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mardi 9 décembre 2008

Consacré par le prix Nobel, Le Clézio exprime encore ses "doutes"


J.M.G. Le Clézio a la réputation de se trouver "plus à l'aise avec les gens modestes" - c'est en tout cas ce que dit de lui son éditeur français, Antoine Gallimard. On se demande, dans ces conditions, ce qu'a bien pu ressentir cet homme réservé lorsqu'il s'est avancé sous les ors de la grande salle de l'Académie de Suède, pour prononcer son discours de réception du prix Nobel.
Dimanche 7 décembre, à la fin d'un après-midi déjà noir comme l'encre, l'écrivain s'est présenté sans hâte au milieu d'un public très choisi : tout ce que Stockholm compte de dignitaires culturels s'était rassemblé dans ce salon ruisselant de lumière, en plein coeur de la vieille ville. Moulures, candélabres, fauteuils capitonnés, velours et lustres à pampilles de cristal, rien ne manquait à ce décor solennel, raide et vaguement désuet.

C'est cependant d'un pas serein que le Prix Nobel de littérature 2008, quatorzième récipiendaire français, a marché jusqu'à la tribune, tournant le dos à la gigantesque statue blanche du roi Gustave III de Suède. Et d'une main ferme qu'il a tenu les onze feuillets de son intervention, pendant tout le temps qu'a duré la lecture.
Rien d'étonnant : quelques jours avant de prononcer sa conférence, J.M.G. Le Clézio avait expliqué qu'il ne se sentait absolument pas "intimidé". Un peu inquiet, peut-être, en proie au "trac du comédien", mais c'est tout. "Ça ne me fait rien", affirmait l'écrivain, qui avait déjà remis, comme il se doit, son discours à l'Académie suédoise, afin qu'il soit traduit en plusieurs langues à l'usage des médias du monde entier.

Horace Engdahl, secrétaire permanent de l'Académie, a pourtant prévenu, avant de donner la parole au lauréat, que "le prix Nobel n'est pas attribué à une nation ou à une langue, c'est une récompense personnelle" qui veut introduire l'écrivain dans "une catégorie au-dessus des nations". Mais Le Clezio est un homme sage. Il préfère ne pas s'attacher au "côté individuel" du prix, avait-il souligné, avant de partir pour Stockholm.
Ce qui lui importe, c'est que la récompense "soit internationale" et qu'elle s'adresse, à travers son oeuvre, à la langue française. "Cela veut dire qu'elle est écoutée, qu'on la lit, et pour moi, c'est très positif, observe-t-il. J'aime la langue française et je suis très heureux de lui rendre un peu de la gloire que j'en ai reçue."

ECRIRE POUR LES AFFAMÉS

Après avoir remercié, comme il se doit, les académiciens et "la nation suédoise tout entière", le Prix Nobel s'est appliqué à répondre à cette question impossible et passionnante : "Pourquoi écrit-on ?" Des souvenirs d'enfance aux réflexions de l'âge adulte, il a organisé son texte autour d'une expression de l'écrivain suédois Stig Dagerman.
La "forêt de paradoxes" est la situation dans laquelle se trouve l'écrivain, qui veut écrire pour les affamés, mais n'est lu que par les ventres pleins. Un individu à la fois "confronté au réel" et souvent impuissant à le modifier. "Agir, c'est ce que l'écrivain voudrait par-dessus tout. Agir, plutôt que témoigner." En amont de l'hommage magnifiquement rendu à de nombreux écrivains, Le Clezio n'a pas craint d'appeler à l'action, justement : en faveur de la littérature et du livre, "outil idéal" de la diffusion des cultures.

"C'est un discours où je parle du doute", avait prévenu l'écrivain, la semaine précédente. Cette incertitude qui hante les écrivains, les ébranle et, parfois, les mine. "La plupart de ceux à qui j'ai parlé n'avaient aucune forme d'assurance, aucune certitude.
Octavio Paz, par exemple, était plein de doutes que le prix Nobel ne lui avait pas enlevés." Lui-même, a-t-il observé, se sent plus facilement envahi par le doute que par les honneurs. Quand il a reçu l'appel annonciateur du prix, le matin du 9 octobre ("Une voix dotée d'un fort accent m'a dit : "Je vous appelle au nom de l'Académie de Suède...""), il a failli croire à un canular. Il est vrai que son nom figurait depuis douze ans sur la liste examinée par les académiciens Nobel et dont des petits morceaux circulent chaque année, sous forme de rumeurs.

Faute d'absorber toutes les incertitudes, le Nobel peut constituer une sorte de "baume", a remarqué J.M.G Le Clézio - en tout cas, un formidable "encouragement". Pour l'écrivain, et aussi pour ses éditeurs qui n'ont, eux, aucune raison de douter.
Antoine Gallimard, patron de la maison qui publie J.M.G Le Clézio depuis son premier livre, en 1963 (Le Procès-Verbal, prix Renaudot), souligne ainsi que ce Nobel est une grande source de "fierté". Non seulement parce qu'il couronne une oeuvre très variée, "kaléidoscopique", mais parce que cette oeuvre s'est élaborée presque entièrement au sein d'une seule maison. C'est chez Gallimard, où il avait envoyé son premier manuscrit par La Poste, à l'âge de 23 ans, que Le Clézio a publié l'essentiel de ses livres.

Depuis l'annonce du prix, le nombre des contrats de réédition immédiate s'est envolé, constate Anne-Solange Noble, directrice des droits étrangers de Gallimard.
Déjà traduit en trente-six langues, Le Clézio sera réimprimé partout. En France, le tirage de Ritournelle de la faim, son dernier roman (sorti une dizaine de jours avant l'annonce du Nobel), est passé de 60 000 à 280 000 exemplaires, et le nombre de ventes en format de poche a bondi. De quoi ôter toute forme d'incertitude, au moins en termes de succès : le livre, cet "outil idéal", n'est pas encore mort.
Raphaëlle Rérolle-LE MONDE 08.12.08 16h54

lundi 8 décembre 2008

Le Clézio dans la forêt des paradoxes

Les prix Nobel sont traditionnellement remis un 10 décembre, date anniversaire de la mort d’Alfred Nobel mais, selon le même rituel, Jean-Marie Le Clézio, prix Nobel de la littérature 2008, a prononcé son discours devant l’Académie suédoise, dans la grande salle du Palais des concerts, ce dimanche en fin de journée à Stockholm


. L’exercice de style est très attendu et les heureux élus s’en tirent avec plus ou moins de bonheur.
Difficile de venir après Albert Camus dont le discours est resté comme une pierre blanche dans son oeuvre, et plus récemment après Orhan Pamuk qui lut un texte magnifique sur son père et sa vocation d’écrivain.
Le Clézio a donc fait du Le Clézio, ce dont on ne saurait le blâmer.
Mais du Le Clézio dernière manière, même si l’on retrouvait dans ces douze pages intitulées “Dans la forêt des paradoxes”, quelques lueurs de l’auteur du Procès-verbal et de La Guerre. Appliqué, didactique, aussi boutonné que son auditoire et par moment inspiré.

L’incipit est banal : “Pourquoi écrit-on ? J’imagine que chacun a sa réponse à cette simple question. Il y a les prédispositions, le milieu, les circonstances. Les incapacités aussi. Si l’on écrit, cela veut dire que l’on n’agit pas. Que l’on se sent en difficulté devant la réalité, que l’on choisit un autre moyen de réaction, une autre façon de communiquer, une distance, un temps de réflexion”.
Le développement sur la guerre est poignant mais bref : “Pas un instant elle ne m’a paru un moment historique. Nous avions faim, nous avions peur, nous avions froid, c’est tout”.
On y trouve des formules (”L’humour, parfois, qui n’est pas la politesse du désespoir mais la désespérance des imparfaits, la plage où le courant tumultueux de l’injustice les abandonne”),
des lieux communs (”La communication rend le progrès plus rapide, en médecine, ou en sciences”),
des lapalissades (”la littérature est faite de langage. C’est le sens premier du mot : lettres, c’est-à-dire ce qui est écrit”),
des étrangetés historiques (”S’il y avait eu internet, il est possible que Hitler n’eût pas réussi son complot mafieux – le ridicule l’eût peut-être empêché de naître”),
des contradictions (”La culture à l’échelle mondiale est notre affaire à tous. Mais elle est surtout la responsabilité des lecteurs, c’est-à-dire celle des éditeurs”),
des retards à l’allumage (”Nous vivons, paraît-il, à l’ère de l’internet et de la communication virtuelle”)...
Toutes choses qui en font un discours déconcertant sous cette plume tant il est parfois gauche, assez ennuyeux et politiquement correct très “united colors of litterature”.
Jusqu’à l’intitulé, et le leitmotiv sylvestre qui en découle, emprunté avec force hommages au suédois Stig Dagerman, ce qui n’était pas fait pour déplaire en ces lieux.
Dans cette figure imposée, Le Clézio, arpenteur des forêts mais certainement pas écrivain voyageur, ne touche que lorsqu’il évoque sa passion pour les mythes ou lorsqu’il se livre à “Ce que je dois”, égrenant une abondante bibliographie dans laquelle des auteurs méconnus ou inconnus écrivant ou urdu ou kanak se mêlent au Sartre de Morts sans sépulture “pour les larmes que sa pièce contient”, à Jack London, aux grands Africains (Kourouma, Soyinka, Beti), aux latino-américains héritiers de Juan Rulfo, et surtout à Elvira la conteuse des Emberas dédicataire de son prix.

Un écrivain se rehausse quand il paie ses dettes. Et Le Clézio le fait superbement. Dommage que sa reconnaissance de dettes n’occupe qu’une partie de son discours, bien trop consensuel et débordant de bons sentiments. La vocation de la littérature est de déranger : ce texte sur la vocation de l’écrivain ne dérangera personne. Comme l’eau tiède. Dommage, vraiment, car cela risque de détourner de nouveaux lecteurs de son oeuvre.

Son discours, écrit dans sa maison de Bretagne dès les premiers jours de novembre, est une apologie de la vie appréhendée dans toute sa lenteur, une défense et illustration de cette solitude minérale dont toute sa personne est le reflet granitique.
Plus on l’écoute parler, plus on se convainc que rien n’exprime mieux cet homme-là que ses silences.
Là gît son intime paradoxe. En suivant sa conférence, les académiciens suédois ont dû se dire qu’ils ne s’étaient vraiment pas trompés. Pas seulement parce que Le Clézio est un authentique écrivain, qu’il n’est que cela et rien d’autre, qu’il a une oeuvre cohérente et pleine derrière lui et un monde en lui. Mais parce que s’inscrit en lui une ambiguïté … nobélissime.
En effet, depuis un siècle qu’existe la récompense suprême, les linguistes suédois se disputent régulièrement autour d’une phrase du testament holographe de l’inventeur de l’huile explosive dite nitroglycérine, tel qu’il l’avait rédigé en suédois à Paris en 1895.
Il s’agit du passage où il est question de distinguer l’ouvrage littéraire le plus remarquable d’inspiration “idealistisk”. Cela signifie-t-il “idéal” ou “idéaliste” ?
Grâce à Le Clézio, la polémique devrait être close puisqu’il est l’un des rares écrivains à conjuguer ces deux vertus en son oeuvre et sa personne.

P.S. : Ce lundi à partir de 12h sur France-Culture, le discours de JMG Le Clézio sera commenté et analysé par Arnaud Laporte et ses invités dans le magazine Tout arrive !

(Photos Marc Le Chelard/Afp, Paris-Match, Franz Bouton/Nice-Matin/Maxppp)

mardi 28 octobre 2008

Le Clézio : l'effet Nobel

Les ventes de tous ses livres s'emballent et Gallimard doit réimprimer


C'est de la folie. Deux jours à peine après l'annonce du prix Nobel de littérature à Jean-Marie Gustave Le Clézio, les ventes de son dernier roman Ritournelle de la faim (Extrait sur Lire.fr), s'envolaient, conduisant son heureux éditeur, Gallimard, à réimprimer immédiatement, le tirage total s'élevant à 130 000 exemplaires.
Un engouement qui, loin de se tarir, n'a cessé d'augmenter : le 19 octobre, soit 17 jours après sa parution, Ritournelle de la faim s'envolait, selon Edistat, à 52 000 exemplaires, un chiffre qui devrait s'élever en cette fin de semaine (en comprenant la journée de demain, samedi, plus grosse journée des ventes de livres) aux alentours des 80 000 exemplaires.

Plus étonnant encore, l'effet Nobel ne joue pas seulement sur le dernier roman du Franco-Mauricien du Nouveau Mexique, mais aussi sur nombre de ses ouvrages parus en poche, chez Folio : Désert, Le Chercheur d'or, Le Procès-Verbal, La Ronde et autres faits divers, Mondo et autres histoires, Onitsha, L'Africain, titres qui, bien avant le Nobel, avaient largement dépassé les 100 000 exemplaires...
Sauf que beaucoup d'entre eux se sont vite retrouvés indisponibles.
« Epuisés chez l'éditeur », comme il est dit dans le jargon du métier. L'information a été relayée par toutes les librairies de France. Et la maison mère de lancer in petto les réimpressions, soit, au total, plus de 400 000 exemplaires des différents titres réimprimés.

Un raz de marée au regard du dernier prix Nobel de littérature français, Claude Simon, en 1985, dont les oeuvres (La Route des Flandres, Les Géorgiques...) publiées chez Minuit ont connu un succès public bien moindre.
Il est vrai que le grand blond possède plus d'un atout : son élégance, ses thèmes de prédilection (l'autre, la différence, les croisements de cultures, l'écologie), sa littérature facile d'accès.
Le phénomène n'est pas près de s'étioler, de nombreux libraires pronostiquant déjà que Ritournelle de la faim fera figure de parfait cadeau de Noël. Le Goncourt n'a qu'à bien se tenir.
Par Marianne Payot, mis à jour le 24/10/2008 12:22:56
Note :
En effet, il sera de bon ton d'offir un Le Clézio pour les étrennes... c'est d'ailleurs ce que j'avais prévu de faire.
Le Goncourt, ne viendra qu'en seconde position... et encore, pas sûr, il faudra d'abord qu'il me séduise, et pour le moment... les prévisions ne m'emballent pas.

vendredi 17 octobre 2008

Le Clézio : un Prix Nobel ouvert au public

Auteur français, littérature accessible, personnage séduisant : trois raisons qui ont suscité l'engouement. 410 000 exemplaires ont été réimprimés, au total.

De mémoire de libraire, on n'avait jamais vu ça :
en deux jours, tout livre signé de J.M.G. Le Clézio a disparu des rayons.
« C'est peu de le dire. Quelques heures après l'annonce du prix Nobel de littérature, nous avons été dévalisés, si bien qu'il ne nous reste aucun titre. Nous avons tout recommandé. Nous savons également que les autres librairies sont en rupture de stocks », affirme-t-on chez Mollat, à Bordeaux, l'une des plus importantes librairies en France.

L'étonnant est que cette frénésie d'achat des livres de l'écrivain nobélisé touche tous ses titres en vente.
Son dernier roman, Ritournelle de la faim, mais aussi L'Africain, texte aux accents autobiographiques où l'auteur évoque son père, ou encore Désert et Le Procès-Verbal (livres les plus cités par les médias), ainsi que La Ronde et autres faits divers.
Quelques chiffres pour donner une idée de l'extraordinaire engouement :
les trente-cinq librairies du groupe Virgin avaient vendu un exemplaire de L'Africain la dernière semaine de septembre (le titre a paru voilà quatre ans) ;
la semaine du Nobel, le réseau a écoulé plus de 200 exemplaires.
Idem en ce qui concerne Désert (l'édition en poche a été publiée en 1985) : presque rien fin septembre, et près de 300 exemplaires en deux jours.
Quant à Ritournelle, les ventes ont été multipliées par dix et Gallimard a procédé à un tirage de 140 000 exemplaires.
Et au total, 409 500 exemplaires des différents titres de Le Clézio ont été réimprimés ! Les deux meilleures ventes de la librairie en ligne Amazon sont Désert et Ritournelle.

Tous les libraires contactés ont constaté ce phénomène : jamais un prix Nobel n'a eu autant d'impact en France et en si peu de temps. Claude Simon, le dernier auteur de langue française à avoir décroché la prestigieuse palme, n'avait pas reçu, tant s'en faut, un tel accueil.

Pourquoi l'effet Nobel a-t-il, cette fois, joué à plein ?
Le Clézio réunit trois atouts :
il est français,
ses livres sont accessibles au plus grand nombre
et l'homme séduit.
« Il existe un fort sentiment de fierté en même temps qu'une volonté de découvrir cet auteur français qui, par la grâce du prix, devient l'égal des plus grands écrivains mondiaux », explique-t-on chez Mollat.
« Il attire de nombreux lecteurs, car, même si sa littérature est exigeante, elle reste ouverte. Ses livres traitent de thèmes d'actualité comme l'écologie. Et les médias ont donné envie d'en savoir plus sur ce personnage séduisant », souligne, de son côté, Gaëtan de Salvatore, de la librairie Murat, à Paris.
Et ce n'est pas fini : l'effet devrait être sensible jusqu'à la fin de l'année. »
Mohammed Aïssaoui16/10/2008
http://www.lefigaro.fr/livres/2008/10/16/03005-20081016ARTFIG00413-le-clezio-un-prix-nobel-ouvert-au-public-.php
Note
Tant mieux !
Je crois surtout que beaucoup en ont entendu parlé comme un "grand" écrivain mais que peux ont osé l'aborder jusqu'à présent.
Cela vaut également pour moi, qui n'ai lu que "Mondo", il y a peu de temps.
Je fais donc aussi partie des lecteurs qui se sont précipités pour l'acheter... lorsque j'ai vu 2 Le Clézio dans l'étalage de mon bouquiniste, dimanche dernier.
J'ai eu exactement le même genre de réaction lors de l'attribution du nobel de littérature à Orhan Pamuk (depuis, je suis fan !).
Bizarre... pas du tout le même effet l'an passé avec Doris Lessing. Toujours pas lue, ni même tentée... et aucune raison a celà.

jeudi 9 octobre 2008

Le Français Jean-Marie Gustave Le Clézio, prix Nobel de littérature 2008

NOUVELOBS.COM 09.10.2008 16:09

L'Académie suédoise a récompensé l'auteur de "Désert", qui s'est dit "très ému", pour son oeuvre "de la rupture de l'aventure poétique et de l'extase sensuelle, l'explorateur d'une humanité au-delà et en-dessous de la civilisation régnante".
Après le prix Nobel de médecine, il s'agit du deuxième Nobel attribué à un Français en 2008.

Jean-Marie Gustave Le Clézio (Sipa)
Le prix Nobel de littérature 2008 a été attribué à l'écrivain français Jean-Marie Gustave Le Clézio pour son oeuvre "de la rupture", a annoncé, jeudi 9 octobre, l'Academie suédoise.
L'Académie a fait ce choix d'un "écrivain de la rupture, de l'aventure poétique et de l'extase sensuelle, l'explorateur d'une humanité au-delà et en-dessous de la civilisation régnante", selon les attendus de l'Académie.J-M G Le Clézio, 68 ans, recevra un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (1,02 million d'euros) le 10 décembre à Stockholm.
En juin dernier, il avait reçu le prix littéraire suédois Stig Dagerman qu'il lui sera remis en octobre à Stockholm.
"Gagner du temps"
Jean-Marie Gustave Le Clézio s'est déclaré "très ému et très touché" par la récompense, dans une interview en français à la radio publique suédoise.
"C'est un grand honneur pour moi", a ajouté le lauréat du prestigieux prix, précisant qu'il remerciait "avec beaucoup de sincérité l'Académie Nobel".
Avant l'attribution du prix, J-M G Le Clézio a estimé que le Nobel permet à un écrivain de "gagner du temps", lui "donne envie de rebondir"."Quand on est écrivain, on croit toujours aux prix littéraires (...) Comme tout prix littéraire, ça représente du temps, c'est gagner du temps. Ca donne envie de rebondir", a-t-il déclaré sur France Inter à propos du Nobel, dont il n'était alors que l'un des favoris.
"On écrit pour avoir des réponses, c'est une réponse", a-t-il souligné.
Interrogé sur la teneur du discours qu'il pourrait prononcer lors de la cérémonie d'attribution du Nobel, l'écrivain a évoqué "la difficulté que les jeunes ont à se faire publier", "toute la relativité du système éditorial".
"C'est difficile surtout quand on est très jeune. On doit sans cesse frapper aux portes, se heurter à des murs", a-t-il noté.
"Je n'écris que des romans parce que je suis incapable d'écrire des mémoires. J'ai une sorte de réticence à regarder ma vie, à considérer qu'elle a un intérêt", a-t-il encore noté, à propos de son dernier livre "Ritournelle de la faim".
Plusieurs fois primés
Né le 13 avril 1940 à Nice d'une famille bretonne émigrée à l'Ile Maurice au 18e siècle, Jean-Marie Le Clézio est considéré comme un des maîtres de la littérature francophone contemporaine.
Il a reçu entre autres le prix Renaudot en 1963 pour son ouvrage "Le procès-verbal". Il était alors âgé de 23 ans.
Son oeuvre très diverse évoque aussi les voyages et différentes cultures, notamment l'Amérique latine, l'Afrique et l'Océanie.
Les derniers lauréats français sont l'écrivain d'origine chinoise Gao Xingjian en 2000 et Claude Simon, grande figure du Nouveau roman, en 1985.
J-M GLe Clézio recevra un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (1,02 million d'euros) le 10 décembre à Stockholm.

Bibliographie de Jean-Marie Le Clézio

Jean-Marie Gustave Le Clezio, lauréat jeudi du prix Nobel de littérature, est l'auteur d'une cinquantaine de livres dans plusieurs genres, édités essentiellement chez Gallimard.Voici les principaux titres de son oeuvre:
- Le Procès-verbal (roman, 1963)
- La Fièvre (nouvelles, 1965)
- Le Déluge (roman, 1966)
- L'Extase matérielle (essai, 1967)
- Terra Amata (roman, 1967)
- Le Livre des fuites (roman, 1969)
- La Guerre (roman,1970)- Les Géants (roman, 1973)
- Voyages de l'autre côté (nouvelles, 1975)
- Les Prophéties du Chilam Balam (version et présentation de Le Clézio (76)
- Vers les icebergs (essai, 1978)
- Mondo et autres histoires (nouvelles, 1978)
- L'Inconnu sur la Terre (essai, 1978)
- Voyage au pays des arbres (jeunesse, 1978)
- Désert (roman, 1980)
- Trois Villes saintes (essai, 1980)-
La Ronde et autres faits divers (nouvelles, 1982)
- Relation de Michoacan (version et présentation de Le Clézio, 1984)
- Le Chercheur d'or (roman, 1985)
- Voyage à Rodrigues (roman, 1986)
- Le Rêve mexicain ou la pensée interrompue (essai, 1988)
- Printemps et autres saisons (nouvelles, 1989)
- Sirandanes (nouvelles, 1990)- Onitsha (roman, 1991)
- Étoile errante (roman, 1992)- Diego et Frida (biographie, 1993)
- La Quarantaine (roman, 1995)
- Poisson d'or (roman, 1997)
- Révolutions (roman, 2003)
- L'Africain (récit, 2004)
- Ourania (roman, 2005)
- Ritournelle de la faim (roman, 2008)
Note :
Après pas mal d'années de purgatoire (1985) pour la littérature française, enfin un français à l'honneur !
D'autant plus que le nom de Le clézio était murmuré depuis pas mal de temps et jamais honnoré.
C'est fait et mérité...
Regret tout de même pour mon favori Amos Oz. Dans le même cas le Le Clézio d'ailleurs. Son nom apparait tous les ans. Alors espérons encore... l'année prochaine à Stockholm.

mercredi 8 octobre 2008

Prix Nobel de littérure - Le Clézio à 15 contre 1


Le Comité Nobel rendra son verdict jeudi et attribuera probablement son trophée littéraire à un auteur surprise, comme tous les ans.
Ce qui n'aura pas empêché les parieurs de faire leurs pronostics en ligne.
Comme sur le site de Ladbrokes, l'un des plus célèbres bookmakers britanniques.


A la veille de l'attribution du prix Nobel de littérature, jeudi à Stockholm,
le célèbre bookmaker anglais Ladbrokes organise, comme chaque année, des paris sur l'identité de l'heureux lauréat.
L'occasion de mesurer la cote des uns et des autres.


Grands favoris: Claudio Magris, l'auteur de Danube, à 4 contre 1, suivi de près par le poète libanais Adonis (5 contre 1) et l'Israëlien Amos Oz (6 contre 1).


On trouve ensuite la ribambelle des noms qui trainent depuis des années - Philip Roth, Don Delillo, Murakami, Pynchon...


Quant aux Français, le mieux placé est le poète Yves Bonnefoy (11 conte 1),
suivi de Le Clézio (15 contre 1),
puis, beaucoup plus loin, de Michel Tournier
et Patrick Modiano (101 contre 1...)


Parmi les curiosités,
on trouve même Bob Dylan à... 151 contre 1!


Au-delà de l'aspect un peu folklorique de ces paris - sauf pour ceux qui empocheront le jackpot - souvent démentis par le comité Nobel qui sort un "inconnu" de son chapeau, on notera que le site Ladbrokes a un adepte pour le moins inattendu: Horace Engdahl, patron du... Comité Nobel.
Bien sûr, ce très sérieux académicien suédois ne parie pas. En revanche, il scrute chaque matin les cotes, pour s'assurer qu'aucune fuite n'est survenue au sein de ses jurés...

Course au Nobel de littérature : le comité critiqué, Amos Oz plebiscité

Et les résultats... attendus !

« Vous n'allez pas le croire, mais je ne me sens rien de spécial », explique Amos Oz.
Depuis que sa cote a été fixée à 5:1,
le plaçant derrière Claudio Magris, à 3:1 et Adonis à 4:1,
Amos Oz jouit soudain d'un intérêt étrange de la part des médias.
« J'ai reçu la part de prix que je méritais, et même au-delà. Je ne suis pas assis là à attendre le Nobel. »
Pourtant, l'agence britannique Ladbrokes le considère, bien que sa cote soit moindre comme l'un des titulaires réellement en lice.

ON l'ignore, et à 24 heures des délibérations,
les spéculations sur les canassons du Nobel vont bon train.


D'ailleurs, côté américain, on spécule tout de même, bien qu'il y ait peu d'espoir. Les propos d'Horace Engdahl étaient sans équivoques : les Américains sont trop bornés à leur territoire pour mériter un prix international. Aussi ne se prive-t-on pas de largement critique cette approche anti-USA. « Déclaration choquante et ridicule », prouvant qu'Horace « n'a pas lu beaucoup de littérature américaine », estime le ministre canadien des affaires culturelles.


Et chacun d'y aller de sa liste d'auteurs largement admissibles au rang de prix Nobel... La culture de masse américaine, pas assez hautement littéraire pour le secrétaire du comité ? Manifestement, cela passe mal auprès des foules...

Note
mon coeur balance... entre les deux.
JMB Le Clézio, que je viens de découvrir... J'aimerai bien comme beaucoup pousser un cocorico bien cocardier...
mais...
Amos Oz, l'un de mes auteurs favoris...
Même cas que l'an passé. Les deux figuraient sur la liste et c'est finalement Lessing qui a remporté le prix...

mardi 7 octobre 2008

Le Prix Nobel de Littérature échappe à Bernard-Henri Lévy


Lundi s’ouvre à Oslo le bal des prix Nobel 2008, avec en point d’orgue la littérature jeudi et la Paix le lendemain, pour l’apothéose. Les efforts déployés par Bernard-Henri Lévy sur les champs de bataille et surtout dans les médias auront cette année encore été vains pour décrocher la récompense suprême qu’avait dédaignée en 1964 son mentor, Jean-Paul Sartre.

Suprême outrage de l’Académie suédoise, c’est le nom de Jean-Marie Le Clézio qui paraît rencontrer la faveur du collège, au point qu’il se retrouve abondamment cité dans les cercles littéraires du royaume : cette fois, je pense que ce pourrait être Le Clézio, c’est mon intuition, ne cesse de répéter Maria Schottenius, responsable des pages culturelles du plus quotidien de référence Dagens Nyheter.
Les statuts du Nobel parlent de récompenser une œuvre avec des idéaux et les livres de Le Clézio sont pleins d’humanité. Il est à cheval sur plusieurs cultures, l’Amérique latine, l’Afrique, l’Europe.
Tout cela plait beaucoup à l’Académie, a pour sa part déclaré sous le sceau de l’anonymat un éditeur suédois à l’Agence France-Presse. D’autres noms reviennent régulièrement : Adonis, le poète syrien pseudonyme d’Ali Ahmad Saïd, l’Australien Les Murray ou encore l’Américain John Ashberry. Le site de paris en ligne Ladbrokes donne l’essayiste italien Claude Magris comme super favori à 3 contre 1.

Cruelle déception pour notre philosophe national que de se voir cette année encore coiffé au poteau, et cette fois-ci par un compatriote, un obscur ethnologue tout juste bon à alimenter les épreuves du bac blanc en commentaires de texte !
Au moment où le monde de l’édition s’attendait à voir couronné l’un des hérauts de la littérature américaine, celle qui bon an, mal an, vend le plus de livres, Horace Engdhal, Secrétaire perpétuel de l’académie suédoise, provoque en Amérique du Nord l’indignation des spécialistes de littérature : les États-Unis sont trop isolés, ils ne traduisent pas assez et ne participent pas au dialogue des littératures, a-t-il affirmé la semaine dernière.

Le Nobel n’a pas été décerné à un auteur américain depuis 15 ans : Toni Morrison, l’auteur de Beloved, est la dernière à l’avoir obtenu en 1993. Depuis la guerre, 5 autres Américains de langue anglaise avaient reçu cette grande distinction : Saul Bellow en 1976, John Steinbeck en 1962, Ernest Hemingway en 1954, William Faulkner en 1949 et Thomas Stearns Eliot l’année précédente.
David Remnick, journaliste au New Yorker, a d’ailleurs répliqué : si Horace Engdhal était plus attentif à la scène littéraire qu’il vise, il verrait la vitalité dont font part les auteurs comme Roth, Updike, et Don DeLillo, ainsi que des jeunes écrivains qui sont, pour certains, des enfants de l’immigration, et qui écrivent dans leur anglais adopté. Quelle que soit leur génération, aucune de ces pauvres âmes n’a été ravagée par les horreurs du Coca-Cola.

Des choix ambigus pour départager les nobélisables

Pour ce qui concerne la Littérature, un prix Nobel revient statistiquement deux fois à un Anglais, une fois à un Français et une fois à un Américain par décennie…
Les Britanniques ont été particulièrement choyés depuis le début du millénaire, avec 3 lauréats dont le dernier, ou plutôt la dernière, est Doris Lessing en 2007.
En revanche, aucun Américain, aucun écrivain de langue française n’a eu ces 10 dernières années l’honneur de recevoir la récompense. Il y a donc tout lieu de penser que le tour est enfin venu pour que la littérature la plus importante en terme de chiffre d’affaires et d’influence dans le monde des Lettres et des idées soit honorée. Les noms de Philip Roth, Joyce Carol Oates et John Updike sont depuis des années d’ailleurs transmis sur les listes remises à l’Académie.

Moins probable était celui du choix français : il ne fait plus l’ombre d’un doute que la langue de Voltaire n’inspire plus personne, à part peut-être dans l’espace francophone où elle est constamment mise à mal et battue en brèche par celle de Shakespeare, ou plutôt de Stephen King !
Les Français ont donc été royalement ignorés par l’Académie de Suède en près de 25 ans, tant le rôle de leur littérature est mineur, même au sein de la francophonie. C’est pourquoi Bernard-Henri Lévy s’est investi depuis quelques années dans un projet d’ampleur internationale pour offrir la glorieuse timbale à la France. Le plan est remarquablement bien conçu, mais il a encore échoué.

Après la controverse autour de son enquête au sujet de l’assassinat du journaliste Daniel Pearl, il comprend que seule une audience planétaire est susceptible de porter l’attention des membres de l’Académie sur son œuvre, mais il sait déjà que la langue française est en perte de vitesse…
Le succès doit se conquérir sur le terrain où se jouent les réputations mondiales, les États-Unis. Il convainc d’abord la revue Atlantic Monthly et l’éditeur américains Random House de publier un récit de voyage aux États-Unis, construit sur le modèle De la Démocratie en Amérique du fameux Alexis de Tocqueville. American Vertigo paraît en janvier 2006, précédé d’une tournée de conférences dans le pays. C’est est un succès médiatique, au moins en France.

L’auteur est accusé par des éditorialistes d’être un philosophe de comptoir s’exprimant de manière hâtive sur bon nombre de sujets dont il ne maîtrise pas forcément les tenants et les aboutissants, plaquant ses préjugés sur une réalité qu’il ignore, et peu disposé à écouter la critique qu’il rejette de façon systématique et avec véhémence. On lui reproche assez fréquemment de traiter son sujet de manière honteusement subjective, et de masquer des lieux communs par des artifices littéraires éculés et des phrases pompeuses.

Au pays qu’il dépeint dans son ouvrage, le livre est complètement ignoré : les chiffres des ventes aux États-Unis bluffent les amateurs de littérature en France, mais ils ne correspondent en rien à l’étendue du marché américain. C’est un livre que j’ai écrit pour un lecteur américain plutôt que pour un lecteur français, explique Bernard-Henri Lévy à la presse française, mais il n’est pas sûr qu’il ait bien saisi son sujet : je ne peux pas du tout prendre Lévy au sérieux. J’étais plongé dans son premier article dans Atlantic jusqu’à ce que je tombe sur la phrase "Detroit, sublime Detroit". J’ai éclaté de rire, a-t-on relevé dans le Boston Globe…

La vérité se doit d’être au service du philosophe

Qu’à cela ne tienne, Bernard-Henri Lévy est prêt à enfourcher n’importe quel cheval de bataille, pourvu qu’il serve sa renommée de par le monde.
C’est ainsi qu’il s’est rendu en Géorgie pour le compte du journal Le Monde au mois d’août 2008. Ses choses vues le sont par un prisme pro américain qui défie l’entendement par leur partialité.
Elles ne sont curieusement pas les mêmes que celles rapportées par les journalistes d’agence qu’il y a côtoyés, mais elles sont reprises par le Corriere della Sera, El Mundo, l’Expressen, le Huffington Post et la Frankfurter Allgemeine Zeitung.
Plus journaliste que philosophe, plus polémiste que journaliste, le modèle dont se réclame Bernard-Henri Lévy est celui de Sartre, soit le penseur investi dans les événements et les luttes de son temps, pour qui le monde est aussi bien un terrain d’étude que d’intervention pour la philosophie.

Mais c’est justement parce que Jean-Paul Sartre a refusé — en recueillant malgré tout la notoriété qu’il lui confère — ce prix Nobel de Littérature en 1964 que Bernard-Henri Lévy cherche à toute force à récupérer pour la France un insigne honneur qui, au contraire de son illustre prédécesseur, comblerait le vide ouvert par sa pensée.
C’est ainsi qu’il s’est présenté le 1er juin 2008 à l’Université Hébraïque de Jérusalem pour y recevoir un doctorat Honoris Causa. Il a été honoré pour sa fidélité envers Israël, son action exemplaire contre l’injustice, l’intolérance, les atteintes à la démocratie et son exceptionnelle contribution à la compréhension du monde, mais c’est aussi en hommage à Jean-Paul Sartre, qui fut nommé docteur Honoris Causa de cette université religieuse en 1976, seul honneur qu’il ait jamais accepté, que Bernard-Henri Lévy a consenti à cette récompense.

La sortie du dernier livre de notre BHL national, parfaitement en phase avec l’attribution d’un prix qu’il n’aura toujours pas, fut également orchestrée de façon parfaite. À la fin du printemps, les éditions Flammarion font savoir qu’elles publient début octobre un livre à quatre mains.
Aucune information, ni sur les auteurs, ni sur le sujet, ne sont données. Les rumeurs commencent à courir, enflent, en dépit de la trêve estivale…
À la fin de l’été, bien que sollicités par les centaines de romans et d’essais qui affluent dans les rédactions, les médias gardent les yeux rivés sur le mystère, dont il semble que Michel Houellebecq soit un des signataires. Sur la seule foi de la promesse faite par la directrice de la maison, qu’il s’agit d’un texte de qualité, les libraires ont déjà commandé à l’aveugle quelque 120.000 exemplaires.
Épilogue de l’affaire : Le Journal du Dimanche révèle le 21 septembre le nom des auteurs et la genèse du livre, une conversation par courriel qui s’est tenue entre janvier et juin 2008, entre Michel Houellebecq, en effet, et Bernard-Henri Lévy.

Si les spéculations vont bon train dans les cercles littéraires à la veille de l’annonce du prix Nobel, on compte des écrivains qui ont des gros tirages à travers le monde et qui sont évoqués tous les ans : les Américains Philip Roth ou Joyce Carol Oates, le Japonais Haruki Murakami, l’Italien Antonio Tabucchi. D’autres prix internationaux, comme le Prince des Asturies ou le prix Kafka, peuvent mettre sur la piste, certains lauréats l’ayant reçu peu avant… Il ne faut donc pas écarter l’Israélien Amos Oz, la Canadienne Margaret Atwood ou encore le Tchèque Arnost Lustig et le poète français Yves Bonnefoy. Une seule chose est cependant certaine, c’est qu’il a encore échappé à Bernard-Henri Lévy !


Qu’on ne puisse honorer tous les grands écrivainsEst bien la loi du genre ; au moins peut-on les lire,Garder leur prose au cœur, donc pour soi, les élire,Quand la faveur des pairs ne les rend pas divins !

Ce ne sont pas les prix qui font les vrais devins,Tant les meilleurs ont fait tomber leur tirelirePour arracher des mots éternels de leur lyre :Les respects présentés au tombeau leur sont vains.

L’artiste, au demeurant, croit au public et penseQue son succès s’exprime après la récompenseD’un cénacle un peu saur et sûr de son bon goût.

Le plus juste est qu’il prend parti pour la concordeEt veut chasser des prix tous ceux dont le bagoutSe voit trop pour prétendre à l’art qu’il lui accorde.

le 05/10/2008 - par Philippe Gras

vendredi 3 octobre 2008

rumeur de nobel... Amos Oz


A en croire le site britannique de paris sur Internet et repris par Guysen, Ladbrokes,
l’écrivain israélien Amos Oz serait favori pour recevoir le Prix Nobel de littérature 2008.


Il convient de préciser que ce site ne s’est encore jamais trompé dans ses prévisions.


Amos Oz, né Amos Klausner (Jérusalem, 4 mai 1939), est écrivain, romancier et journaliste israélien. Il est également professeur de littérature à l’Université Ben Gourion de Beer-Sheva.


Amos Oz est le cofondateur du mouvement La paix maintenant et l’un des partisans les plus fervents de la solution d’un double État au conflit israélo-palestinien.—http://www.israelvalley.com/news/2008/10/03/19801/israel-prix-nobel-amos-oz-serait-favori-pour-recevoir-le-prix-nobel-de-litterature-2008

Quelques spéculations autour du Nobel de littérature 2008

Et les paris sont ouverts !

Nous l'évoquions déjà en soufflant le nom de Claudio Magris, que les bookmakers de Labbrokes envisageaient à une cote de 3/1, mais les rumeurs vont bon train autour du nom du futur candidat au titre de Nobel de littérature.

Que pour la saison 2007, on accordé à Doris Lessing, n'est-il pas.








Amos Oz, Philip Roth, Yves Bonnefoy et encore Jean-Marie Le Clézio sont également murmurés pour la place, bien que pour les deux derniers, la cote ne soit de que 10/1 et 14/1...

Sauf que selon une source suédoise, donc probablement bien renseignée, Le Clézio aura ses chances :
Maria Schottenius, du magazine Dagens Nyheter, y croit fermement.
Même topo pour Kerstin Lundberg, le monsieur livre de la radio...

Mais du côté du secrétariat, si l'on envoie de saignantes piques aux États-Unis - on n'a pas idée de traiter ouvertement les auteurs américains d'idiots... - le secret est maintenu scellé.

La poésie est attendue, parce que cela fait longtemps qu'on ne l'a pas récompensée, mais il ne faut pas y voir une hypothèse trop probante.

Alors Australie ? Les Murray serait bien vu et Ali Ahmad Said Asbar, alias Adonis, le poète arabe pourrait également truster la première place...
sauf que si l'on se réfère encore à l'an passé, le choix de Lessing a été plus qu'inattendu.

Alors bon, on attend le 9 octobre, en espérant qu'Horace Engdhal saura nous réjouir de quelques perles injurieuses pour faire passer le temps.

Pour mémoire, chaque Nobel rapporte à son vainqueur environ 1 million d'euros, une médaille en or et un diplôme. Pour toutes les disciplines. Sauf les mathématiques... Les cocus ont la rancune tenace... Clément S.-http://www.actualitte.com/actualite/5000-speculations-Nobel-litterature-2008-auteurs.htm

mercredi 1 octobre 2008

Le prix Nobel de littérature devrait être dévoilé la semaine prochaine

la date d'annonce sera connue deux jours avant.

Le jury n'a pas encore choisi le successeur de Doris Lessing, lauréate 2007, ni dévoilé aucune liste concernant les sélectionnés... ou leurs origines.

Les écrivains américains :
trop bornés pour le Nobel de littérature

Bim ! Dans les dents !

Mauvaises nouvelles pour les écrivains étatsuniens : le prix Nobel de littérature ne sera pas pour eux.

Motif ? Le jury les considère comme trop « bornés » et « ignorants », pour rivaliser avec la production européenne, quand on parle de grande littérature.

« L'Europe reste le centre du monde littéraire », a affirmé le secrétaire du Nobel Horace Engdhal, ajoutant qu'il ne s'agit en rien d'une coïncidence si plus d'écrivains européens ont été récompensés.

La dernière en date, Doris Lessing, n'avait d'ailleurs pas sa langue dans la poche.

Le dernier américain fut en effet Toni Morrison, en 1993...« Les USA sont trop isolés, trop insulaires », a ajouté Horace, estimant que leurs auteurs « ne participent pas au dialogue littéraire. Cette ignorance est restrictive ».

Le rédacteur en chef du New Yorker, David Remick ne s'est alors pas privé de rétorquer à boulets rouges : « On pourrait penser que le secrétaire permanent d'une académie qui prétend à quelque sagesse, mais a toujours négligé Proust, Joyce ou Nabokov pour ne citer que quelques noms, nous aurait épargné les critiques catégoriques. »

Et de vanter la vitalité d'auteurs tels que Roth, Updike et DeLillo, autant que de nombreux jeunes écrivains, dont certains sont des fils et des filles d'immigrés, qui ont adopté l'anglais.-Clément S-http://www.actualitte.com/actualite/4933-ecrivains-americains-bornes-Nobel-litterature.htm

Pour mémoire :

Le dernier écrivain américain à avoir remporté le prix a été Le dernier écrivain américain à avoir remporté le prix a été Toni Morrison, en 1993, après Saul Bellow, Ernest Hemingway et John Steinbeck.


Rien entendu au sujet des français ... espoir ???

le dernier était Claude Simon... en 1985 !