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jeudi 12 mars 2009

Les 10 livres préférés de 100 écrivains francophones

Quels sont les ouvrages de chevet de nos auteurs ?

Eh bien, sans surprise on trouve “A la Recherche du temps perdu”, de Proust, mais aussi “Absalon, Absalon !”, de Faulkner, et… mais oui, ”La Princesse de Clèves” (n’en déplaise à certains).
On vous a coupé les 100 palmarès en 10 fois 10 (un par jour) : première liste de listes dans 5 mn chrono.
*
Quels sont vos dix livres préférés ?
C'est la question toute simple que nous avons posée à cent écrivains. Non pas dans l'idée de réaliser une enquête qui aurait valeur de son­dage ou d'étude plus ou moins scientifique, mais pour tenter plus modestement de sentir d'où viennent, littérairement parlant, les écrivains français et francophones d'au­jourd'hui.
Sous les auspices de quels grands auteurs se placent-ils ?
De quels livres, chefs-d'oeuvre incontestés ou ouvrages plus mo­destes, se sont-ils nourris et continuent-ils de s'alimenter ?
Pour savoir aussi, plus simplement, quels sont leurs livres de chevet, les livres de leur vie, avec la conviction qu'en des temps où les sombres augures annoncent la désaffection du public pour la littérature et la lecture il n'existe peut-être pas de prescripteurs plus efficaces que les écrivains eux-mêmes.
*
Les choix que nous ont confiés les cent auteurs sollicités témoignent d'abord d'une formidable diversité : plus de trois cents titres cités.
Et dans nombre de ces listes de dix livres chacune – parfois onze ou douze, mécompte à attribuer tantôt à l'inadvertance, tantôt à l'impossibilité radicale de s'en tenir à dix titres, tantôt encore à un esprit d'« indiscipline » revendiqué, comme c'est le cas pour Olivier Rolin ou Jean Hatzfeld –, une aimable cohabitation entre des livres phares du patrimoine littéraire mondial et des livres plus confidentiels, à la notoriété moins grande.

Autre évidence :
le critère linguistique n'est pas de mise pour nos écrivains, lorsqu'ils sont appelés à désigner leurs livres préférés. Ainsi, parmi les vingt auteurs les plus fréquemment cités, voit-on figurer au­tant d'étrangers que de français, Faulkner, Dostoïevski, Virginia Woolf, Joyce ou Kafka... côtoyant le plus naturellement du monde Flau­bert, Céline, Stendhal ou Rimbaud.
A noter encore que ces sélections mettent en évidence le poids énorme du roman parmi les lectures de chevet de nos écrivains d'aujourd'hui : quelques poètes (Rimbaud, Baudelaire...) se glissent parmi les vingt auteurs les plus cités, Shakespeare et Beckett évitent au théâtre d'être totalement absent - encore faut-il signaler que Beckett est davantage présent au titre de ses romans que de son théâtre -, mais c'est à peu près tout. Seul Pierre Assouline, par ail­leurs biographe d'Hergé, a inclus dans son choix de dix titres une bande dessinée : en l'occurrence Le Lotus bleu, une des aventures de Tintin.

Enfin, relevons que les contemporains ne sont pas absents, mais assez rares :
Yves Bonnefoy, Jean Echenoz (Ravel), Pierre Michon (Vies minuscules), Patrick Modiano (Un pedigree) et Philippe Sollers (Paradis) figurent, sans surprise, côté littérature française, parmi nos « contemporains capitaux ». Avec eux, plus inattendus peut-être, Jean-Jacques Schuhl (Rose poussière, parmi les livres préférés de Chloé Delaume), Xavier Houssin (16, rue d'Avelghem, choisi par Régis Jauffret) ou Alain Mabanckou (Verre cassé, cité par Gilbert Gatore), mais encore Pierre Pachet ou Renaud Camus... Et, côté étranger, Philip Roth, García Márquez, Ian McEwan, J.M. Coetzee ou l'admirable W.G. Sebald (mort en 2001)...

Une silhouette domine incontestablement :
Marcel Proust, A la recherche du temps perdu étant cité par un écrivain sur trois. Suit, en deuxième position, mais loin derrière la grande fresque proustienne, l'Ulysse de Joyce, qui ne figure plus que dans les choix de treize écrivains sur les cent interrogés.
Puis vient le diptyque d'Homère, l'Iliade et l'Odyssée. Ce triomphe de Proust ne surprend pas vraiment l'essayiste et enseignant Olivier Decroix (1) : « A la Recherche du temps perdu est une sorte de terreau fertile pour les écrivains, comme l'écrivait Julien Gracq.
C'est un livre inépuisable, une œuvre qui ne finit jamais, qui est très diverse, par certains aspects encore très ancrée dans le XIXe siècle, par d'autres parfaitement moderne. Ce caractère inépuisable est aussi lié à la grande liberté de Proust, qui mélange au roman des passages qui relèvent de l'essai, de la réflexion sur l'art ou sur l'écriture, de l'autobiographie aussi.
Enfin, La Recherche est un livre qu'on peut lire plusieurs fois et à des âges différents en y trouvant, à chaque lecture, des choses nouvelles. Comme si on ne l'avait jamais lu. »

Sollicités eux aussi, il y a deux ans, pour désigner leurs livres préférés, cent vingt-cinq écrivains anglo-saxons (anglais, américains, australiens...) avaient choisi pour écrivain favori Tolstoï, dont les deux grands romans, Anna Karénine et Guerre et paix, étaient respectivement premier et troisième parmi les livres les plus cités (2).
Les accompagnaient, parmi les cinq premiers, Madame Bovary, de Flaubert, Lolita, de Nabo­kov et Les Aventures de Huckleberry Finn, de Mark Twain. Suivaient Shakespeare, Fitzgerald et Gatsby le magnifique, La Recherche, les nouvelles de Tchekhov et le gros et merveilleux Middlemarch de George Eliot. Observant de près cette synthèse établie à partir des cent vingt-cinq sélections, un des commen­tateurs relevait : « La préférence collective, telle qu'elle apparaît dans cette liste, va clairement à de grands romans dramatiques qui parlent d'amour et de mort, et sont portés par des personnages inoubliables. »

Plutôt que vers les grandes fresques romanesques, leurs narrations confiantes et leurs héros formidablement incarnés, les écrivains français, du moins ceux que nous avons interrogés, inclinent, eux, vers les grands modernes du XXe siècle que sont Joyce, Kafka ou Woolf, manifestant plus de doute que d'assurance dans la suprématie du personnage et l'intérêt du roman en tant que pure narration.
« Tous ces auteurs, y compris Céline et Rimbaud, sont habités par une interrogation sur le sujet. Qu'est-ce qu'un personnage ? Qu'est-ce qu'un point de vue ? Qui parle ?
Le personnage, chez eux, est toujours très menacé. Ce sont des auteurs qui posent la question de l'identité.
Des auteurs, aussi, qui mettent en question le réel en en livrant une image déformée, loin du réalisme, pour essayer d'en dire quelque chose de neuf, d'inédit », analyse Olivier Decroix.

Ces interrogations sur le person­nage et la perception du monde, qui courent tout au long du XXe siècle littéraire, demeureraient donc pleinement vivantes aujourd'hui pour les écrivains français, continue Olivier Decroix.
Qui ajoute : « Je suis frappé de voir que, il y a cinquante ans, dans son essai L'Ere du soupçon, Nathalie Sarraute citait déjà Flaubert, Proust, Dostoïevski parmi les auteurs sur lesquels l'écrivain devait s'appuyer pour rompre avec la littérature héritée du XIXe siècle (dont elle ne sauvait que Flaubert, honnissant en revanche Balzac) et inventer un nouveau roman.
Un demi-siècle plus tard, on retrouve le même trio, comme si l'idée de ce qui est moderne, ce qui est neuf, n'avait pas changé. Comme si on n'était pas sorti de cette interrogation méfiante sur le personnage traditionnel, tel qu'il existe dans la fiction réaliste. »

Mais peut-être faut-il arrêter là l'analyse.
Ne pas s'efforcer de tirer des enseignements généraux et collectifs de choix profondément individuels et souvent singuliers. Ne pas oublier que, nous faisant part de leurs dix livres préférés, un nombre important d'auteurs ont tenu à souligner que, s'ils avaient établi leur liste la veille ou quelques jours plus tard, elle aurait été différente.
Pour finir, pointons une curiosité imprévue et sympathique : la présence de La Prin­cesse de Clèves dans ce « palmarès », en très bonne place. Référence évidente et sincère pour de nombreux auteurs, l'ouvrage de Mme de La Fayette bénéficie aussi sans doute d'un engouement conjoncturel, ironique et « militant », qu'on peut relier aux attaques répétées dont il a été la victime de la part de Nicolas Sarkozy depuis février 2006 (3).
L'hy­pothèse est corroborée par l'évolution des ventes du roman en librairie : de sept mille exemplaires par an, ses ventes, dans les trois collections de poche de Gallimard où le livre est notamment présent, ont brusquement doublé l'année dernière, occasionnant la réimpression inattendue du roman.

Les auteurs les plus cités

Marcel Proust (33 fois)
William Faulkner (24)
Gustave Flaubert (23)
Fiodor Dostoïevski (16)
Virginia Woolf (15)
James Joyce (14)
Franz Kafka (14)
Louis-Ferdinand Céline (13)
Samuel Beckett (11)
Arthur Rimbaud (11)
Stendhal (10)
Mme de La Fayette (9)
Léon Tolstoï (9)
Malcolm Lowry (9)
William Shakespeare (9)
Herman Melville (9)
Primo Levi (9)
Georges Bataille (9)
Jean Giono (9)
Charles Baudelaire (8)
Homère (9)
André Breton (8)
Albert Camus (8)
Miguel de Cervantès (8)

illustration : la lectrice de Maria Cuevas

Les livres les plus cités
A la recherche du temps perdu, de Marcel Proust (33 fois)
Ulysse, de Joyce (13)
Iliade et Odyssée, d’Homère (9)
La Princesse de Clèves, de Mme de La Fayette (9)

Le Bruit et la Fureur, de William Faukner (8)

Absalon, Absalon !, de William Faulkner (8)

Les Fleurs du mal, de Baudelaire (8)

Sous le volcan, de Malcolm Lowry (8)

Don Quichotte, de Miguel de Cervantès (8)

L’Education sentimentale, de Gustave Flaubert (7)

La Bible (6)

Fictions, de J.-L. Borges (6)

Journal, de Franz Kafka (6)

Moby Dick, de H. Melville (6)

Les Frères Karamazov, de Fiodor Dostoïevski (6)

Une saison en enfer, d’Arthur Rimbaud (6)

Anna Karénine, de Léon Tolstoï (5)

Correspondance, de Gustave Flaubert (5)

La Divine Comédie, de Dante (5)

Les Liaisons dangereuses, de Choderlos de Laclos (5)

Le Maître et Marguerite, de Mikhaïl Boulgakov (5)

Mémoires d’outre-tombe, de Chateaubriand (5)

Récits de la Kolyma, de Varlam Chalamov (5)
Si c’est un homme, de Primo Levi (5)

Voyage au bout de la nuit, de L.F. Céline (5)
illustration : les livres de Robert Gaudreau
.
Nathalie Crom
Télérama n° 3087
(1) Il est l'auteur notamment de l'essai “Le Romantisme” (avec Marie De Gandt, éd. Bibliothèque-Gallimard) et de l'édition commentée d'“Hernani”, de Victor Hugo, éd. FolioPlus-Classiques.

(2) Voir les résultats plus complets sur le site de Times :
www.timesonline.com.

(3) A propos de la présence de ce roman dans le programme d'un concours de recrutement de la fonction publique, Nicolas Sarkozy avait déclaré : “Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d'interroger les concurrents sur La Princesse de Clèves. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu'elle pensait de La Princesse de Clèves... Imaginez un peu le spectacle !”
source : télérama

jeudi 22 janvier 2009

Première sélection pour le Goncourt du premier roman 2009

Alors qu'elle vient juste de rénover son site,
l'Académie Goncourt a publié sa sélection pour le Goncourt du premier roman 2009,
qui sera décerné le 3 mars :

Paul Andreu,
La Maison (Stock)
Peut-être que s’il n’avait pas revu la maison de son enfance, un soir par hasard, à l’aube de ses soixante ans, Paul Andreu n’aurait jamais écrit ce livre. Il aura fallu qu’il repasse par cette ville où il a grandi, qu’il s’impose le détour imprévu pour que tout resurgisse : les odeurs, les sons, les jeux, les règles et les secrets bien sûr.
On connaît le travail considérable de Paul Andreu architecte (de l’Opéra de Pékin au Musée Maritime d’Osaka, de l’Oriental Art Center à Shanghai à une trentaine d’aéroports à travers le monde…), on découvre ici un écrivain de l’intime et du particulier.
Le meilleur chemin, sans doute, pour atteindre l’universel.La maison de Paul Andreu n’est pas celle qu’il a toujours rêvé de construire mais celle qui l’a construit.

Justine Augier,
Son absence (Stock)
un vieil homme né en 1933 à Vienne, devenu écrivain public, est chargé par les proches et la famille d'écrire la vie de l'absent, à partir de photos, journaux, carnets, cassettes, etc.
Parmi ses dossiers, il a été happé par le cas d'Aria, une jeune fille portée disparue depuis trois ans.
Son portrait ressemble à une peinture idéalisée tant l'écrivain porte aux nues cette femme mystérieuse.
Et Aria apparaît alors telle une figure qui voudrait friser la perfection, même si au fond c'était une personne sans cesse sur la corde raide, fragile et sensible. Elle était tombée amoureuse de Raphaël, l'objet de ses désirs.
A cherché à toujours remettre en question cette attirance, y travaillant sans cesse, avec soin et beaucoup d'angoisse. Cela a eu raison de sa vulnérabilité...
C'est un homme sans vertu, sans conscience. Un libertin, un impie. Il se moque de tout, n'a que faire des conventions, rit de la morale.
Ses mœurs sont, dit-on, tout à fait inconvenantes, ses habitudes frivoles, ses inclinations pour les plaisirs n'ont pas de limites. Il convoite les deux sexes.
On ne compte plus les mariages détruits par sa faute, pour le simple jeu de la séduction, l'excitation de la victoire.
Il est impudique et grivois, vagabond et paillard. Sa réputation le précède. Les mères mettent en garde leurs filles, de peur qu'il ne les dévoie. Il est arrivé, on le soupçonne, que des dames se tuent pour lui. Après les avoir menées aux extases de l'amour, il les méprise soudain car seule la volupté l'attise.
On chuchote qu'il aurait perverti des religieuses et précipité bien d'autres dames dans les ordres. Il détournerait les hommes de leurs épouses, même ceux qui jurent de n'être pas sensibles à ces plaisirs-là. Oh, je vous le dis, il faut s'en méfier comme du vice.»
Paris, 1760. Le jeune Gaspard laisse derrière lui Quimper pour la capitale. De l'agitation portuaire du fleuve aux raffinements des salons parisiens, il erre dans les bas-fonds et les bordels de Paris. Roman d'apprentissage, Une éducation libertine retrace l'ascension et la chute d'un homme asservi par la chair.
ce livre a obtenu le prix de Flore 2008
Dominique Rossi, ancien militant gauchiste, fonde à la fin des années quatre-vingt le premier grand mouvement de lutte et d'émancipation de l'homosexualité en France. Willie est un jeune paumé, écrivain scandaleux à qui certains trouvent du génie.
L'un et l'autre s'aiment, se haïssent puis se détruisent sous les yeux de la narratrice et de son amant, intellectuel médiatique, qui passent plus ou moins consciemment à côté de leur époque.
Nous assistons avec eux au spectacle d'une haine radicale et absolue entre deux individus, mais aussi à la naissance, joyeuse, et à la fin, malade, d'une période décisive dans l'histoire de la sexualité et de la politique en Occident.
Ce conte moral n'est pas une autofiction. C'est l'histoire, que je n'ai pas vécue, d'une communauté et d'une génération déchirées par le Sida, dans des quartiers où je n'ai jamais habité. C'est le récit fidèle de la plupart des trahisons possibles de notre existence, le portrait de la pire part des hommes et - en négatif - de la meilleure.
Les récidivistes (Champ Vallon)
C'est l'autobiographie d'un jeune homme d'aujourd'hui, mais si peu sûr de sa voix qu'il choisit d'en emprunter quatre autres :
celle de Quignard pour cerner l'amnésie frappant un amour de jeunesse ;
celle de Duras pour traduire sa poursuite effrénée de l'amour ;
celle de Proust pour avouer, sur le canevas de La Recherche du temps perdu, les péripéties d'une vie trop dissolue, de l'enfance jusqu'à l'avènement de l'écriture ;
enfin celle de Genet pour dénoncer le prix qu'on paie lorsqu'on écrit un livre.
C'est l'histoire d'un garçon qui n'arrive pas à aimer, qui ne comprend rien au monde, et qui décide d'écrire cette incompréhension dès lors qu'il comprend qu'elle va durer. C'est l'histoire de Laurent qui devient écrivain.
" Mon père a décidé que son combat d'une vie serait de ne pas mourir. De ne pas mourir, donc de ne pas vieillir.
D'arrêter le temps ? Au début, je croyais qu'il était le seul atteint. Et puis je me suis aperçue que la génération suivante était pire. Voilà le problème.
Les gens ne veulent plus mourir. Alors ils volent la vie de leurs enfants.
Ce sont des ogres. " M. R. Comment une jeune femme peut-elle grandir quand son père refuse de le faire ?
A la fois drôle et pudique, tendre et cruel, ce premier roman sur la confusion des âges nous concerne tous.
source : fluctuat - Céline le 22.01.09

mardi 13 janvier 2009

bibale... pour s'inscrire


Bibale est un site pour cataloguer ses lectures (mais aussi sa musique, ses vidéos… et tous les produits culturels que l’on consomme) à la manière de LibraryThing ou Babelio, mais aussi un service de partage et d’échange de ces mêmes produits culturels, un peu comme le proposait le défunt Colivri.

Chaque utilisateur renseigne les produits culturels qu’il possède ou apprécie et peut se rattacher à des clubs géolocalisés pour faciliter l’échange, qu’on peut démultiplier à l’envie (lieu de travail, association…).
Bibale facilite le prêt de livres entre utilisateurs en facilitant la visualisation de ces échanges dans des agendas.
Le plus réussi dans Bibable, n’est pas vraiment l’interface (encore un peu complexe par moment, mais soyons indulgent c’est une beta), mais le croisement de services et leur fluidité : d’un clic vous importez des livres d’Amazon, d’un clic vous vous identifiez (avec votre compte Google), etc.

A tester, en vous aidant des excellents tutoriels vidéos qui ont été mis en place.
Via l’auteur de Bibale, par mail, Mathias Herberts.
source : la feuille

LibFly... pour s'inscrire



Jamais 2 sans 3.
Je découvre via un mail de son fondateur Olivier Walbecq, qui est l’un des cofondateur d’Archimed, LibFly, un réseau social du livre qui marche également sur les pas de Babelio.
Peu de fonctions différenciantes, hormis peut-être la possibilité de créer des listes de lectures et de proposer des livres de sa bibliothèque au prêt.
Signalons un programme
Contributeurs qui vise à récompenser les meilleurs contributeurs.
La guerre aux lecteurs est-elle déclarée ?
source : la feuille

LisezPostez : une nouvelle façon de partager ses impressions de lecture

Fondé sur l’utilisation de QR Codes, un simple téléphone est nécessaire.

Né d’un projet universitaire, LisezPostez a pour objectif de répondre à un manque principalement ressenti par les bibliothécaires comme par les grands lecteurs : il n’est pas toujours aisé d’avoir un retour sur les lectures réalisées.

Pour pallier cette carence, LisezPostez propose l’utilisation des QR Codes : ces codes barres d’un nouveau genre permettent d’être lus par un téléphone équipé d’un appareil photo.

Une fois capté par l’objectif, le téléphone peut lire le code et entraîner ainsi l’utilisateur directement sur la page web liée à ce code.

Le site promet l’utilisation prochaine d’un programme permettant de lire de la même façon les codes ISBN.

Une fois sur la page correspondante au code, vous pourrez consulter la fiche du livre que vous aurez entre les mains.

Deux possibilités s’offriront alors à vous : vous disposerez des différents commentaires et notations laissés sur le livre mais vous aurez aussi l’opportunité de marquer votre propre jugement sur l’ouvrage.

Les bibliothécaires pourront eux aussi laisser leurs avis dans une catégorie bien visible, comme également les journalistes. Dans le devenir de ce service, on retrouvera un accès à l’avis des lecteurs, celui des professionnels mais également un résumé de l'oeuvre, ou encore une FAQ. Pour mieux comprendre les enjeux de ce nouveau procédé, je vous invite à venir directement découvrir le site LisezPosez.
source- Victor de Sepausy, le mardi 13 janvier 2009 à 07h01 - La Feuillle



illustration : Denise Levai Moënnath

jeudi 21 août 2008

Mondialisation de la rentrée littéraire



En recherchant la nouvelle émission littéraire de France 2, trouvé cet article... pour en savoir plus sur le site, cliquez sur le titre.


*


Ce qu'on appelle la " rentrée littéraire " repose sur une double antinomie qui crée la tension médiatique que l'on connaît.


Deux niveaux se répondent :


d'une part, un milieu éditorial qui se pense raisonnable, patrimonial, mais qui sait aussi organiser des " coups " pour qu'un succès saisonnier renfloue les caisses ;
d'autre part, un produit, le livre, que son contenu engage dans des conflits symboliques, esthétiques, politiques ou autres, mais qui se laisse médiatiser par quelques " personnes autorisées ", comme disait Coluche, que bien des lecteurs suivront aveuglément.

Par conséquent, chaque rentrée prétendue nouvelle ne l'est que par sa théâtralisation en plusieurs actes :

fin août, les lamentations devant l'avalanche de titres annoncés (1) ;

fin septembre, les premières listes de sélection des prix ; octobre-novembre, les principaux prix décernés et les listes de vente (2) ;

décembre, les ouvrages à offrir pour les fêtes.

Au détriment des textes qui sont moins lus que commentés, la rentrée vise en fait à renforcer des institutions : les maisons d'édition, la critique, les jurys de prix littéraires.

La littérature semble alors prise en otage par sa contemporanéité-même, ou, pour le dire autrement, les forces du texte sont occultées par les enjeux du livre.

Henri Meschonnic prétend que la poésie est le pire ennemi du poème, surtout depuis qu'elle s'institutionnalise en " Printemps des poètes ".

Or, dans le même temps, et c'est pourquoi nous en parlons, chaque rentrée est suivie par des amateurs de littérature qui cherchent à satisfaire leurs goûts mais qui n'ont plus besoin d'être à Paris.

L'histoire littéraire contemporaine ne peut plus être abordée sans que l'on considère ses relations avec l'informatique et les réseaux numériques. D'un bout à l'autre de la chaîne du livre, la numérisation et le transfert à haut débit se développent et tendent à devenir la norme, qu'on le veuille ou non.

Bien sûr, si les opérateurs traditionnels de cette chaîne participent, voire orchestrent eux-mêmes cette révolution, ils ont de meilleures chances de préserver certaines exigences de qualité. Après nombre de lecteurs, de bibliothèques et de librairies, c'est ce que les maisons d'édition sont en train de comprendre, et pour certaines déjà, de réaliser. J'en veux pour preuve la rentrée littéraire de l'an 2000, date fantastique pour nos ancêtres - qui n'avaient peut-être pas tort…

L'amateur de littérature farouchement réfractaire aux ordinateurs sait-il que la rentrée littéraire a commencé dès la mi-août sur Internet ?

D'Oslo, de Mexico ou de Tokyo, on en sait déjà plus qu'à traîner dans les cocktails parisiens, grâce aux sites web des éditeurs et des rubriques littéraires des principaux journaux (3)

Il est aussi possible de recevoir des lettres d'information (électroniques) d'éditeurs ou de sites littéraires.

Ainsi, dès ce moment, on voit surgir d'un seul coup, et de tous côtés, les nouvelles parutions, les désirs de scandale, les échos des vestiaires de la course aux prix. C'est à qui aura les meilleurs pronostics ; on décerne des étoiles ; même sans autorité, on commente à tour de bras ; et toutes ces pages web sont assorties de liens vers la librairie électronique.

Que l'on ne prétende pas que c'est toujours pareil ! La diffusion mondiale d'une grande quantité d'information, avant même la parution des livres et même avant le " Bouillon de culture " de la rentrée (4), est un élément nouveau dont les conséquences devraient être regardées de près par tous.

Et elles le seront par tous ceux qui s'en estiment les spécialistes ou qui espèrent en retirer un bénéfice : enseignants et responsables de médiathèques à l'étranger, retraités dans le Gers, pigistes virtuels, écrivains sans éditeur, cyber-libraires, et j'en passe. Un jour ou l'autre, cela aura forcément une répercussion sur la qualité et la diversité des oeuvres, sur leur disponibilité et leur acheminement au lecteur.

Dans une certaine tradition de la rentrée littéraire, les ouvrages n'étaient lus et connus que de quelques journalistes spécialisés (parfois appelés " les critiques " (5)), qui en présentaient quelques-uns dans leurs médias forcément locaux, quand bien même nationaux, entraînant dans les semaines et les mois suivants des traînées d'informations et de rumeurs qui ne généraient pas forcément l'achat, et ceci jusqu'à l'attribution des prix qui consacrait 4 ou 5 ouvrages dont la vente allait dépasser les quantités confidentielles des malchanceux.

Mais cette année, plus encore que l'an dernier où ce phénomène de mondialisation commençait à apparaître, les ouvrages sont déjà en cours de commentaire en juillet-août, et leurs commentaires en cours de lecture par des milliers d'amateurs connectés aux sites web qui publient gratuitement et instantanément ces articles.

On le voit, il n'est pas encore question du grand public (pas encore connecté, et qui, de toute façon, n'achète pas plus de 4 ou 5 livres par an), mais bien de ces amateurs de littérature, et plus particulièrement de littérature française et francophone, disséminés sur la planète, universitaires ou non, et qui sont eux-mêmes prescripteurs de lecture dans leur famille, leur entourage ou leurs classes, n'hésitant pas, à l'occasion, à montrer comment, d'un pays lointain, on commande des livres par Internet (6).

L'ancienne dispersion géographique des amateurs, leur isolement et après-coup informationnels s'opposaient au centralisme revendiqué des milieux parisiens autorisés. Ou plutôt en dépendaient. Or le web règle leur compte d'un seul coup à ces trois paramètres (dispersion, isolement, retard). Même si les informations initiales proviennent encore de Paris, nul doute qu'elles vont très vite être relayées de partout, faisant naître un tissu de commentaires qui influencera en retour les critiques-à-la-source.

On peut encore douter que les médias traditionnels (voir les sites web du Monde, de Libération ou du Figaro) souhaitent réellement favoriser cette greffe d'un rhizome mondial d'amateurs sur la racine des critiques parisiens, car au fond ils ne changent pas de métier, ils ne font que s'adapter (en beauté) aux nouvelles technologies.

En revanche, nul doute du côté de certains éditeurs qui informent directement leur public, ce qui est nouveau pour eux, et qui l'élargissent par la même occasion, en proposant des choses résolument originales (ouvrage numérique mensuel gratuit chez 0h00.com, feuilleton de Jacques Jouet chez POL, également diffusé sur France-Culture, pour n'en citer que deux (7)).

Les éditeurs ne sont d'ailleurs plus les seuls à offrir des contenus de nature pré-éditoriale. Citons Urbuz.com qui offrait une bonne animation de rentrée dans sa rubrique livres, le site Zazieweb et sa rubrique d'actualités littéraires, sans oublier la possibilité d'écouter toutes les émissions, littéraires ou non, de France-Culture (en direct ou en différé) (8).

Remarquons toutefois l'énorme retard conceptuel des " magazines littéraires " traditionnels (Magazine Littéraire, Lire, La Quinzaine littéraire, etc.) qui ne savent encore rien faire de leur site web en dehors de la gestion de leur patrimoine (extraits d'archives) et de l'exploitation mesquine de leur numéro en cours (sélection d'articles en ligne).

Surtout si l'on compare avec la créativité surprenante de sites comme Fabula, celui de la récente revue virtuelle Inventaire/Invention, devenue aussi éditeur cet automne, ou de la République-des-Lettres.

Ou, plus encore, de tous les sites individuels (ou quasi) que dirigent la passion et le parti-pris (sites de François Bon, de Jean-Michel Maulpoix, sites sur Angot ou Houellebecq, sites de poésie contemporaine, de théâtre contemporain, etc.)

On peut également féliciter Les Inrockuptibles qui ont mis en ligne des extraits lus des ouvrages " de la rentrée " et des interviews des auteurs (10).

Finissons provisoirement par ce qui semble être le danger pour TOUS ceux qui souhaitent un web de liberté, de fraternité, et d'e-qualité : les sites de " grossistes " en information/vente, sortes de " category-killers " massivement orientés commercial, avec emballage convivial, contributif (non-rémunéré) et récupération sauvage tous azimuts.

Webencyclo et Auteurs.net en sont les prototypes, et les librairies comme la FNAC, BOL et Amazon n'en sont pas loin (11)…
Je suppose que pratiquement tous les fadas de littérature connaissent ces sites... sinon, un petit clic s'impose.