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jeudi 7 octobre 2010

Edgar Hilsenrath - Le Nazi et le Barbier

Challenge histoire512 pages ,
Voilà un livre que je ne risque pas d'oublier ! vraiment très mal à l'aise au début et puis prise par l'histoire de ce génocidaire, je l'ai trouvé passionnant d'un bout à l'autre et vraiment original.

Ce petit nazi volant l'identité de son ancien ami juif, fuyant l'avance de l'armée russe, devenant trafiquant au marché noir de Berlin puis partant vers Israël et devenant un héros de la création du nouvel état... et terminant sa vie en se présentant devant D.ieu en demandant d'être jugé...

comment ne pas penser a :
Détails sur le produitLa mort est mon métier de Robert Merle

et bien sur le film de Chaplin...
Détails sur le produitPourquoi Hitler ? de R. Rosenbaum
l'éditeur :
Une épopée picaresque, traitant l’Holocauste avec la verve, l’ironie et l’humour noir de Fuck America...

1933. Max, le fils bâtard de la pute Minna Schulz, s’enrôle dans les SS à l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Affecté dans un camp d’extermination où disparaissent son meilleur ami (juif) et toute sa famille, il endosse après la guerre l’identité de son ami assassiné. Max, devenu Itzig Finkelstein, épouse la cause juive et traverse l’Europe pour rejoindre la Palestine, où il devient barbier et sioniste fanatique.

Le roman est découpée en six livres, chacun retraçant une période marquante de la vie de Max et du peuple juif.

L'ouvrage Le Nazi et le Barbier (Der Nazi & der Friseur) de l'écrivain juif-allemand Edgar Hilsenrath est un roman grotesque sur la Shoah pendant l´époque du national-socialisme, publié pour la première fois en 1971.


perspective du criminel

Le récit, raconté par le criminel lui-même, est conçu comme la biographie d'un SS, auteur d'innombrables meurtres, surveillant dans un camp de concentration, Max Schulz, qui, après l'effondrement du Troisième Reich, a usurpé une identité juive et a gagné Israël, afin d'échapper aux poursuites en Allemagne.

Le grotesque est caractérisé par le fait que les attentes du lecteur sont déçues de manière calculée et par le renversement des clichés habituels, par exemple ce qui concerne l'Allemand Max Schulz et son ami et camarade d'école le juif Itzig Finkelstein:

« Mon ami Itzig était un blond aux yeux bleus, il avait le nez droit, les lèvres bien dessinées et de bonnes dents. Moi, au contraire, Max Schulz, j'avais des cheveux noirs, des yeux de grenouille, le nez crochu, de grosses lèvres et de mauvaises dents. »1

Une autre particularité souligne la perspective du criminel, pour les lecteurs allemands de l'époque une nouveauté:

« Les lecteurs allemands sont depuis des années familiers avec des romans, des récits et des pièces de théâtre qui ont pour sujet la persécution et l'anéantissement des Juifs sous Hitler et sont traités de façon satirique-poétique et comique-grotesque. Mais tous sont conçus sous l'angle de la perspective des victimes, Hilsenrath au contraire choisit pour son roman la perspective du criminel. »2

Publication

Hilsenrath a eu des difficultés pour la publication de l'ouvrage en Allemagne comme cela avait déjà été le cas pour son premier roman La Nuit, parce qu'il brisait le tabou philosémite qui voulait que dans la littérature allemande d'après-guerre les juifs ne soient représentés que d'une manière positive, comme des sortes de héros. Hilsenrath au contraire décrit les juifs comme il décrirait d'autres hommes, avec leurs côtés positifs et négatifs, et il considère le philosémitisme comme un bonnet retourné dont on les aurait coiffés, donc comme une forme cachée d'antisémitisme toujours présent.

Bien que l'ouvrage ait déjà été publié aux États-Unis en 1971 et eût été fort bien accueilli, le manuscrit fut refusé par de nombreux éditeurs en Allemagne, sous prétexte qu'on ne doit pas écrire ainsi sur les Juifs. Ce n'est que six ans après la publication aux États-Unis que l'ouvrage est paru en 1977 en Allemagne chez un petit éditeur de Cologne, Helmut Braun.


Edgar HilsenrathRéception

Aux États-Unis, la publication du roman avait rencontré un grand succès, alors qu'en Allemagne à cause du tabou philosémite elle suscita bien des controverses. Heinrich Böll rendit hommage, dans une critique, à la qualité littéraire de l'œuvre et à son style, « qui foisonne plein de sève et pourtant touche souvent juste, déployant une poèsie à la fois sombre et calme. » Le Nazi et le Barbier jouit depuis lors, de même que l'ensemble de l'œuvre d'Hilsenrath, d'une popularité croissante en Allemagne. En 1979 Le Nazi et le Barbier fut cité en Suède comme l'un des trois meilleurs livres parus. La valeur académique de l'œuvre d'Hilsenrath est désormais reconnue en Allemagne et à l'étranger - avant tout aux États-Unis. - wikipédia


http://www.telerama.fr/livres/edgar-hilsenrath-le-nazi-et-le-barbier,53872.php

En presque cinq cents pages frénétiques, mêlant le ton badin aux mots les plus crus, les situations loufoques aux scènes les plus tragiques, Edgar Hilsenrath accomplit un tour de force, fait de l'intelligence sa grande oeuvre. Sa farce se révèle poético-politique. Avec une liberté déconcertante et ô combien salutaire, Edgar Hilsenrath, qui a également écrit un roman sur le génocide arménien (1), affirme qu'une seule chose est pour lui sacrée. Ce n'est pas la Shoah, ce n'est pas l'horreur, mais la mémoire - le contraire de l'oubli qui fait qu'en notre pas si bonne et vieille humanité sommeille toujours le monstre.- Martine Laval


Autres lecteurs

http://passiondeslivres.over-blog.com/article-le-nazi-et-le-barbier-d-edgar-hilsenrath-48971170.html

Présenté sous forme de roman-confession, bien avant La mort est mon métier et plus de trente ans avant Les bienveillantesde Jonathan Littell, Hilsenrath fait parler pour la première fois un bourreau qui devient le porte-parole des victimes.

http://www.lalettrine.com/article-le-nazi-et-le-barbier-edgar-hilsenrath-48060735.html

: Dans Le Nazi et le Barbier, le burlesque et la fantaisie l’emportent sur tout autre chose. Un grain de folie est à l’origine de ce roman décalé.

http://laruellebleue.over-blog.fr/article-le-nazi-et-le-barbier-edgar-hilsenrath-attila-50626664.html

http://www.leblogdemanu.com/livres/le-nazi-et-le-barbier-dedgar-hilsenrath

ce qui à surtout choqué et qui fait la véritable force de ce livre est son humour noir, son cynisme. Blaguer avec le nazisme ? Blaguer avec la création d’Israël ? S’en était trop ! Et pourtant, ce livre est un grand livre.


sites divers

http://remue.net/spip.php?article3586

Il évoque la Shoah de façon très crue. En se mettant, lui qui a connu les ghettos durant la guerre, du côté des bourreaux. Les scènes décrites sont brèves et cinglantes. Tout se déroule sur fond d’alcool et d’idéologie primaire mais redoutable. Max Schulz ressemble parfois au brave soldat chveik. Il s’en démarque dès que sa roublardise le place du côté des génocidaires.

http://bibliobs.nouvelobs.com/20100402/18637/les-malveillantes

http://www.lexpress.fr/culture/livre/le-nazi-et-le-barbier-et-fuck-america-deux-ouvrages-d-edgar-hilsenrath_885075.html

textes dérangeants et caustiques que l'on aimera ou détestera, mais qui ne peuvent laisser indifférent. Les livres d'Edgar Hilsenrath sont tous subversifs, grand-guignolesques. De toute façon, il aime à le répéter, leur auteur est resté un marginal. Un rôle qui lui convient à merveille.


mercredi 15 septembre 2010

prochaines lectures : Somerset Maugham, Henri Loevenbruck, Pascal Fioretto, Jacquot Grunewald et Edgar Hilsenrath

bonjour tout le monde,
quel fichu temps aujourd'hui encore, toujours en pleine lecture de "la vieille qui marchait dans la mer" de Frédéric Dard, pour le challenge San-A ... vraiment une relecture très plaisante, merci à Fattore de l'avoir suggérée.
J'en fait le commentaire, le jour le jour, directement sur le premier article, sinon je ne m'y retrouve pas.
cet après-midi, c'est sortie en bibliothèque (mercredi de 9 h 30 à 12 h 30 et de 14 h à 18 h 30), voilà 4 livres qui m'attendent depuis le 24 août ... espérons qu'ils soient encore disponible...
Le Nazi et le BarbierLe Nazi et le Barbier de Edgar Hilsenrath,
Editeur : Attila (18 mars 2010) 506 pages ISBN-10: 2917084170

pprésentation de l'éditeur

1933. Max, le fils bâtard de la pute Minna Schulz, s'enrôle dans les SS à l'arrivée d'Hitler au pouvoir. Affecté dans un camp d'extermination, où disparaissent son meilleur ami (juif) et toute sa famille, il décide à la fin de la guerre de se faire passer pour juif... et endosse l'identité de son ami assassiné. Max Schulz, devenu Itzig Finkelstein, épouse la cause juive, traverse l'Europe et rejoint la Palestine, où il devient barbier et sioniste fanatique. Le Nazi et le Barbier fut, trente ans avant Les Bienveillantes, le premier roman sur l'Holocauste écrit du point de vue du bourreau. L'humour (noir) en plus.
La Tentation du rabbin FixLa Tentation du rabbin Fix de Jacquot Grunewald

Albin Michel (1 avril 2005) 289 pages ISBN-10: 2226159576

Pprésentation de l'éditeur

Quand un spécialiste du Talmud se pique de littérature policière, le lecteur entre dans un univers à la fois familier et déroutant ; Familier par le cadre, déroutant par le mode de raisonnement. Le rabbin Théodore Fix accourt à Jérusalem, au chevet de son petit-fils blessé dans un attentat. De retour à Paris, il n'aura de cesse de vérifier ses intuitions, de donner corps à ses soupçons. Un livre écrit par temps d'Intifada, quand la raison et la dérision triomphent des crédulités ordinaires.
Editeur : Chiflet & Cie (14 août 2007) 210 pages ISBN-10: 2351640314

Pprésentation de l'éditeur

Printemps 2007. Alors que la rentrée littéraire approche, Christine Anxiot n'a toujours pas remis son manuscrit annuel. Son éditeur déclenche une enquête sur l'inexplicable disparition, mais les enlèvements d'écrivains continuent. Dans les milieux feutrés de l'édition s'engage alors une impitoyable chasse à l'homme de lettres... Pour réaliser ce polar plein de rebondissements, les plus grands noms de la littérature française se sont passé la plume en rédigeant chacun un chapitre : Denis-Henri Lévy, Barbés Vertigo / Christine Anxiot. Pourquoi moi ? / Fred Wargas, Tais-toi si tu veux parler / Marc Levis, Et si c'était niais ? / Mélanie Notlong, hygiène du tube (et tout le tremblement) / Pascal Servan, Ils ont touché à mes glaïeuls (Journal, tome. XXII) / Bernard Werbeux, Des fourmis et des anges / Jean d'Ormissemon (de la française Académie), C'était rudement bath' / Jean-Christophe Rangé, Les limbes pourpres du concile des loups / Frédéric Beisbéger, 64 % (Soixante-quatre pour cent)/ Anna Galvauda. Quelqu'un m'attend, c'est tout.
Les Cathedrales du VideLes Cathedrales du Vide de Henri Loevenbruck
FLAMMARION LETTRES (7 octobre 2009) 336 pages ISBN-10: 2081221683

Pprésentation de l'éditeur :

Sous couvert de protection de l'environnement, une organisation internationale met la main sur plusieurs régions du globe. Leur motif réel ? Un secret enfoui dans le coeur de la terre depuis la nuit des temps. Alerté par une série de disparitions étranges, Ari Mackenzie, pourtant retiré des Renseignements généraux, décide de mener l'enquête. Se pourrait-il qu'il y ait un lien entre les recherches clandestines de cette multinationale et les découvertes de l'alchimiste Nicolas Flamel ? Malgré lui, le commandant Mackenzie est à nouveau confronté à une affaire singulière. La plus dangereuse de sa carrière, sans doute. La dernière, peut-être.
Autre lecture en attente :le partenariat Blog-o-book et des éditions Robert Laffont... reçu hier...
Madame la colonelleMadame la colonelle de William-Somerset Maugham, Editeur : Robert Laffont (9 septembre 2010) 677 pages ISBN-10: 2221114795

pprésentation de l'éditeur :

Ecrivain voyageur s'il en fut, Somerset Maugham nous a fait la grâce de restituer dans ses nouvelles une galerie de personnages plus pittoresques les uns que les autres et un panorama des lieux d'une grande diversité - en Europe, mais aussi en Asie et en Amérique - que son humeur vagabonde lui a donné l'occasion de rencontrer et d'observer. C'est ainsi tout un monde, dont le souvenir aujourd'hui s'estompe mais dont plus d'un voyageur contemporain peut être nostalgique, qui s'offre à notre regard de lecteur et de curieux. Avec en prime l'humour permanent teinté parfois d'une pointe - de cruauté qui est la marque de fabrique de ce grand raconteur d'histoires. Peut-être le plus grand.
illustration : "la liseuse" de Pablo Gallo (Lali)
17h42... suis rentrée de la bibliothèque ... avec les 4 prévus et en plus...
Lait noirLait noir de Elif Shafak
Editeur : Phébus (27 août 2009) 348 pages ISBN-10: 2752903782

Pprésentation de l'éditeur

Maternité et écriture ne font pas toujours bon ménage. L'une paraît menacer l'autre. et vice-versa. Comment marier la blancheur du lait à la noirceur de l'encre ? Comment préserver son indépendance tout en berçant sa progéniture '! ainsi lorsque Elif Shafak. à la naissance de sa fille, sombre dans une dépression, six petites créatures têtues et véhémentes l'accompagnent. Ces dames, voix intérieures de l'auteur - et l'on pourrait dire de toute femme -, exposent avec détermination, intelligence et humour leur conception du monde et de la féminité. De Miss Cynique lntello à Miss Ego Ambition, de Miss Intelligence Pratique à Darne Derviche, de Maman Gâteau à Miss Satin Volupté. la femme d'hier. d'aujourd'hui et de demain s'exprime dans ses contradictions et ses rêves. Elif Shafak témoigne ici avec brio de la crise d'identité à laquelle peuvent être confrontées les femmes lorsqu'elles veulent à la fois être mères et créatrices. Evoquant ces hautes figures de la littérature que sont Virginia Woolf. Simone de Beauvoir et Doris Lessing. Lait noir est aussi un portrait de la société turque dans sa double dimension : orientale et occidentale. Tout autant roman qu'autobiographie, voici le livre le plus grave et le plus drôle, le plus iconoclaste et le plus intime de l'auteur, qui réinvente la femme, pour nous dire que tout lui est possible.
Le testament cachéLe testament caché de Sebastian Barry
Editeur : Losfeld (Editions Joëlle) (3 septembre 2009) 328 pages ISBN-10: 207078763X

Pprésentation de l'éditeur

Roseanne McNulty a cent ans ou, du moins, c'est ce qu'elle croit, elle ne sait plus très bien. Elle a passé plus de la moitié de sa vie dans l'institution psychiatrique de Roscommon, où elle écrit en cachette l'histoire de sa jeunesse, lorsqu'elle était encore belle et aimée. L'hôpital est sur le point d'être détruit, et le docteur Grene, son psychiatre, doit évaluer si Roseanne est apte ou non à réintégrer la société. Pour cela, il devra apprendre à la connaître, et revenir sur les raisons obscures de son internement. Au fil de leurs entretiens, et à travers la lecture de leurs journaux respectifs, le lecteur est plongé au coeur de l'histoire secrète de Roseanne, dont il découvrira les terribles intrications avec celle de l'Irlande. A travers le sort tragique de Roseanne et la figure odieuse d'un prêtre zélé, le père Gaunt, Sebastian Barry livre ici dans un style unique et lumineux un roman mystérieux et entêtant

lundi 14 juin 2010

Edgar Hilsenrath - Fuck America,

Terminé hier...
Prix Mémorable 2009 des librairies Initiales.
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1952 : dans une cafétéria juive de Broadway, Jakob Bronsky, tout juste débarqué aux États-Unis, écrit son roman sur son expérience du ghetto pendant la guerre : Le Branleur !
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Au milieu des clodos, des putes, des maquereaux et d'autres paumés, il survit comme il peut, accumulant les jobs miteux, fantasmant sur le cul de la secrétaire de son futur éditeur, M. Doublecrum...
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Dans la lignée de Fante, Roth et Bukowski, Fuck America est un témoignage étourdissant sur l'écrivain immigré crève-la-faim.
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L'auteurHilsenrath est né en Allemagne en 1926. Après avoir survécu à l'expérience du ghetto pendant la guerre, puis avoir vécu en Palestine et en France, il arrive à New York (sur le même bateau que Rita Hayworth) au début des années cinquante.
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Il travaille comme garçon de café et réduit ses besoins à l'essentiel, écrivant la nuit dans les cafétérias juives. Les éditeurs allemands craignant son approche très crue de la Shoah, il est d'abord publié aux Etats-Unis...
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À son retour en Allemagne, en 1975, un petit éditeur relève enfin le gant et un article du Spiegelc rend célèbre du jour au lendemain. Dès lors, il connaît la gloire, accumulant les prix et les reconnaissances institutionnelles...http://www.lechoixdeslibraires.com/livre-66838-fuck-america.htm
Truculent, paillard, journal intime d'un clodo juif, un bon à rien qui zone parmi les clodos et les toxicos et les putes dans le New York miteux des années 1950. Loufoque et caustique... un livre trop vite terminé... grand coup de coeur...
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Si bien que j'ai très envie de lire ses deux autres romans :
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Le Nazi et le Barbier de Edgar Hilsenrath,
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un roman grotesque sur la Shoah pendant l´époque du national-socialisme, publié pour la première fois en 1971.
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Le récit, raconté par le criminel lui-même, est conçu comme la biographie d'un SS, auteur d'innombrables meurtres, surveillant dans un camp de concentration, Max Schulz, qui, après l'effondrement du Troisième Reich, a usurpé une identité juive et a gagné Israël, afin d'échapper aux poursuites en Allemagne.
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Le grotesque est caractérisé par le fait que les attentes du lecteur sont déçues de manière calculée et par le renversement des clichés habituels, par exemple ce qui concerne l'Allemand Max Schulz et son ami et camarade d'école le juif Itzig Finkelstein:
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« Mon ami Itzig était un blond aux yeux bleus, il avait le nez droit, les lèvres bien dessinées et de bonnes dents. Moi, au contraire, Max Schulz, j'avais des cheveux noirs, des yeux de grenouille, le nez crochu, de grosses lèvres et de mauvaises dents. »
Une autre particularité souligne la perspective du criminel, pour les lecteurs allemands de l'époque une nouveauté:
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« Les lecteurs allemands sont depuis des années familiers avec des romans, des récits et des pièces de théâtre qui ont pour sujet la persécution et l'anéantissement des Juifs sous Hitler et sont traités de façon satirique-poétique et comique-grotesque. Mais tous sont conçus sous l'angle de la perspective des victimes, Hilsenrath au contraire choisit pour son roman la perspective du criminel. »
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pour sujet le génocide arménien de 1915.
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Le récit épique, conçu en forme de conte, a obtenu de nombreux prix et est considéré comme l'ouvage le plus important ayant pour sujet ce fait historique.
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En 2006 l'écrivain a reçu pour son œuvre le prix décerné par le Président de la République d'Arménie.
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Le Conte de la Pensée Dernière est l'histoire d'un village d'Anatolie, détruit par les Turcs.
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Le personnage principal du roman est l'Arménien Wartan Khatisian, dont le fils Thovma est mourant. Meddah, le récitant, raconte à la pensée dernière de Thovma - on dit dans les contes que la pensée dernière d'un être humain se situe hors du temps - l'histoire de ses ancêtres, le calvaire du peuple arménien.
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Meddah guide la pensée dernière de Thovma sur les traces de son père, qui, parti d'un petit village idyllique dans les montagnes est traîné dans les chambres de torture des dirigeants turcs qui l'obligent à devenir le témoin à charge du grand pogrom arménien de 1915.
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« En utilisant les moyens du conte oriental, en faisant appel aux récits transmis par les traditions, les sagas et les légendes de cette nation martyre, Hilsenrath s'est reporté bien loin dans le passé historique arménien pour formuler une émouvante complainte funèbre en l'honneur des victimes de tous les génocides. » Malgré le choix d'un genre fictif l'auteur a soigneusement recherché et vérifié les évènements historiques.
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Déjà lu, et également grand coup de coeur...
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En août 1939, à Zurich, un riche fabricant de pain azyme fait son testament. Outre sa fortune, Jossel Wassermann lègue l’histoire de sa famille et de son village natal, Pohodna, un pauvre schtetl de Bucovine, aux confins orientaux de l’ex-Empire austro-hongrois.
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À travers les paroles de Jossel, c’est le petit monde juif d’Europe centrale qui reprend vie, avec ses personnages pittoresques – porteurs d’eau, marieuse, traîne-savates, sans oublier le rabbin portant papillotes et caftan noir.
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Sur près d’un siècle, les histoires s’enchaînent, truculentes, subversives… si vivantes qu’elles paraissent devoir ne jamais finir. Pas même à l’heure de l’Holocauste, où le rabbin les confiera in extremis à la garde du vent, sur le toit du wagon qui emporte toute la population de Pohodna vers la mort.
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Avec cette évocation d’une culture anéantie, l’auteur du Conte de la pensée dernière nous rappelle le pouvoir du verbe, plus fort que la mort, plus fort que l’oubli.
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Edgar Hilsenrath, né le 2 avril 1926 à Leipzig, est un écrivain juif allemand, connu avant tout pour ses romans La Nuit, Le Nazi et le Barbier et Le Conte de la Pensée Dernière.
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Edgar Hilsenrath est venu au monde en 1926 dans une famille de commerçants juifs. Il a grandi à Halle.
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Avant « la nuit du pogrom du Reich » en 1938, il s'est enfui avec son jeune frère et sa mère chez ses grands-parents à Siret en Bucovine, Roumanie.
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Le père avait eu tout d'abord l'intention de les rejoindre, ce que la déclaration de la guerre a rendu impossible; il gagna la France où il resta pendant toute la guerre.
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En 1941 Edgar Hilsenrath, son frère et sa mère, ainsi que tous les camarades et les parents de Sereth furent déportés dans le ghetto roumain de Mogilev-Podolsk, qui se trouve aujourd'hui en Ukraine.
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Lorsque le ghetto fut libéré en mars 1944 par les troupes russes, Hilsenrath se rendit à pied à Sereth et de là gagna Tchernivtsi. Avec l'aide de l'organisation de Ben Gurion, Hilsenrath, ainsi que de nombreux juifs survivants, tous munis de sauf-conduits étrangers, gagna la Palestine.
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Pendant le voyage, aussi bien qu'en Palestine même, il lui arriva souvent de se trouver en prison, mais à chaque fois il recouvra peu après la liberté. En Palestine il vécut de petits jobs, ne se sentit cependant jamais chez lui et résolut en 1947 de rejoindre en France sa famille, qui s'était dans l'intervalle trouvée réunie.
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Au début des années cinquante la famille entière émigra à New-York. Là, Edgar Hilsenrath subvint à ses besoins à l'aide de petits boulots, tout en écrivant son premier roman, La Nuit, dont la première publication a rencontré de sérieuses difficultés, parce que la direction de la maison d'édition, effrayée par la crudité du texte, retira le livre de la vente peu de temps après sa parution (voir la note sur la critique acerbe de Raddaz, sous la rubrique « Littérature »).
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Le roman suivant Le Nazi et le Barbier, qui a fait connaître Hilsenrath en tant qu'écrivain aussi bien en Allemagne que dans le monde entier, a été conçu pendant un long séjour à Munich. En 1975 Edgar Hilsenrath est revenu définitivement en Allemagne pour baigner dans la langue allemande. Depuis il réside à Berlin. *
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