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jeudi 25 juin 2009

curiosité de lecture : Le Massacre des Innocents (Guido Reni)

en lisant Franck Thilliez...
Et oui, il me reste encore quelques pages à lire... js n'en suis qu'à la 447ème... sur 540...
Vraiment très particulier ce thriller. Je ne sais toujours pas si j'aime ou non.
En tout cas il éveille ma curiosité...
mais là je manque un peu de temps, je vais donc me contenter de ce que je trouve sur wikipédia, au sujet du tableau "le massacre des innocents" de Reni.


Je poursuivrais donc mes recherches sur le thème des tableaux concernant "le massacre des innocents" et les autres peintres ayant été inspirés par le sujet, dans le courant de la semaine.
Le Massacre des Innocents est un tableau de Guido Reni, réalisé en 1611, représentant le Massacre des Innocents relaté dans l’Évangile selon Matthieu. Huile sur toile de 268 × 170 cm, il est exposé à la Pinacothèque nationale à Bologne.
Ce tableau est aujourd’hui peu connu du grand public ; il ne fait pas partie des quelques œuvres que tout le monde a déjà vus en reproduction. Pourtant, du vivant de Guido Reni, il fut considéré comme un chef-d'œuvre.
Cette peinture est une commande de la famille Beró pour l’église Saint-Dominique de Bologne et elle est actuellement conservée à la Pinacothèque de cette même ville.
Le sujet éponyme est un événement biblique raconté dans l’Évangile de Matthieu (II, 1-19). Les sages avaient annoncé la naissance à Bethléem du « roi des Juifs » et Hérode l’avait fait chercher ; ses tentatives policières n’ayant rien obtenu, il ordonna la mise à mort de tous les enfants de la ville âgés de moins de deux ans.
Le tableau déroule, dans une composition resserrée lisible de haut en bas, les étapes de l’événement : la poursuite d’une mère portant son enfant, le meurtre d’un autre dans les bras de sa mère impuissante, la prière maternelle après le massacre.
La concentration des actes représentés assure à l’ensemble de la peinture sa puissance émotionnelle, mais donne le sentiment d’une certaine confusion générale.
Cependant, s’attarder sur la composition baroque permet de comprendre que la tension entre le mouvement apparemment désordonné et la construction rigoureuse constitue le fondement d’un pathétique sublime.
Le mouvement au service de l’horreur
La violence :
S’il n’est pas le seul tableau à prendre comme sujet la violence, Le Massacre des Innocents concentre néanmoins ces effets en ne représentant pas une scène unique et symbolique, mais plusieurs de manière superposée.
Six femmes, cinq mères jeunes et une femme âgée à droite, et deux hommes sont imbriqués dans l’étroite largeur du tableau. La concentration narrative semble même se parer d’un certain réalisme.
Pourtant, seule l’expression des visages peut être définie ainsi, car la richesse des tissus, le décor conventionnel et les angelots sur leur nuage empêche une telle interprétation. De plus, si le massacre est garanti par le titre, les armes, la violence des gestes et les deux cadavres en bas à gauche, le tableau n’est en rien sanglant.
L’horreur est donc concentrée sur les visages horrifiés des mères hurlant dans le silence.
La violence de la scène est également portée par les couleurs et les contrastes. Les teintes chaudes et froides se juxtaposent : les étoffes rouges, dans la partie basse du tableau, évoquent un flot de sang pourtant jamais montré ; le tissu bleuté de la mère fuyant vers la droite, tout en ayant l’air d’être protecteur, ressemble déjà au linceul de l’enfant aux yeux perdus vers le ciel.
Les corps des deux hommes sont eux-mêmes porteurs de la même tension entre la chaleur de la peur et la froideur d’un tissu blanc – encore un linceul.
les mouvements
De plus, l’agencement des couleurs participe d’une composition plus large des formes et des lignes. L’horreur de la scène s’appuie sur une structure ondulatoire propre à évoquer le mouvement. Ainsi, on peut constater que dans sa verticalité, le tableau est composé de trois tiers, dont les deux inférieurs concentrent l’action.
Cependant, le resserrement ne fait que renforcer l’agitation du massacre, dont on peut constater qu’il se compose de multiples lignes courbes dessinées par les bras, les plis des vêtements et les contours des corps.
Aucune logique ne semble organiser cet éclatement, d’où un sentiment général de confusion formelle et psychologique.
Pour l’observateur, l’effet est tel qu’il ne parvient pas à se fixer sur un endroit précis du tableau. Les courbes nombreuses empêchent la concentration et relancent le regard vers un autre élément, où, de nouveau, le mouvement de fugacité détourne l’attention vers un point différent de la toile.
Cette fuite du regard assure au tableau ce que l’on doit considérer intellectuellement comme sa « mobilité », car rien dans une œuvre picturale n’est réellement en mouvement, seule l’action représentée permet d’imaginer les déplacements.
La présence du spectateur est donc nécessaire au tableau pour être parachevé : la scène représentée n’a d’autre existence que celle que lui confère l’œil trompé par l’illusion qu’elle lui propose.
Une composition serpentine
Attardons-nous maintenant sur le déplacement perpétuel qu’imposent les courbes du tableau. Considérons, à juste titre, que la clarté attire le regard : il y a fort à parier que les deux petits cadavres aux allures d’endormis, dans le bas du tableau vont, un moment, retenir l’attention ; on remarque qu’ils dessinent une courbe ondulée qui suit les lignes des dos et des têtes.
Arrivé aux plis de la robe dorée, l’œil s’élève en suivant le bras rouge pour atteindre le visage en prière. De là, le bras tendu de la mère protégeant son enfant de l’homme à la chemise conduit à l’enchevêtrement des bras et des visages sur la gauche du tableau. Par un balancement audacieux, le regard est de nouveau projeté vers l’autre extrémité du tableau grâce à l’étirement des bras de l’homme de droite.
C’est un nouvel assemblage de têtes qui devient alors le support visuel de l’observateur. Cependant, le nuage des putti porteurs de palmes, bien qu’il semble détaché de la scène du massacre, ne l’est pas complètement, car le regard, qui n’a cessé de s’élever depuis la base du tableau, continue son ascension vers le ciel en suivant l’axe du poignard de droite et du bras du putto de gauche.
Ainsi, dans un mouvement ondulatoire, — qui n’est pas unique, car d’autres sont possibles – le regardant a repéré l’ensemble des scènes représentées par le tableau.

Il a, également, accompli un parcours mystique fondamental, une « élévation ». En effet, quelle raison peut motiver un tel tableau si ce n’est la prise de parti et la glorification d'« innocents » devenus pour le christianisme les « Innocents » ?
La célébration religieuse s’accomplit grâce à l’observateur qui, en se laissant porter par la structure du tableau, rend possible la transformation d’enfants anonymes, victimes d’une froide cruauté, en martyrs porteurs de palmes. Une fois encore, la présence regardante assure au tableau son achèvement.

Le mouvement exprime donc l’inquiétude
baroque relative à l’instabilité du monde et à son possible désordre. La violence semble primer, opposant les hommes cruels aux femmes effrayées, alors même que le sujet latent est la glorification du Christ. Comment la naissance du Sauveur peut-elle engendrer tant de fureur ?
Le désordre n’est cependant pas la confusion ; le monde désorienté voit naître Celui qui vient rétablir l’ordre divin et le tableau révèle aussi son ordre caché. Ce n’est pas sans efforts que la vérité organisatrice de l’œuvre se manifeste à l’observateur.
Une composition rigoureuse

L’axe symétrique vertical
La désorganisation apparente ne doit pas faire oublier que les baroques ont aimé la structuration, et cela pas moins que les classiques, bien au contraire. La multiplication des contraintes, en peinture comme en architecture ou en littérature, a été la base de l’élaboration complexe des formes et des figures.
Dans Le Massacre, il suffit de repérer l’axe vertical au centre du tableau pour s’en rendre compte : il assure à la composition d’ensemble son équilibre et sa symétrie. Sa présence est d’ailleurs renforcée par le poignard qui sur-représente l’axe vertical.
Ainsi composée, la toile fait se répondre des proportions équivalentes : une femme accroupie répond à une autre femme accroupie, un homme et une femme à gauche trouvent leurs pendants à droite et, même dans le ciel, la bâtisse est équilibrée par le nuage et les angelots.

Le choix des couleurs fonctionne de manière identique : les femmes de la partie inférieure portent chacune une couleur sombre (noir ou brun) et du rouge ; de même, au-dessus d’elles deux, l’homme de gauche et la mère de droite portent des étoffes aux couleurs froides.
Par conséquent, la composition tumultueuse s’ancre dans une structuration picturale binaire, qui, cependant, n’apparaît pas au premier abord et évite le caractère figé d’une trame organisatrice pesante.

Les plans horizontaux
Si l’on s’attarde désormais sur la composition horizontale de l’œuvre, on constate qu’elle n’est pas moins riche que la verticale. En effet, il est aisé de repérer que l’horizon, qui se confond avec le haut du mur peint sur le fond du tableau, est la limite du tiers supérieur de la toile.
Au-dessus d’elle n’apparaissent que le nuage aux putti et le haut de deux têtes. Cette ligne concentre donc la violence de la scène sur la partie basse du tableau. Néanmoins, si l’on cherche la ligne du tiers inférieur, on la trouve juste au-dessous des visages des deux mères assises au sol.
Il n’y a donc dans le bas du tableau que les deux petits cadavres qui sont le pendant des deux enfants martyrs dans la partie haute. La structure ascendante des lignes courbes – qui a déjà été repérée – fonctionne d’autant mieux qu’elle s’appuie sur la composition horizontale du tableau : Guido Reni a fait en sorte de concentrer les effets qui permettent la glorification des enfants martyrs.

De plus, l’étude de l’horizontalité exige le repérage de l’axe central : celui-ci traverse le tableau au-dessus de la tête de la mère placée au centre du tableau. Un tel découpage en deux grands ensembles est significatif dans la mesure où la partie haute se concentre sur la poursuite, la fuite et le massacre, alors que la partie basse délimite l’espace des femmes implorantes.
Comme pour une page de livre, la lecture de haut en bas de la toile fait surgir une narrativité et une chronologie : si fuir a paru la seule issue aux mères, elles ont été rattrapées (partie supérieure) et, finalement, il ne leur reste que l’imploration inutile et la prière (partie inférieure).

Les triangles organisateurs
Moins faciles à repérer, les lignes diagonales n’en sont pas moins structurantes. Repérons-en quelques-unes. La poignée du couteau central assure le point de rencontre de deux diagonales qui descendent vers les bas du tableau afin de constituer un triangle avec la base inférieure.
Ce trigone encadre les deux femmes accroupies et concentre la partie basse de l’action représentée sur l’imploration des mères, soit vainement à l’égard des hommes pour celle de gauche, soit pieusement à l’égard du Ciel pour celle de droite, dont les yeux s’élèvent vers les putti aux palmes, emblèmes des martyrs.
L’observateur moderne n’oubliera pas de se rappeler que le tableau était une commande pour une église : la mère aux manches rouges n’est donc pas insensible à la douleur, le calme relatif de son regard confirme sa confiance en Dieu, passant outre l’horreur temporel du massacre.

Un autre triangle, cette fois-ci pointé vers le bas, est repérable dans le tableau : sa base est la ligne de l’horizon et ses deux côtés suivent, à droite, le dos de la femme qui fuit et, à gauche, le bras baissé de l’homme en blanc.
Les deux femmes en train de fuir semblent vouloir échapper à l’espace délimité par cette forme, mais l’une, saisie par les cheveux, est obligée de se retourner et l’autre ne peut s’empêcher de regarder la scène centrale, retenue par la force de la compassion maternelle.
Quant à la ligne du pont, elle apparaît comme une enceinte qui refuse la fuite : la tête qui la dépasse à gauche est menacée par l’arme qui la dépasse à droite. L’espace représenté est fortement cloisonné et le cadre du tableau lui-même semble retenir les mères en un effet de théâtralisation pathétique.

En définitive, si l’attention de l’observateur n’est pas détournée par l’émotion du sujet représenté, il est possible de constater que la répartition des éléments du tableau est d’une rigueur extrême : chaque personnage trouve sa place dans un ensemble composite et cohérent.

La multiplication des tableaux

La narrativité des micro-tableaux
Après les lignes droites qui structurent le tableau, il est nécessaire de s’attarder sur la forme circulaire qui trouve son centre une fois encore sur le poignard placé au centre du tableau : l’arc qui se constitue grâce aux têtes des femmes engage un mouvement oscillatoire de gauche à droite et de droite à gauche, qui emporte l’adhésion affective de l’observateur.
Si la femme de droite semble parvenir à s’enfuir, son double, dans la partie gauche du tableau, est rattrapée par le geste violent du soldat ; de même, si l’enfant de gauche paraît encore échapper à la violence, celui de droite a déjà les yeux tournés vers le ciel, annonçant ainsi son statut de martyr, lequel est soutenu par le visage de vieille femme hurlant juste au-dessus de lui.
Ainsi, le déplacement du regard sur la toile renforce l’impression pathétique de la violence inéluctable qui affecte les mères, quel que soit leur âge, et les enfants. De plus, l’oscillation du regard passe et repasse sur les mères déjà affaissées et implorantes assurant aux deux scènes extérieures leur poids dramatique.

Ajoutons aussi que la composition ternaire du tableau va dans la même direction narrative, puisque le regard de l’observant se déplace d’un trio soudard/mère/enfant à un autre trio composé des mêmes actants sans parvenir à s’échapper vers un ailleurs apaisé.
Les structures géométriques cachées ramènent toujours le regard vers l’intérieur du cadre, afin de donner à l’observateur le sentiment d’être lui-même enclos dans le faible espace représenté.
Seul le triangle inférieur du tableau est vide de la brutale présence masculine, mais la composition des corps entre eux s’élabore comme un amoncellement qui donne le sentiment qu’après la disparition des soudards assassins, il ne reste plus qu’un charnier, un tas de corps éplorés et meurtris.
Ainsi, le poignard qui constitue le centre de l’arc de cercle organisateur est aussi le centre dramatique de la scène : il est l’élément créateur de violence qui rompt l’ordre divin de la vie et anéantit la relation d’amour entre mère et enfant, sentiment fondamental dans la patrie du peintre, l’Italie, où le culte marial n’est en rien secondaire par rapport au culte christique.

Un tableau au cœur du tableau

À côté des trois petites scènes évoquées, qui se constituent comme trois tableaux distincts, repérons une ultime scène dont l’importance n’apparaît pas au premier coup d’œil.
Les deux grands triangles organisateurs se croisent au cœur du tableau et délimitent un espace en forme de losange grâce à leurs deux pointes. Les contours de ce losange circonscrivent un espace significatif, puisqu’il reprend les éléments fondamentaux du récit proposé par l’ensemble du tableau : un poignard pointé sur un enfant, une mère au bras protecteur mais impuissant, un nourrisson effrayé.
Du point de vue de la narration dramatique, l’essentiel du propos est ici concentré et tout le reste du tableau peut paraître superfétatoire.

Pourtant cette micro-scène ne se réduit pas à son caractère abréviatif : d’un point de vue pictural, elle s’impose par une incohérence.
En effet, si l’on essaie de distinguer les différents plans de l’ensemble des scènes peintes, on constate qu’à partir du troisième plan les incertitudes se multiplient, notamment pour la scène délimitée par le losange.
Le soudard semble au-dessus de la mère assise à gauche, laquelle est au deuxième plan ; quant à la mère tendant le bras, elle est au moins au troisième, voire au quatrième plan, derrière deux autres femmes : comment se fait-il alors que son bras puisse se trouver devant l’homme ?
Il y a là une rupture de la perspective, qui rappelle au spectateur attentif qu’il est devant une composition picturale et non devant une scène réelle. C’est l’expressivité de la toile, qui prime présentement, et non son réalisme. La scène délimitée par le losange s’établit donc comme un résumé de la narration générale, mais aussi comme le constituant pictural qui rappelle la dimension fictionnelle et artificielle de la toile.

La mise en scène du tableau par lui-même
En outre, la composition dramatique de l’ensemble s’appuie sur le choix d’un éclairage tout aussi artificiel que le placement des personnages les uns par rapport aux autres. Il suffit de repérer que la lumière jaillit de la droite du tableau comme d’une coulisse et d’en bas comme d’une rampe pour percevoir la dimension théâtrale de la peinture.
Guido Reni manifeste ici sa conscience de la re-présentation : il met en scène le spectacle d’une réalité historique certes, mais interprétée et recomposée. Ignorant la vérité des faits passés, de la violence meurtrière en acte, il la donne à voir filtrée par son sentiment et de manière expressive pour qu’elle soit ressentie par l’observateur.

D’ailleurs, l’enchâssement du petit tableau en losange dans le grand tableau en rectangle n’est qu’un moyen de s’interroger encore sur cette re-présentation :
le petit tableau est-il assez expressif pour que l’on comprenne la gravité de la brutalité humaine ?
Le grand ne montre-t-il pas avec outrance l’impuissance et la souffrance maternelles ?
Lequel de ces deux tableaux est véritablement « nécessaire » ?
Lequel des deux se rapproche le plus de la vérité historique ?
Ces questions ne font que limiter le sens de l’œuvre, car s’il y a une vérité à exprimer, elle ne peut être qu’ailleurs, hors d’une œuvre artistique, hors de l’esthétisation de la violence, loin de tout putto flottant sur un petit nuage bleuté.
Aucun des deux tableaux enchâssés l’un dans l’autre n’accède donc à la vérité factuelle, mais en rappelant à l’observateur qu’il est devant un tableau, ils l’incitent à chercher une interprétation personnelle, accessible dans ce non-lieu qu’est l’entre-deux, qu’est l’en deçà de l’excès pathétique et l’au-delà du résumé informatif.

Le tableau de Guido Reni ne se manifeste pas autrement que comme une image, laquelle doit faire réagir l’observateur, l’obliger à repenser le sujet du tableau, en passant outre la barrière du non-représentable.
C’est aussi l’occasion de peindre les limites de la peinture : le grand tableau rectangulaire et le petit tableau en forme de losange sont deux loupes qui permettent d’entrevoir ce que l’œuvre de Guido Reni ne peut pas montrer.

Conclusion

Le Massacre des Innocents est un tableau représentatif de l’art
baroque. Il met en scène l’instabilité du monde et de l’homme en montrant à la fois l’acte d’amour le plus désespéré et le geste meurtrier le plus froid.
Pour cela, il utilise une composition rigoureuse qui, dans la fixité inhérente à toute peinture, tend vers l’exaspération du mouvement et de la torsion, afin d’assurer à son sujet le maximum d’expressivité pathétique.
Cependant, le génie de cette toile est dans sa conscience perpétuelle d’être une toile, une toile peinte, une toile où naissent l’illusion et la fiction. Guido Reni donne à voir son tableau pour ce qu’il est : une théâtralisation de la réalité, une esthétisation de l’inénarrable, une représentation de l’au-delà de toute peinture. - wikipédia

mercredi 24 juin 2009

curiosité de lecture : freak show et autres phénomènes

en lisant Franck Thilliez...
trouvé pas mal de "pervertions" liées a des maladies impressionnantes...
entendu, c'est un roman et même un thriller... mais franchement, il me met mal à l'aise...
The Freak Show

dont le plus célèbre fut celui du cirque ambulant
Barnum and Bailey aux USA, qui présentait d'étonnants phénomènes ou monstres de foire.
Près de cinquante oeuvres interprètent et explorent les différents types de monstruosité ou d'anormalité avec des oeuvres contorsionnistes, géantes, poilues, siamoises, etc.
En se préservant de tout anthropomorphisme.
*
La sirénomélie est une pathologie fœtale grave qui se traduit (pour la part la plus immédiatement visible) par une fusion des membres inférieurs qui rappelle la sirène dans l'imaginaire collectif (c'est-à-dire avec une queue de poisson).
*
La maladie de Ledderhose appelée encore aponévrosite plantaire est une infiltration de l'aponévrose plantaire par des nodules fibreux situés sur les tendons fléchisseurs. Elle entraîne parfois la rétraction de l'aponévrose, avec déformation du pied en varus (c'est-à-dire vers l'intérieur), et une flexion des orteils en griffe.

Son nom vient de
Georg Ledderhose, professeur à la faculté de médecine de l'université de Strasbourg à l'époque du Reichsland.

Son équivalent au niveau de l'aponévrose palmaire de la main est la
maladie de Dupuytren.
*
La maladie de La Peyronie est une sclérose des corps caverneux, responsable d'une déviation de la verge en érection.

La maladie de La Peyronie doit son nom à
François de La Peyronie. Ce chirurgien a donné son nom à la maladie de La Peyronie mais aussi aux plaques de La Peyronie.
*
Le syndrome de Protée est une maladie génétique complexe comprenant des hamartomes de taille importante impliquant plusieurs tissus : tissu conjonctif, tissu épidermique et tissu osseux.
Elle se manifeste dès la naissance et les hamartomes grandissent au cours de la vie. Les tumeurs cancéreuses sont rares. Des tumeurs de l'ovaire, des tumeurs testiculaires, des tumeurs de la parotide et des tumeurs du système nerveux sont parfois associées avec les hamartomes.
*
Joseph Merrick, connu sous le surnom de l'homme éléphant, était très probablement porteur de cette pathologie et non pas de la maladie de Recklinghausen.
Des tests ADN récents le prouveraient, comme les recherches le soupçonnaient depuis longtemps, peut-être combinée à la maladie de Recklinghausen.
*
Le gène Sonic Hedgehog
Les chercheurs de l'Université Cornell, ont découvert le rôle du gène Sonic Hedgehog (Shh) sur la souris, qui accélère la repousse des cheveux. Cette découverte pourrait s'appliquer après une chimiothérapie, car en général la repousse prend entre 3 et 6 mois et parfois certains patients ne retrouvent pas complètement toute leur chevelure.
Le gène Shh à un rôle majeur dans la formation d'organes tels que le cerveau, le cœur, les poumons et le squelette.

Lors de l'expérience sur des souris, les chercheurs ont injecté ce gène à l'aide d'un adénovirus dans la peau de souris ayant perdu leurs poils suite à un traitement de chimiothérapie.

Deux semaines plus tard sont apparues des follicules pileux en phase active de croissance.D'après ces chercheurs il s'agit d'une avancée qui permettra de réaliser un traitement qui accélèrera la repousse capillaire après traitement d'une chimiothérapie.
- source : http://www.courriermedical.com/2001122806.shtml

curiosité de lecture : Dupuytren (le baron, le musée, la maladie)

En lisant Franck Thilliez...
Me fait penser aux cabinets de curiosités du XIXème siècle... au cirque Barnum... et éléphant-man (d'ailleurs cité dans le roman).


La maladie de Dupuytren touche beaucoup plus souvent l'homme que la femme, et le plus souvent après 40 ou 50 ans.

Généralement indolore, cette maladie de la main touche la paume et/ou la face palmaire des doigts, le plus souvent l’annulaire et l’auriculaire.
Elle se traduit au début par des indurations, des nodules, des cordes, des brides sous la peau. Il peut aussi exister des petits creux ou des plis de la peau (« ombilications »). Avec le temps, peut apparaître progressivement un déficit d’extension des doigts atteints, qui peuvent toujours se fermer normalement, mais ne peuvent plus s’étendre complètement.
A un stade évolué, le bout du (ou des) doigt(s) atteint(s) peut se mettre en hyper-extension permanente. Tout cela suffit à établir le diagnostic, qui ne nécessite ni radiographie, ni aucun examen complémentaire.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la maladie de Dupuytren ne concerne pas les tendons de la main. Elle est liée à une rétraction progressive de
« l’aponévrose palmaire », qui est une structure fibreuse située entre les tendons fléchisseurs et la peau. Souvent normale au début, la peau peut finir aussi par s’indurer, se rétracter et adhérer à l’aponévrose qu‘elle recouvre.

Le baron Guillaume Dupuytren, né à Pierre-Buffière (Haute-Vienne) le 6 octobre 1777 et mort à Paris le 8 février 1835, est un anatomiste et chirurgien militaire français. Il a laissé son nom à une contracture qu'il a décrite en 1831.

Il est nommé à 18 ans
prosecteur de la Faculté de Paris et, à 24 ans, chef des travaux anatomiques.
Il est professeur de médecine opératoire en 1812, chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu en 1815.
Il est également inspecteur général de l'Université en 1808, baron en 1816 et premier chirurgien du roi. Il est élu membre de l'Académie des sciences en 1825.

Dupuytren fut avant tout professeur et praticien.
Il a exécuté et perfectionné presque toutes les opérations chirurgicales. On lui doit plusieurs opérations nouvelles au XIXe siècle, notamment la cicatrisation de l'intestin dans les hernies étranglées.

Il amassa une grande fortune, que l'on estime à 3 000 000 francs en
1830. Il en offrit le tiers à Charles X exilé. Il légua à la Faculté une somme de 200 000 francs, qui servit à la fondation d'une chaire d'anatomie pathologique et à la création d'un musée anatomique, nommé en son honneur le Musée Dupuytren.

Dupuytren contribua à plusieurs articles dans le Dictionnaire de médecine et il est l'auteur de mémoires sur les anus contre nature, sur la ligature des principaux troncs artériels et sur la fracture du péroné.La tombe de Guillaume Dupuytren se trouve au cimetière de l'Est parisien (Père Lachaise), 38 ème division.- source : wikipédia

Le musée Dupuytren est un musée d'anatomie pathologique de Paris créé en 1835 par Mathieu Orfila.
Il se trouve au 15 rue de l'École-de-Médecine, dans l'enceinte de ce qui fut longtemps la Faculté de Médecine de Paris et est maintenant la Faculté de Médecine Paris-Descartes.
Il a été nommé d'après le nom de l'anatomiste et chirurgien français Guillaume Dupuytren.
Les collections occupent depuis 1967 un pavillon de l'ancienne école pratique. Elles furent installées en ce lieu plus de 130 ans après l'ouverture du musée.

C'est en effet en 1835 que fut fondé le musée Dupuytren.
Sa création a été contemporaine de l'institution de la chaire d'anatomie pathologique de la Faculté de médecine de Paris.

Guillaume Dupuytren, professeur de médecine opératoire à la Faculté de médecine de Paris, avait destiné une partie de sa fortune à l'instauration d'une chaire d'anatomie pathologique. Bien que très important, le legs n'était pas suffisant pour permettre l'institution d'une chaire, et le doyen Orfila persuada Dupuytren de consacrer son legs à la création d'un musée d'anatomie pathologique, s'engageant par ailleurs à faire financer par le gouvernement la chaire d'anatomie pathologique dont la nécessité était manifeste.
L'année même de la mort de Dupuytren, la chaire fut créée pour son élève Jean Cruveilhier (1791-1874) et le musée Dupuytren fut installé dans le réfectoire du couvent des Cordeliers ; il avait été utilisé pendant la révolution comme lieu de réunions politiques, connu sous le nom de Club des Cordeliers.

Le fonds initial du musée fut constitué avec diverses pièces, dont certaines provenaient du Collège royal de chirurgie, tandis que d'autres avaient été présentées à la Société anatomique de Paris durant le premier quart du
XVIIIe siècle à l'époque où Dupuytren et Laennec s'en partageaient la présidence.

Le premier catalogue du musée rédigé par Charles-Pierre Denonvilliers (1808-1872) et Lacroix, entre 1836 et 1842, recensait un millier de pièces. En 1877, Houel publia un nouveau catalogue en cinq tomes illustrés de photographies qui recensait 6000 pièces.
Le catalogue resta incomplet, le tome VI consacré à la tératologie ne fut jamais publié.
L'entreprise de Houel, qui marque sans doute l'apogée du musée, coïncida avec le début de son déclin. En 1877, en effet, l'anatomie pathologique macroscopique avait perdu beaucoup de son importance dans la recherche médicale et cédait le pas à l'histopathologie, à la microbiologie et à l'immunologie naissante.

Le musée commença à péricliter, malgré l'apport de certaines collections, comme celle des pièces osseuses d'Odilon Lannelongue (1840-1911) et son entretien devint de plus en plus problématique.

En 1937,
Gustave Roussy, bien qu'il fût le titulaire de la chaire d'anatomie pathologique, dut prendre, en tant que doyen, la décision d'évacuer le musée Dupuytren devenu dangereux. Les vitrines du musée furent démontées et les pièces entassées dans des caves situées au voisinage de la chaufferie, où elles se couvrirent peu à peu d'une épaisse poussière de charbon. Il en résulta des destructions et des disparitions multiples, et le fonds subit des dégâts irréparables.

La décision de réinstaller le musée en 1967 dans les locaux de l'ancienne Faculté de médecine fut prise par Jacques Delarue (1901-1971) dernier titulaire de la chaire, à l'instigation de son agrégé René Abelanet, actuellement conservateur honoraire du musée Dupuytren, après en avoir été le conservateur pendant 25 ans.
Une grande partie des pièces rescapées furent disposées dans des vitrines modernes, une partie des pièces osseuses allant à l'hôpital Cochin où René Abelanet était chef de service.
On profita de cette occasion pour joindre au musée les pièces rassemblées par Antonin Gosset (1872-1944) à la clinique chirurgicale de la Pitié-Salpétrière.
Deux pièces attenantes à la salle d'exposition, reçurent les archives de la Société anatomique de Paris et ce qui restait de sa bibliothèque, ainsi que le fonds Déjerine.

Actuellement, le musée est ouvert au public pendant les jours ouvrables, mais le potentiel qu'il pourrait représenter pour les recherches d'histoire de la médecine n'est que très imparfaitement utilisé, faute de moyens.
Il n'existe en effet aucun inventaire fiable des pièces du musée, un grand nombre d'étiquettes ayant été détruites lors des différents déménagements. Il n'y a pas davantage d'inventaire des livres de la bibliothèque. - source wikipédia

curiosité de lecture : Chat de Schrödinger

en lisant Franck Thilliez...
en règle générale, j'aime assez cet auteur, mais là vraiment, grosse prise de tête !
Déjà qu'il nous parle de film et série télé... que je ne connais pas... enfin entendu parler (lost, dr House, etc)...
En plus on a droit de de la physique quantique, des "monstres", des déviances, des maladies rares, etc...
Enfin, ça m'entraine dans des recherches... me demande ce que je vais bien pouvoir découvrir d'autre...


L'expérience du chat de Schrödinger fut imaginée en 1935 par le physicien Erwin Schrödinger, afin de mettre en évidence des lacunes supposées de l'interprétation de Copenhague de la physique quantique, et particulièrement mettre en évidence le problème de la mesure.

La
mécanique quantique est relativement difficile à concevoir car sa description du monde repose sur des amplitudes de probabilité (fonctions d'onde). Ces fonctions d'ondes peuvent se trouver en combinaison linéaire, donnant lieu à des « états superposés ». Cependant, lors d'une opération dite de « mesure » l'objet quantique sera trouvé dans un état déterminé ; la fonction d'onde donne les probabilités de trouver l'objet dans tel ou tel état.

C'est la mesure qui perturbe le système et le fait bifurquer d'un état quantique superposé (atome à la fois intact et désintégré par exemple… mais avec une probabilité de désintégration dans un intervalle de temps donné qui, elle, est parfaitement déterminée) vers un état mesuré. Cet état ne préexiste pas à la mesure : c'est la mesure qui semble le faire advenir.

Toutefois, la notion de mesure ou de bifurcation n'apparaît pas explicitement ni même indirectement dans le formalisme quantique, et les tentatives d'en faire surgir cette notion se heurtent à d'extrêmes difficultés.
En conséquence, certains physiciens n'accordent aucune réalité physique au concept de mesure ou d'observation. Pour eux, les états superposés ne s'effondrent (ou ne « bifurquent ») pas, et l'état mesuré n'existe pas réellement (voir par exemple : Hugh Everett).

C'est pour faire apparaître le caractère paradoxal de cette position et pour poser de manière frappante le problème, que
Schrödinger a imaginé cette expérience de pensée.


On met à l'intérieur d'une boîte :
un chat
une fiole de poison
un atome d'uranium

*
un système prévus pour briser la fiole si le noyau se désintègre par radioactivité

*

On ferme la boîte pendant 5 min et on suppose que pendant ce laps de temps, il y a une chance sur deux pour que le noyau d'uranium se désintègre. On a donc une chance sur deux pour qu'à la fin de l'expérience en ouvrant la boîte, le chat soit mort, et une chance sur deux pour qu'il soit vivant.

*
La question est : quel est l'état du chat juste avant l'ouverture de la boîte ?

La réponse naïve à cette question est que le chat est, soit mort, soit vivant (avec autant de chances pour l'un que pour l'autre), l'information nous étant cachée par la boîte close.

Or les mathématiques nous donnent un critère, dénommé "inégalités de Bell", qui permet avec certaines expériences, de déterminer s'il y a ou non de l'information cachée dans un système.

Or des expériences de physique atomique, ont montrées que la mécanique quantique violait les inégalités de Bell.

Ainsi, il n'y a pas (dans le contexte de la mécanique quantique) d'information cachée dans la boîte.En ce qui concerne l'état du chat juste avant l'ouverture de la boîte, la réponse de la mécanique quantique, est que le chat est à la fois vivant et mort. Lorsque l'on ouvre la boîte, on "mesure" l'état du chat, ce qui a pour effet de le projeter soit dans la vie soit dans la mort.

C'est le principe de superposition d'états et de projection : un système quantique peut être dans "plusieurs états à la fois" mais est projeté dans l'un de ces états si on le mesure (la projection est aléatoire avec des probabilités qui reflètent le poids des différents états dans la superposition).

Juste avant l'ouverture de la boîte, le chat est mort-vivant en étant autant vivant que mort.

Mais juste après la fermeture de la boîte, le chat est mort-vivant mais en étant beaucoup plus vivant que mort (la probabilité que le chat soit en vie est beaucoup plus forte juste après la fermeture, le poids de l'état de vie est plus fort). Ainsi au cours du temps, la superposition de vie et de mort évolue. - source : http://www.obs-besancon.fr/publi/DavidViennot/Vmq_chat.htm

Allez, une aspirine et au lit.

mais si vous voulez en savoir plus... faites un tour par wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Chat_de_Schr%C3%B6dinger

mardi 23 juin 2009

Franck Thilliez - l'anneau de Moebius

Encore un thriller...


trouvé en musant à la bibliothèque...
comme si je n'avais pas assez de livres en attente !

commencé hier soir. Pour le moment, je ne sais trop quoi en penser... assez confus.
Pour le moment je m'interroge surtout sur le titre... ce qui nous donne un détour par Lacan...
*
En topologie, le ruban de Möbius (aussi appelé bande de Möbius ou anneau de Möbius) est une surface fermée dont le bord se réduit à un cercle.
Elle a la particularité d'être réglée et non-orientable.
Cette surface a été décrite indépendamment en 1858 par les mathématiciens August Ferdinand Möbius (1790-1868) et Johann Benedict Listing (1808-1882). Le nom du premier fut retenu grâce à un mémoire présenté à l'Académie des sciences à Paris. On trouve également les dénominations de bande, anneau ou ceinture de Möbius ou, abusivement et phonétiquement, de Moebius, notamment dans les traductions.

Il est facile de visualiser la bande de Möbius dans l'espace : un modèle simple se réalise en faisant subir une torsion d'un demi-tour à une longue bande de
papier, puis en collant les deux extrémités. Si l'on coupe le ruban en deux dans le sens de la longueur, on obtient un anneau unique, vrillé, mais qui possède deux faces distinctes et deux bords distincts.Si on le recoupe dans le sens de la longueur, on obtient... deux anneaux distincts, vrillés et entortillés l'un sur l'autre.

Le ruban de Möbius alimente également, de par sa particularité, des débats en
philosophie. Les spéculations dont il peut faire l'objet ont ainsi inspiré le psychanalyste Jacques Lacan.


Lamorlaye, Oise.

Vous rêvez. Vous vous voyez courir dans votre maison, les mains en sang. La police vous recherche pour le meurtre d'une gamine que vous ne connaissez pas. Vous vous réveillez. Et vous comprenez que ces rêves sont votre futur.

Vous, dans quelques jours…
Saint-Ouen, Seine-Saint-Denis.
Le corps mutilé d'une femme, enduit de vinaigre. Il semble avoir fait l'objet d'un rituel bien précis. Pour Victor Marchal, jeune lieutenant de police tout juste sorti de l'école, la descente aux enfers commence.Aucune relation entre ces deux histoires, a priori.

Et pourtant…

L'auteur déclare « dans mon roman, le temps est traité comme une dimension aussi importante que les dimensions spatiales, et avec la même rigueur ».

le blog de l'auteur : http://www.franckthilliez.com/


Commentaire par Patrick Galmel le 1er octobre 2008
Vic Marchal est un jeune flic tout frais émoulu de l'école de police ; il est celui que ses collègues surnomment "V8", à cause du piston supposé exercé par son père. Particulièrement bien noté à son examen, il a rejoint la Crim' à Paris. Sa première affaire le mène sur une scène de crime particulièrement atroce : une jeune femme a été torturée sur son lit. Il s'agit d'Anabelle Leroy, ex-star du porno. L'enquête se recentre vite autour des pratiques sexuelles de la victime.Stéphane Kismet est un plasticien reconnu, un maquilleur de génie qui travaille pour le cinéma et fabrique des monstres, des masques, des crimes sanglants. Fasciné par le morbide, atteint de régulières crises de somnambulisme, il annihile ses rêves à coups de calmants. Pourtant, l'un d'eux parvient jusqu'à sa mémoire. Un rêve étrange en forme de cauchemar, le mettant en scène, extrêmement précis…Stéphane va enquêter sur ses rêves. Victor sur le meurtre d'Annabelle. Et le second va bientôt entendre parler du premier dans une auberge isolée qui sert de lieu de rendez-vous aux amateurs de monstruosité.Franck Thilliez construit son intrigue sur plusieurs éléments fondamentaux qu'il trame ensuite dans un récit cohérent. Ici, il aborde une paraphilie (déviance sexuelle) bien particulière, peu connue mais pourtant bien réelle, qu'on appelle l'acrotomophilie et qui consiste à rechercher comme partenaire(s) des personnes amputées. Il inscrit ce particularisme dans le crime qui ouvre son roman, dans le personnage d'Anabelle Leroy qu'il rapproche — pour faire bonne mesure (?) — du milieu pornographique et sado-masochiste.Parallèlement, on entre dans une sorte d'univers fantastique où un homme rêve son propre futur, naturellement angoissant. Il s'agit de meurtre, de sang. D'ailleurs, Stéphane — puisqu'il s'agit de lui — baigne dans un univers particulier : plasticien, il élabore les cadavres, les victimes, les maquillages qu'on retrouve dans le cinéma d'horreur. C'est aussi un personnage au passé trouble, atteint de somnambulisme, responsable de plusieurs accidents mortels, traité aux neuroleptiques…On peut se laisser porter, emporter par le récit — après tout, Franck Thilliez est un conteur d'histoires qui sait y faire — mais il arrive aussi qu'on bute dans sa mise en place sur quelques traces de collage un peu trop visibles. Ou alors peut-être ai-je l'esprit trop cartésien, mais il me semble que ce qui provoque l'angoisse recherchée est ce jeu sur la frontière entre l'incroyable et le plausible, difficile à tenir. Peut-être aussi le côté technique du récit, précis, scientifique, très documenté (ce qui est appréciable), mais parfois un peu trop appuyé, pas assez dilué dans le récit, vient-il troubler cette montée en puissance.Reste qu'au final, arrivé au tiers du récit, l'enthousiasme de Franck Thilliez, son évidente "bonne foi", font que la machine se met véritablement en branle, et qu'il embraye enfin sans ratés. Lui y croit à toutes ces histoires impossibles, alors pourquoi pas nous ? Et vous voilà scotché dans ce voyage improbable (?) à travers le temps, l'espace et la douleur, dans cette infernale course-poursuite, et encore une fois, se jouant des réticences, c'est lui qui gagne la partie.« Stéphane aime le noir, le bizarre, avoir peur et faire peur. Il est continuellement à la recherche de nouvelles sources d'inspiration, pour créer ses monstres. Il ne se base pas uniquement sur l'imaginaire, il puise aussi dans la nature humaine, ses multiples dysfonctionnements. S'il devait descendre aux enfers pour découvrir le véritable visage du diable, je vous garantis qu'il le ferait. »S'il ne s'agit pas d'une profession de foi, en tout cas ça y ressemble beaucoup…-http://www.polarnoir.fr/livre.php?livre=liv786
*Autres commentaires...

Le suspense est haletant. Dès la première page j'ai été happée par l'histoire. Des meurtres bien sanglants, une enquête passionnante, des personnages dont on a envie de connaître le destin. Il y a un soupçon de fantastique, l'histoire est vraiment bien construite.
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illustration : "la lectrice" de Maria Teresa Aroz Ibanez