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mercredi 17 décembre 2008

Le Prix Sakharov remis au dissident chinois Hu Jia

Le Prix, remis par le Parlement européen, a été décerné à "Hu Jia au nom de tous les sans-voix de Chine et du Tibet". Cette récompense intervient dans un climat tendu entre Pékin et l'Europe.

Le Parlement européen a remis officiellement mercredi au
dissident chinois Hu Jia, en son absence, le Prix Sakharov 2008 pour la liberté de pensée, une récompense qui intervient dans un climat tendu entre Pékin et l'Europe.

Dans un message vidéo diffusé à Strasbourg, dans la grande salle de réunion du Parlement, la femme de Hu Jia, Zeng Jinyan, a indiqué que le dissident était au courant, malgré l'interdiction qui lui a été faite d'en discuter avec lui lors de ses visites en prison.

"Début novembre, des officiers de police ont informé Hu Jia qu'il avait reçu le prix (...), j'ai pu voir qu'il en était particulièrement content", a-t-elle souligné lors d'une cérémonie à l'occasion du vingtième anniversaire du Prix.

"Je ne peux pas faire grand chose, mais je voudrais utiliser les 50 000 euros du Prix comme somme de départ pour une fondation destinée à aider les familles des militants des droits de l'Homme emprisonnés en Chine", conformément à un souhait que Hu Jia a émis depuis longtemps, a-t-elle souligné.

Le Prix a été décerné à "Hu Jia au nom de tous les sans-voix de Chine et du Tibet". Actif notamment sur la question des malades du Sida et de l'environnement, Hu, 35 ans, a été condamné en avril, à l'issue d'une journée de procès, à trois ans et demi de prison pour tentative de subversion pour des propos publiés sur internet et des entretiens accordés à la presse étrangère.
L'attribution de ce prix par le Parlement fin octobre avait entraîné des protestations des autorités chinoises. Et depuis, le climat entre l'Europe et la Chine ne s'est pas apaisé.
Le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'UE, a déclenché les foudres de Pékin en s'entretenant en Pologne le 6 décembre avec le dalaï lama, bête noire de la Chine, qui en représailles a annulé un sommet Chine-UE prévu le 1er décembre en France.

Mercredi encore Pékin a également rejeté les inquiétudes de l'Union européenne après l'arrestation le 8 décembre d'un autre dissident chinois, s'opposant "à ce que les pays étrangers s'ingèrent dans les affaires intérieures de la Chine".

Lors de la cérémonie au Parlement européen, l'épouse de Hu Jia a estimé que la situation dans son pays sur le plan des libertés civiles restait dramatique, soulignant "que les manuels scolaires, les journaux, tout ressemble à ce que l'on trouve dans le roman 1984" de George Orwell.

L'état de santé du dissident reste préoccupant selon elle, malgré une amélioration de ses conditions de détention à la faveur de son transfert à Pékin, "deux analyses de sang ont été faites en un mois mais les résultats des tests n'ont pas été communiqués à la famille".
Par LEXPRESS.fr, publié le 17/12/2008 15:35

dimanche 16 novembre 2008

Des inscriptions de la dynastie des Zhou de l'ouest retrouvées

Archéologie...

Une découverte très importante pour la connaissance de cette période
Des archéologues qui menaient des fouillent dans la province du Shaanxi ont fait une découverte exceptionnelle.
Quelques 1 100 mots lisibles gravés sur des pierres et des carapaces de tortues.
Ces inscriptions remontent à la dynastie des Zhou de l'ouest (elle s'étend du XIe siècle avant J.C. à 771 avant J.C.).
Lei Xingshan qui était à la tête des archéologues explique : « Avant notre découverte dans le Temple du duc Zhou, on n'a jamais trouvé autant de caractères inscrits sur des pierres et des carapaces de tortue ».
Le record jusqu'à présent était de 55 mots lisibles.
Ces caractères devraient jeter une lumière nouvelle sur toutes les autres inscriptions jusqu'ici récoltées.
Le mot « rois » est notamment reconnaissable.
Ce caractère devrait apporter nombre d'informations sur le mode de vie et le lieu de résidence des rois.
Par ailleurs, 100 tombes de personnes non nobles ont été mises à jour aux environs du Temple.
Les archéologues y ont trouvé un grand nombre de poteries et d'objets en bronze.
Cette découverte permettra d'en savoir plus sur les gens du peuple.
Rédigé par
Mario, le dimanche 16 novembre 2008 à 00h19 Source : Le quotidien du peuple en lign

jeudi 16 octobre 2008

curiosité de lecture : cannibalisme

Sur le point de terminer "Tokio" de Mo Hayder

Finalement, je trouve ce livre plutôt intéressant. Cela m'a permis de faire quelques recherches sur la guerre sino-japonnaise... période que je connais peu, juste entendu parler des "femmes de confort"...

Jusqu'à présent j'ai donc pu vérifier les faits avancés par Mo Hayder, sur les massacres de Nankin et de l'unité 731.

...Lorsque le tribunal de Tokyo s’ouvrit le 3 Mai 1946, l'acte d’accusation du procureur exposait en détail, preuves et témoins à l'appui, le déroulement des invasions japonaises, depuis l'incident du Mandchoukuo jusqu'à la guerre du Pacifique en passant par le conflit sino-japonais.

Dans les attendus du jugement, la Cour reprit pour l'essentiel les thèses de l'accusation.

Le détail des crimes révélés au cours des débats stupéfia les Japonais comme le monde entier.
L'opinion publique fut particulièrement choquée par le récit des atrocités commises dans les territoires occupés : celui du massacre de Nankin comme nous l’avons vu, mais aussi du commerce des drogues et de l'opium en Chine, de la marche de la mort de Bataan, aux Philippines, des assassinats de civils à Manille, de Chinois à Singapour, ou des mauvais traitements infligés aux prisonniers de guerre[5].

Des unités militaires japonaises spéciales ont mené des expériences sur des civils et des prisonniers de guerre en Chine. Une des plus tristement célèbres était l’Unité 731. Ses victimes furent l’objet de vivisections sans anesthésie, d’amputations et furent utilisées pour tester les armes biologiques, entre autres expériences.

Ces « chercheurs » japonais n’utilisaient pas de moyens anesthésiants car ils considéraient que cela pouvait altérer les résultats des expériences. Certaines victimes se virent injecter du sang d’origine animale.

Les japonais ont également utilisés des armes chimiques,
eu recourt au cannibalisme[6]
, au travail forcés, au pillage, etc.

Ces crimes étaient autant d’actes à punir pour les alliés. Les buts du tribunal de Tokyo étaient de juger les crimes contre la paix, les assassinats, les massacres et les crimes commis contre l’Humanité.



Le terme cannibale provient du mot caniba ou cariba utilisé par les Taïnos que Christophe Colomb a rencontrés lors de son premier séjour sur Hispaniola.
Il désignait alors, selon Colomb, les redoutables populations de l'est de l'île qui combattaient les autres peuples indigènes et mangeaient leurs victimes.
En débarquant à la Guadeloupe en novembre 1493, Colomb et son équipage ont découvert des ossements humains qu'ils ont alors attribués aux mêmes peuples Cariba, Caniba, devenus Caribales ou Canibales.
Le mot caraïbe fut alors employé pour désigner les autochtones des Petites Antilles mais aussi les anthropophages du Nouveau Monde, avant de se répandre en Europe et de prendre la forme cannibale dans le sens de « sauvage » mangeur d'homme.
En 1572, Montaigne y consacre une partie du premier livre (I, 31) de ses Essais,
et Shakespeare s'en inspire en 1611 pour créer le personnage maléfique de Caliban dans sa comédie La tempête.

On distingue l’endocannibalisme, qui consiste à manger les membres de son groupe humain, et l’exocannibalisme, qui consiste à manger des membres d'un autre groupe humain.

Quelques précisions sur le cannibalisme

"C'est un péché et je regrette l'homicide. Mais pour ce qui est du repas, je vois ça autrement " - Armin Meiwes - Le cannibale de Rotenbourg (Allemagne)

Le cannibalisme est une pratique ancestrale qui est aussi vieille que l'espèce humaine. Si celle-ci tant à diminuer, elle n'a néanmoins pas totalement disparu de notre planète. Des cas de cannibalisme sont signalés de temps à autre.

Dans son ouvrage intitulé "Cannibales", Martin Monestier estime qu'ils étaient plus de 100 millions au début du XIXe siècle, 50 millions vers 1910, et qu'aujourd'hui il resterait encore quelques 3 millions de personnes qui consommeraient régulièrement de la chair humaine.

Différence entre anthropophagie et cannibalisme Les anthropologues insistent beaucoup sur la différence existant entre l'anthropophagie et le cannibalisme. Si dans les deux cas, ces termes servent à qualifier un homme qui mange de la chair humaine, il existe néanmoins des différences :

En effet, le cannibalisme qui consiste pour un homme à manger un de ses semblables, s'inscrivait à l'origine dans une pratique rituelle faisant partie intégrante d'un système social.
On parlait même de société cannibale dans laquelle on distinguait les personnes consommables de celles qui ne l'étaient pas. Mais en aucune manière, il ne pouvait être question de sacrifice humain.
Dans le cannibalisme, on trouve obligatoirement quelque chose de l'ordre du rituel ou du culturel, un référent totalement absent dans l'anthropophagie.
En psychanalyse, on considère que le cannibalisme fait partie du fantasme du stade oral qui consiste à vouloir s'incorporer, en le dévorant l'objet de son désir.

Les motivations du cannibale

Celles-ci peuvent être multiples et s'entre mélanger.
Il peut s'agir :
d'un cannibalisme alimentaire du à une pénurie, à une disette.
d'un cannibalisme guerrier : manger son adversaire permet de s'attribuer ses vertus.
d'un cannibalisme sacré permettant le plus souvent l'évocation des ancêtres décédés, ou l'invitation des dieux.
d'un cannibalisme de vengeance pour humilier son ennemi, le rabaisser au niveau d'une viande de boucherie.
d'un cannibalisme judiciaire permettant de rétablir l'ordre social.
vient enfin, le cannibalisme érotique voire le cannibalisme pathologique.



Voir également :

mardi 14 octobre 2008

Mo Hayder - Tokio

livre de chevet :
thriller à Tokyo
Une jeune anglaise surnommée Grey ("fantôme extraterrestre") débarque seule à Tokyo, pour rencontrer un vieux professeur chinois qui selon elle détient un film montrant un acte horrible perpétré par les Japonais lors du massacre de Nanquin en1937, film qu’elle veut absolument visionner.
Elle le recherche depuis "neuf ans, sept mois et dix neuf jours" et rien ne semble pouvoir la dissuader.
Elle fait par hasard la connaissance d’un séduisant anglais, Jason, qui lui propose un toit dans une étrange maison délabrée et lui trouve un emploi dans un club d’hôtesses où elle côtoie des yakusas( la mafia japonaise)dirigés par un vieil infirme accompagné d’une nurse monstrueuse ...

Le professeur chinois lui propose alors un étrange marché : elle doit découvrir le secret de la longévité du yacusa et elle verra le film.

Qu’est-ce qui pousse Grey à accepter de risquer sa vie ? Quel indicible secret relie les deux vieillards ? Que s’est-il passé à Nanquin en 1937 et quel rapport cela a-t-il avec la vie passée de la jeune fille et les terribles cicatrices qu’elle cache sur son ventre ?

Le récit oscille entre le journal du vieil homme présent à Nanquin avec son épouse enceinte, qui nous restitue avec exactitude l’horreur des exactions japonaises( les faits sont historiques), la recherche angoissante de Grey face aux Yacusas, et l’évocation progressive de son passé anglais qui cache lui aussi un secret inavouable.
Torture, cannibalisme, infanticide…Ce qui relie dans « Tokyo » le présent et le passé, ce sont bien les aspects les plus terribles de la nature humaine . -http://lecourant.info/spip.php?article577

Vu dans la presse :
Si vous n’avez pas encore lu ce roman, ne perdez pas une seconde, c’est un livre génial et écrasant avec lequel Mo Hayder est entrée "au panthéon des grandes. Des très grandes"(Le Nouvel Observateur).


En savoir plus sur les massacres de Nankin :

Michaël Prazan est l’auteur français d’une enquête sur le massacre de Nankin qui vise à la fois à retracer l’événement dans ses grandes lignes et à revenir longuement sur les témoignages et sur les enjeux actuels, en particulier dans les relations tumultueuses entre le Japon et la Chine.

Cet ouvrage a été rédigé après la réalisation d’un important documentaire sur le même sujet.

L’invasion

En 1937, date du massacre de Nankin, la Mandchourie est occupée par le Japon.

Les pouvoirs en Chine sont partagés entre le nationaliste Tchang Kaï-chek qui a installé sa capitale à Nankin, les seigneurs de la guerre qui occupent Pékin et les communistes de Mao, réfugiés dans les montagnes.

Un incident survenu dans la nuit du 7 juillet 1937, aux abords du célèbre pont Marco Polo, situé à l’ouest de Pékin est le prétexte à l’entrée en guerre du Japon : des coups de feu sont tirés sur un régiment japonais et un soldat disparaît.

On apprend plus tard que le soldat prétendument enlevé par des activistes, s’est en fait éclipsé dans un bordel.

Les Japonais s’emparent de Pékin, pilonnent Shanghai vers le 13 août et Nankin le 28.

Tokyo annonce qu’il ne respectera pas les conventions de Genève et de La Haye afin de progresser plus rapidement.

La résistance chinoise à Shanghaï surprend les Japonais. Il faut attendre en effet le 11 novembre pour voir la ville tomber.

La marche des fantassins sur Nankin est l’initiative du général Matsui, responsable du corps expéditionnaire présent à Shanghaï.
Le 1er décembre, l’état-major, mis devant le fait accompli, décide de le soutenir, non sans avoir renaclé.

Les exactions dans les villages commencent dès les premiers jours de la marche. Le témoignage du soldat Ashihei Hino est éloquent de ce point de vue.

Abreuvés d’un nationalisme mâtiné de racisme, les soldats japonais sont persuadés de trouver face à eux des sous-hommes.

Hino raconte le débarquement des troupes japonaises dans la baie de Hangchou et le moment où il se trouve face à de très jeunes soldats qui implorent sa pitié : « C’étaient presque des adolescents et ils étaient si beaux qu’on aurait pu les prendre pour des jeunes filles ».

Sur le passage des Japonais, les maisons sont pillées pour pallier les carences du ravitaillement, les femmes violées, les hommes exécutés.

Frappé par une crise de tuberculose, Matsui est relevé de ses fonctions et remplacé par l’oncle d’Hirohito, le prince Yasuhiko Asaka. C’est lui qui donne l’ordre, sachant qu’un nombre très important de soldats chinois risque de se rendre, de les faire supprimer : « Dans la plupart des cas, le règlement dit que nous ne devons pas faire de prisonniers ».Devant l’imminence de l’invasion, les dirigeants fuient la ville.

Le général Tang Shong-Zhi est nommé par Tchang pour la défendre. Des renforts se présentent.

Le 9 décembre, alors que la ville est bombardée, les avions japonais lâchent des tracts pour inciter les soldats à se rendre en précisant que le Japon sera impitoyable avec ceux qui décideront de résister et « magnanime et généreux » avec les autres.

L’armée chinoise, sensible à l’appel, se délite malgré l’appel de ses généraux à résister.

Le 10 décembre, les lignes chinoises sont enfoncées et Tang donne l’ordre d’une retraite impossible.

Entre-temps, la marine japonaise empêche une échappée par le fleuve Yang-Tsé.

Les habitants et des soldats tentent de fuir par la seule porte restée libre , le mouvement de panique indescriptible qui s’ensuit provoque la mort de nombreux civils.

Tang parvient à quitter la ville vers 21h alors que les Japonais sont entrés depuis 17h. Les soldats chinois, pour se fondre dans la population, abandonnent leurs uniformes.

Ceux qui se sont rendus sont immédiatement fusillés dans des fossés creusés à l’extérieur des fortifications.

Les exactions des soldats japonais peuvent commencer : viols en masse (autour de 20 000), massacres de familles entières, meurtres de masse des soldats.

Le 17 décembre, l’armée japonaise défile dans la ville conquise ; à sa tête Matsui. Malade, Matsui semble ne pas avoir eu de prise sur les soldats.

Dans un entretien donné au New-York Times, il parle, au sujet du comportement de l’armée japonaise : « de l’armée la plus indisciplinée du monde d’aujourd’hui ».

Le Massacre

Plusieurs éléments permettent de comprendre le comportement des soldats japonais, un a déjà été cité plus haut : l’absence d’un commandement ferme de l’armée; Mais il en existe bien d’autres :

Le racisme
La soif de vengeance après la résistance chinoise
Le mauvais approvisionnement de l’armée
La volonté d'éviter un attentat contre un membre de la famille impériale
Un déchaînement qui contrebalance la pression que subissent les Japonais à l’intérieur de leur pays

On s’accorde à penser le massacre de Nankin planifié.


D’ailleurs, il existe un ordre écrit par l’état-major le 15 décembre 1937 dans lequel on parle de « nettoyage de la ville » (sotô). Beaucoup d’hommes sont tués à la baïonnette afin d’économiser les munitions ou exécutés au sabre (katana) en se conformant aussi à une vieille coutume nippone.

Trois étrangers présents dans la ville ont été à l’origine de la formation d’une zone de sécurité, visant à protéger la population.

Le cas de John Rabe est intéressant parce qu’il est aussi le chef du parti nazi de Nankin ce qui ne l’empêche pas de s’épancher sur les habitants persécutés en faisant très naïvement appel au Führer.

Le révérend John Magee, président de la Croix-Rouge, entreprend de filmer les massacres. Ces films, perdus un long moment, ont été retrouvés par son fils en 1990. Il témoigne lors du procès de Tokyo en 1946.

Matsui, rongé par les remords, se défend confusément ; il est condamné à mort.

Asaka n’est pas inquiété.

Les Etats-Unis choisissent en effet de protéger la famille impériale et de l’exonérer de toute responsabilité.


La mémoire
Impossible de savoir exactement combien de personnes sont mortes à Nankin en raison des exactions de l’armée japonaises. Le chiffre de 300 000 victimes avancé par les autorités chinoises est largement surestimé.

L’historien français Margolin parle d’un bilan situé entre 50 et 90 000 victimes.

L’auteur s’attarde en tout cas longuement sur le courant révisionniste bien implanté au Japon qui tente de nier le massacre.

Du côté chinois, la mémoire du massacre est utilisée par le régime pour maintenir un état de tension entre les deux pays.

La conclusion est laissée au prix de Nobel de littérature japonais Kenzaburo Oe qui dit, en visite en Chine, devant le mémorial de Nankin : « Je voudrais émettre une opinion avec laquelle beaucoup de personnes au Japon ne seront pas d’accord. C’est que ce massacre de Nankin n’a pas été seulement perpétré par l’armée japonaise, mais par des hommes ordinaires, des Japonais moyens qui étaient à l’époque des soldats(...) ».-http://www.histgeo.com/contemporaine/nankin.html

Révisionnisme

Aujourd'hui au Japon, certaines personnes, dont des politiciens de haut rang, nient publiquement l'existence du massacre ou mettent en cause le nombre de personnes tuées et son importance dans l'Histoire. Cette discussion est associée à du révisionnisme.

En avril
2005, la parution au Japon de manuels scolaires minimisant l'importance du massacre de Nankin (réduit à une note en bas de page), provoque de violentes manifestations anti-japonaises en Chine, en Corée du Sud, ainsi qu'une dénonciation virulente de la part des autorités nord-coréennes (la Corée entière fut occupée par le Japon de 1910 à 1945).
En novembre
2006 commençait l'année de la culture de la Chine au Japon en signe de la réconciliation entre les deux pays. Le comité conjoint de 20 historiens a terminé la première phase de ses travaux en décembre 2006 à Beijing, sans que ne soient toutefois abordés des sujets spécifiques comme le massacre de Nankin.
Le même mois, le nouveau premier ministre japonais,
Shinzō Abe, tenta de mettre fin aux querelles en reconnaissant que son pays avait commis des atrocités durant la Seconde Guerre mondiale et de se réconcilier avec son voisin.
Il alimenta toutefois lui-même par la suite cette controverse avec ses propos sur les femmes de réconfort (propos encore une fois dénoncés par la Corée du Sud ainsi que la Corée du Nord).-wikipédia

biographie
Mo Hayder, fille d’universitaires anglais, est née à Londres en 1962, est un auteur de romans policiers.
Enfant terrible, elle quitte brutalement sa famille à l’âge de 16 ans pour enchaîner les petits boulots dans la capitale.

À 26 ans, après dix années de vie mouvementée sur fond de « sexe, drogue et rock’n’roll », elle décide, un aller simple en poche, de s’envoler pour l’empire du Soleil-Levant.

Une fois arrivée à Tokyo, c’est la désillusion.
Mo Hayder mène une existence austère, vit dans une seule pièce et n’en sort que pour aller travailler
. Elle y exerce les métiers de barmaid, éducatrice et enfin professeur d’anglais.
Attirée par le cinéma d’animation, elle quitte à 28 ans le Japon pour les États-Unis afin d’y suivre des études de cinéma.
Le caractère violent de ses réalisations lui interdisant tout espoir de large diffusion, Mo Hayder décide de retourner en Angleterre.
Elle y occupera un poste dans la sécurité comme « garde du corps » puis se consacrera entièrement à l’écriture.
Elle vit désormais près de Bristol, avec sa fille et son compagnon.

Marquée à vie par les expériences traumatisantes dont ont été victimes plusieurs de ses proches, elle reconnaît volontiers sa fascination pour le morbide et la cruauté qui hantent ses livres.
Birdman (Presses de la Cité,
2000), son premier roman, est devenu en très peu de temps un best-seller et s’est vendu à 130 000 exemplaires en Grande-Bretagne.
Avec Tokyo, Mo Hayder confirme son statut unanimement reconnu d’étoile montante du roman noir, très noir… Elle vient d'ailleurs de recevoir pour ce roman le Grand Prix des lectrices de ELLE 2006 catégorie Policier.

Ses trois livres, Birdman, L’Homme du soir et Tokyo, sont traduits dans une quinzaine de pays.-wikipédia
Autres titres (non lus)
Pig Island

Joe Oakes est journaliste et gagne sa vie en démystifiant les prétendus phénomènes paranormaux.
En débarquant sur Pig Island, îlot perdu au large de l'Ecosse, il est fermement décidé à vérifier si la trentaine d'allumés qui y vivent en vase clos vénèrent le diable comme les en accusent les gens de la côte.
Et, surtout, il veut tordre le cou au mythe du monstre qui aurait élu domicile sur l'île, une mystérieuse créature filmée deux ans plus tôt par un touriste à moitié ivre.
Mais rien, strictement rien ne se passe comme prévu. Joe est confronté à des événements si atroces qu'ils bouleversent à jamais son idée de la peur et du mal...
Birdman
Greenwich, dans la banlieue de Londres. Cinq cadavres de femmes sont découverts dans un terrain vague, non loin du Dôme du Millénaire.
Toutes ont été effroyablement mutilées, selon un étrange rituel...
L'autopsie révèle une signature commune a ces cinq meurtres, et un premier profil de l'assassin : un maniaque sexuel de la pire espèce, aussitôt surnommé Birdman pour une raison des plus sinistres.
Tout dévoué à sa tâche et endurci, malgré sa jeunesse, par l'expérience et les drames de sa vie personnelle, l'inspecteur Jack Caffery, chargé de l'enquête, sait que le temps lui est compté pour mettre un terme à cette série de meurtres sadiques.
Car l'assassin frappera encore, il le sait. La course contre la montre est engagée... "
Coup d'essai, coup de maître. " Jamais la formule n'aura été aussi juste. Avec ce premier roman coup de poing, Mo Hayder se hisse d'emblée au rang des plus grands auteurs de thrillers, dans la lignée de Patricia Cornwell et Thomas Harris

L'Homme du soir

Aux abords de Brockwell Park, quartier résidentiel dans le sud de Londres, un garçon de neuf ans est enlevé à son domicile, en présence de ses parents, retrouvés ligotés et complètement déshydratés après trois jours de séquestration.
La police pense aussitôt à un acte pédophile, d'autant plus que les enfants du voisinage évoquent un mystérieux "Troll" qui viendrait pendant leur sommeil.
C'est à l'inspecteur Jack Caffery que revient la pénible tâche d'enquêter : depuis la disparition - jamais élucidée - de son jeune frère, il est particulièrement sensible à ce type d'affaire
Cette investigation lui permettra-t-elle de découvrir enfin la vérité sur le sort du disparu ? Et s'il côtoyait cette vérité à son insu, sans se douter qu'elle est beaucoup plus sinistre qu'il ne l'imagine.
Rituel
Dans le port de Bristol, le sergent " Flea " Marley, plongeuse de la police, récupère une main humaine, tranchée net.
L'autopsie de cette découverte macabre entraîne un constat terrifiant : l'amputation a eu lieu alors que la victime était encore en vie.
Flea en fait part à Jack Caffery, commissaire de la brigade criminelle récemment muté de Londres. Tous deux se lancent à corps perdu dans l'enquête, au risque de réveiller leurs propres démons.
Le retour du héros de Birdman dans une hallucinante plongée en eaux troubles. Dévastateur et éblouissant.
Note :

vendredi 5 septembre 2008

Qiu Xiaolong - Cité de la Poussière rouge

Rentrée littéraire de septembre 2008
littérature chinoise : nouvelles
Shanghai, cité de la Poussière Rouge. Dans cet ensemble composé de maisons shikumen – maisons traditionnelles shangaïennes – les habitants aiment se réunir dans l’une des allées pour leur « conversation du soir ».
Lors de ces rencontres se tissent les histoires qui composent ce recueil.
Les narrateurs appartiennent à différentes catégories sociales, s'expriment dans diverses tonalités, et leurs récits se rattachent de près ou de loin à la cité.
Toutes les nouvelles sont donc reliées entre elles. L'unité du recueil ne repose pas seulement sur celle du lieu, mais aussi sur l'interpénétration des récits et sur le déroulement chronologique.
L’ensemble couvre plus de cinquante ans, de la prise de pouvoir du Parti communiste en 1949 jusqu'à l’actuel « socialisme à la chinoise », en passant par la « révolution et la construction socialistes » sous Mao, le désastre de la Révolution Culturelle, puis la réforme économique de Deng Xiaoping.
Chaque nouvelle s’inscrit dans les événements politiques et sociaux, et un extrait du « bulletin d’information de la Poussière Rouge », un affichage de quartier qui résume les événements de l'année, fournit le cadre historique et politique essentiel.


Revue de presse : http://www.lemonde.fr/livres/article/2008/09/05/cite-de-la-poussiere-rouge-de-qiu-xiaolong_1091887_3260.html?xtor=RSS-3260
la société chinoise post-maoïste est un roman


Que s'est-il passé en Chine entre octobre 1949 quand le président Mao a proclamé la fondation de la République populaire et les Jeux olympiques de Pékin en 2008 ?
Quantité d'ouvrages ont déjà tenté de répondre à cette vaste question. Le livre de Qiu Xiaolong donne une vision panoramique plutôt convaincante de l'histoire de la société chinoise au cours de la deuxième moitié du XXe siècle.

Les vingt-quatre récits qui constituent la Cité de la Poussière rouge - dont une grande partie a été publiée cet été en feuilleton dans Le Monde -, évoquent ainsi le destin de quelques habitants d'un quartier populaire de Shanghaï entre ces deux dates.
Chacun est précédé d'un communiqué résumant en quelques lignes la situation politique et économique de la Chine pour l'année concernée.

Ainsi en 1995,
au moment où "le Comité central du Parti a adopté la proposition de poursuivre la réforme économique à travers la transformation de l'économie planifiée traditionnelle en économie socialiste de marché", intervient l'histoire de Vieux Fang le Bossu, ancien ouvrier des aciéries qui, au temps de la révolution culturelle a mené avec un zèle redoutable la guerre contre les "suppôts du capitalisme pourri".

Il n'a manifestement pas compris que la société a changé et reste imperméable aux subtilités de "l'économie socialiste de marché", il continue de poursuivre de sa hargne vengeresse les marchands ambulants de plus en plus nombreux et dont la présence est désormais encouragée par les autorités au même titre que toutes les initiatives privées.

D'ailleurs que pourrait-il faire d'autre puisque les entreprises d'Etat comme l'aciérie où il travaillait peuvent se déclarer en faillite et ne plus assurer les retraites de leurs anciens ouvriers ?
Vieux Fang finira par vivre misérablement aux crochets de ceux qu'il a autrefois pourfendus.
Les personnages de Qiu Xiaolong sont d'autant plus émouvants que l'on retrouve dans leurs mésaventures l'écho de sa propre histoire comme cet épisode où un fils doit aider son père malade à rester debout pendant des heures, portant au cou une pancarte qui stigmatise ses crimes.

Né en 1953 à Shanghaï, Qiu Xiaolong s'est vu interdire d'école pendant plusieurs années parce que son père, propriétaire d'une petite entreprise, était considéré pendant la révolution culturelle comme un droitier contre-révolutionnaire.
Ayant appris l'anglais plus ou moins seul, il s'intéresse particulièrement à la littérature américaine, rédige un mémoire sur T. S. Eliot et se trouve d'ailleurs dans la ville natale du poète américain à Saint Louis quand se produisent les événements de la place Tiananmen.

Depuis il vit et enseigne aux Etats-Unis, où il s'est fait connaître par une série de romans policiers mettant en scène les tribulations de l'inspecteur Chen Cao empêtré dans les contradictions de la société chinoise d'après-Mao.
Dans cette société, où le parti entend tout régenter tout en encourageant les initiatives économiques les plus sauvages, ces contradictions ne manquent pas.
Dans Cité de la Poussière rouge, elles se ramènent la plupart du temps à l'opposition entre deux sortes d'individus, les opportunistes comme ces déserteurs partis à Taïwan pendant la guerre de Corée et qui reviennent, fortune faite, pour être accueillis en héros, et les idéalistes qui ont cru faire preuve de loyauté à l'égard du parti alors qu'ils ont été simplement manipulés.

En confrontant le discours politique officiel à sa traduction concrète dans la vie des gens ordinaires, Qiu Xiaolong se livre à un décryptage cruel de la langue de bois employée par les dirigeants chinois, aussi efficace que bien des pamphlets.
- Gérard Meudal
Note :
chic, un nouveau Qiu Xiaolong...
*
voir les autres nouveautés chez l'éditeur : http://www.lianalevi.fr/litterature/litterature.htm

mardi 15 juillet 2008

Le Tao de l'extase ou la littérature érotique chinoise

Trois siècles d'interdits et de contraintes !

La servante coquine !
Tout un chacun connaît les fameuses " estampes japonaises " ou le non moins réputé " Kama Soutra " qui, jusqu'à une époque encore fort récente, étaient vendus sous le manteau et représentaient l'image que l'on se faisait de la sexualité orientale.



Cette image, quelque peu grivoise, fleurait d'ailleurs souvent la salle de garde revue et corrigée par Dubout et évoquait d'avantage l'enchevêtrement jouissif que la sagesse d'Extrême-Orient.
Dans un cas comme dans l'autre on oublie trop souvent que les plus grands maîtres japonais comme Harunobu, Kunisada, Utamaro, Tachikawa, Masanobu, Koryusai, Kiyonaga, Shunsho, Hokusai, Utagawa, Kuniyoshi, Buncho, Sukenobu... et quinze autres encore, ont produit ces fameuses estampes et que le " Kama Soutra ", classique hindou de l'art d'aimer, était considéré comme l'un des dix " ouvrages classiques de sagesse " indispensable à l'éducation des lettrés indiens.
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On oublie également que la première édition de " l'érotique du Japon ", un recueil d'estampes, de Théo Lésoualc'h, publié en 1968 par Jean Jacques Pauvert fut retiré de la vente et abondamment " gouaché " et " caviardé " pour cause de censure.Ce qui n'empêchait nullement les mêmes censeurs d'apprécier, en privé et en bonne compagnie, les ballets bleus et roses ou certains établissements, spécialisés bien que clandestins, où un célèbre archevêque, parangon de vertu, décéda de belle mort dans les bras d'une fille qui n'en possédait que peu.
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Ces ouvrages, quelque peu sulfureux étaient alors achetés chez les bouquinistes, à prix d'or et soigneusement rangés en haut des bibliothèques bourgeoises, dans le fameux "cinquième rayon", hors de portée, pensait-on, des mains innocentes. On parlait encore d' " enfer ".Depuis les choses ont, presque heureusement, bien changé et les CD érotiques représentent en réalité plus des trois quart des ventes des support-images destinés aux ordinateurs.
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La plupart d'entre-eux, les " sex-mangas ", proviennent, encore, du Japon.Lolitas, bondage, jeux interactifs cochons, tentacules et autres monstres pervers ont donc remplacé Utamaro dans le hit parade de la libido à bon marché.

Entre deux rapports d'audit ou une étude approfondie du taux d'escompte il suffit de cliquer au bon endroit pour tomber dans le stupre le plus délirant. Une fois, encore, l'image du sexe oriental ne s'en tire pas à son avantage et on comprend qu'une société aussi restrictive que celle subie par l'immense majorité des japonais aboutisse naturellement à ces excès virtuels, démesurés et puérils, plongeant leurs racines dans les recoins les plus sombres de l'esprit humain. Manga signifie littéralement et initialement " images bâclées " et on comprend pourquoi.

A coté " l'écrit de prostituée ", la pornographie, même excessive, devient presque poétique. De son coté la Chine a souvent tendance à se faire oublier et c'est tant mieux.

Il existe à cela une raison précise et historique. La Chine que nous connaissons la mieux en Occident est une Chine contemporaine fort prude.

Depuis 1644 et jusqu'en 1912 elle fut soumise à la domination Qing (Tsing) de l'ethnie Mandchoue puis des puissances occidentales particulièrement répressives en ce qui concerne une vision importée et souvent religieuse de la morale.

De 1912 à 1949 elle subit la férule de multiples seigneurs de la guerre, souvent des intégristes de tous poils, de conquérants brutaux et étrangers dont le moindre mal était le viol de masse et la prostitution forcée.

Les Japonais ne furent pas les derniers à se comporter en brutes sauvages, prenant probablement modèle sur nos voisins Allemands de l'époque.Depuis 1949 le régime politique au pouvoir n'incite pas, et c'est le moins qu'on puisse dire, à la libération sexuelle des masses populaires laborieuses.

En résumé plus de trois siècles d'interdits, de restrictions, de contraintes, de pressions.

Particulièrement exercées sur ce que les Chinois de Jadis considéraient comme un art majeur : celui de la " Chambre à coucher ". Ce qui était naturel et louable devint alors interdit et désavouable.

Comme souvent, dans ce cas, seul le pire se mit à circuler sous le manteau ou à s'organiser dans l'impunité des classes dirigeantes. Le sexe devint vulgaire. Les étrangers en conclurent donc que la Chine était soit fort prude soit fort dépravée en fonction de leurs relations plus ou moins privilégiées avec les Chinois qu'ils côtoyaient. D'un coté la " Fille aux cheveux blancs ", opéra nunuche pour cadres méritants du parti, de l'autre Lucien Bodard et ses turpitudes salaces et impériales.Entre deux point de salut. Cet état d'esprit est significatif jusque dans l'acupuncture.

Les Mandchous, en effet, ne souhaitaient pas se montrer nus devant un médecin chinois et toléraient encore moins qu'une femme de leur ethnie puisse se déshabiller devant un carabin de race inférieure fut-il Chinois ou blanc.. On assista donc à la consultation sur statue d'ivoire ou la partie malade était simplement désignée sans le moindre contact avec le patient hormis la prise des pouls qui s'effectuait au travers d'un rideau de soie.Seul l'avant bras étant dénudé. Auparavant aucun médecin digne de ce nom n'aurait pu effectué un diagnostic sans une observation et une palpation complète qui était fort bien acceptée des malades chinois quel que soit leur âge ou leur sexe.

De nos jours il est encore difficile de revenir sur ce fait et bon nombre d'acupuncteurs se contentent encore de prendre le pouls sans se rendre compte que les Mandchous ne sont plus au pouvoir et que l'acupuncture peut se libérer de cette contrainte désormais sans fondement. Il n'est plus utile, comme cela s'est vu, de piquer au travers des vêtements !
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Mais une très longue histoire depuis l'antiquité
Par contre, si on prend comme référence la Chine impériale d'avant la conquête mandchoue et à plus forte raison la Chine antique on se rend rapidement compte que la sexualité faisait partie intégrante de la société, de la littérature, de l'art pictographique, de la médecine et même, dans une certaine mesure, de la philosophie classique puisqu'elle entrait, pour une bonne part, dans les pratiques taoïstes liées à l'art de la longue vie et à la recherche de l'immortalité.

En tant qu'occidentaux nous aimerions différencier ces différents aspects et les classer rigoureusement dans l'une ou l'autres de ces catégories.
Il existerait donc, suivant ce principe, une sexualité purement littéraire considérée comme de l'érotisme, une sexualité liée à la peinture ou à la sculpture sinon à l'illustration des ouvrages précédents souvent, et à tout, considérée comme de la pornographie, une sexualité médicale considérée comme de la prophylaxie et une sexualité alchimique liée à des pratiques ésotériques ou magico-mystiques.

Or, pour les lettrés chinois du temps jadis ces différents aspects n'étaient considérés que comme des manifestations différenciées du même principe.

La sexualité, débarrassée des interdits tardifs, était beaucoup plus simplement perçue comme l'une des activités humaines essentielles permettant le plein épanouissement de l'individu dans la société.

Si les Bouddhistes pouvaient émettre quelques restrictions à cette conception très naturiste de la vie, Taoïstes et Confucianistes étaient par contre, et pour une fois, en accord avec ce principe.

Les Confucianistes considéraient, en effet, que l'harmonie familiale, donc du couple, était à la base de l'harmonie de l'empire.

De plus la procréation d'une descendance permettant d'entretenir, au travers des multiples générations, le culte des ancêtres, fondement du rituel (Li), la sexualité ne pouvait que trouver une place importante dans la hiérarchie des valeurs privées sinon publiques.

Le bon équilibre physique, énergétique, psychique et magique de l'empereur lui-même était lié à l'accomplissement de sa sexualité. Certains des plus grands empereurs entretenaient à cet effet plus de huit cent concubines et une immense partie des palais leur était réservée.

Cela n'allait pas sans poser quelques problèmes dans le rituel du choix d'une de ces fameuses concubines ce qui entretenait, par ailleurs, de multiples intrigues de cour amplement favorisées par les eunuques.

L'empereur se devait, également, de remplir ses devoirs avec la prestance liée à sa fonction et disposait donc de multiples conseillers, de multiples ouvrages, de multiples pratiques et de multiples potions pour conserver son rang de " Fils du Ciel " ou de " Dragon Jaune ".

Etant censé donner l'exemple jusqu'en bas de la pyramide immense que constituait depuis toujours le peuple chinois, ce système se reproduisait, à moindre échelle dans toutes les hiérarchies sociales.

Un " homme d'une seule épouse " était alors considéré comme un indigent ou un marginal.

De leur coté, en réaction à ce système, les femmes chinoises furent probablement les premières à constituer des sociétés, presque des syndicats, dans lesquelles elles revendiquaient le droit d'user de leur corps en dehors d'un harem.

Ces sociétés de femmes, souvent très puissantes, bien que fonctionnant sous le mode des sociétés secrètes, possédaient un statut presque officiel.

Par conséquence logique l'homosexualité féminine des " soeurs-amies " ainsi que la contraception médicale étaient considérées comme un simple fait social.

Ce phénomène des sociétés féminines chinoises, proche du mythe des amazones, puisque bon nombre des adeptes pratiquaient à haut niveau les Arts Martiaux, trouva une matérialisation caractéristique jusque dans la création d'une forme d'écriture secrète le " Nu Shu " (littéralement écrit de femme).

Cette écriture secrète ne fut découverte qu'en 1950 dans le Hunan et ne commença à être décryptée qu'en 1982.

Parallèlement, la brèche ayant été largement ouverte par ces sociétés l'homosexualité masculine ne suscitait que très peu d'opprobre jusque dans les milieux religieux où elle avait justement tendance à se développer et à alimenter de multiples commentaires plus ou moins compatissants.

La société chinoise traditionnelle demeurait donc très libérale en ce qui est de la sexualité sous ses aspects les plus divers à l'exception d'un interdit majeur considéré comme un " crime inhumain " sanctionné par la peine de mort : l'inceste.

Le " Livre de l'histoire dynastique des Han antérieurs " (Han Shu ) de Ban Shu, compilé au premier siècle de notre ère relate que les princes Doan, Kien, Kiu, entre 156 et 140 Av. J.C. se livrèrent à l'inceste ainsi qu'a de nombreux actes de sadisme.

L'empereur lui-même les dégrada et les fit exécuter publiquement puis promulgua un décret condamnant à la peine de mort ceux qui se livraient à l'inceste.

Par la suite aucun empereur ne revint sur ce décret.

Ce même ouvrage relate que ce fut le fils du prince Kiu, Ai Yang, qui fut le premier à faire peindre sur les murs de son palais des scènes érotiques. Cela lui permit, par la suite, de passer à la postérité comme l'inventeur du genre. Le terme " Ai Yang Hua " (Dessins de Ai Yang) désigna donc pour les lettrés, et pendant près de deux millénaires, les peintures et estampes érotiques.

Par homophonie Ai Yang Hua signifiait également les " Fleurs (Hua) pour éduquer (Yang) l'amour (Ai) ".

Encore de nos jours on désigne du terme fleuri (Hua) les lieux de plaisir...Un " bateau fleuri ", une " maison fleurie ", une " chambre fleurie " signifient tout simplement un lupanar flottant, un lupanar terrestre et une chambre de passe.

Le " cœur de fleur " (Xin Hua) est l'une des multiples appellations populaires du vagin et une " fille fleur jaune " (Wang Hua Nu) est une vierge délurée.

Dans le même esprit des " fleurs dans un nuage de fumée " (Yan Hua Zhai) ne sont autre chose qu'un lieu de perdition apprécié des marins où se cumulent jeu, boisson et sexe. Chun Hua (fleurs de printemps) ne sont autres que des films érotiques.

Enfin, une référence, très littéraire, à l'homosexualité masculine trouve une expression très imagés dans le fait de " couper la manche fleurie ".

En effet, un jeune prince, cité dans le " Livre des Odes " ou " Canon des Poèmes " (Shi Jing), un des grands classiques, préféra trancher la manche de sa veste de brocard sur laquelle son compagnon s'était assoupi que de le réveiller.

Plus populairement une " veste fleurie " (Hua Shang) désignera donc un homosexuel quelque peu fortuné. On ne s'étonnera donc pas que dans les Arts Martiaux il existe une injure particulièrement redoutable qualifiant de " Mains fleuries " (Hua Shou) les pratiques, et les pratiquants, un peu trop maniérés. " Mains fleuries et pieds qui tricotent - littéralement fardés - " (Hua Shou Sao Tui) demeurent, dans ce domaine, une ultime insulte.

Avec un certain sens de l'humour les vieux Cantonnais désignent, entre-eux, les styles de " Kung Fu " du Nord, très démonstratifs, comme des " disputes de coiffeurs pour dames - ou ciseaux fleuris - ".
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Erotisme ou poésie ?
Un papy bien entouré !
Littérature érotique ou littérature poétique ?

La tradition littéraire chinoise classique ou populaire d'avant les multiples interdits liés aux diverses périodes répressives caractérisant la période contemporaine, de 1644 à nos jours, ne pouvait se concevoir sans qu'il fut question de sexualité, donc d'érotisme.

Il eut même été inconvenant de décrire la vie, les moeurs, les habitudes, fut-ce dans les relations historiques, sans traiter de ce sujet jugé essentiel à tout équilibre humain. Ce que l'on qualifie donc aujourd'hui de littérature érotique est donc simplement de la littérature. ue certains auteurs aient souhaité laisser une plus ou moins grande place à la sexualité n'est donc que phénoménal et cela ne justifie pas qu'ils soient classés dans une catégorie à part.
Le " Canon des Poèmes " (Shi Jing), l'un des plus grands classiques de la Chine antique donne amplement l'exemple en relatant de multiples odes poétiques dont l'érotisme n'est pas exclu.
Cependant le goût de la métaphore amoureuse ne permet pas toujours à un non initié, et encore moins à un occidental, d'apprécier à leur juste valeur ces poèmes antiques. Cela les rend donc très difficilement traduisibles car il conviendrait alors d'utiliser un langage autrement plus cru que celui de l'original.

Prenons quelques exemples simples dans le huitième chant du septième livre une jeune femme est censée presser son mari d'aller à la chasse et lui déclare " Le jour pointe, levez-vous seigneur et voyez si la nuit touche à son terme couvrant l'herbe de rosée. Courez bravement et décochez votre flèche. Si elle atteint le canard je vous l'assaisonnerai convenablement et nous boirons ensemble. Voici deux luth, kin et Che, tout respire la paix et la concorde. Quand je connaîtrai ceux dont vous cherchez l'amitié, si vous le souhaitez, je leur donnerai les pierres de prix suspendues à ma ceinture... "Tout cela semble bien innocent mais la jeune épousée se livre, en réalité, à une description et à quelques propositions dont on imagine la traduction à ne pas laisser entre toutes les mains.

L'un des premiers traducteurs occidentaux de cette œuvre magistrale, le révèrent père Couvreur de la Compagnie de Jésus, ne s'y trompait pas et ajoutait au français quelques fins commentaires en latin.

Lorsque dans le même ouvrage une jeune concubine tout à la joie de retrouver son amant déclare ingénument " Mon seigneur est content, de la main gauche il tient sa flûte et de la droite il me fait signe pour que je l'invite dans ma petite maison.. Oh quelle joie ! "
On se doute rapidement que cela dissimule autre chose qu'une simple scène de retrouvailles platoniques. Il s'agit donc d'une grande tradition poétique et littéraire qui n'avait aucune raison de ne pas se transmettre au cours des siècles.

De cette tradition proviennent les romans intimistes et les romans épiques les plus connus et les plus réputés qui, naturellement, étaient émaillés de scènes érotiques et de multiples conseils sur l' " Art de la chambre à coucher ".
Parmi ces romans, qui furent très populaires, on peut citer " L'histoire d'une femme très belle " (Mei Jen Fou) de Seu Ma Xiang Jou (117 Av JC) récit poétique d'une courtisane pendant la dynastie Han ; " La cavalière noire " ("Er Nu Ying Xiong xuan Juan ", histoire d'une héroïne très libérée et férue d'Arts Martiaux qui recherche son égal tant dans les arts du combat que dans l'art de l'amour (XIIeme siècle) ; " L'histoire non officielle du Jardin de Bambous " relatant l'usage des anciens manuels de la chambre à coucher ; " Ombres de fleurs sur l'écran de voile " (Ko Lien Hoa Ying )

Mais les plus connus, par ailleurs traduits en français, demeurent le " Jing Ping Mei " ou " Fleurs de pruniers dans un vase d'or " traduit également par " Lotus d'Or " ; le " Jeou Pou Doan " ou " Tapis de prière de la chair " ; le " Hong Lou Meng " ou " Rêve du Pavillon Rouge " sans oublier le fabuleux roman épique et picaresque " Shui Hu Zhuan " " Au bord de l'eau ", traduit par Jacques Dars et publié à la Pléiade, qui contient, comme il se doit, de nombreuses scènes érotiques et de multiples conseils sur l'art de la chambre à coucher.

Tous ces romans, dans leurs éditions originales ou tardives étaient, bien entendu, émaillés de planches illustrant le propos et que l'on pourrait qualifier de grivoises.

Le qualificatif de roman érotique ou, à plus forte raison, de roman pornographique ne s'impose donc que d'un point de vue occidental quelque peu puritain.
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Les traités médicaux et alchimiques
Un "Charme" (Fulu) à) brûler puis à dissoudre et à faire boire à l'amant fatigué !

Le Viagra chinois c'est avant tout de l'art abstrait.

Lorsque la sexualité est naturellement considérée, ce qui était le cas en Chine, comme un moyen d'épanouissement personnel elle entre tout aussi naturellement dans le cadre des " pratiques de santé " qualifiées d' " Art d'entretien de la vie " (Yangsheng) susceptibles de prolonger l'existence.

De tous temps, sauf aux périodes répressives, les médecins chinois, chargés de la santé de leurs patients, se sont donc attachés à formuler de judicieux conseils sur ce fameux " Art de la chambre à coucher ".
Ils furent également relayés par ceux qui pensaient, avaient-ils réellement tort, que cette même sexualité permettait de prolonger l'existence et était l'une des portes vers l'immortalité.
Les Taoïstes, en particulier, mirent au point de multiples méthodes destinées à conserver, entretenir, favoriser, accroître le " principe vital " lors de relations sexuelles liées à l'alchimie interne (Nei Dan).

Dans cette optique l'homme et la femme possédaient leurs propres méthodes ainsi qu'un important éventail technique dont on a malheureusement conservé la vision restrictive et limitée de rétention du sperme et de l'éjaculation.

Dans ces " Jeux des Nuages et de la Pluie " (Yun Yu Shi ) l'adepte tentait, par le moyen sexuel, de reproduire avec un, ou une, partenaire les phénomènes macrocosmiques de la création et de la mutation.

Une particularité essentielle de ces pratiques est qu'elle ne concernaient pas, comme on tente encore de le faire croire, uniquement les hommes qui auraient, alors, considéré leur(s) partenaires féminines comme de simples moyens d'aboutir à leurs fins.

Les textes concernant la sexualité féminine dans cette recherche de l'accomplissement, s'ils sont nombreux, n'ont malheureusement pas suscité, jusqu'à une époque très récente, le même intérêt pour les sinologues que ceux concernant la sexualité masculine.
Une fois encore lorsqu'il s'agissait de pratiques concernant l'homme on les qualifiait de pratiques taoïstes de longue vie tandis que celles destinées aux femmes se retrouvaient le plus souvent classées dans les curiosités plus ou moins pornographiques.

Il est, par exemple, significatif que les fouilles du tombeau de Mawangdui, réalisées en 1973, et qui ont livré un très important matériel archéologique, attestent que la Marquise de Dai, inhumée en 194 avant notre ère, avait souhaité être accompagnée de ses ouvrages favoris. Parmi ceux-ci on retrouve plusieurs versions du Yi Jing (Livre des mutations), un traité de médecine des méridiens (Maishu), un traité de gymnastique (Yinshu), un traité de pharmaceutique (Wanwu), un traité sur la morpho-physionmie des chevaux (Maxingwu), un traité sur les nuages (Yunwu) et un important traité sur l'art de la chambre à coucher (Fang Neiwu) qualifié par les archéologues chinois d' " Art vénérien " (Xingjaode).

Or, si presque tous les autres ouvrages ont été traduits et mis à la disposition des chercheurs chinois et occidentaux, ce dernier ouvrage demeure bien sagement dans les cartons du musée local. On sait donc que cette marquise pratiquait la diététique, la gymnastique taoïste, étudiait le Yijing et s'intéressait aux chevaux et aux nuages, était très portée sur l'art poétique, appréciait les objets de valeur.

On ne sait rien par contre, ou presque, de son intérêt pour la sexualité qui demeure, somme toute, un secret d'état.

Heureusement il demeure encore plusieurs traités, datant pour la plupart de l'époque des Han antérieurs (206 Av Jc 8 apr. JC) qui n'ont cessés d'être publiés jusqu'à la dynastie Xing (1644).Une bibliographie des Han antérieurs fait état d'une liste de huit ouvrages comprenant en tout 191 rouleaux manuscrits traitant de " La chambre à coucher " et considérés comme des classiques.

Malheureusement la plupart d'entre eux ont été perdus ou brûlés.

A la suite de cette liste un commentaire précisait " L'Art de la chambre à coucher constitue la somme des émotions humaines, il renferme la Voie Suprême. Aussi les sages de l'antiquité ont-ils réglés les plaisirs extérieurs afin de réfréner les passions intérieures. Celui qui sait régler son plaisir charnel se sentira en paix et atteindra un grand âge.

Les anciens ont donc étudié et commenté le plaisir sexuel afin de régler par là toutes les affaires humaines et de se conformer à la nature des choses et des êtres ". La plupart des " manuels de sexe " qui nous sont parvenus datent donc de la dynastie Sui (581-618) et continuent à être considérés comme des classiques... " "Classique des Méthodes secrètes de la Fille de Candeur " (Sou Nu Pi Tao Jing), " Recettes de la Fille de candeur " (Sou Nu Fang ), " Prescriptions secrètes pour la chambre à coucher " (Yu Fang Pi Jiua), " Principes pour nourrir la vie " (Yang Sheng Yao Ki)...

De cette période datent les définitions poétiques des fameuses postures.
Le Maître Tong Xuan en définit une trentaine : " Union étroite ", " Dévidage de la soie ", " le Dragon qui s'enroule ", " le poisson aux quatre yeux ", " le couple d'hirondelles ", " l'Union du martin pécheur ", " les canards mandarins ", " les papillons voltigeants ", " les canards renversés ", " le pin aux branches basses ", " les bambous près de l'autel ", " la danse des deux phénix ", " le phénix et son poussin ", " le vol des mouettes ", " la gambade des chevaux sauvages ", " le coursier au galop ", " le cheval qui piaffe ", " le tigre blanc qui bondit", " la cigale collée à l'arbre ", " chat et souris dans le même trou ".

Définitions qui firent les délices de Dubout et de San Antonio.

Mais qui n'en demeurent pas moins un modèle du genre puisque permettant de définir un répertoire fort complet de ce qu'il est possible de faire, ou de ne pas faire, dans ce domaine particulier.

Par la suite un chapitre de sexologie (Fang Zhong Che Fa) (Traité de la Chambre à coucher) complétera l'immense majorité des encyclopédies médicales.
Depuis la fin de l'époque Tang (618-907) et jusqu'à la fin de l'époque Ming (1368-1644) ces divers traités obéiront à une structure commune et comporteront : 1/des remarques préliminaires sur la signification cosmique de l'acte sexuel.

Au niveau du microcosme humain celui-ci représente l'union du Ciel (Yang) et de la Terre (Yin) au travers de la montée des nuages (Yun) et de la descente de la pluie (Yu).
Cette union cosmique ou sexuelle représente donc l'unité dans l'harmonie des contraires.
2/ des considérations sur le mécanisme et l'importance des sécrétions liées à l'acte sexuel. Qu'il s'agisse de l'homme ou de la femme elles sont issues de l'énergie du souffle (Qi ou Ki) qui se transforme en essence (Jing ou Tching) laquelle produit l'esprit (Shen). Elles constituent donc l'essence vitale profonde du corps mais influent profondément sur le psychisme.
De la bonne ou de la mauvaise utilisation de cette essence vitale dépend non seulement le bien-être personnel et du couple mais également la santé, la vitalité et la capacité de prolonger le vie.
Cela ne veut pas dire, suivant cette tradition fortement teintée de taoïsme, qu'il ne peut y avoir de longévité sans chasteté complète.
Au contraire, celui ou celle qui sait utiliser à bon escient cette essence vitale non seulement n'en souffre pas mais en tire avantage. Il est souvent rappelé que l'Empereur Jaune eut deux mille cent femmes et devint immortel alors que de nombreux gens du commun n'ont qu'une seule femme et se détruisent la vie. Il est donc conseillé d'éviter l'acte sexuel dans diverses occasions...
lorsqu'on est fatigué, lorsqu'on a trop mangé ou trop bu, lorsqu'on est en colère ou abattu, lorsqu'on a des soucis, lorsqu'il y a de l'orage, de la tempête, du brouillard intense, des perturbations climatiques liées aux périodes lunaires ou aux taches solaires, à certaines périodes de l'année lorsqu'il fait trop chaud, trop froid, trop sec ou trop humide...etc.
3/ des descriptions sur les manoeuvres préliminaires et les différentes positions du coït à proprement parler. La satisfaction personnelle et celle de la ou du partenaire est le but recherché. Ces descriptions s'accompagnent de nombreux conseils avisés généralement délivrés sous la forme d'exemples poétiques.

4/ des explications plus ou moins succinctes sur l'aspect thérapeutique de l'acte sexuel comportant ou non des pratiques d'alchimie interne, basées sur la rétention, destinées à " faire revenir l'essence au cerveau ".
Il est souvent précisé que suivant Ge Hung (Ko Hong) 281-361), un médecin taoïste, auteur du Baopouzi (Pao Pou Tseu) " l'Art de la chambre à coucher s'il ne peut à lui seul amener à l'immortalité n'en demeure pas moins une excellente panacée contre la plupart des maladies et la déchéance physique "

5/ diverses recettes de pharmacopée liées à la sexualité : recettes fortifiantes, recettes aphrodisiaques, recettes pour les jeunes mariées et les femmes enceintes, techniques prophylactiques, formules contraceptives et abortives, adjuvants sexuels...etc.

6/ A partir de la fin de l'époque Song (960 1279) apparaissent, enfin, divers tabous sexuels généralement limités à l'inceste, à la pédophilie et à la zoophilie.
Le saphisme est traité sans rigorisme puisque le Yin peut être dépensé sans trop de risque.
De même pour la plupart de ces ouvrages, l'homosexualité masculine n'est pas décriée pour la simple raison que la perte de yang entre deux partenaires masculins demeure minime.
Quelques ouvrages, plus rares, traitent de perversions sexuelles comme le masochisme et le sadisme en se gardant bien, par ailleurs, d'apporter une considération morale et en se bornant à relater les dangers encourus lorsque les choses vont trop loin.
Une fois, encore, on peut constater la grande liberté de propos de ces encyclopédies médicales qui, il est vrai, étaient destinés aux classes favorisées. De leur coté, les paysans disposaient d'un almanach illustré, édité sous la responsabilité de l'empereur, qui ne manquait pas de promulguer divers conseils souvent très crus.
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Symbolisme et sexualité

"La jeune fille joue de la flute de jade"Allusion érotique de la fellation.Le prunier en fleur représente l'amant.Et le ruisseau qui coule la semence. Ni vu ni connu, je t'embrouille !

Depuis l'antiquité, les artistes chinois se sont attachés à créer et à reproduire de très nombreux symboles picturaux.
Concernant la sexualité, aux époques où celle-ci fut victime de la censure, ce symbolisme fut utilisé pour évoquer l'interdit.
Ce qui ne pouvait être écrit ou dit continua à être transmis d'une manière très subtile échappant aux censeurs qui, la plupart du temps, étaient des occupants, donc considérés comme des barbares. Ce symbolisme graphique se base, notamment, sur des homophones...
le nom d'une fleur peut, par exemple, représenter un tout autre caractère chinois, lequel n'est pas sans signification. Il s'agit, en quelque sorte, d'un code connu des seuls initiés capable de décrypter un message plus ou moins subtil et qui échappe au profane et plus encore à l'occidental.
En un mot comme en cent, un simple vase très sympathique et certainement décoratif peut tout à fait se transformer, pour celui qui connaît les symboles employés, en un message très cru...sinon pornographique dans le sens occidental du terme. Généralement ces motifs décoratifs comportent plusieurs éléments constitutifs permettant de construire une définition précise.
Si une pivoine seule représente simplement la féminité, une pivoine jaune (Wang Hua Nu) (jeune fille vierge) butinée par un papillon (jeune homme libertin) est une invite très directe.
Si la pivoine est en bouton la jeune fille souhaite simplement être courtisée.
Si la pivoine est ouverte (cœur de fleur = xin hua = sexe féminin) c'est qu'elle souhaite que cela aboutisse rapidement ! Le message se lit " attirer le papillon (Hu Die : jeune homme avenant et amoureux) avec le cœur de fleur ".
Ce qui est beaucoup plus direct qu'il n'y paraît Anguille (Shan) : désigne le pénis masculin.Une anguille jaune (Wang Shan) est un homosexuel. "Brouillard de nuage "(Yun Wu) : petit corsage ou soutien-gorge avenant. " Cœur de fleur" (Xin Hua) (fleur ouverte, notamment pivoine rouge ou jaune) : sexe féminin "Canards mandarins" (Yuan Yang) : l'une des trente positions classiques. " canards mandarins dans la rosée " : couple d'amants non mariés. " manger des cerises sous l'arbre "(Ying Tao Shu): faire l'amour "Fleurs de prunier dans un vase d'or" (Yin Ping Mei) : titre d'un roman considéré comme érotique: invitation à l'acte sexuel ou au marivaudage. " jouer avec du jade " (Nong Yu) : faire l'amour ; " flute de jade " (Xiao Yu) : fellation ; " manipuler du jade " (Pin Yu) : cunnilingus ; " tige de jade " (Jeou Yu) : pénis ; " bouton de jade " (Pao Yu) : clitoris ; " perles de jade " (Changzu Yu) : sécrétions ; " porte de jade " (Men Yu) : vagin... " livres jaunes " (Wang Shu) : littérature érotique."Films jaunes" (Wang Ying) : films érotiques... "Lanterne rouge" (Hong Deng) : lupanar. Lanterne rouge et papillon : club très masculin "Licorne (Qin Lin)" l'une des trente positions classique " chasser le lièvre " rechercher un partenaire masculin ; "Lièvre femelle "(Yin Tu) : saphisme "Lotus (He) et poisson (Yu) " comme une jeune fille et un jeune homme " Lotus rouge (Hong He) : sexe féminin Martin pêcheur (Fei Cui) : l'une des trente positions classiques ; "martin pêcheur tenant dans son bec un poisson" : relation homosexuelle. "Nuages et pluie" (Yun Yu) : faire l'amour " Jeux des nuages et de la pluie " (Yun Yu Shi) : accouplement. "Parfum de miel " (abeilles et fleurs) (Xiang Mi) : jouir "Pies (Xi) avec bambou (zhu) et prunier" (Mei) : Homme (bambou) et femme (prunier) prenant du plaisir ensemble (deux pies). Printemps (Chun) " Images de printemps " (Chun Hua) : images érotiques ; " Palais du printemps " (Chun Gong) : accessoires et objets érotiques par extension film érotique. "rose noire" (Qiang Wei) : poils pubiens ; " filles-roses " ( Hong Niang) : prostituées
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Pour en savoir plus
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La Chambre Jaune sans mystère - renforcer sa virilité selon la tradition chinoise - Editions You Feng distribué par E 100 5, rue de Belleville 75019 PARIS. - quelques amusantes illustrations coquines -
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Les secrets de l'extase par N. Douglas et P. Slinger Editions France Amérique - très nombreuses illustrations -
Bibliothèque de la Pléiade NRF Gallimard :" Au bord de l'eau " ; " Rêve du Pavillon Rouge " ; " Fleurs de Prunier dans un vase d'Or ". " Prière sur un tapis de chair "...
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La vie sexuelle dans la Chine ancienne par R. Van Gulik Tel Gallimard