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lundi 12 juillet 2010

Patrick Modiano - l'horizon

Voilà, commencé et terminé le dernier Modiano... séduite comme toujours par son style simple et limpide... comment ne pas l'aimer !
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Mais voilà, juste un petit problème, je n'ai pas compris l'histoire... recherche du temps perdu ? nostalgie ? Bien l'impression d'être entrée dans un labyrinthe et de m'y être perdue...
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J'ai donc dû passé à côté de quelque chose et cela me gêne... donc, relecture prévue fin août... pour ne pas rester sur une impression de flou...
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illustration : suprlipopette
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«Depuis quelque temps, Bosmans pensait à certains épisodes de sa jeunesse, des épisodes sans suite, coupés net, des visages sans noms, des rencontres fugitives. Tout cela appartenait à un passé lointain, mais comme ces courtes séquences n’étaient pas liées au reste de sa vie, elles demeuraient en suspens, dans un présent éternel.»
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Dès ces premières lignes placées sous l’égide de la fuite du temps, le nouveau roman de Patrick Modiano manifeste son appartenance à une oeuvre sérielle, reprenant à la manière d’une ritournelle les mêmes thèmes, interrogations, types de personnages - avec un charme toujours renouvelé.
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Écrivain remontant le cours de souvenirs épars, à la recherche d’une femme disparue dont il ne sait presque rien, Jean Bosmans mène une enquête flottante, au gré d’une mémoire à éclipses.
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Il ne bénéficie pas de l’expérience professionnelle d’un détective privé, comme Guy Roland dans Rue des Boutiques Obscures ou Pierre Caisley dans Dans le café de la jeunesse perdue ;
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il n’a pas non plus le désir de pister documents et archives (même vides) qui fait tendre Dora Bruder vers la micro histoire. Il n’en ressemble pas moins à tous ces hommes modestes et incertains, en marge du monde et de la vie, qui peuplent les livres de Modiano et nous déroulent sur un ton dépouillé, troué de non-dits, des aventures aux contours si tremblés qu’elles semblent issues d’un songe.
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Celle que Bosmans s’efforce de faire ressurgir du néant, Margaret Le Coz, convoque elle aussi dans son sillage toutes les figures féminines qui l’ont précédée au sein de la toile tissée par l’auteur d’Accident nocturne depuis son premier texte, chacun de ses romans renvoyant aux autres et réciproquement.
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Denise engloutie dans les neiges de l’amnésie de Rue des Boutiques Obscures, Yvonne qui manque au rendez-vous dans Villa triste, Ingrid suicidée dans Voyage de noces, tout comme Louki à la fin de Dans le café de la jeunesse perdue.
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Toutes ces femmes évanouies s’inscrivent en filigrane de Margaret, qui prit un train pour ne jamais revenir, laissant sans nouvelles l’homme qui songe à elle quatre décennies après les faits, tandis qu’il tente de saisir dans un même mouvement celui et celle qu’ils furent, la quête de l’autre étant inséparable de la quête de soi chez Modiano.
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L’écrivain a souvent déclaré se retrouver davantage dans ses héroïnes que dans ses narrateurs.
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Ce sentiment d’empathie transparaît ici symboliquement à travers le lien noué entre ses deux personnages après un rapprochement né d’un hasard, leur intimité pareille à celle que ressentent des voyageurs dans un train de nuit, leur reconnaissance moins amoureuse que fraternelle, le temps de quelques cafés, promenades, mots échangés dans le Paris des années 1960, vingt ans après une guerre dont l’ombre continue de planer, insensiblement.
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Française née à Berlin, Margaret est poursuivie par un homme aux motifs obscurs, dénommé Boyaval, qui lui a fait quitter Annecy pour la Suisse, puis la Suisse pour Paris, où elle erre d’un petit emploi à un autre en se cachant.
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Travaillant vaguement aux «éditions du Sablier», Bosmans tâche d’éviter le couple improbable et agressif formé par sa mère et son compagnon aux allures de prêtre défroqué, qui lui réclament de l’argent chaque fois qu’ils le croisent.
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Ce que Margaret et Bosmans ont en commun, c’est la solitude, le déracinement, l’absence d’ancrage: «Ils n’avaient décidément ni l’un ni l’autre aucune assise dans la vie. Aucune famille. Aucun recours. Des gens de rien.»
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De là vient leur angoisse jumelle, leur sourde inquiétude, leur hésitation à vivre qui pousse le récit vers l’épure, avec son intrigue ténue, ses scènes fragmentées, ses phrases mates qui veulent restituer le fantôme d’une présence, esquisser plutôt que peindre, ne se raccrochant guère qu’à quelques adresses et numéros de téléphone pour exister.
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Une dimension topographique habituelle chez Modiano, où la carte des lieux qu’arpentent ses héros porte en elle l’empreinte d’une autre carte, celle d’une identité égarée: «Il suffisait d’entrer, de suivre le couloir jusqu’au bureau de la réception et de demander le numéro de la chambre de Margaret. Il devait bien rester des ondes, un écho de son passage dans cet hôtel et dans les rues avoisinantes.»
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Au paysage urbain et existentiel se superpose le paysage littéraire, avec cette invitation permanente à (re)parcourir les autres textes de Modiano.

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L’Horizon ouvre cependant une perspective nouvelle, visible dès son titre qui, contrairement aux précédents (Du plus loin que l’oubli, Fleurs de ruine...), suggère la projection plutôt que le repli sur le passé.
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Dans ce livre, l’écriture n’est plus seulement le vecteur des choses enfuies et enfouies. Lorsque Bosmans corrige les pages dactylographiées de son premier roman, il lui semble «atteindre un carrefour de sa vie, ou plutôt une lisière d’où il pourrait s’élancer vers l’avenir. Pour la première fois, il avait dans la tête le mot : avenir, et un autre mot : l’horizon. Ces soirs-là, les rues désertes et silencieuses du quartier étaient des lignes de fuite, qui débouchaient toutes sur l’avenir et l’HORIZON».
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Pour la première fois, rien n’a changé et tout a changé dans ce nouveau livre de Modiano, qui se veut plus qu’un mémorial autour d’un centre absent. Si les creux sont comme toujours plus nombreux que les pleins, si le silence de Margaret et son mystère font écho au «pauvre secret» que Dora Bruder emporta dans sa tombe, les voies du roman semblent ici offrir une issue, au lieu de l’impasse à laquelle elles ont toujours abouti jusque-là. «C’étaient toujours les mêmes mots, les mêmes livres, les mêmes stations de métro», observe Bosmans/Modiano.
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Et pourtant. Jamais l’auteur n’a été si près de briser le cercle de l’«éternel retour» qui fascinait l’un des héros de Dans le café de la jeunesse perdue, de quitter l’ombre pour rejoindre la lumière, le réel, le présent et retrouver - peut-être - ce qui a été perdu. - http://www.magazine-litteraire.com/content/critiques/article.html?id=15587
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http://www.maglm.fr/post/2010/04/05/L-horizon.-Patrick-Modiano Mais reste toujours le mystère de l'écriture de Modiano, cette simplicité, ce style apparemment plat dont on se demande comment peuvent sortir autant de reliefs, autant de récifs auxquels le lecteur s'accroche fermement, se découvrant peut-être parfois dans l'atmosphère et le miroir des personnages de Patrick Modiano.
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http://hop.over-blog.com/article-patrick-modiano-l-horizon-48015831.html Et si "L’horizon" n’est pas le plus fluide ou le plus saisissant des livres de Modiano, avec des personnages peut-être moins forts que dans ses précédents romans, il n’en reste pas moins un livre élégant, à l’écriture très douce, qui s’inscrit parfaitement bien dans son oeuvre.
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http://librairiegraffiti.wordpress.com/2010/05/17/lhorizon-de-patrick-modiano/ Variations sur le temps qui passe, la jeunesse et les occasions perdues, ou encore sur la difficulté des êtres à se rencontrer, les romans de Modiano possèdent un charme fou, auquel celui-ci n’échappe pas.
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http://sebastienfritsch.canalblog.com/archives/2010/04/30/17522852.html J'avais eu l'impression, lors de mon premier passage, d'avoir raté quelques détails du parcours. Alors je suis reparti, ... bien mon impression aussi... finalement assez rassurant de n'être pas la seule...

jeudi 24 juin 2010

menus propos et retour de bibliothèque


Bonjour tout le monde,
Je suppose que vous vous êtes doutés que mes promesses de lectrice ne pourraient pas être tenues... triste à dire, mais je n'ai pas su résister à la tentation...
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"liseuse" de Roberto Rigon (Lali)

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Le 5e règne de Maxime Chattam
arrivée page 158... pour l'instant j'aime toujours... c'est gentil et agréable, une lecture facile avant de se plonger dans des livres un peu plus... compliqués.
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Et voilà donc ceux pour qui j'ai craqué... mais j'ai des excuses...

Hypothermie de Arnaldur Indridason
294 pages ISBN-10: 2864247232
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Pour effacer la mauvaise impression d'"hiver arctique"...
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Un soir d'automne. Maria est retrouvée pendue dans son chalet d'été sur les bords du lac de Thingvellir. Après autopsie, la police conclut à un suicide.
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Quelques jours plus tard, Erlendur reçoit la visite d'une amie de cette femme qui lui affirme que ce n'était pas "le genre" de Maria de se suicider et qui lui remet une cassette contenant l'enregistrement d'une séance chez un médium que Maria était allée consulter pour entrer en contact dans l'au-delà avec sa mère.
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Celle-ci lui avait promis de lui envoyer un signe. Au pays du fantastique et des fantômes, aussi dubitatif que réticent, le commissaire Erlendur, troublé par l'audition de la cassette, se sent obligé de reprendre l'enquête à l'insu de tous. II découvre que l'époux de Maria n'est pas aussi fiable qu'il en a l'air et ses investigations sur l'enfance de la suicidée, ses relations avec une mère étouffante vont le mener sur des voies inattendues semées de secrets et de douleur.
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Obsédé par le deuil et la disparition, harcelé par les frustrations de ses enfants, sceptique devant les croyances islandaises, bourru au coeur tendre, le commissaire Erlendur poursuit sa recherche sur lui-même et rafle tous les suffrages des lecteurs.
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L'horizon de Patrick Modiano
171 pages ISBN-10: 2070128474
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il était sur l'un des présentoirs, seul... comment voulez vous que je résiste a Modiano...
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" Il suivait la Dieffenbachstrasse. Une averse tombait, une averse d'été dont la violence s'atténuait à mesure qu'il marchait en s'abritant sous les arbres.
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Longtemps, il avait pensé que Margaret était morte. Il n'y a pas de raison, non, il n'y a pas de raison. Même l'année de nos naissances à tous les deux, quand cette ville, vue du ciel, n'était plus qu'un amas de décombres, des lilas fleurissaient parmi les ruines, au fond des jardins. "
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Invisible de Paul Auster
293 pages ISBN-10: 2742789200
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Et un Auster, vous auriez résister vous ?
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New York, 1967: un jeune aspirant poète rencontre un énigmatique mécène français et sa sulfureuse maîtresse. Un meurtre scelle bientôt, de New York à Paris, cette communauté de destins placés sous le double signe du désir charnel et de la quête éperdue de justice.
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Superbe variation sur "l'ère du soupçon", Invisible explore, sur plus de trois décennies, les méandres psychiques de protagonistes immergés dans des relations complexes et tourmentées.
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Le vertigineux kaléidoscope du roman met en perspective changeante les séductions multiformes d'un récit dont le motif central ne cesse de se déplacer. On se délecte des tribulations du jeune Américain naïf et idéaliste confronté au secret et aux interdits, tout autant qu'on admire l'exercice de haute voltige qu'accomplit ce très singulier roman de formation.
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Au sommet de son art narratif, Paul Auster interroge les ressorts mêmes de la fiction, au fil d'une fascinante réflexion sur le thème de la disparition et de la fuite.
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Le secret du rabbin de Thierry Jonquet
235 pages ISBN-10: 2841720136
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Deux raisons pour avoir craqué... d'abord je ne résiste pas aux histoires de rabbin... et en plus un Jonquet... que demander de plus pour passer une bonne soirée de lecture...
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En ce jour de 1920, le très savoureux et peu orthodoxe rabbin Mordechai Hirshbaum vient de rendre son âme à Dieu.
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Ses héritiers, des neveux dispersés dans le monde, sont instamment priés de se rendre en Pologne pour venir toucher leur part d'héritage.
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Les quatre cousins sont aussi dissemblables par leur pays et leurs activités :
Moses est gangster à New York,
Léon est un distingué officier français,
David, un bâtisseur du nouvel Israël
et Rachel une bolchevik passionnée.
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Perplexes et ayant décidément d'autres chats à fouetter, aucun d'entre eux n'est vraiment pressé de recueillir l'héritage promis par l'ancêtre. En cette période troublée, annonciatrice d'événements dramatiques, ils finiront quand même par se retrouver, après un véritable parcours du combattant, un soir auprès de l'arbre où est enterré le trésor !
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La petite histoire traversée par la grande, et avec quel génie ! Celui d'un véritable conteur. Ce roman noir, picaresque, émouvant, à l'humour ravageur, dévoile toute l'étendue du talent d'un des meilleurs auteurs du genre.
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Rue du Petit-Ange de Jerome Charyn
354 pages ISBN-10: 2715222262
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petite lecture du monde juif américain... irrésistible pour moi... et puis bien longtemps que je n'ai lu cet auteur...
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Des journalistes commencèrent à faire leur apparition. Isaac fut contraint de tenir une conférence de presse :
« Monsieur le Maire, pouvez-vous nous parler de la constitution de votre équipe municipale ? »
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Le roi ne put faire autrement que de mentir un peu : « Tout ça prend forme... Mon équipe sera en place pour Noël.
- Pouvez-vous nous dire un mot des Knickerbocker boys ? Est-ce une fraction du Ku Klux Klan ?
- Peut-être. Je les détruirai, quels qu'ils puissent être. »
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Le commissaire Sidel vient donc d'être élu maire de New York, mais un mois reste à courir- avant sa prise de fonction. Alors il s'enfonce dans les bas-fonds de la ville, déguisé en clochard et sous le pseudonyme de Geronimo.
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L'idée, c'est d'aller voir de près quels sales coups peut bien préparer le gang des Knickerbocker Boys. Là-dessus resurgit Anastasie, alias Margaret Tolstoï, le grand, le seul amour d'Isaac Sidel, qui a grandi rue du Petit-Ange à Odessa. Elle a fait du chemin depuis et...
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Mais on ne raconte pas un roman de Jerome Charyn. On se laisse emporter, bousculer, charmer, surprendre...
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281 pages ISBN-10: 2221109554
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Jamais entendu parlé de l'auteur, mais le titre a retenu mon attention... et puis si j'aime les histoires de rabbins, j'aime aussi celles de curés... sous condition que ce soit par le biais de l'humour...
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A la fin de son pontificat, Jean-Paul II, très actif dans ce domaine, a eu l'heureuse idée de canoniser sœur Freya, une religieuse belge, connue pour son inlassable dévouement à la cause des plus défavorisés.
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Cette distinction a ravi tous les Belges, et sainte Freya est devenue une gloire nationale. La stupéfaction de Mgr Van Camp est donc totale quand il reçoit un e-mail accusateur, au titre sans ambiguïté : " Freya était une salope. "
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Le corbeau se fait fort de révéler la vie secrète de la religieuse à la presse. La menace est terrifiante. Une erreur de canonisation impliquerait la ruine de l'infaillibilité pontificale, socle sur lequel reposent les dogmes de la foi.
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Il faut par tous les moyens faire taire le corbeau, dont les revendications théologiques sont totalement inacceptables. Mais on peut toujours faire confiance aux ressources inépuisables de l'Eglise catholique...

samedi 2 janvier 2010

La rentrée littéraire promet un programme de belle qualité

J'ai beau dire que je ne me fie plus à la presse pour choisir mes livres... je suis toujours aussi friande d'infos sur le sujet...
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Je lirai probablement Amos Oz, Jacques Chessex, Patrick Modiano, James Ellroy et Pierre Pelot...
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Bien envie de découvrir Richard Millet, dont j'ai beaucoup entendu parler cette année...
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Quant à Yasmina Khadra... son dernier roman m'a vraiment déçue... et en même temps je suis tentée... donc je laisserai faire le hasard en bibliothèque...
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illustration : "la liseuse" d’Ian Ireland
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Jean-Jacques Schuhl,
Amos Oz,
V. S. Naipaul…
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Si la rentrée de janvier s'annonce sous les meilleurs auspices, force est de constater que, avec 491 romans (contre 558 en 2009), la tendance à la baisse enregistrée à l'automne s'accentue.
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Principale victime de cette glaciation : la littérature étrangère, qui enregistre un recul de 21 % avec 167 romans, contre 211 l'an dernier. Soit son plus bas niveau depuis 2001.
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Peut-être doit-on voir là le contrecoup de l'augmentation des droits d'auteur et de traduction, mais aussi le fait que les organisateurs du Salon du livre ont choisi de célébrer les trente ans de la manifestation en invitant non pas un pays mais des écrivains français et étrangers.
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Si la littérature française, de son côté, marque un léger fléchissement avec 324 livres, contre 347 l'an passé, les premiers romans après un automne en demi-teinte repartent à la hausse avec 73 titres, contre 61 en 2009.
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Loin de l'effervescence de septembre et de la tension des prix, cette rentrée hivernale est placée sous le signe de la décrue. Elle n'en offre pas moins un programme de belle qualité.
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Ainsi chez Gallimard, où le retour de Jean-Jacques Schuhl avec Entrée des fantômes, dix ans après son Goncourt pour Ingrid Caven, est déjà annoncé comme l'un des événements de la rentrée.
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Tout comme le nouveau roman de Patrick Modiano, prévu en mars.
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Autres têtes d'affiche : Philippe Sollers avec Discours parfait, le troisième tome de ses articles, chroniques et entretiens ;
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Richard Millet, qui propose un récit et un roman où le Liban tient une grande place ;
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Camille Laurens, qui narre, avec Romance nerveuse, la rencontre d'une romancière et d'un paparazzi,
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ou encore Philippe Djian, dont le nouveau livre, Incidences, paraîtra en février.
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Du côté des filiales de Gallimard, notons la présence d'un autre Goncourt, Gilles Leroy, qui propose, au Mercure de France, Zola Jackson.
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Chez Verticales,
Arnaud Cathrine poursuit son exploration du roman-choral avec Le Journal intime de Benjamin Lorca,
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tandis que Céline Minard, chez Denoël, propose avec Olimpia, un portrait sulfureux de la belle-sœur du pape Innocent X.
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Enfin, chez P.O.L., l'essai de Marie Darrieussecq, Rapport de police : accusation de plagiat et autres modes de surveillance de la fiction pourraient bien susciter quelques polémiques.
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Face à cette escouade, Grasset n'est pas en reste, qui publie le dernier roman de Jacques Chessex (décédé le 9 octobre), Le Dernier Crâne de M. de Sade, "chesséien" en diable.
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Mais aussi Troisième chronique du règne de Nicolas Ier, de Patrick Rambaud,
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l'émouvant roman Le Premier Amour de Véronique Olmi
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ou encore deux recueils de poèmes de Charles Dantzig.
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La maison sœur Fayard n'a pas à rougir d'un programme où l'on retrouvera le délicat Dominique Fabre,
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mais également Claire Castillon,
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et un nouveau Pierre Pelot des plus sanglant.
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En cette rentrée, la palme du recrutement en masse revient incontestablement à
Actes Sud, qui affiche, au côté de Claude Pujade-Renaud, une myriade de transfuges.
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A commencer par Anne Weber (ex-Seuil),
Denis Baldwin-Beneich (ex-Denoël),
Emilie Frèche (Flammarion)
ou encore Véronique Bizot, qui, après des nouvelles chez Stock, publie son premier roman.
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Le Seuil, à l'inverse, joue la carte des auteurs maison avec François Emmanuel,
ou encore Catherine Clément.
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Tout comme l'Olivier, qui poursuit son travail de mise en lumière de jeunes auteurs tels Valérie Zenatti,
ou le drolatique Martin Page.
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Chez Stock, outre l'arrivée de
Catherine Vigourt avec le très autobiographique Un jeune garçon,
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sont également très attendus le dernier roman de Luc Lang, Esprit chien,
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ainsi qu'en février un volumineux et très singulier roman de Marie Billetdoux, C'est encore moi qui vous écris (1968-2008), composé à partir de ses écrits intimes (lettres, bulletins scolaires, critiques de livres…).
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Toujours aussi éclectique, Flammarion offre un programme où se côtoient Diastème, Laurent Seksik, qui évoque de manière romanesque les derniers jours de Stephan Zweig, Brigitte Fontaine ou Andrée Chedid.
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Eternel oublié des prix d'automne, non sans s'en plaindre, Yasmina Khadra, chez Julliard, a donc choisi janvier pour publier L'Olympe des infortunes, une fable philosophique qui rompt avec ses précédents romans.
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Autre grand auteur algérien de cette rentrée, aux éditions de l'Aube, Maïssa Bey. Sous forme épistolaire, la romancière aborde, dans Puisque mon cœur est mort, le thème du pardon et de la loi de réconciliation nationale.
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Ce bref tour d'horizon ne pourrait s'achever sans évoquer les Editions de Minuit, qui proposent, comme en septembre, un duo de choix avec Eric Chevillard et Christian Gailly
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un article de Christine Rousseau

mardi 24 juin 2008

Patrick MODIANO : La Place de l'étoile

livre de chevet
littérature française, roman contemporain

En exergue de cet étonnant récit, une histoire juive :
« Au mois de juin 1942, un officier allemand s'avance vers un jeune homme et lui dit : "Pardon, monsieur, où se trouve la place de l'Étoile ?"
Le jeune homme désigne le côté gauche de sa poitrine. »
*
Voici, annoncé en quelques lignes, ce qui anime le roman : l'inguérissable blessure raciale. Le narrateur, Raphaël Schlemilovitch, est un héros hallucinatoire.
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À travers lui, en trajets délirants, mille existences qui pourraient être les siennes passent et repassent dans une émouvante fantasmagorie.
Mille identités contradictoires le soumettent au mouvement de la folie verbale où le Juif est tantôt roi, tantôt martyr et où la tragédie la plus douloureuse se dissimule sous la bouffonnerie.
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Ainsi voyons-nous défiler des personnages réels ou fictifs : Maurice Sachs et Otto Abetz, Lévy-Vendôme et le docteur Louis-Ferdinand Bardamu, Brasillach et Drieu la Rochelle, Marcel Proust et les tueurs de la Gestapo française, le capitaine Dreyfus et les amiraux pétainistes, Freud, Rebecca, Hitler, Eva Braun et tant d'autres, comparables à des figures de carrousels tournant follement dans l'espace et le temps. Mais la place de l'Étoile, le livre refermé, s'inscrit au centre exact de la « capitale de la douleur ».
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"La Place de l'Etoile", premier roman de Modiano
Aussi brillant que grinçant, le premier roman de Patrick Modiano met en scène le destin d’un Juif antisémite pendant la guerre.
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Préfacé par un Jean Cau envoûté,
Le roman met en scène la destin de Raphaël Schlemilovitch, un Juif antisémite qui décide, pendant la Seconde Guerre mondiale, de fonder une "Waffen SS juive" et une "Légion de volontaires juifs contre le bolchévisme".
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Le thème choisi par Patrick Modiano, et traité avec un talent évident, est d’autant plus étonnant que, né en 1947, il n’a pas connu la guerre. Il montre que les jeunes générations ont su dépasser les horreurs de l’occupation mais sans y devenir insensibles.(
http://pagesperso-orange.fr/reseau-modiano/leslivresdemodiano.htm)
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« Mais qu'est-ce que c'est que ce foutu bouquin ? »… on est bien obligé de se poser cette violente question à la lecture de La place de l'étoile de Patrick Modiano.
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Ce "roman" ne ressemble à rien de connu. Inutile d'essayer de suivre une quelconque intrigue : le plus vigilant des lecteurs serait bien en peine de distinguer avec exactitude les passages qui relèvent du récit et ceux qui sont de pures fantasmagories.
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Nul doute là-dessus : ce roman intrigue (le mot est faible).
Les passages légers qui fleurent bon l'ironie, voire le burlesque, sont suivis de lignes très noires, de paragraphes où la tragédie du peuple juif est décrite en détail. Complaisance malsaine ou expression d'une souffrance insoutenable ? Seul le lecteur peut trancher.
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Ces mémoires hallucinées racontent le traumatisme psychique propre à la judaïté, la peur du juif traqué. Héritage de millénaires de persécutions et de massacres, encore ravivé par la tragédie de l'holocauste au XXe siècle…
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Le thème de la judaïté est une des sources d'inspiration les plus intéressantes dans la littérature mondiale du XXe siècle : depuis les œuvres d'Albert Cohen (le superbe Belle du Seigneur notamment), jusqu'aux œuvres contemporaines de
Philip Roth (certainement l'un des écrivains les plus talentueux de notre époque) ce thème apparaît comme un des grands concepts, une des grandes fêlures historiques qui interrogent notre mémoire comme notre morale…
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La place de l'étoile de Patrick Modiano rappelle plus les œuvres burlesques d'Albert Cohen que les textes assez naturalistes de Philip Roth. Il s'agit cependant d'un style à part.
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Le héros Raphaël Schlemilovitch incarne tous les juifs : « Après avoir été un juif collabo, comme Joanovici-Sachs, Raphaël Schlemilovitch joue la comédie du "Retour à la terre" comme Barrès-Pétain. A quand l'immonde comédie du juif militariste, comme le capitaine Dreyfus-Stroheim ? Celle du juif honteux comme Simone Weil-Céline ? Celle du juif distingué comme Proust-Daniel Halévy-Maurrois ? Nous voudrions que Raphaël Schlemilovitch se contente d'être un juif tout court… » (p.114-115).
*
Cette œuvre joue aussi au terrorisme moral… tout y passe. Seconds degrés audacieux concernant le nazisme, la gestapo, les pionniers israéliens ; occupation pour le moins originale du héros qui se lance dans la « traite des blanches »…
Une œuvre surprenante, une lecture intéressante
http://www.asso-chc.net/article.php3?id_article=326
*

biographie :
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(
30/07/1945 - ...)
Patrick Modiano est né en 1945 à Boulogne-Billancourt.
Il a fait ses études à Annecy et à Paris.
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Il a publié son premier roman, La Place de l'Étoile, en 1968,
puis La Ronde de nuit, en 1969,
Les Boulevards de ceinture, en 1972,
Villa Triste, en 1975,
Livret de famille, en 1977.
*
Il reçoit le Prix Goncourt en 1978 pour Rue des Boutiques Obscures.
*
II publie en 1981 Une Jeunesse.
Il est aussi l'auteur d'entretiens avec Emmanuel Berl et, en collaboration avec Louis Malle, du scénario de Lacombe Lucien.
*
Site consacré à l’auteur : http://mandiano.free.fr/
/
Quelques titres lus :
Rue des boutiques obscures
*
Ce
roman met en scène la quête d'un amnésique.
Les pistes s'ouvrent, se diluent, se referment en champ de points d'interrogation devant Guy Roland, détective privé, qui tente de recueillir les bribes de la vie d'un certain McEvoy.
*
Est-il lui-même ? Est-il un autre ? Peu importe en réalité puisque l'opacité identitaire est le terreau même de la fiction de Modiano, son obsession déjà talentueusement mise en mots dans ce texte de jeunesse.
*
Passages clandestins, pièges fumeux, fantômes interlopes, ombre de la guerre et de l'Occupation : la partition modianesque est en place et sa musique impalpable n'aura plus qu'à égrener ses notes têtues et inquiétantes dans une recherche qui probablement n'aura jamais de fin.
*
Lacombe Lucien.
*
Lucien Lacombe, un jeune paysan du Sud-Ouest travaillant à la ville, retourne pour quelques jours chez ses parents en juin 1944.
*
Son père a été arrêté par les Allemands et sa mère vit avec un autre homme.
*
Il rencontre son instituteur, devenu résistant, à qui il confie son désir d'entrer dans le maquis.
Il essuie un refus.
De retour en ville, il est arrêté par la police et après un habile interrogatoire dénonce son instituteur.
*
Il est engagé par la Gestapo. Très vite, il vit la vie d'un agent de police allemande, mais tombe amoureux d'une juive.
*
*


Livret de famille
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Quatorze récits où l'autobiographie se mêle aux souvenirs imaginaires.
*
L'auteur peint aussi bien une soirée de l'ex-roi Farouk que son père traqué par la Gestapo, les débuts de sa mère, girl dans un music-hall d'Anvers, les personnages équivoques dont le couple est entouré, son adolescence, et enfin quelques tableaux de son propre foyer.
*
Tout cela crée peu à peu un "livret de famille".
*
Quelques titres qui me donnent envie de lire :
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Les Boulevards de ceinture
*
A l'âge de dix-sept ans le narrateur rencontre son père pour la première fois dans sa vie.
*
Celui-ci a confié son fils quand il était tout petit à une vieille dame chez laquelle le garcon a grandi.
Il étudiait au collège à Bordeaux où juste après qu'il a réussi son baccalaurérat, son père apparait et l' emmène avec lui.
*
C'est à Paris qu'ils vivaient ensemble pour un certain temps.
*
Le fils commence à soutenir le travail de son père qui traitait des affaires trafiquantes.
Il vend des objets divers qu'il a attrappés à un prix très bas ,à des collecteurs fanatiques qui lui paie une somme énorme.
Leur vie n'était pas assez émouvante jusqu'à un certain jour dans la station du métro où le père a essayé de pousser son fils sur la voie.
Heureusement un inconnu lui a sauvé la vie,mais c'était la fin de la relation entre le garcon et son père.
Le même jour de cet incident tragique après que les deux ont quitté un bar et le fils était en train de parler avec un homme qui leur avait tenu compagnie,le père a disparu sans mot dire à son fils .
*
Dix années plus tard,c'était le temps de l'Occupation,le fils a décidé de chercher son père.
*
Il le trouve parmi des gens très suspects qui profitent de son père dans leurs affaires.
L'un d'eux s'appelle Jean Muraille qui était directeur d'un journal.
Le narrateur fait connaissance de cet homme et il a ,grâce à Muraille ,la possibilité d'être près de son père:Personne ne sait qu'il était le fils de cet homme appelé baron Deyckecaire", même le baron ne le reconnait plus.
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Le narrateur veut libérer son père de ses faux amis qui ne le traitent plus avec beaucoup de respect parcequ'ils n'ont plus besoin du baron et qui vont l'éliminer tôt ou tard.
Pour un certain temps le narrateur accompagne le baron ,Muraille et le troisième homme du nom de Guy de Marcharet dans un village de Seine-et-Marne ,en bordure de la fôret de Fontainebleau , où ces individus passent leurs week-end dans des villas abandonnées qui sont la propriété des juifs ayant quitté Paris et ses allentours à cause des circonstances inquiétantes de cette époque.
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Au début le baron ne parle pas beaucoup avec l'étranger qui essaie toujours d'atteindre son père.
Mais au cours du temps le fils gagne la confiance du baron et il ne veut plus quitter son père.
Muraille et Marcharet torturent le pauvre baron d'une facon de plus en plus grave et eux aussi détestent les juifs comme tous leurs amis.
Le fait que le baron lui aussi est un juif est une raison pour cette oppression et ce maltraitement des côtés de Marcharet et de Muraille.
Le jour du mariage de Marcharet ,le marié jete une coupe de champagne dans le visage du baron ,de plus les autres invités se sont moqués des juifs.
C'était trop pour le fils et le soir ,lui et père se sont enfuis avec la voiture de Marcharet.
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Dans un village éloigné le baron téléphone à Tikito",un homme qui s'est proposé de le faire passer la frontière belge.
Tikito commande le baron à Paris et celui-ci lui doit donner un diamant rose et des dollars pour payement.
Mais Tikito était un tricheur, ce n'est pas lui qui est venu au rendez-vous,mais quatre types qui emportent l'argent et le diamant....
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La Ronde de nuit
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Paris pendant la Seconde Guerre Mondiale, la période de l'Occupation.
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Le narrateur est tiraillé par la question qui court à travers tout le roman: être traître ou non?
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Le narrateur accepte d'abord de travailler pour la Gestapo française et en même temps, au hasard d'une rencontre, se retrouve membre d'un réseau de la Résistance, le RCO - Réseau des Chevaliers de l'Ombre.
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D'un caractère hésitant, le narrateur ne se sent appartenir à aucun des deux camps, ni traître ni héros, seulement martyre.
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La petite Bijou
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C'est peut-être cela l'enfer : "Hanter les couloirs du métro pour l'éternité avec un manteau jaune."
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Mais en châtiment de quelle faute ?
Cette femme en jaune que la narratrice croise un jour au métro Châtelet et en qui elle reconnaît sa mère, de quoi est-elle coupable ?
D'avoir menti ?
On la croyait morte au Maroc et elle vivrait à Paris ?
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D'avoir abandonné sa fille, celle qu'on appelait la Petite Bijou, au temps où elle rêvait de faire carrière dans le spectacle ?
Seuls les noms propres permettraient peut-être de retracer le passé, de savoir qui était vraiment cette femme énigmatique : Suzanne Cardères, selon l'état civil ou la comtesse Sonia O'Dauyé du temps de ses rêves de grandeur, ou La Boche après la guerre quand elle dut s'enfuir au Maroc pour ne pas être tondue ou encore Trompe-la-Mort alors qu'elle survit misérablement dans un coin de la banlieue parisienne ?
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Le dernier Modiano est un roman policier mélancolique sans coupables où il n'y a que des victimes, personnages en déréliction comme cette Petite Bijou qui ne parvient pas à se remettre d'une enfance sans père, sans même l'amour d'une mère, de toutes ces blessures que la vie quotidienne ne fait que raviver.
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Et qui n'a pour toute consolation que la musique des mots, le nom d'un café dans le Paris des années cinquante, un poème à la radio dans une langue inconnue, le nom mystérieux d'hommes et de femmes qui s'inventent une identité pour mieux oublier leur vie sans attrait.
La musique de Modiano, ce style si singulier, n'aura jamais été plus poignante que dans cette étrange balade sur les traces d'une enfance ravagée
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Fleurs de ruine
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24 avril 1933.
Deux jeunes époux se suicident dans leur appartement parisien pour de mystérieuses raisons.
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Cette nuit-là ils auraient fait la connaissance de deux femmes, de deux hommes, fréquenté un dancing, pénétré dans une maison pourvue d'un ascenseur rouge.
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Trente ans se sont écoulés.
Le narrateur s'interroge sur leur histoire dont certains protagonistes semblent avoir croisé la sienne.
Interrogation qui, en écho, en suscite d'autres.
Fantômes entrevus, explications jamais venues. Silhouettes, prénoms aspirés par le temps.
Paris, aussi, surtout. Perdu, poursuivi, redessiné.
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Voyage de noces
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« Je suis tombé sur la vieille coupure de journal qui datait de l'hiver où Ingrid avait rencontré Rigaud.
C'était Ingrid qui me l'avait donnée la dernière fois que je l'avais vue.
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Pendant le dîner, elle avait commencé à me parler de toute cette époque, et elle avait sorti de son sac un portefeuille en crocodile, et de ce portefeuille la coupure de journal soigneusement pliée, qu'elle avait gardée sur elle pendant toutes ces années.
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Je me souviens qu'elle s'était tue à ce moment-là et que son regard prenait une drôle d'expression, comme si elle voulait me transmettre un fardeau qui lui avait pesé depuis longtemps ou qu'elle devinait que moi aussi, plus tard, je partirais à sa recherche.
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C'était un tout petit entrefilet parmi les autres annonces, les demandes et les offres d'emplois, la rubrique des transactions immobilières et commerciales : " On recherche une jeune fille, Ingrid Teyrsen, seize ans, 1,60 m, visage ovale, yeux gris, manteau sport brun, pull-over bleu clair, jupe et chapeau beiges, chaussures sport noires. Adresser toutes indications à M. Teyrsen, 39 bis boulevard Ornano, Paris." »
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Dans le café de la jeunesse perdue
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Encore aujourd'hui, il m'arrive d'entendre, le soir, une voix qui m'appelle par mon prénom, dans la rue. Une voix rauque.
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Elle traîne un peu sur les syllabes et je la reconnais tout de suite : la voix de Louki.
Je me retourne, mais il n'y a personne.
Pas seulement le soir, mais au creux de ces après-midi d'été où vous ne savez plus très bien en quelle année vous êtes.
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Tout va recommencer comme avant.
Les mêmes jours, les mêmes nuits, les mêmes lieux, les mêmes rencontres.
L'Eternel Retour.
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Un pedigree
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J'écris ces pages comme on rédige un constat ou un curriculum vitae, à titre documentaire et sans doute pour en finir avec une vie qui n'était pas la mienne.
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Les événements que j'évoquerai jusqu'à ma vingt et unième année, je les ai vécus en transparence - ce procédé qui consiste à faire défiler en arrière-plan des paysages, alors que les acteurs restent immobiles sur un plateau de studio.
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Je voudrais traduire cette impression que beaucoup d'autres ont ressentie avant moi : tout défilait en transparence et je ne pouvais pas encore vivre ma vie. P. M.
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A voir :
http://www.litt-and-co.org/au_temps/sommaire_autemps.htm



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L'ECRITURE ROMANESQUE DE PATRICK MODIANO OU LA FRUSTRATION DE L'ATTENTE ROMANESQUE - Etude stylistique : http://www.unilim.fr/theses/2003/lettres/2003limo0001/these_body.html
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Note : Lu une centaine de pages hier soir... passionnant !