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mercredi 12 novembre 2008

Catherine Cusset reçoit le prix Goncourt des lycéens


Le 21e prix Goncourt des lycéens a été décerné dès le premier tour de scrutin, mercredi 12 novembre, à Rennes, à Catherine Cusset pour Un brillant avenir, publié chez Gallimard.

Dans cette œuvre, Catherine Cusset renoue avec le thème de la famille, mettant en scène le trio mère - fils - belle-fille, entre rivalités et malentendus, et aborde la question de l'exil et du déracinement. Née en France mais installée à New York, cette auteure de 45 ans enseigne la littérature du XVIIIe siècle à l'Université de Yale.

Crée en 1988 et organisé par le ministère de l'éducation nationale et la Fnac, le Goncourt des lycéens est décerné par 13 délégués élus par les 56 lycées participants.
Ils travaillent sur une sélection basée sur celle du Goncourt traditionnel, qui a été décerné lundi au Franco-Afghan Atiq Rahimi pour son roman Syngué sabour. Pierre de patience.

Le Goncourt des lycéens, qui fait partie des prix littéraires ayant un effet positif sur les ventes, avait consacré en 2007 Le rapport de Brodeck, de Philippe Claudel, publié chez
Stock.

mardi 9 septembre 2008

Catherine Cusset - Un brillant avenir

Rentrée littéraire septembre 2008
Elena, une jeune Roumaine née en Bessarabie et ballottée par l'Histoire, rencontre à un bal en 1958 un homme dont elle tombe passionnément amoureuse.
Il est juif, et ses parents s'opposent au mariage.
Elena finit par épouser Jacob et par réaliser son rêve : quitter la Roumanie communiste et antisémite de Ceauescu.
Émigrer aux États-Unis. Elle devient américaine, et se fait appeler Helen.
Elle a rompu avec le passé, mais l'avenir n'est plus un rêve. Helen est maintenant confrontée à une réalité qui lui échappe :
la maladie et la dépression de son mari ;
l'indépendance de ce fils à qui elle a tout sacrifié, et qui épouse une Française malgré l'opposition de ses parents.
Cette jeune femme égoïste, arrogante, imbue d'un sentiment de supériorité presque national, Helen ne l'aime pas.
Cette belle-mère dont le silence recèle une hostilité croissante, Marie en a peur.
Pourtant, entre ces deux femmes que tout oppose – leur origine, leurs valeurs et leur attachement au même homme –, quelque chose grandit qui ressemble à de l'amour.
L'Auteur :Catherine Cusset vit à New York depuis vingt ans.
Elle a déjà publié huit romans aux Éditions Gallimard :
La blouse roumaine (L’Infini, 1990),
En toute innocence (collection blanche, 1995, Folio n° 3502),
À vous (collection blanche, 1996, Folio n° 3900),
Jouir (collection blanche, 1997, Folio n° 3271),
Le problème avec Jane (collection blanche, 1999, Folio n° 3501, Grand Prix des Lectrices de Elle 2000),
La haine de la famille (collection blanche, 2001, Folio n° 3725),
Confessions d’une radine (collection blanche, 2003, Folio n° 4053),
Amours transversales (collection blanche, 2004, Folio n° 4261)


revue de presse : A l'occasion de cette rentrée littéraire, Télérama vous propose de découvrir une sélection parmi nos livres préférés. Avec “Un Brillant avenir”, Catherine Cusset signe un puzzle virtuose.

« Je suis fatiguée », répète Helen à qui tente de l'interroger dès qu'elle manifeste une réticence.
Mais qui parle ?
La nouvelle naturalisée américaine, ou l'ex-Elena, jeune physicienne roumaine qui dut tant se battre pour survivre ?
Pour imposer Jacob, d'abord, à sa famille antisémite ;
puis pour fuir avec lui en Israël, quand toute carrière était interdite, à Bucarest, à l'épouse d'un juif ;
et, par peur de devoir sacrifier là-bas leur fils unique à l'exigeante patrie, partir enfin en Amérique ;
et recommencer de zéro, à 40 ans.
Et voilà que l'épouse du fils tant protégé, Marie, jeune intellectuelle française vivant de traduction à New York, menace de tout gâcher, d'entraîner son mari en France et de briser son « brillant avenir » américain...

Plus qu'à une joute entre mère possessive et belle-fille rebelle, c'est à une plongée dans la volonté absolue d'être soi, de résister, que convie Catherine Cusset d'une écriture sans gras.
La volonté ici des « étrangers », aux autres comme à eux-mêmes.
Sans doute la romancière de 45 ans, affûtée normalienne qui vit à New York depuis vingt ans et y est mariée à un Roumain devenu américain, a offert beaucoup d'elle-même dans cette bouleversante mais toujours pudique et minimaliste saga sur quatre générations – de 1950 à 2006 –, dans quatre pays – Roumanie, Israël, Etats-Unis, France.
Elle a ainsi appelé Marie sa Française iconoclaste, prénom récurrent dans nombre de ses livres, dont on retrouve ici – de En toute innocence (1995) jusqu'aux Confessions d'une radine (2003), via La Haine de la famille (2001) – une même jubilation à dépeindre nos mille guerres intestines et jouissances-souffrances quotidiennes.
Mais rarement la spécialiste de Sade avait donné tant d'ampleur à un récit où elle jongle magnifiquement avec l'espace et le temps, met en scène au plus concret la dictature de Ceausescu, le conflit israélo-palestinien, ou l'Amérique des intellos émigrés.

De ce puzzle virtuose surgissent de superbes portraits de femmes.
Helen-Elena, Marie bien sûr – et même Camille, la petite-fille –, mais aussi la fausse-vraie mère roumaine de Bucarest, rompue au mensonge et qu'Elena ne veut plus revoir.
Même si elle finit in extremis par se mentir à elle-même, elle aussi, pour ne pas mourir de chagrin.
La beauté lancinante de ce grand roman étrangement vif et mélancolique est peut-être là : devoir sa force non à l'échange, à la vérité, mais au silence, au presque mensonge. Et à la solitude. - Fabienne Pascaud-Télérama n° 3058


Note :
Moyennement tentée...
contre : histoire mère/fils/belle-fille....
pour : famille juive - roumanie