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dimanche 3 mai 2009

Fellag - le dernier chameau et autres nouvelles

souvenir de lecture...
" Dans ma petite tête d'enfant, les Français étaient une entité abstraite, et j'étais très impatient de les voir arriver, afin de découvrir comment ils étaient faits.
Je n'en dormais plus.
Une légende, qui courait depuis la nuit des temps, disait qu'ils étaient d'une grande beauté.
Au point que nous utilisions couramment l'expression Yeçbeh am-urumi!, qui veut dire: Il est beau comme un Français!
Mais, en même temps, dans l'imaginaire transmis par ma grand-mère, ma mère et mes tantes, ils n'étaient pas tout à fait humains. Ainsi, quand je refusais d'aller au lit, ma mère n'évoquait-elle pas le loup, mais disait d'une voix menaçante: Va te coucher tout de suite, sinon Bitchouh viendra te manger tout cru!
Dans les cinq secondes qui suivaient, je dormais à poings fermés, de peur de me faire dévorer par cet ogre, dont les deux syllabes me terrifiaient. Bitchouh était la transcription phonétique kabyle de Bugeaud, l'un des fameux généraux qui avaient " pacifié " l'Algérie, comme on dit chez vous, et auquel les autochtones prêtaient un caractère sanguinaire et monstrueux.
Est-ce que les militaires français, malgré leur grande beauté, seraient aussi terribles que leur auguste prédécesseur? " - ISBN-10: 2709625180
biographie :
Mohand Said Fellag, né en 1950 à Azzefoun en Kabylie (Algérie), est un comédien, écrivain et humoriste algérien.

Il a fait ses études primaires à
Azzefoun et ses études secondaires au lycée Ali Mellah à Draa el Mizan.

Il entre dans
l'Ecole d'art dramatique d'Alger en 1968 et y reste quatre ans avant d'évoluer dans plusieurs théâtres en Algérie.
De 1978 à 1985, il participe à plusieurs expériences théâtrales et retourne en Algérie, en 1985 pour être engagé par le Théâtre national algérien et interprèter le rôle principal dans L' Art de la comédie d'Eduardo De Filippo.
En 1986, il joue Le Costume blanc couleur glace à la noix de coco de Ray Bradbury et crée Les Aventures de Tchop, son premier one-man-show.
Il tourne plusieurs films pour le cinéma et la télévision dans une période de turbulences algériennes. Fellag est à l'initiative du parti "Cocktail Khorotov" en 1989 puis "SOS Labès".
Le FIS remporte les élections, un raz-de-marée islamiste gagne tout le pays. L'artiste crée Un bateau pour l'Australie-Babor Australia.

En 1995, après l'explosion d'une bombe lors d'une de ses représentations, il s'exile d'abord en Tunisie puis en France.
Il y rencontre un succès populaire avec ses spectacles. Il y met en scène avec lucidité et humour des personnages confrontés aux difficultés sociales de son pays.
Il publie son premier roman Rue des petites daurades un an plus tard et revient en 2005 avec son spectacle Le dernier chameau puis L'Ere des Ninjas et Djurdjurassic en 2008.

Il a joué dans plusieurs films tels que Rue des figuiers de
Yasmina Tahiaoui.
bibliographie : (cliquez sur le titre de l'article)
Les Aventures de Tchop, 1965. [sa première pièce de théâtre]
SOS Labes textes de scène.
Cocktail Khorotov textes de scène.
Le Balcon de Djamila textes de scène.
Djurdjurassique bled,
1999, textes de scène.
Rue des petites daurades, roman,
2001.
C'est à Alger, couverture de
Slimane Ould Mohand, Editions JC Lattès, Paris, 2002.
Comment réussir un bon petit couscous,
2003.
Le Dernier chameau, et autres histoires, nouvelles,
2004.
L'Allumeur de Rêves Berbères, illustrations de Slimane Ould Mohand, Editions JC Lattès, Paris,
2007.
*



Revue de presse :
Son entrée en scène déclenche des gloussements et des hurlements de rires !
Pour un tel accueil, il a suffi à Fellag de traverser le rideau, de marcher quelques pas et de se tenir droit comme un i.
Dans cette prestance se lit l’hospitalité d’un grand maître de cérémonie au regard pétillant, un brin polisson, du genre vieux copain rigolard impatient de raconter la dernière.
Au visage du Coluche kabyle, fort de plus de 30 ans de carrière en Algérie et neuf ans en France, le sourire offert en gratitude aux applaudissements vient sincère mais contracté par l’effort à venir, soit 1h30 de monologue sous de sobres projecteurs, presque sans décoration ni accessoires.
Servie sans originalité par une équipe technique trop sobre, la performance solo se boit pourtant comme du petit lait.

Aux néophytes (de plus en plus rares de ce côté de la Méditerranée), tout de suite absorbés par tant d’expressivité faciale et corporelle narratrices par excellence, Le dernier Chameau doit paraître une magistrale, magique découverte.
Sous la plus simple apparence, en tenue piquée au coin de la rue, Fellag s’adonne à un jeu de scène total, porté par une gestuelle et une diction remarquables.
En formidable conteur, il se livre à des jeux de langues époustouflants entre un français excellent au point de sembler s’en moquer, le berbère natal, l’arabe et un peu d’accent pied-noir.
Quant aux connaisseurs, pas moins réjouis, il leur semble retrouver un vieil ami. Très autobiographique, cette caverne d’Ali-Baba théâtrale renferme en effet bien des souvenirs personnels.
Bavard dans le meilleur sens du terme, le moulin à parole nommé Mohammed Saïd Fellag tourne avec une précision inouïe pour raconter de nouvelles histoires pas si fraîches que ça, mais bien conservées par l’auteur de « Comment réussir un bon petit couscous » (Lattès, 2003).
Au menu figurent les fruits de son imagination et de la mémoire collective d’une génération qui a connu le meilleur et le pire en Algérie.

En direct du ciné-club de Tizi-Ouzou

Dans l’ensemble hétéroclite, les premiers récits donnent déjà le meilleur. La rencontre du troisième type entre villageois montagnards kabyles et tirailleurs sénégalais, la fascination mystérieuse du petit Fellag pour l’opéra observé derrière la vitrine du marchand de télés, les contorsions dans un bus bondé pour les « caleurs professionnels » avides de contacts avec une jeune fille, comment donc le projectionniste interrompt les péplums pour donner l’évolution du score du match de foot local…
Fellag peut tout mimer, expliquer ou illustrer.
Ainsi pour recréer l’ambiance du ciné-club de Tizi-Ouzou au début des années soixante, le comédien se multiplie en personnages et en émotions.
Par de splendides sous-entendus, empreints de poésie tamisée ou de satire éclairée, il plonge au cœur de son goût précoce pour le théâtre classique, navigue au gré des vagues politiques et culturelles en Algérie au siècle dernier, et efface souvent la frontière entre réel et virtuel.
Ainsi, béats devant les étreintes au cinéma, les Algériens s’évadent de leur sexualité frustrée de tous les jours.

Parfois irrévérencieux mais jamais déplacé, Fellag concilie la dérive maîtrisée de son imaginaire et la fidélité amoureuse aux histoires des peuples kabyle, algérien et français.
Au final, valise en main, son personnage débarque en France. Très ému, il retrouve par hasard, derrière le guichet des ASSEDIC, Jeannette, son grand amour d’enfance. Mélancolique en larmes, elle se dit très touchée de le revoir et lui avoue ne jamais s’être sentie aussi Algérienne depuis qu’elle est revenue en France.

Un sentiment réciproque en Algérie, reprend Fellag, et Le dernier Chameau (titre parabolique de peu de nécessité) se retire en pensées pleines d’espérance pour son pays d’origine. En conclusion, l’espoir fait vivre...
Entre-temps, Fellag a gardé une folle danse du ventre pour le milieu du spectacle ! Cinq minutes de douce euphorie dans les gradins, comme après un but vainqueur, à battre des mains en cadence en criant sa délivrance !
Pour ses vieux jours de repos sans histoire, il reste à Fellag le soin de faire péter ses traditionnelles bretelles pour en être arrivé là, à cette grande joie du public.
François Cavaillès(mars 2004)
François Cavaillès est journaliste et critique d'art à Paris. Ancien reporter en radio, puis en presse, dans la région d'Ottawa (Canada), il s'intéresse aujourd'hui aux cultures de l'Asie du Sud-Est et étudie le thaï à l'Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris.

jeudi 22 janvier 2009

Alan Bennett - La Reine des lectrices

Des envie de lire...

entendu parlé de ce bouquin ce matin à la radio... alors rien de mieux que de passer chez une lectrice compulsive pour voir ce qu'elle en pense. Choisi Clarabel.

Nul doute, que je vais faire confiance à son avis et rajouter séance tenante ce livre sur ma liste... des anti-morosité...

Que se passerait-il outre-Manche si, par le plus grand des hasards, Sa Majesté la Reine se découvrait une passion pour la lecture ?

Si, tout d'un coup, plus rien n'arrêtait son insatiable soif de livres, au point qu'elle en vienne à négliger ses engagements royaux ?

C'est à cette drôle de fiction que nous invite Alan Bennett, le plus grinçant des comiques anglais.

Henry James, les sœurs Brontë, le sulfureux Jean Genet et bien d'autres défilent sous l'œil implacable d'Elizabeth, cependant que le monde empesé et so british de Buckingham Palace s'inquiète : du valet de chambre au prince Philip, d'aucuns grincent des dents tandis que la royale passion littéraire met sens dessus dessous l'implacable protocole de la maison Windsor.
C'est en maître de l'humour décalé qu'Alain Bennett a concocté cette joyeuse farce qui, par-delà la drôlerie, est aussi une belle réflexion sur le pouvoir subversif de la lecture.

ISBN10 : 2-207-26012-7
ISBN13 : 978-2-207-26012-8


Biographie

Alan Bennett est une star en Grande-Bretagne, où ses pièces de théâtre, ses séries télévisées et ses romans remportent un succès jamais démenti depuis plus de vingt ans. La Reine des lectrices est son quatrième roman publié chez Denoël.

Commentaire de Clarabel

Imaginez la reine d'Angleterre en grande lectrice compulsive, du genre à nous ressembler (pour faire simple), et donc victime aussi de cette passion dévorante, car lire lui prend un temps fou, l'enferme dans un univers insoupçonné, lire toujours et encore plus, noter, gribouiller, et trouver à la vie courante un goût de plus en plus amer, voire agaçant...

Vous obtenez un roman d'une absolue et irrésistible causticité, taillé dans le roc de la flegme britannique, comprenez ainsi que c'est fin, très fin et d'une grande subtilité.

Mais qu'est-ce qu'on s'amuse ! L'aventure littéraire de la reine a commencé dans un bibliobus, c'était sans se douter le vertige que la lecture allait lui apporter. La reine va être prise d'une frénésie, aidée par son tabellion personnel, Norman, un ancien employé aux cuisines promu du jour au lendemain bras droit de la monarque.
Tout ceci est bien beau, mais trop nouveau dans cette aristocratie guindée et enfermée dans son sacro-saint protocole. En clair, la passion dévorante de la reine n'est pas du tout appréciée, car son altesse néglige de plus en plus ses devoirs royaux.

Alors, en douce et bien grossièrement, on tente de faire perdre le goût des livres à la reine. Tous les moyens sont bons (dynamiter le coussin sous lequel un livre avait été glissé, lors d'une procession en carrosse, ou détourner une caisse de livres en partance pour le Canada, cacher les réserves, éloigner Norman et le bibliobus, etc.).

Rien n'y fait, la reine est accro ! N'attendez plus, découvrez ce livre car la suite des aventures de la royale passion littéraire sème une joyeuse pagaille à Buckingham et se conclue dans un sourire, en forme de croissant de lune.

La reine y est décrite de façon sympathique, assez naïve mais perspicace. La lecture lui ouvre un champ de possibilités, elle qui pensait avoir tout vu, en voyageant à travers le monde, découvre un autre globe grâce à la lecture. Cette reine nous ressemble, quoi.

Du moins, Alan Bennett nous la rend étonnante, plus humaine et proche de nous. C'est dire le pouvoir des livres !!!


illustration : la lectrice de Marvin Cherney

jeudi 20 novembre 2008

Pelham Grenville Wodehouse - Le plus beau cochon du monde

livre de chevet... anti-morosité
littérature anglaise... charme de la vieille aristocratie et humour
Des années que je n'avais plus lu cet auteur... c'est un peu l'avantage de muser dans les brocantes... de faire resurgir les souvenirs.
Donc très contente d'avoir remis la main sur un Woodehouse...
Pour ceux qui ne connaissent pas, l'univers de Woodehouse est "l'aristocratie britannique" comme "le milieu universitaire" est celui de David Lodge...
Me fait également songer à Tom Sharpe...









Où l'on retrouve Lord Ersworth (voir Bravo, Oncle Fred !) toujours plongé dans sa lecture favorite et unique : Les Variations de l'élevage du porc.

Sa célèbre truie "L'impératrice de Blanding" réussira-t-elle à déjouer les complots des méchants pour conserver le titre envié ?

"Comedia" agricole, Wodehouse se joue des difficultés et des invraisemblances pour le plus grand plaisir du lecteur.


Pelham Grenville Wodehouse wʊd.haʊs, né à Guilford, Surrey, le 15 octobre 1881, mort à New York le 14 février 1975, est un auteur comique britannique naturalisé citoyen des États-Unis d'Amérique en 1955.

Prolifique, il a écrit plus de 90 livres de récits (70 romans et 20 recueils de 200 nouvelles), plus de 100 autres récits en magazines, 400 articles, 19 pièces de théâtre, et 250 chansons pour 33 comédies musicales (pour Jerome Kern, Cole Porter, Ira Gershwin, etc.).

Son personnage du valet de chambre Jeeves est devenu internationalement célèbre.

Né dans le Surrey en 1881,

fils de Henry Ernest Wodehouse (1845-1929), officier colonial à la retraite, Wodehouse se prépare à choisir entre l'université d'Oxford et celle de Cambridge quand les revers de la roupie indienne (monnaie dans laquelle est payée la pension de son père) l'obligent à entrer dans la vie active à 19 ans.

Petit employé de banque, il se met à écrire des nouvelles et des articles sur les
public schools avant de devenir journaliste en 1903.

Il collabore au Globe et au Strand. En 1909, il part aux États-Unis où il s'installe.

Il est d'abord critique théâtral puis auteur de pièces pour le boulevard et de comédies musicales (en collaboration avec Guy Bolton et Jerome Kern).

En 1914, il épouse Ethel Wayman, et y gagne sa belle-fille Leonora.

Wodehouse ne se souciait guère de politique.

Quand la Seconde Guerre mondiale éclata en 1939 il ne bougea pas de sa villa du Touquet en France, au lieu de rentrer au Royaume-Uni, inconscient du sérieux du conflit.

En 1940, les Allemands le firent prisonnier et l'enfermèrent une année entière, d'abord dans le Fort de Huy en Belgique, puis à Tost en Haute-Silésie, province de l'actuelle Pologne.

À Tost, il amusait ses compagnons avec des sketches comiques qu'il utilisa, une fois sorti du camp, peu avant ses 60 ans, comme base d'une série d'émissions de radio que les Allemands le persuadèrent de réaliser à Berlin à destination des Américains (et non pas des Britanniques).

Le Royaume-Uni cependant n'apprécia pas : Wodehouse fut accusé de
collaboration avec les nazis et même de trahison.

Ses livres disparurent de certaines librairies.

Parmi ses rares soutiens figurent Evelyn Waugh et George Orwell.

Ulcéré par ces accusations, il partit vivre à New York avec sa femme Ethel, en 1947.

Sa belle-fille Leonora, sa confidente et conseillère, était morte en mai 1944. Les Wodehouse n'ont pas eu d'autres enfants.


En 1955, il devint citoyen américain, passa le reste de sa vie à Remsenburg,
Long Island et ne rentra jamais au Royaume-Uni.

Il fut tardivement élévé au grade de Chevalier de l'Empire Britannique en 1975, et mourut peu après, à 93 ans, le jour de la Saint-Valentin.


Son oeuvre :

Parmi ceux-ci, les plus célèbres sont ses romans et nouvelles, pour la plupart situés dans le milieu de la gentry britannique de l'entre-deux-guerres (1918-1940).
Ils sont caractérisés en surface par des intrigues emberlificotées et loufoques à la manière du vaudeville et du théâtre de boulevard, mais soutenus en profondeur par des personnages excentriques, des dialogues bondissants, et un humour idiosyncratiquement British.


Mêlant l'argot édouardien délicieusement suranné de l'aristocratie à une grammaire impeccable, Wodehouse est aussi un magicien du langage, dont les images sont aussi insolites que drôles.



Jeeves et Bertie

sont aussi connus au Royaume-Uni que Sherlock Holmes et le docteur Watson.

Jeeves est le valet de chambre stylé qui sauve toujours son jeune maître, l'inepte Bertram Wooster (dit « Bertie »), de situations invraisemblables.

Le cycle comporte 35 nouvelles et 11 romans

Lord Emsworth et Blandings Castle,

dans le comté rural du Shropshire, est le théâtre des aventures aristocratiquement champêtres de lord Emsworth, un débonnaire seigneur campagnard, de son adoré cochon de concours, l'Impératrice de Blandings, de sa tyrannique sœur Connie, et de son imprévisible frère Galahad.

Le cycle (qui recoupe une fois celui de Psmith, et deux fois celui d'Oncle Fred) comporte 11 romans et 9 nouvelles
Oncle Fred et Pongo,

Le sémillant comte Ickenham, Oncle Fred pour son neveu benêt Pongo Twistleton, est un charmant importun qui aime s'inviter sous de fausses identités pour arranger les affaires de cœur et d'argent des autres, et qui y parvient après de catastrophiques péripéties durant lesquelles son flegme n'égale que son aplomb à mentir.

Le cycle (qui recoupe deux fois celui de Blandings) comporte 1 nouvelle (qui relate les fameux incidents de la course de lévriers et du perroquet) et 4 romans (qui font toujours allusion en passant à ces incidents)
Mister Mulliner

(alias Monsieur Mulliner) est un intarissable pilier de bar.

À l'instar du Doyen des histoires de golf, il peut détourner n'importe quelle conversation pour raconter une histoire rocambolesque ou extravagante, toujours censément arrivée à un quelconque membre de son immense famille.

Ce cycle de 42 nouvelles s'étale sur 10 recueils – 3 recueils complets à son nom, 6 recueils partiels (qui recoupent parfois le cycle du Drones Club, ou comportent aussi des nouvelles indépendantes des cycles de Blandings, Oncle Fred, Jeeves, le Doyen, ou Ukridge), et 1 omnibus (qui les reprend toutes plus deux inédites)

Histoires de golf et du Doyen,

Le golf, à l'instar du cricket, et de la boxe, était l'un des sports préférés de Wodehouse.

Il y met en scène des golfeurs maladroits ou champions que le golf plonge dans des histoires rocambolesques mais sort toujours finalement du pétrin.

La majorité de ces histoires (24 sur 32) sont racontées par le personnage anonyme du Doyen (the Oldest Member), qui ne joue plus au golf mais hante le club-house avec la solide habitude, à l'instar de Mr. Mulliner, de s'injecter dans la conversation des autres pour narrer une de ses histoires.

Ce cycle de 32 nouvelles s'étale sur 8 recueils — 6 recueils partiels (qui comportent parfois aussi des nouvelles indépendantes des cycles de Mr. Mulliner, de Jeeves, ou de Blandings) et 2 recueils complets

Bibliographie :


et


voir également

mercredi 12 novembre 2008

Donald Westlake - Les sentiers du désastre



livre de chevet
polar antimorosité....
J'ai craqué encore une fois pour donald Westlake...
Passé un très bon moment avec cette histoire de John Dortmunder et son équipe de malfrats maladroits...
Les clichés sont tellement gros que c'en est vraiment drôle ! de la très bonne caricature !
Pour en savoir plus sur l'auteur, se reporter aux précédents articles de blog... .




Paria !
Voilà un mot que Monroe Hall, requin haï, malhonnête et milliardaire, voudrait voir rayé du vocabulaire.
est-ce sa faute à lui s'il a si bien su empocher l'argent des autres, au nez et à la barbe de la justice ?
Sa réussite justifie-t-elle qu'on le traite en paria, le privant de vie mondaine car aucun employé de maison ne veut travailler pour lui ?
Jusqu'au jour où son agence lui envoie une merveilleuse équipe de serviteurs : un majordome, un chauffeur, un secrétaire, un garde du corps... Mais Monroe Hall ne sait pas que son majordome est en fait John Dortmunder, et que lui et ses amis ont l'intention de le dévaliser.
Malheureusement, Monroe Hall disparaît, et la police rapplique. Or, comme tout amateur de romans policiers le sait, dans ce genre d'histoire le principal suspect est toujours... le majordome.
Dortmunder est de retour, toujours prêt à tout, à la hauteur de toutes les situations et plus inénarrable que jamais.
pour la presse américaine, Donald Westlake a, avec ce personnage, quasiment inventé un nouveau genre littéraire : la Dortmundermania.
*
Avis de lecteur :
Le roman débute par une impression de déjà lu.
L’intrusion au domicile d’Andy Kelp d’un ancien complice n’est pas sans rappeler celle de Jom Thimson chez John Dortmunder (Dégâts des Eaux).
Westlake resservirait-il les plats ? Non, rapidement il nous entraîne sur de toutes autres voies, celles de la Pennsylvanie que sillonne Alicia Hall au volant des voitures de collection de son époux, Monroe Hall, entraînant à sa suite des hommes floués, désireux d’obtenir réparation.
Roman appartenant à la série des Dortmunder, le cambrioleur malchanceux, le lecteur sait dès le départ que le coup — aussi bien préparé soit-il — va foirer en route.
Westlake met donc tout son talent dans la mise en place. Les chapitres sont courts, rapides, et jonglent avec plusieurs groupes de personnages. Tous ont pour objectif Monroe Hall, ses biens, son argent.
Les protagonistes que l’auteur rassemble autour de la propriété de l’odieux Hall sont caricaturaux : il y a les syndicalistes un peu niais, bedonnants buveurs de bière, les investisseurs bourgeois bernés, le narcissique professeur de culture physique, l’acariâtre mais fidèle cuisinière
La bande de Dortmunder, comme les autres a pour problème premier de pénétrer dans le domaine de Monroe Hall. S’il a arnaqué ses actionnaires et accessoirement le fisc, il n’a perdu ni la liberté ni la fortune qui lui a conservé la première.
Rejeté par les riches et bien-pensants, il vit désormais reclus dans sa demeure, avec son épouse et ses multiples collections (voitures anciennes, coucous, boites à musique).
En lui-même, ce roman n’a pas grand intérêt. L’intrigue est un prétexte. L’équipe de Dortmunder elle-même n’est qu’un accessoire.
Le lecteur s’attend et attend l’inévitable pierre qui va gripper la machinerie bien huilée du casse.
Et pourtant, le livre est réjouissant.
Il dresse une galerie de personnages divers et déjantés, de l’ancien de la CIA vendeur d’identités de substitution, au représentant de commerce imbibé. Il transpose tout l’univers de Dortmunder dans le XXIème siècle, OJ Bar & Grill inclus.
Dortmunder est intemporel, Westlake est un auteur chevronné. Il esquisse des pistes pour son intrigue, laisse en évidence les indices de ce qu’il va sans doute advenir, rendant le lecteur complice de l’histoire.
Dans la mécanique westlakienne, il y a place pour le loufoque, pas pour le hasard
http://www.polarnoir.fr/livre.php?livre=liv627
illustration : la liseuse de Darvinia Paqui Diaz

vendredi 29 août 2008

David Lodge - La vie en sourdine

Rentrée littéraire septembre 2008

envie de lire


"Professeur de linguistique dans une grande ville de province, Desmond saute sur l’occasion de prendre sa retraite anticipée.
Désormais, sa vie est rythmée par la lecture du journal, les tâches ménagères, les visites à son père à Londres et quelques activités avec son épouse Winifred.
Jusqu’au jour où, lors d’un vernissage, ses oreilles lui jouent des tours."




La presse en parle : le Monde

Ce livre est un délice, avec juste ce qu’il faut d’humour, de réflexion, d’érotisme et de tendresse.
Des bulles de champagne, comme savent en fabriquer quelques grands alchimistes anglo-saxons.


Les aveugles nous émeuvent, et c'est normal.
Mais pourquoi les sourds nous font-ils rire ?
"La surdité est comique, alors que la cécité est tragique", constate Desmond Bates, le narrateur de La Vie en sourdine.

En anglais, deaf (sourd) n'est pas très loin de dead (mort). Et pour peu qu'on entende mal... Pour écrire ce roman tout en finesse, David Lodge s'est inspiré de sa propre expérience : devenu malentendant comme Desmond, il a assisté, lui aussi, à la lente glissade de son père vers la tombe. Tout le reste est fiction, à commencer par cette petite ville universitaire d'Angleterre qui donne à l'écrivain l'occasion de revenir sur ses thèmes favoris, tout en se renouvelant avec bonheur.


Le professeur Desmond Bates, spécialiste de linguistique, a pris une retraite anticipée.
Ce qui lui permet de lire le Guardian au petit déjeuner, en s'offrant une troisième tasse de thé.
C'est le principal avantage de sa nouvelle situation.
Le retraité s'est installé dans la routine ("la rout-traite", comme il le dit lui-même), tandis que sa seconde épouse, en pleine ascension professionnelle, déborde de vitalité.
Quant à ses deux enfants, ils se passent parfaitement de lui. Noël approche, avec son potentiel terrifiant de malentendus familiaux...
Et voilà que surgit une diablesse, au nom suspect d'Alex Loom, qui tente de le prendre dans ses filets.
Séduisante, entreprenante, déroutante, cette jeune Américaine lui demande de diriger sa thèse de doctorat, qui porte sur... le style des lettres de suicidés. Ces choses-là ne se discutent pas dans le brouhaha d'un vernissage - Desmond n'entend que des bourdonnements : elles appellent une rencontre plus intime dans l'appartement de la belle...

DU "JE" AU "IL"

Ce roman est le journal que tient le narrateur.
Mais, page 41, le voilà "pris par une brusque envie d'écrire à la troisième personne". Qu'à cela ne tienne : le "je" cède la place au "il", sans nous gêner le moins du monde. Desmond-Lodge reviendra à la première personne dans le courant du livre, quand bon lui semblera, baladant ses lecteurs avec la même virtuosité. Du grand art !

La surdité du linguiste retraité donne lieu naturellement à d'innombrables quiproquos. "Quoi ?" se surprend-il à demander à tout bout de champ. Et quand il s'entretient avec son père, aussi sourd que lui, c'est du "quoi ?" au carré... Il lui arrive de déclarer forfait : "La surdité transforme tant de sons en bruits que vous préférez opter pour le silence."
Ou alors pour le verbiage, car "il est plus facile de parler que d'écouter". Pitié pour les malentendants : ils sont souvent bavards par nécessité !

Desmond n'arrête pas de se prendre les pieds, si l'on peut dire, dans ses prothèses auditives, de plus en plus sophistiquées.
Son père, lui, refuse tout appareillage. Il vit seul, dans un pavillon londonien à la cuisine crasseuse, habillé en clochard, hanté par ses économies. Un magnifique personnage, grincheux, insupportable et bouleversant.
Tout est dit sur le naufrage de la vieillesse dans une scène tragi-comique, sur l'autoroute, où le bonhomme est saisi d'un besoin pressant et ne parvient pas à se retenir.

Comme l'écrit le professeur retraité dans son journal, "la surdité est une sorte d'avant-goût de la mort, une très lente introduction au long silence dans lequel nous finirons tous par sombrer".
David Lodge pousse la démonstration jusqu'à envoyer son narrateur faire une visite à Auschwitz et Birkenau. Là-bas, seul, à la tombée du jour, Desmond "entendra le silence" : un silence troublé seulement par le crissement de ses souliers sur la neige gelée et les aboiements d'un chien dans le lointain...

La troublante Alex Loom a-t-elle vraiment quitté les Etats-Unis parce qu'elle ne supportait pas la présidence de George Bush ?
Avec elle, on ne sait plus à quoi s'en tenir. Aucune importance : la politique n'a rien à voir dans ce roman. David Lodge s'intéresse aux petites joies, aux blessures et aux drames de la vie quotidienne. C'est très anglais, mais un Français s'y retrouve parfaitement.
Ce livre est un délice, avec juste ce qu'il faut d'humour, de réflexion, d'érotisme et de tendresse. Des bulles de champagne, comme savent en fabriquer quelques grands alchimistes anglo-saxons.-Robert Solé
http://www.lemonde.fr/livres/article/2008/08/28/la-vie-en-sourdine-david-lodge-eleve-la-voix_1088733_3260.html

biographie


David Lodge (né le 28 janvier 1935 à Londres) est un écrivain britannique.


David Lodge est issu d'une famille catholique modeste, d'une mère secrétaire et d'un père professeur de danse.

Bien que très jeune durant la
Seconde Guerre mondiale, il fut particulièrement marqué par ses conséquences lors d'un voyage à Heidelberg en 1951, afin de voir sa tante qui travaillait au quartier général de l'armée américaine, en constatant les différences entre l'Angleterre en reconstruction et l'Allemagne en plein essor économique.

Après avoir envisagé de devenir journaliste, il poursuit des études à
Londres puis à Birmingham où il a ensuite enseigné la littérature anglaise jusqu'en 1987 avant de se consacrer à l'écriture.

À l'age de 18 ans, il rédige son premier roman Le Diable, le Monde et la Chair.

Plusieurs de ses romans dépeignent avec dérision les milieux universitaires et littéraires, ainsi que la société anglaise contemporaine.

Il est depuis
1998 commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique et, en France, chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres depuis 1997.


Note :


Auteur dont je ne manque aucun des livres, tous plus savoureux les uns que les autres,

donc, celui-là figure également sur ma liste.
*
voir quelques titres :
http://www.payot-rivages.fr/asp/auteur.asp?Id=611