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jeudi 7 janvier 2010

bric à brac et tentation de lecture du jour...

dicton du jour :
S'il gèle à la Saint-Raymond,
L'hiver est encore long
Bonjour à tous,
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d'habitude ma revue de presse se passe sur facebook, mais aujourd'hui il semble difficile de l'ouvrir... finalement pas plus mal, puisque je m'intéresse surtout aux bouquins...
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il est donc probable que je continuerai ainsi désormais, et comme la majorité de mes lectures sont vos blogs... ce sera une bonne occasion de vous saluer à chaque tentation de lecture...
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illustration : d’Antonio Capel
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Ephéméride :


Naissances célèbres


1858 : Eliezer Ben-Yehuda, fondateur de l'hébreu moderne.
1867 Maurice Languereau , dit Caumery, auteur de l'héroïne de Bandes Dessinées Bécassine.


1873 Charles Peguy,










Décès célèbres










Evènements


1841 Victor Hugo est élu à l'Académie Française par 17 voix contre 15 à Ancelot.


1929 Tarzan apparait en bandes dessinées.
*Les tentations*
chez http://claudemesplede.com/2010/01/les-morsures-de-laube/
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LES MORSURES DE L’AUBE de Tonino BENACQUISTA – Drôle, cynique et désespéré !
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Antoine est un parasite professionnel. Il a trouvé, avec son acolyte Bertrand, le moyen de subsister en se retrouvant en première ligne de tous les cocktails parisiens qui fleurissent chaque soir dans la capitale.
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Au cours d’une de ces soirées, ils sont emmenés de force dans le bureau par l’organisateur de la fête qui leur propose un marché : Antoine disposera de quarante-huit heures pour retrouver un certain Jordan, individu dont ils utilisaient le nom pour s’incruster dans ces raouts mondains. Cet homme servira de monnaie d’échange pour que Bertrand recouvre sa liberté.
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Malgré un début d’une grande drôlerie, le romancier livre un récit oscillant entre cynisme et désespoir. La description de la vie des noctambules parisiens qui s’apparentent à des vampires fait basculer le récit dans l’étrange et le fantastique. L’écriture alerte et l’imagination sans borne de Tonino Benacquista font de son cinquième roman une véritable réussite.

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chez http://www.bibliosurf.com/Avant-le-matin
Avant le matin de Jacques Chessex
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Peut-il y avoir un plus grand péché qu’aimer une sainte d’amour charnel ?
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Le narrateur croise le chemin d’Aloysia Pia Canisia Piller, dite Canisia, à Fribourg. Il la suit dans la cité médiévale et catholique où il surprend les secrètes amours de l’abbesse avec les rebuts de l’humanité : pour élever les hommes vers Dieu, elle se donne, et plus elle est souillée, mieux elle est sanctifiée, offrant le double visage de la déchéance et de l’élévation.
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Prose entre sépulcre et ciel, prose en couronne d’épines, ce roman d’un christianisme tout à la fois pacifié et exaspéré confirme que Jacques Chessex est l’un de nos plus grands écrivains.
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Vu chez http://brize.vefblog.net/12.html#Sukkwan_Island_David_VANN, et quelques autres...
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"Sukkwan Island", David VANN
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Jim a décidé de laisser son cabinet de dentiste et de récupérer son fils Roy, âgé de treize ans, élevé par son ancienne épouse, pour passer une année avec lui sur l'île de Sukkwan Island, dans les lointaines contrées du sud de l’Alaska, dont ils seront les seuls habitants.
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Ils y arrivent via un hydravion qui les dépose. Les attend sur place une sommaire cabane en rondins. A charge pour eux de procéder aux aménagements nécessaires.

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Rapidement, Roy se rend compte que son père n'a pas anticipé les difficultés matérielles qu'ils rencontreraient en vue de se préparer à l'arrivée d'un hiver rude et que leur vie de nouveaux pionniers risque de n'offrir aucun des agréments escomptés. Il constate aussi, ce qui contribue à l'inquiéter, que l'équilibre psychologique de son père laisse fort à désirer...

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vu un très bon article sur Jean-Jacques Schuhl,
je lirai probablement son nouveau roman "Entrée des fantômes " , je garde un très bon souvenir de lecture de Ingrid Caven - Prix Goncourt 2000
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Nuit de Noël au bord de la mer du Nord en 1943 : une petite fille de quatre ans chante Nuit sacrée pour les soldats d'Adolf Hitler.
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Un demi-siècle plus tard, chanteuse et actrice de cinéma connue, elle donne, à la fin d'une réception officielle, un bref récital dans la Citadelle de David à Jérusalem. Infirme et presque aveugle dans sa jeunesse, elle est devenue cette femme qui, sur scène, a « le sang-froid d'un torero, la concentration d'un moine bouddhiste et la vitale fantaisie d'une animatrice de bordel ».
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Ça, c'est l'héroïne. Il y a aussi une robe de satin noir que lui coupe, à même la peau, le grand couturier, un mystérieux manuscrit près du lit de mort du célèbre cinéaste qui a été son mari, le yacht d'un producteur flamboyant entouré de sa cour de filles et de bouffons : tout ce qu'il faut pour un roman de gare.
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Mais l'écriture, qui mélange la sèche brutalité des documents avec le ton des contes de fées et du rêve, les dispositifs raffinés du montage et une forte musicalité transforment tout cela en un pur objet littéraire.
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chez Actualitté - Une page de caractère de ng@actualitte.com (Nicolas Gary) :
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Depuis le 1er janvier, les Éditions Harlequin proposent une balade dans l'étrange et le fantastique pour répondre à « un véritable engouement avec l'émergence d'un genre rajeuni : le sentimental paranormal ».
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Évidemment, personne ne doutera que Twilight et Stephenie Meyer ne sont pas étrangers à cet engouement, mais que faire ?
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Vous pouvez également retrouver plus d'informations et tenter le jeu-concours qui vous embarquera à New York en cas de victoire, sur le site de la maison.
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Vu quelles images partagé par
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Comme d'autres illustres personnages, l'abbé Pierre, longtemps personnalité préférée des Français, aura bientôt son timbre.
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La Poste va en effet commercialiser, fin janvier, un timbre son effigie. Un hommage qui lui sera rendu à l'occasion du troisième anniversaire de sa , a indiqué mercredi la Poste dans un communiqué commun avec la Fondation Abbé Pierre.
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Le timbre sera vendu «en avant-première» le 22 janvier, date du décès de l'abbé Pierre en 2007, au siège parisien de la Fondation, dans le village normand d'Esteville où il repose, ainsi que dans un bureau à . Il sera commercialisé dans tous les bureaux de poste dès le lendemain.
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D'un format de 3x4 centimètres, le timbre représente une gravure du visage de l'abbé réalisée par l'artiste Claude Andréotto. Avec ce timbre, la Fondation et La Poste veulent «rendre hommage à cet homme de coeur, engagé dans la Résistance et la lutte en faveur des déshérités», via notamment les communautés d'Emmaüs qu'il a fondées.
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Décès de la seule personne ayant officiellement survécu... Le Japonais Tsutomu Yamaguchi, qui avait survécu aux deux bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki en 1945 avant de raconter au monde les horreurs de ces armes, est mort d'un cancer de l'estomac à 93 ans, a annoncé une source officielle mercredi 6 janvier.
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En 2006, un documentaire a retracé son expérience et celle de sept autres victimes des deux bombes. Seul Tsutomu Yamaguchi a toutefois été reconnu comme "double victime" par les autorités.
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Une circulaire de la Chancellerie devrait "dans les jours qui viennent" mettre fin au double trait d'union inscrit à l'état civil des enfants ayant reçu les patronymes accolés de leur père et de leur mère, a-t-on appris mercredi auprès du ministère.
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"La solution du double tiret a été invalidée par le Conseil d'État et elle était parfois assez mal vécue par les familles", a indiqué le porte-parole du ministère de la Justice, Guillaume Didier, confirmant une information du journal Le Monde.
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samedi 2 janvier 2010

La rentrée littéraire promet un programme de belle qualité

J'ai beau dire que je ne me fie plus à la presse pour choisir mes livres... je suis toujours aussi friande d'infos sur le sujet...
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Je lirai probablement Amos Oz, Jacques Chessex, Patrick Modiano, James Ellroy et Pierre Pelot...
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Bien envie de découvrir Richard Millet, dont j'ai beaucoup entendu parler cette année...
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Quant à Yasmina Khadra... son dernier roman m'a vraiment déçue... et en même temps je suis tentée... donc je laisserai faire le hasard en bibliothèque...
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illustration : "la liseuse" d’Ian Ireland
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Jean-Jacques Schuhl,
Amos Oz,
V. S. Naipaul…
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Si la rentrée de janvier s'annonce sous les meilleurs auspices, force est de constater que, avec 491 romans (contre 558 en 2009), la tendance à la baisse enregistrée à l'automne s'accentue.
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Principale victime de cette glaciation : la littérature étrangère, qui enregistre un recul de 21 % avec 167 romans, contre 211 l'an dernier. Soit son plus bas niveau depuis 2001.
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Peut-être doit-on voir là le contrecoup de l'augmentation des droits d'auteur et de traduction, mais aussi le fait que les organisateurs du Salon du livre ont choisi de célébrer les trente ans de la manifestation en invitant non pas un pays mais des écrivains français et étrangers.
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Si la littérature française, de son côté, marque un léger fléchissement avec 324 livres, contre 347 l'an passé, les premiers romans après un automne en demi-teinte repartent à la hausse avec 73 titres, contre 61 en 2009.
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Loin de l'effervescence de septembre et de la tension des prix, cette rentrée hivernale est placée sous le signe de la décrue. Elle n'en offre pas moins un programme de belle qualité.
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Ainsi chez Gallimard, où le retour de Jean-Jacques Schuhl avec Entrée des fantômes, dix ans après son Goncourt pour Ingrid Caven, est déjà annoncé comme l'un des événements de la rentrée.
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Tout comme le nouveau roman de Patrick Modiano, prévu en mars.
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Autres têtes d'affiche : Philippe Sollers avec Discours parfait, le troisième tome de ses articles, chroniques et entretiens ;
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Richard Millet, qui propose un récit et un roman où le Liban tient une grande place ;
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Camille Laurens, qui narre, avec Romance nerveuse, la rencontre d'une romancière et d'un paparazzi,
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ou encore Philippe Djian, dont le nouveau livre, Incidences, paraîtra en février.
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Du côté des filiales de Gallimard, notons la présence d'un autre Goncourt, Gilles Leroy, qui propose, au Mercure de France, Zola Jackson.
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Chez Verticales,
Arnaud Cathrine poursuit son exploration du roman-choral avec Le Journal intime de Benjamin Lorca,
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tandis que Céline Minard, chez Denoël, propose avec Olimpia, un portrait sulfureux de la belle-sœur du pape Innocent X.
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Enfin, chez P.O.L., l'essai de Marie Darrieussecq, Rapport de police : accusation de plagiat et autres modes de surveillance de la fiction pourraient bien susciter quelques polémiques.
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Face à cette escouade, Grasset n'est pas en reste, qui publie le dernier roman de Jacques Chessex (décédé le 9 octobre), Le Dernier Crâne de M. de Sade, "chesséien" en diable.
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Mais aussi Troisième chronique du règne de Nicolas Ier, de Patrick Rambaud,
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l'émouvant roman Le Premier Amour de Véronique Olmi
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ou encore deux recueils de poèmes de Charles Dantzig.
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La maison sœur Fayard n'a pas à rougir d'un programme où l'on retrouvera le délicat Dominique Fabre,
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mais également Claire Castillon,
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et un nouveau Pierre Pelot des plus sanglant.
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En cette rentrée, la palme du recrutement en masse revient incontestablement à
Actes Sud, qui affiche, au côté de Claude Pujade-Renaud, une myriade de transfuges.
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A commencer par Anne Weber (ex-Seuil),
Denis Baldwin-Beneich (ex-Denoël),
Emilie Frèche (Flammarion)
ou encore Véronique Bizot, qui, après des nouvelles chez Stock, publie son premier roman.
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Le Seuil, à l'inverse, joue la carte des auteurs maison avec François Emmanuel,
ou encore Catherine Clément.
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Tout comme l'Olivier, qui poursuit son travail de mise en lumière de jeunes auteurs tels Valérie Zenatti,
ou le drolatique Martin Page.
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Chez Stock, outre l'arrivée de
Catherine Vigourt avec le très autobiographique Un jeune garçon,
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sont également très attendus le dernier roman de Luc Lang, Esprit chien,
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ainsi qu'en février un volumineux et très singulier roman de Marie Billetdoux, C'est encore moi qui vous écris (1968-2008), composé à partir de ses écrits intimes (lettres, bulletins scolaires, critiques de livres…).
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Toujours aussi éclectique, Flammarion offre un programme où se côtoient Diastème, Laurent Seksik, qui évoque de manière romanesque les derniers jours de Stephan Zweig, Brigitte Fontaine ou Andrée Chedid.
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Eternel oublié des prix d'automne, non sans s'en plaindre, Yasmina Khadra, chez Julliard, a donc choisi janvier pour publier L'Olympe des infortunes, une fable philosophique qui rompt avec ses précédents romans.
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Autre grand auteur algérien de cette rentrée, aux éditions de l'Aube, Maïssa Bey. Sous forme épistolaire, la romancière aborde, dans Puisque mon cœur est mort, le thème du pardon et de la loi de réconciliation nationale.
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Ce bref tour d'horizon ne pourrait s'achever sans évoquer les Editions de Minuit, qui proposent, comme en septembre, un duo de choix avec Eric Chevillard et Christian Gailly
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un article de Christine Rousseau

dimanche 27 décembre 2009

sélection des livres de la rentrée 2010 par le magazine lire

En janvier et février prochain, 491 romans paraîtront contre 558 pour la même période l’année dernière (lire notre article).
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Parmi les textes les plus attendus de cette rentrée :
Entrée des fantômes de Jean-Jacques Schuhl (éd. Gallimard) ;
Le Journal intime de Benjamin Lorca d’Arnaud Cathrine (éd. Verticales) ;
Romance nerveuse de Camille Laurens (éd. Gallimard)…
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Parmi les textes les plus attendus en janvier :
***Entrée des fantômes de Jean-Jacques Schuhl (éd. Gallimard), dix ans après son Goncourt. Le livre met en scène le narrateur d’Ingrid Caven qui, alors qu’il s’essaie vainement à un « roman fantastique noir », se voit proposer un rôle dans un film de Raoul Ruiz… tentation...
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La figure de l’écrivain est un des leitmotive de cette rentrée : Le Journal intime de Benjamin Lorca d’Arnaud Cathrine (éd. Verticales) use d’une narration à quatre voix pour brosser le portrait d’un auteur suicidé ;
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Les Cris de Claire Castillon (éd. Fayard) s’attachent à une femme qui sabote ses relations afin de nourrir ses textes ;
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Romance nerveuse de Camille Laurens (éd. Gallimard) décrit la rencontre entre une écrivain en rupture avec son éditeur et un paparazzi ;
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Muettes de Yasmine Ghata (éd. Fayard), le refuge dans l’écriture de sa mère (Vénus Khoury-Ghata) à la mort de son père ;
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***Un aveu de toi à moi de Morgan Sportès (éd. Fayard), la trajectoire d’un poète qui fit le choix du pire pendant la Seconde Guerre mondiale; tentation!
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Les Femmes du braconnier de Claude Pujade-Renaud (éd. Actes Sud), les amours, entre autres, de Sylvia Plath et de Ted Hugues.
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Quand il n’est pas le héros d’une fiction, l’auteur nous dévoile les coulisses de son art et parfois de sa vie : Hédi Kaddour, que l’on avait découvert avec Waltenberg, nous revient avec deux livres chez Gallimard, un roman, Savoir-vivre, mais aussi un journal, Les Pierres qui montent ;
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Javier Marías clôt la trilogie de Ton visage demain avec Poison, ombre et adieu et publie un recueil d’essais, Littérature et fantôme (éd. Gallimard) ;
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L’Écrivain et l’Autre de l’Uruguayen Carlos Liscano (éd. Belfond) nous conte son désarroi face à la page blanche,
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tandis qu’André Brink nous livre ses mémoires avec Mes bifurcations (éd. Actes Sud),
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ou Maryline Desbiolles un texte en forme de variations sur le thème de la table, La Scène (éd. du Seuil).
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***Signalons l’ultime roman de Jacques Chessex, Le Dernier Crâne de M. de Sade (éd. Grasset), je le lirai sans aucun doute, fan de l'auteur !
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Brumes de Cimmérie et Le Sommeil sur les cendres de Richard Millet (éd. Gallimard), qui, loin de la polémique, renouent avec ses veines libanaise et siomoise,
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Choir d’Éric Chevillard (éd. de Minuit), sur des habitants prisonniers d’une île donnant son nom au roman,
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Lily et Braine de Christian Gailly (éd. de Minuit), où un ancien jazzman engagé dans une armée revient, commotionné, auprès de sa famille,
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un nouveau volet de la Chronique du règne de Nicolas Ier de Patrick Rambaud (éd. Grasset)…
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Et, dans le domaine étranger,
Underworld USA, qui conclut la trilogie de James Ellroy (éd. Rivages),
***des nouvelles d’Amos Oz, Scènes de la vie villageoise (éd. Gallimard), fan de l'auteur, donc lecture qui me semble indispensable...
***un texte de Luis Sepúlveda, L’Ombre de ce que nous avons été (éd. Métailié), tentation !
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un bref récit de V. S. Naipaul, Un autre regard sur l’Inde (éd. Grasset),
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du côté des découvertes,
le retour d’Adam Thirlwell (L’Évasion, éd. de l’Olivier)
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la publication de Lily Tuck, lauréate du National Book Award 2004 pour Paraguay (éd. Jacqueline Chambon).
donc achats prévus :
Amos Oz, Scènes de la vie villageoise
Jacques Chessex, Le Dernier Crâne de M. de Sade
pour les tentations, ce sera en bibliothèque... plus assez de place sur mes étagères...

samedi 10 octobre 2009

Jacques Chessex a rendu son dernier souffle au milieu des livres

Je viens à peine d'ouvrir l'ordinateur et voilà déjà une mauvaise nouvelle.
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"la liseuse" de Johann Peter Hasenclever
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Jacques Chessex est tombé, victime d’un malaise cardiaque, lors d’une conférence sur l’adaptation théâtrale de son roman La confession du pasteur Burg à Yverdon-les-Bains (VD).
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«La conférence avait lieu à la Bibliothèque municipale en fin d’après-midi. Au moment des questions, un spectateur a interpellé Jacques Chessex sur sa position face à l’affaire Polanski, raconte un témoin.
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Soudain, l’écrivain s’est effondré.» Les secouristes, arrivés rapidement sur les lieux, ont tenté de le ranimer, sans succès. L’écrivain n’a pas survécu à son malaise cardiaque. 
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Un grand de la littérature

Son décès marque la disparition d’un grand de la littérature romande.
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L’œuvre de Chessex est incontestablement, avec celles d’Alice Rivaz, de Maurice Chappaz ou de Georges Haldas, l’une des plus marquantes de la littérature romande et francophone du XXe siècle.
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Or, ce qui saisit chez cet écrivain possédé par le démon de la littérature est sa capacité de rebondir, de se rafraîchir et d’entretenir un véritable jaillissement créateur continu.
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L’homme lui-même avait quelque chose de la légende vivante. La querelle, l’invective dans les cafés et les journaux, voire la bagarre à poings nus n’auront point trouvé de représentant plus acharné. Il y avait du forcené en Jacques Chessex, pour le pire autant que pour le meilleur. Rien de ce qui est écrit ne lui était étranger, pourrait-on dire de cet écrivain flaubertien par sa passion obsessionnelle, quasiment religieuse.
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Chessex était écrivain sans discontinuer et depuis toujours à ce qu’il semble, à l’imitation d’un père fou de mots avant lui (Pierre Chessex était historien, rappelons-le, spécialiste des étymologies), toute sa vie sera mise en mots et sa carrière d’homme de lettres fit l’objet d’une stratégie tissée de plans et de calculs, de flatteries et de rejets, d’avancées sensationnelles (le premier Goncourt romand, en 1973) et de faux pas signalant la passion désordonnée d’un grand inquiet peu porté, au demeurant, à s’attarder dans les mondanités.
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Jacques Chessex s’est portraituré maintes fois en renard, et c’est en effet la figure de bestiaire qui lui convient le mieux, rapportant tout au butin de son œuvre Celle-ci n’a rien pour autant de statique ni de prévisible: elle impressionne au contraire par son évolution constante et son enrichissement, sa graduelle accession à une liberté d’écriture aux merveilleuses échappées.
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Marqué par le suicide de son père
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L’œuvre de Jacques Chessex (né en 1934) tire l’essentiel de sa dramaturgie et de sa thématique d’un scénario existentiel marqué par le suicide du père, évoqué et réinterprété à d’innombrables reprises. Cette œuvre procède à la fois d’un noyau poétique donné et d’un geste artisanal hors du commun, d’un élan obscur et d’un travail concerté sans relâche.
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Dès la parution du premier de ses recueils, l’année de ses vingt ans, et avec les trois autres volumes qui ont suivi rapidement, le jeune poète se montre à la fois personnel, déterminé et bien conseillé, visant aussitôt la double reconnaissance romande et parisienne.
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L’affirmation de l’écrivain

Après quatre premiers recueils de poèmes qui s’inscrivent sans heurts sur la toile de fond de la poésie romande, l’écrivain va s’affirmer plus nettement dans les récits de La tête ouverte, publié chez Gallimard en 1962, et surtout avec La confession du pasteur Burg, paraissant en 1967 chez Christian Bourgois et qui amorce la série des variations romanesques sur quelques thèmes obsessionnels, à commencer par celui de l’opposition de l’homme de désir et des lois morales ou sociales.
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De facture plutôt classique, La confession du pasteur Burg, que l’auteur appelle encore récit, représente bel et bien le premier avatar d’un ensemble romanesque à la fois divers et très caractéristique en cela qu’il «tourne» essentiellement et presque exclusivement autour d’un protagoniste masculin constituant la projection plus ou moins directe de l’auteur.
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La cristallisation sera la plus dense dans Jonas, grand livre de l’expérience alcoolique, mais le romancier saura rebondir parfois à l’écart de l’autofiction, comme Le rêve de Voltaire l’illustre de la manière la plus heureuse. Ce qui nous paraît en revanche limité, chez le Chessex romancier, tient au développement des personnages et surtout des figures féminines, qui relèvent plus du type que de la personne intéressante en tant que telle.
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L’ogre, consacré par le Prix Goncourt en 1973, ne fait pas exception.
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Une suite de batailles

A l’évidence, et de son propre aveu d’ailleurs, Jacques Chessex a conçu son œuvre comme une suite de batailles, et le lui reprocher serait vain, même s’il est légitime de préférer tel aspect de son œuvre à tel autre. A cet égard, ses «romans Grasset» participât d’un certain réalisme français, issu de Flaubert et de Maupassant, ont sans doute compté pour l’essentiel dans la reconnaissance de Jacques Chessex par la France. Cela étant, son œuvre est à prendre dans son ensemble multiforme.
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Jacques Chessex n’a cessé, de fait, de creuser plusieurs sillons, en alternance ou simultanément: la poésie, rassemblée chez Bernard Campiche en 1999; le roman ou les nouvelles comptent parmi les plus belles pages de l’auteur; les proses, autobiographiques le plus souvent, mais tissées de digressions et portraits constituant un autre aspect du grand art de Chessex; enfin de nombreux essais. Les saintes écritures consacrées aux auteurs romands et nettement plus datées, entre autres écrits sur des peintres et autres lieux. Plus récemment, les ouvrages plébiscités par le grand public. -
PIERRE BLANCHARD / JEAN-LOUIS KUFFER 09.10.2009 23:15

mardi 8 septembre 2009

Jacques Chessex, un Vaudois dans le jury du prix Jean-Giono

L’écrivain vient d’être élu au sein de cette assemblée prestigieuse.

L’écrivain suisse Jacques Chessex vient d’intégrer le jury du prix Jean-Giono, une belle reconnaissance pour celui qui le reçut en 2007.
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A ses côtés, siègent déjà notamment Pierre Bergé, Sylvie Giono, Jean Dutourd, Erik Orsenna, Françoise Chandernagor et Yves Simon.
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Originaire du canton de Vaud, en Suisse, Jacques Chessex est né en 1934.
Romancier, poète et essayiste, cet auteur s’est formé un public important tant en Suisse qu’en France.
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Il reçut le Prix Goncourt en 1973 pour son roman L’Ogre
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et en 2007, le Grand Prix Jean-Giono vint couronner l’ensemble de son œuvre.Le Grand Prix Jean-Giono et le Prix du jury (décerné à un roman chaque année) ont été créés en 1990, en référence à l’auteur d’Un Roi sans divertissement disparu en 1970.
Ce sont la femme et la fille de l’écrivain qui sont à l’origine de ces deux prix.
source : actualitté - Rédigé par
Victor de Sepausy, le mardi 08 septembre 2009 à 07h25 Source : RTN
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Seulement 2 livres lus... c'est peu... mais bien inscrit sur ma liste pour mes sorties bouquinistes et brocantes...
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En 1903 à Ropraz, dans le Haut-Jorat vaudois, la fille du juge de paix meurt à vingt ans d'une méningite.
Un matin, on trouve le cercueil ouvert, le corps de la virginale Rosa profané, les membres en partie dévorés. Stupéfaction des villages alentour, retour des superstitions, hantise du vampirisme.
Puis, à Carrouge et à Ferlens, deux autres profanations sont commises.
Le nommé Favez, un garçon de ferme, est le coupable idéal. Condamné, emprisonné, soumis à la psychiatrie, on perd sa trace en 1915.
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A partir d'un fait réel, Jacques Chessex donne le roman de la fascination meurtrière. Qui mieux que lui sait dire la " crasse primitive ", les fantasmes des notables, la mauvaise conscience d'une époque ?
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Nous sommes en 1942: l'Europe est à feu et à sang, la Suisse est travaillée de sombres influences.
A Payerne, rurale, cossue, ville de charcutiers "confite dans la vanité et le saindoux", le chômage aiguise les rancœurs et la haine ancestrale du Juif.
Autour d'un "gauleiter" local, le garagiste Fernand Ischi, sorti d'une opérette rhénane, et d'un pasteur sans paroisse, proche de la légation nazie à Berne, le pasteur Lugrin, s'organise un complot de revanchards au front bas, d'oisifs que fascine la virilité germanique. Ils veulent du sang. Une victime expiatoire.
Ce sera Arthur Bloch, marchand de bestiaux A la suite du Vampire de Ropraz, c'est un autre roman, splendide d'exactitude et de description, d'atmosphère et de secret, que Jacques Chessex nous donne. Les assassins sont dans la ville.

vendredi 20 février 2009

Jacques CHESSEX - Un Juif pour l'exemple

Très court roman sur un fait historique. Un terrifiant travail de mémoire sous la plume de Jacques Chessex.Ou comment des Suisses offrirent un juifen sacrifice à Hitler pour célébrer son anniversairele 20 avril 1942 !

Nous sommes en 1942 : l'Europe est à feu et à sang, la Suisse est travaillée de sombres influences.

A Payerne, rurale, cossue, ville de charcutiers "confite dans la vanité et le saindoux", le chômage aiguise les rancœurs et la haine ancestrale du Juif.

Autour d'un "gauleiter" local, le garagiste Fernand Ischi, sorti d'une opérette rhénane, et d'un pasteur sans paroisse, proche de la légation nazie à Berne, le pasteur Lugrin, s'organise un complot de revanchards au front bas, d'oisifs que fascine la virilité germanique.
Ils veulent du sang. Une victime expiatoire. Ce sera Arthur Bloch, marchand de bestiaux

A la suite du Vampire de Ropraz, c'est un autre roman, splendide d'exactitude et de description, d'atmosphère et de secret, que Jacques Chessex nous donne. Les assassins sont dans la ville.

Publié le 22 janvier 2009 par Savatier (paperblog)

Ici, l’histoire existe bien, elle ne peut laisser indifférent, mais le style la sert ; une écriture dense, impitoyable, puissante, une écriture chirurgicale, cruelle où transparaissent la colère et le dégoût.

Hannah Arendt avait écrit de belles pages, à propos du procès Eichmann, sur la banalité du mal. Jacques Chessex se fait, dans son roman, le médecin légiste de l’imbécilité du mal, l’une n’étant finalement que le complément de l’autre.

Encore faut-il s’entendre sur la notion de roman. Me fiant à cette indication qui figure sur la couverture, j’ai abordé les premiers chapitres comme s’il s’était agi de l’œuvre d’un romancier.

Elle l’est bel et bien, mais, au fil des pages, une impression saisit le lecteur : tout semble si vrai, si atrocement vrai, que cette histoire ne peut prendre ses racines que dans le réel. Et, de fait, si ce livre peut se définir comme un roman, il est avant tout le récit d’un « fait divers », comme le fut en son temps Madame Bovary.

Les événements se déroulent à Payerne, ville natale de l’auteur et capitale helvétique de la charcuterie, en 1942.

A l’époque, il a 8 ans ; son père dirige l’école de la petite bourgade. 1942…

L’Allemagne nazie connaît alors son apogée, Hitler domine l’Europe ; à l’Ouest, seule l’Angleterre lui résiste, à l’Est, ses armées ne sont pas encore embourbées dans les plaines russes, elles avancent, la bataille de Stalingrad ne débutera que quelques mois plus tard. La conférence de Wannsee, qui scelle le sort des Juifs des pays occupés, s’est réunie le 20 janvier.

La Suisse calviniste et bien pensante, forte de sa neutralité et de la position financière qui fait sa singularité, n’a guère à craindre du conflit. Ses paysages de carte postale, où s’étalent verts pâturages, hautes montagnes, lacs paisibles, neiges immaculées cachent pourtant une réalité plus sombre.
En effet, si elle héberge et protège derrière ses frontières un certain nombre de Juifs étrangers qui avaient pu fuir les persécutions et s’y réfugier, elle compte aussi, parmi ses citoyens, des sympathisants nazis d’autant plus actifs que leur passeport les met à l’abri du front et de ses dangers.

La petite ville de Payerne, « gros bourg vaudois travaillé de sombres influences », comme la définit Chessex, n’échappe pas à la règle. « Rurale, cossue, la cité bourgeoise veut ignorer la chute récente de ses industries et les gens qu’elle a réduit à la misère. »
Dans ces périodes de chômage, de troubles économiques, rien ne rassure davantage que d’identifier des boucs-émissaires. Ils ne sont guère difficiles à trouver ; dans toute l’Europe, l’antisémitisme fait rage : ce seront donc les Juifs.

Un pasteur fanatique à la solde de Berlin, Philippe Lugrin, gal
vanise de petites troupes de chemises brunes qui ont pour héros le journaliste Georges Oltramare (lequel s’illustra sous l’Occupation à Radio Paris par des chroniques antisémites sous le pseudonyme de… Dieudonné.)
A Payerne, une poignée de nazillons (des brutes assez minables, fascinées par l’ordre, les uniformes) rêve du décorum qui se déploie de l’autre côté de la frontière, « beauté des corps aryens, étendards, nudité, blondeur, fanfares de trompes gothiques, regards bleus fixés haut dans le regard extatique du Chef ».
A leur tête, parade un garagiste médiocre qui se verrait bien Gauleiter et s’adonne à l’occasion à quelques jeux sadiques avec l’une de ses maîtresses. Ce détail me semble romancé car il colle peu au profil du personnage, peut-être correspond-il toutefois à une réalité.
Sous le joug intellectuel du pasteur, le petit groupe trompe son ennui en tirant des balles sur les façades des maisons juives de la ville, mais il leur faut davantage, un coup d’éclat. Il leur faut une victime, ce sera Arthur Bloch, un négociant en bétail qui se rend régulièrement à Payerne pour acheter des vaches.

L’homme, bon professionnel, respecté, dont personne n’avait à se plaindre, aurait eu le profil du notable auquel on ne se serait jamais attaqué, s’il n’avait été juif.
L’appartenance à sa communauté le condamne, le déchoit de son statut d’humain. Les nazillons montent un stratagème, ils se partagent les rôles.
Date est fixée pour le 16 avril. Jacques Chessex, d’une plume concise, lapidaire même, décrit par le menu l’assassinat sordide, l’horreur du dépeçage du cadavre réduit à l’état d’une carcasse de boucherie, les morceaux entassés à la hâte dans des sortes de bidons de lait qui seront immergés dans les eaux du lac voisin, les effets personnels mal dissimulés dans une grotte de la région, qui finiront par trahir les criminels. Ils seront finalement démasqués, jugés et condamnés.
Vingt deux ans plus tard, Chessex rencontrera le pasteur Lugrin, par hasard, et constatera qu’il n’éprouve aucun remord…

Le livre met en lumière la veulerie et l’imbécilité des auteurs de ce crime, leur incohérence intellectuelle. En effet, comment prétendre commettre un tel acte « pour l’exemple » et faire disparaître le corps, au risque qu’il ne soit jamais retrouvé et que leur meurtre demeure ignoré ?
Cette absence de logique, qui rend le geste de ces Pieds Nickelés du crime encore plus gratuit, constitue bien là une circonstance aggravante.
Un autre détail surprend le lecteur : attiré dans le guet-apens, Arthur Bloch ne se méfie à aucun moment, en dépit de la mauvaise réputation avérée de ceux qui deviendront ses assassins.
Cette attitude symbolise à elle seule l’excès de confiance, la naïveté de la majorité des Juifs européens qui, en dépit des premières persécutions dont ils avaient fait l’objet, refusèrent de quitter leur pays, n’imaginant pas le sort qui leur serait réservé. Qui, il est vrai, eut pu leur reprocher d’imaginer l’inimaginable ?

Cette histoire a hanté Jacques Chessex depuis son enfance. En 1967, il l’évoqua, dans son recueil, Reste avec nous, sous forme de chronique intitulée Un crime en 1942. Un Juif pour l’exemple se présente comme un aboutissement, une manière d’exorciser un crime que tous auraient préféré oublier. Tous, sauf lui qui en avait conservé la blessure. Car, dans le Payerne de l’époque, bourgade où il ne se passait jamais rien, on imagine l’événement que représenta un tel assassinat.
Pourtant, il semble bien que personne ne parvint vraiment à en être révolté, attitude lourde de signification de l’influence qu’exerça la peste brune sur les consciences.
Aujourd’hui, dans cette ville, le livre met mal à l’aise. On avait tant préféré oublier ce « fait divers » qu’aucune plaque commémorative ne fut jamais apposée sur la façade du lieu du crime…
Les habitants apprécient d’autant moins le rappel de cet épisode sombre de leur histoire qu’il est raconté par l’enfant du pays, grand écrivain, donc gloire locale qui, non content de dénoncer les faits, prend de la hauteur et cite L’Imprescriptible de Vladimir Jankélévitch.


Illustrations : Jacques Chessex - Avis de disparition publié par la famille d’Arthur Bloch dans la presse locale.