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samedi 11 octobre 2008

le Grand Prix du Livre d’Histoire

Pour sa deuxième édition, il a été décerné le 2 octobre 2008 au Château de Nantes, dans ce lieu symbolique où fut signé l’Édit de Nantes en 1598.

Le lauréat 2008 est Alain-Gilles Minella pour son ouvrage Pour l'amour de l'enfant roi (éditions Perrin), ou l’histoire de ce couple improbable que constituèrent la reine Anne d’Autriche et le cardinal Jules Mazarin.
Une table ronde animée par Emmanuel Laurentin de France Culture a proposé un large débat autour du livre et de son auteur, associant journalistes, écrivains ainsi que des élèves du lycée Clemenceau.
Ce prix bénéficie du parrainage du Ministère de la Culture et de la Communication et du mécénat de la Société Générale qui le dote de 6 000 €. Créé en 2007, il vise notamment à promouvoir des oeuvres accessibles au grand public pour compléter les prix nationaux concernant trop souvent des travaux érudits et destinés à un public restreint.
Source : Communiqué de presse--Envoyé par Juan dans
Prix-Litteraires : Le blog le 10/11/2008 05:43:00 P

Peut-on imaginer un couple plus improbable que la reine Anne d'Autriche et le cardinal Jules Mazarin ?

Elle est tout, il n'est rien.

Elle est la plus belle, la plus noble, la plus riche princesse d'Europe et règne désormais sur l'un des pays les plus puissants du continent.
Lui, le fils d'un intendant lancé par une grande famille romaine, est sans noblesse, sans autre fortune à ses débuts qu'une incroyable faconde.

Elle est espagnole, il est italien et, pourtant, c'est la France qu'ils vont gouverner ensemble, alors même que le royaume traverse une des plus grandes crises de l'Ancien Régime.

Alain-Gilles Minella tourne ici résolument le dos aux clichés les plus éculés : le faquin d'Italie, cupide et combinard, l'Espagnole dolente et sans personnalité...

Dans un récit haletant et très documenté, il retrace l'histoire de ce couple uni dans le pouvoir et dans l'adversité par un véritable sentiment amoureux, l'assurance d'une mission à accomplir et l'ambition de faire de l'enfant roi, Louis XIV, le plus grand roi du monde.

Biographie

Editeur, Alain-Gilles Minella est l'auteur de nombreux ouvrages d'histoire. Son dernier livre, Aliénor d'Aquitaine, a été plébiscité par le grand public.


Autre titre :

Aliénor d'Aquitaine : L'Amour, le pouvoir et la haine
Elle a 29 ans, il en a 19 et leur rencontre fut un coup de foudre.

Ainsi commence une extraordinaire histoire d'amour et de politique, celle d'Aliénor d'Aquitaine, reine de France, mal mariée à Louis VII, qu'elle va bientôt quitter pour Henri, le jeune fils du comte d'Anjou.
Au-delà de cette union passionnée, Henri et Aliénor ont un sens inné de la politique.

Ensemble, ils vont bâtir un empire, l'empire Plantagenêt qui, à son apogée, s'étendra de l'Irlande et l'Angleterre à la Normandie, la Bretagne, et jusqu'à la Guyenne.

Ils auront huit enfants dont deux régneront sur l'Angleterre : Richard Cœur de Lion et jean sans Terre.

Biographie : Alain-Gilles Minella a collaboré avec Régine Pernoud pendant plus de dix ans, notamment à l'écriture de deux scénarios pour la télévision sur Jeanne d'Arc et Aliénor d'Aquitaine.

Note :
avant de les inscrire sur ma liste de lecture, peut-être lire celui de Régine Pernoud qui prend la poussière sur une étagère...

vendredi 3 octobre 2008

sélection pour le prix du premier roman

Sélection pour le prix du premier roman français

Los Angeles 32
de Philippe Moreau-Sainz (Michalon),

Au crépuscule de sa vie, un homme laisse vagabonder son âme et ses souvenirs dans les pas de son frère aîné, grand champion de la marche sportive au début des années 1930, disparu prématurément.

Partiellement recomposée à partir de précieuses coupures de presse jaunies et de la contemplation d'un vieil album de photos, cette tragédie familiale se brouille et se dilate au contact de la mémoire du narrateur.

Le réel devient fiction, une course de fond onirique, élégante, délicate et brutale.

Biographie : Philippe Moreau-Sainz est né à Paris en 1976. Los Angeles 32 est son premier roman.

Polichinelle,
de Pierric Bailly, (P.O.L),

« Des corps débiles, langues bien pendues, traits tirés, l’été jurassien, de nos jours, campagne française qui lorgne sur tout ce qui bouge de l’autre côté de l’Atlantique, qui saute sur la première occasion de se donner des coups, qui se dépêche de tout casser, de tout gâcher, au cas où il y aurait quelque chose à en tirer. »

Voici, rédigée par l’auteur, la jolie quatrième de couverture d’un surprenant premier roman.

Il raconte une histoire actuelle : une histoire de jeunes crétins de milieux plutôt aisés – c’est l’année du bac, un peu avant pour certains, un peu après pour d’autres – qui écoutent du rap, qui s’ennuient, qui ont de petites histoires de sexe, qui boivent, qui fument, qui font des bêtises, de grosses bêtises finalement puisqu’il y aura mort d’homme et qu’ils se retrouveront en première page du journal.

Ça se passe entre Besançon et Lons-le-Saunier et ça déménage... L’histoire en elle-même est, sinon banale, ordinaire : c’est aussi ce qui fait le prix de ce livre, cette plongée dans une atmosphère et un esprit, une culture, peut-être assez répandus, en tout cas vraisemblables. D’autant plus vraisemblables que l’écriture qui nous les donne à lire est incroyablement vive et qu’une belle imagination l’accompagne.

Le tour de force de Pierric Bailly, c’est d’avoir transformé un langage dont les puristes disent, pas toujours à tort, qu’il est relâché, en une forme travaillée, qui exploite toutes les ressources syntaxiques, rythmiques, métaphoriques, lexicales – et on s’aperçoit qu’elles sont nombreuses – d’un parler qui est constitué d’un mélange en principe pauvre et stupide d’argot, de néologismes, et d’américanismes, etc. rarement utilisé comme matériau littéraire.

Un mélange verbal presque aussi déconcertant, quand on l’aborde, que l’ancien français, par exemple. Mais, comme pour l’ancien français l’accoutumance est rapide parce que la structure est là, derrière, qui tient tout

Sans elle,
d’ Alma Brami (Mercure de France),

Léa a dix ans. Brutalement confrontée au monde des adultes, elle n'a, pour se défendre, que ses mots à elle.

Elle est comme Alice au pays des merveilles, projetée dans un monde d'ombre et d'inconnu. Pourtant, grâce à son innocence et à sa volonté, elle saura retrouver le chemin de la lumière.

Biographie : À vingt-trois ans, Alma Brami offre avec ce premier roman un miracle d'équilibre et de justesse. En prenant la voix d'une enfant, elle soulève les questions les plus graves avec les mots les plus simples. Et on ne sait, au fil de la lecture, si elle est une adulte qui sait emprunter les pas d'une enfant, ou une enfant qui possède la lucidité d'une adulte...


Alexis, la vie magnétique,
de Christine Brusson (Rocher),

Paris 1837.

Quel curieux destin que celui du petit Alexis qui, mordu par un chien, devient somnambule extralucide, comme on dit à l'époque !

Ce don prodigieux, c'est son magnétiseur et mentor Marcillet qui va le porter au plus haut. Il exhibe le garçon en province, en Angleterre, à Paris.

Alexis, roi des espaces, des déambulations merveilleuses, voit tout, devine tout, retrouve tout, résout tout, dans le temps et l'espace.

C'est bientôt la gloire et la fortune, même si certains doutent et ricanent. Des femmes passent dans la vie du voyant : Mina, la petite bonne, Eugénie, la cartomancienne, Rose, l'actrice. Il y a aussi Delaage, avec son étrange baignoire. Alexandre Dumas veut rencontrer le prodige.

Cela tombe bien : Alexis, las de tant de séances de magnétisme et de voyages entre deux mondes, veut faire du théâtre. Mais c'est la maladie qui le guette et les temps changent.

La vogue des tables tournantes détrône le magnétisme, Méliès invente le cinématographe...

Biographie : Dans ce premier roman étonnamment maîtrisé, Christine Brusson nous parle des turbulences de l'âme et des intermittences de l'esprit à travers un destin singulier : qui de nous ne serait pas touché ?

Le théorème d’Almodovar, d’ Antoni Casas Ros (Gallimard),


Défiguré à la suite d'un accident, le narrateur émerge lentement de sa solitude, réconcilie la forme et le sans-forme, explore le monde duquel il s'était retiré.

Le double regard, celui, distant, d'Almodovar qui le filme et celui, passionné, d'un transsexuel, lui fait comprendre peu à peu qu'il y a une fête au centre du vide.
Biographie : Antoni Casas Ros est né en 1972 en Catalogne française. Le théorème d'Almodovar est son premier roman. Il vit à Rome.


L’inachevée,
de Sarah Chiche (Grasset),

Hannah conjugue sa vie au passé décomposé. Ballottée entre la folie destructrice de sa mère, la perversité des amants de celle-ci et les médisances des autres membres de sa drôle de famille, elle tente de se remettre du rendez-vous manqué avec son père.

Comment sauver sa peau quand le roman familial prend toute la place et que les mots des autres dévorent l'espace du rêve ?

Biographie : Sarah Chiche vit à Paris. L'inachevée est son premier roman.


Des néons dans la mer,
de Frédéric Ciriez (Verticales),

Mêlant la satire de mœurs, l’érudition parodique, l’anticipation sociopolitique et le mélodrame portuaire, Des néons sous la mer se présente d’emblée comme une fiction inclassable qui multiplie les voies d’eau pour approcher la question complexe, et ici décomplexée, de la prostitution.

Premier roman de Frédéric Ciriez, ce livre baroque et désopilant est d’une rare maturité. Son lyrisme iodé et sa joie de vivre contagieuse tranchent avec l’esprit de sérieux des essayistes et le nombrilisme hystérique de certaines autofictions contemporaines.

Des néons sous la mer étonne par la subtilité de sa structure, la variété de ses styles et l’inventivité de ses ressources imaginaires. C’est un grand roman marin du monde entier qui ouvre les horizons des lecteurs. Au plaisir d’une langue tonique (comme on le dit du temps breton) qui conjugue culture et goût de la subversion facétieuse, poétique marine et souffle romanesque généreux.


Hôtel de Lausanne,
de Thierry Dancourt (La table ronde),

Daniel, le narrateur, rencontre une jeune femme " à l'allure de princesse fatiguée ", Christine Stretter, qui vit un peu hors du temps, entre un père passionné de mappemondes et un fiancé se rêvant cinéaste.
Dès lors, se noue une relation à part, clandestine, faite " d'attachement, de compréhension, de douceur ".
Au fil de ce roman nimbé de mystère, une géographie subtile se dessine. Dans un Paris enneigé, de rues en pente en chambres d'hôtel, des perspectives nouvelles ne cessent de s'ouvrir. Des décors très finement tracés révèlent tour à tour une énigmatique patronne de café, un ancien professeur de danse en proie à la solitude puis, à Casablanca où Daniel part en quête de meubles pour le compte d'un collectionneur, un volubile gardien d'immeuble ou encore l'étrange propriétaire de deux fauteuils signés du décorateur Jean Royère. Mais une figure domine, entre ombre et lumière : celle, singulière, de Christine Stretter.

Désirée,
de Marie Frering (Quidam Editeur),

Désirée est une fillette obstinée. Nourrie de rêves, réminiscences, voyages et voyances intérieurs, elle sait percer les mystères du monde en y plantant les aiguilles d'une compréhension bien particulière et fort intrigante pour l'oncle et la tante qui élèvent cette orpheline qui leur échappe.
Petite sœur des Alice, Tom Sawyer et autres David Copperfield, Désirée est de la lignée intemporelle des enfants-romans de la littérature. De ceux qui accompagnent longtemps.

La meilleure part des hommes,
de Tristian Garcia (Gallimard),

Dominique Rossi, ancien militant gauchiste, fonde à la fin des années quatre-vingt le premier grand mouvement de lutte et d'émancipation de l'homosexualité en France.
Willie est un jeune paumé, écrivain scandaleux à qui certains trouvent du génie. L'un et l'autre s'aiment, se haïssent puis se détruisent sous les yeux de la narratrice et de son amant, intellectuel médiatique, qui passent plus ou moins consciemment à côté de leur époque. Nous assistons avec eux au spectacle d'une haine radicale et absolue entre deux individus, mais aussi à la naissance, joyeuse, et à la fin, malade, d'une période décisive dans l'histoire de la sexualité et de la politique en Occident. Ce conte moral n'est pas une autofiction. C'est l'histoire, que je n'ai pas vécue, d'une communauté et d'une génération déchirées par le Sida, dans des quartiers où je n'ai jamais habité. C'est le récit fidèle de la plupart des trahisons possibles de notre existence, le portrait de la pire part des hommes et - en négatif - de la meilleure.

Place Monge,
de Jean-Yves Laurichesse (Le Temps qu’il fait),

Un officier de la Grande Guerre retrouve, le temps d'une brève permission, son appartement parisien et les traces d'un bonheur révolu.
Une jeune femme et son fils attendent son retour au fond d'une province. Mais la mort est en embuscade et va bientôt frapper, à plusieurs reprises.
De cette histoire tragique demeurent des lettres, des photographies, des documents officiels, longtemps enfouis dans un placard humide.
Leur découverte reconduira le petit-fils de l'officier à un immeuble de la Place Monge qu'il pensait n'appartenir qu'à l'histoire littéraire, et qui se révèlera comme le lieu même des coïncidences.
Biographie :Jean-Yves Laurichesse est né en 1956 à Guéret. Professeur de littérature française contemporaine à l'Université de Toulouse-Le-Mirail, il a publié des essais critiques et dirigé des ouvrages collectifs sur Jean Giono, Claude Simon, Richard Millet, l'imaginaire et l'intersexualité.

Les récidivistes,
de Laurent Nunez, (Champ Vallon),

C'est l'autobiographie d'un jeune homme d'aujourd'hui, mais si peu sûr de sa voix qu'il choisit d'en emprunter quatre autres :
celle de Quignard pour cerner l'amnésie frappant un amour de jeunesse ;
celle de Duras pour traduire sa poursuite effrénée de l'amour ;
celle de Proust pour avouer, sur le canevas de La Recherche du temps perdu, les péripéties d'une vie trop dissolue, de l'enfance jusqu'à l'avènement de l'écriture ;
enfin celle de Genet pour dénoncer le prix qu'on paie lorsqu'on écrit un livre.
C'est l'histoire d'un garçon qui n'arrive pas à aimer, qui ne comprend rien au monde, et qui décide d'écrire cette incompréhension dès lors qu'il comprend qu'elle va durer. C'est l'histoire de Laurent qui devient écrivain.
Biographie : Laurent Nunez est né en 1978 à Orléans. Il publie avec Les Récidivistes son premier roman.

Mon roi, mon amour,
de Robert Pagani (La Table ronde),

Le 31 mai 1906, à Madrid, le peuple en liesse célèbre le mariage d'Alphonse XIII avec une princesse anglaise de dix-neuf ans, Victoire-Eugénie de Battenberg.
Le cortège nuptial progresse lentement à travers la ville. Mais le pas paisible des chevaux cache mal ce qui se prépare au bout du parcours, à deux pas du palais royal.
C'est cet événement historique qui a inspiré à Robert Pagani Mon roi mon amour.
Séduit par le sort d'une jeune femme devenue reine d'Espagne dans des circonstances aussi dramatiques que violemment romantiques, il s'est glissé dans la peau de Victoire-Eugénie.
Mélange d'innocence et d'érotisme, ce court roman au style très vif est à la fois lyrique, torride et plein d'humour.
Biographie : Né à Lugano, au Tessin, en Suisse, Robert Pagani a fait toute sa carrière à l'ONU comme traducteur de conférence. Il est l'auteur de nombreuses pièces de théâtre, dont certaines ont été portées sur scène ou mises en ondes par la Radio Suisse Romande. Mon roi mon amour est son premier roman.

Saloon,
d’ Aude Walker (Denoël).

Lisa Duval était sûre d'avoir enterré pour toujours sa famille américaine, une tribu de la haute bourgeoisie new-yorkaise.
En exil à Paris, serveuse dans un hôtel de luxe, elle est parvenue à oublier ses fantômes. Jusqu'au jour où Vera, sa mère sublime et redoutable, apparaît parmi les clients et la hèle d'une main méprisante pour lui commander une vodka. " J'ai failli ne pas te reconnaître. "
Quels secrets Lisa a-t-elle essayé de fuir ? Pourquoi décide-t-elle de revenir à Black Lion, la maison natale au bord de l'océan ?
Sur la côte atlantique balayée par l'ouragan, parmi les yachts et les villas abandonnés, elle retrouve les pièces du puzzle familial. Dans ce petit monde intoxiqué par le passé, l'alcool, l'oisiveté et les dollars, l'irruption de la jeune femme réveille les démons endormis. Du côté de Cassavetes et de Bukowski, un western familial où scintille une poésie noire.
Biographie : Aude Walker a 26 ans. Saloon est son premier roman.


Sélection pour le
prix du premier roman étranger :

Stasiland,
d ’Anna Funder (Héloïse d’Ormesson)
Stasiland est le roman de la Stasi, la redoutable police secrète de l'Allemagne de l'Est. Malgré la chute du mur de Berlin, cette terrible époque hante encore victimes et anciens agents.
Ainsi, Miriam Weber, seize ans, détenue plusieurs jours pour un interrogatoire après avoir tenté de franchir le Mur. Herr Winz, nostalgique du communisme, cette période " bénie " où tous avaient du travail.
Ou encore cet indic qui se faisait passer pour aveugle afin de mieux espionner les suspects.
Enfin, Frau Paul, séparée pendant des années de son fils, hospitalisé à l'Ouest au moment de la construction du Mur.
Au fil de ces histoires, Anna Funder nous entraîne au cœur d'un régime camisole et nous plonge dans la folie de ces années Stasi où triomphe la délation.
Comme La Fie des autres, Stasiland expose un pays figé dans la peur. Un monde où la vie n'est jamais privée. Une réalité qui dépasse la fiction.
Biographie : Née à Melbourne en 1966, Anna Funder vit à Sydney. Elle a été avocate internationale et productrice radio et télé. Stasiland a reçu le prestigieux BBC Samuel Johnson Prize for Non-Fiction.

Dans la ville des veuves intrépides,
de James Canon (Belfond),
Baroque, foisonnante, éblouissante de fantaisie, la chronique tragico-burlesque d'une bourgade perdue au fin fond de la Colombie.
Un roman brillant, inventif, hilarant, par le fils spirituel de Garcia Márquez et de Vargas Llosa. Depuis ce jour où les guérilleros ont débarqué et réquisitionné tous les hommes du village, Mariquita tombe en ruine.
Seules, livrées à elles-mêmes, les femmes ne savent plus à quel saint se vouer. Qu'à cela ne tienne.
De ménagères soumises, d'épouses dociles, les femmes vont se transformer en leaders politiques de choc, instigatrices flamboyantes d'un nouvel ordre social. Ainsi, les très moustachues sœurs Morales décident de remédier à leur condition de célibataires frustrées en créant un bordel ambulant ; Francisca, la veuve d'un grippe-sou notoire, mène la grande vie après avoir découvert le magot de son mari. Et surtout, Mariquita peut compter sur la tenace Rosalba, la veuve du brigadier, auto-proclamée maire, et sur le padre Rafael, seul rescapé de la gent masculine, qui n'hésite pas à se porter volontaire pour assurer la procréation de la nouvelle génération...
Biographie : James Cañón est né et a grandi en Colombie. Après des études universitaires à Bogotá, il s'installe à New York pour apprendre l'anglais. Tout en prenant des cours à la New York University, il commence à écrire. Diplômé de l'université Columbia, il a reçu en 2001 le Henfield Prize for Excellence in Fiction, et ses nouvelles ont été publiées dans de nombreuses revues littéraires. James Cañón vit à New York et travaille actuellement à son deuxième roman.

Le tigre blanc
d’ Aravind Adiga, (Buchet-Chastel),

Le tigre blanc, c'est Balram Halwai, ainsi remarqué par l'un de ses professeurs impressionné par son intelligence aussi rare que ce félin exceptionnel.
Dans son Bihar natal miséreux, corrompu et violent, Balram est pourtant obligé d'interrompre ses études afin de travailler, comme son frère, dans le tea-shop du village.
Mais il rêve surtout de quitter à jamais les rives noirâtres d'un Gange qui charrie les désespoirs de centaines de générations. La chance lui sourit enfin à Delhi où il est embauché comme chauffeur. Et tout en conduisant en driver zélé, au volant de sa Honda City, M. Ashok et Pinky Madam, Balram Halwai est ébloui par les feux brillants de l'Inde récente des nouveaux entrepreneurs.
L'autre Inde, celle des trente-six millions et quatre dieux, celle des castes, des cafards, des taudis, des embouteillages monstres, des affamés, des éclopés et des laissés-pour-compte de la Shining India du XXIe siècle, finit par avoir raison de son honnêteté.
Car, de serviteur fidèle, Balram bascule dans le vol, le meurtre et pour finir... dans l'Entreprise... Roman obsédant écrit au scalpel et à même la chair du sous-continent, Le Tigre blanc, conte moderne, irrévérencieux, amoral mais profondément attachant de deux Indes, est l'œuvre du plus doué des jeunes auteurs indiens.
Biographie : Né à Madras en 1974, Arravind Adiga vit à Bombay. Le tigre blanc est son premier roman.

Bêtes sans patrie,
d’ Uzodinma Iweala (L’Olivier).

Agu est un enfant-soldat africain, un tueur.
Il obéit au Commandant, qui a sur lui droit de vie et de mort. Viols, exécutions, massacres : c'est la guerre civile.
Agu voudrait s'éveiller de ce cauchemar. Alors, il parle.
Biographie : Né aux Etats-Unis en 1982, d'origine nigériane, Uzodinma Iweala est diplômé de Harvard. Ce livre extraordinaire, écrit à 23 ans, lui a valu une notoriété internationale. Alain Mabanckou, qui l'a traduit, a notamment publié Verre Cassé et Mémoires de porc-épic (prix Renaudot 2006) aux éditions du Seuil.

Source :
LivresHebdo
peu de changement sur ma liste de lecture... rajout : Stasiland, d ’Anna Funder
déjà notés :
Dans la ville des veuves intrépides, de James Canon
Des néons dans la mer, de Frédéric Ciriez
Le tigre blanc d’ Aravind Adiga
les peut-être :
Alexis, la vie magnétique,de Christine Brusson
Mon roi, mon amour, de Robert Pagani

première sélection du Prix Décembre

qui sera remis le mercredi 12 novembre 2008 à l’hôtel Lutetia.

Christophe Claro Madman Bovary Verticales

C'est l'histoire d'un fou d'amour qui défait le monde comme d'autres le font : furieusement.
A l'insu de Flaubert, certes, mais du fond de son gueuloir. Encore sous le choc de sa rupture avec une certaine Estée, le narrateur s'abandonne corps et âme à la lecture.
Il jette son dévolu sur Madame Bovary, un roman qui lui est familier. Une nouvelle fois, le voilà dedans. Il s'y enferme, s'y promène, s'y démène, avant d'en bouleverser le déroulement naturel.
Démiurge dépourvu de scrupule, il endosse diverses identités parasites : puce, voyeur, pique-assiette, rôdeur et passager clandestin de la nef flaubertienne en déroute.
Sa mise à mal du texte le conduira aux limites de la négation de soi. Pas très loin du Nirvana ? Avec Madman Bovary, la langue de Claro, maintenue sous tension par la démesure de ce défi littéraire, n'a jamais autant joui de sa propre liberté, entre cut-up musical et sabordage érotique.

Maxime Cohen Promenades sous la lune Grasset

Qu'y a-t-il de commun entre des livres de cuisine, une scène érotique méconnue de la littérature du XVIIIe siècle, les plaisirs du tabac, l'art de placer l'e muet, Venise, l'usage astucieux des maladies, le goût du champagne, Stendhal et les curieux pouvoirs esthétiques de l'ennui ? Un regard.
Le regard, paradoxal, capricieux, érudit et inattendu de l'auteur de ces essais. C'est tout un monde qu'ils font défiler sous nos yeux, intérieur et pourtant ouvert aux plaisirs de la vie, terrestres comme spirituels. Et c'est à un voyage surprenant et délicieux qu'ils nous convient.

Benoît Duteurtre Les pieds dans l'eau Gallimard

«Le 29 septembre 1990, une vingtaine de descendants de René Coty se retrouvèrent à l'Élysée. Chez les petites-filles du Président, d'ordinaire si ardentes à rompre avec le passé, l'opportunité sembla éveiller un brin d'amusement.
Les années glorieuses s'éloignaient suffisamment pour prendre un arrière-goût folklorique. Tout le monde avait oublié le nom de Coty – sauf pour le confondre avec celui d'un parfumeur.
L'époque présidentielle ne représentait plus une menace avec ses privilèges. Rien ne pouvait désormais entraver le triomphe de cette vie normale vers laquelle ma famille inclinait depuis trente ans.» Avec ce roman familial, Benoît Duteurtre déploie son art d'humoriste social sur un mode plus intime. À l'ombre des falaises d'Étretat, il observe les transformations de la bourgeoisie en vacances, le catholicisme revisité par mai 68 et sa propre évolution de jeune homme moderne à la découverte de la nostalgie.

Mathias Enard Zone Actes Sud

Par une nuit décisive un voyageur lourd de secrets prend le train pour Rome, revisite son passé et convoque l’Histoire, dans un immense travelling qui mêle bourreaux et victimes, héros et criminels des guerres de la Méditerranée : une Iliade de notre temps.Trajet, réminiscences, aiguillages, allers-retours dans les arcanes de la colère des Dieux. Zeus, Athéna aux yeux pers et Arès le furieux guident la mémoire du passager de la nuit, fils d’un Français qui a fait la guerre d’Algérie et d’une pianiste d’origine croate.
Adolescent doublement imprégné de patriotisme, puis d’extrême-droitisme, il a prolongé son service militaire en sections spéciales et autres commandos, puis s’est fiancé avec la très blanche Marianne. Mais la guerre d’indépendance de Croatie, puis la Bosnie ont fait bouillir le sang qui coulait dans ses veines. Comme d’autres volontaires – Andrija surtout, dont il porte encore le deuil, et Vlaho le débonnaire qui finira mutilé – il est allé accomplir sa part de carnage, de viols, de cruautés (certaines scènes hantent encore ses insomnies).
Saturé de violence, il s’est fait oublier quelque temps dans la mortifère Venise (où Marianne l’a rejoint et bientôt largué d’un féroce coup de pied dans les génitoires). Puis il est rentré en France où il s’est montré peu bavard – avec son père, pourtant, il aurait pu confronter quelques souvenirs d’interrogatoires particuliers – s’est présenté et a échoué aux concours du Quai d’Orsay, est entré dans un Service du Renseignement où il a connu Stéphanie (deuxième amour, deuxième échec), puis s’est vu attribuer une “ Zone”…
Mais ce soir (quinze ans après ses premiers faits d’armes) c’est sous une identité d’emprunt que Francis Servain Mirkovic s’installe dans le train Milan-Rome pour ce qui devrait être le dernier voyage de sa carrière professionnelle. Au-dessus de lui, une mallette que par précaution il a menottée à une des barres du filet à bagages.
Demain à Rome (où Carol Vojtila n’en finit plus de gésir sur son lit d’agonie) un représentant du Vatican lui donnera trois cents mille euros – l’allusion aux trente deniers de Judas le fait sourire – en échange du trésor patiemment rassemblé dans les marges de son activité d’agent du Renseignement français dans sa Zone (d’abord l’Algérie puis, progressivement, l’ensemble du Proche-Orient). Le contenu de la mallette : des années de missions et d’investigations.
Un compendium d’archives, de fiches, de disques informatiques, d’images et de documents concernant des centaines d’individus – commanditaires ou intermédiaires, cerveaux ou exécutants, agitateurs et terroristes de toutes obédiences, marchands d’armes et trafiquants, criminels de guerre en fuite.
Les hommes de l’ombre et de l’action – sans guerres, l’Histoire serait pétrifiée, le monde serait mort d’ennui ! — qu’il a côtoyés, d’Alexandrie à Tel Aviv, du Caire à Jérusalem, d’Alger à Gaza ou Beyrouth. Une dernière transaction et il pourra changer de vie, peut-être emménager avec Sashka, une jeune Russe, peintre d’icônes…
Mais la nuit risque d’être longue. Le train démarre, Francis Servain Mirkovic allias Yvan Deroy est assis dans le sens contraire de la marche, adossé à son avenir – enfin ! – et les yeux tournés vers le passé qui défile… S’il fallait d’une image représenter la violence de tout un siècle, ne faudrait-il pas en effet choisir un train — un transport d’armes, de troupes, de prisonniers ou de déportés qu’on achemine vers les camps ?
Mais dans ce roman d’une ambition hors normes (à bien des égards digne d’un Tsirkas, d’un Jergović ou d’un Vollmann) la phrase elle aussi inscrit sa trace opiniâtre, itérative, récurrente dans l’immensité de l’espace-temps méditerranéen dont toutes les batailles, dont tous les hauts lieux, dont toutes les figures belliqueuses sont convoquées et invoquées.
Phrase-palimpseste dont les méandres explorent peu à peu le charnier géopolitique qui horizontalement s’étend de Zagreb à Beyrouth, d’Istanbul ou Trieste à Barcelone. Méticuleuse entreprise qui verticalement fouille les strates successives des civilisations de la mare nostrum, retournant à Rome (bien sûr) comme à un recommencement de l’Histoire, et à Homère (bien sûr) comme au plus éternel des aèdes fondateurs.
Roman ferroviaire, circulatoire et archéologique qui ne cesse d’exhumer des tesselles, fragments d’une stupéfiante mosaïque où les héros littéraires (Genet à Chatila, Pound à Venise, Burroughs à Tanger) et guerriers (Hannibal en Italie, Cervantès à Lépante, Napoléon à Lodi) comme les cohortes de victimes (prisonniers des geôles syriennes, Arméniens génocidés dans le désert de Der el Zor, milliers de juifs de Salonique acheminés vers Auschwitz) et de bourreaux (l’espagnol Millán Astray, le croate Ante Pavelic, Franz Stangl le commandant de Treblinka et tant d’autres encore) prennent place ensemble dans la dérive d’un homme au carrefour de sa vie, de ses hontes et de ses défaites amoureuses — car c’est aussi par la trop enviable beauté d’une femme qu’est advenue la guerre de Troie….
Si documenté qu’il soit (parce que nourri d’Histoire mais aussi de témoignages de combattants), Zone n’en revendique pas moins la liberté de re-création – témoin le faux-vrai livre que feuillette Francis Servain Mirkovic dans cette nuit au terme de laquelle il voudrait se délester de ses armes et bagages. L’histoire littéraire, elle non plus, n’a jamais pu démêler ce qui, dans l’Iliade, est faux de ce qui est vrai, car la forme en est si tenue qu’elle semble défier toute hypothèse d’improvisation.
Par “coïncidence”, Zone comporte autant de chapitres – vingt-quatre – que l’Iliade a de “chants”, et chacun d’entre eux réfracte une péripétie du récit homérique. Le lecteur a-t-il seulement conscience du tour qui lui est joué ? Il y a entre Milan et Rome (et d’un chapitre à l’autre, entre les villes qui scandent ce voyage) le même nombre de kilomètres que de pages de littérature. Qui osera désormais prétendre que le roman français a le souffle court ?
Alain Fleischer Prolongations Gallimard

La vieille Europe a-t-elle fait son temps, comme on dit? Et dans son match nul contre elle-même, joue-t-elle les prolongations?
Le narrateur, un jeune interprète franco-hongrois, vient prendre son poste dans un grand congrès européen qui s'éternise dans le dérisoire et le grotesque à Kaliningrad, une enclave russe sur la Baltique.
Dans cette ville qui fut, sous le nom de Königsberg, la patrie d'Emmanuel Kant et la capitale de la Prusse orientale, il découvre une société trouble, livrée aux intrigues, aux trafics en tout genre, à la prostitution généralisée, dominée par des pouvoirs occultes et des mafias, avec de nouveaux Russes prêts à tout vendre, des Allemands de toujours prêts à tout acheter, et des filles prêtes à tout.

Tristan Garcia La meilleure part des hommes Gallimard

Dominique Rossi, ancien militant gauchiste, fonde à la fin des années quatre-vingt le premier grand mouvement de lutte et d'émancipation de l'homosexualité en France.
Willie est un jeune paumé, écrivain scandaleux à qui certains trouvent du génie. L'un et l'autre s'aiment, se haïssent puis se détruisent sous les yeux de la narratrice et de son amant, intellectuel médiatique, qui passent plus ou moins consciemment à côté de leur époque.
Nous assistons avec eux au spectacle d'une haine radicale et absolue entre deux individus, mais aussi à la naissance, joyeuse, et à la fin, malade, d'une période décisive dans l'histoire de la sexualité et de la politique en Occident.
Ce conte moral n'est pas une autofiction. C'est l'histoire, que je n'ai pas vécue, d'une communauté et d'une génération déchirées par le Sida, dans des quartiers où je n'ai jamais habité. C'est le récit fidèle de la plupart des trahisons possibles de notre existence, le portrait de la pire part des hommes et - en négatif - de la meilleure.
Jean-Yves Lacroix Le cure-dent Allia

Biographie romancée du savant et poète perse du XIe siècle, Omar Kayyam.
Après avoir écrit des traités capitaux, il se retire de la vie publique et souhaite égaler Avicenne en se noyant dans l'alcool.
Dans une taverne il fait la connaissance d'une poétesse promise à un autre.
C'est un cure-dent trouvé dans un bazar qui marquera sa résurrection.


Denis Podalydès Voix off (1CD audio) Mercure de France
" Est-il, pour moi, lieu plus épargné, abri plus sûr, retraite plus paisible, qu'un studio d'enregistrement ? Enfermé de toutes parts, encapitonné, assis devant le seul micro, à voix haute - sans effort de projection, dans le médium -, deux ou trois heures durant, je lis les pages d'un livre.
Le monde est alors celui de ce livre. Le monde est dans le livre. Le monde est le livre.
Les vivants que je côtoie, les morts que je pleure, le temps qui passe, l'époque dont je suis le contemporain, l'histoire qui se déroule, l'air que je respire, sont ceux du livre.
J'entre dans la lecture.
Nacelle ou bathyscaphe, le réduit sans fenêtre où je m'enferme autorise une immersion ou une ascension totales. Nous descendons dans les profondeurs du livre, montons dans un ciel de langue.
Je confie à la voix le soin de me représenter tout entier. Les mots écrits et lus me tiennent lieu de parfaite existence. Mais de ma voix, lisant les mots d'un autre, ceux d'un mort lointain, dont la chair est anéantie, mais dont le style, la beauté de ce style, fait surgir un monde d'échos, de correspondances et de voix vivantes par lesquelles je passe, parlant à mon tour, entrant dans ces voix, me laissant aller à la rêverie, à l'opération précise d'une rêverie continue, parallèle et libre, je sais que je parle, je sais que c'est de moi qu'il s'agit, non pas dans le texte, bien sûr, mais dans la diction de ces pages.
Alors d'autres voix encore se font entendre, dans la mienne "

Josyane Savigneau Point de Cote Stock

Point de côté : douleur aiguë apparaissant sur le côté du corps, dont les causes exactes ne sont pas encore connues à ce jour. On a tout à coup très mal, et le souffle coupé, comme asphyxié, on est obligé de s’arrêter ».
Puis serrer les dents. Repartir.
Pour moi, le point de côté avait apparemment une origine situable. Cette phrase : « La calomnie s’est imposée, il faut tourner la page. » Et la page, c’était moi.
On me signifiait ainsi ma destitution de la direction du Monde des livres. Souffle coupé, comme asphyxiée…
Mais pour repartir, ne fallait-il pas remonter plus haut, creuser plus profond ?... Que n’avais-je pas compris de ce monde où je me croyais légitime ? Et qu’avais-je voulu ignorer de moi-même ?
Il fallait refaire ce parcours qui avait débuté une cinquantaine d’années plus tôt, dans une petite ville de province – « du mauvais côté du pont ». Sans ce point de côté qui m’« obligeait à m’arrêter », aurais-je entrepris ce voyage ? Pas sûr.
Philippe Vilain Faux-père Grasset

Le narrateur est un homme qui s'ennuie. Il collectionne les conquêtes, trouve dans l'acte d'amour un trompe-l'oeil et voit filer le temps mollement, sans emballement. Sa rencontre avec la jolie italienne Stefania bouleverse sa léthargie, pimente son quotidien par des aller-retour entre Turin et Paris, bref il n'est pas follement amoureux de cette jeune femme mais il savoure le temps passé auprès d'elle.
Quand la belle lui annonce être enceinte, c'est un coup de massue sur la tête. Jamais l'homme n'avait envisagé d'être père, et aussitôt il est saisi d'angoisses, de rejet et de réflexions mesquines envers cette grossesse subie.
Dans ce livre, Philippe Vilain exprime le point de vue masculin d'un couple qui attend un enfant. Souvent ce sujet est abordé d'après la femme, Faux-père apporte un regard différent, moins versé dans le sentiment.
Cet homme refuse l'enfant à naître mais n'arrive pas à l'exprimer ni à évoquer l'avortement. En face de lui, Stefania s'épanouit, inconsciente et aveugle, naïve aussi.
C'est dans son Journal que l'homme fait part de ses doutes et nombreuses questions. Il n'est pas tendre, emploie des termes virulents ("Cet enfant que Stefania attendait, qu'elle avait décidé seule de se faire faire, ne me concernait pas. Pouvais-je considérer ce viol comme une preuve d'amour ?").
Bref, il est embarqué dans une espèce de mascarade, il joue un rôle - selon lui - mais ne sait pas jusqu'où tout ceci va le conduire.

Prochaine sélection : jeudi 23 octobre.
Source :
LivresHebdo

Note :

rouge : sur ma liste de lecture

bleu : lecture probable

vert : à découvrir
*

aucun risque que je les lisent.

Prix des Lecteurs de la Ville de Vincennes

rentrée littéraire septembre 2008
James Cañón Dans la ville des veuves intrépides (Belfond)

Baroque, foisonnante, éblouissante de fantaisie, la chronique tragico-burlesque d'une bourgade perdue au fin fond de la Colombie.
Un roman brillant, inventif, hilarant, par le fils spirituel de Garcia Márquez et de Vargas Llosa.
Depuis ce jour où les guérilleros ont débarqué et réquisitionné tous les hommes du village, Mariquita tombe en ruine.
Seules, livrées à elles-mêmes, les femmes ne savent plus à quel saint se vouer.
Qu'à cela ne tienne.
De ménagères soumises, d'épouses dociles, les femmes vont se transformer en leaders politiques de choc, instigatrices flamboyantes d'un nouvel ordre social.
Ainsi, les très moustachues sœurs Morales décident de remédier à leur condition de célibataires frustrées en créant un bordel ambulant ;
Francisca, la veuve d'un grippe-sou notoire, mène la grande vie après avoir découvert le magot de son mari.
Et surtout, Mariquita peut compter sur la tenace Rosalba, la veuve du brigadier, auto-proclamée maire,
et sur le padre Rafael, seul rescapé de la gent masculine, qui n'hésite pas à se porter volontaire pour assurer la procréation de la nouvelle génération...
Biographie
James Cañón est né et a grandi en Colombie. Après des études universitaires à Bogotá, il s'installe à New York pour apprendre l'anglais. Tout en prenant des cours à la New York University, il commence à écrire. Diplômé de l'université Columbia, il a reçu en 2001 le Henfield Prize for Excellence in Fiction, et ses nouvelles ont été publiées dans de nombreuses revues littéraires. James Cañón vit à New York et travaille actuellement à son deuxième roman.


Le Prix des Lecteurs de la Ville de Vincennes a été créé en 2006 à l'initiative du réseau des Bibliothèques de la Ville de Vincennes. Il récompense un auteur invité au Festival America (Festival de littérature et culture d'Amérique du Nord qui a lieu tous les 2 ans).
2008 James Cañón Dans la ville des veuves intrépides (Belfond)
2006 Joseph Boyden Le chemin des âmes (Albin Michel)