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jeudi 28 août 2008

George Orwell - 1984

souvenir de lecture

science-fiction
lecture en ligne : http://wikilivres.info/w/index.php/1984


L'origine de 1984 est connue : militant de gauche violemment opposé à la dictature soviétique, George Orwell s'est inspiré de Staline pour en faire son "Big Brother", figure du dictateur absolu et du fonctionnement de l'URSS des années trente pour dépeindre la société totalitaire ultime.
Mais Orwell n'oublie pas de souligner que les super-puissances adverses sont elles aussi des dictatures...

Ce qui fait la force du roman, outre son thème, c'est la richesse des personnages, qu'il s'agisse du couple qui se forme, malgré la morale étroite du Parti, ou même du policier en chef qui traque les déviants, ex-opposant lui-même, passé dans les rangs du pouvoir...
C'est aussi cette "novlangue", affadie et trompeuse, destinée aux "proles", et ces formules de propagande ("L'ignorance, c'est la force") scandées par des foules fanatisées et manipulées.

1984 est un livre-phare, apologie de la liberté d'expression contre toutes les dérives, y compris celles des sociétés démocratiques.

De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d'en face. Big Brother vous regarde, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston... Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C'était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n'avaient pas d'importance.
Seule comptait la Police de la Pensée.
1984 (Nineteen Eighty-Four) est le plus célèbre roman de George Orwell, écrit en 1948 et publié l'année suivante.

Le roman devait s'appeler à l'origine The Last Man in Europe (Le Dernier Homme en Europe), ou encore 1949, l'année de sa parution, mais Orwell se vit opposer un refus de la part de son éditeur.
Il le renomma ensuite 1984, en inversant les chiffres correspondant à la date d'écriture (1948), et donna une dimension plus futuriste au récit afin qu'il choque moins ses contemporains.

1984 est communément considéré comme une référence du roman d'anticipation, de la
dystopie, voire de la science-fiction en général. La principale figure du roman, Big Brother, est devenue une figure métaphorique du régime policier et totalitaire, ainsi que de la réduction des libertés. En 2005, le magazine Time a d'ailleurs classé 1984 dans sa liste des 100 meilleurs romans et nouvelles anglaises de 1923 à nos jours, liste où se trouve La Ferme des animaux, autre fameux roman d'Orwell tout aussi dystopique.

Il décrit une Grande-Bretagne postérieure à une guerre nucléaire entre l'Est et l'Ouest censée avoir eu lieu dans les années 1950, où s'est instauré un régime de type totalitaire fortement inspiré à la fois du stalinisme et de certains éléments du nazisme. La liberté d'expression en tant que telle n’existe plus. Toutes les pensées sont minutieusement surveillées, et d’immenses affiches trônent dans les rues, indiquant à tous que « Big Brother vous regarde » (Big Brother is watching you).


Caractéristiques du monde de 1984

L’histoire se passe à Londres, en 1984, d'où le titre du roman.
Le monde, depuis les grandes guerres nucléaires des années 1950, est divisé en trois grands « blocs » : l’Océania (Amériques, Royaume-Uni, Océanie et Afrique), l’Eurasia (Europe et Russie) et l’Estasia (Chine, Inde, Mongolie, Tibet et Japon) qui sont en guerre perpétuelle les uns contre les autres.
Ces trois grandes puissances sont dirigées par différents régimes totalitaires revendiqués comme tels : respectivement
l’Angsoc (ou socialisme anglais),
le néo-bolchévisme,
et le culte de la mort (ou oblitération du moi).
Il est à noter que tous ces partis sont présentés comme « communistes » avant leur montée au pouvoir, avant de devenir des régimes totalitaires et de reléguer les prolétaires qu'ils prétendaient défendre au bas de la pyramide sociale.


L’Angsoc,
régime de l’Océania, divise le peuple en trois classes sociales :
le « Parti Intérieur », classe dirigeante au pouvoir partagé,
le « Parti Extérieur », travailleurs moyens,
et les « prolétaires », sous-classe s’entassant dans les quartiers sales.
Le chef suprême du Parti est Big Brother, visage immortel et adulé placardé sur les murs de la ville.
Tous les membres du Parti sont constamment surveillés par la Police de la Pensée et chaque geste, mot ou regard est analysé au travers des « télécrans » (assemblage de deux mots comme on en trouve souvent en novlangue, ici de « télé » et de « écran ») qui balayent les moindres lieux.
Winston Smith, membre du Parti extérieur, occupe un poste de rectification d’information au commissariat aux archives, dans le Ministère de la Vérité (Miniver en novlangue). Son travail consiste à supprimer toutes les traces historiques qui ne correspondent pas à l'Histoire Officielle, qui doit toujours correspondre à ce que prédit Big Brother.

En plus de l'
anglais classique, langue officielle de l'Océania, l'Angsoc a créé une langue, le novlangue (newspeak en anglais). Cette langue est constituée principalement d'assemblages de mots et est soumise à une politique de réduction du vocabulaire. Le nombre de mots en novlangue diminue sans arrêt. Au début du roman, un membre du Parti Extérieur révèle que la version finale du dictionnaire novlangue était en préparation afin d'éliminer tout autre mode de pensée et idée hérétique.


Éléments réels d'inspiration

La correspondance d’Orwell indique que son projet était de lancer un avertissement contre les totalitarismes, particulièrement à une gauche britannique (dont il faisait partie) qu'il soupçonnait de complaisance envers Staline, du moins pour ce qui était de certains intellectuels comme George Bernard Shaw ou Herbert George Wells.

De nombreux éléments sont puisés dans la réalité de la fin des
années 1940 qui a inspiré Orwell de manière flagrante : la description d'un Londres décrépit, avec ses cratères dus à des « bombes fusées », ses files d'attente devant les magasins, ses maisons victoriennes en ruine, ses privations de toutes sortes, évoque fortement le Londres de l'immédiat après-guerre et ses pénuries (les tickets de rationnement ont été une réalité jusqu'en 1953) sans compter les effets encore visibles des bombardements allemands (les V1 et V2).
Le bâtiment qui aurait inspiré le « ministère de la Vérité » serait celui du ministère de l'Information dans le quartier Bloomsbury, Senate House, aujourd'hui propriété de l'université de Londres.


Résumé :

Winston Smith, habitant de Londres en Océania, est un employé du Parti Extérieur, c'est-à-dire un membre de la « caste » intermédiaire du régime océanien : l'Angsoc (mot novlangue pour « Socialisme Anglais »).
Winston officie au Ministère de la Vérité, ou Miniver en novlangue, et son travail est de falsifier les archives historiques afin qu'elles correspondent à l'idéal d'omniscience de Big Brother, figure directrice d'Océania.
Ainsi, si l'Océania déclare la guerre à l'Estasia alors que deux jours avant elle était en paix avec cet État, les autres membres du Ministère de la Vérité, et notamment ceux du commissariat des archives (« Commarch » en novlangue), où travaille Winston, devront s'assurer que plus aucune trace écrite n'existe de l'ancienne alliance avec Estasia.

Il prend conscience qu'il n'a pas de pensées aussi « orthodoxes » qu’il devrait en avoir aux yeux du Parti.
Susceptible d'être traqué par la Police de la Pensée, il cache ses hérésies et sa haine du Parti derrière un visage de marbre, mais implose intérieurement de révolte. Il commence à écrire un journal : il veut laisser une trace du passé et de la vérité, et comprendre le pourquoi de cette dictature.
La possibilité pour Winston d'écrire un journal, notamment un journal s'interrogeant sur le bien fondé de la dictature de Big Brother, l'est par une singularité dans le plan de son appartement : un petit coin se trouve en dehors du champ de vision de son télécran, ce qui lui a permis d'y aménager un endroit non surveillé.

Rencontre avec Julia

Lors des Deux minutes de la Haine, moment rituel de la journée, pendant lequel le visage de l'« ennemi » de l'Angsoc, Emmanuel Goldstein, est diffusé sur des écrans, Winston croise Julia, une jeune femme du commissariat aux romans, membre de la ligue anti-sexe. Après avoir cru qu'elle était une espionne de la Police de la Pensée et avoir même souhaité l'assassiner, notamment à cause du fait qu'elle semblait souvent le suivre, Winston changera d'avis lorsqu'elle lui avouera plus tard être amoureuse de lui.

Ils s’aiment et font l’amour clandestinement dans une mansarde louée dans le quartier des prolétaires. Ils savent qu’ils seront condamnés, que tôt ou tard ils devront payer le prix de tous ces crimes envers le parti. Ils rêvent cependant d’un soulèvement, d’une résistance ; ils croient au mythe d’une Fraternité qui existerait quelque part et unirait les gens comme eux contre le Parti.
C’est pourquoi ils finissent par aller à la rencontre d’O’Brian, personnage intelligent et charismatique, membre du Parti intérieur dont Winston a l’intime conviction qu’il est un partisan de la Fraternité. O’Brian leur fait parvenir « Le Livre » de Goldstein, l’ennemi du peuple et du Parti, objet de la haine et de la peur la plus intense en Océania. Il y est expliqué tous les tenants et les aboutissants des systèmes politiques et des manipulations psychologiques mis en place en Océania.

Arrestation

Avant la fin de leur lecture, Winston et Julia sont arrêtés par la Police de la Pensée et amenés au Ministère de l'Amour. Winston y retrouve O'Brien lui-même, qui n'a en fait jamais été membre de la Fraternité, bien au contraire, car il est justement chargé de traquer les « terroristes par la pensée ». O'Brian lui apprend que Winston était repéré comme peu fiable bien avant que lui même n'en prenne conscience.

Winston sera torturé et humilié pendant des jours et des semaines jusqu'à ce qu'il perde toutes ses convictions morales et soit prêt à accepter sincèrement n'importe quelle vérité, aussi contradictoire soit-elle (2 et 2 font 5), pourvu qu'elle émane du Parti
.

Sa rééducation se finit lorsque mis devant sa terreur la plus forte (des rats), il trahit Julia et la renie
.

On apprend enfin que le « Livre » de Goldstein est en vérité une création du Parti Intérieur, qui sont les véritables dirigeants de l'Océania, et qu'Emmanuel Goldstein est une figure allégorique au même titre que
Big Brother.

l'échec de Winston

Relaché, Winston n'est plus qu'une épave vide de sentiments et de dignité, passant sa vie au bistro. Par hasard il revoit Julia, qui elle aussi l'a renié sous la torture et cette trahison mutuelle a rompu leur attachement.

Un jour, où pendant la guerre nécessaire et incessante qui oppose les 3 blocs totalitaires la propagande prétend qu'une nouvelle brillante victoire aurait retourné magistralement une situation très compromise, il devient un admirateur béat de Big Brother .


Contexte

Parabole du despotisme moderne,
le totalitarisme orwellien est très clairement inspiré du système soviétique, avec son Parti unique, son chef tutélaire objet d'un culte de la personnalité, son régime d'assemblée, sa confusion des pouvoirs, ses plans de productions triennaux, son militarisme de patronage, ses parades et manifestations « spontanées », ses files d'attentes, ses slogans, ses camps de rééducation, ses confessions publiques « à la moscovite » et ses affiches géantes.
On peut aussi y voir des emprunts au nazisme au fascisme et au communisme.
*
Orwell était et restait un homme de gauche d'une absolue sincérité.
Avant 1984, il avait par exemple publié sur les foyers ouvriers misérables dans le Yorkshire ou les chômeurs de Middlesbrough (Le Quai de Wigan). Mais c'était un socialiste « de terrain » .
Si la droite conservatrice lui inspirait du mépris, il était fort exigeant à l'égard de la gauche. Il avait ainsi cruellement raillé dans un de ses premiers romans (Et vive l'aspidistra !, à travers le personnage ridicule de Ravelston) une certaine « gauche » fort loin de la réalité sociale et matérielle du monde ouvrier.
Il craignait autant la « gauche morale » satisfaite, qu'il soupçonnait de faire le lit du totalitarisme (à travers le conférencier « anti-Hitler » ridicule de Encore un peu d'air frais) dès 1938.
Enfin, il détestait les communistes, a fortiori « de salon », et méprisait par exemple Jean-Paul Sartre. La misère matérielle restait pour lui la misère matérielle, que le « Parti » soit au pouvoir ou que ce soient les « capitalistes ». Il n'y a aucun doute donc, contrairement à ce que l'on croit parfois, sur ses convictions socialistes très profondément anti-autoritaires, et Orwell acceptait mal d'être récupéré par la droite, ce qui a été surtout le fait de l'accueil nord-américain de 1984.

Certaines invraisemblances évidentes de 1984, elles aussi, sont un reflet des inquiétudes d'Orwell : dans le roman, les États-Unis sont censés faire eux aussi partie de l'Océania (qui regroupe en fait les pays anglo-saxons - voir carte). Orwell voyait dans les États-Unis, un peu à la manière des «
temps modernes » de Chaplin, la quintessence du monde moderne technomaniaque qui est aussi l'un des avertissements de 1984.

Par ailleurs, la thèse qu'Orwell expose à travers le manifeste du « traître » Emmanuel Goldstein (Du collectivisme oligarchique) suppose que le pouvoir peut employer la misère à des fins politiques : Goldstein attribue les pénuries sévissant sous l'« angsoc » à une stratégie délibérée du pouvoir plutôt qu'à un échec économique.

Certaines personnes ayant vécu sous un régime stalinien
, comme l'ancien dissident Alexandre Zinoviev, s'accordent pour saluer l'intuition des mécanismes politiques et psychologiques de ce type de régime dont fait preuve Orwell.

A voir

Œuvres littéraires anti-totalitaires
Novlangue (français pour newspeak)
Big Brother
Art officiel
Retournement
Pensée spéculative
Doublepensée
Contre-utopie
Globalia, de Jean-Christophe Rufin, qui traite de thèmes semblables.
La Ferme des animaux, roman du même auteur
Le Meilleur des mondes, roman d’Aldous Huxley écrit en 1931, une vision du futur opposée souvent comparée à 1984.
Un bonheur insoutenable, roman d'Ira Levin (1969), une vision du futur à comparer à 1984 et à Le Meilleur des mondes.
Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu, de Maurice Joly

Brazil, film de Terry Gilliam (1985)
Philip Kindred Dick sur le thème récurrent des réalités distordues pour servir des intérêts particuliers
Eurythmics, l’album 1984 (For the Love of Big Brother) (1984), bande originale du film de Michael Radford, et en particulier la chanson Sex Crime
David Bowie, l’album Diamond dogs (1974), librement inspiré du roman
*
Note :
chef d'oeuvre !
source : wikipédia pour la plus grande part.

mercredi 27 août 2008

George Orwell - La Ferme des Animaux

souvenir de lecture
Quelle belle façon d'introduire un sujet aussi fastidieux que la politique.
Orwell a su créer, avec ses propos, une histoire passionnante.
On arrive très bien à s'imaginer les cochons et les chiens prenant le pouvoir.
La hiérarchie proposée est très plausible et rend le tout ironiquement crédible.

*
La Ferme des animaux (Animal Farm) est un roman de George Orwell publié en 1945 (en 1947 pour la traduction en français), décrivant une ferme dans laquelle les animaux se révoltent puis prennent le pouvoir et chassent les hommes, à la suite de la négligence de ceux-ci à leur encontre. Il s'agit d'une fable animalière.

Orwell fera avec ce livre une
analogie assez explicite et critique à l'égard du totalitarisme et tout particulièrement sa version soviétique et stalinienne.

résumé

Un soir, tous les animaux de la ferme du Manoir sont convoqués dans la grange par Sage l'Ancien, le plus vieux cochon de la ferme.
Celui-ci leur fait part d'un rêve qu'il a fait quelques jours plus tôt, dans lequel lui était apparu un monde débarrassé de la race humaine.
Cela lui a laissé entrevoir les nombreux avantages dont les animaux pourraient alors profiter (travailler dignement et non plus en esclaves, avoir des loisirs, vivre plus longtemps, etc.).
Sage l'Ancien exhorte donc tous les animaux à se soulever contre le fermier, M. Jones, l'unique source de tous leurs problèmes.
Il leur apprend ensuite un chant révolutionnaire intitulé Bêtes d'Angleterre, dont il s'était rappelé dans son rêve. Trois jours plus tard Sage l'Ancien meurt dans son sommeil.

Par chance, la révolution a lieu plus tôt et plus facilement qu'espéré.
Lors d'une journée où ils ne sont pas une seule fois nourris, les animaux entrent dans une profonde colère et attaquent M. Jones et ses ouvriers agricoles puis les chassent de la ferme, qui leur appartient désormais entièrement et qu'ils renomment Ferme des animaux.
Les nouveaux dirigeants sont vite désignés en regard de leur intelligence supérieure : les cochons Napoléon et Boule de neige, tous deux secondés par Brille-Babil, un goret bien en chair excellant dans l'art du discours.
Tous trois mettent en place un système philosophique qui régira désormais la vie de la ferme.
Ils le nomment l'Animalisme.

Peu après ils réunissent les animaux dans la grange et écrivent sur le mur les sept grands principes de ce système :

Tout deuxpattes est un ennemi.
Tout quatrepattes ou tout volatile est un ami.
Nul animal ne portera de vêtements.
Nul animal ne dormira dans un lit.
Nul animal ne boira d'alcool.
Nul animal ne tuera un autre animal.
Tous les animaux sont
égaux.

Les cochons avaient en effet appris à écrire à partir d'un vieil abécédaire des enfants Jones.
Tous apprennent ensuite à lire quelques lettres, quelques mots ou couramment selon leur capacité.
Les animaux entament peu après la fenaison. Boule de neige se montre très actif, répartissant les animaux en commissions.
Napoléon, en revanche ne fait pas grand chose, si ce n'est d'enlever des chiots à leurs mères pour les éduquer.

Un jour, M. Jones, accompagné d'autres fermiers, tente de reprendre la ferme, mais les animaux, en particulier Boule de neige et le cheval Malabar, se battent avec courage et les repoussent.
Tous deux sont décorés pour leur vaillance dans cet affrontement, que l'on nomme bataille de l'Etable.

Quelques semaines plus tard, Boule de neige a l'idée de créer un
moulin à vent sur la colline pour générer de l'électricité et alléger le travail des animaux.
Napoléon est formellement contre ce projet qu'il trouve inutile et tente d'en convaincre les animaux lors d'un débat qui a pour slogan "la gamelle pleine" au lieu de moins de travail.
Mais le charisme de Boule de neige fait merveilleuse impression sur l'auditoire. Napoléon envoie alors sur Boule de neige les chiens qu'il avait élevés en cachette, devenus de solides molosses, et le chasse de la ferme.

Napoléon annonce que Boule de neige n'était rien d'autre qu'un espion des fermes alentours qui tentait par tous les moyens de les mener à leur perte, puis déclare qu'on construira bel et bien le moulin, qui était en fait sa propre idée.
Napoléon annule ensuite les réunions et les débats et fait savoir que désormais toute question sera débattue par un comité de cochons.
Une dictature se met peu à peu en place, mais se heurte bien évidemment aux sept commandements de l'Animalisme. Les cochons y opèrent donc de subtiles modifications et convainquent les autres animaux que leur mémoire leur joue des tours (ainsi, le principe Nul animal ne tuera un autre animal devient Nul animal ne tuera un autre animal sans raison valable). Napoléon fait également savoir que chanter Bêtes d'Angleterre est désormais interdit.

Le moulin est détruit par deux fois, une fois par le vent et une autre fois par les humains (lors de la bataille du Moulin à vent). À chaque fois, Boule de neige en est tenu responsable.
Brille-Babil certifie d'ailleurs accumuler des documents secrets qui confirment que Boule de neige était bien l'agent de Jones depuis le début.
Pendant ce temps, la vie des autres animaux ne s'améliore pas, tandis que les cochons jouissent de nombreux privilèges (ils ont de plus grandes rations, le droit de se lever plus tard, ne participent pas aux corvées, etc.).
Un jour, le courageux cheval Malabar, épuisé par la construction des deux moulins, tombe gravement malade. Brille-Babil vient s'enquérir de son sort puis déclare aux animaux que, sur ordre spécial du camarade Napoléon, Malabar va immédiatement être conduit à un hôpital où il pourra être soigné. En réalité Malabar est envoyé à l'abattoir, ce qui procurera aux cochons l'argent pour s'acheter une caisse de whisky.

Les cochons se mettent peu après à marcher sur leurs pattes de derrière, à porter les vêtements des Jones et à superviser les tâches un fouet à la patte. Ils renomment également la ferme sous le titre de Ferme du Manoir, son appellation d'origine.
Un soir, ils invitent les fermiers des alentours et se réconcilient avec eux, promettant d'entretenir dorénavant des relations amicales et coopératives.
Et les humains félicitent les cochons pour leur réussite : les bêtes de la Ferme des Animaux arrivent à produire plus de travail que les leurs, sans rechigner, avec pourtant des rations alimentaires des plus réduites. Et quand la jument Douce demande à l'âne Benjamin de lui lire les commandements inscrits sur le mur, il lui dit qu'il n'en reste plus qu'un seul :
Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d'autres.


personnages

Les évènements et les personnages de La Ferme des animaux sont inspirés de l'histoire de l'Union soviétique.
Orwell l'écrit de façon explicite au sujet de Napoléon qu'il associe à Staline dans une de ses lettres.
Les autres personnages représentent souvent des concepts génériques et l'association avec un personnage historique n'est donné qu'à titre indicatif.
*
Animaux
Sage l'Ancien
C'est un vieux cochon qui, suite à un rêve, est l'initiateur des idées révolutionnaires. Il meurt peu après avoir exposé ses idées, qui seront mises en pratique par d'autres jusqu'à un certain point. Tel le mausolée de Lénine, son crâne est vénéré comme une idole dans les jeunes années de la révolution, jusqu'à ce qu'il tombe dans l'oubli et soit finalement enterré. Sage l'Ancien est inspiré de
Lénine et de Karl Marx. Il symbolise également l'idéal communiste.
Napoléon
Un cochon corrompu qui devient le dirigeant de la ferme et instaure peu à peu un régime totalitaire. Il élève en cachette neuf chiots et, une fois ceux-ci devenus d'impressionnants molosses, en fait sa garde personnelle avec laquelle il expulsera Boule de neige de la ferme. Napoléon est inspiré de
Staline.
Boule de neige
Un cochon à l'esprit inventif qui s'oppose aux idées de Napoléon. Contrairement à ce dernier (donc à Staline) et pareillement à
Trotsky, il veut exporter la révolution.
Après avoir été chassé de la ferme par Napoléon, Boule de neige sera considéré comme un traître à la solde des fermiers et deviendra le bouc émissaire de tous les malheurs qui frapperont par après la vie des animaux (destruction du moulin et saccages en tous genres, disparition de clés, ...).
Bien que Boule de neige se fût toujours montré loyal avant son expulsion, tous les animaux le dénigreront et il tombera finalement dans l'oubli.
Ce cochon est inspiré de
Trotsky.
Brille-Babil
Un goret de petite taille, bien en chair, excellent orateur. Maître de la propagande, il justifie les actions de Napoléon en allant constamment parler aux animaux de la ferme. Lorsqu'il n'arrive plus à convaincre, il n'hésite pas à utiliser la menace voilée et l'intimidation. Pour cela il est escorté de deux ou trois chiens du cochon Napoléon.
Au fur et à mesure de l'avancement de l'histoire et de l'asservissement des animaux, Brille-Babil modifie subtilement pendant la nuit les Sept Commandements pour les rendre conformes aux décisions parfois arbitraires et contestables des cochons.
De même, il influence la mémoire des animaux au sujet de la bataille de l'Etable. Avec tact, persuasion voire menace, il parvient à leur faire comprendre comment Boule de neige (Trotsky), héros de la révolution et décoré après ce combat, avait en fait tenté de les mener à leur perte au moyen d'un stratagème bien calculé.
Brille-Babil symbolise la
Pravda ou plus généralement tout l'organe de propagande.
Malabar
C'est un
cheval de trait, le plus loyal des travailleurs de la ferme et d'une vénération sans borne pour Napoléon. Ses deux devises sont Je vais travailler plus dur et Napoléon ne se trompe jamais. Malabar est encensé par Napoléon, mais celui-ci le vendra secrètement à un équarrisseur pour toucher une récompense.
Malabar incarne le
stakhanovisme et toute cette génération de russes qui ont cru sincèrement et loyalement au régime soviétique.
Moïse
Un
corbeau à la solde de M. Jones, puis de Napoléon. Il tente de convaincre les animaux de l'existence de la Montagne de Sucrecandi, le paradis des animaux, où ils vivraient après la mort.
Il représente l'
Eglise orthodoxe, et la religion en général, « opium du peuple » selon Marx.
Lubie
C'est une
jument qui aime les rubans et autres colifichets (représentant le luxe), et qui aime être choyée par les humains. Elle préfère les flatteries et les sucreries à la « liberté » apportée par la révolution, et s'enfuira au service d'autres humains. Lubie représente les gens qui ont fui l'URSS après la révolution, tel les intellectuels qui émigrèrent en Europe au début des années 1920.
Benjamin
Un vieil
âne sceptique concernant la révolution, car visionnaire : avant même que les cochons ne prennent le pouvoir, il savait que cela se terminerait mal. Ce dernier incarne George Orwell, c'est à dire l'auteur même du roman, qui était un cynique et s'opposait vivement au stalinisme. En s'incarnant dans un des personnages de son propre livre, l'auteur pouvait critiquer à sa guise le régime de l'URSS.
Les moutons
Ne comprenant rien, se ralliant au plus fort et ayant l'opinion de celui qui parle en dernier, ils sont habilement encadrés et manipulés par les cochons pour étouffer sous leur nombre et leur bêtise toute velléité protestataire.
Ainsi, sur ordre des cochons, ils acclament systématiquement ces derniers et entonnent le refrain révolutionnaire Quatrepattes, oui ! Deuxpattes, non ! pour empêcher les contestataires de s'exprimer et ainsi clore les débats à l'avantage des cochons.
Plus tard, sur ordre de Brille-Babil, ce refrain deviendra Quatrepattes, bon ! Deuxpattes, mieux !. Les moutons représentent la fraction de la population la plus endoctrinée.
Les chiens
Ce sont neuf molosses constituant la garde personnelle de Napoléon, permettant à ce dernier d'instaurer un régime de terreur. Les chiens symboliseraient les services et polices secrètes soviétiques (
Tchéka, GPU, OGPU et NKVD)[réf. nécessaire].
Humains
M. Jones
C'est le propriétaire initial de la ferme du Manoir, négligeant avec ses animaux qu'il oublie un jour de nourrir, provoquant ainsi une rébellion.
Il est inspiré du
Tsar Nicolas II.
M. Whymper
Un humain engagé par Napoléon pour servir d'intermédiaire dans les relations commerciales entre la ferme des animaux et les humains. Il incarne les États-Unis.
M. Frederick
Le propriétaire de la ferme de Pinchfield. Il représente
Hitler et Pinchfield, l'Allemagne nazie.
M. Pilkington
Le propriétaire de la ferme de Foxwood. Il représente
Churchill et Foxwood, l'Angleterre.

Le parallèle avec l'URSS

Avant 1917
La Russie donne l’image d’une puissance en retard. Le pays est surtout rural et les riches terriens et le tsar Nicolas II sont presque les seuls qui vivent dans des conditions satisfaisantes. Les autres sont le plus souvent exploités (exploitation des animaux par M. Jones).

Cependant, un vent révolutionnaire souffle sur la Russie avec notamment les idées communistes de Karl Marx ou Lénine (songe de Sage l’Ancien).

1917-1921
La révolte peut finalement s’organiser plus vite à cause de la prise de sévères mesures : c’est le soulèvement de 1917 (oubli par M. Jones de nourrir les animaux et soulèvement de ces derniers)

Un nouveau régime s’installe avec des mesures draconiennes (les sept commandements) parfois mal acceptées, d’où de nombreuses fuites (Lubie qui préfère le luxe, Moïse). Puis, aidés par leurs anciens alliés (la France et l’Angleterre), les riches tentent de récupérer leur pays (bataille de l’Etable). C’est une défaite.
Après cette bataille, Boule de Neige crée le drapeau de la ferme qui comporte un sabot superposé d'une corne, le tout sur un fond vert symbolisant les prairies. Ce drapeau est comparable à celui de l'URSS, composé d'un marteau et d'une faucille.

1921-1927
Lénine meurt, Staline et Trotsky s’opposent pour prendre le commandement du régime (désaccords entre Napoléon et Boule de neige lors des débats). Trotsky est pour la révolution permanente (Boule de neige veut exporter la révolution dans les autres fermes) et l'industrie (Boule de neige préconise la construction d'un moulin à vent). Staline persécute alors Trotsky jusqu’à son exil (Boule de neige mis en fuite par les chiens de Napoléon).

1927-1939
Staline prend alors le pouvoir qui tourne vite à la terreur (exécution de présumés traîtres, les rations diminuées, le travail épuisant, la liberté supprimée au fur et à mesure par la modification des commandements). De plus, Staline instaure les plans quinquennaux que l'on peut comparer aux directives pour la semaine prises par Napoléon, chaque dimanche. Ce dernier donne également la priorité à la modernisation (construction du moulin à vent), comme le faisait Staline avec l'industrie lourde.

1939
À l’arrivée de la guerre, Staline ne s’allie pas avec un camp précis : tantôt l’Allemagne, tantôt l’Angleterre (à qui vendre les planches de bois ? À Frederick où à Pilkington ?). Puis l’Allemagne envahit la Russie (attaque de M. Frederick : bataille du Moulin à vent). Après quelques défaites (plusieurs animaux tués, moulin détruit), les russes finissent par repousser l’envahisseur (victoire des animaux).

Après la guerre
Le totalitarisme de Staline continue (Malabar vendu à un boucher car trop faible, retraites supprimées, rations encore diminuées).
Finalement, l’URSS se pérennise, Staline s’enrichit (tableau d’une ferme plus riche à la fin malgré des animaux esclaves) et discute d’égal à égal avec les dirigeants des autres pays (les cochons, devenus humains, reçoivent des fermiers pour jouer aux cartes et discuter affaires).
Biographie
George Orwell, de son vrai nom Eric Arthur Blair (Motihari, Inde, 25 juin 1903 - Londres, 21 janvier 1950), est un écrivain anglais, dont l'œuvre porte la marque de ses engagements, qui trouvent eux-mêmes pour une large part leur source dans l'expérience personnelle de l'auteur : contre l'impérialisme britannique, après son engagement de jeunesse comme représentant des forces de l'ordre colonial en Birmanie ; pour la justice sociale, après avoir observé et partagé les conditions d'existence des classes laborieuses à Londres et à Paris ; contre les « totalitarismes » nazi et soviétique, après sa participation à la guerre d'Espagne.
Témoin de son époque, Orwell est dans les
années 1930 et 1940 chroniqueur, critique littéraire et romancier. De cette production variée, les deux œuvres au succès le plus durable sont deux textes publiés après la Seconde Guerre mondiale : La Ferme des animaux et surtout 1984, roman dans lequel il crée le concept de Big Brother, depuis passé dans le langage courant de la critique des techniques modernes de surveillance. L'adjectif « orwellien » est également fréquemment utilisé en référence à l'univers totalitaire imaginé par l'écrivain anglais.

Œuvres littéraires anti-totalitaires

fictions :

souvenirs et témoignages


littérature concentrationnaire

Note :
"la ferme des animaux"
et "1984"
sont les seuls livres de Orwell que j'ai lu...
et relu.
Impressionnant
et passionnant !
*
site à voir :
source - la grande majorité de l'article provient de wikipédia (pas trouvé mieux).