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samedi 24 janvier 2009

Nazis à la Une en Allemagne



Les autorités de Bavière ont déposé plainte à l'encontre d'un magazine d'histoire allemand qui vient de publier d'anciens journaux nazis.

La réédition de journaux nazis datant des années 1930 constitue-t-elle une offense au devoir de mémoire ou la matière à une nouvelle réflexion sur celui-ci?

C'est la question qui se pose, après l'action en justice intentée par le ministère des Finances de Bavière à l'encontre du nouvel hebdomadaire d'histoire Zeitungszeugen (Témoignages de presse).
Ce dernier vient, en effet, de faire paraître des fac-similés d'anciens titres antisémites dont Völkischer Beobachter (Observateur populaire) en date du 1er mars 1933, au lendemain de l'incendie du parlement allemand (prétexte à une répression accrue contre les opposants au régime hitlérien).

Les autorités bavaroises qui détiennent les droits de tous les journaux nazis et les écrits d'Adolf Hitler se sont ainsi opposées à cette initiative, jugeant qu'elle nourrissait la propagande d'extrême droite et pouvait blesser les victimes de la Shoah.
La plainte a donc un double objectif: condamner le magazine pour atteinte aux droits de reproduction, et demander l'interdiction, pure et simple, de cette pratique de reproduction.

Le magazine n'en est pas à son coup d'essai.
La semaine dernière, pour son numéro de lancement, il avait reproduit des journaux parus le 30 janvier 1933, lors de l'arrivée du Führer au pouvoir.
Pour la rédactrice en chef du magazine, Sandra Paweronschitz, "le procès fait à son journal n'est ni plus ni moins qu'une atteinte à la liberté de la presse et l'expression d'un "point de vue borné".

Il s'inscrit, en tout cas, dans la lignée des conflits qui agitent l'opinion publique allemande, toujours sensible sur le sujet de sa mémoire collective: la sortie du film "La Chute" d'Olivier Hirschbiegel en 2004, ou encore la polémique sur une possible réédition de Mein Kampf, en début d'année dernière, en sont deux autres exemples.

Une polémique qui, d'ailleurs, n'est pas prête de s'essouffler.
En 2015, l'ouvrage fondamental du nazisme tombera dans le domaine public: afin de limiter les conséquences d'une diffusion anarchique, une réédition complétée par des commentaires d'historiens pourrait bientôt voir le jour.

Pour l'heure, la publication des écrits nazis par le magazine Zeitungszeugen lui ont assuré de bons tirages.
Près de 300 000 numéros sont ainsi sortis de presse pour le lancement de l'hebdomadaire, la semaine dernière.

dimanche 23 novembre 2008

Le Canard enchaîné : 50 ans d'histoire de France

Sautez avec le palmipède à pieds joints dans les pages de notre beau pays.

Alors qu'actuellement certains journalistes s'acharnent à mettre à mal « le volatile » comme disait de Gaulle, lequel ne devrait pas tarder à réagir promptement dès mercredi,
les éditions Les Arènes ont publié un ouvrage massif au possible qui reprend les 50 dernières années,
depuis les premiers pas de la Ve République, jusqu'aux derniers spasmes de Nicolas Sarkozy.
Un ouvrage de taille et de poids, puisqu'au fil de 2000 dessins et 4,5 kg de pages, on retrouvera toute l'histoire de France et des dessinateurs de l'hebdomadaire satirique.

Un véritable manuel scolaire d'humour et d'information que l'on devrait mettre au programme tant le regard impertinent porté sur la société ne manquera pas de rappeler les années passées aux plus anciens, et forcer les plus jeunes à ré-apprendre un peu la vie du pays.

Mais il ne s'agit pas simplement d'un recueils de caricatures.
On trouvera également des textes piochés dans les pages du Canard, et les différentes affaires qui avaient alors été dévoilées.

Autour des neuf présidences, soit autant de chapitres, c'est sidérant ce que l'on peut avoir oublié et dont il faudrait se souvenir et que l'on retrouve à chaque page.

Un livre édifiant, véritable monument de la presse indépendante, qui affiche cependant un prix de 69 € qui pourrait freiner.

Mais si l'investissement est effectivement conséquent, cela fera un excellent cadeau de Noël : dans des circonstances propices au foie gras, opter pour le Canard sera du meilleur goût...
Note :
Le Canard enchaîné a été créé le 10 septembre 1915 en riposte à la censure de la presse, à la propagande officielle et au bourrage de crâne imposés par la guerre et ses difficultés.

Contrairement à une légende tenace il n'est pas un journal composé par des poilus, un journal des tranchées, comme le Crapouillot de Jean Galtier-Boissière. Il ne démarrera vraiment que le 5 juillet 1916, après l'échec d'un lancement prématuré, et s'annonce comme « vivant, propre et libre ».

Il va s'attaquer « à la guerre, à la censure, aux politiciens, aux affairistes, aux curés, au pouvoir, à la guillotine » ainsi qu'au bellicisme outrageant des héros de l'arrière (
académiciens, éditorialistes de la grande presse) qui se battent avec le sang des autres.

L'arme choisie par le journal est le « rire ».
C'est la seule utilisable face à la censure militaire et politique avec laquelle le journal poursuit un combat homérique et rusé, illustré d'épisodes désopilants.

Certaines fois, les pages du journal sont littéralement trouées de blancs. Pour échapper à « Anastasie » (personnage qui symbolise la censure) les journalistes utilisent un langage codé : antiphrases, démentis qui valent confirmations, phrases à l'envers, etc, bref tout un arsenal qui fait du lecteur un initié, presque un complice.

Ils s'engagent d'ailleurs dès sa première édition à ne publier que des informations rigoureusement fausses. Bien qu'il ne soit pas un « journal de tranchées », il a du succès dans les tranchées... (quand il n'y est pas interdit).
Deux officiers, Nusillard et Gauthier, sont affectes au contrôle des articles pendant toute la guerre et jusqu'en 1919.

Au total, la majorité des articles censurés ne traitent pas de sujets militaires.

Il est pour les
Poilus, un rire vengeur et consolateur, le journal des PCDF : au choix « les pauvres cons du front », « les pauvres combattants du front », « les pauvres cons de Français », « les pauvres contribuables de France ».
Lors de son lancement, une profonde communauté d'esprit existait entre Le Canard et le monde du cabaret, de la revue et du chant humoristique ou satirique « montmatrois » (Montmartre).-wikipédia


par la même occasion, faire un détour par le portail de la presse écrite sur wikipédia :

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Le saviez-vous ?

Le premier périodique français fut La Gazette, hebdomadaire français fondé en 1631 par Théophraste Renaudot, dont la publication prend fin en 1915.

Fondé en
1645, le Post- och Inrikes Tidningar, journal officiel de la Suède, est le plus ancien journal du monde encore existant.

Fondé en
1764, The Quebec Chronicle-Telegraph est le plus ancien journal d'Amérique du Nord encore existant.

Publié dans l'
Indiana, le Journal & Courier est depuis le 31 juillet 2006 le premier titre de presse nord-américain à utiliser le format berlinois pourtant très courant en Europe.
illustration : la liseuse de Pierre-Auguste Renoir