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jeudi 19 novembre 2009

Arkadi et Gueorgui Vainer - La corde et la pierre


je suis en train de vider un ancien blog... alors souvenir de lecture...

Assez impressionnant ce roman. Polar russe mais aussi, étude de la société russe des années 70...
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illustration : "la liseuse" d’Anthony Christian
Moscou 1978.
L’URSS nage en plein marasme économique et social. La misère galope dans les rues pouilleuses de la capitale soviétique, comme si le chaos général n’était plus qu’une question de secondes…
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Aliocha Epantchine, fils d’un général sanguinaire qui officiait sous Staline, vivote misérablement dans un appartement communautaire.
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Ecrivain censuré, alcoolique notoire, Aliocha est le canard boiteux de la famille, comparé à ses frères qui travaillent dans les organismes d’Etat.
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Il n’y a bien que l’amour passionné qu’il éprouve pour Ula, une belle étudiante juive, qui le tient encore en vie. Mais pour combien de temps ?
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Ula est en effet hantée par un souvenir sanglant : l’assassinat en 1948, à Vilnius, de son père, artiste de renom exécuté par les hommes de Beria.
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Signe avant-coureur des grandes purges antisémites qui durèrent jusqu’à la mort du ” Petit Père des Peuples “.
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Pour l’amour d’Ula, Aliocha décide de se rendre dans les pays Baltes pour découvrir l’identité des tueurs. Mais, sans le savoir, il réveille les monstres endormis de l’ère stalinienne. La machine répressive se met alors en marche, prête à broyer des vies, des amours, des espoirs, comme elle le fait depuis des décennies…
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Très bonne critique de Sahkti ,trouvée sur "Critiques libres"
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Russie de plomb

Ames sensibles et moral bas, s'abstenir!
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Voilà un roman sombre, noir, déprimant par moment tant l'injustice et la révolte guettent.
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Pas étonnant que les frères Vaïner aient caché ce manuscrit pendant de nombreuses années, par peur de la censure et des représailles! Car c'est tout un système qui est ici montré du doigt et dénoncé, celui de la Russie des années 70, des années de plomb.
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Sous prétexte de raconter l'enquête menée par Aliocha, un auteur poivrot et rejeté qui cherche à démêler l'intrigue de la mort du père de sa petite amie Ula, A. et G.Vaïner plongent dans le système étouffant et ô combien puissant de la bureaucratie soviétique.
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Comment humilier les gens, les réduire au silence, semer le néant dans la vie des uns et des autres au gré des humeurs politiques, comment passer du goulag à l'hôpital psychiatrique, comment surveiller et contrôler la culture, bref comment asservir tout un peuple.
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Les frères Vaîner ne mènent pas ici une dénonciation militante et virulente, ce n'est pas un essai ou un pamphlet, mais bien un roman policier, moyen détourné mais tout aussi efficace d'aborder la réalité par le biais d'une histoire connexe.
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L'occasion de glisser ça et là des détails, des morceaux d'Histoire et de vérité, de poser un contexte qui finit par s'insinuer peu à peu dans la tête du lecteur, au point de le dégoûter de ce régime totalitaire, de cette pensée antisémite et de ce pouvoir destructeur.
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Heureusement, quelque part, que l'écriture des Vaïner est un brin emportée et lyrique, ça permet de respirer et de prendre un certain recul face au contenu, très noir, de l'ensemble.
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La réédition par Gallimard/Folio Policier de ce roman initialement publié par Gallimard/Série Noire est bienvenue, car elle remet en lumière cet ouvrage qui dénonce une certaine Russie, dont les critères démocratiques ont certes évolué mais pas encore tant que cela.
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L'Union soviétique d'hier n'est bien sûr par la Russie d'aujourd'hui (quoique dans les coulisses, certaines méthodes ont toujours cours), mais des pays voisins, inspirés des exemples du passé, auraient tendance à reproduire quelques erreurs néfastes... -
ttp://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/16916

vendredi 28 août 2009

Décès du poète et écrivain russe, Sergueï Mikhalkov



Il était notamment l'auteur des hymnes soviétique et russe
Le poète russe et écrivain jeunesse, auteurs des hymnes nationaux soviétique et russe, Sergueï Mikhalkov, est mort hier.
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Il avait 96 ans.Il est connu pour avoir composé l'hymne national soviétique sous Staline, puis à la mort de celui-ci un hymne national « déstalinisé » et enfin un peu plus tard l'hymne national de la Russie indépendante, rappelle l'AFP.
*
Il était aussi poète et écrivain jeunesse.
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Le chef de l'État, Dmitri Medvedev, a envoyé par télégramme ses condoléances à la famille. Il y déclare : « Un classique de la littérature russe a cessé de vivre, un homme de mérite, un authentique citoyen. Ses talents multiples s'exprimaient vivement dans ses poèmes pour enfants, avec lesquels des générations entières ont grandi, ainsi que dans les vers de notre hymne national » ajoutant « À toutes les époques, Sergueï Vladimirovitch a vécu pour les intérêts de sa patrie, la servant, ayant foi en elle ».
source : actua litté - Rédigé par
Mario, le vendredi 28 août 2009 à 16h41
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illustration : "la liseuse" de Donn Granross

mardi 7 juillet 2009

Mort de l'auteur russe Vassili Axionov

L'un des auteurs le plus populaire...

Il résida aux États-Unis depuis plusieurs années, déchu de sa nationalité russe : entre Moscou et Biarritz où il passait désormais ses journées, l'écrivain avait déjà subi un malaise cardiaque en janvier 2008 qui lui
avait coûté une hospitalisation, suite à l'hémorragie cérébrale qui s'était déclenchée.
Contactée par l'AFP, la veuve de l'écrivain a confirmé la mort de son époux, aujourd'hui.
Maya Axionova aura eu ces quelques paroles laconiques : « Il est mort il y a cinq minutes. Je ne peux rien vous dire d'autre. »
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Né à Kazan en 1932, l'auteur perdit ses parents très jeune, à l'âge de 5 ans, alors qu'ils furent arrêtés, en dépit de leur obédience communiste et déportés en Sibérie.
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Depuis son premier roman, Confrères, paru en 1960 Vassili Axionov fut considéré comme l'un des auteurs russes les plus populaires du XXe siècle. - source : actua-litté - Rédigé par Clément S., le lundi 06 juillet 2009 à 19h25
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illustration : Remise des insignes de chevalier dans l'ordre des Arts et des Lettres à Vassili Axionov© photo : Didier Plowy - MC

Terres rares de Vassili Axionov

Dans son dernier roman Vassili Axionov fait le portrait des fameux oligarques russes qui défraient régulièrement la chronique (blitz-krieg contre BP à la City, achat de la Villa Leopold à Villefranche-sur-mer…).
A rebours des idées reçues, ils sont, nous assure-t-il, des chevaliers sans peur, des condottieres modernes, des entrepreneurs, fondateurs d’une nouvelle lignée d’hommes libres.
« Les terres rares » sont un groupe d’éléments chimiques pour lesquels Mendeléev, dans sa classification périodique des éléments – son célèbre tableau – avait laissé dix-sept cases à remplir.
Leur nom vient du fait qu’on les a découverts au début du XIXe siècle dans des minerais (d’où le nom de « terres », utilisé à l’époque en français pour les oxydes) et « terres rares » se comprenait comme « minerais rares ». Aujourd’hui, ces terres rares toujours recherchées entrent, par exemple, dans la composition des vaisseaux spatiaux.

Les Terres rares commence à Biarritz où vit le narrateur, Bazz Oxelotl, écrivain cosmopolite d’origine russe.
Ce dernier, tout comme Axionov, fait son jogging le matin au bord de l’océan et admire les tamaris, arbres emblématiques de la région. Leurs troncs tordus et noirs qui contrastent avec leur feuillage vert et délicat lui font penser au Komsomol, l’organisation de la jeunesse communiste du temps de l’URSS, « élevée dans les troncs d’une idéologie pourrie », mais sauvegardant un esprit ouvert et dynamique.

En effet, à regarder de près la biographie des fameux oligarques russes, ceux qu’on retrouve en tête de classement des grandes fortunes du magazine Forbes, une évidence saute aux yeux : tous, ou peu s’en faut, sont d’anciens du Komsomol qui fonctionnait dans les années de la Perestroïka, comme un « parti alternatif » au parti communiste.
C’est le cas du brillant élève de l’école diplomatique russe (MIMO) Guennadi Stratofontov devenu Gène Stratov, dont Oxelotl se raconte l’histoire en contemplant les tamaris.
Oxelotl imagine que son héros devient, à la fin des années 1980, le dernier leader historique du Komsomol qu’il dissout avant de se lancer dans le business à la russe, aventureux et sauvage (30 000 morts selon Axionov).
Ce sont des « terres rares » découvertes dans le cratère d’un volcan gabonais qui le rendent riche et font de lui un oligarque. Aux yeux d’Axionov, Stratov et ses semblables n’ont rien à voir avec l’image habituelle des nouveaux russes, ce sont des chevaliers sans peur, des condottieres, des entrepreneurs, fondateurs d’une nouvelle lignée d’hommes libres. - source : bibliosurf

mercredi 11 février 2009

Faire parler le sang : Pouchkine est-il mort dans son canapé ?

Ou le sang sur le cuir n'est-il pas le sien ?

C'est un canapé en cuir comme il ne s'en fait plus, et pour cause, il a près de deux siècles. Et comme dans tout bon polar, on trouve des traces de sang dessus, mais pas n'importe lequel.
Des recherches qui n'ont rien à envier à l'analyse de l'ADN pratiquée sur des manuscrits anciens, pour parvenir à leur datation.
Dans le musée Pouchkine de Saint-Pétersbourg, se déroule en effet une expérimentation scientifique pas banale : on aimerait montrer que c'est dans ce canapé que Pouchkine est mort, le 10 février 1837, suite à son duel avec le Français Georges Dantes.
Poupou y prit une balle dans l'estomac et après deux jours de souffrance, il décède à son domicile.Et les résultats préliminaires semblent confirmer cette thèse, a expliqué le directeur adjoint de l'institut d'analyses médico-légales chargé de l'affaire.
Pour s'assurer que le sang est bien celui de l'écrivain, il faudrait cependant le confronter à celui trouvé sur la veste qu'il portait quand il fut blessé.
Si les examens sont en cours, cela prendra toutefois un certain temps, eu égard à l'ancienneté des tissus.
Mais pourquoi une telle animation autour de ce canapé ?
C'est que jusqu'à présent, la légende voulait que ce canapé fut réellement celui où Pouchkine est mort, et que l'on avait précisé ce fait dans la brochure du musée. Mais depuis quelque temps, des employés du musée émettaient des doutes.
Surtout que le canapé a voyagé depuis la mort du poète et que le sang pourrait ne pas être le sien.
En effet, reçu à l'Ermitage en 1937, plusieurs familles ont posé leur séant sur son cuir entre temps...Considéré comme l'un des plus grands poètes de la Très Sainte Mère Russie, il serait tout de même fâcheux que la légende soit démontée par la science.
Mais on a tout de même pris le risque. Cela permettrait également de savoir si le poète aurait pu être sauvé s'il avait été porté à l'hôpital plutôt qu'à son domicile.
sourc - actua-litté -
Clément S., le mercredi 11 février 2009
illustration : Portrait (huile) d'Alexandre Pouchkine par Vassili Tropinine, 1827.

jeudi 21 août 2008

Mikhail Boulgakov - Le maitre et marguerite

souvenir de lecture
littérature russe


"Les manuscrits ne brûlent pas", dit le diable... Phrase prémonitoire pour un auteur découvert puis adulé dans son pays comme à l'étranger près d'un quart de siècle après sa mort.

"Le Maître et Marguerite" fit l'effet d'un coup de tonnerre dans le monde littéraire russe des années soixante.
Il devait d'une part renouveler le genre fantastique, et offrait d'autre part, à travers cette dimension surnaturelle, une possibilité de satire de son temps en déjouant la censure.
L'histoire se déroule à Moscou.
Dans le milieu étriqué et mesquin des bureaucrates et des écrivains officiels arrive un personnage inattendu qui dénonce les hypocrisies : le diable. Le Maître, écrivain anonyme surveillé par les autorités, tente malgré tout d'achever son roman philosophique, récit qui s'intègre dans l'Histoire elle-même.
Ainsi passe-t-on de Moscou à Jérusalem, du Maître à Boulgakov, du pouvoir soviétique à Ponce Pilate, le tout dans une étonnante cohérence menée de main de maître par le diable en personne.

Résumé :
Depuis que Wolland un mystérieux étranger spécialiste en magie noire et son invraisemblable équipe ont débarqué à Moscou, rien ne va plus.
Tout à commencer lorsque Mikhaïl Alexandrovitch Berlioz rédacteur en chef d'une revue littéraire et le poète Ivan Nicolaïevitch Ponyriev aussi connu sous le nom de plume de Biezdommy eurent une discussion avec Wolland sur la non existence de Jésus et par conséquence du diable.
S'en est suivi une succession d'événements ahurissants et un vent de panique à commencer à souffler dans la ville. Mais que vient donc faire ici cet écrivain interné dans un asile qui se fait appelé Le Maître (dont quelques chapitres de son roman sur Ponce Pilate apparaissent dans le récit) et son histoire d'amour avec Marguerite?
L'appartement 50 est-il réellement maudit au vu des disparitions et faits étranges qui ont eu lieu entre ses murs?
Les femmes peuvent-elles se transformer en sorcières et un respectable comptable du théâtre des variétés en vampire?
Pourquoi doit-on être poli avec les chats noirs qui parlent, jouent aux échecs et tiennent à payer leur place dans le tramway?
Vous pensez réellement que Satan puisse séjourner dans une ville aussi respectable que Moscou, vous?
Envie de lire

Endiablade ou comment des jumeaux causèrent la mort d'un chef de bureau

Dans la jeune Union soviétique des années 1920, Korotkov, modeste chef de bureau au Premier Dépôt central de matériel pour allumettes, est renvoyé du jour au lendemain.
Révolté par cette injustice, il découvre peu à peu qu'il vit dans un monde peuplé de cauchemars dont seule la folie lui permettra de s'échapper.
Une dénonciation satirique et fantastique d'une bureaucratie tentaculaire et diabolique par l'auteur du Maître et Marguerite

biographie

Mikhaïl Afanassievitch Boulgakov (en russe : Михаил Афанасьевич Булгаков), né à Kiev le 3 mai du calendrier julien/15 mai 1891, mort à Moscou le 10 mars 1940, d'origine ukrainienne, est un médecin et un écrivain russe.

Son œuvre la plus connue est
Le Maître et Marguerite (Мастер и Маргарита), dans laquelle il mêle habilement le fantastique et le réel, de telle sorte que le fantastique passe pour réel, et le réel pour fantastique, ainsi que les époques et les lieux, Jérusalem au Ier siècle, sous Ponce Pilate, et Moscou, dans les années 1930, sous la dictature soviétique.

Mikhaïl Boulgakov est le fils aîné d'Afanassi Ivanovitch Boulgakov, fils d'un prêtre d'Orel et lui-même maître de conférence d'histoire des religions occidentales à l'académie de Kiev, et de Varvara Mikhaïlovna, née Pokrovskaïa, fille d'un archiprêtre de Karathchev (dans la province d'Orel), qui a été enseignante avant son mariage.
La grand-mère maternelle de Boulgakov est née Tourbine. Naissent ensuite quatre sœurs: Vera en 1892, Nadejda (Nadia) en 1893, Varvara (Varia) en 1895 et Elena (Liolia) en 1902, et deux frères: Nikolaï (Nicolas ou Kolia) en 1898, Ivan (Vania) en 1900[1].

En 1901, Mikhaïl entre au
lycée Alexandrovski de Kiev.
La même année, les Boulgakov font bâtir une datcha à Boutcha, à 30 kilomètres de Kiev, où ils se réunissent l'été et organisent des spectacles d'amateurs familiaux et amicaux.
La famille aime et pratique la musique. Mikhaïl apprend le piano.
À Kiev, après six déménagements, les Boulgakov s'installent, en 1906, dans un appartement loué au 13, descente Saint-André (qui sera le cadre du roman La Garde blanche).
En mars 1907, Afanassi Boulgakov, qui vient de se voir conférer par l'académie ecclésiastique le titre de docteur, le grade de professeur et une retraite correspondant à trente ans de service (alors qu'il n'en a accompli que vingt-deux), meurt d'une angionéphrosclérose doublée d'une perte de la vue.

A l'été 1908, Boulgakov fait la connaissance de celle qui sera sa première épouse, Tatiana (Tassia) Lappa, fille du directeur des
douanes de Saratov. En juin 1909, il termine ses études secondes, qui ont été très honorables, malgré un penchant marqué pour les mystifications et les surnoms, et s'inscrit, à la rentrée, à la faculté de médecine de Kiev.

Monarchiste libéral, le centre de sa vie est le cercle familial, élargi à de nombreux cousins et camarades. Il a déjà une passion pour le
théâtre et l'opéra et fréquente assidûment l'opéra de Kiev et le théâtre Solovtsov. En 1913, Boulgakov épouse Tatiana Lappa. L'année suivante, en vacances chez sa belle-famille à Saratov quand éclate la guerre, il travaille durant tout l'été à l'hôpital de secours fondé dans la ville pour accueillir les blessés. En avril 1916, il est reçu avec mention aux examens terminaux, anticipés en raison de la guerre et s'enrôle immédiatement comme volontaire dans la Croix-Rouge.

En septembre 1916, il est convoqué à Moscou, où on lui signifie son affectation, en qualité de réserviste de la défense territoriale de 2e classe dans un hôpital civil de la province de Smolensk, au village de Nikolskoïé, à quarante verstes du chef-lieu de district de Sytchovska (expérience qui lui inspirera les Carnets d'un jeune médecin).
Accablé de travail et de responsabilités très lourdes pour un jeune médecin isolé, il s'acquitte avec conscience de sa tâche.
Par ailleurs, il devient morphinomane, à la suite d'une allergie au sérum antidiphtérique dont il a été soulagé par des injections de morphine. Au printemps 1917, il bénéficie de deux congés, l'un qu'il passe à Saratov, où il apprend les premiers événements de la révolution de février à Petrograd, l'autre à Kiev.

À l'automne, il est muté à hôpital de
Viazma, où il est moins occupé par son travail et commence à écrire plusieurs récits, dont aucun n'a été conservé : Maladie (première version de Morphine), inspiré de sa morphinomanie, Le Dragon vert, Carnets d'un jeune médecin (titre qui deviendra celui d'un ensemble de récits achevés en 1925-1926), Première floraison.
En décembre, alors que les bolcheviks, arrivés au pouvoir à l'occasion de la révolution d'octobre, ont été chassés de Kiev (Nikolaï Boulgakov a participé, comme junker, à la résistance de la ville) et que la Rada, assemblée nationaliste ukrainienne, proclame la République, Boulgakov est à Moscou, occupé par des démarches pour se faire libérer du service militaire, sans résultat. De retour à Viazma, il attend jusqu'au 22 février 1918 pour être libéré de ses obligations militaires et rentre à Kiev par Moscou.

Installé avec sa femme, ses frères et ses sœurs au 13, descente Saint-André, il ouvre un cabinet médical de vénérologie. Sa mère, remariée avec le docteur Voskressenski, habite au 56 de la même rue.
Au printemps 1918, avec l'aide de sa femme et de son beau-père, Boulgakov parvient enfin à se libérer complètement de sa morphinomanie.
À Kiev, il est témoin de l'évolution de la situation, entre le gouvernement de l'hetman Skoropadski, créature de l'occupant allemand, les nationalistes ukrainiens, dirigés par Simon Petlioura, l'Armée des Volontaires (future Armée blanche),organisée en octobre 1918 par le général Dénikine pour arrêter l'avance des bolcheviks, et le corps expéditionnaire franco-britannique envoyé en novembre en Mer Noire. Kiev, à l'époque, sert de centre de ralliement de tous les réfugiés du nord fuyant le gouvernement communiste.

Ces événements, et plus particulièrement la prise de
Kiev par les troupes de Petlioura, constituent la toile de fond de La Garde blanche et des Jours des Tourbine. Mobilisé par le Directoire nationaliste, dont les Français se sont intitués protecteurs, en s'entendant avec les généraux monarchistes Dénikine et Krasnov, Boulgakov assiste à des scènes sanglantes, notamment des crimes antisémites, et à l'évacuation de Kiev par Petlioura, menacé d'encerclement par les bolcheviks, le 5 février 1919, événements dont on trouve la trace dans La Garde blanche, Les Aventures extraordinaires du docteur N. et La Nuit du 2 au 3.

Le
1er septembre, sous la double pression des nationalistes, qui organisent soulèvements et pogroms dans les campagnes ukrainiennes, et d'un corps de l'Armée des Volontaires, les Bolcheviks évacuent Kiev, et Ivan et Nikolaï Boulgakov s'engagent dans l'armée de Dénikine.
Boulgakov est hanté par les dangers que ses frères courent dans le Sud, hantise qui lui inspirera La Couronne rouge.
Lui-même est réquisitionné par l'Armée blanche en tant que médecin, fin septembre ou début octobre, et rejoint Vladikavkaz. Le 13 novembre 1919, il publie dans Grozny, journal soutenant Dénikine, un article violemment antibolchevik, très pessimiste, intitulé Perspectives d'avenir, qu'il signe « M. B. ».

Les débuts littéraires

En 1920, installé à Vladikavkaz, Boulgakov décide d'abandonner la médecine pour se consacrer à l'écriture.
Il publie plusieurs récits (Au café le 5 janvier, un récit sous-titré « Tribut d'admiration » le 6 ou le 7 février) et collabore à un éphémère journal blanc.

Atteint du
typhus lors de l'installation des bolcheviks, il ne peut s'enfuir et demeure donc à Vladikavkaz.
Fin mars, il se fait engager à la sous-section des Arts de la ville, dirigé par Iouri Sliozkine, un romancier à succès avant la Révolution, qui s'associe Boulgakov comme directeur du « Lito » (département « Littérature » de cet organisme).
Le 1er mai, un Théâtre soviétique est inauguré; Boulgakov y présente des spectacles, organise des soirées culturelles, anime des débats, assure la critique littéraire et théâtrale dans la presse locale. Fin mai, il prend la direction du Téo (département « Théâtre ») et organise aussitôt un studio d'art dramatique.
Le 6 juin est jouée sa première pièce, Autodéfense (dont nous n'avons aucune trace), une « humoresque en un acte ». Durant l'été, il écrit un drame en quatre actes, Les frères Tourbine, sous-titrée « L'heure a sonné », qui remporte un grand succès en octobre, mais dont il n'est pas content, ayant dû bâcler pour des raisons alimentaires un sujet qui lui tenait à cœur.

À la même époque a lieu une polémique avec le quotidien local Kommounist (« Le Communiste »), dont il n'a pas supporté que le directeur attaque Pouchkine lors d'un débat, et il est traité de « bourgeois ».
Le 25 novembre, qualifié de « blanc », Boulgakov est expulsé de la sous-section des Arts. Ne pouvant faire publier les récits qu'il écrit ni jouer sa comédie bouffe, Les Prétendants d'argile, il quitte Vladikavkaz en mai 1921 et pérégrine entre Bakou, Tiflis et Batoum, hésitant un moment à s'embarquer vers Constantinople, avant de partir sur les conseils du poète Ossip Mandelstam pour Moscou, à la fin de septembre 1921.

Engagé le
1er octobre au Lito de Moscou, il s'installe avec sa femme au 10, rue Bolchaïa-sadovaïa et écrit plusieurs articles, qu'il a le plus grand mal à placer, à cause notamment de la censure. Après la dissolution du Lito, le 1er décembre 1921, il obtient un emploi modeste au Torgovo-promychlenny Vestnik (« Le Courrier du Commerce et de l'Industrie »), journal indépendant qui vient de se fonder dans le cadre de la NEP.
Ce n'est qu'en 1922 qu'il entre dans le monde littéraire. Après la disparition du Vestnik, en janvier (au bout de six numéros), il trouve un emploi dans les services éditoriaux d'un comité scientifique et technique dépendant de l'armée de l'air (début février), puis est engagé comme journaliste dans un organe officiel du parti communiste, Rabotchi (« L'Ouvrier »), dirigé par Nadejda Kroupskaïa, la femme de Lénine.
De même, en avril, il entre en relation avec Nakanounié (« À la veille »), organe de l'émigration russe de la tendance « Changement de jalons », installé à Berlin, dont le supplément littéraire hebdomadaire est dirigé par Alexeï Tolstoï, et se fait embaucher comme rédacteur-réviseur au Goudok (« Le Sifflet »)[13].

En mai 1922 paraît Aventures extraordinaires du docteur N. dans le deuxième numéro du mensuel Roupor (« Le Porte-voix »).
De même, Nakanounié publie la première partie de Notes sur des manchettes le 18 juin, La Ville de pierres rouges le 30 juillet, les Aventures de Tchitchikov le 24 septembre (histoire fantastique qui renvoie au roman Les Âmes mortes de Gogol), La Couronne rouge le 22 octobre, La Nuit du 2 au 3 le 10 décembre, le premier chapitre de La Capitale en bloc-notes le 21 décembre et La coupe de la vie le 31 décembre.
De même, dans le numéro 2 de décembre de Krasny journal dlia vsekh (« La Revue Rouge pour tous ») paraît Le 13, Immeuble Elpit - Commune ouvrière.
Par ailleurs, dans son numéro 4 de décembre, la revue Rossia (« Russie ») fait figurer Boulgakov dans la liste de ses collaborateurs et, par lettre datée du 29 décembre, la rédaction de Nakanounié l'invite à collaborer régulièrement au journal.

citation :
Certes, l'homme est mortel, dit-il, mais il n'y aurait encore là que demi-mal. Le malheur, c'est que l'homme meurt parfois inopinément.
*
Il faut reconnaître que, parmi les intellectuels, on rencontre parfois, à titre exceptionnel, des gens intelligents.
*
Qui prend son temps n'en manque jamais.


Note :
inutile de dire que "le Maître et Marguerite" est l'un de mes livre préféré...
*
Sites à voir :
*
*
*
très bon site consacré à l'auteur : http://www.masterandmargarita.eu/fr/index.html
*
source de la biographie : wkipédia

lundi 11 août 2008

Arkadi et Gueorgui Vainer - La corde et la pierre

livre de chevet
polar russe
mais aussi, étude de la société russe des années 70...

Moscou 1978.

L’URSS nage en plein marasme économique et social. La misère galope dans les rues pouilleuses de la capitale soviétique, comme si le chaos général n’était plus qu’une question de secondes…

Aliocha Epantchine, fils d’un général sanguinaire qui officiait sous Staline, vivote misérablement dans un appartement communautaire.

Ecrivain censuré, alcoolique notoire, Aliocha est le canard boiteux de la famille, comparé à ses frères qui travaillent dans les organismes d’Etat.

Il n’y a bien que l’amour passionné qu’il éprouve pour Ula, une belle étudiante juive, qui le tient encore en vie. Mais pour combien de temps ?

Ula est en effet hantée par un souvenir sanglant : l’assassinat en 1948, à Vilnius, de son père, artiste de renom exécuté par les hommes de Beria.

Signe avant-coureur des grandes purges antisémites qui durèrent jusqu’à la mort du ” Petit Père des Peuples “.
Pour l’amour d’Ula, Aliocha décide de se rendre dans les pays Baltes pour découvrir l’identité des tueurs. Mais, sans le savoir, il réveille les monstres endormis de l’ère stalinienne. La machine répressive se met alors en marche, prête à broyer des vies, des amours, des espoirs, comme elle le fait depuis des décennies…
*
Très bonne critique de Sahkti ,trouvée sur "Critiques libres"
*
Russie de plomb

Ames sensibles et moral bas, s'abstenir!

Voilà un roman sombre, noir, déprimant par moment tant l'injustice et la révolte guettent.

Pas étonnant que les frères Vaïner aient caché ce manuscrit pendant de nombreuses années, par peur de la censure et des représailles! Car c'est tout un système qui est ici montré du doigt et dénoncé, celui de la Russie des années 70, des années de plomb.

Sous prétexte de raconter l'enquête menée par Aliocha, un auteur poivrot et rejeté qui cherche à démêler l'intrigue de la mort du père de sa petite amie Ula, A. et G.Vaïner plongent dans le système étouffant et ô combien puissant de la bureaucratie soviétique.

Comment humilier les gens, les réduire au silence, semer le néant dans la vie des uns et des autres au gré des humeurs politiques, comment passer du goulag à l'hôpital psychiatrique, comment surveiller et contrôler la culture, bref comment asservir tout un peuple.

Les frères Vaîner ne mènent pas ici une dénonciation militante et virulente, ce n'est pas un essai ou un pamphlet, mais bien un roman policier, moyen détourné mais tout aussi efficace d'aborder la réalité par le biais d'une histoire connexe.

L'occasion de glisser ça et là des détails, des morceaux d'Histoire et de vérité, de poser un contexte qui finit par s'insinuer peu à peu dans la tête du lecteur, au point de le dégoûter de ce régime totalitaire, de cette pensée antisémite et de ce pouvoir destructeur.

Heureusement, quelque part, que l'écriture des Vaïner est un brin emportée et lyrique, ça permet de respirer et de prendre un certain recul face au contenu, très noir, de l'ensemble.

La réédition par Gallimard/Folio Policier de ce roman initialement publié par Gallimard/Série Noire est bienvenue, car elle remet en lumière cet ouvrage qui dénonce une certaine Russie, dont les critères démocratiques ont certes évolué mais pas encore tant que cela.

L'Union soviétique d'hier n'est bien sûr par la Russie d'aujourd'hui (quoique dans les coulisses, certaines méthodes ont toujours cours), mais des pays voisins, inspirés des exemples du passé, auraient tendance à reproduire quelques erreurs néfastes... - http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/16916
Note :
début de lecture...
pour le moment plus essai sur la société russe de cette époque que polar...
Assez impressionnant ce roman.

lundi 4 août 2008

L'écrivain russe Alexandre Soljenitsyne est mort

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters 04.08.08 06h40

L'écrivain russe Alexandre Soljenitsyne est mort, dimanche 3 août, à Moscou à l'âge de 89 ans.
L'auteur de "L'Archipel du Goulag" a succombé à un arrêt cardiaque à son domicile, a annoncé son fils Stepan Soljenitsyne à l'agence Itar-TASS.

Le prix Nobel de littérature, grande figure de la dissidence en URSS, était très affaibli depuis plusieurs années et n'apparaissait plus que rarement en public.

Soljenitsyne avait passé huit ans au Goulag, entre 1945 et 1953, pour avoir critiqué Staline dans des lettres qu'il adressait à un ami depuis le front, pendant la Seconde guerre mondiale. En 1962, il publie "Une journée d'Ivan Denissovitch", récit sur un détenu ordinaire du Goulag, avec l'autorisation des autorités soviétiques. Pourtant,, d'autres livres de Soljenitsyne, "Le Pavillon des Cancéreux", puis "Le Premier Cercle" ne sortent qu'en "samizdat", les éditions clandestines, et à l'étranger, où ils connaissent un grand succès.

EXIL

Prix Nobel de littérature en 1970, il a été privé de sa citoyenneté soviétique en 1974 et expulsé d'URSS. Il a alors vécu en Allemagne, en Suisse puis aux Etats-Unis, avant de revenir en Russie en 1994 après la chute de l'URSS. Depuis son retour, il s'était montré critique envers l'Occident et envers l'évolution de la Russie post-soviétique, appelant à un retour aux valeurs morales traditionnelles.

Il appréciait néanmoins le rôle de Vladimir Poutine, malgré son passé d'officier du KGB. "A la fin de ma vie, je peux espérer que le matériel historique (...) que j'ai collecté entrera dans les consciences et la mémoire de mes compatriotes", avait-il dit en 2007 alors que Poutine venait de lui remettre le prestigieux Prix d'Etat russe. M. Poutine, qui lui avait rendu visite le 12 juin 2007 pour lui remettre le Prix d'Etat, avait alors loué celui qui a "dédié sa vie à la patrie".Le président russe Dmitri Medvedev a exprimé ses condoléances à la famille de l'écrivain. Nicolas Sarkozy a rendu hommage lundi matin à la mémoire d'Alexandre Soljenitsyne, "l'une des plus grandes consciences de la Russie du XXe siècle".

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Réactions :


Bernard Pivot, Journaliste et critique littéraire
«Il a été de ceux qui ont fait chuter le communisme soviétique.»
04/08/2008 par H. Lam Trong (France Info)
écouter 00 min 57 sec
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Bernard Henry-Lévy, Ecrivain
« L'histoire retiendra de lui qu'il fut l'une des forces par quoi le communisme s'est effondré. »
04/08/2008 par H. Lam Trong (France Info)
écouter 00 min 49 sec
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Note : grande émotion à l'annonce du décès de ce monument de la littérature.

Pour le moment, juste une envie de passer un peu de temps sur son parcours et probablement le relire.

Je suppose que nous aurons une rétrospective de sa vie (radio et télévision), donc, programme a surveiller.
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Pour Lire et relire :


Pour se rafraichir la mémoire :
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