jeudi 13 août 2009

curiosité de lecture : Esséniens

Les ésséniens étant abordés dans le roman de Loevenbruck, j'ai eu envie de me rafraichir un peu la mémoire... bien que pas mal lu sur le sujet.
Au passage, j'en profite pour citer 3 livres qui m'ont passionnés... tellement que je les aient lus 2 fois... et pas impossible, que je les relise une fois de plus.
Jusqu'à présent, côté roman, sur le sujet, c'est ce que j'ai trouvé de mieux.
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Qumran de Eliette Abecassis Archéologue, descendant direct d'Abraham, David Cohen est chargé par Shimon Delam, un chef de l'armée d'Israël, d'une mission bien peu évidente : retrouver l'un des célèbres rouleaux des Manuscrits de la Mer morte, perdu ou plus vraisemblablement volé.
Ary, le fils de l'archéologue, va être le véritable héros de cette quête initiatique mais dangereuse. Au fil de son enquête, il va s'apercevoir que nombreux sont ceux qui s'intéressent à ces manuscrits, lesquels contiendraient surtout des explications surprenantes et difficiles à dévoiler sur l'origine du christianisme.
Mais dans le monde entier, ceux qui s'intéressent à ces énigmes sont en danger de mort. C'est en tout cas ce que tend à prouver la découverte d'un premier corps crucifié. Comme Jésus...

Depuis qu'un jeune bédouin les a trouvés par hasard dans une grotte en 1947, les Manuscrits de la Mer morte n'en finissent plus de susciter polémiques et débats d'experts.
C'est cette toile de fond qui donne l'occasion à la toute jeune Eliette Abécassis (vingt-sept ans à la sortie de la première édition), agrégée de philosophie, d'élaborer un thriller théologique surprenant, au carrefour du roman d'aventures et de la réflexion sur les religions.
L'enquête ramène sans cesse aux textes anciens, balaie plus de 5 000 ans d'Histoire... et a fait logiquement de ce livre un best-seller international, vendu à plus de 100 000 exemplaires.
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Le Trésor du temple de Eliette Abécassis

Ary Cohen, dit "le lion", vit retiré près de Qumran dans le désert de Judée, où les Esséniens l'ont élu comme leur messie.
C'est là que son père, l'archéologue David Cohen, vient lui confier la nouvelle mission proposée par Shimon Delam, patron du Shin Beth, les services secrets intérieurs d'Israël.
Il s'agit d'élucider le meurtre – ou plutôt le sacrifice rituel – de Peter Ericson, un archéologue qui recherchait le fabuleux Trésor du temple, sans doute celui de Salomon, d'après les mystérieuses écritures du rouleau de cuivre, l'un des Manuscrits de la Mer morte, retrouvés justement à Qumran.
Pour mener à bien cette enquête, il faut à la fois être un soldat et connaître parfaitement les textes sacrés. Seul Ary a donc une chance de percer les extraordinaires mystères qui l'attendent...

Francs-maçons, Templiers, Secte des assassins... Les plus secrètes et les plus anciennes organisations ont voulu, veulent et voudront toujours retrouver le fabuleux trésor mythique, à supposer qu'il ait jamais existé. La partie ne sera pas facile pour Ary, le religieux détective qui avait déjà montré tout son talent dans
Qumran.
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La Dernière Tribu de Eliette Abécassis
Le corps d'un homme, assassiné il y a deux mille ans au Tibet, est retrouvé au japon, dans un temple shintoïste près de Kyoto. Il tient dans sa main un fragment d'un des célèbres manuscrits de Qumran.
Chargé par les services spéciaux israéliens d'élucider l'énigme, Ary Cohen découvre, au fil de son enquête, des similitudes entre les deux religions, juive et shintoïste.
L'une des tribus hébraïques dispersées au IXe siècle avant notre ère serait-elle parvenue à gagner l'Extrême-Orient ?
Au pays du Soleil Levant, Ary devra affronter bien des dangers avant de comprendre les raisons de cette macabre et étonnante découverte, et de retrouver fane, la femme de sa vie, agent de la CIA.
C'est un roman foisonnant d'érudition et d'imagination, à la fois thriller et quête mystique, que nous offre Eliette Abécassis. On y retrouve avec bonheur le souffle inspiré de la romancière de Qumran et du Trésor du Temple.
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Les Esséniens étaient les membres d'une communauté juive, fondée vers le IIe siècle av. J.-C.. Les principaux groupements s'établirent, semble-t-il, sur les rives de la mer Morte.
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Le terme essénien n’est mentionné ni dans la littérature talmudique, ni dans le Nouveau Testament. Les éléments connus sur ce groupe viennent de Philon d'Alexandrie (-30,+45), de Pline l’Ancien (–23, –79) et de Flavius Josèphe (+38, +95).
L’œuvre de Josèphe s’adresse à un public romain auquel il souhaite faire connaître la nation juive dont il fait partie. Il y décrit l'existence de trois mouvements au sein de la population juive : les sadducéens, les pharisiens et les esséniens.
Lors de cette description, il présente les esséniens comme vertueux, en insistant sur les détails qui semblent « exotiques » pour ses lecteurs romains.
Son témoignage est cependant intéressant car il explique qu'il a personnellement fréquenté ce mouvement.
L’origine du terme gréco-latin « essénien » n’est pas connue. Certains chercheurs proposent de la rapprocher du mot hébreu hasid (« pieux »).
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Le professeur
Eleazar Sukenik a été le premier à proposer d'identifier les habitants du site de Sokoka-Qumran avec les esséniens mentionnés dans la littérature ancienne.
Plusieurs points de convergence entre la description des esséniens et la doctrine décrite dans les manuscrits semblent effectivement permettre d'identifier les sectaires de Sokoka-Qumran aux esséniens.
Cependant, la structure de la société juive à la fin de la période du Second Temple était plus complexe que la division en trois groupes décrite par Josèphe.
Plusieurs mouvements plus ou moins sectaires cohabitaient, tout en se divisant sur l’interprétation de la Torah et sur la manière de réagir face à l’hellénisme.
Dans ce contexte, la secte de la Mer Morte peut être l’un de ces groupes, mais elle ne s’identifie pas nécessairement avec la description simpliste de Josèphe.
Pratiques communautaires :

Le plus marquant dans cette communauté était la mise en commun et la répartition des biens de la collectivité selon les besoins de chaque membre.
Le shabbat était observé strictement, comme la pureté rituelle (bains à l'eau froide et port de vêtements blancs).
Il était interdit :
de jurer,
de prêter serment,
de procéder à des sacrifices d'animaux,
de fabriquer des armes,
de faire des affaires ou de tenir un commerce.
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Les membres, après un noviciat de trois ans, renonçaient aux plaisirs terrestres pour entrer dans une sorte de vie monacale.
Leur alimentation était particulière en ce qu'elle ne devait pas subir de transformation, par la cuisson par exemple.
Leur nourriture se composait essentiellement de pain essénien (non cuit), de racines sauvages, et de fruits.
La consommation de viande était interdite.
Ils vivaient selon des règles strictes :
fausse déclaration de biens : un an d'exclusion ;
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mensonge, ou scène de colère contre un autre membre de la communauté : 6 mois ;
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crachat ou rire pendant une réunion ou une séance de prière : 1 mois ;
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gesticulation pendant une réunion : 10 jours ;
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port de
lainages prohibé.
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Le mouvement semble avoir disparu vers
70.
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La littérature intertestamentaire (livre d'Hénoch, livre des Jubilés et manuscrits de Qumrân) fait par ailleurs allusion à un calendrier juif particulier, solaire, que l'on a appelé le calendrier essénien.
Les relations des Esséniens avec la monarchie hasmonéenne furent ambiguës :
en effet, les Esséniens rejetaient ces monarques comme grands prêtres illégitimes, mais en même temps, ils soutenaient fortement leur résistance à l'influence grecque et païenne, incarnée par les Séleucides.
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C'est la raison pour laquelle les esséniens furent probablement tolérés, et non pas persécutés, par les Hasmonéens, puis ensuite par les Hérodiens, leurs héritiers.
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Lors de la
destruction du Temple et lors du chaos qui sévit en Judée à la fin du premier siècle, les Esséniens ne réussirent pas à conserver leur identité, tandis que la communauté juive de la Diaspora s'organisait autour des pharisiens survivants, donnant ainsi naissance à la tradition du judaïsme rabbinique.
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Il est probable que l'établissement de Qumrân représentait une survivance précaire du mouvement essénien.
En 70, après la destruction de leur établissement par les légions romaines, puis la ruine de Jérusalem, les Esséniens disparurent complètement.
Il demeure fort peu vraisemblable qu'ils se soient mêlés ou fondus dans la secte des pharisiens, fidèles du Temple, qui représentaient plutôt pour eux leurs ennemis.
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illustration : Qumran

Jésus était-il essénien ?
Les origines du mouvement essénien furent bien antérieures à l'ère chrétienne, et dans les écrits de Qumrân on ne trouve aucune allusion au christianisme.
Il existe certaines analogies entre les deux mouvements (messianisme, pratiques baptismales, renoncement aux biens matériels), ce qui a fait dire à Ernest Renan que le christianisme était « un essénisme qui a réussi », mais les esséniens, qui nous sont maintenant mieux connus depuis la découverte des Manuscrits de la mer Morte, se distinguaient de Jésus de Nazareth par leur rigorisme ritualiste, leur souci de pureté extérieure, leur manière de vivre dans des communautés retirées, leur pensée (espérance eschatologique cataclysmique, et non pas avènement messianique dans la douceur; doctrine des deux esprits; etc...).
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Ni les textes néotestamentaires ni les autres (Flavius Josèphe, Pères de l'Église, apocryphes) ne font mention des esséniens à propos de Jésus ou des chrétiens.
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Des rapprochements peuvent cependant être faits entre le Nouveau Testament et les textes esséniens concernant certains thèmes (lignée davidique du Messie, résurrection des morts) ou expressions, comme par exemple celle de « pauvres en esprit », présente à la fois dans les Béatitudes et dans certains fragments retrouvés à Qumrân où elle désigne les fidèles observateurs de la loi.
Un courant complexe
Le courant des esséniens, « sur lesquels les manuscrits de la mer Morte ont jeté une lumière toute nouvelle, apparaît comme le plus complexe et, à bien des égards, le plus intéressant.
*Communauté fermée, d’organisation monastique, retirée dans le désert, sur les rivages inhospitaliers de la mer Morte, les Esséniens communiquent à leurs seuls initiés un enseignement ésotérique.
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Purs entre les purs, on les a parfois définis comme des Pharisiens au superlatif.
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Leur mouvement est né sans doute, au lendemain de l’insurrection maccabéenne, d’une protestation contre l’attitude, jugée trop mondaine et laxiste, des souverains hasmonéens et contre un sacerdoce considéré par eux comme illégitime.
En conséquence ils se détournent des liturgies officielles du Temple et pratiquent dans leur solitude des rites qui leur sont propres. Ils englobent dans une même condamnation les païens, ceux des Juifs qui fréquentent les occupants idolâtres et la masse du peuple qui accepte l’autorité d’un clergé indigne.
Ils vivent dans une atmosphère eschatologique et se considèrent comme le petit troupeau des élus qui constitueront le noyau du Royaume imminent. » Marcel Simon, La Civilisation de l’Antiquité et le Christianisme, chap. Le Judaïsme.
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L'appellation de calendrier essénien a été proposée par André Dupont-Sommer (1900-1983. orientaliste français et secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-lettres) à partir de descriptions de Pline l'Ancien et Flavius Josèphe.
Compte-tenu de ce que nous venons de lire, ce calendrier pourrait tout aussi bien s'appeler calendrier d'Hénoch ou calendrier de Qumran.
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illustration : Un "cadran solaire" annuel, unique en son genre, fut découvert à Qumran en 1954.
Il servait à déterminer les points des solstices et des équinoxes et la direction horizontale du soleil grâce à un système de cercles gradués correspondant aux saisons.
Il semble attester de l'intérêt des "Esséniens" pour une année solaire fondée sur l'équinoxe de printemps.
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Quelques livres à lire :
L'enseignement des Esséniens - De Enoch aux Manuscrits de la Mer Morte de Edmond Bordeaux Szekely
Les Esséniens vécurent il y a deux mille ans et laissèrent un héritage de principes de vie en totale communion avec la nature.
Les chapitres de ce livre proviennent du matériel préexistant à la découverte des Manuscrits de la Mer Morte en 1947.
Edmond-Bordeaux Székely s'est concentré sur les traditions esséniennes qu'il considère comme une grande valeur pratique pour l'homme moderne.
Ce volume a pour ambition d'établir la valeur des traditions esséniennes pour l'humanité aujourd'hui : il aborde aussi les pratiques esséniennes concrètes, susceptibles de déboucher sur une conscientisation accrue.
Ces valeurs peuvent être considérées à partir de quatre points de vue.
Les traditions esséniennes représentent une synthèse des apports des différentes cultures de l'antiquité. Elles représentent pour nous une voie alternative à l'utilitarisme technologique caractéristique de la civilisation contemporaine, un enseignement valide et pratique mettant à profit toutes les sources d'énergie, d'harmonie et de connaissance qui sont tout autour de nous.
Elles nous donnent des valeurs de référence immuables, à une époque où la vérité semble se dissoudre dans des concepts en perpétuel mouvement. La névrose et l'insécurité qui en résultent peuvent être efficacement combattues par les enseignements esséniens, qui offrent une garantie d'équilibre et d'harmonie.
Jésus l'Essénien de Edmond Bordeaux Szekely
Pour accéder au cœur de la religion chrétienne il convient de revenir quelque deux mille ans en arrière et s'efforcer de décorner le noyau du grand enseignement rattaché au nom de Jésus.
Nous constaterons alors que son message était quelque peu différent de ce que s'en représentent les hommes du vingtième siècle.
La dualité est trompeuse : l'enseignement tel qu'il était dans sa pureté originelle et l'enseignement tel qu'interprété par les contemporains. Les mots de l'amour sont devenus des mots de la haine, la vie a été changée en mort, et l'idée originale, simple et dynamique de Jésus l'Essénien a été détruite parle dogmatisme rigide et une foi univoque dépourvue de la lumière de la raison.
Si nous revenons aux textes originaux et si nous examinons tous les faits importants, géographiques, historiques, philologiques et exégétiques, nous verrons que Jésus a vécu certaines expériences et en a transmis les enseignements.
Ces leçons sont aussi limpides et valables aujourd'hui qu'elles l'étaient il y a deux mille ans et qu'elles le seront dans dix mille ans. Notre tache n'est pas d'occulter le premier Jésus mais de reconnaître que nous Avons échoué à le suivre. Nous devons essayer de retrouver la pureté et la simplicité de son message et de revenir vers le Jésus réel qui a enseigné aux hommes "la voie, la vérité et la vie".
Ce volume aborde les pratiques esséniennes concrètes, susceptibles de déboucher sur une conscientisation accrues. Ces valeurs peuvent être considérées à partir de quatre points de vue.
Les traditions esséniennes représentent une synthèse des apports des différentes cultures de l'antiquité. Elles représentent pour nous une voie alternative à l'utilitarisme technologique caractéristique de la civilisation contemporaine, un enseignement valide et pratique mettant à profit toutes les sources d'énergie, d'harmonie et de connaissance qui sont tout autour de nous.
Elles nous donnent des valeurs de référence immuables, à une époque où la vérité semble se dissoudre dans des concepts en perpétuel mouvement.
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Anecdote :
En 2006 apparaît une revendication de filiation intemporelle.
Sur son site officiel, Olivier Martin se faisant appeler Olivier Manitara se prétend le « représentant du Peuple Essénien ».
Le livre secret des Esséniens : Les 10 paroles du soleil et les mystères d'Egypte de Olivier Manitara

Les esséniens... Qui d'entre nous n'a jamais été fasciné ou intrigué à la seule évocation de ce nom chargé de mystères et du sens du sacré ?
L'auteur a relaté pour nous leur histoire et à sa suite, nous pénétrons dans l'univers de Jésus, de Moïse ou de la déroutante Égypte pharaonique.
Il démontre qu'au-delà de la petite secte juive d'il y a 2000 ans, les esséniens sont le lien vivant unissant les trois grandes religions monothéistes et, bien d'avantage, toutes les religions et cultures du monde.
Pour l'auteur, les esséniens sont "un peuple en tous les peuples", une École de prophètes, un état de conscience et d'être de l'Homme vivant en profonde harmonie avec la nature.
La force de ce témoignage vient de ce qu'il n'est pas le fruit d'une recherche basée sur des données archéologiques, mais sur le résultat de perceptions spirituelles et d'expériences vécues à travers le grand livre de la vie et du temps.
L'histoire, telle qu'elle nous est transmise, s'éclaire d'un nouveau jour. Cela donne un livre surprenant qui bouleverse bien des idées reçues.
Un livre éminemment pratique, fourmillant d'idées, de techniques, d'exercices pour se recentrer, pour cultiver la force intérieure et marcher vers la lumière de sa propre vie.
Un livre voyage, donnant un sens profond aux 10 paroles que le Divin transmit à Moïse sur le Sinaï. Un livre d'actualité capable d'inspirer ceux qui veulent saisir les clés du présent pour devenir les artisans d'un avenir positif et beau

curiosité de lecture : acta fidéi, la joconde, melencolia

p.296... comme souvent, Loévenbruck utilise des faits réels...
je me suis donc laissé avoir par "sa pierre de Iorden" et son "acta fidéi"...
Ca m'apprendra à entamer des recherches dans tous les sens avant de relire son blog !


Dans Le Testament des Siècles j'ai adressé quelques clins d'œil à Umberto Eco et Arturo Perez Reverte, pour qui j'ai beaucoup d'admiration… En essayant toutefois de rester très personnel. Le message de mon roman, si je puis dire, est quelque chose de très intime… "Henri Loevenbruck

La relation entre La Joconde et Melencolia a-t-elle un fond de vraisemblance ?


De vraisemblance oui, de vérité, peut-être pas.
Mais le lien entre De Vinci et Dürer, en revanche, me semble évident, voire primordial.

Je crois qu'ils avaient tous deux une quête commune : l'harmonie secrète des choses, le mélange entre l'art et les sciences, entre la beauté et les mathématiques.

La science avait à leur époque quelque chose de fort romantique, quelque chose de très proche du fameux merveilleux scientifique… Du romantique au romanesque, il n'y a qu'un pas.

Quant à savoir s'ils se sont ou non rencontrés, le mystère reste entier.
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Quelle est la part de vérité dans l'existence de la pierre de Iorden, dans Acta fidei ?

Est-ce uniquement le fruit de votre imagination ?Je ne crois pas à l'imagination pure.

Toutes les idées, même les plus inventives, s'inspirent toujours de quelque chose d'autre. Comme le disait ce bon vieil Anaxagore, rien ne se crée, rien ne se perd, mais tout se mélange et se dissocie à partir de ce qui est…
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La Pierre de Iorden est une invention assez tirée par les cheveux, je dois l'avouer, mais elle se base sur de nombreux faits réels dans la vie du Christ…
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Quant à Acta Fidei, ce groupe religieux quasi mafieux fait écho à certaines organisations proches du Vatican que les lecteurs auront peu de peine à reconnaître !
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illustration : "la liseuse" de Paul Sanderse

mercredi 12 août 2009

curiosité de lecture : Melencolio d'Albrecht Dürer

Page 96... la lecture avance doucement... normal, avec tous les arrêts pour recherche que je fait... j'ai vraiment l'impression de suivre un jeu de piste ! passionnant !

Mélencolia est la gravure autour de laquelle est construite l'intrigue du roman de Henri Loevenbruck : Le Testament des siècles, qui a également été adapté en BD.
Melencolia I ou La Melencolia, est le nom donné à une gravure sur cuivre d'Albrecht Dürer datée de 1514.
Le titre est pris de l'œuvre même où il apparaît comme un élément de la composition.
Melencolia I est souvent considérée comme faisant partie d'une série, Meisterstiche, comprenant également Le chevalier, la mort et le diable, (1513) et Saint Jérôme dans sa cellule (1514).
Cette œuvre d'une richesse symbolique exceptionnelle a été l'objet d'un nombre considérable d'études.
Une œuvre unique, de multiples énigmes

La Melencolia intègre, de manière synthétique, une multiplicité d'éléments dont les commentateurs s'accordent à reconnaître la forte prégnance symbolique.
Ces éléments, représentés séparément, s'appellent les uns avec les autres pour composer un ensemble symbolique complexe et dont les résonances semblent susceptibles d'interprétations inépuisables et indéfinies:

« [...] et l'on pourrait [...] considérer ce chef-d'œuvre selon d'autres perspectives [...] convergeant toutes vers l'harmonieuse unité du point de vue synthétique qui les commande.»
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Ces objets symboliques se parent également d'éléments affectifs qui renforcent les contrastes destinés à susciter notre fascination: ainsi de la posture du grand ange, représenté de manière hiératique mais qui semble apporter, par son indifférence majestueuse ajoutée à la force de son regard, une tension secrète dirigée vers le dénouement de la mélancolie émanée de l'astre sombre et la créature volante.

Celle-ci porte, sur la face interne de ses ailes, le nom de la gravure: Melencolia. Étymologiquement, mélancolie est exactement restitué par bile noire ou humeur noire, et le tempérament mélancolique, avec prédominance de l'atrabile (ou bile noire) était le quatrième et dernier tempérament considéré par la médecine hippocratique.
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Dürer a inséré un signe entre le mot Melencolia et le I final.
Les exégètes se sont interrogés sur sa signification, et c'est probablement de manière intentionnelle que Dürer l'a dessiné de façon telle qu'on peut, en raison de son caractère "ornemental" qui ne se rencontre pas dans les autres lettres, y voir une simple "arabesque" décorative, ou bien une allusion à un S orné, dont la signification ouvre la voie à des interprétations complexes.
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Selon la première lecture, on obtient Melencolia-I, qui conduit à entrevoir la forte signification apocalyptique révélée par les autres éléments symboliques de l'œuvre, et dont on rendra compte dans cet article: si on comprend la Melencholia selon une allusion allégorique à l'illusion, aux ténèbres et à l'ignorance, le retour au Principe, c'est-à-dire la restitution d'un monde conforme au vouloir divin est symbolisé par la lettre I, transcription directe du Iod hébraïque.
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Selon la seconde lecture, on obtient : Melencolia-S.I, les deux dernières lettres étant les initiales latines du Saint-Empire, ce qui conduit aussi à une interprétation de nature apocalyptique.
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Quoi qu'il en soit, la présence des divers éléments symboliques dans ce chef-d'œuvre, leurs relations mutuelles et les multiples échos qu'ils se renvoient, l'unité organique qui se dégage de leur arrangement, conduisent à interpréter la gravure de Dürer selon la description d'un monde divin et angélique en attente, prêt à restituer à un monde humain sous l'emprise des ténèbres la lumière divine oubliée.
Et les moyens mis en œuvre pour réaliser cette opération nous plongent au cœur d'un univers de connaissances hermétiques dont l'artiste a voulu rappeler la puissance toujours effective.
Erwin Panofsky, qui est l'un des spécialistes académiques les plus reconnus sur Dürer, voit dans la Melencolia un autoportrait spirituel du Maître, selon une interprétation qui n'est nullement exclusive d'autres points de vue, et qui pose la question de comprendre ce que « représentait » Dürer à son époque, et les influences qu'il a « condensées » dans ses œuvres.

Les éléments symboliques
L'inventaire des éléments présents dans la gravure inclut une vingtaine d'articles, tous aisément identifiables :
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un ange assis, tenant sur ses genoux un livre, avec un
compas à la main ;
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une bourse et des clés pendent de sa ceinture ;
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à côté de lui, un
putto assis sur une roue de meunier ;
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derrière eux, le coin d'une construction mal définie (maison, piédestal) avec, accrochés sur ses murs, un
sablier, surmonté d'un cadran solaire, une cloche, une balance ;
*
un carré magique est tracé et une échelle monte en arrière plan ;
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devant l'ange et le putto, sur le sol, divers outils, un creuset sur le feu, une sphère, un lévrier et un
polyèdre ;
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en arrière-plan, le paysage est formé par une surface d'eau et une partie du ciel où apparaissent un arc-en ciel, ou une trajectoire elliptique, un corps céleste dont la nature exacte reste à déterminer, et un animal volant, chauve souris ou gargouille, qui montre, sur la face interne de ses ailes une inscription comprenant un élément ornemental en forme de S et l'inscription "Melencolia I".

La représentation est en vue perspective avec le côté droit encombré de détails tandis que le côté gauche apparaît plutôt vide.

L'ange
L'ange est apparemment la figure principale de la composition.
Beaucoup d'auteurs l'envisagent au féminin, le voyant comme personnification de la géométrie ou de la mélancolie.

Le putto

Le
putto et l'ange sont deux figures allégoriques (par leurs ailes) qu'on ne manque pas de mettre en parallèle. Tous deux sont assis, tournés dans la même direction et tiennent des objets semblables.
Sur ce fond de similitudes leurs différences d'âge et d'attitude apparaissent renforcées.
Étant perchée sur une roue de meunier, la figure du putto rappelle manifestement l'imagerie de la Rota fortuna médiévale. Ce putto semble en sommeil.

Les outils éparpillés sur le sol

Les outils sur le sol, près du grand ange, se rapportent les uns au travail de la pierre, peut-être sont ils destinés à évoquer la réduction en pierre cubique du grand polyèdre, les autres au travail du bois.
Dans le contexte de l'époque de Dürer, ces outils ne peuvent manquer de rappeler les initiations correspondantes: celle des maçons et des tailleurs de pierre d'une part, celle des charpentiers d'autre part.

Le Lévrier (Veltro)

L'animal couché au pied du grand ange est un lévrier, veltro en italien. Selon L. Barmont, cet animal, associé à la signature numérique du 515 (le Cinq-Cent-dix-et-cinq) figure dans la
Divine Comédie de Dante, et on l'associe à certains éléments apocalyptiques, dont la connaissance s'est très probablement transmise dans les multiples organisations reliées aux Fidèles d'Amour.
Il semble très probable que Dürer ait incorporé, dans sa gravure, des éléments symboliques propres à l'hermétisme chrétien. Dans ce qui suit, nous reproduisons l'interprétation de L. Barmont relative au Veltro.
*
Dans la Divine Comédie de Dante, le Veltro est introduit par ces vers:

« Les mâles sont nombreux auxquels elle [la Louve] s'accouple
Et seront plus encore, jusqu'à ce que le Veltro
Vienne, qui la fera mourir à grand douleur.Il ne se repaîtra ni d'argent ni de terres,
Mais de vertus de sagesse et d'amour,
Et sa patrie sera de Feltre à Feltre. »
(Inferno, I, 34-37)
et:
« Je vois, si clairement que je puis le prédire,
Des astres qui, déjà libres de tout obstacle
Et de tout frein, sont prêts à nous donner un temps
Durant lequel un Cinq-cent-dix et cinq
Envoyé de Dieu, occira la Rapace
Et le géant qui fornique avec elle. »
(Purgatorio, XXXIII, 14-15)
*
Le nombre 515, retranscrit en lettres latines dont on a changé l'ordre, donne DVX, équivalent latin du Khan tartare, mot qui se rapproche phonétiquement d'une notion de "puissance" associée à la racine can (pouvoir en anglais) qui se retrouve dans l'appellation du Veltro: un chien de chasse, un canidé.
*
Les vers de Dante nous disent que sa patrie sera de Feltre à Feltre, en ialien: E sua nazion sarà tra Feltro e Feltro.
Feltro ressemble phonétiquement à Veltro, mais il faut y voir une allusion à une doctrine propagée dans les sociétés rosicruciennes contemporaines de Dürer:
la fonction représentée par le Veltro, destinée à mettre fin au règne des ténèbres, est de nature hermétique est est associée à l'Asie centrale, région dont les habitants habitent des tentes de feutre.
Le Veltro représenté dans la gravure de Dürer est donc probablement, au moins sous un certain rapport, une représentation de cette fonction et Dante, en affirmant que le Veltro « ne se repaîtra ni d'argent, ni de terres, mais de vertus de sagesse et d'amour » indique par là qu'il sera lié à la fonction sacerdotale et à la noblesse, et non à la bourgeoise.
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La balance

La Balance exprime classiquement une notion de "jugement", qui serait ici en relation avec un jugement de nature apocalyptique, étant donné la présence des autres éléments de la gravure. La balance est située près du petit ange, pour l'instant en sommeil.
*
Le compas
Le compas est représenté sur la gravure avec une ouverture de 30 degrés, mais comme il n'est pas vu de front, on peut spéculer sur son angle « véritable ».
Sa valeur semble proche de 51,4 degrès c'est-à-dire (2π / 7).
Le milieu géométrique de la gravure se trouve très proche de la tête du compas (en fait un peu au dessus) et un certain arrangement compositionnel en cercle autour de ce centre est peut être perceptible, bien que l'organisation gauche/droite et haut/bas soit tout aussi significative.
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Le sablier

Le sablier est bien évidemment une figuration de l'écoulement du temps, et cet élément renforce la posture d'attente qui semble baigner le monde angélique du premier plan.
*
Toutefois il est représenté au moment où les deux bulbes sont également remplis, suggérant plutôt un certain équilibre statique comme celui de la balance à sa gauche ou la cloche à droite.
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On notera au dessus du sablier un cadran solaire dont le gnomon ne projette nulle ombre, tandis que celle du sablier est bien marquée sur le mur.
Le luminaire devrait être quelque part sur le prolongement de la diagonale montant du coin gauche de la gravure.
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L'échelle

L'échelle est souvent associée aux sept
Arts libéraux, qui sont en relation avec l'hermétisme. Sur la nature hermétique de la gravure, on remarque la présence d'un creuset alchimique, juste à côté du polyèdre.
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Le carré magique
Sur le mur derrière l'ange, figure un carré magique, dont la valeur est 34.
Les carrés magiques sont, notamment dans les ésotérismes juif et islamique, associés à des connaissances secrètes qui furent transmises, pendant et avant l'époque de Dürer par des confréries d'ésotérisme chrétien qui maintenaient des relations suivies avec les initiés à l'ésotérisme islamique.
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Le carré figurant dans la Melencholia est un type particulier de carré magique: la somme dans l'un de ses quatre quadrants, ainsi que la somme des nombres du carré du milieu, valent également 34, la valeur du carré.
C'est un carré magique gnomon.
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Vers la fin du XVe siècle
Luca Pacioli a été le premier à publier des exemples mais il est possible que Dürer ait eu connaissance du manuscrit De Philosophia Occulta que Cornelius Agrippa avait déjà rédigé vers 1510.
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L'arrangement particulier qu'il a choisi, comporte, au milieu de la dernière ligne, les nombres 15 et 14 qui correspondent à la date de la gravure, 1514.
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De plus, étant lié avec Jupiter, par son caractère « jovial » ce carré devrait être une influence bénéfique contre la mélancolie.
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Les propriétés numérologiques de cet élément de la gravure peuvent donner l'occasion à de nombreuses interprétations.
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La valeur numérique du carré magique présent dans la Mélencolia est 34. Ici, ce sont les nombres 3 et 4 qui sont significatifs : il apparaissent de façon symétrique dans la Tetraktys phytagoricienne: 1 + 2 + 3 + 4 = 10 = 3 + 4 + 3.
Ce carré magique est relié à une certaine interprétation cyclique du dénaire (c.f. La monade hiéroglyphique de John Dee, composée à Londres et terminée en 1564, donc véhiculant probablement des connaissances contemporaines à la vie de Dürer), et donc, dans le cas de la gravure, à une interprétation de nature apocalyptique.
Dans le carré magique, si on se réfère aux carrés intérieurs, en parcourant le sens des aiguilles d'une montre, on trouve la suite consécutive des nombres 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, avec un dédoublement pour la valeur 17.
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Le polyèdre

Une vue en perspective du solide de Dürer reconstruit (à gauche) et la géométrie d'une face non triangulaire.
La valeur des angles somme toujours à 9.
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Le graphe associé au solide de Dürer.

Le polyèdre en vue frontale, son quadrillage et le carré magique
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La signification du
polyèdre est une énigme qui est encore débattue.
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Ce polyèdre s'apparente aux solides d'Archimède mais c'est une construction originale qu'on a fini par appeler, faute de mieux, « polyèdre de Dürer ».
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Il s'agit d'un polyèdre à 8 faces. Dürer ne précisa pas, dans les documents qui nous sont restés, la façon dont ce polyèdre peut être construit.
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Cependant, en 1999, Schreiber remarqua que ce solide peut être obtenu à partir d'un cube, d'abord étiré pour produire 5 faces rhombiques ayant des angles de 72°, puis tronqué à son sommet et sa base pour donner les faces triangulaires dont les sommets sont sur la sphère inscrite sur les sommets azimuthaux du cube.
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Le squelette du polyèdre de Dürer est un graphe à 12 sommets montré sur la figure.
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Le polyèdre figure non loin d'une sphère dans la gravure.
Or le polyèdre de Dürer est sphérique, c'est-à-dire que ses sommets sont tous situés à égale distance par rapport à un centre.
La présence simultanée de ce polyèdre sphérique et de la sphère ont conduit certains, dont Louis Barmont, à envisager une corrélation possible avec le problème de la quadrature du cercle, selon une perspective de type « apocalyptique » dans la gravure de Dürer, en relation avec l'instant limite de la fin des temps.
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Il est remarquable qu'une projection symétrique dans un plan perpendiculaire aux faces triangulaires inscrive la figure dans une grille carrée de dimension 4x4 dont les sommets sont tronqués. Ainsi une correspondance s'établit entre le solide géométrique et le carré arithmétique.
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Le satellite sombre ?
Gérard de Nerval, chante, dans El Desdichado, comme une dans une biographie rêvée:

« Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé,
Le Prince d'Aquitaine à la Tour abolie :
Ma seule étoile est morte, - et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie. »
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et certains auteurs établissent une relation entre ce Soleil noir de la Mélancolie nervalien et l'astre rayonnant d'une lumière noire dans la gravure de Dürer.
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Selon Louis Barmont, cette interprétation est fausse et l'astre sombre est, selon cet auteur, une comète qui traversa effectivement le ciel occidental au cours des années 1513 et 1514. D'autre auteurs établissent une relation entre cet astre et la notion du « Satellite sombre », telle qu'on la trouve par exemple chez Burgoyne.
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Une telle interprétation irait dans le sens d'une forte prégnance « apocalyptique » à l'œuvre :
le Satellite sombre, dont le rayonnement dans la gravure de Dürer semble apporter sa part de victoire à la créature volante, et dont les effluves se déversent sur l'ensemble du monde humain (symbolisé ici par l'arrière plan), représenterait le triomphe passager de l'obscurcissement et des ténèbres, qui ne seront dissipées que lorsque les éléments divins du premier plan se « réveilleront » au moment opportun.
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Cet astre sombre est orienté nord-ouest sud-est, il tend vers la balance, « évocatrice du signe zodiacal de ce nom, du "Jugement dernier" et de la date même de la "Fin des Temps" ». En relation avec les connaissances hermétiques présentées par Dürer, Louis Barmont note que la comète symbolyse l'agent igné qui aide à la « calcination » d'un monde finissant , selon la formule hermétique résumée par les initiales I.N.R.I: Igne Natura Renovatur Integra.
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La date
La date 1514 qui apparaît à côte du monogramme de Dürer, figure aussi dans le carré magique. Elle n'est probablement pas anodine et fournit peut-être l'une des clefs de l'œuvre.
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On a en effet avancé que Dürer aurait été membre d'une de ces nombreuses confréries d'hermétisme chrétien, ramifiées en un nombre indéterminé de sociétés secrètes, reliées aux Fidèles d'Amour dont Dante aurait fait partie, à la suite de la destruction de l'Ordre du Temple ; destruction qui se produisit, précisément en 1314, c'est-à-dire exactement 200 ans avant la date de réalisation de la gravure.
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Si cette clef s'avérait exacte, ce qui est encore débattu aujourd'hui, la signification apocalyptique de la Melencolia s'en trouverait renforcée.
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Une telle signification semble en tout cas fortement prégnante dans l'œuvre qui nous représente un monde divin et angélique dans une posture d'attente, jusqu'à ce que la clochette au-dessus du carré magique ne retentisse...
ou que le sablier ne soit totalement épuisé, ce qui ne se produira qu'à la fin des temps, c'est-à-dire au moment limite et intemporel représenté par la quadrature du cercle.
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Interprétations
Le foisonnement de symboles a donné lieu à de très nombreuses interprétations.
De nos jours il ne semble pas possible qu'une seule puisse rendre compte d'une façon satisfaisante de tous les éléments de la gravure.
Il n'est guère convaincant de se rabattre sur une intention autoriale à jamais inaccessible; non seulement les symboles sont susceptibles de lectures plurielles mais leur présence simultanée engendre des combinaisons dont la multiplicité ne saurait être épuisée.
Toutefois l'exploration de certains thèmes a produit des interprétations qui méritent certainement de l'attention.
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Erwin Panofsky propose de voir La Melencolia comme un autoportrait spirituel de Durer ; cette interprétation a été développée dans les éditions successives du livre Saturne et la mélancolie qui reste la référence de base sur le sujet.
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Patrick Doorly a suggéré que Melencolia I serait l'illustration de l'échec à définir la beauté tel que
Platon l'a décrite dans son dialogue Hippias Majeur.
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Louis Barmont a écrit une étude sur l'ésotérisme de la Mélencolia intitulée : « L'ésotérisme d'Albert Dürer, la Mélencolia » (1947), dans laquelle on trouvera des éléments sur l'appartenance de Dürer à des sociétés d'ésotérisme chrétien de son temps. - wikipédia