lundi 10 août 2009

Mort de Thierry Jonquet : Le noir lui allait si bien

Triste nouvelle que je lis dans Télérama... nous avons perdu un auteur de polars talentueux...



Avec ses livres souvent prémonitoires, ce révolté autopsiait notre société, mettait en scène les éclopés de la vie.
L’écrivain et scénariste Thierry Jonquet, auteur notamment de “Mygale”, “Moloch”, “Ad vitam aeternam”, est mort hier soir, à Paris, des suites de problèmes cardiaques.
Il avait 55 ans.

Thierry Jonquet est décédé dimanche 9 août dans la soirée. Il avait 55 ans.
*

Précision de http://www.livreshebdo.fr/les-gens/actualites/thierry-jonquet-disparait/3333.aspx

L’écrivain est mort à l’âge de 55 ans, dimanche 9 août. Connu pour ses romans policiers, il a aussi écrit pour la jeunesse, la bande dessinée et a publié une cinquantaine de nouvelles dans des magazines et des journaux.

Thierry Jonquet a soudainement disparu hier, dimanche 9 août, à l’hôpital de La Salpêtrière à Paris.

Né le 19 janvier 1954, il était une figure du nouveau polar français, dont les thèmes évoquaient la violence sociale.

Antinazi convaincu et communiste, tendance trotskiste, il avait milité au sein de Lutte Ouvrière, puis de la LCR et enfin Ras le front.

Il avait raconté cet engagement dans Rouge, c’est la vie (Le Seuil), où il écrit : « J'écris des romans noirs. Des intrigues où la haine, le désespoir se taillent la part du lion et n'en finissent plus de broyer de pauvres personnages auxquels je n'accorde aucune chance de salut. Chacun s'amuse comme il peut. »

Il découvrit le roman noir à l'âge de 23 ans.

Car Jonquet fut surtout reconnu comme un des grands écrivains de romans policiers français.

Dans Livres Hebdo 659, Jean-Maurice de Montrémy qualifiait son dernier livre, Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte (Le Seuil) de « suspens magistral », appuyé, comme toujours d’une solide « documentation sociale et politique ». Le Seuil rappelle que ce livre « lui valut la médaille d’honneur de la Licra en 2007, marque à la fois son évolution intellectuelle et l’affirmation de son immense talent de romancier. »

Auteur prolifique, il a écrit, sous son nom ou avec un pseudonyme – Ramon Mercader, Martin Eden, Phil Arthur…- une vingtaine de romans, une cinquantaine de nouvelles, cinq scénarios de bande dessinée (édités chez Casterman, avec Jean-Christophe Chauzy au dessin), des novélisations de scénarii et des récits.

Ses nouvelles sont parues dans des revues, des magazines (Télérama, Chorus…) et des journaux (Libération, Le Monde).

Des romans pour la jeunesse, on retiendra surtout la série des « Lapoigne » (Nathan et Gallimard).

Il s’était mis tardivement à l'écriture. Jonquet n'avait découvert l’univers du roman noir qu’en 1977.

Ergothérapeute dans un service de gériatrie, il ne publia son premier livre, Mémoire en cage (Albin Michel, dans la collection « Sanguine ») qu’en 1982.

Dès le deuxième livre, Mygale, en 1984, le "jeune" écrivain eut droit aux honneurs de la Série noire, chez Gallimard.

La bête et la belle, en 1985, fut même le numéro 2000 de la collection et reçu son premier trophée 813 du meilleur roman.

Avec Les orpailleurs (Gallimard) et Moloch (Gallimard), il avait reçu deux fois le prix mystère de la critique et le trophée 813 du meilleur roman.

Les Orpailleurs fut aussi couronné du Prix Polar Michel Lebrun.

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blog de l'auteur : http://thierry.jonquet.free.fr/

J'écris des romans noirs. Des intrigues où la haine, le désespoir se taillent la part du lion et n'en finissent plus de broyer de pauvres personnages auxquels je n'accorde aucune chance de salut. Chacun s'amuse comme il peut. Thierry Jonquet, Rouge c'est la vie, Le Seuil 1998.
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Quelques titres lus... pour les autres, voir http://www.bibliosurf.com/+-Jonquet-Thierry-+

Le secret du rabbin

En ce jour de 1920, le très savoureux et peu orthodoxe rabbin Mordechai Hirshbaum vient de rendre son âme à Dieu.

Ses héritiers, des neveux dispersés dans le monde, sont instamment priés de se rendre en Pologne pour venir toucher leur part d'héritage.

Les quatre cousins sont aussi dissemblables par leur pays et leurs activités :
- Moses est gangster à New York,
- Léon est un distingué officier français,
- David, un bâtisseur du nouvel Israël
- et Rachel une Bolchevik passionnée.
Perplexes et ayant décidément d'autres chats à fouetter, aucun d'entre eux n'est vraiment pressé de recueillir l'héritage promis par l'ancêtre.
En cette période troublée, annonciatrice d'événements dramatiques, ils finiront quand même par se retrouver, après un véritable parcours du combattant, un soir, auprès de l'arbre où est enterré le trésor !

La petite histoire traversée par la grande, et avec quel génie ! Celui d'un véritable conteur. Ce roman noir, picaresque, émouvant, à l'humour ravageur, dévoile toute l'étendue du talent d'un des meilleurs auteurs du genre.

Moloch

Quand la juge d'instruction Nadia Lintz arrive sur les lieux du crime, elle s'attend à trouver une scène d'horreur, mais pas à ça : des cadavres d'enfants carbonisés, figés dans une dernière tentative désespérée d'échapper à la mort.
Que faisaient-ils, enfermés dans ce pavillon délabré ? Qui les y avait amenés ? Qui y a mis le feu ?
Ce qui ressemble à première vue à un règlement de compte entre trafiquants d'enfants, se révèle n'être qu'un maillon d'une affaire bien plus horrible.
Pour faire triompher la justice, Nadia devra plonger dans l'obscurité de l'âme humaine et contempler la face de Moloch.

Reprenant des personnages présents dans
Les Orpailleurs, Jonquet traite dans ce roman de l'un de ses thèmes favoris : la place réservée aux enfants dans notre société dite évoluée.
Grâce à une construction particulièrement resserrée, il passe de situation en situation, de personnage en personnage, pour révéler au fil des pages l'étendue des dégâts. Un roman qui fait froid dans le dos.

Mon vieux
Alain Colmont n’a jamais eu de chance dans la vie, mais s’est toujours courageusement battu contre les coups durs.
Son père l’ayant abandonné alors qu’il n’avait que sept ans, il s’est retrouvé seul avec une mère dépressive et incapable de subvenir à ses besoins. Il a donc été contraint de travailler très tôt.
Après s’être remis tout seul aux études, il est parvenu à décrocher tardivement une licence d’histoire qui lui a permis de devenir prof.
Et un jour, il écrit un roman, qui obtient un petit succès d’estime et est adapté à la télévision.
Alain Colmont se met alors à rêver d’une brillante carrière d’écrivain. Mais ces espoirs sont déçus, tous ses textes suivants étant des bides retentissants.
Il n’empêche : il est arrivé à échapper aux griffes de l’Education nationale en devenant scénariste pour la télévision.
Il écrit ce qu’on lui demande d’écrire : des histoires standards formatées pour séduire la fameuse ménagère de moins de cinquante ans.
Et puis, nouveau coup dur : sa fille Cécile, qu’il élève seul après le décès de sa femme, est victime d’un grave accident de scooter. Elle se réveille défigurée, à la suite d’un long coma. Le temps de la ré-éducation commence, ainsi que celui des opérations de chirurgie réparatrice, qui ne donnent pas entièrement satisfaction. Les économies d’Alain fondent rapidement.
Plus tard, le fisc réclame soudain à Alain Colmont une somme astronomique. Pourquoi ? Parce que son père, Mathieu Colmont, souffrant de la maladie d’Alzheimer, est hospitalisé depuis plus de deux ans dans un service de gériatrie, en banlieue parisienne !
L’article 205 du code civil stipule que les enfants doivent une « obligation alimentaire » à leurs parents.
Mathieu Colmont se trouve totalement démuni. La loi est la loi, il doit payer.Alain Colmont ne peut subvenir à la fois aux besoins de son père et offrir à sa fille une seconde chance de redémarrer dans la vie.
L’été 2003 arrive. La canicule fait périr des milliers de vieillards. Dans les hôpitaux, c’est la panique. Le personnel est débordé, la pagaille s’installe. Alors Alain Colmont se laisse peu à peu tenter par une bien mauvaise solution…
Comment un personnage, étouffé par les dépenses et les coups durs glisse lentement vers le crime.

Mygale

"Alex était parti, après avoir embrassé le vieux.
Huit jours plus tard, il attaquait la succursale du Crédit Agricole et tuait le flic.
Au village, tout le monde devait avoir gardé la page du journal, avec la photo d'Alex à la Une et celle du flic en famille."

Les Orpailleurs

Un corps massacré est découvert dans un immeuble délabré. Non identifiable.
On peut juste constater que c'est une jeune fille.
Détail macabre, la main droite a été coupée. Le travail est propre, le tueur s'y connaissait.
L'équipe de l'inspecteur divisionnaire Rovère est chargée de l'enquête.
Une semaine plus tard, un deuxième cadavre est retrouvé. C'est aussi une femme et le rituel de l'assassinat est le même. Dès lors, l'idée d'un meurtrier poursuivant une vengeance prend forme et commence la course contre la montre pour éviter d'autres morts.

Les meurtrissures du corps et de l'âme ne disparaissent jamais complètement ; Thierry Jonquet le prouve avec ce livre qui prend ses racines dans les pans obscurs de l'Histoire.
D'une impeccable construction, cet excellent roman présente tous les mécanismes d'une enquête judiciaire vue de l'intérieur. Cet ouvrage a obtenu le trophée 813 du meilleur roman noir français 1993.

dimanche 9 août 2009

Caleb Carr - L'Aliéniste

Souvenir de lecture... quelque peu lointain. J'avais noté à l'époque mon envie de lire autre chose de cet auteur (donc il m'avait plu), mais ça ne c'est pas encore fait.
Alors merci télérama de me le remettre en mémoire... pour ma prochaine sortie bibliothèque.











Pendant une semaine sur Télérama.fr, place au frisson. Chaque jour, nous vous proposons de (re)découvrir un livre “mystérieux”.
Une sélection éclectique qui vous mènera de l'énigme pure jusqu'aux confins du fantastique.
Aujourd'hui, “L’Aliéniste”, de Caleb Carr. Un puzzle diaboliquement construit.
- Illustration : Ludovic Debeurme

New York, 1896.
De jeunes prostitués des quartiers déshérités sont découverts horriblement mutilés, sans provoquer la moindre réaction des pouvoirs publics.
Jusqu’à ce que Théodore Roosevelt, nouveau préfet de police et futur président des Etats-Unis, décide de lancer sur la piste du tueur une équipe composée d’un « aliéniste », pionnier de la psychiatrie, et de deux spécialistes des nouvelles techniques d’investigation telles que l’anthropométrie et la dactyloscopie.
Avec ce puzzle énigmatique, diaboliquement construit, Caleb Carr (né en 1955) faisait, en 1995, une entrée fracassante dans le monde du polar.
Entre thriller et aventure, tradition des feuilletonnistes et suspense psychologique, L’Aliéniste rappelle évidemment l’atmosphère de Jack l’Eventreur ou de Sherlock Holmes.
Mais il est aussi, par son souci du détail historique, un singulier portrait de New York à l’aube de la modernité.

Biographie (avec wikipédia) :

Caleb Carr (né le 2 août 1955) est un auteur de romans et un historien militaire américain.

Il est né à New York, où il a obtenu un diplôme d'histoire. Il est l'auteur du Soldat du mal, du Tueur de temps, ou encore de l'Ange des ténèbres.
Il a aussi écrit le roman L'alieniste en 1996 pour lequel il a reçu le grand prix de Littérature policière et le prix Mystère de la critique.

Il habite actuellement dans l'
état de New York, dans une propriété fermière nommée “Misery Mountain”, dans la ville de Berlin du comté de Rensselear (situé à une centaine de kilomètres au nord de la ville de New York). Il enseigne l'histoire militaire à l'université de Bard.
Il était un ami proche et confident de l'historien James Chace, décédé en 2004.

Caleb Carr a participé à la conception de la suite du film
L'Exorciste, en tant que scénariste. Il est ainsi présent au générique du film.

Carr s'est présenté en tant que candidat indépendantiste dans le comté de Rensselear en 2005, mais il a été largement battu.

Son père,
Lucien Carr a été président de l'UPI (united press international),ainsi qu'une figure de la Beat Generation (groupe d'écrivains américains des années 50.)

Bibliographie (sur Amazon):

Le diable blanc , Éditions Presses de la Cité,
1999
*
Les Leçons de la terreur , Éditions Presses de la Cité
*
L'Aliéniste, Éditions Presses de la Cité, 1995
*
L'Ange des ténèbres , Éditions Presses de la Cité,
1998
*
Le tueur de temps, Éditions Presses de la Cité,
2001
*
Le secrétaire italien , Éditions Presses de la Cité,
2006
Avis d'autres lecteurs :
Il est tout à fait fascinant d’assister à cette recherche d’information effectuée par le Dr Kreizler et ses coéquipiers : ils réalisent un travail de déduction fort remarquable à partir des indices récoltés pour établir l’identité du tueur d’une part et élaborer son profil psychologique d’autre part. Les hommes de Roosevelt s’efforcent également de remonter dans le passé du criminel pour comprendre les conditions dans lesquelles ce dernier vivait afin d’anticiper son futur homicide. - Ngan Dai BUI
http://yspaddadenpenkawr.over-blog.com/article-28213499.html
L'enquête progresse lentement et les cadavres s'accumulent. A force de déductions, la fine équipe démonte le mode opératoire du tueur en série, dresse un portrait-robot psychologique et remonte peu à peu sa trace.

Le problème est dans le peu à peu... C'est long, très long parfois et malgré tout mon intérêt pour les débuts de la psychanalyse, je me suis parfois ennuyée.
Et autant dire que j'ai trouvé ces compères beaucoup trop perspicaces, du genre à trouver une adresse grâce à une rognure d'ongle. Car bien entendu, toutes les déductions psychologiques du docteur se vérifient à la fin, et beaucoup trop systématiquement à mon goût.
Par contre, la description des débuts des méthodes modernes d'investigation (graphologie, prise d'empreintes digitales, "profiling"...) est tout à fait intéressante. Ce sont les balbutiements de la police scientifique qui se heurtent au cartésianisme et à la morale.
http://www.encres-vagabondes.com/magazine/carr2.htm
Depuis Le Silence des agneaux et Seven, le personnage du serial killer est devenu une sorte de cliché littéraire et cinématographique auquel on ne peut guère échapper aujourd’hui, comme si le lecteur était devenu lui-même une proie facile, faisant les délices des auteurs de best-sellers.
Dans ce domaine, le pire côtoie le meilleur, et il faut avoir parfois les yeux bien accrochés pour parvenir à bout de certains pavés où, sous couvert d’enquête, on flatte chez l’individu le goût du gore et du voyeurisme, qui sont tout le contraire d’un ancrage symbolique dans la réalité.
http://laculturesepartage.over-blog.com/article-17979470.html
Je ne pense maintenant qu'à une chose : lire les autres romans de Caleb Carr !
et bien sûr, l'avis des amis sur le forum : http://grain-de-sel.cultureforum.net/polars-f27/caleb-carr-t1556.htm
*
illustration : "la liseuse" de Bazzanti

vendredi 7 août 2009

John Dickson Carr - La Chambre ardente

souvenir de lecture....
Même Agatha Christie a été piégée !

Miles Despard a été enterré dans un caveau scellé, au milieu de sa propriété, en présence de dizaines de témoins.

Mais voilà que des soupçons pèsent sur sa mort. Maladie ou empoisonnement ?

Pour en avoir le cœur net, son neveu demande une autopsie. Le caveau est déscellé, le cercueil ouvert et... rien ! Le cadavre a disparu.

Maître incontesté des énigmes en chambres closes et des crimes impossibles, l’Américain ­John Dickson Carr (1906-1977) a réussi, avec La Chambre ardente, un des chefs-d’œuvre du genre, mêlant avec maestria fantastique et roman de détection – domaines pourtant antagonistes.

Passionné de sorcellerie et de sciences occultes, il joue avec les fantômes et l’irrationnel, laissant planer jusqu’au bout une savoureuse ambiguïté, même quand tout paraît résolu.

« Bien peu de romans policiers réussissent à me piéger, a dit un jour Agatha Christie, mais ceux de Mr Carr y parviennent presque toujours. »
*
John Dickson Carr (30 novembre 1906 à Unionstown, Pennsylvanie - 27 février 1977 Charlottesville, Virginie) est un écrivain de romans policiers américain.

Il appartient à l'école classique, dite du whodunit à laquelle appartiennent également des auteurs tels que Agatha Christie, Dorothy L. Sayers, Ngaio Marsh ou Ellery Queen.


Son œuvre, qui couvre quatre décennies (premier roman, It Walks By Night publié en 1930,

Le dernier, The Hungry Goblin en 1972),

compte plus de soixante-dix romans,

une cinquantaine de nouvelles,

près de cent pièces radiophoniques,

ainsi qu'une biographie de Sir Arthur Conan Doyle.
*
Le thème dominant en est le crime impossible, dont Carr a exploré toutes les variantes possibles et imaginables, de la classique chambre close à l'assassin invisible en passant par le meurtre commis sur une plage vierge de toute empreinte ou au sommet d'une tour inaccessible.

Le mystère est souvent l'occasion pour Carr de suggérer une hypothèse surnaturelle et de donner ainsi à ses intrigues une coloration fantastique, même si l'explication finale est inévitablement tout ce qu'il y a de plus rationnel. La Chambre ardente (1937) est toutefois une exception et, pour cette raison, le livre probablement le plus connu de son auteur.

Il fut adapté au cinéma par Julien Duvivier.
*
Pour résoudre des intrigues aussi tortueuses, il fallait des limiers plus grands que nature. Carr en a créé quatre :

apparaît dans les œuvres de jeunesse de l'auteur, ainsi que dans ses premiers romans.
C'est un juge d'instruction parisien dont le physique comme la morale ne sont pas sans évoquer Méphistophélès.
Les histoires où il apparaît sont probablement les plus proches du fantastique, voire de l'horreur pure que Carr ait écrit : atmosphère poisseuse, personnages souvent dérangés ou dégénérés, meurtres sanglants.
*
Le docteur Gideon Fell,
calqué sur l'écrivain anglais et idole de Carr G.K. Chesterton, apparaît pour la première fois en 1933 dans Le Gouffre aux sorcières.
Obèse au point de se déplacer avec une ou plusieurs cannes, perpétuellement échevelé et pourvu d'une moustache de brigand, c'est un bon vivant, plaisamment excentrique et grand amateur de bière.
Certains des livres où il mène l'enquête sont considérés par les amateurs comme parmi les plus grandes réussites de l'auteur, notamment Trois cercueils se refermeront qui fut consacré en 1981 meilleur roman de chambre close de tous les temps par un panel d'experts américains.
dit plus communément H.M. est, quant à lui, inspiré de Winston Churchill.
Obèse comme Fell, il est beaucoup plus actif, dans tous les sens du terme, à l'image de son modèle.
Indifférent aux normes sociales, en guerre permanente contre l'establishment auquel il appartient, toujours prêt à râler ou dire des obscénités, il n'en est pas moins pourvu d'un intellect aussi affûté qu'une lame de rasoir.
D'abord assez macabres, ses aventures évoluèrent progressivement vers le slapstick.
*
Le colonel Perceval March,
enfin, n'apparaît que dans une poignée de nouvelles.
Il dirige à Scotland Yard un Service des affaires inclassables, le D-5, en charge de toutes les affaires bizarres, à commencer bien sûr par les crimes impossibles.
Boris Karloff lui prêta ses traits sur le petit écran dans une série de 26 épisodes dans les années 1950: Colonel March

John Dickson Carr, tout en écrivant la majeure partie de son œuvre sous son nom véritable, utilisa également les pseudonymes Carter Dickson (pour les aventures de sir Henry Merrivale), Carr Dickson (The Bowstring Murders, 1934) et Roger Fairbairn (Devil Kinsmere, 1937).
sources : wikipédia

Disparition du romancier américain Budd Schulberg

Le romancier américian Budd Schulberg est mort à l’âge de 95 ans. Fils de B. P. Schulberg, qui fut président de la société de production Paramount, il s’est fait connaître du grand public en 1955 lorsqu’il obtint un Oscar pour l’écriture du scénario de Sur les quais tourné par le réalisateur Elia Kazan avec l’acteur Marlon Brando.
Né en 1914 à New York, Budd Schulberg mènera une carrière de romancier toujours en liaison avec le cinéma.
Plusieurs de ses œuvres furent ainsi portées avec succès à l’écran.
Il fut l’auteur de :
- Qu’est-ce qui fait courir Sammy (1841),
- Plus dure sera la chute (1947)
- ou encore du scénario d’Un homme dans la foule.
*
En 2007, le scénariste fut invité au Festival du film américain de Deauville où le Prix Littéraire Lucien Barrière lui fut remis pour l’ensemble de son œuvre ainsi que pour son ouvrage intitulé Sanctuary V, publié aux Editions Bernard Pascuito.
L’auteur avait, pour l’occasion, accordé une interview au Co-fondateur et Délégué Général du Festival, André Halimi. Le texte de cet entretien est disponible sur le site du Festival.
source : actua-litté : Rédigé par Victor de Sepausy, le vendredi 07 août 2009 à 07h01
Source : Le Figaro

Sur les quais


A New York dans les années 1950, un syndicat mafieux régit la vie des docks.
Un soir, Terry Malloy participe malgré lui à l'assassinat du docker Joey Doyle.
Plein de remords, il doit choisir soit d'ignorer l'évènement comme le lui recommande son frère, membre du syndicat, soit de briser la loi du silence comme l'en supplient le prêtre de la paroisse et la soeur de Doyle.


En 1953, Budd Schulberg publiait«Un homme dans la foule». L'année suivante, l'édition poche paraissait augmentée de dix nouvelles.
Ce sont ces dix nouveaux visages qui sont rassemblés ici.

Sanctuary V

Sitôt renversé le régime qui l'avait livrée au pillage des industriels nord-américains, une république d'Amérique latine est tentée par une nouvelle aliénation : le chef de guerre Angel Bello pèse de tout son charisme pour préparer un rapprochement avec Moscou sans que le président intérimaire, Justo Moreno Suarez, trouve la force de lui barrer la route et de le ramener aux idéaux pour lesquels ils ont combattu côte à côte.
Presque aveugle aux purges qui déciment la vieille garde, confiant que, malgré les apparences, le nouveau pouvoir partage son attachement à la légitimité constitutionnelle, Justo attend d'être averti de son arrestation imminente pour chercher refuge dans une ambassade avec sa femme et sa fille.
Au Sanctuaire, sa cohabitation forcée avec les tortionnaires qu'il espérait à tout jamais chassés de son pays, ses retrouvailles avec d'anciens alliés sacrifiés à la nouvelle ligne, l'enfer d'un quotidien sordide, les tractations mercenaires de la diplomatie, lui ouvrent les yeux sur le destin commun des peuples, toujours soumis au gran chingon, à la raison du plus fort.

jeudi 6 août 2009

Alzheimer a emporté l'auteur iconoclaste Amos Kenan

Une voix du temps, satirique et acerbe.

« Il portait sur la société israélienne un regard qui pouvait paraître parfois sévère. Mais ce feu qui l'animait était celui des amoureux », commenta hier Frédéric Mitterrand, suite à l'annonce de la mort de l'écrivain israélien Amos Kenan.

À l'âge de 82 ans, ce dernier fut tout à la fois peintre, sculpteur, poète, écrivain et dramaturge.


Il travailla dans divers des plus grands journaux du pays, notamment Haaretz.

Il sut faire preuve d'un regard critique des plus acerbes sur la société durant toute sa vie. Présent à Paris entre 1954 et 1962, il fit publier un livre enrichi des illustrations de Pierre Alechinsky.

De 1954 à 1962, il a vécu à Paris où un de ses livres a été illustré par Pierre Alechinsky, et où une de ses pièces a été adaptée par le chorégraphe Maurice Béjart.

Durant ce séjour, il aurait inspiré à Christiane Rochefort le personnage de son roman "Le repos du guerrier".
Le roman le plus célèbre d'Amos Kenan, "La route d'Ein Harod", publié en 1984, a été traduit en huit langues et adapté au cinéma à Hollywood.


De retour en Israël, il reprit son activité satirique, et écrivit de nouveau pour le théâtre.

L'écrivain iconoclaste est décédé mardi de la maladie d'Alzheimer contre laquelle il se battit durant de longues années. Il naquit à Tel-Aviv en 1927.

source : diverses






mardi 4 août 2009

IN KOLI BOFANE - MATHÉMATIQUES CONGOLAISES

Commencé hier soir... lu une vingtaine de page, et déjà je sais que je suis tombée sur un livre passionnant !
Célio Matemona, nommé Célio Mathématik par ses amis, aurait pu traîner sa galère encore longtemps à Kinshasa, n’eût été sa rencontre avec le directeur d’un bureau aux activités très confidentielles, attaché à la présidence de la République.
L’occasion unique de rejoindre le cercle très fermé des sorciers modernes qui manipulent les êtres et la vie quotidienne.

2008 - Prix Jean Muno [Belgique]

Dans un Kinshasa secoué de remous de toutes sortes, Célio aurait pu traîner sa galère encore longtemps, n’eut été sa rencontre avec le directeur d’un bureau aux activités très confidentielles, attaché à la Présidence de la République.
La ville ne fait pas de cadeau, le jeune homme le sait, et il tient là l’occasion de pouvoir enfin se réaliser.
Faire partie du cercle très fermé de ces sorciers d’un genre particulier que l’on appelle spin doctors n’est pas non plus pour lui déplaire.
Dans le jeu subtil de la manipulation politique, Célio a l’ambition d’exceller et de faire parler de lui.

Facile, le jeune homme, a toujours été proche des phénomènes complexes. Il a toujours su établir un dialogue privilégié avec les mathématiques.
Ses amis, d’ailleurs, l’ont surnommé « Célio Mathématik ». Appliquer ses connaissances à la désinformation, c’est ce qu’il compte accomplir.

De façon unilatérale, Célio se prend pour un grand mathématicien parce qu’il aurait assimilé le contenu d’un vieux manuel scolaire, légué par son père.

C’est à travers des théorèmes et des définitions que Célio espère influer sur le destin dont il dit n’être que le jouet.

C’est à travers les épreuves, aussi, qu’il lui faudra procéder à des choix cruciaux. Tenter de maîtriser les déséquilibres dans un environnement livré aux tiraillements et au chaos institutionnalisés.

Les personnages

Célio Matemona
alias Célio « Mathématik » : Jeune homme plein d’ambitions

Gonzague Tshilombo : Le patron du bureau « Informations et Plans », grand manipulateur
Odia Tshilombo : Epouse de Tshilombo, très grande manipulatrice

Bamba Togbia : L’homme de main

Vieux Isemanga : Celui qui connaît tout

Nana Bakkali : La complice de Célio
Ioanidès Lolos : La conscience de Célio ?

Trickson, Face ya Yezu, Richard le bourgeois, Sera Sera, le petit Amisi : Les petits du quartier.

La Faim : Celle sur laquelle il faut compter

illustration : masque songye
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La faim

Entre-temps, la Faim, au milieu de la population, gagnait du terrain, faisait des ravages considérables.
Elle progressait en rampant, impitoyable comme un python à deux têtes.
Elle se lovait dans les ventres pareil à un reptile particulièrement hargneux creusant le vide total autour de sa personne. Ses victimes avaient appris à subir sa loi.
En début de journée, avant qu’elle ne se manifeste, on n’y pensait pas trop, absorbé par le labeur qui permettrait justement de manger et ainsi obtenir un sursis.
On faisait semblant d’oublier, mais l’angoisse persistait à chaque moment.
En début d’après-midi, avec le soleil de plomb qui accélère la déshydratation, cela devenait plus compliqué. L’animal qui, depuis longtemps, avait pris la place des viscères, manifestait sa présence en affaiblissant le métabolisme, se nourrissant de chair et d’autres substances vitales.
On était obligé de vivre sur ses maigres réserves.
L’effort faisait trembler les membres, rendait les mains moites et froides, le cœur avait tendance à s’emballer. Pour calmer la bête, on lui faisait alors une offrande d’eau froide, pour qu’elle se sente glorifiée. Cela ne durait pas, car juste après, elle jouait sur le cerveau et d’autres organes de la volonté et du sens combatif.
On pouvait avoir tendance à quémander et à mendier. Certains devenaient même implorants, parce qu’elle laminait, de son ventre rêche, des choses aussi précieuses que l’orgueil et la fierté. Elle était omniprésente et omnipotente.
On ne conjuguait plus le verbe « avoir faim ».
A la question de savoir comment on pouvait aller, la réponse était : « Nzala !», « la Faim !». Elle s’était institutionnalisée.
Mais malgré ses faces peu avenantes et la répulsion qu’elle inspirait, on disait que des images d’elle se vendaient très cher à l’étranger.
La Faim cherchait ainsi à acquérir des lettres de noblesse.
On l’évoquait pour se justifier, pour obtenir des circonstances atténuantes en cas de faute grave. La Faim participait pleinement à la rédemption des individus. C’était d’ailleurs le seul gain qu’on pouvait en espérer.
En dehors de cela, elle était comme un poison qui détruit les corps, en les transformant en proies idéales pour la malaria et la bilharziose. Elle empêchait ses victimes de proliférer, en augmentant la mortalité infantile.
Pour la subir, il fallait être armé psychologiquement, parce qu’elle agissait aussi par constriction du sens moral et d’autres valeurs aussi élevées. Ceux qui résistaient se prenaient d’ailleurs facilement pour des héros ou des saints.
Les autres, pour être exemptés des tourments quotidiens, reniaient leurs convictions et acceptaient le pot-de-vin dans l’exercice de leurs fonctions.
La jeune fille prude trahissait son éducation et devenait vénale.
Le professeur faisait fi de l’éthique en échange de billets de banque.
Le soldat crachait sur le code militaire, pour dégénérer en un prédateur assoiffé de pillage.
Chaque jour, la Faim additionnait des points. Elle progressait sinueusement dans les familles, indistinctement, laissant la mort et la désolation. Elle durcissait les cœurs. Elle abrasait de ses écailles rugueuses ce qui restait d’espoir.
Afin de préserver les comptes du Président de la République et d’équilibrer la balance de paiements du Fonds Monétaire International, les Kinois s’étaient organisés pour gérer l’insatiabilité du monstre à double mâchoire.
Surtout ne pas épuiser trop vite la réserve des victimes propitiatoires. Pour ce faire, ils avaient organisé la journée en « gongs », c'est-à-dire, en repas.
Depuis longtemps déjà, ils avaient institué le « gong unique », pris en fin de journée, lorsqu’un miracle s’était produit et que le python immonde avait décidé, en ce jour, d’être magnanime.
Puis, succéda l’ère du « gong alterné ». Dans les familles, une moitié de ses membres mangeait un jour, l’autre attendait le lendemain, et ainsi de suite.
C’est certain, le combat était dur, mais restait, somme toute loyal, tant que les coups étaient portés au-dessus de la ceinture.
Le Fonds Monétaire International applaudit devant tant de combativité. Il se félicita de la condition physique du Kinois, de son sens de l’adaptation, mais surtout, de sa faculté à encaisser les crochets de la bête à l’estomac.
Malgré de vains soubresauts, l’hydre infâme tenait le peuple en respect, avec violence, en contractant ses anneaux au fond des abdomens, prolongeant l’agonie, se vautrant chaque jour dans une victoire sans fin, semblable à l’éternité, obscure, secrète.
biographie : sur le blog de l'auteur
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Avis d'autre lecteurs :



Kinshasa, ancienne Léopoldville/Leopoldstad jusqu'en 1966, est la capitale et la plus grande ville de la République démocratique du Congo (RDC). Elle a à la fois le statut administratif de ville et de province.
Située sur la rive sud du fleuve Congo au niveau du Pool Malebo, elle fait face à la capitale de la République du Congo, Brazzaville. Elle est la ville - province la plus peuplée du pays avec une population de 8 096 254 habitants, et 9 343 416 pour l’agglomération Kinshasa-Brazzaville, elle est également la plus grande ville d'Afrique sub-saharienne et la deuxième agglomération d'Afrique sub-saharienne derrière celle de Lagos.

Le Congo, ou République du Congo, est un pays d'Afrique, situé à cheval sur l'équateur.
Ses voisins sont le Gabon, le Cameroun, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo - de laquelle il est séparé, en partie, par le fleuve Congo puis l'Oubangui - et le Cabinda (Angola).
Le Congo s’étend sur 1 300 km du nord au sud, de l’océan Atlantique à la frontière centrafricaine toujours le long du fleuve Congo.
Les ressources (eau, forêt, minerais) sont nombreuses mais mal exploitées en raison du faible peuplement.
Le Congo est parfois appelé Congo-Brazzaville pour éviter de le confondre avec la République démocratique du Congo aussi appelée Congo-Kinshasa. Le Congo a aussi été connu sous le nom de République populaire du Congo (1969-1992).
Culture
Le Congo, par la disposition même de son territoire, possède une grande variété de paysages naturels, des savanes de la plaine du Niari aux forêts inondées du Nord, de l'immense fleuve Congo aux montagnes escarpées et forestières du Mayombe et aux 170 km de plages de la côte atlantique.
La présence de nombreuses ethnies et jadis de diverses structures politiques (Empire Kongo, royaume de Loango, royaume Teke, chefferies du Nord) a doté le pays actuel d'une grande diversité de cultures traditionnelles et d'autant d'expressions artistiques anciennes : « fétiches à clous »Vili, statuettes bembe si expressives qui atteignent malgré leur petite taille à une sorte de monumentalité, masques étranges des Punu et des Kwele, reliquaires Kota, fétiches Teke, cimetières curieux, avec leurs tombeaux monumentaux, du pays Lari.
Il faut y ajouter un patrimoine architectural colonial considérable, que les Congolais redécouvrent aujourd'hui comme faisant partie de leur héritage historique (et de leur capital touristique) et restaurent plutôt bien, du moins à Brazzaville.
Le tourisme demeure pour l'instant au Congo une ressource très marginale, faute d'infrastructures d'accueil hors de Pointe-Noire et Brazzaville, et faute d'un réseau de communications suffisant et cohérent. Beaucoup de sites sont difficiles à atteindre et, paradoxalement, le Sud plus peuplé et plus développé est souvent le moins accessible : le massif du Chaillu par exemple est presque impossible à parcourir.
illustration : Galerie de Kalle Anka
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Pour en savoir plus, lire la suite sur : http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_du_Congo


Littérature africaine
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