lundi 3 août 2009

Le philosophe de la guerre d'Algérie Francis Jeanson est mort

NOUVELOBS.COM 03.08.2009 09:41
Le fondateur d'un réseau de soutien au FLN pendant la guerre d'Algérie, et auteur de nombreux ouvrages sur Jean-Paul Sartre, s'est éteint à 87 ans.

Francis Jeanson (Sipa)
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Le philosophe Francis Jeanson, fondateur d'un réseau de soutien au FLN pendant la guerre d'Algérie (réseau dit des "porteurs de valise"), est mort à 87 ans, samedi soir près de Bordeaux, a-t-on appris lundi 3 août.
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Auteur de nombreux ouvrages notamment sur Jean-Paul Sartre dont il était très proche, collaborateur de la revue Les Temps modernes, Francis Jeanson est mort à la Clinique d'Arès, à 45 km de Bordeaux, a précisé son fils Olivier.
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La guerre d'Algérie
Francis Jeanson qui se voulait le défenseur des causes justes, s'était engagé aux côtés des combattants algériens après le déclenchement de la guerre d'Algérie, créant un réseau permettant de collecter et transporter fonds et faux-papiers pour les militants du FLN opérant en France.
Dans "notre guerre", un livre paru en 1960 et immédiatement saisi, il s'était expliqué sur son combat, répondant à ceux qui lui reprochaient de soutenir les ennemis de son pays, qu'il défendait les valeurs de la France qu'elle même trahissait.
Jugé par contumace, condamné en octobre 1960 à dix ans de prison ferme au terme du procès de son réseau, il est amnistié en 1966.
Il se tourne alors vers l'action culturelle, puis l'action sociale en milieu psychiatrique.

Les Temps modernes
Né le 7 juillet 1922 à Bordeaux (Gironde), licencié de lettres et diplômé d'études supérieures de philosophie, Francis Jeanson rejoint en 1943 les Forces françaises d'Afrique du Nord.
Devenu reporter à Alger républicain en 1945, il rencontre Camus et Sartre.
Ce dernier lui confie la gérance de la revue Les Temps modernes (1951-1956). Parallèlement, Jeanson crée et dirige aux éditions du Seuil la collection "Ecrivains de toujours".

illustration : Galerie de ESOX LUCIUS

Le FLN
En 1955, il publie "L'Algérie hors la loi", qui dénonce l'échec du système d'intégration des masses algériennes et affirme la légitimité des hors-la-loi du FLN, avec lequel il prendra contact.
Du militantisme de la pensée, il passe à l'action et crée deux ans plus tard le "réseau Jeanson" qui sera démantelé en 1960.
Il entre alors dans la clandestinité, quittant la France pendant quelques années.
Après son amnistie, il est chargé par André Malraux de diriger la Maison de la culture de Châlon-sur-Saône (Saône-et-Loire) de 1967 à 1971.

La politique
Jeanson participe ensuite à des expériences de psychiatrie ouverte et des réseaux de réflexion pour faire sortir la maladie mentale des murs de l'hôpital.
Engagé jusqu'au bout, il est président de l'Association Sarajevo en 1992 et candidat sur la liste "L'Europe commence à Sarajevo" du professeur Léon Schwartzenberg pour les élections européennes de 1994.
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Son œuvre
Francis Jeanson est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages, dont plusieurs consacrés à Jean-Paul Sartre, notamment "Sartre par lui même" (1955) et "Le problème moral et la pensée de Sartre" (1965)...
mais aussi à des philosophes comme Montaigne.
On lui doit également "La Foi d'un incroyant" (1976), "Eloge de la psychiatrie" (1979), "Algéries" (1991), "Conversations privées 1974-1999" (2000).
(Nouveobs.com avec AFP)

Nègres, teinturiers et autres auteurs de l'ombre...

Ce matin j'écoutais la radio... si vous voulez entendre la chronique, il suffit de cliquer sur le lien... passionnant ! .

Ce qui fait que j'ai eu envie d'en savoir plus... bien que certains faits n'étaient en rien "cachés".
J'avoue avoir pris plaisir sur le cas Sarkozy... qui là, ne manque pas d'humour... et sur celui de Jack Lang... égal à lui-même... pour qui un nègre, même historien de renom, n'est guère plus qu'un vague collaborateur chargé de relecture...

En bref, le petit déjeuner m'a semblé bien savoureux !

En 1994, Nicolas Sarkozy est encore ministre du Budget. Il vient de publier un livre passionné sur Georges Mandel, homme politique et résistant français assassiné par la Gestapo en 1944.
Paul-Marie Coûteaux le croise dans le bureau de Roger Karoutchi à l’hôtel de Lassay.
“Je n’avais pas lu son livre mais je n’ai pas pu m’empêcher de lui faire des compliments bêtes de courtisan en le félicitant pour ce qu’il avait écrit.
Étonné, il m’interroge : «Ah ? Vous l’avez lu ? Vous l’avez lu ?»
J’étais piégé, obligé de feindre.
Il insiste : «Jusqu’au bout ?»
Un peu embêté, je lui rétorque que oui.
Il me regarde, surpris, et me dit d’un ton admiratif : «Ah, quel courage vous avez… moi je n’y suis pas arrivé !»”
Plume, nègre ou mentor, les frontières ne sont pas toujours très claires.
source : extrait de l'article de Bruno Fray : http://investigation.blog.lemonde.fr/2009/04/03/bruno-fay-2/

Les ministres-écrivains : quand les membres du gouvernement prennent la plume

Le gouvernement de François Fillon comprend 15 ministres, 5 secrétaires d'Etat et un haut commissaire.
Parmi eux, 19 ont déjà publié des livres.
Voici donc le classement des hommes et des femmes les plus productifs.
Source : Chiffres de Livres Hebdo n°691, 25 mai 2007
Un nègre ou teinturier est l'auteur anonyme d'un texte signé par une autre personne, souvent célèbre.
L'emploi assuré de ce sens métaphorique du mot daterait du XIXe siècle et implique une connotation négative liée à l'exploitation abusive du travail d'un collaborateur.
Aujourd'hui, la connotation raciste s'est accentuée et le mot « nègre » est souvent utilisé avec des guillemets ou remplacé par la locution « nègre littéraire ».
Le mot « nègre », C'est de cette fonction servile dans laquelle l'exploité n'a droit à aucune reconnaissance que viendra par analogie, au XVIIIe siècle, le sens d'auxiliaire qui effectue le travail d'un commanditaire qui s'en attribue le profit.
Le Trésor de la langue française donne la définition suivante « personne anonyme qui rédige pour une personnalité, qui compose les ouvrages d'un auteur connu » avec des citations du XXe siècle (Georges Duhamel 1945), (Tharaud 1937,)
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le dictionnaire Le Robert donne quant à lui 1757 pour la première occurrence de ce sens, sans indiquer chez quel auteur ou dans quelle œuvre.
On a alors la définition moderne d'une pratique très ancienne, associée par exemple à Alexandre Dumas père et qu'illustre le mot prêté à son fils : « Dumas? Un mulâtre qui a des nègres. »
C'est d'ailleurs Eugène de Mirecourt qui a vraiment lancé le terme dans son pamphlet sur Dumas en 1845.
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Le mot « nègre » avec ce
sens figuré n'apparaît pas dans le Dictionnaire universel de Pierre Boiste (1812), ni dans le Littré de 1872, ni dans le Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle (p 903 tome 11).
Le dictionnaire de l'Académie en 1932 se limite à un sens restrictif avec la définition suivante : « Il se dit, en langage d'atelier, d'un Auxiliaire qu'on emploie pour préparer un travail, pour en exécuter la partie en quelque sorte mécanique. »
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Le mot « nègre » dérange aujourd'hui à cause de sa connotation
raciste que l'on ne retrouve pas en anglais (ghostwriter, soit « écrivain fantôme »).
On l'emploie ainsi souvent entre guillemets ou accompagné de l'adjectif « littéraire » et on a proposé des substitutions comme écrivain privé, ou écrivain sous-traitant, rewriter ..., mais leur emploi n'est pas vraiment établi.
Certains préfèrent des euphémismes comme "collaborateur" ou documentaliste".
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Dans le domaine politique, on parle de « plume » pour celui qui écrit les discours, voire les les livres d'une personnalité.
Ces plumes sont plus ou moins avouées ;
parfois elles ne rédigent que des brouillons qui sont parachevés par l'homme en responsabilité.
Citons comme exemples Emmanuel Berl pour certains discours de Philippe Pétain en 1940, Erik Orsenna pour François Mitterrand, Christine Albanel pour Jacques Chirac et, en 2007, Henri Guaino, collaborateur de Nicolas Sarkozy.
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Remarque : le terme de nègre est inapproprié quand il s'agit d'écriture sous
pseudonymes comme pour Balzac, Maupassant, Octave Mirbeau ou Romain Gary : il s'agit en effet de masque et non d'exploitation.
Exemples historiques
Par définition, les nègres littéraires sont des écrivains fantômes mais la rumeur en prête à beaucoup d'auteurs célèbres et les spécialistes cherchent à les démontrer.
On attribue ainsi à Pierre Corneille la paternité de certaines œuvres de Molière (voir Paternité des œuvres de Molière),
comme on a soupçonné Shakespeare de n'être pas l'auteur de tout son théâtre (voir 2.2 « Collaboration avec d’autres dramaturges » dans l'article Shakespeare).

On discute aussi la part de
Paul Arène dans certaines œuvres d'Alphonse Daudet comme Les Lettres de mon moulin (voir 4.1 « Plagiat, nègres et œuvres de collaboration » dans l'article Alphonse Daudet de WP).
Le cas le plus célèbre est cependant Alexandre Dumas père et Auguste Maquet est le plus connu de ses nègres : il rédigeait une première mouture à partir de ses recherches historiques ensuite celle-ci était réécrite par Alexandre Dumas qui ajoutait son style romanesque.
Certaines parties ont été cependant reprises sans aucune modification. Sa collaboration a été très importante pour Les Trois Mousquetaires, Le comte de Monte-Cristo ou Vingt Ans après.

Eugène de Mirecourt est également resté célèbre pour ses démêlés avec Dumas.
Il a dénoncé dans son pamphlet Fabrique de Romans : Maison Alexandre Dumas & Cie (1845) le fait que l'œuvre de Dumas était écrite par d'autres.
Dumas a porté plainte et Eugène de Mirecourt a été condamné à quinze jours de prison et à une amende.

Les spécialistes relèvent aussi les noms de
Gérard de Nerval, Théophile Gautier, Octave Feuillet, Jules Janin, Eugène Sue, Anicet Bourgeois, Paul Bocage, Paul Meurice parmi les écrivains fantômes de celui qu'Eugène de Mirecourt désignait comme " Le premier homme de couleur a avoir des nègres blancs ".
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On cite bien d'autres nègres littéraires devenus eux-mêmes célèbres, comme Octave Mirbeau au début de sa carrière, ou Howard Phillips Lovecraft, qui a prêté sa plume à diverses œuvres de science-fiction.
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Georges Pompidou a beaucoup rédigé pour le général De Gaulle qui avait donné au nègre littéraire la définition suivante : Un normalien sachant écrire.
Le général de Gaulle avait lui-même, alors qu'il était à l'état-major du maréchal Pétain, rédigé sur sa demande ce qui deviendra La France et son armée. Lassé d'attendre, de Gaulle fit publier le livre en le signant de son nom et se brouilla avec le maréchal Pétain, malgré l'avant-propos où il lui rend hommage.
La rémunération

Quant à la rémunération, selon Marc Autret un nègre littéraire est payé 10 à 30€ la page plus un pourcentage secret sur les ventes.
Quand il n'y a pas de pourcentage les « honoraires » sont de l'ordre de 75 à 100 € la page.

Une autre méthode est de payer par les mots - un livre typique est environ 50 000 mots. Par exemple, les écrivains fantômes à « Ghostwriters Ink » demandent entre 12 000$ et 28 000$ (8 000 à 19 000€) pour écrire un livre de cette longueur, sans un pourcentage des ventes
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illustration : le moulin à monnaie par Guillaume Noirot

Par ailleurs, les dernières années ont vu apparaître des professionnels qui s'intitulent « écrivains privés » ou « artisans rédacteurs » et qui proposent leur service au grand public : ils se chargent selon les désirs du client, de correction d'œuvres, de réécriture partielle ou totale, et aussi de rédaction complète à partir d'un matériau fourni.
Le nègre comme personnage de roman ou de film
Le personnage du nègre est devenu un type littéraire, ce qui s'explique par l'expérience intime de certains écrivains qui ont écrit pour des autres pour des raisons financières mais aussi par le rapport trouble qui s'installe entre les deux personnes concernées.
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La manipulation n'étant pas à sens unique dans un certain nombre de cas et pouvant déboucher sur le drame.
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Le thème permet également une satire du monde de l'édition et aussi le comique fondé sur le quiproquo, c'est particulièrement vrai au cinéma.

Quelques titres de livres :

Les Nègres du traducteur de Claude Bleton
Vocation nègre, anonyme (éditions Labor, 2004)
Je vous aime de Catherine Siguret
Double Je de Jean-Marie Catonné

Le Nègre amoureux de l’Ecrivain de Frédéric Vignale
Plume de nègre de
Hervé Prudon
La Machine à écrire, de Bruno Tessarech qui ouvre son roman par cette définition : "le métier de nègre consiste à donner des idées aux cons et à fournir un style aux impuissants."

L'homme de l'ombre de Robert Harris
Au cinéma :
Mensonges et trahisons et plus si affinités..., film de
Laurent Tirard
C'est pas moi, c'est lui, film de
Pierre Richard
Roman de gare, film de Claude Lelouch
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J'ai vaguement d'autres titres en tête... qui feront l'objet d'un autre article...
illustration : "la lectrice" d'Amos Fourborne

dimanche 2 août 2009

curiosité de lecture : Caissa

Caïssa est une dryade mythique de Thrace, représentée comme la déesse du jeu d'échecs.
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Le mythe de Caïssa n'existe pas dans l'époque antique, il provient d'un poème nommé Caissa écrit en
hexamètres latins par William Jones en 1763.
Jones a également publié une version anglaise du poème.


Dans ce poème, Caïssa repousse d'abord les avances du dieu de la guerre,
Mars.
Blessé par ce rejet, Mars cherche l'aide du dieu des sports, Euphron, frère de Vénus, qui crée le jeu d'échecs comme cadeau pour que Mars gagne le cœur de Caïssa.

Il est fréquemment fait allusion à Caïssa dans les commentaires sur le jeu d'échecs.
Garry Kasparov utilise la référence de temps à autre dans My Great Predecessors.
La déesse est employée en référence à la chance (Caïssa était avec moi), en particulier dans des situations peu claires, par exemple suite à des sacrifices.
Le concept de Caïssa a aussi été utilisé par ceux qui ont cherché des preuves de la présence du féminin sacré aux échecs.
illustration : Pierre Raser


Le premier ordinateur
russe qui a remporté le championnat du monde d'échecs des ordinateurs en 1974 s'appelait Kaissa,
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illustration : Georgy Kurasov



de nombreux clubs d'échecs (notamment le cercle Caïssa, ancien nom du NAO Chess Club parisien),
et maisons d'éditions consacrées aux échecs portent également ce nom.
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illustration : Alan Boileau

http://www.jmrw.com/Chess/Tableau_echecs/pages/127.htm : toutes les illustrations concernant les échecs en sont issues. Un site vraiment magnifique ! A voir et savourer...

Claude Pujade-Renaud - belle mère

un univers silencieux ...

Roman d'un « arrangement » insolite entre deux individus qui ne se sont pas choisis, variation douce-amère sur l'âge mûr, ce livre a reçu, lors de sa sortie chez Actes Sud en 1994, le prix Goncourt des lycéens.

Comment Eudoxie (Etymologie grecque: estimée), devenue veuve à l'issue de son remariage, se retrouve flanquée d'un encombrant beau-fils, avec lequel elle va, des années 1930 aux années 1980, se réinventer une vie de famille.
Un portrait de femme aux plus beaux jours de la France des banlieues.
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Après 10 pages de lecture, j'ai la vague impression de l'avoir déjà lu...

Belle mère A quarante-sept ans, Eudoxie épouse Armand, sexagénaire et veuf, père de Lucien - trente ans passés, taciturne, sauvage, peut-être à moitié fou.
Elle s'installe donc dans le modeste pavillon de Meudon Val-Fleury où habitent les deux hommes...
pour se retrouver peu de temps après - la guerre qui survient est fatale à Armand - seule en compagnie de ce nouveau beau-fils avec lequel il faut bien tenter de vivre.
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Histoire d’une mariée condamnée bien malgré elle à être belle mère, roman d’un "arrangement" insolite entre deux individus qui ne se sont pas choisis, variation douce-amère sur le troisième âge, ce livre est comme un adieu, à travers le siècle, à une génération de gens simples, discrets, respectueux de leur destin.
Dans une écriture complice et toujours vigilante, Claude Pujade-Renaud y met surtout en lumière un magnifique portrait de femme, aux plus beaux jours de la petite France des banlieues
À la fois romance, épopée suburbaine et traité de la thérapie, Belle mère raconte le lent établissement de relation entre un paranoïaque et la deuxième femme de son père, mêlant la description du monde tel qu’il se présente à Eudoxie (la belle-mère) et les commentaires et réflexions personnelles de Lucien (le fils).
Le travail thérapeutique qu’entreprend Eudoxie, au début un simple refus de faire interner Lucien, sera de lui rendre la parole, puis l'acte fonctionnel, pour finalement accéder à une vie plus ou moins adulte.
La contrepartie, qui n’apparaît que petit à petit, c’est de se faire apprécier physiquement, d’où le titre sans trait d’union.
Se voulant liaison entre l'époque de la Commune et de celle de l'Occupation, Belle mère est aussi une évocation d'une douce vie meudonoise disparue. - wikipédia
Claude Pujade-Renaud est un écrivain français.
Elle a publié son premier roman Le Ventriloque en 1978.
Depuis, elle est l'auteur de plusieurs romans et recueils de nouvelles, remportant :
- le prix de l'Écrit intime pour Le Sas de l'absence en 1998,
- et le prix de la Fondation Thyde-Monnier de la SGDL en 2001 pour Un si joli petit livre.

Professeur de
danse, elle a longtemps enseigné l'expression corporelle au département des Sciences de l'éducation à l'Université Paris VIII, et est l'auteur des textes Le Corps de l'élève dans la classe, Le Corps de l'enseignant dans la classe et L'École dans la littérature.

En 2004 elle a reçu le
Grand Prix Poncetton de la Société des gens de lettres, créé en 1970 et attribué à un auteur pour l'ensemble de son œuvre.

Claude Pujade-Renaud a créé et géré la revue
Nouvelles Nouvelles (1985-1992) avec Daniel Zimmermann, avec qui elle a également écrit plusieurs livres à quatre mains (Les Écritures mêlées, Septuor, Duel).


Avis d'autres lecteurs :
http://www.leslecturesdeflorinette.com/article-13598007.html : C’est un magnifique roman sur le temps qui passe, une relation insolite entre deux individus qui ne se sont pas choisis et que tout sépare
http://leslecturesdesophie.blogspot.com/2008/08/belle-mre-claude-pujade-renaud.html : est restée sur sa faim...
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http://chez.blogspirit.com/archive/2005/07/26/claude-pujade-renaud-belle-mere.html : Les rapports entre cette belle-mère et ce fils de trente-cinq ans qui lui reste sur les bras sont tracés avec justesse et beauté.
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http://livresdemalice.blogspot.com/2009/03/claude-pujade-renaud-belle-mere.html avis pas très enthousiaste.
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Pour le plaisir... un petit détour par le chasseur français, revue qui joue un rôle dans la vie d'Eudoxie :
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illustration : "la liseuse" de Fernand Lematte

curiosité de lecture : la vache rousse

Lecture terminée hier soir...
Un début lent qui dure sur 200 pages environ pour arriver enfin à l'intrigue policière. Je trouve la fin assez confuse et la traduction des mots en yiddish dans l'index en fin de volume n'est pas pour faciliter la lecture... tellement plus pratique d'avoir la traduction en pied de page...
Sinon polar plutôt agréable à lire.

Juste une petite recherche sur "la vache rousse" qui doit "racheter Israël"... ma lecture de la Bible est un peu lointaine et je ne me souviens plus très bien du contexte.

L'explication donnée par "Lamed" me semble la plus facile pour la compréhension. C'est donc celle que j'ai choisie ici.



A l’époque où les notions de pureté et impureté avaient une implication

(époque du Tabernacle et des Temples),

une personne qui était impure suite à un contact avec un mort, ne pouvait redevenir pure que par aspersion des cendres de la vache rousse.

Mais comment éclaircir ce processus ?

Tout d’abord, la Torah introduit le sujet de la vache rousse par le verset : « Voici le décret de la Torah » (Nomb. 19 :1).

La loi de la vache rousse est présentée comme une loi totalement irrationnelle, dépassant la logique humaine, comme un décret.


Selon l’expression de Rachi sur ce verset : « J’ai émis un décret et tu n’as pas le droit de réfléchir à son sujet ».

On a ici affaire à une loi où l’on ignore totalement la raison.

D’un autre côté, Rachi, après son commentaire du verset 22, propose une explication au nom du Rabbin Moïse Hadarchane, qui explique que la vache rousse vient réparer la faute du veau d’or. La mère, la vache, doit venir réparer la faute de son fils, le veau.

Nous sommes bien face à un paradoxe.

D’une part, la vache rousse est totalement irrationnelle, sans raison. Mais en même temps, on nous dit qu’elle vient pour expier la faute du veau d’or, ce qui constitue en soi une raison. Comment concilier ces deux idées ?

Puisque la vache rousse fait réparation de la faute du veau d’or, il faut essayer de comprendre un peu mieux cette faute.

Les hébreux voulaient avoir une représentation de la divinité.

Ils voulaient appréhender le divin et pouvoir le cerner.

C’est pourquoi, ils se firent un veau d’or, qui représenterait D.ieu, et serait appréhendable.

Ils ne voulaient pas se ‘‘contenter’’ d’une idée abstraite de D.ieu.

Leur faute provenait en fait d’une certaine volonté de comprendre qui s’enracinait dans l’orgueil.

Persuadés de leur grandeur, ils refusaient d’être mis à l’écart et pensaient qu’ils étaient aptes à saisir le divin.

Ils pensaient être capable de concevoir une forme représentant au mieux le Créateur.

N’est-ce pas audacieux et présomptueux ?

Poussé par son orgueil, l’homme refuse exige : « Je veux comprendre ! Je veux voir ! Je veux appréhender ! » Il refuse d’accepter. Telle était leur erreur.


D’ailleurs, cette erreur était aussi celle d’Adam et Eve, les premiers êtres humains.

Le serpent les séduit en disant : « Le jour où vous mangerez (du fruit défendu), vos yeux s’ouvriront et vous serez comme D.ieu, connaisseurs du bien et du mal » (Gen. 3 :5). Et ils en vinrent à en consommer.

L’homme veut ressembler à D.ieu, veut savoir, veut posséder la connaissance du bien et du mal et ne veut pas se soumettre à la Volonté de D.ieu.

Voici en quoi consistait la faute d’Adam, semblable à celle du veau d’or.


C’est pourquoi, D.ieu nous donna la Mitsva de la vache rousse.

Intrinsèquement, cette Mitsva est totalement et absolument irrationnelle.

Elle n’a vraiment aucune explication logique. Cependant, lorsque les Juifs la mettront néanmoins en pratique, par là même, ils montreront qu’ils accomplissent l’ordre de D.ieu même sans comprendre.

L’humilité et la soumission accompagnant le respect de la vache rousse peuvent réparer l’orgueil et la mise en valeur de soi qui accompagnait le veau d’or.


Une telle approche de soumission et d’humilité face à la Parole de D.ieu, pouvait contrebalancer l’approche ambitieuse des Hébreux qui, désirant tout comprendre et rationaliser, se firent un veau d’or.

C’est en cela que la vache rousse répare la faute du veau d’or.

L’humilité et la soumission accompagnant le respect de la vache rousse peuvent réparer l’orgueil et la mise en valeur de soi qui accompagnait le veau d’or.

De cette façon, la mère (la vache) pouvait nettoyer la faute du fils (le veau).

Car, l’intelligence de l’homme atteint sa plénitude lorsqu’à un moment, il reconnaît ne plus pouvoir comprendre et devoir accepter la Volonté de D.ieu, lorsqu’il comprend ne plus pouvoir comprendre.

Tel est l’apport de la vache rousse pouvant faire réparation du veau d’or.


D’ailleurs, c’est pour cela que la purification par la vache rousse était obtenue à partir de ses cendres.

Les cendres évoquent l’humilité, à l’instar d’Abraham qui affirma : « Je suis poussière et cendre » (Gen. 18 :27).


Ce système là convient parfaitement pour purifier de l’impureté causée par la mort. Car, rappelons-le, la mort est la conséquence directe de la faute d’Adam.

Et qu’au moment du don de la Torah, la mort disparut. Elle réapparut après la faute du veau d’or. La faute d’Adam et celle du veau d’or sont bien à l’origine de la mort.


Mais, l’extrême humilité accompagnant la vache rousse était apte à réparer ces deux fautes dont le point commun était le manque de soumission. C’est pourquoi, l’impureté de la mort se trouve purifiée par les cendres de la vache rousse.


La Torah n’annonce pas la Mitsva de la vache rousse par les mots : « Voici le décret de la vache rousse », mais plutôt par le verset : « Voici le décret de la Torah ».

Cela pour montrer que le respect de toute la Torah doit être calqué sur l’image de la vache rousse.

Il faut respecter toutes les Mitsvot avec fidélité et humilité, avec une confiance totale en D.ieu, et ne pas trop chercher à vouloir tout comprendre, car les Pensées de D.ieu ne sont pas comme celles de l’homme.


Et même si on arrive à comprendre un peu, ayons l’humilité d’admettre que cette compréhension reste bien limitée face à la véritable motivation divine.

De cette façon, même si on ne comprend pas tout, on ne s’arrêtera pas.

Au contraire, on continuera à respecter toutes les Mitsvot, conscient qu’elles représentent la Volonté de notre Créateur. De cette façon nous réaliserons le « Nous ferons, puis nous comprendrons ».

La faute du veau d’or ainsi que celle d’Adam pourront être totalement réparés. Par cela, le Machia’h pourra enfin venir. Et nous pourrons assister à la réalisation du verset des Prophètes : « La mort disparaîtra pour l’Eternité ». Amen.

Quand les vieux livres se transforment en oeuvres plastiques


En voilà une bonne idée... transformer de sous produits dits littéraires en oeuvre d'art... On peut même utiliser de mauvais livres neufs...

Déchirés, pages manquantes, couverture arrachée...
Notre fétichisme nous fait parfois conserver des ouvrages devenus complètement illisibles tant ceux-ci sont délabrés.
Plutôt que de continuer à les laisser moisir encore plus dans notre bibliothèque, nous pourrions leur réserver plutôt un tout autre destin.
La poubelle... ?
Non, car illisibles, ne veut pas dire inutilisables...
C'est ce qu'illustre le BookShop Blog, en montrant quelques oeuvres donnant une nouvelle vie aux livres.
Ainsi, l'« ABC Origami » est un assemblage de trois livres dont les pages ont été pliées pour former un alphabet en trois dimensions.

Pourquoi ne pas faire de vos vieux manuels une sculpture suspendue, comme ce « Book Mobile » ?

Une sorte d'art « durable » puisque les oeuvres sont faites d'oeuvres recyclées.
Une sorte d'art politique même, si vous décidez de découper le dernier BHL encore neuf, pour en faire une oeuvre enfin potable...

source : actua litté -Rédigé par
Christophe Payet, le samedi 01 août 2009 à 11h25
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illustration : "la liseuse" d'Adalberto Lütkemeyer