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mercredi 17 février 2010

menus propos et visite de blogs...

Bonjour à tous,
Arrivée page 235 de Americana de Don DeLillo, c'est son premier roman.
De nombreuses digressions, mais une très belle écriture, mais assez soporifique... pour le moment.
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"la liseuse" du peintre néerlandais Simon Willem Maris ( Lali La tentation du bleu 6 toujours le même plaisir...)
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En passant sur le blog de Bob, vu de livre... et bien entendu, tout de suite tentée... et comme prévu, trouvé dans la chambre de Cromignon... une très prochaine lecture, à moins qu'un livre en partenariat arrive avant...
De bons présages de Terry Pratchett
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L'Apocalypse aura lieu samedi prochain, après le thé ! Ainsi en ont décidé, d'un commun accord, les forces du Bien et du Mal.
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L'Antéchrist va fêter ses onze ans. Son éducation a été supervisée par un ange, Aziraphale, et un démon, Rampa, résidents sur Terre depuis l'époque de la première pomme.
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Mais voilà, suite à un coup du sort, l'enfant a été échangé à la maternité. Le vrai Antéchrist se nomme Adam et vit dans la banlieue londonienne.
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Et ça, ça change tout ! Une course contre la montre commence alors pour l'ange et le démon qui, finalement, se disent que la race humaine ne mérite pas son sort...
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visite du jour :
chez Quoi de 9 Cécile ? Tout le monde lit (la preuve 08 sur 52) et ses trouvailles de lectrice... mais pas seulement, je ne saurais me passer de jeter un oeil sur son blog chaque jour...
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chez
chez Voyager... Lire... de Cryssilda Notre Ecosse des envies de voyage... et de lire...
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de Celtic Twilight de Chinchilla Pancake day qui nous offre sa recette de cuisine...
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chez Les lectures de Roudoudou qui découvre Camilleri... aussi sur ma liste de lecture pour 2010...
Les ailes du Sphinx par Andrea Camilleri .
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chez Thé au Jasmin de Kenza
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.Une vue d’ensemble nouvelle et exhaustive de l’œuvre de Caravage, accompagnée d’un catalogue critique de ses travaux, paraît à point nommé pour le 400e anniversaire de la mort du peintre.

chez Actualitté - Une page de caractère (Clément S.)
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Alors qu'à la Foire internationale du livre de La Havane a été présenté le plus grand livre au monde, ou du moins un ouvrage qui se prétend tel, et aspire à la reconnaissance d'un autre ouvrage, le Guiness des records, comment passer à côté du... plus petit livre au monde.
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Il a été présenté hier à la Foire, et semble bel et bien l'emporter dans le domaine des minipouces.
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Il s'agit d'une bible, qui nécessitera au moins une paire de lunettes démentielle pour parvenir à décrypter les lettres.
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L'actuel livre le plus petit au monde est une version du Coran, qui mesure 1,7 cm de hauteur, sur 1,28 cm de longueur.
Après Seul dans le noir, le célèbre écrivain américain Paul Auster publiera le 3 mars prochain en France un roman intitulé Invisible chez Actes Sud.
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Pour cet opus, l'auteur se plonge dans une quête philosophique sur l'identité. Il présentera son roman au prochain salon du livre de Paris qui se déroulera du 26 au 31 mars 2010.
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Dans Invisible , Paul Auster imagine un scénario complexe sur trois décennies.
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L'histoire débute avec le manuscrit d'Adam Walker, jeune poète en 1967. En 2007, le romancier Jim Freeman est chargé de remettre en forme les notes fragmentaires pour la suite du récit. Ses thèmes : La solitude et la quête Paul Auster a débuté l'écriture à l'âge de 13 ans.
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Diplômé de l'université de Columbia, il s'installe en France pour exercer, dans un premier temps, le métier de traducteur. Le dernier roman de Paul Auster paru en France, Seul dans le noir , est sorti en janvier 2009. La parution de la Trilogie new-yorkaise (1987-1988) lance sa carrière.
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En 1990, son roman Moon Palace lui permet de se faire un nom aux États-Unis.
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Trois ans plus tard, Leviathan, lui vaut le prix Medicis étranger.
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En 1995, il écrit Smoke pour le cinéma. En 2006, il se voit attribuer le prix Prince des Asturies des Lettres, illustre récompense décernée en Espagne. La solitude et la quête identitaire sont les domaines de prédilection de Paul Auster. La ville de New York occupe également une place de choix dans son oeuvre.
C'est le plus grand détournement littéraire de l'histoire.
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En 1940, le "Juif Süss" fait salles combles et devient le symbole de l'oeuvre antisémite. Mais, sous l'égide de Goebbels, l'adaptation du roman "Le Juif Süss" de Lion Feuchtwanger trahit complètement le livre ( lire notre article ). Extraits du roman, paru en 1925 et republié par les éditions Belfond.
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Portrait de Süss
"Il reconnut que là était sa profession : harceler de grands personnages, les fréquenter, adhérer à eux comme le lierre.
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Qui s'y entendait comme lui à se glisser dans l'humeur et les fantaisies des princes, à se taire au moment voulu, à instiller en eux la semence de sa volonté comme le papillon de nuit pond ses oeufs dans le fruit mûrissant ? Et plus encore, qui savait comme lui s'insinuer auprès des femmes et, d'une main douce et sûre, faire plier jusqu'à la plus farouche.
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(...) Il soignait en y appliquant cent essences sa peau d'un blanc mat, héritée de sa mère : il aimait s'entendre confirmer qu'il avait le nez grec. Il prenait grand soin de ne pas déformer en riant trop sa bouche aux lèvres pleines et très rouges, et cherchait (...) dans son miroir à se donner la souveraine sérénité d'un front lisse, qui était pour lui la marque d'un gentilhomme (pages 51-52)."
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L'exécution
"Il voyait ces dizaines de milliers de visages, ces femmes curieuses, prêtes à aboyer, ces hommes prêts à sourire, béats, et à gronder leur satisfaction, ces visages d'enfants aux grosses joues, aux grands yeux destinés à devenir aussi vides et méchants que les faces grimaçantes de leurs parents.
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Il voyait l'haleine de la foule, vapeur blanchâtre et dense dans l'air glacé, les yeux avides, les cous tendus qui naguère se courbaient si dévotement devant lui. Il voyait la cage à oiseau, l'appareil compliqué et outrageant de sa mise à mort. Et tandis qu'il voyait tout cela, des piaillements et des glapissements lui percèrent les oreilles. (...)
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Les enfants riaient, hurlaient de joie, battaient des mains. Dans les tribunes, une femme fardée se mit à pousser des cris aigus et incessants et l'on dut l'emporter. La toque du juif tomba sur la terre mouillée, fut piétinée dans la boue. (...)
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Le jeune bourgeois Langfuss se coiffa de la toque, en coiffa aussi des jeunes filles et des servantes, qui, horrifiées, poussaient des cris aigus à sentir sur leur tête la coiffure du juif pendu (pages 513-514)."
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Cette étude publiée aux États-Unis lève aussi le voile sur la filiation du jeune pharaon, décédé il y a plus de 3000 ans.
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Son père est Akhenaton, tandis que sa mère, la momie KV35YL, reste inconnue.
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Le jeune pharaon légendaire Toutankhamon dont la cause du décès, il y a plus de 3.000 ans, restait un mystère serait mort du paludisme combiné à une affection osseuse, selon une étude publiée mardi aux Etats-Unis qui révèle aussi sa filiation, jusqu'ici incertaine.
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Toutankhamon est mort tellement jeune, à 19 ans en 1324 avant notre ère, et sans héritier, que les égyptologues ont abondamment spéculé sur l'hypothèse de maladies héréditaires dans la famille royale de la XVIIIe dynastie aussi bien que sur la cause de son décès après neuf ans sur le trône, explique Zahi Hawass, responsable des antiquités égyptiennes au musée du Caire, le principal auteur de cette étude.
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Les chercheurs se sont appuyés sur plusieurs méthodes dont la radiologie et l'analyse d'ADN pour cette recherche effectuée sur 16 momies dont onze, y compris celle de Toutankhamon, étaient apparemment membres de la famille royale.
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Tye, la grand mère
Ces travaux conduits de 2007 à 2009 visaient à déterminer les liens de parentés et de sang, et l'existence de caractéristiques pathologiques héréditaires chez Toutankhamon. Ils ont permis d'identifier le père du pharaon comme étant Akhenaton, époux de la légendaire reine Néfertiti.
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Les deux momies partagent plusieurs caractéristiques morphologiques uniques et ont le même groupe sanguin. Les auteurs de cette recherche ont aussi déterminé que la mère du jeune pharaon serait la momie KV35YL dont le nom reste inconnu. Ils ont aussi identifié sa grand mère, la reine Tye, mère d'Akhenaton.
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«Ces résultats laissent penser qu'une circulation sanguine insuffisante des tissus osseux, affaiblissant ou détruisant une partie de l'os, combinée au paludisme, est la cause la plus probable de la mort de Toutankhamon» et ce à la suite d'une fracture, écrit Zahi Hawass dont les travaux paraissent dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) du 17 février.
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Pharmacie pour l'au-delà
Ce diagnostic a pu être établi surtout grâce aux tests génétiques qui ont révélé une série de malformations dans la famille de Toutankhamon comme la maladie de Kohler qui détruit les cellules osseuses.
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Les analyses d'ADN ont également mis en évidence la présence de trois gènes liés au parasite Plasmodium falciparum responsable du paludisme chez quatre des momies étudiées, dont celle de Toutankhamon. «Ce diagnostic est conforté par la découverte dans sa tombe de canes et d'une pharmacie pour l'au-delà», précisent les chercheurs.
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Cette recherche a également écarté l'hypothèse émise à partir des peintures de l'époque, que Toutankhamon ou tout autre membre de la royauté souffraient de gynécomastie, développement des seins chez les hommes, ou du syndrome de Marfan, maladie génétique rare pouvant entraîner des déformations physiques.
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Questions éthiques
«Il est improbable que Toutankhamon ou Akhenaton aient eu une apparence étrange ou efféminée», estiment les auteurs. Ils rappellent que les pharaons se faisaient souvent représenter avec leur famille de manière idéalisée.
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Toutankhamon et ses ancêtres étaient peu connus jusqu'à la découverte en 1922 dans la vallée des rois par le Britannique Howard Carter de sa tombe intacte avec un fabuleux trésor, dont son masque mortuaire en or massif.
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Dans un éditorial accompagnant l'étude, le Dr Howard Markel, de l'Université du Michigan (nord), estime que cette recherche soulève des questions éthiques comme le fait de savoir si des personnages historiques ont le même droit au respect de leur vie privée après leur mort que des citoyens ordinaires.- (Source AFP)

vendredi 20 juin 2008

Andrea Camilleri et le commissaire Salvo Montalbano

Les secrets des maîtres du polar
Les contemporains

Andrea Camilleri né à Porto Empedocle (Sicile) en 1925
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Personne ne sait aussi bien que lui accommoder le crime à la sauce italienne. Mieux: à la sauce sicilienne, bien relevée s'il vous plaît, avec ce qu'il faut d'ail et de calamars frits!
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Andrea Camilleri a surtout donné au polar ses lettres de noblesse régionale avec son style bouillonnant, nourri d'expressions dialectales, et son naturalisme moqueur.
Un pittoresque auquel son célèbre commissaire Salvo Montalbano, ainsi baptisé en hommage à feu l'écrivain espagnol Manuel Vázquez Montalbán, participe naturellement: du genre bourru au grand coeur, malin, drôle, cultivé, cette fine fourchette connaît son patois sicilien sur le bout de la langue et défend mordicus l'identité de son île tout en pestant contre ses archaïsmes.
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Mais ses enquêtes ont moins trait aux exactions de la mafia qu'à des crimes «ordinaires», ce qui permet à Camilleri de rester de plain-pied dans une réalité sociale sur laquelle il porte un regard très politique.
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La grande efficacité de ses intrigues vient de leur désordre apparent, des difficultés de Montalbano à en rassembler les éléments, de la maladresse de ses acolytes: une fausse naïveté qui ferre le lecteur à tous les coups.
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Avec son nouveau personnage de commissaire sur un bateau de croisière, Vincenzo Collura dit Cecè, l'écrivain italien s'aventure du côté d'Agatha Christie: moins couleur locale, plus subtil. D.P.
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A lire: Les enquêtes du commissaire Collura (Fayard)
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Biographie :
Né à Porto Empedocle (Agrigento) le 6 septembre 1925, Andrea Camilleri vit depuis des années à Rome.
Metteur en scène,
auteur pour le théâtre et la télévision,
il a écrit des essais sur le spectacle.
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Dans les années 1945-50 il a publié des récits et des poèmes, gagnant également le Prix St Vincent.
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Il a enseigné l'art de la mise en scène à l'Académie d'Arts Dramatiques.
Il est marié, a trois filles et quatre neveux.
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Le matin, à peine levé, il aime traînailler pendant une grosse demi heure, accomplissant tous ces petits gestes inutiles comme remettre un cadre d'aplomb, noter la couverture d'un livre, etc.
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Il n'a pas passé l'examen de maturité parce qu'au milieu du mois de mai 1943 le recteur du lycée classique d' Agrigento, que fréquentait Camilleri, décida que le simple vote aurait suffi à cause du débarquement imminent en Sicile des forces alliées.
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En effet, en juin commence, comme s'en souvient l'écrivain, "une sorte de demi périple de la Sicile à pied ou sur des camions allemands et italiens sous le feu continu des mitraillettes, raison pour laquelle il fallait se jeter par terre, se salir de poussière, de sang, de peur".
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Pendant le débarquement des alliés en Sicile Andrea Camilleri, en compagnie de quelques amis d'enfance, a assisté à un épisode qui l'a profondément touché.
Un soldat américain qui avait les insignes cachés par des fleurs, à la vue d'une tombe allemande, avec un geste inaccoutumé, plein de rage et de haine, brisa la croix qui avait été plantée là par charité.
Ce soldat, on le découvrit plus tard, était le général Patton, militaire de grands génie et courage mais défini par ses propres subalternes (d'origine clairement sicilienne) un"sale type".
* Depuis 1949 Camilleri travaille comme metteur en scène et scénariste; dans ces rôles il a lié son nom à certaines productions policières parmi les plus célèbres de la TV italienne, comme les téléfilms du Lieutenant Sheridan et du Commissaire Maigret, et à plusieurs mises en scène de pièces de théâtre, avec une préférence pour Pirandello.
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Au fil des ans, il a ajouté à ces activités celle d'écrivain; en effet, il a été l'auteur d'importants essais "romancés" de souche sicilienne nés de ses études personnelles sur l'histoire de l'île.
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L'écriture prend finalemnt le dessus à partir du moment où il abandonne son travail de metteur en scène/scénariste pour raison de limite d'âge atteinte (jamais une pension ne tomba si bien à pic!).
C'est en 1978 que se situent ses débuts dans la fiction avec "Il corso delle cose" (Lalli)(non traduit), publié gratuitement auprès d'un éditeur à compte d'auteur contre l'engagement de citer l'éditeur dans les titres du téléfilm tiré du livre, "La mano sugli occhi"; toutefois, le livre passe pratiquement inaperçu.
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En 1980 sort chez Garzanti "Un filo di fumo" (non traduit)(réédité ensuite, comme le premier, chez Sellerio), premier d'une série de romans qui ont lieu dans l'immaginaire village sicilien de Vigàta à cheval entre la fin du 19ème siècle et le début du 20ème.
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Mais c'est en 1992, avec la parution (toujours chez Sellerio, qui publie la plus grande partie des ses ouvrages) de "La stagione della caccia" (La Saison de la Chasse), que Camilleri devient un auteur à grand succès: ses livres, maintes fois réédités, se vendent aujourd'hui en moyennent à 60.000 exemplaires.
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Outre les oeuvres situées dans la Vigàta d'autrefois, du "Birraio di Preston" (1995) (L'Opéra de Vigàta) -le livre a l'époque le plus vendu avec presque 70.000 copies- à "La concessione del telefono" (1999) (La Concession du Téléphone), il y a les polars de la Vigàta moderne du Commissaire Montalbano, avec l'invention duquel arrive le grand succès.
Montalbano est le protagoniste de romans (le premier est "La forma dell'acqua" (La Forme de l'Eau), de 1994) et récits qui n'abandonnent jamais les situations et les atmosphères siciliennes et qui ne font aucune concession aux motivations commerciales ou à un style d'écriture plus facile à lire.
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Depuis maintenant des années, les enquêtes du sarcastique Commissaire, ainsi que les atmosphères et le language italo-sicilien amusant et bien trouvé des romans et des personnages de Camilleri, fascinent des milliers de lecteurs.
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Dans ses romans, l'intrigue policière est fondamentale, mais est tout compte fait seulement le prétexte pour la création des personnages.
L'aspect et le caractère de ceux-ci est la partie du travail de création que Camilleri préfère. Les protagonistes de ses histoires sont effectivement souvent très amusants et ironiques; mais aussi très mélancoliques, et ceci vaut dans une plus grande mesure pour le Commissaire Montalbano.
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Dans les autres pages du site plus de détails sur la bibliographie et sur les activités dans le domaine du spectacle d' Andrea Camilleri.
Commissaire Montalbano
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Montalbano règne en despote sur son commissariat.
Ses hommes le révèrent et ne prendraient pas une initiative sans lui en demander la permission --- ce qui irrite son adjoint, Mimì Augello.
Du coup, le commissaire arrive à mener des enquêtes sans être bloqué par la corruption, dans une mesure raisonnable bien sûr !
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Car la société de Sicile est bien compartimentée.
D'un côté, la leggi, la loi : policiers de quarante douze spécialités, juges anti-mafia, procureurs, politiciens.
De l'autre, les gens normaux --- bon, d'accord, avec quelques délinquants quand même !
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Les plus vicieux : les corrompus, souvent politicards de la Démocratie Chrétienne, ou les patrons occultes qui se partagent les marchés publics.
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Si les Siciliens sont si méfiants vis-à-vis du pouvoir, c'est aussi parce qu'ils n'en attendent plus rien, après des siècles d'invasions et d'exploitation sauvage.
Le local l'emportera donc toujours sur l'officiel, au grand dam de l'amie génoise de Montalbano : la femme qui tient la maison du commissaire a vu ses deux fils mis en prison, dont le cadet par lui, mais puisque ce fut fait "à la régulière", aucun problème !
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Montalbano lui-même compose avec la leggi : divulgant quelques secrets bien choisis à son ami Nicolò Zitto, de la télévision régionale de gauche Retelibera; ou autorisant un de ses subordonnés à inviter son beau-frère, journaliste à Televigàta (télé locale pro-gouvernement), sur les lieux d'un crime.
Du coup, étonnez-vous que quand un représentant milanais se trouve pris par erreur dans une fusillade entre clans mafieux, il s'inscrive à son retour au parti prônant la séparation nord/sud de l'Italie !
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Copains et collègues
Gegè : petit mafieux, drogues légères et pépées à volonté, ami d'enfance et informateur.
Le questeur : supérieur et ami de Montalbano. Le soutient dans ses enquêtes, et le reçoit chez lui pour discuter "officieusement". Tout cela en buvant de l'Amparo pour le questeur, et du Chivas pour Montalbano.
Jacomuzzi : chef extrêmement compétent de la police scientifique, mais affligé d'une diarrhée verbale compulsive qui lui fait divulguer tous les secrets d'une enquête à tous ceux à il peut parler : journalistes, politiciens corrompus, flics véreux...
Docteur Pasquano : légiste râleur, mais intrigué par les bizarreries que ne manque pas de lui fournir Montalbano.
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Dernier livre lu :
La peur de Montalbano
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Alors que Montalbano se rend à la pharmacie, des coups de feu éclatent et c'est un vagabond de passage qui lui sauve la vie. Un mystère à éclaircir...
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Plus tard, on lui révèle le nom de l'auteur d'un meurtre commis vingt ans plus tôt, une affaire que tout le monde lui conseille d'oublier...
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A Vigàta, petite bourgade sicilienne, le commissaire le plus paisible, le plus érudit et le plus gourmand de la péninsule n'a pas une minute à lui.
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Dans ces six intrigues policières, entre humour noir et cocasserie méditerranéenne, le légendaire Montalbano, au flegme et au sang-froid sans égal, va encore devoir se frotter aux sombres abîmes de l'âme humaine.
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Autres livres lus :
La démission de Montalbano
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Comme toujours, Camilleri nous réjouit – en finesse –, dans cette suite de vingt récits inspirés de faits divers.
Mosaïque d'atmosphères et de tranches de vie, La Démission de Montalbano évoque plutôt la chronique de village qu'un classique recueil de nouvelles…
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une chronique dont chacun des incidents s'inscrit dans une continuité tenace : celle, fictionnelle, des autres enquêtes du commissaire Montalbano, dont on retrouve ici plusieurs personnages au fil des histoires.
Chronique aussi d'une Sicile plus vraie que nature, qui résiste vaillamment, téléphone mobile mis à part, aux sirènes du XXIe siècle.
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Cependant, si les trouble-fête, assassins et autres bandits locaux sont rarement de vrais méchants, tout n'est pas rose dans la ville de Vigatà.
Notre héros, plongé dans une histoire qu'il juge trop violente et trop sanguinolente (La Démission de Montalbano, qui donne son titre au livre), devra même téléphoner à son auteur pour exiger que celui-ci ne le fourre plus dans des crimes si "gore" !
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Une pirouette narrative qui, aux côtés de trouvailles de traduction savoureuses et de recettes à faire saliver un mort (les arancini d'Adelina, la bonne, que Montalbano ne pourra déguster qu'en innocentant son voleur de fils), devrait régaler l'amateur d'excellents polars, de patrimoine et de bonne chère.
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Empreint de l'ironie humaniste dénuée de cynisme – caractéristique d'Andrea Camilleri –, La Démission de Montalbano est aussi par sa variété une parfaite entrée en matière dans l'univers d'un auteur de best-seller en Europe – et c'est bien mérité !

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"A Vigata, en Sicile orientale, pour s'en passer, il s'en passe des choses au "Bercail", mi-terrain vague, mi-décharge publique, hanté par les couples en mal de sensations fortes, où dealers et prostituées font leurs petites affaires.
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Un type qui trépasse entre les bras de sa dulcinée d'un moment, ce n'est pas monnaie courante, mais ça arrive.
Mais lorsque le type s'appelle Luparello et que c'est le parrain politique local, tout le monde s'affole.
La Mafia, les policiens, les autorités religieuses...
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Seul le Commissaire Montalbano, un homme bourru, flegmatique et terriblement sicilien garde son sang froid, habitué qu'il est à louvoyer dans des zones grises et glauques où la loi et son contraire ont tissé des liens étroits."
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Elle est là qui patiente, tapie dans l'ombre.
Elle a minutieusement tendu son piège, fil après fil. Qu'attrapera-t-elle cette fois ? Une grosse mouche ? Un papillon ? Un promoteur immobilier véreux ?
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Rien n'est à exclure, dans cette campagne sicilienne où l'on croise de bien drôles d'insectes.
Une jeune fille qui disparaît et, soudain, c'est l'île entière qui se révèle être une immense toile.
Une toile de cousins, de frères, de sœurs, d'oncles et de tantes aux intérêts entremêlés.
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Une toile de on-dit, de calomnies, de vraies fausses vérités et de faux vrais mensonges. Pirsonne n'a vu pirsonne, évidemment.
Mais ti le monde a une petite idée.
Au commissaire Montalbano, une fois de plus, de faire la part des choses.
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De marchandes d'œufs à la cuisse légère en journalistes assoiffés de ragots et de rougets grillés en petits verres de gnôle, l'enquête s'annonce relevée à la sauce locale. Un juge par-ci, un avocat par-là, des liasses de billets dans un sac de sport...
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Et les fils de la toile qui ondulent doucement sous la brise marine. Bien sûr que l'araignée est là, tapie dans l'ombre. Mais qui est-elle ? Et qui veut-elle croquer ?
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Voici l'histoire de Michele Zosimo, un jeune paysan sicilien dont les archives nous disent qu'au début du XVIIIe siècle il devint roi éphémère de Girgenti, l'ancienne Agrigente, après avoir désarmé la garnison piémontaise.
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Avec verve et verdeur, Andrea Camilleri brosse le portrait, tantôt désopilant, tantôt dramatique, d'un personnage d'exception - des circonstances rocambolesques qui ont suscité sa naissance jusqu'à son engagement pour défendre le peuple contre les abus de pouvoir, en passant par ses années de jeunesse prodige, bercées par l'instruction que lui donne le père Uhù, un ermite illuminé, grand expert en diableries.
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Tour à tour récit historique et biographie impertinente, ce livre campe la société sicilienne sous la domination espagnole, partagée entre un monde paysan qui vit toujours au seuil d'une misère noire, et une minorité d'aristocrates, grands propriétaires terriens inféodés à l'autorité du vice-roi et particulièrement soucieux de défendre leurs privilèges et leurs revenus.
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Mélange d'anticléricalisme vigoureux, de fantastique, de drôlerie gaillarde servis par une langue explosive, il fait aussi la part belle à la tendresse.
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La disparition d’une grosse pointure du monde des affaires sicilien déchaîne les spéculations dans la ville dont nombre d’habitants lui avaient imprudemment confié leurs économies ;
Montalbano est tiré de sa torpeur et de sa trattoria favorite par l’enquête ;
au moment d’affronter les mille et une turpitudes du monde moderne, le commissaire, aidé par son équipe, retrouve la dent dure et nous mène tambour battant à un dénouement inattendu.
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Tano u grecu, important mafieux menacé par ses pairs, décide de se livrer au commissaire Montalbano, mais il est abattu par ses anciens complices en même temps que deux policiers.
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Avant de mourir, il a révélé l'existence d'une importante cache d'armes dans une grotte aux environs de Vigàta.
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Bientôt le cadavre d'un employé municipal vient s'ajouter à la liste.
L'affaire ne s'arrête pas là : dans l'arrière-fond de la grotte, on trouve les corps de deux amants s'étreignant dans la mort. Touchant !
Troublant, surtout, ce chien de faïence qui semble monter la garde devant les défunts..
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A Vigàta, le vendredi saint de l'an 1890, est représenté le mystère de la Passion du Christ, dit Les Funérailles.
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Le comptable Pato, fonctionnaire irréprochable et époux exemplaire, incarne avec humilité le personnage de Judas. Comme prévu, au moment de la pendaison du mauvais apôtre, la trappe s'ouvre et Pato disparaît, mais pour ne plus réapparaître.
Où est passé Pato ? Fugue, assassinat, fracture spatio-temporelle ?
Houspillés par leurs supérieurs, menacés par les jeux des puissants, le délégué de la sécurité publique et le maréchal des carabiniers vont devoir oublier leurs rivalités pour traquer la vérité.
Et, quand ils l'auront trouvée, le plus dur sera de savoir qu'en faire.
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Camilleri, avec son inimitable talent, met à la disposition du lecteur un dossier complet et hilarant : catalogue des langues bureaucratiques, savantes ou argotiques, défilés de personnages hauts en couleur, jeux du pouvoir qui parlent du passé de la Sicile pour éclairer son présent. Comme toujours, un régal de lecture !
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Une bourgade de Sicile dans les années 1950.
Vito mène une existence d'une paisible et médiocre monotonie jusqu'au soir où, sur le pas de sa porte, il essuie deux coups de feu.
Menace inexplicable pour cet homme veule et insignifiant, ami de tous et de personne, ou presque : seul Masino, le propriétaire du bar, a sa confiance.
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Entre l'indifférence prudente de ses concitoyens et l'effervescence superstitieuse qui règne à l'approche de la fête patronale, Vito est acculéà un isolement inquiétant.
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L'adjudant Corbo, qui connaît ses ouailles, flaire dans cet avertissement un enjeu plus grave que la jalousie déplacée de quelque mari trompé, et met aussitôt en rapport les deux coups de feu avec le meurtre découvert le jour même : un berger exécuté dans les règles de l'art mafieux.
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Dans son tout premier roman, Andrea Camilleri sait déjà mêler de main de maître intrigue policière et chronique sicilienne, en une ronde de portraits décapants, servis par une langue inventive et truculente.
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Pas encore lu, mais ça ne saurait tarder…
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Difficile de savoir, quand on n'est pas un Sicilien de Porto Empedocle, pourquoi il vaut mieux ne pas " rire comme le père Manuele ", qu'il n'est pas toujours vain d' aller aux arbres russes " et qu'en revanche il peut y avoir " un bruit de papier mais pas de gâteau dedans " ?
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L'explication n'est pas dans le dictionnaire, mais dans la vie, dans les histoires minuscules, cocasses ou tragiques, émouvantes ou ridicules, que les uns vivent sous le regard des autres et dont les mots font un trésor de complicité.
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Septembre 1887,
Giovanni Bovara, jeune inspecteur des impôts né en Sicile et élevé à Gênes, arrive à Vigàta.
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Il pense en génois et a du mal à comprendre le dialecte sicilien.
Ses deux prédécesseurs ont été tués.
Il se retrouve aux prises avec les puissants de la province qui tentent de le corrompre puis de l'intimider, tous complotent pour s'enrichir aux dépens de l'Etat.
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Après être tombé dans les rets amoureux d'une veuve ardente, victime d'une machination, il est accusé du meurtre d'un prêtre libidineux.
En prison, il se met à parler sicilien et se rapproprie le mode de pensée de l'île, ce qui lui permet de reconquérir sa liberté en utilisant une tactique tortueuse bien sicilienne qu'on peut comparer au "coup du cavalier" aux échecs.
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La petite ville sicilienne de Vigàta, à la fin du XIXe siècle.
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Jamais fumée de navire sur l'horizon ne fut autant attendue que celle de l'Ivan Tomorov venu charger sa cargaison de soufre chez Toto Barbabianca, le plus riche, le plus crapuleux et le plus haï des négociants de Vigàta.
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Cette fois, Barbabianca, qui spécule sur les délais de livraison, n'a pas eu le temps de remplir ses entrepôts, et son rival don Ciccio Lo Cascio n'y est pas pour rien.
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Chargée d'esprit vindicatif pour les uns, de peur pour don Toto et ses fils, cette longue attente devient un féroce moment de vérité.
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C'est l'occasion pour Lemonnier, l'ingénieur piémontais, de perdre toute illusion sur ses concitoyens d'adoption en découvrant le cynisme du curé Imbornone, les folles manies du prince Gonzaga di Sommatino, la triste misanthropie du magasinier Michele Navarria ou la jouissance du marquis Curto di Baucina devant les malheurs d'autrui.
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Dans cette chronique malicieuse menée avec un suspens sans faille, Andrea Camilleri donne vie une fois de plus au microcosme fourmillant de ce coin de Sicile dont il emprunte largement les tournures dialectales, rendues ici dans un français enrichi de parler régional.
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La Sicile à l'aube du fascisme. La nuit du 21 avril 1921, lors d'une échauffourée dans les ruelles de Caltanissetta, le jeune Lillino Grattuso, sympathisant fasciste, est tué d'une balle de revolver.
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Bientôt, les témoignages et les rapports " officiels " accusent Michele Lopardo, sympathisant communiste, de l'avoir assassiné.
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A mesure que s'étend la politique de l'huile de ricin, la victime devient peu à peu, à grand renfort de rhétorique et de propagande, le " seul et unique martyr fasciste de toute la Sicile ".
On assiste alors à l'édification d'une réalité virtuelle voulue par le régime et relayée à tous les niveaux de la société.
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Toujours drôle et incisif, Andrea Camilleri démonte, derrière cette pantalonnade terriblement efficace, la mécanique de la mise en scène de la vérité : si un innocent est injustement poursuivi en justice, la victime, elle, sera spoliée de sa dignité de " simple mort privé de titre ".
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L'accommodement, l'arrangement, le compromis, la compromission...,
autant de mots pour dire les facettes d'une coutume qui, en l'absence d'un véritable état de droit, a longtemps régi les relations entre Siciliens.
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C'est à une enquête que nous convie l'auteur, une enquête avec ses méandres, ses surprises, comiques parfois, et nous découvrons peu à peu avec lui les racines d'une coutume sociale qui semble bien se confondre, à l'origine, avec les « bulles d'indulgence » chères à l'Église.
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On voit en effet le clergé vendre allègrement des « bulles de composition » qui assurent l'absolution pour une longue liste de méfaits selon un barème soigneusement établi, voire avec ristourne à l'évêque.
Et ce qui apparaissait, au début, comme une hypothèse extravagante finit par se révéler, noir sur blanc, bien réel.
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Camilleri est un conteur, savoureux, enjoué, mais toujours lesté, au fond, par la gravité des problèmes qu'il touche ou soulève.
Les problèmes de la Sicile, les aspects pittoresques mais douloureux d'une mentalité qui s'est forgée au fil des occupations étrangères, des avatars économiques, du féodalisme, de la politique des grands propriétaires terriens et de leurs milices, les « campieri », à travers les ambiguïtés populistes du brigandage et de la mafia.
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Tout cela suggéré ou révélé, raconté, comme sans y toucher, sur un ton d'ironie, parfois grinçante, avec tendresse.
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Cent quatorze noms et prénoms, âges et lieux de naissance.
Un seul et même jour de décès.
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Cent quatorze jeunes hommes tués en un même lieu, et jetés aux oubliettes de l'Histoire.
Certes, ils ne furent ni les premiers, ni les derniers, mais il est tout à l'honneur d'Andrea Camilleri, leur compatriote, d'avoir ramené au jour de la chronique locale, donc de l'Histoire et de la conscience, le sort de ces bagnards siciliens, ces « serfs de peine » comme les qualifiait alors l'administration des Bourbon, qui payèrent ainsi, indirectement, leur tribut aux soulèvements libérateurs de 1848.
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Au reste, à travers les nouveaux notables, qui ne sont autres que les anciens (nous connaissons ces tours de passe-passe), les représentants de l'Unité italienne se gardèrent bien de sortir les cent quatorze cadavres de leur tombeau d'invisibilité et de silence : ne s'agissait-il pas d'exclus, d'individus mis au ban de la société ?
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Andrea Camilleri retrace minutieusement les lieux, les raisons, les rôles et les acteurs de cette tragédie insulaire, avec, parfois, une bonhomie souriante qui est comme un voile de pudeur jeté sur l'enfer obscène de ceux que broient l'injustice et la stupidité des événements ou des hommes, un voile jeté sur la violence, aussi, de son indignation, car c'est Porto Empedocle, son bourg natal, qui fut le théâtre de ce massacre oublié, renié, et qu'avec respect il remet en lumière.
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Une bourgade de Sicile en 1935.
Alors que les troupes mussoliniennes envahissent l'Éthiopie, le petit Michilino, six ans, perçoit le monde à travers les valeurs catholiques et fascistes qu'on lui inculque en famille, à l'église, à l'école et dans son groupe de Balilla (encadrement fasciste de la jeunesse).
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Doué de capacités intellectuelles et sexuelles hors du commun, éduqué dans la haine du communisme et le culte du Duce, l'enfant adhère aveuglément à ces préceptes, sans déceler l'hypocrisie et les contradictions qui sous-tendent la rhétorique des adultes.
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Dans une mise en scène magistrale et grotesque de la violence faite au corps et à la conscience d'un enfant victime de l'endoctrinement fasciste, Andrea Camilleri dénonce ici le fanatisme et fait le procès de toutes les hypocrisies sociales et idéologiques.
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Dans la Sicile des années 40,
tout minot qu’il est, Nenè s’interroge : que vont faire les hommes dans cette belle maison près du port, où habitent tant de femmes nues ?
Bientôt, au fond d’un grenier, une cousine entreprenante l’éclairera sur le sujet.
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En grandissant, il deviendra familier de ces dames et bien vite découvrira chez elles, au-delà de la sensualité, des trésors de récits.
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Autour de la table présidée par l’austère Signura, avec ses amis Jacolino et Ciccio, il perçoit le caractère étrangement sacré de ce bordel et les miracles qui s’y déroulent.
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La guerre gronde dans le ciel, les bombes américaines dévastent la ville, les armées allemandes quittent les lieux, mais à la Pension Eva, un vieux noble retrouve sa virilité, un ange descend nu en parachute, le portrait de Staline a des effets inattendus sur un résistant communiste, le saint patron local rend visite à l’une de ces dames.
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Et puis des couples fixes se forment avant de connaître une fin terrible ou bien heureuse.
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Mêlant le dur récit documentaire et l’allégresse rêveuse du réalisme magique, ce roman d’apprentissage par temps d’apocalypse, que l’auteur lui-même présente comme un moment très spécial dans son œuvre, nous fait découvrir une nouvelle facette du grand romancier Andrea Camilleri.
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Le tour de la bouée
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Malgré les injonctions de sa fiancée Livia, le commissaire Montalbano a décidé de démissionner.
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Les événements de juillet 2001 à Gênes, marqués par le comportement scandaleux d'une bonne partie des forces de l'ordre, lui font perdre toute confiance dans le corps auquel il appartient.
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Sa décision prise, il veut, comme à l'accoutumée, se débarrasser de la laideur du monde en nageant dans cette mer qu'il a sous ses fenêtres.
Et voici qu'il heurte le cadavre d'un inconnu en état de décomposition avancée, aux poignets et aux chevilles portant la marque de liens. Ce coup de force du destin le contraint à reprendre son boulot de flic.
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Sur cette côte sicilienne tournée vers l'Afrique, d'autres corps échouent, ceux des immigrés clandestins dont des féroces mafias organisent le trafic. Un enfant meurt, renversé par une voiture...
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Billets d'humeur écrits au fil de la plume ou petites chroniques sur des sujets d'actualité, ces "récits au jour le jour" ont été publiés dans la presse italienne entre 1997 et 1999.
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Qu'il évoque les enfants modernes convaincus de l'existence des poulets à six cuisses, la disparition des saisons, l'importance des files d'attente, la Journée de la femme, le massacre de Portella della Ginestra le 1er mai 1947, son admiration pour Simenon ou la substitution des impitoyables mafieux au brave contrebandier d'antan, Andrea Camilleri exerce son talent de conteur, mêlant avec l'humour et la générosité qu'on lui connaît passages autobiographiques et références historiques.
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La petite cité de Vigàta, en Sicile, est troublée par l'installation d'un mystérieux nouveau venu, le pharmacien Fofo la Matina. En cette fin de XIXe siècle, les passions vont s'exacerber autour de cet étranger, d'autant que son irruption coïncide avec une série de morts plus ou moins naturelles qui va décimer la famille aristocrate de la commune, celle du marquis Peluso di Torre Venerina.
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Confronté à une hallucinante galerie de personnages, le pharmacien est entraîné dans une spirale d'événements tantôt cruels, tantôt franchement comiques...
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Un bonheur en forme de livre.
Le créateur du célèbre inspecteur contemporain Montalbano n'aime rien plus que faire remonter le temps à son décor habituel, la petite ville sicilienne (imaginaire) de Vigàta.
On retrouve le talent et le fantastique humour d'Andrea Camilleri dans ce récit inspiré de faits réels.
Un parler régional français – le Lyonnais – est appelé à la rescousse par les traducteurs pour rendre toute la poésie de cette langue inventée par Camilleri, mélange très musical d'italien et de sicilien. Pour les curieux et les linguistes, un glossaire est même proposé à la fin du roman
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Le voleur de goûter
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Un retraité poignardé dans un ascenseur, un pêcheur tunisien mitraillé au large de Vigàta, une flamboyante prostituée, un colonel nain, une vieille institutrice en chaise roulante... et un enfant abandonné.
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C'est en ronchonnant, comme à son habitude, que le commissaire Montalbano va tenter de trouver le lien qui relie tous ces personnages, d'autant que, pour la première fois, il doit sfrotter aux Services secrets, incarnation d'une Italie occulte et malfaisante.
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Mais pour sauver un enfant de la meurtrière raison d'État, notre commissaire est prêt à faire des choix. Même les plus difficiles..
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Le préfet milanais de Vigàta programme, contre l'avis de tous, l'opéra Le Brasseur de Preston pour inaugurer son théâtre flambant neuf.
Mais le spectacle tourne à la catastrophe : la cantatrice vedette - sans doute troublée par le chahut des spectateurs - pousse un cri monstrueux.
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La panique est générale.
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Concetta, dans la maison voisine, ne se doute de rien. Mais voici que les premières flammes jaillissent du toit...
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Lorsque, à la suite d'une blessure, le commissaire Cecè Collura se trouve en congé forcé, il accepte, en guise de convalescence, un poste de commissaire de bord sur un navire de croisière.
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Mais veiller au bien-être des passagers devient vite secondaire pour ce digne collègue de Montalbano qui n'a pas laissé son flair au vestiaire.
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Dans le huis clos de la croisière, petits et grands mystères vont s'enchaîner.
Étrange disparition d'un bébé, manœuvres d'héritier sans scrupules, incartades conjugales, perte de bijoux, identités camouflées, Cecè démêle le jeu des apparences et de la réalité.
Du moins, autant que faire se peut...
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Publiées au cours de l'été 1998 dans le quotidien La Stampa, ces huit nouvelles sont autant de clins d'œil à Agatha Christie où l'on retrouve le ton humoristique et enlevé propre à l'écrivain sicilien.
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"Quand c'est pas le jour c'est pas le jour".
Voilà les termes du truculent commissaire Salvo Montalbano de Vigata, Sicile, quand Gallo, son chauffeur qui se prend pour Fangio, entre en collision avec une Twingo mal garée.
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L'accident va entraîner indirectement une macabre découverte : le corps nu de Michela Licalzi, une jeune femme assassinée dans une villa à la limite de la zone officielle du commissaire.
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Montalbano va devoir mener une enquête complexe, affronter l'hostilité des institutions et les théories d'un collègue plutôt concurrent, tout en devant répondre à la question du mariage à sa compagne Livia, et en étant fort ému par une belle amie de la victime... Comme d'habitude, il prendra quelques libertés avec la légalité pour faire apparaître la vérité.
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Foisonnant, drôle, génial. L'immense succès d'Andrea Camilleri, véritable phénomène éditorial, est amplement mérité.
On voudrait ne plus quitter la Sicile et cette petite ville imaginaire qui sert de décor tantôt contemporain (comme ici), tantôt historique comme dans La Saison de la chasse ou La Concession du téléphone.
Le flegme, l'humanité et l'humour de Montalbano fonctionnent à merveille.
Le commissaire est devenu un véritable ami pour les lecteurs depuis La Forme de l'eau. Rendons encore hommage aux traducteurs (ici Serge Quadruppani et Maruzza Loria) qui savent si bien rendre la chaleur et la musique de cette langue parfumée, mélange d'Italien, de Sicilien et de dialectes régionaux.
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La lune de papier
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Quand il était minot, son père lui avait raconté que la lune dans le ciel était en papier.
Et lui, qui avait toujours confiance en ce que disait son père, il avait cru.
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Et maintenant, homme mûr-, il avait nouvellement cru comme un minot à deux femmes qui lui avaient raconté que la lune était en papier.
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Le commissaire Montalbano s'interroge sur sa propre vieillesse et apprend à vivre avec l'obsession de la mort, lorsqu'une nouvelle affaire le conduit tout droit dans les eaux putrides de la passion...
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Angelo Pardo est retrouvé mort sur la terrasse de son petit palais d'époque, de la banlieue de Vigàta, dans une tenue compromettante et le visage défiguré par un projectile.
Mais son passé sordide en fait une victime qui est loin d'être innocente, et pour résoudre cette affaire, Montalbano devra jouer fin.
Car les deux femmes troublantes qui partageaient la vie d'Angelo s'appliquent consciencieusement à brouiller les pistes du commissaire...
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Avec La lune de papier, Camilleri montre un nouveau visage du " commissaire préféré des Italiens " en plein règlement de comptes avec ses passions et ses peurs les plus intimes.
Et toujours les scènes de plaisirs gastronomiques, les références mordantes à la politique italienne, et cette langue, truculente...
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Le commissaire Montalbano s'offre un blues carabiné.
Ses anciens camarades de Soixante-huit ont pour la plupart retourné leur veste, comme ce Carlo Militello qui vient d'être nommé directeur de la seconde banque de Sicile, et tant d'autres dont les idéaux n'ont pas survécu à la quête du pouvoir et de l'argent.
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Pour arranger le tout, Montalbano est une fois de plus en délicatesse avec sa hiérarchie et c'est presque par hasard qu'on lui confie l'enquête sur l'assassinat d'un jeune bourreau des cœurs de Vigata, sa chère petite cité sicilienne.
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Flanqué de son habituelle équipe et de sa charmante fiancée Livia, le commissaire va vite se retrouver avec deux autres cadavres sur les bras, un couple de personnes âgées.
Ces trois meurtres sont-ils liés et si oui comment et pourquoi ?
Pourquoi son adjoint Mimi Angello entretient-il un flou peu artistique autour d'informations prétendument top-secret ?
Ce ne sont que quelques données du problème...
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Andrea Camilleri est décidément un vieux monsieur délicieux, expert dans l'art de créer des personnages, des ambiances, des dialogues et des situations propres à décider le lecteur à prendre le premier avion en partance pour la Sicile.
Comme d'habitude, est-on tenté d'écrire, on retrouve avec délice les questionnements du célèbre enquêteur italien, sa langue fleurie, sa perspicacité est ses traits d'esprits à l'humour ravageur.
Ce n'est pas avec ce titre que la réputation toujours plus grande du célèbre conteur va se ternir. Tant mieux. Quel plaisir !
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Vigàta, petite bourgade de Sicile, 1891.
Filippo Genuardi, négociant en bois mais surtout jeune dandy consommateur d'innovations technologiques, veut se faire installer une ligne téléphonique.
Il écrit pour cela au préfet de région, un Napolitain visiblement paranoïaque.
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Dans ses hilarantes demandes écrites, " Pippo " Genuardi fait une bête petite faute d'orthographe au nom du préfet et le voilà soupçonné d'être un dangereux agitateur.
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Suivra, par lettres interposées ou dialogues savoureux, un feu d'artifice de malentendus, mensonges, quiproquos, etc.
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La mafia locale mettra ainsi son grain de demi-sel dans cette curieuse aventure. Mais pourquoi diable Pippo tient-il tant à avoir le téléphone ?
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Une tragi-comédie géniale.
Dès la vingtième page on se tord de rire et ça ne s'arrête plus jusqu'à la fin.
Dans la veine des romans " historiques " d'Andrea Camilleri - ceux qui se fondentsur des documents d'archives comme La Saison de la chasse (2213608350) - le créateur du célèbre inspecteur contemporain Montalbano s'en donne à coeur joie.
La vie de Vigàta, sempiternel décor imaginaire de Camilleri quelles que soient les époques, est toujours aussi passionnante. Un petit bonheur de livre, à dévorer au soleil
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La Sicile doit sa notoriété à la splendeur d'un volcan, à la majesté de ses temples et au caractère impitoyable de certains de ses habitants.
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A ces attraits, il faut ajouter aujourd'hui un personnage hors du commun : le commissaire Montalbano.
Pour la nonchalance, la gourmandise, l'érudition et le flegme, le " dottore " Montalbano n'a pas d'égal.
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Lui qui déteste les crimes de sang trop faciles à résoudre, le voici, pour sa première enquête, devant l'énigme la plus saugrenue, un condensé d'humour noir et de surréalisme : un lundi, on trouve un poisson abattu à coups de 7.65. Le lundi suivant, pareillement assassiné, un poulet. Ensuite un chien. A quand l'âne ou le bœuf, et quelques villageois ?
L'affaire est sérieuse et Montalbano à pied d'œuvre.

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Note :
C’est toujours un plaisir de lire cet auteur… et il me reste pas mal de titre encore a savourer…