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jeudi 2 septembre 2010

les prix nobel de littérature...

blogocluben passant chez Silyre...

Les Prix Nobel (Blogoclub)

Une petite présentation du prix, qu'elle a extraite du site « Prix littéraires.net » :

j'ai eu envie de faire le point sur ceux que j'ai déjà lus...

  • Auteurs lus (en rouge) seulement 54... dont 6 coups de coeur (en bleu)

    • 2009 Herta Müller
    • 2008 Jean-Marie Gustave Le Clézio, ***
    • 2007 Doris Lessing
    • 2006 Orhan Pamuk, *****
    • 2005 Harold Pinter
    • 2004 Elfriede Jelinek
    • 2003 John Maxwell (J.M.) Coetzee, *****
    • 2002 Imre Kertész, ***
    • 2001 V.S. Naipaul, **
    • 2000 Gao Xingjian
    • 1999 Günter Grass, ***
    • 1998 José Saramago, ****
                    • 1997 Dario Fo
    • 1996 Wislawa Szymborska
    • 1995 Seamus Heaney
    • 1994 Kenzaburo Oe
    • 1993 Toni Morrison, *****
    • 1992 Derek Walcott
    • 1991 Nadine Gordimer
    • 1990 Octavio Paz
    • 1989 Camilo José Cela, ****
    • 1988 Naguib Mahfouz, *****
    • 1987 Joseph Brodsky
    • 1986 Wole Soyinka
    • 1985 Claude Simon
    • 1984 Jaroslav Seifert
    • 1983 William Golding, ****
    • 1982 Gabriel García Márquez, *****
    • 1981 Elias Canetti
    • 1980 Czeslaw Milosz
    • 1979 Odysseus Elytis
    • 1978 Isaac Bashevis Singer, *****
    • 1977 Vicente Aleixandre
    • 1976 Saul Bellow, ****
    • 1975 Eugenio Montale
    • 1974 Eyvind Johnson, Harry Martinson
    • 1973 Patrick White
    • 1972 Heinrich Böll, ****
    • 1971 Pablo Neruda, ****
    • 1970 Alexander Solzhenitsyn, ****
    • 1969 Samuel Beckett, ****
    • 1968 Yasunari Kawabata
    • 1967 Miguel Angel Asturias
    • 1966 Samuel Agnon, Nelly Sachs
    • 1965 Michail Sholokhov, ***
    • 1964 Jean-Paul Sartre, ****
    • 1963 Giorgos Seferis
    • 1962 John Steinbeck, *****
    • 1961 Ivo Andric, ****
    • 1960 Saint-John Perse, ***
    • 1959 Salvatore Quasimodo
    • 1958 Boris Pasternak, ***
    • 1957 Albert Camus, ***
    • 1956 Juan Ramón Jiménez
    • 1955 Halldór Kiljan Laxness, ***
    • 1954 Ernest Hemingway, **
    • 1953 Winston Churchill
    • 1952 François Mauriac, **
    • 1951 Pär Lagerkvist, ****
    • 1950 Bertrand Russell
    • 1949 William Faulkner, ****
    • 1948 Thomas Stearns Eliot, **
    • 1947 André Gide, ****
    • 1946 Hermann Hesse, ****
    • 1945 Gabriela Mistral
    • 1944 Johannes V. Jensen
    • 1943 Non décerné
    • 1942 Non décerné
    • 1941 Non décerné
    • 1940 Non décerné
    • 1939 Frans Eemil Sillanpää
    • 1938 Pearl Buck, ***
    • 1937 Roger Martin du Gard, ***
    • 1936 Eugene O'Neill
    • 1935 Non décerné
    • 1934 Luigi Pirandello, **
    • 1933 Ivan Bunin
    • 1932 John Galsworthy, ***
    • 1931 Erik Axel Karlfeldt
    • 1930 Sinclair Lewis, ****
    • 1929 Thomas Mann, ****
    • 1928 Sigrid Undset
    • 1927 Henri Bergson
    • 1926 Grazia Deledda
    • 1925 George Bernard Shaw, ***
    • 1924 Wladyslaw Reymont
    • 1923 William Butler Yeats, **
    • 1922 Jacinto Benavente
    • 1921 Anatole France, ***
    • 1920 Knut Hamsun, ****
    • 1919 Carl Spitteler
    • 1918 Non décerné
    • 1917 Karl Gjellerup, Henrik Pontoppidan
    • 1916 Verner von Heidenstam
    • 1915 Romain Rolland, ****
    • 1914 Non décerné
    • 1913 Rabindranath Tagore, ***
    • 1912 Gerhart Hauptmann
    • 1911 Maurice Maeterlinck, ***
    • 1910 Paul Heyse
    • 1909 Selma Lagerlöf, ***
    • 1908 Rudolf Eucken
    • 1907 Rudyard Kipling, ****
    • 1906 Giosuè Carducci
    • 1905 Henryk Sienkiewicz
    • 1904 Frédéric Mistral, José Echegaray, **
    • 1903 Bjørnstjerne Bjørnson
    • 1902 Theodor Mommsen, ***
    • 1901 Sully Prudhomme, *

mercredi 22 octobre 2008

Toni Morrison répond à l'Académie de Stockholm

Exclusif.
«Philip Roth aurait dû recevoir le Nobel depuis longtemps»
Par Toni Morrison (Écrivain)
Le dernier écrivain américain récompensé par le prix Nobel de littérature, c'est elle:
Toni Morrison, lauréate en 1993.
En marge du grand entretien qu'elle a accordé à l'Obs sur les élections présidentielles américaines, elle a accepté de répondre, dans son bureau de l'université de Princeton, à quelques questions sur la polémique soulevée, il y a quelques semaines, par les déclarations d'Horace Engdahl, secrétaire perpétuel de l'Académie suédoise

BibliObs. - Quelques jours avant d'annoncer le nom du Prix Nobel 2008, Horace Engdahl, a reproché aux auteurs nord-américains d'être trop «isolés», «ignorants» et «sensibles aux tendances de leur culture de masse». Quelle est votre position dans cette polémique?

Toni Morrison. - Je pense que ces propos reflètent effectivement, au moins en partie, la conception que se fait l'Académie suédoise de son prix de littérature. Car elle décerne tout le temps le Nobel à des Américains dans les autres domaines, mais en littérature, elle considère qu'ils ont quelque chose d'insulaire. Il se pourrait qu'il y ait un peu de narcissisme de la part des Américains, mais les talents ne manquent pas. L'autre problème est celui de la traduction. Je pense avant tout que nos éditeurs américains, quelle que soit l'importance des auteurs étrangers, n'achètent pas les droits de leurs œuvres. Ainsi, je ne savais même pas qui était cet homme [J.M.G. le Clézio, lauréat 2008].

BibliObs. - Pensez-vous que
Philip Roth est «insulaire»?

T. Morrison. - Il est américain.

BibliObs. - C'est un grand écrivain. Ce qui est encore une façon bien réductrice d'en parler...

T. Morrison. - Je ne sais pas ce qui se passe dans son cas. Cela fait longtemps qu'il aurait dû avoir le prix. Et même si on ne veut pas le lui donner, il y a des dramaturges ici qui sont incroyables. J'ai applaudi quand Harold Pinter a été lauréat [le dramaturge britannique a été récompensé en 2005], mais Edward Albee mériterait de l'être aussi. Voilà un dramaturge puissant. Et rien.

BibliObs. - C'est incompréhensible, compte tenu de la vigueur de la littérature américaine.

T. Morrison. - Peut-être les Suédois sont-ils eux-mêmes un peu insulaires...

Propos recueillis par Philippe Boulet-Gercourt

Note :
Que Philip Roth mérite le prix nobel de littérature depuis longtemps, c'est sûr... autant qu' Amos Oz et J.M.G Le Clézio.
Mais il faudrait quand même qu'elle sorte de son bocal... elle n'a jamais entendu parler de Le Clézio !
Mais connait-elle un écrivain hors de son continent ???
Elle fait pourtant partie de mes auteurs favoris, mal là, franchement... très partiale, la dame.

jeudi 9 octobre 2008

NOBEL DE LITTERATURE -Les lauréats français


NOUVELOBS.COM 09.10.2008 15:51

Voici la liste des lauréats français du prix Nobel de littérature, dont l'édition 2008 a récompensé jeudi Jean-Marie Gustave Le Clézio


2008 : Jean-Marie Gustave Le Clézio

2000 : Gao Xingjian

1985 : Claude Simon

1964 : Jean-Paul Sartre (qui a refusé le prix)

1960 : Saint-John Perse (pseudonyme d'Alexis Léger)

1957 : Albert Camus

1952 : François Mauriac

1947 : André Gide

1937 : Roger Martin du Gard

1927 : Henry Bergson

1921 : Anatole France

1915 : Romain Rolland

1904 : Frédéric Mistral conjointement avec José Echegaray y Eizaguirre (Espagne)

1901 : Sully Prudhomme (pseudonyme de René François Armand Prudhomme

samedi 30 août 2008

Orhan Pamuk - La Vie nouvelle

livre de chevet
littérature turque
"Mais je me dis : ne crains rien, n'aie pas peur, continue ! Ce monde-là, celui du livre, est le monde réel. Et pourtant, j'avais peur…

Pourquoi ? Parce que j'avais entendu parler des malheurs accablant des gens comme moi qui avaient eu leur vie bouleversée par la lecture d'un seul livre."

Mais Osman n'hésitera pas longtemps. Il sait que se cache derrière les mots du livre une révélation qui le dépasse mais qui peut le mener vers une vie nouvelle. Cette révélation est suivie d'une autre, celle de son amour sans limite pour Djanan.

Comme lui, elle connaît le livre et fréquente un jeune homme, Mehmet, qui a atteint la connaissance. Et comme toute connaissance, celle-ci est hérissée de dangers qu'il faudra écarter. Quand Osman apprend la disparition de Djanan et de Mehmet, il n'hésite pas à se lancer dans l'aventure…
L'ivresse livresque
A travers une course folle sur les routes d'Anatolie, le héros du nouveau roman d'Orhan Pamuk recherche en vain «la vie nouvelle» comme la terre promise par un livre mystérieux.

"Un jour j'ai lu un livre, et toute ma vie en a été changée», la Vie nouvelle commence ainsi, et c'est la première phrase pour tout le monde, pour le narrateur, pour l'auteur comme pour le lecteur.

Et chacun peut craindre pour son matricule, ne sachant pas si c'est en bien ou en mal que cette vie change.

Le narrateur a vingt ans, il s'appelle Osman et se laisse éblouir par ce livre dont on ne saura rien, disons pas grand-chose sinon sa lumière et son ascendant sur les esprits disponibles, et dont l'auteur ne se révélera au bout du compte guère à la hauteur des dégâts qu'il fit.

Lorsque la Vie nouvelle parut en Turquie, en 1994, pour atteindre en quelques mois une diffusion de 200 000 exemplaires, l'éditeur fut assailli de demandes pour qu'il révèle et mette aussitôt sur le marché ce livre extraordinaire qui transfigure la vie.

Le deuxième chapitre commence par une nouvelle tout aussi brutale :

«Le lendemain, je tombai amoureux. L'amour était tout aussi bouleversant que la lumière qui avait jailli du livre et m'avait frappé au visage, et de tout son poids, il me prouvait que ma vie avait déjà quitté son rail.»

Osman est amoureux de Djanan, et Djanan de Mehmet, et Mehmet a disparu et Djanan disparaîtra bientôt. Puisque tout doit disparaître, la vie même.
Osman se jette sur les routes d'Anatolie, à la poursuite vaine de la lumière miraculeuse du livre et de l'amour, dans une Turquie de nuit et d'hiver, une Turquie de mauvaises routes et d'autocars mortifères, surtout si l'on s'assied à la place 38 en attendant l'accident rituel.

Le paysage disparaît, lui aussi, au profit de l'écran de télévision aux couleurs baveuses et incertaines au-dessus du chauffeur. Les pères et les oncles se confondent, on emprunte les identités des morts, une identité pour deux, pour trois est bien suffisante lorsqu'on se ressemble tant.

On observe sans y croire une guerre inutile entre Coca-Cola et kokoretz. Du même livre naissent la haine et la violence de l'un, la sagesse et l'abnégation de l'autre, on tue son double sans rancune.

On tue au nom du livre, ou bien on le recopie sagement, avec constance et abnégation.
On rencontre l'Ange, on l'oublie. Une organisation secrète donne à ses espions des noms de marques de montres. Elle veut supprimer l'écrit de la surface du monde, et ceux qui veulent en lire.

Tout est vrai, tout est faux, on expose des inventions au lycée de Kenan Evren, une machine à retenir le temps, un coucou suisse au balcon duquel un minuscule iman vient hurler toutes les heures qu'Allah est grand et «le premier détecteur — made in Turquey — de viande de porc dans divers produits alimentaires».
Ces passages cocasses qui ponctuent un jeu d'équilibre entre réel et irréel, entre meurtre et philosophie, tirent le livre vers la fable satirique, la caricature d'un pays assis entre deux chaises, deux continents, l'occidental et l'islamique.

Mais Pamuk s'en défend, il dit que le livre mystérieux de la Vie nouvelle n'évoque en aucun cas telle ou telle bible d'une religion révélée, mais au contraire l'un de ces ouvrages mineurs et creux dont s'entiche parfois une génération d'étudiants. Dont acte.

D'ailleurs, à mesure que le livre de Pamuk se remplit, celui du héros se vide, Osman va repasser les mains vides et la conscience lourde par la case départ puisque le livre comme le labyrinthe des illusions se referme sur lui-même, laissant le lecteur et le héros seuls au monde dans un monde décevant, moins réel et moins fini que l'infinité bien ronde de l'écriture,

«car le temps est un silence à trois dimensions disait le livre», page 61,

et «car l'univers était aussi immense, aussi incomplet, aussi imparfait que le livre», page 234,

«mais il est vain de se mettre à la recherche de la contrée qui se trouve au-delà des mots, à l'extérieur du livre et de l'écriture», page 239.

Restons donc dans le livre en toute confiance puisque, comme on dit en turc : «Metinlerimidze domuz eti bulunmamaktadir.»
biographie
Orhan Pamuk (prononcez [Olanepamouke) est un écrivain turc, né le 7 juin 1952 à Istanbul.

Ses romans ont un énorme succès dans son pays et sont traduits en plus de 20 langues.

Il a remporté trois grands prix littéraires en Turquie,
*
le prix France-Culture en 1995,
*
le prix du meilleur livre étranger du New York Times en 2004,
*
le prix des libraires allemands le 22 juin 2005
*
et le prix Médicis étranger pour Neige le 7 novembre 2005.


biographie
L'écrivain Ferit Orhan Pamuk est né à Istanbul, le 7 juin 1952.

Il vient d'un milieu relativement aisé.

Il grandit dans le quartier de Nişantaşi, dans l'immeuble familial du même nom que sa famille.

Il étudie trois années l'architecture dans une université stanbouliote, mais décide finalement de s'adonner à l'écriture.

Il écrit tout d'abord des nouvelles ; la première sort en 1979.

Trois années plus tard, il se marie avec Aylin Turegenen. Ils auront un enfant. Ils se séparent en 2001. Pamuk a effectué de longs séjours aux États-Unis en qualité d'auteur invité, notamment à l'université de l'Iowa.
*
livres lus


Du fond du cœur noir d'un puits, la victime d'un horrible assassinat pose la première pierre d'une histoire aux multiples personnages et rebondissements.

Il neige, en cet hiver 1591 sur la ville d'Istanbul, et le froid n'empêche pas les complots et les meurtres.

Pour quelles raisons précipite-t-on un miniaturiste de la cour du Sultan dans le gouffre de la mort ?

Sa mort a-t-elle un rapport avec cette équipe de peintre bien décidés à aiguiser leur pinceau dans une lutte picturale opposant classique et moderne, Orient et Occident, et mêlant à leurs pigments le sang ?

Le Noir, de retour à Istanbul après un long exil, arrivera-t-il à conquérir enfin la belle Shékuré et à calmer les larmes acides de son cœur.

Par le biais d'un récit mariant les genres – intrigue policière, conte philosophique, récit d'aventures et histoire de cœur –, Orhan Pamuk fait pourtant de Mon nom est Rouge un objet d'une rare unité.

Utilisant la multitude de voix que lui autorisent son talent et son imagination – êtres vivants ou morts, objets inanimés – Pamuk propose l'exposé d'une thèse sur la représentation et le pouvoir de l'image, sujet ô combien moderne.

Ses pensées, qu'il convient de retourner plusieurs fois dans sa tête, ne gâchent en rien le plaisir d'une lecture compulsive pour un récit fulgurant et beau.

Alors vous, amoureux des belles lettres, des récits piqués de cristaux d'humanité, soiffards d'une imagination toujours en quête de son ombre et des masques qui la composent, chercheurs d'une intelligence vouée à l'action romanesque, après vous être embarqués sur le tapis magique du romancier turc, ils vous sera impossible de ne pas le considérer comme un écrivain majeur.

Vous en doutez ! ? Lisez Mon nom est Rouge pour mettre un pied dans le territoire du ravissement où Orhan Pamuk sévit en réveillant les sortilèges des Mille et une nuits


Le narrateur est un Italien de vingt ans, féru d'astronomie et de mathématiques.

Capturé par des marins turcs et jeté dans la prison d'Istanbul, il se dit médecin, et est offert comme esclave à un hodja, un savant.

Le maître oriental et l'esclave occidental se ressemblent de manière effrayante, éprouvent une méfiance immédiate l'un pour l'autre.

Mais ils ne se séparent pas, vivent ensemble, travaillent ensemble, quotidiennement, d'abord sur la pyrotechnie, ensuite sur une horloge, enfin sur une redoutable machine de guerre pour Mehmet IV, dit le Chasseur, sultan de 1648 à 1687.

Ensemble encore, ils contribuent à l'éradication d'une épidémie de peste.

Tantôt dominant, tantôt dominé, des années durant, chacun raconte sa vie à l'autre.

Puis les deux doubles doivent s'engager, avec leur machine de guerre, dans la désastreuse campagne polonaise. Mise à l'essai sur un château blanc, la machine ne fonctionne pas.
Craignant pour sa vie, le Maître usurpe l'identité, la personnalité et le passé du narrateur. Celui-ci reste à Istanbul, devient le Maître. Des années plus tard, il entend parler de l'Autre, comme d'un ancien esclave capturé par des marins turcs, et qui s'est évadé...


Le jeune poète turc Ka – de son vrai nom Kerim Alakusogulu – quitte son exil allemand pour se rendre à Kars, une petite ville provinciale endormie d'Anatolie.

Pour le compte d'un journal d'Istanbul, il part enquêter sur plusieurs cas de suicide de jeunes femmes portant le foulard.

Mais Ka désire aussi retrouver la belle Ipek, ancienne camarade de faculté fraîchement divorcée de Muhtar, un islamiste candidat à la mairie de Kars.

À peine arrivé dans la ville de Kars, en pleine effervescence en raison de l'approche d'élections à haut risque, il est l'objet de diverses sollicitudes et se trouve piégé par son envie de plaire à tout le monde : le chef de la police locale, la sœur d'Ipek, adepte du foulard, l'islamiste radical Lazuli vivant dans la clandestinité, ou l'acteur républicain Sunay, tous essaient de gagner la sympathie du poète et de le rallier à leur cause.
Mais Ka avance, comme dans un rêve, voyant tout à travers le filtre de son inspiration poétique retrouvée, stimulée par sa passion grandissante pour Ipek, et le voile de neige qui couvre la ville. Jusqu'au soir où la représentation d'une pièce de théâtre kémaliste dirigée contre les extrémistes islamistes se transforme en putsch militaire et tourne au carnage.

Neige est un extraordinaire roman à suspense qui, tout en jouant habilement avec des questions d'ordre politique très contemporaines – comme l'identité de la société turque et la nature du fanatisme religieux –, surprend par ce ton poétique et nostalgique qui, telle la neige, nimbe chaque page


Ruya abandonne Galip en laissant derrière elle une lettre brève et énigmatique.

Le jeune avocat turc, ainsi privé de son amour d'enfance, ne voit d'autre alternative pour retrouver sa femme disparue que de se plonger dans son passé et les écrits du demi-frère de celle-ci, Djélàl.

Mais cet écrivain secret et inspiré que Galip vénère semble également s'être volatilisé... Commence alors pour Galip une quête acharnée de la vérité à travers les méandres d'Istanbul.

Hommage à la ville natale de l'auteur, Le Livre noir est habité par une Istanbul foisonnante et labyrinthique. Elle s'habille ici d'une dimension ésotérique, vibrante des signes que le héros tente à tout prix de percevoir.

À la recherche de ses proches, mais aussi de lui-même, le héros de Orhan Pamuk devient un autre lui-même au fil de ce voyage initiatique. Il acquiert une clarté d'esprit qui lui fait toucher du doigt les secrets de l'existence où les identités se confondent dans l'incertain.

L'écrivain turc signe ici un roman envoûtant, au questionnement perpétuel, semblable par moments à un rêve halluciné

envie de lire


Vaste roman et vaste fresque, Istanbul constitue avant tout l’éducation sentimentale d’un écrivain dans une ville.

Oran Pamuk y retrace sa vie intime dans une grande famille bourgeoise de la ville, où l’on se veut laïque et progressiste.

À travers son récit de la décomposition progressive de cette famille, qui va perdre à la fois son mode de vie traditionnel et son statut social, c’est la société stambouliote, et au-delà la société turque des années 1950-1960, qu’il décrit.

C’est aussi la ville de cette époque, encore très proche, dans sa forme, de ce qu’elle était à l’époque de l’Empire ottoman. Ce monde en train de basculer revit à travers de superbes descriptions de lieux, de personnages, d’anecdotes et d’instants, relatés avec vivacité et souvent humour.

Le récit s’appuie également sur des analyses historiques et politiques incidentes, des témoignages de voyageurs occidentaux d’autrefois, et sur plusieurs centaines de documents présentés in texte : photographies extraites de l’album familial de l’auteur, clichés pris par des photographes turcs et occidentaux, reproductions de dessins et de peintures…

Au terme d’une recherche littéraire très aboutie, Oran Pamuk est parvenu à enserrer dans ces pages l’essence même de la ville et l’âme de ses habitants.


Un tout petit port turc, désert l'hiver, envahi par les touristes l'été.
A l'écart des luxueuses villas des nouveaux riches, une maison tombant en ruine. Un nain y veille sur une très vieille femme, qui passe ses jours et ses nuits à évoquer sa jeunesse et à ressasser ses griefs.

Ils vivent côte à côte dans le silence sur les secrets qu'ils partagent, dans la haine et la solitude.

Comme chaque été, les trois petits-enfants de la vieille dame viennent passer quelques jours chez elle :

Un intellectuel désabusé et alcoolique,

une étudiante progressiste et idéaliste,

un lycéen arriviste, rêvant de la réussite à l'américaine.

Leur séjour sera bref et se terminera par un drame, causé autant par les conditions politiques des années 1975-1980 que par le passé de la famille.

Le récit dresse un tableau lucide de l'histoire des cent dernières années de la Turquie qui pose adroitement une question très actuelle pour les pays du Proche-Orient : l'occidentalisation a-t-elle échoué ?

Quels en ont été les résultats, quelle est la part de cette évolution dans les conflits de générations comme dans les rapports droite-gauche en politique ?

Un beau roman. Un écrivain sensible, qui sait raconter une histoire.

Note :

Me revoilà avec un livre de Pamul en main... quel plaisir !

J'emprunte au site http://www.bleublancturc.com/TurcsconnusFR/Orhan_Pamuk.htm, pour les commentaires.

Ce n'est pas nouveau, mais que dire, sinon que c'est le meilleur site concernant la littérature turque.

Quelques articles sur l'auteur :
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samedi 23 août 2008

Doris Lessing - Alfred et Emily

Rentrée littéraire 2008
Nouveau roman de notre dernière Prix Nobel de littéraure

Pendant la Première Guerre mondiale, Alfred Taylor, blessé à la jambe par des éclats d’obus, fut amputé et obligé de porter une jambe de bois ;
sa femme, Emily McVeagh, soigna pendant quatre ans les blessés de la guerre en tant qu’infirmière en chef du St Georges’s Hospital.
Alfred et Emily eurent une fille, Doris Lessing, prix Nobel de littérature 2007.
Lessing nous propose un livre en deux temps : d’abord la vie qu’elle imagine pour ses parents si la guerre n’avait pas eu lieu, puis la réhabilitation des faits, détails biographiques et photos à l’appui. Et si l’autobiographie n’était rien d’autre qu’une fiction ?
Dans Alfred et Emily, Lessing se fait à la fois auteur et critique de son oeuvre.

"En écrivant sur les vies imaginaires de mon père et de ma mère, je ne me suis pas contentée d’extrapoler ou d’amplifier des traits de caractère, je me suis fondée également sur des inflexions, des soupirs, des regards mélancoliques, des indices aussi infimes que ceux dont se servent les traqueurs émérites.
Il est arrivé plus d’une fois à mon père d’observer en riant, à propos de telle ou telle amie de sa jeunesse : « Mais j’aimais encore mieux sa mère. » De là est sortie l’intimité d’Alfred avec Mary Lane.
Un jour à Banket, en Rhodésie, je ne me souviens plus pourquoi, nous avons reçu la visite d’une Danoise. C’était une grande femme rieuse, au teint coloré. J’étais toute petite à l’époque. Je me rappelle que j’étais assise sur ses genoux, serrée dans ses bras, et que je pensais : « Elle m’aime bien, mieux que ne m’aime ma mère. » Et je suis presque certaine que mon père l’appréciait beaucoup."
L'Auteur :
Doris Lessing est née en Perse en 1919 et a vécu une grande partie de son enfance en Rodhésie du Sud (Zimbabwe).
Devenue célèbre dès son premier livre, Vaincue par la brousse (1950), elle est aussitôt apparue comme un écrivain engagé aux idées libérales.
Prix Nobel de littérature 2007, elle est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages
dont le fameux Carnet d’or (prix Médicis étranger).
Chez Flammarion, elle a entre autres publié Les Grand-mères (2005), Un enfant de l’amour (2007) et Vaincue par la brousse (2007).
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Note :
une honte ! pas encore pris le temps de lire un livre de Doris Lessing...
Engagement de réparer cet oubli...pour l'année 2009