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mardi 30 mars 2010

Michael Chabon - Les extraordinaires aventures de Kavalier & Clay

Bonjour à tous,
Après avoir lu avec passion "le club des policiers yiddish", j'ai été ravie de trouver un autre livre de Chabon en bibliothèque... et puis le Golem joue un rôle central dans toute la première partie du roman et je trouve ça irrésistible...
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New York, 1939 : Josef, jeune Juif ayant fui Prague occupée par les nazis, et son cousin de Brooklyn, Sammy, unissent leur talent pour inventer un héros de bande dessinée : l’Artiste de l’évasion.
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Pourfendeur des forces du mal, spécialiste des évasions, celui-ci combat le nazisme sous toutes ses formes. Il incarne ainsi la tentative désespérée de Joe de libérer sa famille restée à Prague, en même temps qu’une dérisoire volonté de réveiller la conscience des jeunes Américains.
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Profondément attachants, les deux cousins de génie, si différents l’un de l’autre et si complices, embrassent toute une page de l’histoire du monde. Avec un talent époustouflant, Chabon nous emmène d’un univers à l’autre à travers le regard d’un jeune Juif éloigné de sa famille.
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À la frénésie de consommation de la jeunesse américaine répond l’angoisse des populations victimes de la guerre en Europe, à la légèreté religieuse américaine les risques que prennent les Juifs de Prague pour sauver le Golem, au sadisme ou à l’indifférence des responsables politiques du pays libre l’héroïsme de ceux qui risquent leur vie pour faire sortir les Juifs d’Europe.
Chabon allie avec délectation fiction et réalité, romanesque pur et documentaire sur les années 1940-1950, sur la naissance d’un nouvel art qui fit fureur auprès des jeunes générations : les Comics.Joe et Sammy sont des personnages fictifs qui évoquent Siegel et Schuster, les créateurs de Superman, ainsi que Simon et Kirbey, ceux de Captain America.

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L’Artiste de l’évasion est une pure invention de l’auteur, inspiré de Flash Gordon, Super Man, Batman.
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Les références aux faits historiques parsèment le récit : apparition de Orson Welles et de Salvador Dali, par exemple.
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Le livre soulève des problèmes historiques rarement abordés dans le roman américain : l’extrême droite américaine pendant la guerre, qui soutient activement Hitler, les difficultés des réfugiés dans un pays en pleine effervescence consumériste, le rôle des BD dans la représentation de la seconde Guerre Mondiale aux États-Unis…
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Les Extraordinaires Aventures de Kavalier et Clay a été récompensé en 2001 par le plus prestigieux des prix littéraires américains : le Pulitzer.

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Le Club des policiers yiddish, voir la critique sur le blog.


La Solution finale , Les Mysteres de Pittsburgh - Pavillons Poche , McSweeney's : Méga-anthologie d'histoires effroyables

Curiosité de lecture

Le golem (גולם) (parfois prononcé goilem en Yiddish), signifiant « cocon », mais peut aussi vouloir dire « fou » ou « stupide », est un être humanoïde, artificiel, fait d'argile, animé momentanément de vie par l'inscription EMET sur son front (ou sa bouche, selon les versions).

Dans la culture hébraïque, la première apparition du terme golem se situe dans le Livre des Psaumes : « Je n'étais qu'un golem et tes yeux m'ont vu » (139, 16). C'est alors un être inachevé, une ébauche.

.Dans la kabbale, c'est une matière brute sans forme ni contours. Dans le Talmud, le golem est l'état qui précède la création d'Adam.

La légende de Rabbi Loew
illustration : Rabbi Loew et son golem.


Selon d'autres sources, le

rabbin qui l'a conçu au XVIe siècle, était Le Maharal de Prague nommé Yehudah-Leib (Leib, de l'allemand Loewe/Lion, est le surnom judéo-allemand de Yehudah/Juda, dont le symbole de la tribu est un lion ; cf. Genèse 49:9, "Gour Aryé" (= lionceau), qui est par ailleurs, le titre d'une de ses oeuvres).

Son but aurait été de défendre sa communauté.

Il lui aurait donné la vie en inscrivant EMET(H) (אמת, vérité en hébreu et un des noms de Dieu) sur son front et en introduisant dans sa bouche un parchemin sur lequel était inscrit le nom ineffable de Dieu, parfois dit Hashem (Le Nom) pour ne pas le prononcer.

Pour le tuer, il aurait fallu effacer la 1re lettre (l'aleph) car MET(H)(מת) signifie mort. Le Golem étant devenu trop grand pour que le Rabbin pût effacer l'aleph, Rabbi Loew lui demanda de lacer ses chaussures, ce qu'il fit. Le plan fonctionna : la créature se baissa et mit son front à portée de son créateur, le Golem redevint ce qui avait servi à sa création : de la terre glaise.

Certains racontent que son créateur est mort, écrasé par la masse de sa créature.La légende veut également que ce soit Dieu qui ait demandé au Maharal de créer un « second Adam ».

Une autre légende veut aussi que le Golem, son corps, soit entreposé - ou dormant - dans la genizah (entrepôt des vieux manuscrits hébreux, il est interdit de jeter des écrits qui contiennent le nom du très-haut) de la communauté juive de Prague, qui se trouve dans les combles de la synagogue Vieille-Nouvelle de Josefov, qui serait d'ailleurs toujours scellé et gardé.-wikipédia

lundi 29 mars 2010

Rubenfeld Jed - L'interprétation des meurtres

Bonjour à vous tous,

Un peu moins présente en ce moment pour cause de problèmes de santé... qui me forcent a faire du lit... la position assise derrière l'écran étant trop douloureuse... rien de bien grave donc, juste énervant...
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enfin, la position couchée me donne du temps supplémentaire pour lire... alors j'en profite un maximum...
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illustration : altcinema.com

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Très bonne surprise... je n'en suis qu'a mi-chemin et pas encore découvert le coupable... une femme ? un homme ? Pervertions et hystérie sont présentes... bourgeoisie, jeunes filles en fleurs, prostituées et maisons closes... et balbutiemment de la psychanalise... j'adore !
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1909. Freud, accompagné de Ferenczi et Jung, ses disciples, débarque dans l'effervescente New York.
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Venu donner une série de conférences, il est accueilli par Younger, jeune médecin qui lui fait découvrir la ville en pleine construction, les bas-fonds de Chinatown et les hôtels particuliers de Gramercy Park.
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Une visite d'autant plus mémorable que le psychanalyste viennois prend part à une enquête surprenante : le cadavre d'une jeune fille torturée et étranglée vient d'être retrouvé.
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Nora Acton, autre victime du même agresseur, a miraculeusement survécu mais est frappée d'amnésie et de mutisme. Dans l'ombre de Younger chargé de la soigner, Freud va habilement s'immiscer dans l'esprit de Nora, explorer son inconscient et de nouveaux champs d'application : l'interprétation des meurtres...
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illustration : argoul.blog.lemonde.fr
Biographie de l'auteur

Jed Rubenfeld a fait ses études à Princeton (où il a mené une thèse consacrée à Freud) et Harvard. Il est actuellement professeur de droit à l'université de Yale et vit à New Haven, dans le Connecticut. L'interprétation des meurtres est son premier roman.

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Freud mène l'enquête

Après avoir démêlé les secrets de nos rêves, ce cher Sigmund passe à L'Interprétation des meurtres dans le New York des années 1900.
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Un polar virtuose de Jed Rubenfeld qui est aussi une introduction à la psychanalyse.
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illustration : atinachile.cl
Un petit bijou. Voilà. C'est dit. L'Interprétation des meurtres est sans doute l'un des meilleurs polars de l'année, l'un des plus beaux premiers romans de la rentrée littéraire et l'une des plus efficaces introductions à la psychanalyse freudienne. Trois en un!
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La formule du bon docteur Jed Rubenfeld est d'une efficacité redoutable. Paru l'an dernier aux Etats-Unis, où il s'est vendu à 600 000 exemplaires, ce roman qui défie les lois du genre est déjà en cours de traduction dans 30 pays.
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Un polar dont Freud serait le héros? Avouez qu'il fallait oser! Car Freud lui-même - et plus encore ses héritiers - a toujours considéré avec méfiance toute forme de fiction: on se souvient qu'Anna Freud, la fille du maître, déploya une fabuleuse énergie pour empêcher que fût tourné le film que John Huston envisageait sur Freud, d'après un scénario de... Jean-Paul Sartre. Freud est un totem et en faire un héros de roman était un tabou. Du moins jusqu'à ce que Jed Rubenfeld passe par là.
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Sans doute fallait-il ne pas être membre du sérail pour oser tirer ainsi la barbe du maître. Rubenfeld, donc, n'est pas psychanalyste. Certes, il est l'auteur d'une thèse de doctorat sur Sigmund Freud, mais a gagné la reconnaissance de ses pairs en s'imposant, avant tout, comme l'un des plus éminents spécialistes américains de droit constitutionnel. Il enseigne cette discipline à la très sérieuse université Yale.
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La toile de fond de ce roman est parfaitement authentique, la documentation est d'une rigueur absolue.
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En 1909, Freud se rend aux Etats-Unis, accompagné de quelques-uns de ses disciples. Parmi eux, Sandor Ferenczi et Carl Gustav Jung.
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Au terme d'un voyage qui le conduit à donner plusieurs conférences dans les universités américaines, Freud revient en Europe, dégoûté à jamais de ce Nouveau Monde sur lequel il fondait pourtant d'immenses espoirs. Que s'est-il passé?
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Jed Rubenfeld, en bon romancier, écrit dans les blancs laissés par l'Histoire. Tout commence donc par un meurtre.
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illustration : mybleam.com
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On n'a pas fait mieux depuis Ragtime

Une jeune femme est retrouvée assassinée, abominablement torturée, dans une suite d'un de ces grands hôtels en construction le long de Central Park (les amoureux de New York reconnaîtront l'Ansonia, déjà érigé au rang de personnage de roman par Saul Bellow et Paul Auster).
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La victime appartient à la haute société new-yorkaise, déjà secouée par le meurtre, trois ans plus tôt, de l'architecte Stanford White sur le toit du Madison Square Garden. Cette fois-ci, le maire de la ville, le très mégalomane McClellan, entend bien résoudre l'affaire avant qu'un nouveau scandale ne ternisse la réputation de sa cité.
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D'autant qu'une autre victime vient d'être découverte, à Gramercy Park! Mais elle survit à ses blessures. Nora Acton, que le choc a rendue muette et amnésique, est aussitôt placée sous protection policière.
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Un jeune homme gagné aux idées de la psychanalyse, et venu accueillir Freud à sa descente de paquebot, se rend alors à son chevet et entreprend de la soigner. C'est ce Dr Younger, maladroit et sentimental, qui, chaperonné par Freud, devient le narrateur de ce formidable polar.
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L'intrigue est menée de main de maître jusqu'à la dernière page.
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On croise, comme dans tout bon roman policier, un inspecteur idéaliste, des flics corrompus, un magnat du béton aux moeurs un peu louches, une matrone aux airs de mante religieuse, un médecin légiste au caractère bougon...
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Et l'on reconnaîtra en Nora Acton la fameuse Dora dont Freud traite le cas dans Cinq Psychanalyses.
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Mais, surtout, Rubenfeld superpose à sa fiction une autre affaire: l'étonnante bataille qui oppose Freud et Jung.
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Lentement se dévoile le projet de Freud: faire de Jung son successeur, afin, dira-t-il à ses autres disciples, de ne pas enfermer la psychanalyse naissante dans une «affaire nationale juive». Jung, en effet, est suisse et chrétien. De ce fait, c'est lui qui pourra exporter le mieux les idées nouvelles vers les Etats-Unis - Freud en est persuadé.
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Mais Jung se détache peu à peu des thèses de son mentor: il remet en question l'étiologie sexuelle de la névrose, se démarque sur le sujet de l'interprétation des rêves et ne croit pas à la prohibition universelle de l'inceste...
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Ajoutons à cela son assiduité auprès des femmes, qui le conduit à de mystérieuses promenades nocturnes du côté des bordels de Gramercy Park... Et sa fréquentation - très intéressée - d'un étrange cercle de neurologues particulièrement hostiles à la psychanalyse. Ces derniers ne reculeront devant rien pour empêcher Freud et ses disciples d'importer la psychanalyse en Amérique.
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Rubenfeld parvient à tenir en haleine le lecteur le moins au fait des concepts psychanalytiques, grâce à un sens parfait du suspense. Son style direct et simple fait ici merveille.
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Au passage, Rubenfeld signe l'une des plus saisissantes descriptions du New York du début du siècle dernier: la scène où Freud, découvrant le métro qui relie Manhattan à Brooklyn, est pris de panique, est admirable.
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Tout comme celles où nos détectives arpentent les fondations du pont de Manhattan. On n'a pas fait mieux depuis Ragtime, d'E. L. Doctorow. A la naissance d'une ville appelée à devenir la nouvelle Athènes de l'Occident répond la naissance de la psychanalyse. Jed Rubenfeld joue superbement de ces parallèles. Il s'impose comme un auteur à suivre. - Par François Busnel (L'Express), publié le 11/10/2007 - http://www.lexpress.fr/culture/livre/l-interpretation-des-meurtres_822360.html -

dimanche 21 février 2010

Don Delillo - Americana

lu en partenariat avec blog-o-book et Les Éditions du Livre de Poche, Autres lecteurs de "Americana" de Don Delillo : Cécile, Céline, DeL, Manu, Mazel
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David Bell, bel homme et le sachant, divorcé mais gardant des liens très étroits avec son ex-femme, jeune cadre dans l'audiovisuel, est un arriviste dans un monde arriviste des année 1970.
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Puis un jour, alors que des purges sont annoncées dans son entreprise, qu'il apprend que l'un de ses collègues va bientôt mourir d'un cancer, il n'en peut plus et part dans l’ouest, sous prétexte d'y tourner un court metrage sur les indiens, mais en fait il va réaliser un film sur sa vie...
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On retrouve son thème favori avec l'angoisse de la mort et son retour sur le passé et sa famille... un fort moment de lecture, lorsque l'on songe que ce roman doit être largement autobiographique.
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Des descriptions de paysages sublimes, des personnages improbables se rencontrent, mais une absence de sentiments, beaucoup de nombrilisme dans les personnages... les losers a la dérive qui unissent leur sort lors d'un long voyage, qui ne ménera nulle part...
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Une écriture superbe, mais qui m'a laissé un peu sur ma faim... quelques passages sautés, lors des suites de mots (longs et ennuyeux), mais un très bon roman.
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la 4ème de couverture :
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A vingt ans, David Bell a épousé une « pin-up » de bonne famille, et entamé dans l'audiovisuel une carrière qui l'a vite propulsé au sommet. Puis, déçu par le mirage de l'american way of life, il divorce et quitte son emploi. Il choisit alors de revivre un autre mythe américain, celui de la conquête de l'Ouest.
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Son errance le met en contact avec des personnages victimes d'une certaine délitescence sociale : une artiste déjantée, un alcoolique entouré d'animaux, un vétéran du Vietnam... De l'establishment au vagabondage, l'auteur de Chiens galeux nous plonge ici dans les arcanes d'un pays-continent et d'une société en perpétuel mouvement.
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Il s'impose, aux côtés d'un Paul Auster ou d'un T.C. Boyle, comme l'un des meilleurs écrivains de cette jeune génération qui a entrepris de radiographier l'Amérique d'aujourd'hui.
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Don DeLillo (né en 1936 à New York) est un écrivain américain. Auteur de nouvelles, de pièces de théâtre, de scénarios, et d'articles, il est surtout célèbre pour ses romans.
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Personnalité discrète, mais moins secrète que Thomas Pynchon avec lequel on le compare parfois, Don DeLillo est volontiers associé au courant post-moderne, bien qu'il ne se réclame pas lui-même de cette appellation.
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Son oeuvre, souvent complexe et d'une virtuosité stylistique incontestée, est parcourue par un certain nombre de thèmes récurrents tels que l'angoisse de la mort, et la fascination pour l'image, le film et le langage.
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Bien que certains lui reprochent une forme d'obscurité ou de superficialité, ou un manque de puissance émotionnelle, Don DeLillo est un des écrivains américains contemporains les plus influents et les plus commentés.
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Don DeLillo est né dans le Bronx en 1936 de parents émigrés italiens. Dans les interviews qu'il a accordé, il revient assez souvent sur l'importance qu'a pu avoir le catholicisme sur sa sensibilité intellectuelle et artistique. Il rapproche ainsi les rituels catholiques de son intérêt pour la religion qu'il décrit comme « une discipline et un spectacle, une chose conduisant les gens à un comportement extrême. Noble, violente, déprimante, belle ».
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Étudiant à l'université jésuite
Fordham, il n'y étudie « pas grand chose » et se spécialise en « arts de la communication ». Il prend ensuite un travail dans la publicité, faute d'avoir trouvé quelque chose dans l'édition.
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Il publie parallèlement quelques nouvelles dans lesquelles l'influence du cinéma européen, et en particulier celle de Jean-Luc Godard est très sensible. Il quitte son poste en 1964. Il ne cherchait pas dit-il de se consacrer à l'écriture, mais simplement à ne plus travailler.
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En 1971 parait son premier roman, Americana. Le personnage principal est un cadre jeune et beau travaillant dans la télévision, David Bell. Celui-ci semble promis à un brillant avenir, cependant, à l'occasion d'un voyage professionnel au cœur de l'Amérique, il en vient à couper les liens avec sa société et entreprend de réaliser un projet personnel, oeuvre cinématographique d'une infinie complexité.
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DeLillo utilise son expérience personnelle, bien davantage qu'il ne le fera dans ses romans ultérieurs, cependant, certains thèmes reprise au cours des oeuvres ultérieurs sont déjà abordés.
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L'idée d'une quète existentielle est ainsi reprise dans plusieurs de ses textes ultérieurs, notamment End Zone (1972) et Great Jones Street (1973), ses deux romans suivant. wikipédia.
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Autre lecteur :
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Je vois Americana comme un galop d’essai, un prélude au grandiose Outremonde. Dans ce premier roman, le talent de Don DeLillo est déjà bien présent. Il met le doigt sur des moments fugaces, invite le lecteur dans le parcours onirique de ses personnages et dans leur quotidien bien ancré dans le réel. Il alterne la légèreté avec la profondeur. Et il laisse le lecteur un peu perdu une fois le livre refermé. Quel sens donner à tout ça ?
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illustration : "le liseur" de Gerhard Marcks (Lali)

vendredi 29 janvier 2010

Décès de l'écrivain américain J.D. Salinger

Il restera comme l'énigmatique auteur de "L'Attrappe-Coeurs".
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L'écrivain américain J.D. Salinger, aussi célèbre pour son roman-culte que pour le mystère qui entourait sa vie de reclus, est mort, a annoncé jeudi son fils. Il avait 91 ans.
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Jerome David Salinger s'est éteint de mort naturelle dans sa maison de Cornish, dans le New Hampshire (nord-est des Etats-Unis), où il vivait retiré du monde depuis plusieurs dizaines d'années, a précisé son fils dans un communiqué envoyé par l'agent de l'écrivain.
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J.D Salinger est l'homme d'un roman: "L'Attrape-Coeurs" ("The Catcher in the Rye", NDLR), publié en 1951, dans un monde où la Guerre Froide alimente les peurs et les soupçons, et encourage le conformisme aux Etats-Unis.
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Roman initiatique sur le passage de l'adolescence à l'âge adulte, l'antagonisme entre la candeur de la jeunesse et la corruption des adultes, le livre aura un impact considérable sur des générations de lecteurs et d'artistes. Il a aujourd'hui franchi la barre des 60 millions d'exemplaires vendus dans le monde.
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"la liseuse" de Nella Marchesini
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La chronique de Frédéric Beigbeder
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J.D. Salinger est mort, à 91 ans. Parmi ses admirateurs français, Frédéric Beigbeder qui, il y a deux ans, signait deux déclarations d'amour (avec celle-ci) à l'auteur du cultissime Attrape Coeur.
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Devant nous, à trois mètres, un panneau indique: "No trespassing".
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C'est donc là. Je suis dans le New Hampshire avec Jean-Marie Périer pour tourner un documentaire sur Jerome David Salinger.
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Il y a un petit cimetière blanc à droite de la route, un chemin de terre qui serpente vers le haut de la colline où une maison domine la forêt; la description concorde avec nos informations ultrasecrètes.
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L'idée est malade: il s'agit d'aller rendre visite à l'écrivain le mieux caché du monde. L'auteur de L'attrape-coeurs (60 millions d'exemplaires vendus depuis 1951) est mon écrivain préféré, il a 88 ans et j'en ai marre qu'il soit mon contraire absolu. Quand il avait mon âge, Salinger était une star qui draguait les filles, dînait au Stork Club, jouait au poker, fréquentait les journalistes, et se saoûlait au Chumley's avec des écrivains et des éditeurs.
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Et puis, un beau jour, il a complètement disparu. C'était le 19 juin 1965, après la publication de sa nouvelle Hapworth 16, 1924 dans le New Yorker. Trois mois après, je naissais: cela ne peut pas être un hasard. Son célèbre héros Holden Caulfield, l'éternel adolescent fugueur, a changé ma vie: un garçon qui s'enfuit de son école, ment sur son âge pour entrer dans des bars, harcèle une pute, prend des taxis qui puent le vomi, se demande où vont les canards de Central Park en hiver, dit "nom de Dieu" tout le temps avant de tomber amoureux d'une bonne soeur ne pouvait que devenir mon meilleur copain.
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Selon moi, Salinger a écrit une Odyssée de la même importance que celles de Joyce ou Homère, à une différence près (qui rend son "bildungsroman" bien supérieur à mes yeux): son chef-d'oeuvre est beaucoup plus court.
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En Amérique, The Catcher in the Rye est un peu l'équivalent de L'étranger de Camus, publié dix ans plus tôt (si Albert Camus n'avait pas eu d'accident de voiture en 1960, il aurait aujourd'hui à peu près le même âge que Salinger - à peine six ans de plus).
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Après des mois d'enquête, j'ai trouvé l'adresse de J.D. Salinger: Sander Hill Road, Cornish, New Hampshire, 03745. En allant sur Google Earth, on peut même apercevoir sa ferme cachée dans les arbres.
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La technologie de surveillance actuelle par satellite est tellement efficace que même Salinger ne peut plus lui échapper. Oui, je sais ce que vous pensez: c'est ignoble, il faut foutre la paix à ce vieux misanthrope. Mais si Albert Camus vivait toujours, ne voudriez-vous pas lui parler?
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Je veux juste demander à Salinger pourquoi il a coupé tout contact avec le monde extérieur.
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Est-ce parce que John Updike a descendu Dressez haut la poutre maîtresse, charpentiers dans le New York Times en 1963?
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Parce qu'il a été dégoûté de l'humanité lors de son débarquement en Normandie le 6 juin 1944 avec le 12e régiment d'infanterie US?
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Par calcul marketing, pour devenir plus mystérieux?
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Parce qu'il ne pouvait plus écrire (sa fille Margaret affirme pourtant qu'il a dix romans enfermés dans un coffre-fort)?
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Par agoraphobie, mégalomanie, bartlebysme aigu?
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Pourquoi ne respecte-t-on que les écrivains cachés?
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On connaît le son de deux mains qui applaudissent mais quel bruit fait une seule main qui applaudit?
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Les poissons qui mangent trop de bananes sont-ils une raison valable de se tirer une balle dans la tempe droite?
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Il faut que je sache car j'ai bientôt 42 ans: Salinger en avait quarante-six quand il est parti. Si je veux lui emboîter le pas, il ne me reste que quatre années de fiesta avant de jouer à Greta Garbo. Je vous raconterai le mois prochain le résultat de mon pèlerinage à Cornish chez l'ermite absolu. Salinger est ma statue du Commandeur. Le moment est venu de mon grand face-à-face avec le Silence. - source : l'express-lire
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L'Attrape-cœurs (The Catcher in the Rye) est un roman de J. D. Salinger. Publié aux États-Unis en 1951, plus de 60 millions d'exemplaires ont été vendus à ce jour et il s'en vendrait environ 250 000 chaque année.
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Il constitue l'une des œuvres les plus célèbres du
XXe siècle et un classique de la littérature, à ce titre enseigné dans les écoles aux États-Unis et au Canada, bien qu'il soit critiqué en raison de certains des thèmes abordés (prostitution, décrochage scolaire, obsession de la sexualité) et du niveau de langue (langage familier et souvent injurieux). La notion d'anti-héros débute alors et choque le grand public.
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Écrit à la première personne, le roman relate les deux jours durant lesquels Holden Caulfield vit seul dans New York, après avoir été expulsé de Pencey Prep.
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Dans les premiers chapitres, il nous raconte ses différends avec les étudiants de Pencey (en particulier Stradlater et Ackley), qu'il qualifie de superficiels. Après avoir été viré du collège, Holden fait rapidement ses bagages et quitte l'école en plein milieu de la nuit. Il prend un train pour New York, mais refuse de rejoindre directement l'appartement familial; il réserve une chambre dans un hôtel sordide, "the Edmont Hotel".
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Il passe la soirée à danser avec trois jeunes filles de Seattle (dont seulement une est jolie selon lui) et rencontre une prostituée, avec qui Holden aura un léger malentendu: il refuse de faire quoi que ce soit avec elle, mais la paye quand même pour lui avoir accordé son temps.
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La prostituée, Sunny, revient plus tard dans la soirée pour lui demander plus d'argent qu'il était convenu et lorsque Holden refuse de payer, il reçoit un coup violent de la part de son proxénète.
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Holden passe deux jours en ville, largement caractérisés par l'ivresse et la solitude. Au point qu'il finit dans un musée, où il compare sa vie avec celles des statues, qui sont fixées et ne changent jamais.
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Il est clair pour le lecteur, mais pas pour Holden, que l'adolescent est effrayé et nerveux à l'idée de grandir, de devenir adulte. Il se pourrait que ces doutes aient, en partie, été causés par la mort de son frère, Allie.
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À la fin du roman, Holden finira par faire un tour chez lui, pendant l'absence de ses parents, pour prendre des nouvelles de sa petite sœur Phoebé, "une petite crevette" de 10 ans qui se trouve être la seule personne qu'il aime littéralement et avec qui il peut communiquer aisément.
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L'explication du titre est donnée dans ce chapitre, lorsque Holden et Phoebé parlent du poème de Robert Burns Comin' Through the Rye. Il s'imagine dans un champ de seigle avec des milliers de petits "mômes", il est au bord d'une falaise et doit seulement les empêcher de tomber, s'ils ne regardent pas où ils vont, s'ils s'approchent trop près du bord. Il serait "l'attrape-cœurs" ("the catcher in the rye"). On peut comprendre ce passage comme étant la plus grande envie de Holden: empêcher les enfants de grandir, de tomber de la falaise.
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Après avoir quitté l'appartement, Holden décide d'aller rendre visite à un ancien professeur d'anglais, M. Antolini, qui lui propose de rester chez lui pour la nuit. Ils discutent tout deux de longs moments et le professeur pressent la "chute" de l'adolescent. Mais durant la nuit, Holden se réveille brusquement et surprend M. Antolini qui lui caresse la tête d'une façon qui lui semble "perverse". Il quitte l'appartement de son ancien professeur et passe son dernier après-midi en ville. Il se demandera plus tard si son interprétation du geste de M. Antolini n'était pas exagérée.
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Holden décide alors de s'en aller de New York, pour partir loin à l'ouest, et confie son désir à Phoebé, qui insiste pour partir avec lui, peu importe où il ira. Il refuse de l'emmener, ne voulant pas lui avouer que lui-même ne pourrait jamais le faire. Ils vont ensuite au zoo; Holden regarde sa petite sœur sur un manège, admiratif et nostalgique à la fois.
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À la fin du livre, Holden ne veut pas parler de son présent, le trouvant sans importance. Il devient clair que l'adolescent âgé de 17 ans se trouve dans une sorte d'hôpital psychiatrique (il se qualifie de "malade" et parle "du psychanalyste d'ici"). Il nous précise qu'il entrera dans un nouveau lycée au mois de septembre, et avoue que les personnes dont il a parlé dans le roman lui manquent. - wikipédia

mercredi 20 janvier 2010

Le détective Spenser est orphelin

Décidemment, pas de bonnes nouvelles, deux écrivains nous ont quittés...
lu la nouvelle dans le Parisien.
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Le nom me dit bien quelque chose, mais assez flou, j'ai jeté un oeil sur sa bibliographie... pas beaucoup plus de souvenir... probablement jamais lu (?).
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Noté a tout hasard sur ma liste "brocante", par curiosité.
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illustration : "la liseuse" de Charles Pellegrini
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Si l'on lisait déjà des romans noirs dans les années 1980, comme c'est mon cas, alors on a forcément dans sa bibliothèque, quelque part dans les rangées du fond, quelques livres signés Robert B. Parker.
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Ce pilier de la Série Noire est décédé lundi matin, dans sa maison de Cambridge, près de Boston (Massachussets), à l'âge de 77 ans. La police locale a pris la peine de préciser que la mort n'avait rien de suspecte.
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A l'époque de Robert B. Parker, les musiciens pop, rock ou soul s'évertuaient à écrire de bonnes chansons qui duraient trois minutes. Lui était de ces romanciers qui savaient tout dire en 200 pages.
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"Le cor sonne le glas", "Ramdam-dame", "Printemps pourri", "La Belle et les ténèbres", "La >fugueuse enchantée", "Un peu de discrétion", "Base-ball boum", "A coup de goupillon"... J'ai soigneusement conservé les miens.
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Trente ans plus tard, ils tiennent encore la route. Un vrai sujet, un sens aigu de l'observation, du nerf, de l'humour, chaque enquête du détective Spenser vous fera un aller en TGV ou quelques trajets en métro agréables.
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Il y a le choix ; Parker a signé 50 polars dont 38 Spenser (adaptés en série télé : trois saisons, une soixantaine d'épisodes). Du polar en finesse et sans prétention, la marque d'une génération d'auteurs. - http://blog.leparisien.fr/planete_polars/2010/01/le-detective-spenser-est-orphelin.html

L'auteur de "Love Story" est mort

Triste nouvelle pour commencer la journée...
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illustration : "la liseuse" de Max Fleischer
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Erich Segal avait aussi écrit le scénario du dessin animé des Beatles "Yellow Submarine".
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Ryan O'Neal et Ali MacGraw dans "Love story" (Sipa)
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Erich Segal, le romancier et scénariste américain de "Love Story", et scénariste du dessin animé des Beatles "Yellow Submarine", est mort dimanche à Londres d'une crise cardiaque à 72 ans, a-t-on appris mercredi 20 janvier auprès de sa famille.
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Erich Segal était atteint de la maladie de Parkinson depuis plusieurs années, a-t-elle précisé.Né à New York, Erich Segal était professeur de lettres à l'université de Yale quand il a écrit "Love Story", devenu au cinéma un énorme succès en 1970, grâce à l'interprétation de Ryan O'Neal et d'Ali MacGraw.
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Oliver et Jennifer Le film, qui avait remporté un Oscar et avait été nominé pour six autres, raconte l'histoire d'Oliver, un fils de famille aisée qui épouse Jennifer, une jeune femme d'origine modeste, contre l'avis de son père, avant que Jennifer ne meurt de leucémie, un drame qui rapproche le père et le fils.
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Dans un article paru en 2008, sa fille Francesca avait raconté comment son agent littéraire à l'époque avait tenté de le dissuader d'écrire "Love Story", craignant que cela ne ruine sa réputation d'auteur de scénario de films d'action plus "machos".
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A son enterrement mardi, Francesca Segal a rendu hommage à la ténacité avec laquelle son père a lutté "chaque seconde de ces 30 dernières années de maladie".
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Erich Segal était également professeur honoraire au Wolfond College d'Oxford.Il laisse une épouse, Karen James, et deux filles, Francesca, 29 ans, et Miranda, 20 ans. - http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/culture/20100120.OBS4133/lauteur_de_love_story_est_mort.html?idfx=RSS_notr&xtor=RSS-17

dimanche 6 décembre 2009

John Irving - Les rêves des autres

Voilà bien longtemps que je n'avais plus relu un John Irving... Un peu déçue, sur 7 nouvelles seulement 2 que j'ai aimées... et il semble bien que je ne sois pas la seule.
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la première : "les rêves des autres" ... un homme sans rêves, après son divorce, se met a rêver les rêves de ceux qui ont couchés avant lui sur le lit, le fauteuil, etc... jusqu'au lit de ses parents...
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et "Faut-il sauver Piggy Sneed ?" où l'on rencontre la férocité enfantine...
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illustration : "liseuses" de Sophie Fattal

Elles sont sept, ces nouvelles réunies pour la première fois en un volume, contrepoint à une oeuvre romanesque foisonnante.
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Pour sa plus grande joie, le lecteur y retrouvera ce qu'il connaît : la satire du conformisme, l'imagination débridée, le goût du burlesque, les tabous joyeusement pourfendus — cette vitalité hors du commun qui permet à l'auteur de passer indemne par-dessus les gouffres de ses obsessions.
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Mais certains y découvriront aussi, parfois, le récit à mi-voix, la description en demi-teinte, la profondeur et l'humanité du propos qui font ici d'Irving un nouvelliste à l'égal de Katherine Mansfield ou du Joyce des Dublinois.
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ils l'ont lu :
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http://sebastienfritsch.canalblog.com/archives/2008/11/13/11040323.html Pourtant, toutes les nouvelles qui composent ce recueil ne sont pas toutes de la même trempe. Certaines sentent même un peu le fond de tiroir.
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illustration : Quint Buchholz,

vendredi 4 septembre 2009

La folie Dan Brown vous agace ? Imaginez les auteurs...

Ça doit être particulièrement difficile pour eux...

Dan Brown par-ci, The Lost Symbol par-là, et sans oublier Jack machin truc chose explorateur au service du mystère et de la résolution des grandes intrigues de ce siècle.
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Tout le monde se lève pour Dan !

Mettez un peu de Brown dans votre café le matin ! Après l'ADN décryptez le DAN !
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D'ailleurs, cette nouvelle vidéo promotionnelle devrait vous convaincre que Brown est un sauveur !
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illustration : francoisknopf.com
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Mais voilà :
la folie Dan Brown, qui s'est emparée du monde, puisque la sortie du prochain ouvrage est prévue
pour le 15 septembre, partout - sauf en France où il n'arrivera que l'an prochain -, cette folie commence à irriter quelque peu certains auteurs.
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Le Curzon Group réunit huit auteurs de polars.
Huit Anglais qui commencent à être vraiment agacés, par l'omniprésence de Brown...
source : actualitté -Rédigé par
Clément S., le vendredi 04 septembre 2009 à 11h17

mardi 1 septembre 2009

Mo HAYDER - L’homme du soir

Commencé hier soir...
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Avec Mo Hayder, toute les chance pour que ce soit un roman glauque... donc aucune surprise a en attendre... sur le thème de la pédophilie.
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Je n'ai donc porter mes curiosités de lecture sur les trolls puisqu'il en est question et la pédophilie dans l'art... dans la vie de tout les jours cela me semblait indélicat, sordide et malsain.
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illustration : "la liseuse" de Sean Corner
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Aux abords de Brockwell Park, quartier résidentiel dans le sud de Londres, un garçon de neuf ans est enlevé à son domicile, en présence de ses parents.
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Mais le père comme la mère affirment ne pas avoir vu le ravisseur qui les a agressés et ligotés.
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La police pense aussitôt à un acte pédophile, d'autant que les enfants du lieu parlent avec effroi d'un "troll" qui les épie dans leur sommeil.
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C'est à l'inspecteur Jack Caffery que revient la pénible tâche d'enquêter dans les milieux pédophiles. Or, depuis la disparition - jamais élucidée - de son frère durant son enfance, il est particulièrement sensible à ce problème.
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Cette affaire lui permettra-t-elle de découvrir enfin la vérité sur le sort du disparu. Et s'il côtoyait cette vérité à son insu, sans se douter qu'elle est encore beaucoup plus sinistre qu'il ne l'imagine ?
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Les dix premières lignes :
17 juillet Quand tout fut terminé, l'inspecteur Jack Caffery, du SRES, le service régional des enquêtes sensibles pour le sud de Londres, reconnut que, parmi tout ce dont il avait été témoin à Brixton, ce soir nuageux de juillet, c'étaient les corbeaux qui l'avaient le plus ébranlé. Ils étaient là quand il était ressorti de la maison des Peach, plus d'une vingtaine à se tenir immobiles, comme voûtés, sur la pelouse du jardin voisin, inconscients des rubans de la police, des curieux et des techniciens (...).
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Ce qu'en pensent d'autres lecteurs :

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C'est donc une enquête dans les milieux pédophiles que nous raconte Mo Hayder.
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Elle plante le décor, l'intrigue, les protagonistes. La peur sourd, l'angoisse monte. Lentement. Très lentement. Très, très lentement... Trop lentement ? Et puis, si vous avez tenu jusque là, ça démarre.
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Ça démarre franchement. Et là, Mo Hayder vous embarque, vous brinquebale. Vous croyez comprendre, savoir, avant Caffery lui-même, et la page suivante, plus rien n'est sûr, toutes vos hypothèses s'écroulent. D'autres les remplacent qui ne durent pas bien longtemps non plus.
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Caffery avance sans trop savoir où il va. Il frôle l'illégalité, y plonge, en revient. Ses errements personnels, sa vie privée, tous cela donne un polar plein d'aspérités, sordide, tordu... Que l'on referme en se disant qu'on a bien fait de faire l'effort de s'y accrocher...
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Le style est classique, fluide, efficace. Au final. Mo Hayder fait preuve d'une réelle maîtrise dans l'intrigue. Elle aime ses personnages, les décrit longuement (vous l'aviez compris) n'hésitant pas parfois à délaisser l'histoire pour mieux nous faire connaître les hommes et les femmes qui gravitent autour.
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On a envie de connaître la suite, c'est peut-être pour ça que l'on aimerait à certains moment qu'elle ne s'en tienne qu'à l'histoire... Conséquence négative de son talent ? C'est sordide et l'on sent que Mo Hayder s'y plait (s'y complait ?).
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http://barnaythrillers.blogspot.com/2007/01/lhomme-du-soir-de-mo-hayder.html

Il s'agit de la suite de son premier livre " Birdman" L'Homme du soir est beaucoup plus dérangeant ... Mais c'est surtout l'histoire du frère de Caffery qui trouve ici sa conclusion... Je l'ai fini et je l'ai trouvé plus dur et plus "malsain" que son prédécesseur "Birdman", le fléau de la pédophilie y est abordé , à ne pas mettre en toutes les mains.. Le côté glauque et précisions ne m'ont pas gênée !!! j'adore ça !!! Bref, ces 2 livres font partie des classiques qu'il faut lire !!! Mais ce n'est que mon humble avis...
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http://auteurautravail.canalblog.com/tag/l'Homme%20du%20soir Son précédent opus, Pig Island est le seul qui ne mérite pas vraiment qu’on s’y arrête. Par contre, les deux premiers, l’Homme du soir, et Birdman sont des bijoux d’enquêtes glauques (âmes sensibles s’abstenir), mettant en scène Jack Caffery, un flic fêlé de partout qui n’a plus rien à perdre. On a le grand plaisir de le retrouver dans Rituel
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curiosité de lecture

En passant par wikipédia...
Dans la mythologie nordique, le troll est un être vivant dans les montagnes ou les buttes (bergtroll).
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Ce sont des géants incarnant les forces naturelles, au même titre que les Titans.
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Odin avait dû tuer Ymir, le géant dont il était né, pour assurer le règne des dieux et des hommes, selon un scénario rappelant la castration d'Ouranos par son fils Cronos et la victoire des dieux olympiens sur les Titans.
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Les trolls étaient des géants qui avaient surgi du corps d'Ymir ; ils symbolisent les forces naturelles dans leur énergie élémentaire.
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illustration : Vue d'artiste de trolls. L'illustration (Les trolls et la princesse enlevée) a été réalisée en 1915 par l'artiste suédois John Bauer pour la collection Bland Tomtar och Troll
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La
christianisation de la Scandinavie a profondément diminué la taille des trolls et altéré la réputation de ces êtres qui étaient jadis plutôt considérés comme bêtes et naïfs que comme malfaisants.
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Comme l'Église n'arrivait pas à éliminer les croyances populaires, elle a fait du troll un être de petite taille (semblable aux lutins du folklore français ou aux korrigans en Bretagne) et surtout un monstre, souvent identifié à Satan dans les contes populaires.
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Le folklore scandinave a particulièrement bien résisté à la pression chrétienne, et la fête païenne de Midsommar (qui a été christianisée en « Fête de la Saint Jean ») témoigne de la permanence des rites ancestraux.
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Avec l'effritement de l'influence luthérienne en Scandinavie,
le troll a cessé d'être considéré comme un monstre, sans pour autant retrouver sa grandeur ancestrale : c'est désormais une drôle de créature, à laquelle on attribue telle ou telle anecdote cocasse, qui sert à expliquer la présence d'une bizarrerie dans le paysage (rocher lancé par un troll, par exemple), ou dont on conte les aventures aux enfants.
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En français, le mot aurait dérivé en drôle, en conservant l'essentiel du sens imposé par le christianisme (le comique, la bêtise, ou la méchanceté).
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illustration : Martin van Maele
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La pédophilie dans l'art

Certains artistes évoquent la pédophilie dans leurs œuvres, ce qui provoque souvent des scandales.
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Des écrivains comme Gabriel Matzneff (Les Moins de seize ans)
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ou Tony Duvert (Prix Médicis en 1973 pour Paysage de fantaisie) ont régulièrement été accusés de faire l'apologie de la pédophilie dans leurs œuvres.
Le Bon Sexe illustré, écrit par ce dernier, se veut une critique féroce du carcan normatif de l'éducation sexuelle contemporaine.
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Plus récemment, en septembre 2002, la sortie du roman Rose Bonbon de Nicolas Jones-Gorlin a provoqué une polémique suite à la plainte déposée par une association de protection de l'enfance.
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D'autres auteurs, qui ont provoqué des scandales à leur époque, ont été absouts par leur célébrité ou leur décès :
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Sur le plan de l'image, certains artistes dépeignent la figure de l'enfant sous un jour teinté d'érotisme ou de sensualité : on peut citer en matière de photographie les travaux de
Bernard Faucon, Sally Mann ou Mike Tedder.
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Beaucoup d'artistes ont élu l'enfant pour sujet principal ou occasionnel de leurs œuvres, sans pour autant qu'il faille nécessairement parler d'art à caractère pédophile dès que de la sensualité se dégage.
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L'intention de l'artiste et les circonstances de la création d'une œuvre sont des données difficiles à établir. Une œuvre d'art n'existe toutefois pas que par son auteur, et peut se transformer parfois de façon spectaculaire, entre autres par catharsis chez le pédophile amateur d'art.
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En
2001, Emmanuelle Bercot écrit et réalise le film Clément dans lequel elle s'attribue le rôle principal, celui de Marion, une trentenaire qui s'éprend d'amour pour un ami de son filleul de treize ans, Clément.
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En
2006, Yann Queffélec publie Mineure (ISBN 2846281378), un roman dans lequel Sibylle, une jeune fille de treize ans, tente de séduire Michel, un homme de cinquante-cinq ans, marié et père de jumelles du même âge. Il ne veut pas céder, mais finira progressivement par succomber à son charme.
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également : http://www.droitsenfant.com/index.htm
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