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samedi 12 juin 2010

Frédéric Mars - le sang du christ (livraddict)

délicieusement sacrilège ce thriller...
sur fond de messianisme et de révolte des juifs sur l'occupant romain... et franchement original et plaisant a lire. Tellement plaisant d'ailleurs, que j'attends la suite avec impatience...
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Donc, grand merci à Livraddict qui m'a permis de le découvrir.
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La plupart d'entre nous connaissons la mythologie catholique concernant Jésus... sa naissance d'une vierge, son appartenance à la famille de David, et bien entendu sa mort sur la croix...
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et ses derniers mots "mon père, pourquoi m'as-tu abandonné"... Alors oublions sauf ses dernières paroles, et découvrons l'autre côté du miroir, ou les bons et les méchants ont quelques peu changés de rôles... et découvrons la période mystérieuse et inconnue de la vie de Jésus... et de sa parentèle... sous la plume débordante d'imagination de Frédéric Mars...
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Tout ce passe a quelques jours de la Pâque...
Un incendie se produit dans la ferme occupée par la famille de Judas de Gamala, et ses 7 frères et soeurs, prêtée par Joseph d'Arimathie après la crucifiction de Judas de Gamala (le père), dénoncé aux romains par son fils aîné Jean...
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Après l'incendie, on retrouve un corps qui semble avoir été soumis a un rituel religieux... et tous, reconnaissent en lui Jean, disparu depuis ses 16 ans... grace a une marque de naissance que portent tous les aînés de la famille de David, un nombril en forme d'étoile...
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Jacques, le scribe du Temple, l'un des frères va mener l'enquête avec sa nièce Sara, fille de Marie (l'une de ses soeur)... et tenter de découvrir qui est l'assassin qui s'en prend a sa famille et pourquoi.
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Sur son chemin il va rencontrer un personnage mystérieux, appelé Jésus... sosie de l'homme retrouvé assassiné dans la grange de la ferme de Bethanie... un thérapeute, un prophète, accompagné de ses disciples Simon (Pierre) et André de Capharnaum... personnage complexe qui semble bien lié aux meurtres des frères de Gamala... tellement complexe que ses disciples ne le reconnaissent plus...
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puis un autre personnage masqué, genre de gourou, se faisant appelé "Barabas", soit "fils du père"... mais de quel père ?
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et Jacques commence a comprendre que la vérité se trouve au sein de sa famille... après bien des énigmes a déchiffrer, il finira par soulever le coin du voile et sortir les cadavres des placards...
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la suite : à paraître chez Michel Lafon en 2011...
Le Corps du Christ est un roman écrit par l'écrivain français Frédéric Mars,
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An 60 de notre ère… Les années ont passé depuis les événements de la Pâque 30 à Jérusalem. Le soulèvement populaire contre Rome et le pouvoir illégitime des Hérode n’a pas eu lieu. Bien au contraire, c’est à un nouveau tour de vis auquel a été soumis la population juive de Judée et de Galilée.
La descendance de Judas de Gamala en partie décimée par le « tueur en série », l’espoir d’un rétablissement du trône d’Israël se fait de plus en plus mince.
Mais la famille de Gamala est confrontée à un autre drame, plus intime. Car le meurtrier mystique ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Il sillonne désormais toute la région, bien décidé à poursuivre son œuvre au-delà de son clan, jusqu’au cœur même du pouvoir terrestre…. jusqu’à Rome ! -
wikipédia
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Quelques romans
que je classe dans le même genre et que j'ai lu avec autant de plaisir :
La dernière tentation du Christ de Nikos Kazantzakis
Marie de Marek Halter
L'Homme qui devint Dieu de Gerald Messadié
Le baiser de Judas de Hubert Prolongeau
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Juste pour se remettre en mémoire...
Jésus de Nazareth est un Juif de Galilée, né vraisemblablement entre -7 et -5, qui apparaît dans le cercle de Jean le Baptiste avant de s'engager, entouré de quelques disciples, dans une courte carrière de prédication itinérante d'un à deux ans et demi, essentiellement en Galilée, en pratiquant guérisons et exorcismes. Il suscite engouement et ferveur, s'attirant la méfiance des autorités politiques et religieuses, avant d'être arrêté, condamné et crucifié vers l'an 30 à Jérusalem pendant la fête juive de la Pâque, sous l'administration du préfet Ponce Pilate.
L'annonce de sa
résurrection par ses disciples, qui le reconnaissent comme le messie ou Christ et transmettent son histoire et ses enseignements, donne naissance au christianisme. Pour les chrétiens, Jésus-Christ est le fils de Dieu, le Messie envoyé aux hommes pour les sauver. Dans l’islam, Jésus est appelé Îsâ et est un prophète majeur. -wikipédia
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le blog de l'auteur : http://fredmars.over-blog.com/
LES SOURCES :
* L’Evangile de Judas, un Evangile apocryphe retrouvé et Egypte, et qui présente un Jésus mystérieux, ombrageux, et empreint d’une philosophie de type gnostique, où le corps n’apparaît plus que comme un bagage encombrant. Exhumé au milieu des années 70, ce texte n’a été rendu public qu’en 2006.
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L’énigme de Jésus, un livre-fleuve de l’historien Daniel Massé, paru en 1926, et qui tend à établir un parallèle plus que troublant entre la figure de Jésus de Nazareth, le prophète galiléen, et Jean de Gamala, fils aîné de Judas de Gamala, rebelle à l’autorité romaine crucifié en l’an 6 de notre ère.
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juste un regret... pas de Marie-Madeleine...

jeudi 16 avril 2009

Anatole France - Le procurateur de Judée

souvenir de lecture... en suivant l'éphéméride...




Anatole France, de son nom exact François-Anatole Thibault, est un écrivain français, né le 16 avril 1844 à Paris, quai Malaquais, mort le 12 octobre 1924 à Saint-Cyr-sur-Loire (Indre-et-Loire).
Il est considéré comme l’un des plus grands écrivains de la Troisième République dont il fut également l’un des plus importants critiques littéraires, et comme l’une des consciences les plus significatives de son temps, s’engageant en faveur de nombreuses causes sociales et politiques du début du XXe siècle.
Lauréat du Prix Nobel de littérature en 1921.
“Après quelques mois que je l’avais perdue, j’appris, par hasard, qu’[une Juive de Jérusalem] s’était jointe à une petite troupe d’hommes et de femmes qui suivaient un jeune thaumaturge galiléen.
Il se faisait appeler Jésus le Nazaréen, et il fut mis en croix pour je ne sais quel crime.
Pontius, te souvient-il de cet homme ?
Pontius Pilatus fronça les sourcils et porta la main à son front comme quelqu’un qui cherche dans sa mémoire.
Puis, après quelques instants de silence: - Jésus ? murmura-t-il, Jésus le Nazaréen ? Je ne me rappelle pas.”

Publié par Anatole France en 1902, à la fois apologue et apologie, ce récit a connu pendant de nombreuses années un étrange destin d’isolement et de secret. Il a circulé dans des éditions rares, numérotées, ornées de gravures originales.

Anatole France invente une nouvelle historique qu’il loge dans un silence de Tacite.
On trouve en effet dans les Annales le récit de Lepida, accusée par son mari P. Quirinus d’avoir prétendu qu’elle portait un enfant de lui.
Double délit : à l’adultère s’ajoute l’attribution d’une fausse paternité. Tacite ne dit rien des complices.
Anatole France invente alors la figure de Lucius Elius Lamia, « accusé d’entretenir des relations criminelles avec Lepida, femme de Quirinus » et lui fait rencontrer Ponce Pilate à la fin de sa vie. Tous deux évoquent leurs souvenirs de Judée.




le personnage de Pilate :


Anatole France dépeint, sous les traits du Ponce Pilate historique, le caractère de l'antisémite moderne : justifiant sa haine par des accusations de fanatisme religieux et de complot,
Ponce Pilate exprime l'idée que le peuple Juif devra être exterminé pour le salut de Rome :

« Ne pouvant les gouverner, il faudra les détruire. N’en doute point : toujours insoumis, couvant la révolte dans leur âme échauffée, ils feront éclater un jour contre nous une fureur auprès de laquelle la colère des Numides et les menaces des Parthes ne sont que des caprices d’enfant. Ils nourrissent dans l’ombre des espérances insensées et méditent follement notre ruine. En peut-il être autrement, tant qu’ils attendent, sur la foi d’un oracle, le prince de leur sang qui doit régner sur le monde ? On ne viendra pas à bout de ce peuple. Il faut qu’il ne soit plus.»

Alors que Pilate tient, dans le récit De France, des propos sceptiques et tolérants à l'égard des croyances, ce dont le mot « Qu'est-ce que la vérité ? » est l'expression historique, c'est pourtant son ami débauché, Lamia, qui le rappelle à des sentiments plus humains à l'égard des Juifs :

« Pontius, dit-il, je m’explique sans peine et tes vieux ressentiments et tes pressentiments sinistres. Certes, ce que tu as connu du caractère des Juifs n’est pas à leur avantage. Mais moi, qui vivais à Jérusalem, en curieux, et qui me mêlais au peuple, j’ai pu découvrir chez ces hommes des vertus obscures, qui te furent cachées. J’ai connu des Juifs pleins de douceur, dont les mœurs simples et le cœur fidèle me rappelaient ce que nos poètes ont dit du vieillard d’Ébalie. Et toi-même, Pontius, tu as vu expirer sous le bâton de tes légionnaires des hommes simples qui, sans dire leur nom, mouraient pour une cause qu’ils croyaient juste. De tels hommes ne méritent point nos mépris. »

Comme
Gallion, dans Sur la pierre blanche (« II. Gallion »), le personnage de France n'est pas capable de voir l'importance historique d'un homme (ici Jésus), et l'évaluation qu'il fait des Juifs se résume à un antisémitisme dont les propos génocidaires sont pour France naturels aux hommes.
L'ironie de ce conte est que Ponce Pilate est aveugle à la nouveauté religieuse et sociale, non du fait d'un esprit étroit, mais au contraire, outre son ressentiment, à cause de sa culture romaine tolérante à l'égard des croyances. Le cas est le même pour Gallion.
illustration : Ecce homo, Pilate montre à Jésus au peuple selon Antonio Ciseri

mardi 26 août 2008

Eric-Emmanuel Schmitt - l'évangile selon Pilate

L'un de mes auteur favori
site de l'auteur : http://www.eric-emmanuel-schmitt.com/fr/news_fr.php?oesec_id=1


L'Evangile selon Pilate

Le Messie a-t-il été reconnu des siens avant de comprendre lui-même son destin ?
Autour de Yechoua - mauvais charpentier mais homme au verbe sage - l'étau se resserre.
Son cousin, Yohanân le prophète, le reconnaît comme l'élu de Dieu.
Impossible dès lors de fuir la rumeur publique, un cercle de disciples se forme aussitôt et Yechoua, assailli par le vertige, se réfugie dans le désert.
Plongeant brusquement en lui-même, il trouve Dieu, puis se met à douter, effrayé par la prétention de son sentiment.
Sans signe, sans indice et guidé par sa seule intuition, il décide de "faire le pari", retourne auprès de ceux qui l'ont désigné et accepte - sans jamais le revendiquer - son statut, soupçonnant même ses disciples d'être à l'origine des prétendus miracles qui jalonnent son chemin.
Arrêté puis crucifié, il deviendra le pire cauchemar de Pilate, "l'affaire Yechoua", ce cadavre disparu, cette résurrection dont on parle dans les ruelles de Jérusalem.
Éric-Emmanuel Schmitt ajoute à l'intelligence de son propos une écriture élégante et limpide, signant ici un roman lumineux.
Retranscrire à la première personne ce que furent les états d’âme du Christ, ses doutes et ses craintes, c’était déjà une idée globalement stimulante, surtout après un siècle de psychanalyse.
Eric-Emmanuel Schmitt trouva cependant comment ajouter un peu de piment à l’affaire : aux interrogations du Christ succèdent dans le roman celles de Pilate, personnage fascinant dont la fortune artistique et littéraire n’est plus à prouver (qu’on pense entre autres ici au fabuleux Maître et Marguerite de Boulgakov).

Le premier tiers du livre, Confession d’un condamné à mort le soir de son arrestation se présente comme une sorte de prologue où le Christ, Yéchoua, rapporte sa vie.
« Mauvais charpentier » et « mauvais juif », son avenir s’annonce plutôt sombre. Il n’est pas tout à fait un homme comme les autres et peine à s’intégrer parmi les siens, n’ayant que de l’amour à partager.
Il semble constamment perdu et décalé... Sa mère ne l’avait-elle pas mis en garde ? « Mon petit Yéchoua, il ne faut pas trop aimer. Sinon tu vas beaucoup souffrir. »

Si l’on retrouve avec délice des détails quine sont pas contenus dans les quatre Evangiles reconnus par l’Eglise mais dans les Evangiles apocryphes (ainsi en va-t-il des frères de Jésus qui apparaissent à quelques reprises dans le récit du Christ), l’on voit aussi réapparaître un débat qui agita bien des querelles théologiques.
Il s’agit en effet de savoir si Jésus avait conscience de sa messianité ou pas. En clair, savait-il dès sa naissance qu’il était le fils de Dieu ou le découvrit-il au cours de sa vie ?
La lecture d’Eric-Emmanuel Schmitt n’est rien moins qu’amusante et penche dès les premières pages pour une autre solution.
Si Yéchoua soupçonne au début ses disciples de mettre en scène des miracles en son nom et n’est pas convaincu de sa messianité, il finit par effectuer un double pari dont il ne connaîtra le résultat qu’en passant par la croix.
Dans la seconde partie consacrée à l’enquête de Pilate, le roman tourne au polar et au thriller psychologique.
Trois jours après la crucifixion de Yéchoua, au matin de la Pâque, le cadavre a disparu du tombeau et est réapparu vivant. Qui se cache derrière ces machinations ?
Quels sont les buts de Yéchoua et surtout : qui dans cette Palestine enfiévrée par l’occupation romaine pourrait avoir intérêt à faire croire à cette résurrection ?
S’agit-il d’une énigme dont il est possible d’avoir la clef ou l’affaire relève-t-elle tout simplement du mystère ?
La raison romaine se heurte au mystère de la foi chrétienne et le doute s’insinue dans l’esprit de Pilate. Garant de l’ordre romain et imperméable à la « folie juive », détestant Jérusalem et ce soleil brûlant de Judée qui échauffe les esprits, il se doit d’éclaircir l’affaire dont il tient son frère Titus tous les jours au courant par le biais de lettres.
Pour sortir de ce guêpier, une seule solution : retrouver le corps du crucifié - mort ou vif - afin d’étouffer la rumeur qui en fait déjà un ressuscité. Qui, de Hérode, de Joseph d’Arimathie ou de Caïphe a monté cet escamotage ? La tâche est d’autant moins facile que l’épouse de Pilate, la très belle et aristocratique Claudia semble s’être entichée de Yéchoua.

Cette seconde partie, pleine d’humour est donc celle du doute et de la progression (ou de la régression, faites votre choix) de l’esprit vers l’acceptation d’un puissant mystère. Le chemin parcouru par Pilate est le négatif de la relation qui l’unit à son ancien maître stoïcien Cratérios, un philosophe dont les frasques et la crasse créent le scandale.

Pourquoi, croyant ou non-croyant, lire L’évangile de Pilate ?
Parce que c’est drôle et inventif, certes. Parce que ce roman s’inscrit dans une tradition littéraire qui s’est emparée de l’Evangile (« bonne nouvelle » en grec) et de Pilate (se lavant les mains) bien sûr.
Parce qu’en vingt siècles, cette histoire a métamorphosé la vie d’un nombre de personnes qu’on ne compte plus...
Enfin pour lire quelques réflexions audacieuses qui n’effacent pas une grande sincérité et humilité devant ce qui demeure pour les croyants inexplicable.-
http://critiques-ordinaires.ouvaton.org/article.php3?id_article=432