Affichage des articles dont le libellé est justice. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est justice. Afficher tous les articles

mercredi 9 septembre 2009

Pierre Péan poursuivi pour diffamation raciale

Autre plainte pour racisme, vue sur le nouvel-obs...
Le journaliste est poursuivi, en appel, après la publication d'un ouvrage sur le génocide rwandais.
Pierre Péan (Sipa)
.
Le procès en appel de l'écrivain et enquêteur Pierre Péan, poursuivi pour diffamation raciale et provocation à la discrimination raciale à la suite de son ouvrage sur le génocide rwandais, "Noires fureurs, blancs menteurs" s'ouvre mercredi 9 septembre devant la cour d'appel de Paris.
.
Pierre Péan avait été relaxé en novembre dernier par le tribunal correctionnel de Paris. Son ouvrage était consacré au génocide rwandais, qui en 1994 a fait selon l'ONU 800.000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsie. Après la parution, SOS Racisme avait déposé une plainte avec constitution de partie civile en octobre 2006. Le ministère public avait lui-même décidé de poursuivre l'écrivain et son éditeur.
.
Pierre Péan s'était vu reprocher de reprendre dans son ouvrage les accusations attribuant aux Tutsis une "culture du mensonge et de la dissimulation".

Culture du mensonge
Le tribunal a finalement estimé "que la formulation 'culture du mensonge et de la dissimulation', aussi brutale qu'elle puisse apparaître, spécialement pour les victimes d'un génocide, ne peut être considérée comme l'imputation d'un fait précis visant à jeter le discrédit sur l'ensemble des Tutsis".
.
Les juges ont souligné en outre "que si l'auteur attribue principalement aux Tutsis ce particularisme culturel, il le prête également aux Hutus et plus généralement aux Rwandais". (Nouvelobs.com)
Au printemps 1994, le monde est stupéfié par les images du déchaînement de fureur et de violence qui s'est emparé d'un petit pays africain, au cœur de larégion des Grands Lacs, le Rwanda : les corps d'hommes, de femmes et d'enfants tués à la machette, les charniers dans des villages vidés de leurs habitants, les figures des rescapés horriblement mutilés et traumatisés, les populations fuyant vers l'ouest...
.
Jamais le continent noir n'avait connu des massacres d'une telle ampleur.
.
Très vite, les médias opposent victimes, les Tutsis, et bourreaux, les Hutus ; et ils désignent les coupables de cette folie meurtrière sans précédent, qualifiée degénocide : la communauté internationale, qui n'a rien fait, dont la mission (Minuar) a même réduit ses effectifs à la veille de l'embrasement général du pays ;
.
et, en premier lieu, la France, soutien du président Habyarimana, qui aurait formé les milices Interahamwe qui ont traqué systématiquement les Tutsis.
.
Son opération militaire (Turquoise), décidée tardivement, n'aurait servi qu'à masquer sa compromission " néo-colonialiste " avec le régime génocidaire. Ainsi l'histoire se fige-t-elle dans une version voulue et imposée par le vainqueur : PaulKagame, le " libérateur ", chef des rebelles tutsis du Front patriotique rwandais (FPR).
.
Cependant, cette thèse présente une taille : le déclenchement des massacres, au lendemain de l'attentat du 6 avril 1994, au cours duquel l'avion du président rwandais fut abattu. Qui a tué Juvénal Habyarimana, président du Rwanda ?
.
La question resurgit aujourd'hui, plus de dix ans après les faits, mais cette fois-ci elle trouve une réponse : des mercenaires à la solde du FPR de Kagame, selon lejuge Bruguière, qui s'apprête à clore son instruction. Ce ne sont donc pas les extrémistes hutus du régime Habyarimana qui ont prémédité ce coup d'État et ses monstrueuses conséquences.
.
Ainsi toute l'histoire du génocide serait-elle à reconsidérer, et Paul Kagame, aujourd'hui président du Rwanda, apparaîtrait-il comme le plus grand criminel de guerre en vie.
.
Pierre Péan démontre que le génocide de 1994 ne fut qu'unépisode dans une guerre civile et régionale ignorée, plus meurtrière encore, voulue depuis octobre 1990. Le FPR était prêt à tout pour conquérir le pouvoir à Kigali, y compris à sacrifier Hutus et Tutsis.

mardi 13 janvier 2009

Le Brésil accorde l'asile à Cesare Battisti

JUSTICE

L'ancien activiste italien s'était réfugié au Brésil où il avait été arrêté et écroué dans l'attente d'une éventuelle extradition.

Le ministre brésilien de la Justice Tarso Genro a décidé d'accorder le statut de réfugié politique à l'ex-activiste italien d'extrême gauche, Cesare Battisti, dont l'extradition était réclamée par l'Italie où il a été condamné pour quatre assassinats, a annoncé, mardi 13 janvier, le ministère

."Le ministre de la Justice Tarso Genro a décidé en faveur de l'octroi du statut de réfugié à l'Italien Cesare Battisti en raison de l'existence fondée d'une crainte de persécution" en raison de ses opinions politiques, a indiqué le ministère dans un communiqué publié dans la nuit.Cesare Battisti, 52 ans, après avoir fui la France en 2004, s'était réfugié au Brésil où il avait été arrêté en 2007 et écroué dans l'attente d'une éventuelle extradition vers l'Italie.

"Je serais assassiné"

Dans un entretien publié le week-end dernier dans l'hebdomadaire Epoca, il avait affirmé craindre pour sa vie s'il était extradé. "Je suis certain que si je vais en Italie, je serais l'objet de vengeance. Je serais assassiné", avait-il assuré.

Il avait appelé Tarso Genro, "qui a lui-même personnellement souffert de la répression politique quand il était militant" sous la dictature militaire (1964-1985), à refuser son extradition.

Le ministre de la Justice est allé à l'encontre d'une décision du Comité national pour les réfugiés du Brésil, où siègent notamment des représentants du Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés, qui avait rejeté le 28 novembre sa demande de réfugié politique, ce qui ouvrait la voie à son extradition.

Jusqu'alors, le Brésil avait toujours refusé les demandes d'extradition vers l'Italie d'anciens activistes italiens, notamment des Brigades Rouges, considérant qu'ils étaient poursuivis pour des délits de nature politique.

Mais en avril, le Procureur général de la République, Antonio Fernando Souza, avait rendu un avis favorable à la demande d'extradition de Battisti, refusant de considérer ses crimes comme "politiques".

Il avait estimé "qu'ils avaient été marqués par une certaine froideur et un certain mépris pour la vie humaine".

Condamné à la perpétuité

Condamné à la prison à perpétuité par contumace dans son pays pour l'assassinat de quatre personnes entre 1977 et 1979, Battisti avait été arrêté à Rio de Janeiro en 2007 et écroué à Brasilia, dans l'attente d'une décision de la justice brésilienne sur la demande d'extradition déposée par l'Italie.

Battisti, qui nie avoir participé aux quatre homicides dont il est accusé, était en fuite depuis août 2004.

Il avait quitté clandestinement la France, où il avait trouvé refuge en 1981 sous la présidence du président socialiste François Mitterrand, peu avant que la justice française ne donne le feu vert à son extradition vers l'Italie en octobre 2004.
source : NOUVELOBS.COM 14.01.2009 08:25

illustration : Cesare Battisti (Sipa)

A lire :

La vérité sur Cesare Battisti de Fred Vargas

" Déni de droit, non respect de la parole de la France et désinformation, tout oblige à lever le voile sur l'affaire Cesare Battisti et sur l'homme, afin que chaque Français puisse atteindre, de manière objective et par l'usage de la Raison chère à Voltaire, à la vérité qui lui est scellée.


Cet ouvrage, recueil de textes et de documents, met en évidence, par la seule présentation des faits et loin de toute polémique partisane, combien l'extradition de Cesare Battisti constituerait une injustice profonde pour l'homme, un affront à l'honneur de notre pays et de ses citoyens, et une faute gravissime au regard de l'Histoire. " Fred Vargas

vendredi 5 décembre 2008

Manuscrits de Cioran : la justice donne raison à la brocanteuse


Dans l'affaire dite des manuscrits de Cioran, le tribunal de grande instance de Paris a jugé, mercredi 3 décembre, que la chancellerie des universités de Paris, représentant la bibliothèque Jacques-Doucet, était "dépourvue de tout droit sur les manuscrits litigieux qu'elle revendique".


Simone Baulez, une brocanteuse qui, en débarrassant l'appartement de la veuve de l'écrivain roumain, avait découvert 34 cahiers comprenant plusieurs versions de De l'inconvénient d'être né, ainsi qu'un journal inédit d'Emil Cioran, de 1972 à 1980, "pourra disposer librement" de ces fameux manuscrits".


La justice a estimé que "ces manuscrits ne sont jamais entrés dans le patrimoine de la chancellerie." Cette dernière est même condamnée à payer 4 500 € à Mme Baulez.


Le jugement est exécutoire d'office, mais la partie déboutée peut faire appel.


En 2005, c'est pour éviter une première vente aux enchères que la justice avait été saisie. Depuis, l'estimation de ces documents est passée de 150 000 € à plus d'un million d'euros. -Alain Beuve-Méry-LE MONDE 04.12.08 15h22