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samedi 9 janvier 2010

Carlos Ruiz Zafon - L'ombre du vent

Les livres sont des miroirs, et l'on y voit que ce qu'on porte en soi-même. - Carlos Ruiz Zafon.
Terminé hier ce roman que je classe dans le genre gothique, vraiment bien aimé, tout comme "le jeu de l'ange"...
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Il me rappelle un peu les "Mystères de Paris" d’Eugène Sue et toute ces livres a tiroirs de l'époque... genre feuilleton et la suite au prochain numéro... vraiment très dépaysant...
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sombre histoire de famille et d'inceste... et toujours le fameux cimetière des livres oubliés...
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je relirai probablement en fin d'année, mais cette fois dans l'ordre... en attendant la suite de la trilogie.
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pas de compte-rendu cette fois, se reporter a celui du "jeu de l'ange"...
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illustration : "la liseuse" de Sandra Gittleman
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Début du roman sur le site des éditions Grasset
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illustration : du peintre Troy Criswell
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Dans la Barcelone de l’après-guerre civile, « ville des prodiges » marquée par la défaite, la vie est difficile, les haines rôdent toujours.
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Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon – Daniel Sempere, le narrateur – dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés.
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L’enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d’occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y « adopter » un volume parmi des centaines de milliers.
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Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l’entraîner dans un labyrinthe d’aventures et de secrets « enterrés dans l’âme de la ville » : L’Ombre du Vent.
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Avec ce tableau historique, roman d’apprentissage évoquant les émois de l’adolescence, récit fantastique dans la pure tradition du Fantôme de l’Opéra ou du Maître et Marguerite, énigme où les mystères s’emboîtent comme des poupées russes, Carlos Ruiz Zafón mêle inextricablement la littérature et la vie. Publié en 2001, ce roman historique mêle suspense, amour et littérature, alors que la vie du personnage principal, Daniel Sempere, changera du tout au tout suite à la découverte d'un nouvel auteur, Julián Carax.
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Ce roman, traduit en trente-six langues différentes, est devenu un best-seller mondial, avec plus de dix millions d'exemplaires vendus. Il a été bien accueilli autant par les critiques espagnols qu'internationaux. -wikipédia
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Prix reçus
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Espagne
Prix de la Fundación José Manuel Lara au libre le plus vendu
Prix des lecteurs de La Vanguardia en
2002
Prix Protagonistas
Finaliste du Prix Llibreter
2002
Finaliste du Prix du roman
Fernando Lara 2001
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Etats Unis
Borders Original Voices Award
Gumshoe Award, New York
Public Library Book to Remember
BookSense Book of the Year (Honorable Mention)
Barry Award, Joseph-Beth and Davis-Kidd Booksellers Fiction Award.
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France
Prix du meilleur livre étranger en
2004
Prix du Scribe
Prix Michelet
Prix de Saint Emilion.
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Pays-Bas
Prix des lecteurs
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Norvège
Bjornson Order
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Canada
Prix des libraires
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illustration : de Kellam Brown
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Ce qu'ils en pensent...
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imaginaire somptueux... des personnages maléfiques, des suspicions de commerce avec le diable, de sinistres secrets familiaux, un héros fatal marqué par le malheur, des amours maudites...
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plusieurs niveaux de récit, reliés par de constants jeux de miroirs et l’histoire peut aussi se lire comme une fable métaphysique sur l’identité et sur la rédemption, puisqu’il reviendra à Daniel, double de Julian, d’achever la destinée inaccomplie de ce dernier et de briser la malédiction qui pèse sur lui.
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Quelle belle surprise que ce roman ! Un vrai bon roman qui vous tiendra compagnie lors d'un week end un peu gris et qui vous réconciliera avec la lecture.
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Merci à Monsieur Zafon pour ce merveilleux roman!
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et beaucoup d'autres tout aussi enthousiastes....
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illustration : "la liseuse" de George CLAUSEN (trouvée chez Galerie de dsata1)

mardi 1 décembre 2009

Carlos Ruiz Zafon - Le jeu de l'Ange

En cours de lecture...
entre Eugène Sue et Charles Dickens, entre Dumas et Féval, Eco et Calvino, etc... Voilà un peu ce que je viens de lire dans la presse...
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En fait, je n'aime pas trop ce genre de comparaisons, qui m'ont fait lire quelques gros navets...
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Par contre les avis des lecteurs sont plus mitigés. J'en note d'ailleurs quelques uns venant de blogs que je lis assez régulièrement.
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Autre hésitation de ma part, c'est un pavé et en général pas vraiment ce que j'aime le mieux.
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et puis voilà, je l'ai commencé et je n'arrive plus a en sortir le nez... l'atmosphère est sombre comme dans les vieux polars en noir et blanc... lourde, comme dans Eugène Sue, un peu gothique, on imagine très bien Dracula ou Jack l'éventreur se mouvoir dans ses rues tortueuses... et oui on retrouve du Dickens dans l'enfance de David Martin...
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et puis voilà Faust qui s'incarne dans le personnage de l'éditeur...
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et c'est là que j'en suis, j'avoue que je trouve ce roman vraiment passionnant... et comment ne pas se prendre d'affection pour le librairie Sempere et son fils, et le cimetière des livres oubliés, qui n'a pas rêvé de sauver un livre de l'oubli ?...
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je vous laisse, trop envie de connaître la suite... bonne journée à tous
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illustration : "la liseuse" de Rudolf Konopa
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Le jeu de l'Ange de Carlos Ruiz Zafón
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Barcelone, années 1920. David Martin, dix-sept ans, travaille au journal La Voie de l'Industrie. Son existence bascule un soir de crise au journal : il faut trouver de toute urgence un remplaçant au feuilletoniste dominical.
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Sur les conseils de Pedro Vidal, chroniqueur à ses heures, David est choisi. Son feuilleton rencontre un immense succès et, pour la première fois, David est payé pour ce qu'il aime le plus au monde : écrire.
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En plein succès, David accepte l'offre de deux éditeurs peu scrupuleux : produire à un rythme effréné des feuilletons sous pseudonyme.
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Mais après quelques années, à bout de force, David va renoncer. Ses éditeurs lui accordent alors neuf mois pour écrire son propre roman. Celui-ci, boudé par la critique et sabordé par les éditeurs, est un échec.
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David est d'autant plus désespéré que la jeune fille dont il est amoureux depuis toujours - et à laquelle le livre est secrètement dédié - va épouser Pedro Vidal.
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Son ami libraire, Sempere, choisit ce moment pour l'emmener au Cimetière des livres oubliés, où David dépose le sien.
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illustration :Escenario de la rueda de prensa del Gran Teatre del Liceu
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Puis arrive une offre extraordinaire : un éditeur parisien, Corelli, lui propose, moyennant cent mille francs, une fortune, de créer un texte fondateur, sorte de nouvelle Bible, " une histoire pour laquelle les hommes seraient capables de vivre et de mourir, de tuer et d'être tués, d'offrir leur âme ".
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Du jour où il accepte ce contrat, une étrange mécanique du meurtre se met en place autour de David. En vendant sa liberté d'écrivain, aurait-il vendu son âme au diable ?
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Épouvanté et fasciné, David se lance dans une enquête sur ce curieux éditeur, dont les pouvoirs semblent transcender le temps et l'espace.
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Carlos Ruiz Zafón
(né le 25 septembre 1964 à Barcelone) est un auteur espagnol. Ruíz Zafón écrit principalement en castillan. Il habite depuis 1993 à Los Angeles où il écrit des scénarios de films.
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A l'âge de quatorze ans, Carlos Ruiz Zafon écrit son premier roman, une histoire truculente de 500 pages.
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À dix-neuf ans, il choisit pourtant de faire carrière dans la publicité, qu'il quitte rapidement pour se consacrer à son roman El principe de la niebla (Le prince du brouillard, 1993) qui a gagné le prix de la jeunesse d'Edebé en 2000.- wikipédia
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Fils d'un agent d'assurances et d'une mère au foyer, Carlos Ruiz Zafon a passé onze ans chez les jésuites.
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" Avant même d'apprendre à lire et à écrire, je me racontais des histoires. " Dès l'âge de 9 ans, il commence à les coucher sur le papier.
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" Après, j'ai créé une petite maison d'édition avec un copain dont le père tenait une papeterie et possédait cet objet extraordinaire pour nous : une photocopieuse Xerox. "
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Un camarade dessine les jaquettes, un autre s'occupe du " marketing ", c'est une affaire qui marche. " Même les profs nous achetaient notre fanzine ! " Jusqu'à ce que le directeur de l'école y jette un oeil et découvre, horrifié, des histoires à glacer le sang, peuplées d'assassins et de fantômes en tout genre. Censure immédiate.
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Le jeune Carlos ne s'en laisse pas conter et rédige, à 14 ans, un roman victorien de 600 pages.
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" Il faut en passer par là, écrire des centaines de pages qui ne seront jamais lues par personne ", martèle cet admirateur de Charles Dickens et d'Alexandre Dumas, mais aussi de John Dos Passos et de Raymond Chandler.
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Pour vivre de sa plume, il se lance, à 20 ans, dans la publicité, monte vite en grade, devient un créatif convoité.
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" J'ai gagné tellement d'argent que mon père me soupçonnait de frayer avec les narcotrafiquants ! " Mais au fond, la pub, ce n'est pas son truc.
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Le 1er janvier 1992, il se met à écrire pour la jeunesse. " Là encore, j'ai réalisé que ce n'était pas ma voie. " C'est avec son quatrième livre, Marina," un roman hybride, mon préféré ", que l'écrivain s'oriente vers ce qui deviendra sa marque de fabrique : cette veine gothique et mystérieuse qui lui a si bien réussi.
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Et qu'il entretient en collectionnant les dragons sous toutes les formes, des sculptures aux peluches, en passant par la petite broche qu'il arbore sur son beau polo. Zafon aurait-il vraiment le feu sacré ?...http://www.lexpress.fr/culture/livre/qui-est-carlos-ruiz-zafon_785449.html
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ils l'ont lu :
http://www.biblioblog.fr/post/2009/09/16/Le-jeu-de-l-ange-Carlos-Ruiz-Zafon L'abandon ne s'est joué qu'à un fil ténu.... de curiosité.
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http://www.chaplum.com/le-jeu-de-lange-de-carlos-ruiz-zafon-1668/comment-page-2#comment-5561 je n’ai à aucun moment ressenti de longueurs dans le récit, même si je n’ai pas tourné les pages avidement comme pour L’ombre du vent.
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http://petitepom.sosblog.fr/pom-b1/Le-jeu-de-l-Ange-Carlos-Ruiz-Zafon-b1-p59696.htm J’ai aimé l’ambiance de ce roman, l’intrigue est intéressante mais il reste, une fois finie, un sentiment de confusion qui est frustrante.
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http://livresetval.blogspot.com/2009/09/le-jeu-de-lange-carlos-ruiz-zafon.html Une fois ouvert, il est difficile de refermer ce livre. L'intrigue est prenante et j'avais envie d'en savoir toujours plus, de découvrir le fin mot de l'histoire.
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et donc, je rajoute ce livre sur la liste du père Noël...

L'ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon
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Dans la Barcelone de l'après-guerre civile, " ville des prodiges " marquée par la défaite, la vie est difficile, les haines rôdent toujours.
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Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon - Daniel Sempere, le narrateur - dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés.
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L'enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d'occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y " adopter " un volume parmi des centaines de milliers.
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Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l'entraîner dans un labyrinthe d'aventures et de secrets " enterrés dans l'âme de la ville " : L'Ombre du Vent.
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Avec ce tableau historique, roman d'apprentissage évoquant les émois de l'adolescence, récit fantastique dans la pure tradition du Fantôme de l'Opéra ou du Maître et Marguerite, énigme où les mystères s'emboîtent comme des poupées russes, Carlos Ruiz Zafon mêle inextricablement la littérature et la vie.

mardi 16 décembre 2008

littérature mexicaine : Ignacio Padilla


trois romans qui me semblent passionnant ! de l'aventure, du mystère et même des templiers... impossible de résister.
Ignacio Padilla est né à Mexico en 1968. Romancier et nouvelliste.
Il a reçu, entre autres, le Prix Juan de la Cabada en 1994 ;
le Prix national Juan Rulfo pour un premier roman en 1994 ;
le Prix national de l’essai littéraire Malcolm Lowry en 1994 ;
le Prix national de l’essai José Revueltas en 1999 ;
le Prix Primavera de Novela en 2000 pour Amphitryon, décerné par la maison d’édition Espasa-Calpe ;
le Prix de littérature Mazatlán 2007 pour La gruta del toscano ;
le Prix national de la dramaturgie 2008 ;
le Prix national Luis Cardoza et Aragón pour la critique des arts plastiques 2008
et le Prix national de la pièce de théâtre pour enfants 2008.

Spirale d'artillerie

Le commissaire politique Dertz Magoian, espion de la vieille époque soviétique, a un besoin constant d’information sur les activités politiques de ses concitoyens ; le narrateur, médecin accro aux drogues dures, assure sa consommation d’ectricine en fournissant à Magoian les renseignements qu’il désire.
Entre les deux s’établit un échange où la vérité et le mensonge, la paranoïa et la certitude, l’hallucination et la réalité se mélangent incessamment.
Le récit principal tourne autour de l’existence d’un complot dans une ville du Grand Nord, Malombrosa, ancienne base navale devenu cimetière de sous-marins et lieu de tous les trafics.
Le médecin y est envoyé pour enquêter sur un groupe de conjurés qui seraient en train de préparer une insurrection contre le gouvernement communiste. Ils seraient dirigés par un certain Eliah Bac, fils d’un ancien officier mort dans un accident. Mais Eliah Bac existe-t-il ? Ne sortirait-il pas plutôt de l’imagination d’un drogué en manque ? À moins qu’il ne soit le fruit du délire de Magoian, désespéré et impuissant face à l’effondrement du système qu’il a toujours défendu ?
Hommage au cinéma expressionniste des années 1920 et 1930, roman gothique et trash, Spirale d’artillerie confirme tout le talent d’un jeune auteur placé par la revue Lire, en mai 2005, parmi les « 50 écrivains pour demain ».

Impossibilité des corbeaux

Impossibilités des corbeaux" doit son titre a une phrase de Kafka : "Les corbeaux affirment qu’un seul corbeau pourrait détruire les cieux. Cela est indubitable, mais ne prouve rien contre les cieux, parce que les cieux n’ont d’autre signification que l’impossibilité des corbeaux".
Padilla nous raconte l’aventure initiatique vécue par un architecte et son ancien élève, happés par une spirale d’événements dans le château qu’ils sont venus restaurer.
Ce domaine appartient à une mystérieuse Confrérie liée à l’histoire des Templiers, à laquelle ils vont devoir s’intéresser malgré eux.

Amphytrion

Le jeu de pistes de la rentrée. Entre malentendu et usurpation, erreur et conspiration, le Mexicain Ignacio Padilla propose l'un des plus éblouissants labyrinthes romanesques qu'il nous ait été donnés de lire depuis longtemps.
On ne s'attend pas vraiment, en tournant la première page de ce texte bref (deux cents pages à peine), à être précipité de la sorte dans un gouffre de faux-semblants et de pièges d'une insondable profondeur : s'y lancer, c'est laisser se refermer sur soi une machinerie littéraire aux mécanismes inexorables, réglés à la perfection, et finalement se perdre dans les méandres d'une fascinante réflexion sur l'identité et la place de chacun dans le grand plan du siècle et de l'Histoire.
Autant dire que toute tentative de résumé restera vaine.
Mentionnons seulement le point de départ d'une intrigue à ramifications multiples : une partie d'échecs dans un train militaire qui file vers le front de l'Est durant la Première Guerre mondiale. L'un des joueurs est soldat et croit se diriger vers sa mort ; l'autre est aiguilleur et n'a pas grand-chose à craindre.
Les deux hommes jouent leur identité : au gagnant reviendra la vie tranquille, au perdant la boucherie des champs de bataille.
Deux destinées se décident ainsi autour d'un échiquier avant de se séparer à nouveau et d'évoluer en parallèle des décennies durant. Jusqu'à ce que le fils de celui qui remporta la partie cruciale s'essaye à démêler les nœuds de cet échange d'identité entouré de mystère, et se trouve à son tour attiré dans un réseau d'énigmes inextricable : l'enquête peut commencer, et Padilla passer à la vitesse supérieure.
Car quand bien même la matière des seuls premiers paragraphes aurait largement suffi à donner un excellent roman, le jeune Mexicain ne s'y arrête pas : ajoutant les miroirs traîtres les uns aux autres, il greffe ce premier tour de passe-passe sur une impressionnante toile historique où les pontes du régime nazi sont les maîtres du jeu, initiateurs (ou victimes) de cet "Amphytrion" machiavélique, "prétendu projet de supplantations d'identité qui aurait été, dans les premiers mois de la guerre, imaginé par le général Goering comme possible moyen de faire pièce à Heinrich Himmler, son éternel rival au sein du Reich."
Au bout du fil, un fragment de vérité incertaine sur l'identité de celui qui prétendait s'appeler Adolf Eichmann et que l'on a jugé à Jérusalem, au début des années soixante. Peut-être.

Tout cela a l'air abracadabrant ? Pas tant que ça. Ignacio Padilla, dont c'est seulement le deuxième roman publié (il est également l'auteur d'un recueil de nouvelles et de La Cathédrale des noyés, publié voici six ans mais pas encore traduit en français), maîtrise en effet son intrigue à la perfection.
Dans un style dense et élégant, il livre avec Amphytrion un puzzle historique, politique et identitaire d'une ampleur rare, qui appuie son extraordinaire virtuosité sur les hasards et coïncidences étranges d'une Histoire envisagée comme un gigantesque cyclone en perpétuel écroulement sur lui-même.
C'est moins de phrases que de quelques bonnes pages de cartes, d'arbres généalogiques et de schémas fléchés que l'on aurait besoin pour parvenir à faire entrevoir la complexité et l'intelligence de ce texte passionnant où Padilla, qui a remporté grâce à lui le prix Primavera à Madrid l'année passée, entremêle des histoires individuelles hors du commun et une Histoire aux voies énigmatiques avec une précision d'horloger suisse et un talent d'écrivain rare.
Un petit chef-d'œuvre qui nous élève deux cents pages durant au-dessus de l'échiquier du monde, sans que l'on parvienne cependant à tout à fait comprendre la partie qui se joue sous nos yeux. Mat en quelques coups, bien sûr, mais l'on en redemande. -Bernard Quiriny-http://www.chronicart.com/livres/chronique.php?id=6939

mercredi 8 octobre 2008

Un descendant de Bram Stoker fera renaître Dracula en livre

Un nom qui fait frissonner la terre entière, à sa seule évocation

Le retour de Dracula pourrait n'émouvoir aucun cinéphile eu égard au nombre de versions déjà abondant de reprise du thème vampirique.
Et alors que Stephenie Meyer avait cru mordre à pleines dents dans le créneau, voilà que Stoker pourrait lui souffler la place...
Non pas Bram Stoker bien évidemment, mais plutôt Dacre, le descendant indirect qui vient de sortir de son cercueil et a retrouvé des notes manuscrites de son ancêtre.
En effet, le petit neveu coécrira avec son grand-oncle une suite aux aventures du premier vampire dont les droits ont coûté la modique somme d'un million de dollars.
Mais un troisième larron interviendra puisque c'est avec le scénariste Ian Holt que le livre prendra forme... avant que d'être adapté en film par la suite.
Quincey, en 1912, fils du héros de Bram, Jonathan Harker, se retrouvera à Londres se retrouve impliqué dans l'adaptation du livre de Bram Stoker, adapté par l'écrivain lui-même. De terribles secrets jailliront.
Regrettant « tous les déchets d'Hollywood qui ont souillé l'héritage littéraire de Bram », le petit neveu compte donner un souffle nouveau à Dracula. On attend donc de voir...
http://www.actualitte.com/actualite/5086-Bram-Stoker-Dracula-livre-nouveau.htm
Rédigé par
Jubop, le mardi 07 octobre 2008 à 17h11
Note
Me demande bien ce que ça va bien pouvoir donner... espérons au moins que l'héritier a du talent !

mardi 26 août 2008

Rice Anne - Le violon

livre de chevet
littérature gothique moderne



Alors qu’elle veille le corps de son mari qui vient de mourir du sida, Triana entend une musique d’une incroyable beauté.
Par la fenêtre, elle aperçoit un étrange violoniste qui joue devant sa maison avant de disparaître.
Un séduisant virtuose qui, jour après jour, va revenir la hanter.
Est-elle, comme le craignent ses proches, en train de sombrer dans la folie ? Ou sa douleur l’a-t-elle sensibilisée à l’existence d’un autre monde ?
Peu à peu, elle accepte la réalité de ce fantôme au stradivarius qui semble n’avoir d’yeux que pour elle, entame le dialogue avec lui.
Mais qui est donc Stefan Stefanovsky, aristocrate russe du siècle dernier, élève de Beethoven et ami de Paganini ? Un être génial et démoniaque qui nourrit sa musique de ceux qu’il entraîne dans son univers morbide ? Ou une âme errante et tourmentée, elle-même ensorcelée par un violon maléfique ?


biographie


Anne Rice est née le 4 octobre 1941 à La Nouvelle-Orléans où elle a grandi, jusqu'à son mariage, en 1961, avec le poète Stan Rice. Les jeunes mariés ont quitté la Nouvelle Orléans à cette date pour s'installer à San Francisco. Ces deux villes constituent souvent le cadre des aventures fantastiques vécues par les personnages de la romancière.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, Anne Rice n'est pas un auteur typique de
littérature fantastique, même si elle a baigné, durant toute son enfance, dans la culture de la Nouvelle-Orléans — faite de vaudou et d'autres éléments magiques — propice à l'élaboration de récits extraordinaires.
En fait, elle s'inspire tout simplement de ce qu'elle a toujours connu, et à travers ses romans se dessine un hommage constant à la ville qu'elle chérit plus que tout.

Anne et Stan ont eu une petite fille, Michèle, née en
1966, morte le 5 août 1972 à la suite d'une leucémie.
La mort de sa fille a plongé Anne Rice dans un profond désespoir et c'est pour s'en sortir qu'elle a écrit son premier succès : Entretien avec un vampire.

En
1978, elle a eu un fils, Christopher.
Stan, Anne et Christopher Rice sont revenus s'installer à la Nouvelle-Orléans alors que Christopher était encore un jeune garçon.
Forte de son succès, Anne Rice a pu emménager dans la maison qu'elle rêvait depuis toujours d'habiter dans le Vieux Carré, quartier de la Nouvelle-Orléans. Cette maison est celle que la romancière décrit, trait pour trait, dans le premier tome des chroniques de sorcières, la maison des Mayfair.

Note

Très différente des histoires de vampires, Anne Rice nous fait vivre ici non pas seulement une histoire de "fantôme" mais aussi une histoire très "humaine" dans laquelle nous suivons l'histoire de l'héroïne de très près.

Anne Rice, par sa façon d'écrire, nous décris parfaitement un état d'esprit particulier, celui de la perte d'un être cher.

Cet état d'esprit est très bien calqué par le fait que rien n'a vraiment de sens. Les pensées viennent sans qu'on ne les invites, les souvenirs ressurgissent par un mot, un objet... et rien n'est ordonné. Et pourtant rien d'autre n'a d'importance. Le présent est accessoire.

Très bon style d'écriture, très réaliste. A côté de cela, on retrouve aussi le désormais traditionnel "bel homme mystérieux" qu'Anne Rice intègre dans chacun de ses romans.

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Voir Un forum consacré à Anne Rice : http://annerice.forumactif.com/

et un site pour découvrir ses autres livres : http://elfetvamp.ifrance.com/plan.htm

source : wikipédia, amazone

lundi 18 août 2008

Lewis - le moine

souvenir de lecture
roman gothique



On le nomme "Monk" Lewis, tant cet écrivain a été marqué par sa créature scandaleuse.
Le livre fut d'abord interdit par la censure et Lewis obligé d'en réviser l'édition.
Il n'a que vingt ans lorsqu'il écrit Le Moine et confronte le lecteur avec l'Invisible d'une manière directe et brutale.
Le Surnaturel y fait sauvagement irruption et s'impose ; d'où la réticence d'un Coleridge, déconseillant aux parents de mettre un tel livre dans les mains de leurs enfants.

Il connaissait bien la littérature allemande et traduisit plusieurs grands auteurs, tel Schiller. Il adaptera avec succès un roman de Zschokke, Le Bandit de Venise.

Il hérita d'une fortune importante à la mort de son père et, avec effroi, en découvrit les sources, dans les Indes Occidentales.
Il mourut de fièvre jaune à son retour d'un second voyage, laissant un passionnant Journal qui dénonce le scandale des pratiques coloniales dont nul alors ne se souciait.
Comme la plupart des auteurs "gothiques", Monk Lewis ne fut jamais en odeur de sainteté auprès des critiques et il fallut attendre des auteurs comme Artaud ou Breton pour que certains considèrent enfin Le Moine avec sérieux.

"Le souffle du merveilleux l'anime tout entier (...). J'entends que ce livre n'exalte du commencement à la fin, et le plus purement du monde, que ce qui de l'esprit arrive à quitter le sol et que, dépouillé d'une partie insignifiante de son affabulation romanesque, à la mode du temps, il constitue un modèle de justesse et d'innocente grandeur
note :
Encore un très bon et très ancien souvenir de lecture...
Sur le fantastique :

Horace Walpole - Le château d’Otrante

souvenir de lecture
littérature fantastique, littérature gothique...


“Le château d’Otrante est un drame plastique, la forme la plus amère, la plus rugueuse, mais aussi la mieux taillée du malheur en amour.

Seuls immortels, les désirs vont leur chemin, malgré d’extraordinaires obstacles, malgré les rideaux du sang et les miroirs vides, la nature exclue, l’existence approximative, la vue inutile, les ancêtres vomis par l’Enfer, malgré la peur, l’héroïsme, la férocité, malgré le marbre des tombeaux et les squelettes, les désirs sans cesse au fil de la mort, cherchent à briser avec l’imaginaire.

Horace Walpole a été le précurseur du Roman noir : de Maturin (pour la mise en scène), de Lewis (pour la précipitation passionnée des événements), d’Ann Radcliffe (pour l’atmosphère et le droit à l’absurde) et même d’Achim d’Arnim (pour la froideur dans le bizarre).
Et quelques-uns des grands pans d’ombre du Château d’Otrante alimentent le terrible feu qu’allumèrent Sade, Poe et Lautréamont pour échapper au néant. Comme il n’y a qu’une grandeur, cela assure à jamais la gloire d’Horace Walpole.” Paul Éluard

Extrait
Manfred, Prince d’Otrante, avait un fils et une fille : celle-ci, très belle jeune fille de dix-huit ans, s’appelait Mathilde. Conrad, le Prince héritier, de trois ans plus jeune, était un garçon sans originalité, maladif et d’un avenir médiocre. Il n’en était pas moins l’idole de son père qui n’éprouvait pas la moindre affection pour Mathilde.

Manfred avait contracté, au nom de son fils, un mariage avec la fille du marquis de Vicence, Isabelle ; et ses tuteurs l’avaient déjà remise entre ses mains afin qu’il pût célébrer le mariage dès que le mauvais état de santé de Conrad le permettrait.

L’impatience avec laquelle Manfred attendait la cérémonie fut remarquée par ses voisins et sa famille. Celle-ci, à la vérité, redoutant la colère du Prince, n’osait s’exprimer sur cette hâte.

Presse
Obéissant à un courant nouveau, qui a déjà fait traduire Le Moine, de Lewis, à Antonin Artaud, un jeune homme de vive intelligence Dominique Cortichiatto, à qui de grands et immérités malheurs étaient, hélas ! promis, a donné tous ses soins à une traduction nouvelle du Château d’Otrante, qui devrait rester.

Ce jeune écrivain, charchant un lien entre le passé et l’avenir, attache aujourd’hui son nom à celui d’Horace Walpole et nous ramène à une époque, dont la nôtre n’est pas très éloignée. Il nous rend actuelle et présente cette figure curieuse d’un grand seigneur, qui touche à la cour de Louis XV et chez qui le romantisme apparaît comme une sorte d’écriture automatique.

Paul Éluard, dans sa préface, traite le roman du Livre de l’Invisible. Ainsi Mallarmé célébrait Beckford et son Vathek. Quel est le secret du charme de ces récits fantastiques pour qu’ils résistent au temps ? De telles anomalies nous prouvent que des œuvres sans perfection aucune, mais poétiques et singulières, ont parfois une survie plus longue que des chefs-d’œuvre consacrés. Edmond Jaloux, La Gazette de Lausanne, samedi 13 octobre 1945.

biographie

Horatio Walpole ou Horace Walpole (24 septembre 1717, Londres - 2 mars 1797), 4e comte d'Orford, fils de Robert Walpole, est un homme politique écrivain et esthète britannique.

Il a écrit Le château d'Otrante, qui a lancé la vogue du roman noir (gothic tale en anglais). On lui doit également le concept de sérendipité (serendipity en anglais, qu'on pourrait traduire par deux périphrases : découverte heureuse ou inattendue ou don de faire des trouvailles).

Walpole est le plus jeune fils du premier Premier Ministre britannique, Robert Walpole. Il étudie instruit au collège d'Eton, puis au King's College de Cambridge.

Son
homosexualité lui est révélée assez tôt, et il aurait eu des rapports avec le poète Thomas Gray et Henry Fiennes Clinton, 9e comte de Lincoln (futur second duc de Newcastle). Gray l'accompagne lors de son Grand Tour, mais ils se querellent, et Walpole retourne en 1741 en Angleterre, où il entre au Parlement. Il n'a aucune ambition politique, mais il demeure député après la mort de son père en 1745.

En dehors de la politique de son père, il est très dévoué au roi
George II et à la reine Caroline, prenant leur parti contre leur fils, Frederick, prince de Galles, dont Walpole parlera plus tard avec rancune dans ses mémoires.

La demeure de Walpole, Strawberry Hill, près de
Twickenham,
est un ensemble fantaisiste de style néogothique qui crée une nouvelle tendance architecturale.
En 1764, il publie son roman gothique Le Château d'Otrante (The Castle of Otranto), créant un style littéraire allant de pair avec l'architecture.

À partir de 1762, il fait paraître ses Anecdotes de peintures en Angleterre, basé sur le manuscrit des notes de
George Vertue. Ses mémoires de la scène sociale et politique géorgienne, bien que partisanes, sont une source de première main pour les historiens.
Il est aussi l'auteur de l'
épigramme souvent cité : « La vie est une comédie pour ceux qui pensent et une tragédie pour ceux qui ressentent. »

Grand défenseur du style gothique à l'époque pré-romantique, Walpole fit édifier, décorer et meubler de 1748 à 1753 sa villa, où il installa ses très importantes collections d'objets d'art; il en assura la rennomée en publiant une description; la demeure est le modèle du "Château d'Otrante", qui fut ensuite une source d'inspiration pour Byron et Walter Scott.
Son père a été créé comte d'Orford en 1742.

Son frère aîné, Robert, 2e comte d'Orford (vers 1701-1751), a transmis le titre à son propre fils, George, 3e comte d'Orford (1730-1791). Quand son neveu George meurt célibataire, Horace devient le 4e comte d'Orford.

Sa nièce Maria (1739-1809), fille de son autre frère Edward, épousa en 1ères noces le comte James Waldegrave (+ 1763) dont elle eut Elizabeth-Laura (1760-1816), qui épousa...le 4ème comte Waldegrave (1751-1789); le 7ème comte épousa Frances ( + 1879), qui fut voisine et amie intime d'Henri d'Orléans, duc d'Aumale, exilé en Angletere de 1848 à 1871, à qui elle légua le double portrait de la mère et de la fille commnandé par Horace à Joshua REYNOLDS, qui le peignit en 1761.

( n° 2 du catalogue de l'exposition "l'art anglais dans les collections de l'Institut de France", musée Condé, Chantilly, 13/10/2004- 3/01/2005, Somogy 2004, p.48, reprod. p. 49).

Une photographie de Philip Henty Delamotte (1820-1889) de 1863 montre ce tableau dans une pièce de Strawberry Hill.

Le titre de comte d'Orford s'éteint à la mort de Walpole (1797). Les Walpole ne sont pas liés à
Hugh Walpole (1884-1941), romancier populaire du XXe siècle. (wikipédia)
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Surgi de l'au-delà, un casque géant tombe dans la cour d'honneur du Château d'Otrante et tue le fils du prince.

Des guerriers de marbre descendent de leur socle et saignent du nez. Venus d'Angleterre à leur suite, un cortège de nonnes sanglantes, de spectres bruyants, de moines impudiques, d'inquisiteurs masqués, et d'orphelines ravies à leur couvent ou à leur fiancé...

Ce roman noir "terrifiant" déploie son concert de gémissements et d'enlèvements, de viols et d'assassinats dans un décor de cachots, caveaux, confessionnaux, cimetières, châteaux et monastères baignés par la lune ou assaillis par l'orage.
De cette masse de prodiges et méfaits entretenus par le fol engouement du public, émerge l'inspiration de quatre maîtres incontestés.

Horace Walpole, initiateur du genre avec Le Château d'Otrante (1764),
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Ann Radcliffe, spécialiste du surnaturel expliqué, et dont Le Confessionnal des Pénitents Noirs (1797) montre le triomphe de l'amour sur l'inquisition et ses chambres de tortures.
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Avec Le Moine (1795) de Matthew Gregory Lewis, l'intervention directe du diable porte le surnaturel à l'incandescence et l'amour jusqu'au blasphème. Le roman de la terreur a cédé la place au roman du Mal. Un Mal qui, dans Melmoth ou l'homme errant (1820) de C.R. Maturin, va quitter les lieux de l'inspiration gothique pour écraser des hommes sous leur destin aux quatre coins du monde.

Parmi les nombreux écrivains que le Roman Noir terrifiant a fascinés à l'aube du romantisme, de Balzac à Baudelaire en passant par Charles Nodier, Victor Hugo et George Sand, on retiendra l'auteur des célèbres Contes. Les Elixirs du Diable (1816) d'Hoffmann constitue l'hommage du Romantisme à un genre qu'on jugera frénétique et mal famé.
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Encore un très bon souvenir de lecture... pas loin de 40 ans ! et mon premier roman gothique... illustré par Dali.