les opérations chirurgicales. On lui doit plusieurs opérations nouvelles au XIXe siècle, notamment la cicatrisation de l'intestin dans les hernies étranglées.

Il amassa une grande fortune, que l'on estime à 3 000 000 francs en
1830. Il en offrit le tiers à Charles X exilé. Il légua à la Faculté une somme de 200 000 francs, qui servit à la fondation d'une chaire d'anatomie pathologique et à la création d'un musée anatomique, nommé en son honneur le Musée Dupuytren.

Dupuytren contribua à plusieurs articles dans le Dictionnaire de médecine et il est l'auteur de mémoires sur les anus contre nature, sur la ligature des principaux troncs artériels et sur la fracture du péroné.La tombe de Guillaume Dupuytren se trouve au cimetière de l'Est parisien (Père Lachaise), 38 ème division.- source : wikipédia

Le musée Dupuytren est un musée d'anatomie pathologique de Paris créé en 1835 par Mathieu Orfila.
Il se trouve au 15 rue de l'École-de-Médecine, dans l'enceinte de ce qui fut longtemps la Faculté de Médecine de Paris et est maintenant la Faculté de Médecine Paris-Descartes.
Il a été nommé d'après le nom de l'anatomiste et chirurgien français Guillaume Dupuytren.
Les collections occupent depuis 1967 un pavillon de l'ancienne école pratique. Elles furent installées en ce lieu plus de 130 ans après l'ouverture du musée.

C'est en effet en 1835 que fut fondé le musée Dupuytren.
Sa création a été contemporaine de l'institution de la chaire d'anatomie pathologique de la Faculté de médecine de Paris.

Guillaume Dupuytren, professeur de médecine opératoire à la Faculté de médecine de Paris, avait destiné une partie de sa fortune à l'instauration d'une chaire d'anatomie pathologique. Bien que très important, le legs n'était pas suffisant pour permettre l'institution d'une chaire, et le doyen Orfila persuada Dupuytren de consacrer son legs à la création d'un musée d'anatomie pathologique, s'engageant par ailleurs à faire financer par le gouvernement la chaire d'anatomie pathologique dont la nécessité était manifeste.
L'année même de la mort de Dupuytren, la chaire fut créée pour son élève Jean Cruveilhier (1791-1874) et le musée Dupuytren fut installé dans le réfectoire du couvent des Cordeliers ; il avait été utilisé pendant la révolution comme lieu de réunions politiques, connu sous le nom de Club des Cordeliers.

Le fonds initial du musée fut constitué avec diverses pièces, dont certaines provenaient du Collège royal de chirurgie, tandis que d'autres avaient été présentées à la Société anatomique de Paris durant le premier quart du
XVIIIe siècle à l'époque où Dupuytren et Laennec s'en partageaient la présidence.

Le premier catalogue du musée rédigé par Charles-Pierre Denonvilliers (1808-1872) et Lacroix, entre 1836 et 1842, recensait un millier de pièces. En 1877, Houel publia un nouveau catalogue en cinq tomes illustrés de photographies qui recensait 6000 pièces.
Le catalogue resta incomplet, le tome VI consacré à la tératologie ne fut jamais publié.
L'entreprise de Houel, qui marque sans doute l'apogée du musée, coïncida avec le début de son déclin. En 1877, en effet, l'anatomie pathologique macroscopique avait perdu beaucoup de son importance dans la recherche médicale et cédait le pas à l'histopathologie, à la microbiologie et à l'immunologie naissante.

Le musée commença à péricliter, malgré l'apport de certaines collections, comme celle des pièces osseuses d'Odilon Lannelongue (1840-1911) et son entretien devint de plus en plus problématique.

En 1937,
Gustave Roussy, bien qu'il fût le titulaire de la chaire d'anatomie pathologique, dut prendre, en tant que doyen, la décision d'évacuer le musée Dupuytren devenu dangereux. Les vitrines du musée furent démontées et les pièces entassées dans des caves situées au voisinage de la chaufferie, où elles se couvrirent peu à peu d'une épaisse poussière de charbon. Il en résulta des destructions et des disparitions multiples, et le fonds subit des dégâts irréparables.

La décision de réinstaller le musée en 1967 dans les locaux de l'ancienne Faculté de médecine fut prise par Jacques Delarue (1901-1971) dernier titulaire de la chaire, à l'instigation de son agrégé René Abelanet, actuellement conservateur honoraire du musée Dupuytren, après en avoir été le conservateur pendant 25 ans.
Une grande partie des pièces rescapées furent disposées dans des vitrines modernes, une partie des pièces osseuses allant à l'hôpital Cochin où René Abelanet était chef de service.
On profita de cette occasion pour joindre au musée les pièces rassemblées par Antonin Gosset (1872-1944) à la clinique chirurgicale de la Pitié-Salpétrière.
Deux pièces attenantes à la salle d'exposition, reçurent les archives de la Société anatomique de Paris et ce qui restait de sa bibliothèque, ainsi que le fonds Déjerine.

Actuellement, le musée est ouvert au public pendant les jours ouvrables, mais le potentiel qu'il pourrait représenter pour les recherches d'histoire de la médecine n'est que très imparfaitement utilisé, faute de moyens.
Il n'existe en effet aucun inventaire fiable des pièces du musée, un grand nombre d'étiquettes ayant été détruites lors des différents déménagements. Il n'y a pas davantage d'inventaire des livres de la bibliothèque. - source wikipédia

curiosité de lecture : Chat de Schrödinger

en lisant Franck Thilliez...
en règle générale, j'aime assez cet auteur, mais là vraiment, grosse prise de tête !
Déjà qu'il nous parle de film et série télé... que je ne connais pas... enfin entendu parler (lost, dr House, etc)...
En plus on a droit de de la physique quantique, des "monstres", des déviances, des maladies rares, etc...
Enfin, ça m'entraine dans des recherches... me demande ce que je vais bien pouvoir découvrir d'autre...


L'expérience du chat de Schrödinger fut imaginée en 1935 par le physicien Erwin Schrödinger, afin de mettre en évidence des lacunes supposées de l'interprétation de Copenhague de la physique quantique, et particulièrement mettre en évidence le problème de la mesure.

La
mécanique quantique est relativement difficile à concevoir car sa description du monde repose sur des amplitudes de probabilité (fonctions d'onde). Ces fonctions d'ondes peuvent se trouver en combinaison linéaire, donnant lieu à des « états superposés ». Cependant, lors d'une opération dite de « mesure » l'objet quantique sera trouvé dans un état déterminé ; la fonction d'onde donne les probabilités de trouver l'objet dans tel ou tel état.

C'est la mesure qui perturbe le système et le fait bifurquer d'un état quantique superposé (atome à la fois intact et désintégré par exemple… mais avec une probabilité de désintégration dans un intervalle de temps donné qui, elle, est parfaitement déterminée) vers un état mesuré. Cet état ne préexiste pas à la mesure : c'est la mesure qui semble le faire advenir.

Toutefois, la notion de mesure ou de bifurcation n'apparaît pas explicitement ni même indirectement dans le formalisme quantique, et les tentatives d'en faire surgir cette notion se heurtent à d'extrêmes difficultés.
En conséquence, certains physiciens n'accordent aucune réalité physique au concept de mesure ou d'observation. Pour eux, les états superposés ne s'effondrent (ou ne « bifurquent ») pas, et l'état mesuré n'existe pas réellement (voir par exemple : Hugh Everett).

C'est pour faire apparaître le caractère paradoxal de cette position et pour poser de manière frappante le problème, que
Schrödinger a imaginé cette expérience de pensée.


On met à l'intérieur d'une boîte :
un chat
une fiole de poison
un atome d'uranium

*
un système prévus pour briser la fiole si le noyau se désintègre par radioactivité

*

On ferme la boîte pendant 5 min et on suppose que pendant ce laps de temps, il y a une chance sur deux pour que le noyau d'uranium se désintègre. On a donc une chance sur deux pour qu'à la fin de l'expérience en ouvrant la boîte, le chat soit mort, et une chance sur deux pour qu'il soit vivant.

*
La question est : quel est l'état du chat juste avant l'ouverture de la boîte ?

La réponse naïve à cette question est que le chat est, soit mort, soit vivant (avec autant de chances pour l'un que pour l'autre), l'information nous étant cachée par la boîte close.

Or les mathématiques nous donnent un critère, dénommé "inégalités de Bell", qui permet avec certaines expériences, de déterminer s'il y a ou non de l'information cachée dans un système.

Or des expériences de physique atomique, ont montrées que la mécanique quantique violait les inégalités de Bell.

Ainsi, il n'y a pas (dans le contexte de la mécanique quantique) d'information cachée dans la boîte.En ce qui concerne l'état du chat juste avant l'ouverture de la boîte, la réponse de la mécanique quantique, est que le chat est à la fois vivant et mort. Lorsque l'on ouvre la boîte, on "mesure" l'état du chat, ce qui a pour effet de le projeter soit dans la vie soit dans la mort.

C'est le principe de superposition d'états et de projection : un système quantique peut être dans "plusieurs états à la fois" mais est projeté dans l'un de ces états si on le mesure (la projection est aléatoire avec des probabilités qui reflètent le poids des différents états dans la superposition).

Juste avant l'ouverture de la boîte, le chat est mort-vivant en étant autant vivant que mort.

Mais juste après la fermeture de la boîte, le chat est mort-vivant mais en étant beaucoup plus vivant que mort (la probabilité que le chat soit en vie est beaucoup plus forte juste après la fermeture, le poids de l'état de vie est plus fort). Ainsi au cours du temps, la superposition de vie et de mort évolue. - source : http://www.obs-besancon.fr/publi/DavidViennot/Vmq_chat.htm

Allez, une aspirine et au lit.

mais si vous voulez en savoir plus... faites un tour par wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Chat_de_Schr%C3%B6dinger

mardi 23 juin 2009

Franck Thilliez - l'anneau de Moebius

Encore un thriller...


trouvé en musant à la bibliothèque...
comme si je n'avais pas assez de livres en attente !

commencé hier soir. Pour le moment, je ne sais trop quoi en penser... assez confus.
Pour le moment je m'interroge surtout sur le titre... ce qui nous donne un détour par Lacan...
*
En topologie, le ruban de Möbius (aussi appelé bande de Möbius ou anneau de Möbius) est une surface fermée dont le bord se réduit à un cercle.
Elle a la particularité d'être réglée et non-orientable.
Cette surface a été décrite indépendamment en 1858 par les mathématiciens August Ferdinand Möbius (1790-1868) et Johann Benedict Listing (1808-1882). Le nom du premier fut retenu grâce à un mémoire présenté à l'Académie des sciences à Paris. On trouve également les dénominations de bande, anneau ou ceinture de Möbius ou, abusivement et phonétiquement, de Moebius, notamment dans les traductions.

Il est facile de visualiser la bande de Möbius dans l'espace : un modèle simple se réalise en faisant subir une torsion d'un demi-tour à une longue bande de
papier, puis en collant les deux extrémités. Si l'on coupe le ruban en deux dans le sens de la longueur, on obtient un anneau unique, vrillé, mais qui possède deux faces distinctes et deux bords distincts.Si on le recoupe dans le sens de la longueur, on obtient... deux anneaux distincts, vrillés et entortillés l'un sur l'autre.

Le ruban de Möbius alimente également, de par sa particularité, des débats en
philosophie. Les spéculations dont il peut faire l'objet ont ainsi inspiré le psychanalyste Jacques Lacan.


Lamorlaye, Oise.

Vous rêvez. Vous vous voyez courir dans votre maison, les mains en sang. La police vous recherche pour le meurtre d'une gamine que vous ne connaissez pas. Vous vous réveillez. Et vous comprenez que ces rêves sont votre futur.

Vous, dans quelques jours…
Saint-Ouen, Seine-Saint-Denis.
Le corps mutilé d'une femme, enduit de vinaigre. Il semble avoir fait l'objet d'un rituel bien précis. Pour Victor Marchal, jeune lieutenant de police tout juste sorti de l'école, la descente aux enfers commence.Aucune relation entre ces deux histoires, a priori.

Et pourtant…

L'auteur déclare « dans mon roman, le temps est traité comme une dimension aussi importante que les dimensions spatiales, et avec la même rigueur ».

le blog de l'auteur : http://www.franckthilliez.com/


Commentaire par Patrick Galmel le 1er octobre 2008
Vic Marchal est un jeune flic tout frais émoulu de l'école de police ; il est celui que ses collègues surnomment "V8", à cause du piston supposé exercé par son père. Particulièrement bien noté à son examen, il a rejoint la Crim' à Paris. Sa première affaire le mène sur une scène de crime particulièrement atroce : une jeune femme a été torturée sur son lit. Il s'agit d'Anabelle Leroy, ex-star du porno. L'enquête se recentre vite autour des pratiques sexuelles de la victime.Stéphane Kismet est un plasticien reconnu, un maquilleur de génie qui travaille pour le cinéma et fabrique des monstres, des masques, des crimes sanglants. Fasciné par le morbide, atteint de régulières crises de somnambulisme, il annihile ses rêves à coups de calmants. Pourtant, l'un d'eux parvient jusqu'à sa mémoire. Un rêve étrange en forme de cauchemar, le mettant en scène, extrêmement précis…Stéphane va enquêter sur ses rêves. Victor sur le meurtre d'Annabelle. Et le second va bientôt entendre parler du premier dans une auberge isolée qui sert de lieu de rendez-vous aux amateurs de monstruosité.Franck Thilliez construit son intrigue sur plusieurs éléments fondamentaux qu'il trame ensuite dans un récit cohérent. Ici, il aborde une paraphilie (déviance sexuelle) bien particulière, peu connue mais pourtant bien réelle, qu'on appelle l'acrotomophilie et qui consiste à rechercher comme partenaire(s) des personnes amputées. Il inscrit ce particularisme dans le crime qui ouvre son roman, dans le personnage d'Anabelle Leroy qu'il rapproche — pour faire bonne mesure (?) — du milieu pornographique et sado-masochiste.Parallèlement, on entre dans une sorte d'univers fantastique où un homme rêve son propre futur, naturellement angoissant. Il s'agit de meurtre, de sang. D'ailleurs, Stéphane — puisqu'il s'agit de lui — baigne dans un univers particulier : plasticien, il élabore les cadavres, les victimes, les maquillages qu'on retrouve dans le cinéma d'horreur. C'est aussi un personnage au passé trouble, atteint de somnambulisme, responsable de plusieurs accidents mortels, traité aux neuroleptiques…On peut se laisser porter, emporter par le récit — après tout, Franck Thilliez est un conteur d'histoires qui sait y faire — mais il arrive aussi qu'on bute dans sa mise en place sur quelques traces de collage un peu trop visibles. Ou alors peut-être ai-je l'esprit trop cartésien, mais il me semble que ce qui provoque l'angoisse recherchée est ce jeu sur la frontière entre l'incroyable et le plausible, difficile à tenir. Peut-être aussi le côté technique du récit, précis, scientifique, très documenté (ce qui est appréciable), mais parfois un peu trop appuyé, pas assez dilué dans le récit, vient-il troubler cette montée en puissance.Reste qu'au final, arrivé au tiers du récit, l'enthousiasme de Franck Thilliez, son évidente "bonne foi", font que la machine se met véritablement en branle, et qu'il embraye enfin sans ratés. Lui y croit à toutes ces histoires impossibles, alors pourquoi pas nous ? Et vous voilà scotché dans ce voyage improbable (?) à travers le temps, l'espace et la douleur, dans cette infernale course-poursuite, et encore une fois, se jouant des réticences, c'est lui qui gagne la partie.« Stéphane aime le noir, le bizarre, avoir peur et faire peur. Il est continuellement à la recherche de nouvelles sources d'inspiration, pour créer ses monstres. Il ne se base pas uniquement sur l'imaginaire, il puise aussi dans la nature humaine, ses multiples dysfonctionnements. S'il devait descendre aux enfers pour découvrir le véritable visage du diable, je vous garantis qu'il le ferait. »S'il ne s'agit pas d'une profession de foi, en tout cas ça y ressemble beaucoup…-http://www.polarnoir.fr/livre.php?livre=liv786
*Autres commentaires...

Le suspense est haletant. Dès la première page j'ai été happée par l'histoire. Des meurtres bien sanglants, une enquête passionnante, des personnages dont on a envie de connaître le destin. Il y a un soupçon de fantastique, l'histoire est vraiment bien construite.
*
*
illustration : "la lectrice" de Maria Teresa Aroz Ibanez

dimanche 21 juin 2009

Douglas Preston & Lincoln Child - La chambre des curiosités

En cours de lecture... suite de l'article mardi...
Manhattan.
Les ouvriers d'un chantier de démolition s'affairent parmi les gravats, lorsque le bulldozer se fige soudainement devant l'horreur du spectacle qui apparaît ; des ossements humains.
L'enquête menée par Pendergast, du FBI, l'archéologue Nora Kelly et le journaliste William Smithback établit qu'il s'agit des restes de trente-six adolescents, victimes d'un tueur en série, le Dr Leng, ayant sévi à New York vers 1880.
Les jours suivants, plusieurs meurtres sont commis selon le mode opératoire de Leng.
Se peut-il que ce dingue soit toujours vivant ? Ou aurait-il fait des émules ? - ISBN-10: 2290339431

Le cabinet de curiosités était un lieu où étaient entreposés et exposés des objets collectionnés, avec un certain goût pour l'hétéroclisme et l'inédit.
On y trouvait couramment des médailles, des antiquités, des objets d'histoire naturelle (comme des animaux empaillés, des insectes séchés, des coquillages, des squelettes, des carapaces, des herbiers, des fossiles) ou des œuvres d'art.

Apparus à la
Renaissance en Europe, les cabinets de curiosités sont l'ancêtre des musées et des muséums. Ils ont joué un rôle fondamental dans l'essor de la science moderne même s'ils gardaient les traces des croyances populaires de l'époque (il n'était pas rare d'y trouver du sang de dragon séché ou des squelettes d'animaux mythiques). L'édition de catalogues qui en faisaient l'inventaire, souvent illustrés, permettaient d'en diffuser le contenu auprès des savants européens.

Le principe du cabinet de curiosités a disparu durant le
XIXe siècle, remplacé par des institutions officielles et les collections privées. Celles-ci ont joué encore un grand rôle dans certaines disciplines scientifiques comme l'entomologie ou la conchyliologie.

illustration : Cabinet d'un particulier, Frans II Francken, 1625, Kunsthistorisches Museum, Vienne
*
Le studiolo italien est un cabinet de curiosités né à la Renaissance en Italie et que plusieurs souverains ont fait décorer par les meilleurs artistes de leur temps.

Plusieurs exemples significatifs de ce genre de cabinet privé ou intime
ont existé dans l'Histoire et ils révèlent comment ils entretenaient la personnalité de leur propriétaire dans un environnement qui pouvait être didactique, scientifique, symbolique, allégorique ou encyclopédique, ainsi :

Celui de
Frédéric III de Montefeltro au palais ducal d'Urbino
d’Isabelle d'Este à Mantoue, au château San Giorgio, puis à Ferrare
Celui d’albâtre d’
Alphonse Ier d'Este (Ferrare)
Celui de François Ier de Médicis (Palazzo Vecchio de Florence) de 1570 à 1575)
Celui de Cosme Ier de Médicis (Palazzo Vecchio de Florence)
Celui de
Cosme II de Médicis à la Villa Medicea di Poggio Imperiale
Celui de
Vespasiano Gonzaga Colonna à Sabbioneta et ses fresques des six premiers livres de l'Énéide par Carlo Urbino.
Sans oublier :
La
Chambre des Époux de Mantegna (la Camera degli Sposi ou Camera Picta) posant la famille Gonzague dans un milieu idéalisé.
*

vendredi 19 juin 2009

L'Italien Claudio Magris récompensé à la foire de Francfort

Claudio Magris recevra cet automne durant la Foire du livre de Francfort le premier prix et plus importante récompense remise durant cette manifestation a annoncé le jury.
En effet, le Prix de la Paix des Libraires de Francfort reviendra à Claudio, dont le jury a tenu à saluer cette littérature et ce comportement qui font coexister et cohabiter les différentes cultures.

Âgé de 70 ans, Magris est un Nobel potentiel depuis déjà plusieurs années.

Parmi ses grands livres, on compte Danube, ou Microcosmes mais également Utopie et désenchantement.

Né à Trieste, ville qui lui inspira un texte, il a écrit de nombreux livres sur l'Allemagne, l'Europe centrale ou encore l'Italie. Il est actuellement professeur de littérature allemande à l'université de Trieste et chroniqueur au Corriere della Sera, rappelle l'AP.

Le prix s'accompagne d'une dotation de 25.000 €, et l'on compte dans les précédents lauréats Oran Pamuk, Vaclav Havel, Assia Djebar, Susan Sonntag et Juergen Habermas. Il sera remis le 19 octobre lors de la cérémonie de clôture.
source : actua litté - Rédigé par Cecile Mazin,
*
illustration : la lectrice de Paul-César Helleu

jeudi 18 juin 2009

Idées de lecture pour l'été

Les jurys litteraires pensent à vous indiquer des titres pour vos séjours en chaise longue

*La sélection du Goncourt
- Isabelle Autissier, Seule ma mer s'en souviendra (Grasset)
- Emmanuel Carrère, D'autres vies que la mienne (P.O.L.)
- Benoît Duteurtre, Ballets roses (Grasset)
- Dominique Fernandez, Ramon (Grasset)
- Viviane Forrester, Virginia Woolf (Albin Michel)
- Eric Fottorino, L'homme qui m'aimait tout bas (Gallimard)
- Bernard Giraudeau, Cher amour (Anne-Marie Métailié)
- Gilles Lapouge, La légende de la géographie (Albin Michel)
- Pierre Michon, Les onze (Verdier)
- Mona Ozouf, Composition française (Gallimard)
- Syvain Tesson, Une vie à coucher dehors (Gallimard)

* La sélection du Médicis

- Claude Lanzmann : Le lièvre de Patagonie (Gallimard)
- Bruno-Nassim Aboudrar : Ici-bas (Gallimard)
- Eric Fottorino : L'homme qui m'aimait tout bas (Gallimard)
- Diego Gary : S. ou l'espérance de vie (Gallimard)
- Emmanuel Carrère : D'autres vies que la mienne (P.O.L)
- Philippe Grimbert : La mauvaise rencontre (Grasset)
- Laurence Tardieu : Un temps fou (Stock)
- Arianne Chemin : Fleurs et couronnes (Stock)
- Andrès Trapiello : Les armes et les lettres (La Table ronde)
- Adrien Goetz : Intrigue à Versailles (Grasset)
- Jean-Paul Kauffmann : Courlande (Fayard)


source : Rotko du forum "grain de sel"

illustrations : les liseuses de :
1 - Ruby Hickmott
2 - Milton Avery

Jean Teulé - Mangez-le si vous voulez


Déçue par ce dernier roman de Teulé...
tout comme je l'avais été du "Montespan" d'ailleurs...
heureusement dans son récent passage sur France-Culture, celui-ci disait vouloir abandonner (provisoirement ?) le roman historique pour revenir à la fiction.
Tant mieux.

Surtout, que cette histoire a été bien mieux traitée par Alain CORBIN, sous le titre "Le village des cannibales.

Il fait beau ce 16 août 1870 quand Alain de Monéys, après avoir embrassé sa mère, prend le chemin de la foire annuelle d'Hautefaye.

Il cherche à se procurer une génisse et les services d'un couvreur, qui lui permettront d'aider deux de ses voisins nécessiteux.

Lorsqu'à 14 heures il arrive enfin, la foire bat son plein. Il y a 600 personnes. Tout le monde le connaît et l'aime bien et c'est à l'unanimité qu'il a été élu adjoint au maire.

Mais malgré l'apparente gaité de la foire, l'atmosphère est électrique. La guerre contre la Prusse inquiète tout le monde et la région connaît une période de sècheresse exceptionnelle qui a tari puits et rivières.

Dans l'auberge du coin, tout le monde est massé autour du journal fraîchement arrivé, "l'écho de la Dordogne" sans toutefois en saisir le sens car la plupart d'entre eux sont illettrés.

Par bonheur, à la foire se trouve également Camille de Maillard, un cousin d'Alain qui sait lire et propose donc de leur rapporter le contenu du journal. Mais les nouvelles ne sont pas bonnes.

"La France a perdu, c'est la fin du second empire" annonce-t-il. Enervés, les paysans ne le croient pas. "En réalité, il ne sait pas plus lire que nous", entend-on fuser ici et là. "Il a dit 'Vive la Prusse' ", déclare un autre. Mais lorsque les villageois décident de s'occuper de lui, il n'y a plus de Maillard. Car effrayé par l'hostilité de la foule, ce dernier s'est déjà enfui.

C'est sur son cousin que les forains déversent alors leur colère.

Alain de Monéys est d'abord lynché, écartelé, ferré à la manière des chevaux, puis est finalement brûlé vif et mangé.

Cinq personnes, conscientes que la foule ne se maîtrise plus, tentent de le sauver mais en vain.

Au procès de Périgueux de décembre 1971, 20 personnes seront finalement condamnées, dont quatre à la peine capitale.Cette histoire, narrée par Jean Teulé est bien sûr romancée. Néanmoins, elle repose sur des faits réels.

illustration : "la liseuse" de Grace Cossingthon Smith
*
Au départ je citais l'article issu du blog '"la page littérature", signé "Amanda"...
avec le lien sous le titre... mais je n'ai pas fait attention que ce lien ne paraissait pas en fin d'article...
alors mea culpea...

J'efface donc cet article que je trouve excellent, et que ceux qui veulent le lire, clique sur le titre ce cet article.

mercredi 17 juin 2009

Toni Morrison - Un don

Comme toujours, un magnifique roman sur l'esclavage. A lire absolument !
*
Dans cette parabole d’une rare densité symbolique, où le naturel se fond avec le surnaturel, où les thèmes de la servitude, de la féminité, de l’amour maternel et de la quête de soi sont articulés avec une puissante subtilité, Toni Morrison use d’une imagerie et d’une langue aux accents bibliques pour dire un paradis perdu.
Sa chute est causée par deux péchés originels : l’extermination des Native Americans, dont la tribu de Lina est exemplaire, et la tentation de l’esclavage à laquelle Jacob finit par succomber, malgré sa répugnance pour le commerce des hommes – il décide en effet d’investir dans des plantations de canne à sucre avec cette idée qu’« il y [a] bel et bien une profonde différence entre la proximité intime des corps des esclaves [du domaine Ortega] et une main-d’oeuvre lointaine à La Barbade ».
La corruption de ses idéaux, à l’image de la maladie qui le dévore, sera le début de la fin, et il n’est pas anodin que le portail de fer forgé ouvrant sur sa demeure rêvée – et maudite – soit constitué par deux serpents dont les crocs ont été remplacés par des pétales de fleurs : dans cette Amérique en devenir, l’enfer découle du paradis, beauté rime avec cruauté, et splendeur avec horreur.
Seule lueur d’espoir, ou presque, le « don » du titre, cette miséricorde terriblement humble et humaine (le roman s’intitule A Mercy en anglais) dont Florens, traumatisée comme tous ses compagnons, a été témoin sans la comprendre, et que le fantôme de sa mère tente vainement de lui révéler, dans un ultime et déchirant effort d’apaisement.
*
"Situé deux cents ans avant Beloved, Un don évoque, dans la même prose lyrique et verdoyante qui caractérisait son précédent roman, le monde beau, sauvage et encore anarchique qu'était l'Amérique du XVII' siècle.
Toni Morrison a redécouvert une voix pressante et poétique qui lui permet d'aller et venir avec autant de rapidité que d'aise entre les mondes de l'histoire et du mythe, entre l'ordinaire de la vie quotidienne et le royaume de la fable...
*
Un don, le récit déchirant de la perte d'une innocence et de rêves brisés, est dès à présent à ranger, au côté de Beloved, parmi les écrits les plus obsédants de Toni Morrison à ce jour. " (Michiko Kakutani, The New York Times)
*
"La force épique avec laquelle Toni Morrison rend compte de l'espace et du temps surpasse encore le talent avec lequel elle décrit ses personnages. Elle excelle à trouver une forme de poésie dans ce monde colonial brutal et décousu, amenant son oeuvre au-delà de la simple dénonciation des infamies de l'esclavage et des difficultés d'être afro-américain." (John Updike, The New Yorker)

Miséricordieuse Amérique

Avec
Un don, qui ressemble à un prequel de Beloved, Toni Morrison revient sur le basculement de l'esclavage à l'institutionnalisation du racisme.
A travers les récits croisés de personnages en proie à l'extrême violence de la conquête du Nouveau Monde, le roman exalte la brutalité d'une nature sauvage, et celle des rapports entre des humains en quête de survie.
Born in the USA

Toni Morrison occupe une place auréolée de respect, qui en fait en quelques sortes la "boss" de la littérature américaine. Prix Pulitzer pour Beloved, puis nobélisée en 1993, l'écrivain incarne, à 78 ans, la matriarche adorée d'une nation réconciliée autour d'un messianique président métis.

Et c'est bien à la naissance de l'Amérique dans ce qu'elle a de plus sublime et pervers à laquelle elle s'attaque inlassablement tout au long de son œuvre.

Dans Un don, elle évoque le péché originel du massacre des Indiens : c'est dans la douleur que la glorieuse nation s'est imposée au reste du monde. Entre l'extrême rudesse d'une nature à peine déflorée et l'incroyable violence des rapports humains, le roman montre l'immense fragilité de vies sans cesse menacées : celles des riches comme celles des pauvres, des blancs comme des noirs, des hommes comme des femmes.

Damnés

Si, au XVIIe siècle, naître femme, pauvre et noire prédestine à une courte vie faite de dur labeur et de souffrance, tous les personnages de Morrison semblent damnés d'avance.
Il y a Florens, l'esclave à la peau d'ébène abandonnée par sa mère à un maître jugé bon et juste par cette dernière - c'est à cet abandon que renvoie "le don" évoqué par le titre.
Pressentant la chute du maître sudiste surendetté, cette mère n'a pour seul espoir que de voir sa fille partir vers un Nord plein de promesses, aux côtés de Jacob le libre penseur, abolitionniste avant l'heure. Mais au fur et à mesure que la terrible variole décime des villages entiers, le poison du matérialisme s'instille dans l'esprit modeste du simple marchand.
Entre puritanisme et folie de la possession, l'essence même du dilemme américain prend corps.

Pour enraciner son nom dans cette terre vierge, Jacob a besoin d'une femme. Il la trouvera en la personne de Rebekka qu'il fait venir de l'ancien monde pestilentiel. Pour elle, blanche mais non dotée, peu de choix : elle sera épouse, prostituée ou servante.
Même sort pour toutes les femmes qui accompagnent son atroce périple vers une nouvelle vie :

« L'une d'elles, Anne, était envoyée au loin en disgrâce, par sa famille.
Deux autres, Judith et Lydia, étaient des prostituées auxquelles il avait été demandé de choisir entre la prison et l'exil. Lydia était accompagnée de sa fille, Patty, une petite voleuse de dix ans.
Une autre, Abigail, fut rapidement transférée dans la cabine du capitaine et une autre encore, Dorothea, était une vide-gousset condamnée au même choix que les prostituées.
Seule Rebekka, dont le passage était payé d'avance, allait se marier. Les autres seraient accueillies par des parents ou des artisans qui paieraient pour leur voyage - sauf la vide-gousset et les prostituées dont les frais et l'entretien seraient remboursés par des années et des années de travail non rémunéré. »

Don de sagesse

Toni Morrison revient sur une page d'histoire fondatrice : celle du moment où l'Amérique, pays de cocagne et de liberté, de violence mais de solidarité, bascule dans le racisme d'Etat dont elle porte encore des cicatrices.
Elle raconte la possibilité - effleurée puis abandonnée - d'une communion harmonieuse, respectueuse, d'une famille recomposée entre croyants et athées, blancs et noirs, hommes et femmes.
Sa plume, virtuose et réaliste, dépeint le quotidien d'orphelins trop petits, trop faibles face aux dangers qui les entourent : l'intolérance religieuse, la peur de l'autre, une nature immense et hostile.
En rappelant à bon escient que le racisme est une construction intellectuelle et qu'on ne naît pas esclave, Toni Morrison nous fait assurément un don précieux : celui de la mémoire avisée d'une grande dame résolument optimiste, mais qui ne crierait pas trop vite victoire.
source : Mélanie Duwat-Le 05 mai 2009- http://livres.fluctuat.net/toni-morrison/livres/un-don/5561-chronique-Misericordieuse-Amerique.html

http://gangoueus.blogspot.com/2009/05/toni-morrison-un-don.html
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illustration : "la lectrice" deLéopold françois Kowalski

mardi 16 juin 2009

Simone Schwartz-Bart - Pluie et vent sur Télumée miracle

Télumée, paysanne de la Guadeloupe née au début du siècle, a été élevée par sa grande-mère, "haute négresse" justement nommée Reine Sans Nom.
Télumée a souffert de sa condition de femme, de Noire et d'exploitée.
Pourtant, qu'elle soit en compagnie d'Elie ou au côté d'Amboise, le révolté, sa volonté de bonheur, de "récolter par pleins paniers cette douceur qui tombe du ciel", est la plus forte.
Voici l'univers des Antilles, avec ses couleurs, ses odeurs, sa vérité secrète, livré par une romancière qui s'approprie la langue française pour la soumettre à la musique noire.
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Petite-fille d'une négresse à la beauté légendaire, Télumée s'use les mains dans une plantation de canne à sucre. Chassée par un mari alcoolique, elle se réfugie chez Ambroise le sage et le révolté.
Malgré sa condition et son statut d'exploitée, Télumée possède un trésor inestimable : l'amour de la vie.
Son récit fait chanter la langue française au rythme de la musique noire.« Si on m'en donnait le pouvoir, c'est ici même, en Guadeloupe, que je choisirais de renaître, souffrir et mourir. » - ISBN-10: 2020239256
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André et Simone Schwartz-Bart, mai 2005. Photo Ghislaine Nanga.