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mercredi 30 septembre 2009

curiosité de lecture : la peste

Terminé hier soir...
comme "polar" on reste sur sa faim, mais côté "roman-historique" vraiment bien.
Se termine par un nouveau malheur frappant les juifs... la peste...
ce qui n'a donné envie d'approfondir un peu plus et voir ce que je pourrait lire d'interessant sur le sujet...
quelques livres retenus ici également (non noté celui de Camus, à cause de l'époque).
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La peste noire est une pandémie de peste bubonique qui a touché la population européenne entre 1347 et 1351. Elle n'est ni la première ni la dernière épidémie de ce type, mais elle est la seule à porter ce nom. Par contre, elle est la première épidémie de l'histoire à avoir été bien décrite par les chroniqueurs contemporains.
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Illustration de la Peste noire tirée de la Bible de Toggenburg (1411).
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On estime que la peste noire a tué entre 30 et 50 % de la population européenne en cinq ans, faisant environ vingt-cinq millions de victimes. Cette épidémie eut des conséquences durables sur la civilisation européenne, d'autant qu'après cette première vague, la maladie refit ensuite régulièrement son apparition dans les différents pays touchés : entre 1353 et 1355 en
France, et entre 1360 et 1369 en Angleterre, notamment.
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les juifs, les gitans, gens du voyage et une autre peuplade généralement connue sous le nom de cagots, suspectés par la population d’empoisonner les puits, furent persécutés, en dépit de la protection accordée par le pape Clément VI (voir ci-dessous).
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La médecine du XIVe siècle était bien impuissante face à la peste qui se répandait. Les médecins débordés ne savaient que faire devant cette maladie qui les atteignait, tout autant que leurs patients.
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Néanmoins, quelques conseils, vains, étaient donnés :
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brûler des troncs de
choux et des pelures de coing ;
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allumer des feux de bois odoriférants dans les chaumières ;
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faire bouillir l'eau et rôtir les viandes ;
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prendre des bains chauds ;
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pratiquer l'abstinence sexuelle ;
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pratiquer de nombreuses
saignées ;
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administrer des
émétiques et des laxatifs, l'effet recherché étant l'affaiblissement des malades qui meurent ainsi plus rapidement ;
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illustration : Equipement d'un médecin au Moyen- Age pour se protéger contre la peste et les épidémies (des. G. Dagli-Orti)
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La peste
marqua également les arts :
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voir en particulier les danses macabres
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illustration : Détail de la danse macabre de l'église Saint-Germain de La Ferté-Loupière dans l'Yonne.
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Fragment de la Danse macabre de Bernt Notke pour Rīga aujourd'hui dans l'ancienne église Saint-Nicolas de Tallinn.
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et l'œuvre de Boccace Le Décameron.
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Afin de fuir l'épidémie de peste noire qui ravage la ville de Florence en 1348, dix jeunes gens se réunissent : sept femmes, la plus âgée se prénommant Pampinée, la deuxième Flammette, ensuite Philomène, Émilie, Laurette, Neiphile, et enfin, Elissa, et trois hommes : Pamphile, Philostrate et Dionée (ces noms seraient inventés par l'auteur afin de protéger les personnages d'éventuelles critiques à la suite de leur fuite, Boccace est dans une logique de légitimation de son œuvre.
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Également, l'auteur ne traite pas ses personnages dans leur psychologie profonde mais se contente de mettre en scène des protagonistes types : le curé, l'amoureuse désespérée, le mari trompé, etc.
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Alors qu'elle s'échappe de Florence, la brigade se réfugie dans une campagne où tout semble être idyllique tel un Eden terrestre.
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Boccace nous dépeint un lieu qui semble complètement hors du temps et de la réalité et qu'il décrit comme un « paradis terrestre » avec de nombreux détails, comme en témoignent les lignes suivantes : « Ce lieu était situé sur une montagnette, de tous côtés à l'écart de nos routes […] en haut de la colline s'élevait un palais […] il y avait de petits prés alentour, des jardins merveilleux, des puits aux eaux très fraîches » (Introduction à la Première journée).
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On constate que la Nature est omniprésente dans le récit et occupe une place fondamentale pour les personnages ; il est fait mention d'« oiseaux chanteurs, épars sur les vertes ramures », d'« herbes mouillées de rosée », d'une « vaste plaine sur la rosée des herbes », ainsi que d'une « guirlande de laurier » dans « le délectable jardin » (introductions à la Deuxième journée et à la Cinquième journée).
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Chaque jour nouveau débute par un lever de soleil poétique et coloré : « L'aurore déjà de vermeille qu'elle était, à l'apparition du soleil, devenait orangée » ou encore « tout l'orient blanchissait » (introductions à la Troisième journée et à la Cinquième journée). On voit en cette nature un univers protecteur où chacun peut trouver le repos de l'âme. Cet univers paisible forme un contraste prononcé avec l'atmosphère infectieuse de la ville contaminée par les épidémies.
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La précision des descriptions qui y sont faites en la matière dans certains passages rapproche Le Décaméron du traité médical : « la propriété de la maladie en question fut de se transformer en taches noires ou livides qui apparaissaient sur les bras, sur les cuisses » ; « presque tous [...] dans les trois jours suivant l'apparition des signes mentionnés [...] trépassaient » (Introduction à la Première journée).
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La confrontation de ces deux aspects opposés que sont l'insouciance de quelques jeunes gens dans un jardin en fleurs et une population décimée par la peste noire, est une illustration la figure de style nommée antithèse. C'est, par ailleurs, l'une des tournures majeures du Décaméron.
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La Peste

A la fin de 1347, un fléau que l’Occident n’a plus connu depuis le VIe siècle fait sa réapparition : la peste.Du monde musulman à l’Europe occidentale, la peste décime les populations et fragilise les structures sociales.
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illustration : Venise au XVe
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Le bacille de la peste

La peste est provoquée par un bactérie dont le rat est porteur sans en être lui-même affecté. Le bacille de Yersin se transmet à l’homme par un parasite commun aux deux espèces : la puce. C'est Alexandre Yersin qui découvrit en 1894 le bacille de la peste.La maladie prend deux formes :
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La peste bubonique :
des taches noires apparaissent sur le corps au niveau des ganglions et enflent en même temps que la fièvre monte. La mort ou la guérison intervient trois jours après l’apparition des premiers symptômes.Sous cette forme, la peste est mortelle dans 70% des cas. C’est elle que l’on a baptisée la peste noire.
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La peste pulmonaire s’attaque aux voies respiratoires et est mortelle dans 100% des cas. C’est cette forme qui est la plus contagieuse.
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Il n’existe aucun vaccin contre cette maladie.
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Un long parcours

Durant l’époque mérovingienne, la peste s’était répandue dans toute l’Europe mais avait ensuite totalement disparu aussi bien en Occident qu’en Orient.
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En 1346, après six siècles d’absence, elle resurgit dans la région de la mer Noire. En effet, à Caffa, Mongols et Génois s’affrontent.
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Au cours du siège, les Mongols, atteints de la peste contaminent les Génois.
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En regagnant Constantinople, les Italiens propagent à leur tour la maladie.
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Cette dernière se diffuse à Messine, puis à Marseille par l’intermédiaire de galères qui débarquent en novembre 1347.
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illustration : Carte de diffusion de la peste noire
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Allégorie de la Peste (Peinte anonyme du 15e siècle)
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Dévastatrice, la peste qui prend la forme pulmonaire, emporte des dizaines d’habitants du port méditerranéen.
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La diffusion de la peste

De Marseille, le fléau se répand vers le reste du pays et bientôt vers toute l’Europe.
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La peste atteint Paris en juin 1348 puis elle touche le sud de la Grande-Bretagne et la Flandre.
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L’hiver apporte une accalmie puis la progression reprend dès le printemps 1349.
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Cette épidémie tue beaucoup et est d’autant plus problématique qu’elle est récurrente. La pandémie de 1348 n’est que la première apparition d’un fléau qui va revenir à intervalles réguliers tous les dix ans environ, durant plus d’un siècle.
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Panique et expiation

Les populations n’ont pas conscience que le mal dont elles souffrent est dû à des causes naturelles. Elles y voient un signe de la colère de Dieu et cherchent des responsables.
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Inévitablement, les groupes marginaux de la société sont désignés comme victimes expiatoires. Les Juifs sont les premières cibles de cette colère. Accusés d’avoir empoisonné les puits, ils font l’objet de massacres répétés en France, en Suisse et en Allemagne.
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Peinture anonyme du 15e siècle
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Les catholiques organisent des pèlerinages pour conjurer l’ire divine.
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Les « flagellants », adeptes de la pénitence et de la flagellation en public, font leur apparition.
Flagellants (miniature du 15e siècle)
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Le pape Clément VI incite les fidèles à plus de modération et condamne les flagellants en octobre 1349.
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Conséquences démographiques de la peste

La peste fait disparaître en quelques mois, entre un tiers et la moitié de la population européenne.
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Une estimation plus précise est difficile. Seuls les registres de baptêmes et des enterrements a permis de prendre la mesure du désastre. Mais tous les calcules aboutissent à un minimum de 40% de décès dans chaque village.
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Combat de l'ange et du démon pour emporter l'âme d'un mort (miniature du 15e siècle)
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Les plus riches et les mieux nourris
sont moins touchés par le fléau.
Le plus grave est que les enfants sont emportés en priorité ce qui aura de graves conséquences sur la démographie pour les années à venir.
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La maladie fait d’autant plus de ravages qu’elle touche une population qui souffre déjà de la famine et de la guerre En ce siècle de troubles, la mort est omniprésente.
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Du point de vue économique,
les conséquences de la peste sont très graves. Faute d’hommes, il y a une totale désorganisation de la production.
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Les champs sont en friche et des villages entiers abandonnés.
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La main d’œuvre se raréfie partout et si il y a une hausse des salaires, il y a également une hausse de l’inflation.
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Il faudra attendre la seconde moitié du XVe siècle pour que l’impact du fléau soit en partie réparé. -
V.B (01.2005)- source : http://www.dinosoria.com/peste.htm
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La dernière peste d’Occident: la peste Noire à Marseille
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Des littérateurs, des historiens (Boccace, Villani, Guillaume de Nangis), des médecins (Guy de Chauliac) retracent la marche, l'étendue, la gravité de la maladie;
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certains symptômes généraux la caractérisent : taches charbonneuses (papulae nigrae). bubons, prostration des forces. Des complications particulières, insidieuses, l'accompagnent selon les régions.
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Venise
en quatre mois est privée de soixante pour cent de ses citoyens. Les villes de l'Adriatique : Venise, Raguse, plus particulièrement exposées au fléau en raison de leur commerce avec l'Orient, recourent aux quarantaines, dès l'année 1403.
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Des lazarets appropriés reçoivent les voyageurs suspects et les marchandises.
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Ce système est appliqué à Marseille et à Lyon. On en rencontre des traces à Villefranche lors de l'épidémie de 1468. - source : http://www.cosmovisions.com/ChronoPestesMA02.htm
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Quelques titres... pour en savoir plus...
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Itinéraires des danses macabres de Utzinger H. et B. Utzinger
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Le grand feu de Jeanne Bourin
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La Peste Noire de William Naphy,
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La peste à Breslau de Marek Krajewski






vendredi 18 septembre 2009

Vos suggestions de lectures par temps d'épidémie

Pas très en avance pour lire la presse...
je commence comme d'habitude par le Monde...et un article séduisant...
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illustration : "la liseuse" de Zoé Hadley
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Après avoir interrogé le rapport entre littérature et épidémies, Le Monde.fr a demandé à ses lecteurs d'envoyer leurs suggestions d'œuvres de fiction traitant de ce thème et d'expliquer en quoi ces ouvrages éclairaient notre compréhension des réactions humaines en temps d'épidémie.
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Voici les recommandations des internautes.
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La Guerre du Péloponnèse (Ve siècle avant J.-C.), de Thucydide
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Danièle Achach : Ce texte fondateur a nourri toute la lignée d'écrivains et romanciers qui depuis l'Antiquité ont construit une œuvre autour d'une épidémie : Lucrèce,
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Manzoni avec Les Fiancés,
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Thomas Mann avec Mort à Venise,
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Giono,
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Camus, etc.
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Ce texte marque d'abord le lecteur par la précision et la cruauté du tableau clinique de la peste d'Athènes, dont l'horreur est rendue par une technique quasi cinématographique (descriptions de plans d'ensemble, gros plans).
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Il rend aussi remarquablement le caractère exponentiel de la diffusion de l'épidémie, décrivant d'abord des cas isolés, bien identifiables, puis de plus en plus de cas, encore distincts, avant de passer enfin à des "statistiques".
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Mais ce que ce texte révèle surtout, ce sont les effets sur les esprits et les comportements du climat moral créé par la peste et la terreur collective qu'elle suscite : "ensauvagement" de la population qui oublie le respect dû aux morts, qui ne sait plus se projeter dans l'avenir et se vautre dans la jouissance présente, qui puise dans les rumeurs la source d'un climat de haine et de stigmatisation de certains groupes sociaux.
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C'est aussi le retour de la "pensée magique" : l'épidémie est vue par le plus grand nombre comme une punition collective envoyée par les dieux, comme la sanction d'une prophétie non respectée.
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On n'est pas loin, tout comme chez La Fontaine ou Sophocle, du thème du coupable qu'il faut sacrifier pour apaiser cette colère divine.
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Journal de l'année de la peste (1722), de
Daniel Defoe
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C. Zythumz : Ce texte – un roman en fait, et non un journal, puisque Defoe, né en 1660, n'a que cinq ans quand la peste sévit à Londres –, a servi de matrice à bien des ouvrages traitant de la peste (Camus en particulier).
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Remarquable pour l'époque dans sa forme – une enquête à l'aide d'archives –, soucieux de tendre à une forme d'objectivité journalistique dans le meilleur sens du terme.
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J'ai souvent convié mes interlocuteurs à lire cet ouvrage en le comparant à ce que les journaux – y compris Le Monde – ont écrit depuis que le sida fait des ravages. Defoe était vraiment un grand précurseur.
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Voyez en particulier comment il explique la désagrégation du tissu social des bourgades rurales avec l'approche de la maladie, ou comment les riches et les puissants se débrouillent pour éviter la maladie tandis que les gens modestes dégustent…
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C'est exactement ce que nombre d'articles signalent à propos des sociétés africaines aujourd'hui.
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Gilles Sniatecki : Par l'auteur du célèbre Robinson Crusoë, un témoignage-reportage sur la peste qui décima la population londonienne au XVIIe siècle. Aux ravages de l'épidémie s'ajoutent la gangrène des rumeurs et la recherche de boucs émissaires. A prescrire de toute urgence et à méditer !
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Le Hussard sur le toit (1951), de
Jean Giono
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Mathilde Carron : Un jeune militaire italien fuit le Piémont et se retrouve en Provence, au plus fort d'une épidémie de choléra. Il y fait la rencontre d'une jeune femme avec laquelle il va traverser cette épidémie.
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Le livre présente d'une part cette rencontre amoureuse, et de l'autre les ravages d'une maladie, au plus fort d'une épidémie meurtrière, et les réactions humaines qu'elle provoque (peur, suspicion, haine, égoïsme, etc.).
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Lune Riboni : J'ai lu Le Hussard il y a quelques années, dans le métro pour être exact, et je vous déconseille expressément de le lire dans un lieu public… Le Hussard est un livre dur, puissant, qui a très peu à voir avec le romantisme du film de Jean-Paul Rappeneau.
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Tous les angles sombres de l'homme sont observés, répertoriés, sans aucune pitié ni complaisance. Il y a celui qui jette le corps de son père sur le perron, oubliant déjà d'où vient son nom ; celui qui cherche les causes du choléra dans les nuages puis dans les fontaines, laissant libre court à la folie et à la haine. Il y a bien peu de solidarité dans cette France du début du siècle.
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Et quand un village tout entier sort de ses murs pour rejoindre la campagne, il faut à peine quelques semaines pour que chacun reprenne sa place, ou sa classe. Pas d'échappatoire possible donc. Jean Giono nous fais sentir l'angoisse, l'horreur et l'odeur. Heureusement, l'espoir pointe, quelques personnages généreux et vertueux rappellent que tout n'est pas perdu.
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Bernadette Couturier : Cette lecture m'a marquée car j'ai le souvenir d'une hécatombe que l'on n'arrive plus à maîtriser ! Les humains restent tels que la vie les a modelés… Chacun réagit en fonction de ce qu'il est avec plus ou moins de sensibilité !
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Rhinocéros (1959), d'
Eugène Ionesco
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Clément Mignet : La "rhinocérite" se développe et des réactions, absurdes pour la plupart, fusent. L'interprétation exacte de ce roman est la dénonciation des régimes totalitaires, retranscrits ici sous la forme d'une maladie.
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Les réactions sont celles d'hommes menacés par une "machination infâme", les personnages prennent des risques pour rester avec leurs proches bien que leur mutation devienne critique.
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Puis vient la fatalité : "L'humanisme est périmé ! Vous êtes un vieux sentimental ridicule." Ce livre, bien qu'étant éloigné de l'épidémie classique, met en avant les réactions téméraires et périlleuses des individus face à une maladie.
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Le fléau de
Stephen King
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Vincent Chabrier : Des militaires manipulent des virus jusqu'à ce qu'un malencontreux accident permette au plus dangereux d'entre eux de s'échapper.
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Les personnages du roman sont nombreux et ont des personnalités suffisamment bien choisies pour illustrer la réorganisation d'une société touchée par un tel phénomène.
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On a une femme enceinte (renaissance d'une nouvelle société), le sourd muet au grand cœur (l'"élu" ne parle pas, n'entend pas. Une antithèse du politicien ? Un prophète ?), un leader charismatique, un héros malgré lui…
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Tous ces personnages vont se regrouper petit à petit en deux camps : le bien et le mal, Dieu et le diable. Avant que cette métaphore religieuse vienne enrichir (ou pourrir, selon le point de vue) l'histoire, l'auteur décrit avec minutie le cheminement de ces personnages vers la constitution des deux blocs (Est-Ouest).
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Beaucoup de questions sur les réactions humaines en temps d'épidémie sont soulevées et des éléments de réponse sont apportés : - comment réagir lorsque l'on soupçonne qu'il se passe quelque chose de grave, que l'on nous ment ? - pourquoi les hommes cherchent-ils à se regrouper quand tout le monde meurt autour d'eux ? - comment se comportent les gens au sein d'un nouveau groupe qui lutte pour sa survie ? - comment se comportent deux groupes qui se rencontrent ?
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A l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie (1993), d'
Hervé Guibert
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Alexandre Rosa : Avoir le virus du sida dans les années 1980 et 1990 signifiait un arrêt de mort. Les premières lignes d'A l'ami étaient fondées sur le déni – ou sur un fait magique : "J'ai eu le sida pendant trois mois."
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Dix-huit ans après, le monde rêve toujours d'une maladie qu'on pourrait juste "avoir", pour en guérir, c'est-à-dire la "perdre" définitivement.
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Ce qu'il y a de bouleversant, c'est qu'à cette époque les lecteurs savaient que cela serait impossible, que personne ne survivrait au sida et que l'auteur de ce roman rejoignait une facette enfantine de la vie : la croyance. Le narrateur croit en ses amis, croit qu'une cure est possible et davantage encore : qu'il sera le seul survivant.
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Tout dans ce livre est une défaite, y compris ce qui est annoncé dans le titre, la trahison par un ami qui, finalement, n'a pas sauvé la vie du narrateur. A l'époque de sa sortie, l'énorme succès de ce roman d'Hervé Guibert annonçait tout simplement les années people à venir, dans lesquelles on vit et on meurt devant un public souvent désarmé pour comprendre l'œuvre de celui ou celle qui s'abandonne devant les caméras pour exposer son malheur.
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Un public en soif de sang puisqu'il souffre, lui aussi, de la misère quotidienne, de ce qu'il ne peut pas avoir et n'aura jamais. Peut-être ont-ils acheté A l'ami pour y lire l'anéantissement d'un très beau jeune homme et ont fini par rater celui d'un écrivain.
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Le Neuvième Jour (1994), d'
Hervé Bazin
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Nancy Feytout : Vous avez dit "grippe" ? C'est précisement ce dont il est question dans ce roman (un des derniers du regretté Hervé Bazin) : une pandémie de "surgrippe" qui part de l'Inde et s'étend sur la surface du globe à la vitese des avions.
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Tout y est : le battage médiatique, les vieux réflexes – repli sur soi, stockage des denrées – et les nouveaux, comme la discrimination à l'embauche en faveur des guéris, sans oublier la description hyperréaliste du travail de recherche dans un laboratoire de haute sécurité et les étapes à franchir pour la fabrication du vaccin. C'est fascinant, tout en restant compréhensible pour les profanes.
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Bien sûr, il y a aussi l'histoire personnelle du narrateur, où les fans retrouveront quelques-uns des thèmes chers à l'auteur (la gémellité, l'astronomie, le lien familial…). C'est riche, documenté, bien écrit (dans le style impeccable et si particulier de Bazin) et tellement réaliste qu'on est convaincu que si cela n'est pas déjà arrivé cela ne peut être qu'imminent.
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Quelques mots sur la fin : l'effet de surprise a été total en ce qui me concerne lors de la première lecture. Depuis je ne peux m'empêcher de m'interroger, de douter et d'avoir peur.
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La Quarantaine (1995), de Jean-Marie Le Clézio
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Catherine Mary : A la fin du XIXe siècle, deux frères, Léon et Antoine, embarquent depuis Marseille pour l'île Maurice à bord du navire Ava, en compagnie de Suzanne, la femme d'Antoine.
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Lors du voyage, le commandant fait escale à Zanzibar, puis, avant l'arrivée prévue à Maurice, sur l'île de Plate. L'escale dure.
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Des rumeurs se propagent au sujet de passagers embarqués à Zanzibar, infectés par la variole. La quarantaine se prolonge et la peur de la contagion s'installe sournoisement parmi les passagers de l'Ava.
J'ai beaucoup écrit sur la préparation à la pandémie au cours de ces dernières années, notamment sur les modèles mathématiques simulant les mesures pour contenir la diffusion du virus grippal.
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De ce point de vue, le roman de Jean-Marie Le Clézio décrit bien les mesures employées jusqu'à il y a peu de temps, visant à isoler les malades contagieux, les épidémies. Les îles du Frioul, au large de Marseille, servaient par exemple de quarantaine pour les navires suspects.
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Ce roman évoque la confusion au sujet des réglementations et des conduites à suivre. Il nous rappelle aussi à quel point la variole, qui défigurait et tuait, était présente dans les imaginaires.
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L'Aveuglement (1995), de Saramago
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Brigitte Falga : Cet essai philosophique, qui traite des réactions humaines ou inhumaines au moment où tout un pays devient aveugle, sauf la femme du héros, est très révélateur en ce qui concerne les bassesses des hommes mais aussi la solidarité qui finit par les gagner.
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Médée : voix (1996), de
Christa Wolf
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Emilie Lay : Dans un récit à plusieurs voix, Christa Wolf revisite le mythe de Médée, recréant un personnage profondément humain, une guérisseuse.
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Mais Médée demeure l'étrangère, la "barbare". A Corinthe, on lui attribue tous les malheurs, tous les maux inexpliqués, et quand la peste s'abat sur la cité, les Corinthiens font d'elle un bouc émissaire.
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Aux prises avec la peur de la maladie, on devient fou et on s'unit dans la désignation d'un coupable qui est presque toujours l'étranger, le nouveau venu, l'autre ; et après avoir banni Médée, les habitants de la cité dans leur folie finissent par massacrer ses enfants.
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Pars vite et reviens tard (2001), de
Fred Vargas
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Jean-Pierre Palacin : Ce polar paru en 2001 est inracontable, à la fois par la complexité de l'action et aussi pour ne pas "éclairer" ceux qui ne l'auraient pas lu.
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On peut quand même dire qu'il traite du retour de la peste à Paris à l'époque actuelle, sous la plume de la talentueuse historienne-auteure de polars.
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Le livre a obtenu plusieurs récompenses, méritées, et a été adapté au cinéma par Régis Wargnier. La peste comme cadre, comme grande peur et comme allégorie est une vraie trouvaille pour donner la frousse et permettre au commissaire Adamsberg de montrer son savoir-faire.
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je rajouterai :
L'Amour aux temps du choléra de Gabriel Garcia Marquez
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La maladie de la mort de Marguerite Duras
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en fait non... si j'étais malade je lirai tout et n'importe quoi, mais surtout pas un livre sur la maladie !





mercredi 24 juin 2009

curiosité de lecture : freak show et autres phénomènes

en lisant Franck Thilliez...
trouvé pas mal de "pervertions" liées a des maladies impressionnantes...
entendu, c'est un roman et même un thriller... mais franchement, il me met mal à l'aise...
The Freak Show

dont le plus célèbre fut celui du cirque ambulant
Barnum and Bailey aux USA, qui présentait d'étonnants phénomènes ou monstres de foire.
Près de cinquante oeuvres interprètent et explorent les différents types de monstruosité ou d'anormalité avec des oeuvres contorsionnistes, géantes, poilues, siamoises, etc.
En se préservant de tout anthropomorphisme.
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La sirénomélie est une pathologie fœtale grave qui se traduit (pour la part la plus immédiatement visible) par une fusion des membres inférieurs qui rappelle la sirène dans l'imaginaire collectif (c'est-à-dire avec une queue de poisson).
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La maladie de Ledderhose appelée encore aponévrosite plantaire est une infiltration de l'aponévrose plantaire par des nodules fibreux situés sur les tendons fléchisseurs. Elle entraîne parfois la rétraction de l'aponévrose, avec déformation du pied en varus (c'est-à-dire vers l'intérieur), et une flexion des orteils en griffe.

Son nom vient de
Georg Ledderhose, professeur à la faculté de médecine de l'université de Strasbourg à l'époque du Reichsland.

Son équivalent au niveau de l'aponévrose palmaire de la main est la
maladie de Dupuytren.
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La maladie de La Peyronie est une sclérose des corps caverneux, responsable d'une déviation de la verge en érection.

La maladie de La Peyronie doit son nom à
François de La Peyronie. Ce chirurgien a donné son nom à la maladie de La Peyronie mais aussi aux plaques de La Peyronie.
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Le syndrome de Protée est une maladie génétique complexe comprenant des hamartomes de taille importante impliquant plusieurs tissus : tissu conjonctif, tissu épidermique et tissu osseux.
Elle se manifeste dès la naissance et les hamartomes grandissent au cours de la vie. Les tumeurs cancéreuses sont rares. Des tumeurs de l'ovaire, des tumeurs testiculaires, des tumeurs de la parotide et des tumeurs du système nerveux sont parfois associées avec les hamartomes.
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Joseph Merrick, connu sous le surnom de l'homme éléphant, était très probablement porteur de cette pathologie et non pas de la maladie de Recklinghausen.
Des tests ADN récents le prouveraient, comme les recherches le soupçonnaient depuis longtemps, peut-être combinée à la maladie de Recklinghausen.
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Le gène Sonic Hedgehog
Les chercheurs de l'Université Cornell, ont découvert le rôle du gène Sonic Hedgehog (Shh) sur la souris, qui accélère la repousse des cheveux. Cette découverte pourrait s'appliquer après une chimiothérapie, car en général la repousse prend entre 3 et 6 mois et parfois certains patients ne retrouvent pas complètement toute leur chevelure.
Le gène Shh à un rôle majeur dans la formation d'organes tels que le cerveau, le cœur, les poumons et le squelette.

Lors de l'expérience sur des souris, les chercheurs ont injecté ce gène à l'aide d'un adénovirus dans la peau de souris ayant perdu leurs poils suite à un traitement de chimiothérapie.

Deux semaines plus tard sont apparues des follicules pileux en phase active de croissance.D'après ces chercheurs il s'agit d'une avancée qui permettra de réaliser un traitement qui accélèrera la repousse capillaire après traitement d'une chimiothérapie.
- source : http://www.courriermedical.com/2001122806.shtml