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dimanche 21 février 2010

Don Delillo - Americana

lu en partenariat avec blog-o-book et Les Éditions du Livre de Poche, Autres lecteurs de "Americana" de Don Delillo : Cécile, Céline, DeL, Manu, Mazel
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David Bell, bel homme et le sachant, divorcé mais gardant des liens très étroits avec son ex-femme, jeune cadre dans l'audiovisuel, est un arriviste dans un monde arriviste des année 1970.
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Puis un jour, alors que des purges sont annoncées dans son entreprise, qu'il apprend que l'un de ses collègues va bientôt mourir d'un cancer, il n'en peut plus et part dans l’ouest, sous prétexte d'y tourner un court metrage sur les indiens, mais en fait il va réaliser un film sur sa vie...
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On retrouve son thème favori avec l'angoisse de la mort et son retour sur le passé et sa famille... un fort moment de lecture, lorsque l'on songe que ce roman doit être largement autobiographique.
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Des descriptions de paysages sublimes, des personnages improbables se rencontrent, mais une absence de sentiments, beaucoup de nombrilisme dans les personnages... les losers a la dérive qui unissent leur sort lors d'un long voyage, qui ne ménera nulle part...
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Une écriture superbe, mais qui m'a laissé un peu sur ma faim... quelques passages sautés, lors des suites de mots (longs et ennuyeux), mais un très bon roman.
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la 4ème de couverture :
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A vingt ans, David Bell a épousé une « pin-up » de bonne famille, et entamé dans l'audiovisuel une carrière qui l'a vite propulsé au sommet. Puis, déçu par le mirage de l'american way of life, il divorce et quitte son emploi. Il choisit alors de revivre un autre mythe américain, celui de la conquête de l'Ouest.
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Son errance le met en contact avec des personnages victimes d'une certaine délitescence sociale : une artiste déjantée, un alcoolique entouré d'animaux, un vétéran du Vietnam... De l'establishment au vagabondage, l'auteur de Chiens galeux nous plonge ici dans les arcanes d'un pays-continent et d'une société en perpétuel mouvement.
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Il s'impose, aux côtés d'un Paul Auster ou d'un T.C. Boyle, comme l'un des meilleurs écrivains de cette jeune génération qui a entrepris de radiographier l'Amérique d'aujourd'hui.
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Don DeLillo (né en 1936 à New York) est un écrivain américain. Auteur de nouvelles, de pièces de théâtre, de scénarios, et d'articles, il est surtout célèbre pour ses romans.
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Personnalité discrète, mais moins secrète que Thomas Pynchon avec lequel on le compare parfois, Don DeLillo est volontiers associé au courant post-moderne, bien qu'il ne se réclame pas lui-même de cette appellation.
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Son oeuvre, souvent complexe et d'une virtuosité stylistique incontestée, est parcourue par un certain nombre de thèmes récurrents tels que l'angoisse de la mort, et la fascination pour l'image, le film et le langage.
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Bien que certains lui reprochent une forme d'obscurité ou de superficialité, ou un manque de puissance émotionnelle, Don DeLillo est un des écrivains américains contemporains les plus influents et les plus commentés.
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Don DeLillo est né dans le Bronx en 1936 de parents émigrés italiens. Dans les interviews qu'il a accordé, il revient assez souvent sur l'importance qu'a pu avoir le catholicisme sur sa sensibilité intellectuelle et artistique. Il rapproche ainsi les rituels catholiques de son intérêt pour la religion qu'il décrit comme « une discipline et un spectacle, une chose conduisant les gens à un comportement extrême. Noble, violente, déprimante, belle ».
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Étudiant à l'université jésuite
Fordham, il n'y étudie « pas grand chose » et se spécialise en « arts de la communication ». Il prend ensuite un travail dans la publicité, faute d'avoir trouvé quelque chose dans l'édition.
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Il publie parallèlement quelques nouvelles dans lesquelles l'influence du cinéma européen, et en particulier celle de Jean-Luc Godard est très sensible. Il quitte son poste en 1964. Il ne cherchait pas dit-il de se consacrer à l'écriture, mais simplement à ne plus travailler.
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En 1971 parait son premier roman, Americana. Le personnage principal est un cadre jeune et beau travaillant dans la télévision, David Bell. Celui-ci semble promis à un brillant avenir, cependant, à l'occasion d'un voyage professionnel au cœur de l'Amérique, il en vient à couper les liens avec sa société et entreprend de réaliser un projet personnel, oeuvre cinématographique d'une infinie complexité.
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DeLillo utilise son expérience personnelle, bien davantage qu'il ne le fera dans ses romans ultérieurs, cependant, certains thèmes reprise au cours des oeuvres ultérieurs sont déjà abordés.
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L'idée d'une quète existentielle est ainsi reprise dans plusieurs de ses textes ultérieurs, notamment End Zone (1972) et Great Jones Street (1973), ses deux romans suivant. wikipédia.
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Autre lecteur :
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Je vois Americana comme un galop d’essai, un prélude au grandiose Outremonde. Dans ce premier roman, le talent de Don DeLillo est déjà bien présent. Il met le doigt sur des moments fugaces, invite le lecteur dans le parcours onirique de ses personnages et dans leur quotidien bien ancré dans le réel. Il alterne la légèreté avec la profondeur. Et il laisse le lecteur un peu perdu une fois le livre refermé. Quel sens donner à tout ça ?
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illustration : "le liseur" de Gerhard Marcks (Lali)

mercredi 17 février 2010

menus propos et visite de blogs...

Bonjour à tous,
Arrivée page 235 de Americana de Don DeLillo, c'est son premier roman.
De nombreuses digressions, mais une très belle écriture, mais assez soporifique... pour le moment.
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"la liseuse" du peintre néerlandais Simon Willem Maris ( Lali La tentation du bleu 6 toujours le même plaisir...)
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En passant sur le blog de Bob, vu de livre... et bien entendu, tout de suite tentée... et comme prévu, trouvé dans la chambre de Cromignon... une très prochaine lecture, à moins qu'un livre en partenariat arrive avant...
De bons présages de Terry Pratchett
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L'Apocalypse aura lieu samedi prochain, après le thé ! Ainsi en ont décidé, d'un commun accord, les forces du Bien et du Mal.
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L'Antéchrist va fêter ses onze ans. Son éducation a été supervisée par un ange, Aziraphale, et un démon, Rampa, résidents sur Terre depuis l'époque de la première pomme.
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Mais voilà, suite à un coup du sort, l'enfant a été échangé à la maternité. Le vrai Antéchrist se nomme Adam et vit dans la banlieue londonienne.
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Et ça, ça change tout ! Une course contre la montre commence alors pour l'ange et le démon qui, finalement, se disent que la race humaine ne mérite pas son sort...
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visite du jour :
chez Quoi de 9 Cécile ? Tout le monde lit (la preuve 08 sur 52) et ses trouvailles de lectrice... mais pas seulement, je ne saurais me passer de jeter un oeil sur son blog chaque jour...
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chez
chez Voyager... Lire... de Cryssilda Notre Ecosse des envies de voyage... et de lire...
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de Celtic Twilight de Chinchilla Pancake day qui nous offre sa recette de cuisine...
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chez Les lectures de Roudoudou qui découvre Camilleri... aussi sur ma liste de lecture pour 2010...
Les ailes du Sphinx par Andrea Camilleri .
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chez Thé au Jasmin de Kenza
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.Une vue d’ensemble nouvelle et exhaustive de l’œuvre de Caravage, accompagnée d’un catalogue critique de ses travaux, paraît à point nommé pour le 400e anniversaire de la mort du peintre.

chez Actualitté - Une page de caractère (Clément S.)
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Alors qu'à la Foire internationale du livre de La Havane a été présenté le plus grand livre au monde, ou du moins un ouvrage qui se prétend tel, et aspire à la reconnaissance d'un autre ouvrage, le Guiness des records, comment passer à côté du... plus petit livre au monde.
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Il a été présenté hier à la Foire, et semble bel et bien l'emporter dans le domaine des minipouces.
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Il s'agit d'une bible, qui nécessitera au moins une paire de lunettes démentielle pour parvenir à décrypter les lettres.
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L'actuel livre le plus petit au monde est une version du Coran, qui mesure 1,7 cm de hauteur, sur 1,28 cm de longueur.
Après Seul dans le noir, le célèbre écrivain américain Paul Auster publiera le 3 mars prochain en France un roman intitulé Invisible chez Actes Sud.
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Pour cet opus, l'auteur se plonge dans une quête philosophique sur l'identité. Il présentera son roman au prochain salon du livre de Paris qui se déroulera du 26 au 31 mars 2010.
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Dans Invisible , Paul Auster imagine un scénario complexe sur trois décennies.
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L'histoire débute avec le manuscrit d'Adam Walker, jeune poète en 1967. En 2007, le romancier Jim Freeman est chargé de remettre en forme les notes fragmentaires pour la suite du récit. Ses thèmes : La solitude et la quête Paul Auster a débuté l'écriture à l'âge de 13 ans.
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Diplômé de l'université de Columbia, il s'installe en France pour exercer, dans un premier temps, le métier de traducteur. Le dernier roman de Paul Auster paru en France, Seul dans le noir , est sorti en janvier 2009. La parution de la Trilogie new-yorkaise (1987-1988) lance sa carrière.
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En 1990, son roman Moon Palace lui permet de se faire un nom aux États-Unis.
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Trois ans plus tard, Leviathan, lui vaut le prix Medicis étranger.
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En 1995, il écrit Smoke pour le cinéma. En 2006, il se voit attribuer le prix Prince des Asturies des Lettres, illustre récompense décernée en Espagne. La solitude et la quête identitaire sont les domaines de prédilection de Paul Auster. La ville de New York occupe également une place de choix dans son oeuvre.
C'est le plus grand détournement littéraire de l'histoire.
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En 1940, le "Juif Süss" fait salles combles et devient le symbole de l'oeuvre antisémite. Mais, sous l'égide de Goebbels, l'adaptation du roman "Le Juif Süss" de Lion Feuchtwanger trahit complètement le livre ( lire notre article ). Extraits du roman, paru en 1925 et republié par les éditions Belfond.
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Portrait de Süss
"Il reconnut que là était sa profession : harceler de grands personnages, les fréquenter, adhérer à eux comme le lierre.
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Qui s'y entendait comme lui à se glisser dans l'humeur et les fantaisies des princes, à se taire au moment voulu, à instiller en eux la semence de sa volonté comme le papillon de nuit pond ses oeufs dans le fruit mûrissant ? Et plus encore, qui savait comme lui s'insinuer auprès des femmes et, d'une main douce et sûre, faire plier jusqu'à la plus farouche.
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(...) Il soignait en y appliquant cent essences sa peau d'un blanc mat, héritée de sa mère : il aimait s'entendre confirmer qu'il avait le nez grec. Il prenait grand soin de ne pas déformer en riant trop sa bouche aux lèvres pleines et très rouges, et cherchait (...) dans son miroir à se donner la souveraine sérénité d'un front lisse, qui était pour lui la marque d'un gentilhomme (pages 51-52)."
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L'exécution
"Il voyait ces dizaines de milliers de visages, ces femmes curieuses, prêtes à aboyer, ces hommes prêts à sourire, béats, et à gronder leur satisfaction, ces visages d'enfants aux grosses joues, aux grands yeux destinés à devenir aussi vides et méchants que les faces grimaçantes de leurs parents.
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Il voyait l'haleine de la foule, vapeur blanchâtre et dense dans l'air glacé, les yeux avides, les cous tendus qui naguère se courbaient si dévotement devant lui. Il voyait la cage à oiseau, l'appareil compliqué et outrageant de sa mise à mort. Et tandis qu'il voyait tout cela, des piaillements et des glapissements lui percèrent les oreilles. (...)
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Les enfants riaient, hurlaient de joie, battaient des mains. Dans les tribunes, une femme fardée se mit à pousser des cris aigus et incessants et l'on dut l'emporter. La toque du juif tomba sur la terre mouillée, fut piétinée dans la boue. (...)
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Le jeune bourgeois Langfuss se coiffa de la toque, en coiffa aussi des jeunes filles et des servantes, qui, horrifiées, poussaient des cris aigus à sentir sur leur tête la coiffure du juif pendu (pages 513-514)."
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Cette étude publiée aux États-Unis lève aussi le voile sur la filiation du jeune pharaon, décédé il y a plus de 3000 ans.
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Son père est Akhenaton, tandis que sa mère, la momie KV35YL, reste inconnue.
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Le jeune pharaon légendaire Toutankhamon dont la cause du décès, il y a plus de 3.000 ans, restait un mystère serait mort du paludisme combiné à une affection osseuse, selon une étude publiée mardi aux Etats-Unis qui révèle aussi sa filiation, jusqu'ici incertaine.
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Toutankhamon est mort tellement jeune, à 19 ans en 1324 avant notre ère, et sans héritier, que les égyptologues ont abondamment spéculé sur l'hypothèse de maladies héréditaires dans la famille royale de la XVIIIe dynastie aussi bien que sur la cause de son décès après neuf ans sur le trône, explique Zahi Hawass, responsable des antiquités égyptiennes au musée du Caire, le principal auteur de cette étude.
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Les chercheurs se sont appuyés sur plusieurs méthodes dont la radiologie et l'analyse d'ADN pour cette recherche effectuée sur 16 momies dont onze, y compris celle de Toutankhamon, étaient apparemment membres de la famille royale.
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Tye, la grand mère
Ces travaux conduits de 2007 à 2009 visaient à déterminer les liens de parentés et de sang, et l'existence de caractéristiques pathologiques héréditaires chez Toutankhamon. Ils ont permis d'identifier le père du pharaon comme étant Akhenaton, époux de la légendaire reine Néfertiti.
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Les deux momies partagent plusieurs caractéristiques morphologiques uniques et ont le même groupe sanguin. Les auteurs de cette recherche ont aussi déterminé que la mère du jeune pharaon serait la momie KV35YL dont le nom reste inconnu. Ils ont aussi identifié sa grand mère, la reine Tye, mère d'Akhenaton.
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«Ces résultats laissent penser qu'une circulation sanguine insuffisante des tissus osseux, affaiblissant ou détruisant une partie de l'os, combinée au paludisme, est la cause la plus probable de la mort de Toutankhamon» et ce à la suite d'une fracture, écrit Zahi Hawass dont les travaux paraissent dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) du 17 février.
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Pharmacie pour l'au-delà
Ce diagnostic a pu être établi surtout grâce aux tests génétiques qui ont révélé une série de malformations dans la famille de Toutankhamon comme la maladie de Kohler qui détruit les cellules osseuses.
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Les analyses d'ADN ont également mis en évidence la présence de trois gènes liés au parasite Plasmodium falciparum responsable du paludisme chez quatre des momies étudiées, dont celle de Toutankhamon. «Ce diagnostic est conforté par la découverte dans sa tombe de canes et d'une pharmacie pour l'au-delà», précisent les chercheurs.
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Cette recherche a également écarté l'hypothèse émise à partir des peintures de l'époque, que Toutankhamon ou tout autre membre de la royauté souffraient de gynécomastie, développement des seins chez les hommes, ou du syndrome de Marfan, maladie génétique rare pouvant entraîner des déformations physiques.
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Questions éthiques
«Il est improbable que Toutankhamon ou Akhenaton aient eu une apparence étrange ou efféminée», estiment les auteurs. Ils rappellent que les pharaons se faisaient souvent représenter avec leur famille de manière idéalisée.
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Toutankhamon et ses ancêtres étaient peu connus jusqu'à la découverte en 1922 dans la vallée des rois par le Britannique Howard Carter de sa tombe intacte avec un fabuleux trésor, dont son masque mortuaire en or massif.
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Dans un éditorial accompagnant l'étude, le Dr Howard Markel, de l'Université du Michigan (nord), estime que cette recherche soulève des questions éthiques comme le fait de savoir si des personnages historiques ont le même droit au respect de leur vie privée après leur mort que des citoyens ordinaires.- (Source AFP)

lundi 25 janvier 2010

Don Delillo - Americana (partenariat)

Chic, sélectionnée chez Bob... cette fois, j'ai réussi a être devant l'écran à temps pour participer au partenariat... et ravie de retrouver un Don Delillo en plus...
Grand merci à Blog-o-book...
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A vingt ans, David Bell a épousé une « pin-up » de bonne famille, et entamé dans l’audiovisuel une carrière qui l’a vite propulsé au sommet.
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Puis, déçu par le mirage de l’american way of life, il divorce et quitte son emploi.
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Il choisit alors de revivre un autre mythe américain, celui de la conquête de l’Ouest.
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Son errance le met en contact avec des personnages victimes d’une certaine délitescence sociale : une artiste déjantée, un alcoolique entouré d’animaux, un vétéran du Vietnam…
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De l’establishment au vagabondage l’auteur de Chiens galeux nous plonge ici dans les arcanes d’un pays-continent et d’une société en perpétuel mouvement. Il s’impose, aux côtés d’un Paul Auster ou d’un T.C. Boyle, comme l’un des meilleurs écrivains de cette jeune génération qui a entrepris de radiographier l’Amérique d’aujourd’hui.
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Poche: 452 pages
ISBN-10: 2742726535
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Ceux qui auront le plaisir de le lire également : Cécile, Céline, DeL, Manu,

samedi 13 septembre 2008

Don DeLillo - L'Homme qui tombe

rentrée littéraire septembre 2008

littérature étrangère - italie

En cette matinée du 11 septembre 2001, il y a, dans la main de Keith, masqué de cendres, criblé d'éclats de verre et revenu d'entre les morts dans l'appartement de son ex-femme, Lianne, une mallette qui ne lui appartient pas et que sa main de rescapé serre, mécaniquement, de toutes ses forces.


Tandis que Keith se rapproche et s'éloigne d'une autre femme rencontrée dans l'enfer des tours, avant de décider de finir sa vie assis devant une table de jeu dans le désert de Las Vegas, Lianne dérive entre l'inquiétude que lui causent l'attitude farouche et réticente de son propre fils, l'atelier d'écriture pour malades d'alzheimer dont elle a la charge, l'Homme qui Tombe, ce performeur que la police traque, la santé de sa mère qui vit depuis des années une incompréhensible liaison avec un mystérieux Européen, marchand d'art toujours entre deux avions, entre deux univers...

Affrontant, avec les seules armes de son art, un monde en morceaux dont la représentation s'est perdue avec les attentats du 11 Septembre, Don DeLillo donne à voir les ressorts brisés de la belle machine humaine - psychisme, langage et corps impuissant confondus.
Voyage au cœur de l'ADN de notre histoire commune, exploration magistrale des effets et des causes d'une catastrophe, ce roman fraye le chemin d'une catharsis qui autorise à regarder en face le Mal dans tous ses inévitables et fulgurants avènements.
Un homme qui tombe n'est pas un homme à terre. C'est un projectile du destin dans une parenthèse fulgurante.

Don DeLillo s'immisce dans cet entre-deux pour une lévitation apocalyptique.

De la catastrophe du 11 septembre 2001, il tire une conclusion acrobatique : New York est aujourd'hui peuplée d'électrons en chute libre. Alors DeLillo regarde les hommes tomber.

Ce n'est pas la première fois qu'il s'intéresse ainsi au combat de l'être avec son centre de gravité.

Depuis son premier roman, Americana (1), envoûtant « road novel » sur la dégringolade intérieure d'un apprenti cinéaste, la chute est même l'un de ses thèmes de prédilection.

DeLillo a toujours eu le sens de l'apesanteur inquiète, mais, jusqu'à présent, il voltigeait dans des cieux oxy­génés, arrimé à des héros d'une solide in­­dé­pendance, experts en monologues flam­boyants.

Cette fois, il tire un rideau de bru­me sur ses personnages, errants fantomatiques qui mêlent leurs solitudes jusqu'à former d'épais magmas d'anonymat.

Comme autant de gouttes de pluie inca­pables d'exister par elles-mêmes, ces individualités en perdition obscurcissent l'horizon au lieu de le dégager.

Il y a le mari, Keith, la femme, Lianne, l'enfant, Justin. Pour avoir vécu aux premières loges l'effon­drement des tours jumelles, tous sont liés par une solidarité anéantissante. L'amour qui les soudait s'est volatilisé dans la « pluie de cendres » de l'attentat.

Désormais, ils ne peuvent plus connaître l'« allégresse con­tenue », le « chuchotement de révélation à soi-même », et vivent hébétés.
Se souvenir ?

La mémoire prend des formes curieuses : réduite à l'état d'objet (un sac trouvé dans les décombres, qu'une victime essaie de restituer à son propriétaire) ou de nom déformé (dans la bouche des enfants, Ben Laden est devenu Bill Lawton), elle se contorsionne en vain sur les cahiers des patients d'un atelier d'écriture thérapeutique.

Oublier ? Impossible quand la violence de l'attentat propulse des éclats de chair humaine (des « shrapnels organiques ») dans le corps des survivants, jusqu'à les transformer en mosaïques de réincarnations des morts.

Alors chacun s'absente de lui-même, avec l'impression « d'être une jupe et un chemisier sans corps », se surprenant « à penser non pas en unités claires, dures, reliées, mais à seulement absorber ce qui vient, sortant les choses du temps et de la mémoire, pour les lâcher dans un espace sombre ».

Absurde, insécure, joueuse, glissante, la langue de Don DeLillo est fidèle à sa légende.

On retrouve, dans ses dialogues brefs et lancinants, la désolation beckettienne qui a toujours imprégné ses romans. Mais L'Homme qui tombe a aussi la suavité abasourdie d'Hiroshima mon amour, de Duras.

Depuis le 11 septembre 2001, Don DeLillo n'a rien vu à New York. Tout est resté en suspens, comme un souffle retenu.

(1) Americana est l'un des six romans regroupés dans le tome I des OEuvres romanesques de DeLillo, qui vient de sortir chez Actes Sud.-Marine LandrotTelerama n° 3039


L’Homme qui tombe n’est pas un texte facile à lire car l’écriture est cérébrale et l’émotion peu présente ; DeLillo n’est pas un auteur grand public et rentrer dans son œuvre demande de la concentration, mais une fois l’effort fait, c’est là qu’on vérifie à nouveau que le concept de littérature prend tout son sens : quand le pouvoir du romanesque permet d’aller bien plus loin que tous les ouvrages de géopolitique ou articles spécialisés.-http://www.deficulturel.net/modules/news/article.php?storyid=68367


Biographie

Don DeLillo (né en 1936 à New York) est un écrivain américain.


Auteur de nouvelles, de pièces de théâtre, des scénarios, et d'articles, il est surtout célèbre pour ses romans.


Personnalité discrète, mais moins secrète que Thomas Pynchon avec lequel on le compare parfois, Don DeLillo est volontiers associé au courant post-moderne, mais il ne se réclame pas lui-même de cette appellation.

Son oeuvre, d'une construction souvent complexe et d'une virtuosité stylistique incontestée, est parcourue par un certain nombre de thèmes récurrents tels que l'angoisse de la mort, et la fascination pour l'image, le film et le langage.

Bien que certains lui reprochent une forme d'obscurité ou un manque de puissance émotionnelle, Don Delillo a été l'objet de nombreux éloges. L'influent critique Harold Bloom écrit ainsi qu'il s'agit à sa connaissance de l'un des quatre seuls romanciers américains à être digne d'éloge, avec Thomas Pynchon, Philip Roth et Cormac McCarthy.

Don DeLillo est né dans le Bronx en 1936 de parents émigrés italiens.

Dans les interviews qu'il a accordé, il revient assez souvent sur l'importance qu'a pu avoir le catholicisme sur sa sensibilité intellectuelle et artistique. Il rapproche ainsi les rituels catholiques de son intérêt pour la religion qu'il décrit comme « une discipline et un spectacle, une chose conduisant les gens à un comportement extrême. Noble, violente, déprimante, belle ».

Étudiant à l'université jésuite Fordham, il n'étudie « pas grand chose », se spécialise en « arts de la communication », puis prend un travail dans la publicité, faute d'avoir trouvé quelque chose dans l'édition. Cinq ans plus tard, il quitte ce poste, sans raison dit-il seulement parce qu'il ne voulait plus travailler.

En 1971 parait son premier roman, Americana.

Ce roman est en quelque sorte le voyage spirituel de David Bell, jeune et beau cadre de télévision, apparemment promis à un brillant avenir. À l'occasion d'un voyage professionnel au coeur de l'Amérique, il en vient à mener un quête de soi, en même temps qu'il entreprend de créer une oeuvre cinématographique d'une infine complexité. Dans ce roman, Don DeLillo utilise son expérience personnelle, bien davantage qu'il ne le fera dans ses romans ultérieurs. - wikipédia

Auteur de quinze romans et de deux pièces de théâtre,

Don DeLillo s'est aujourd'hui imposé comme un véritable culte sur le plan international.

Il a obtenu les distinctions littéraires les plus prestigieuses dont The National Book Award,

The PEN / Faulkner Award, pour l'ensemble de son œuvre,

The Jerusalem Prize 1999.

En France, toute son œuvre est disponible chez Actes Sud :
Les Noms (1990 et Babel n°874),
Chien galeux (1991 et Babel n° 84),
Americana (1992 et Babel n° 420
Mao II (1992 et Babel n° 512), Joueurs (1993 et Babel n° 563),
L'Etoile de Ratner (1996),
Bruit de fond (Babel n° 371),
Outremonde (1999 et Babel n° 580),
Libra (Babel n° 461),
Body Art (2001 et Babel n° 603),
Cosmopolis (2003 et Babel n°674),
ainsi que les pièces de théâtre Valparaiso (Actes Sud-Papiers, 2001) et Cœur-saignant-d'amour (Actes Sud-Papiers, 2006).
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Note :
Me gène un peu que l'on fasse oeuvre de fiction avec cet évènement...

de toute façon, trop cérébral et culturel pour moi...

de très bonnes critiques des "milieux dit autorisés"...

mais lu tout autre chose sur pas mal de blogs de lecteurs... jugé plutôt ennuyeux.

voir les nouveautés chez l'éditeur : http://www.actes-sud.fr/nouveautes.php?groupe=5