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samedi 28 mars 2009

Caryl Férey - Zulu

Lecture terminée hier soir... Impressionant... violent, jusqu’à l’insoutenable...


























Enfant, Ali Neuman a fui le bantoustan du KwaZulu pour échapper aux milices de l'Inkatha, en guerre contre l'ANC, alors clandestin.
Même sa mère, seule rescapée de la famille, ne sait pas ce qu'elles lui ont fait...
Aujourd'hui chef de la police criminelle de Cap Town, vitrine de l'Afrique du Sud, Neuman doit composer avec deux fléaux majeurs : la violence et le sida, dont le pays, première démocratie d'Afrique, bat tous les records.

Les choses s'enveniment lorsqu'on retrouve la fille d'un ancien champion du monde de rugby cruellement assassinée dans le jardin botanique de Kirstenbosch.
Une drogue à la composition inconnue semble être la cause du massacre.
Neuman qui, suite à l'agression de sa mère, enquête en parallèle dans les townships, envoie son bras droit, Brian Epkeen, et le jeune Fletcher sur la piste du tueur, sans savoir où ils mettent les pieds...Si l'apartheid a disparu de la scène politique, de vieux ennemis agissent toujours dans l'ombre de la réconciliation nationale...

Ce qu'ils en disent :

On y est, dans ce polar. On y est jusqu’au cou, englué, enlisé, enchaîné dans ces 393 pages.
Impossible d’en sortir « comme de rien n’était ».
Des townships suant la misère humaine, des gamins promis à un avenir aussi bref que poisseux, des dealers de came et de mort latente, des puissants corrompus et viciés par leur haine du nègre, Cary Ferey agrippe le lecteur, le fouette sans ménagement dans une enquête crue et oppressante. - http://www.amandameyre.com/archive/2008/10/16/zulu-caryl-ferey.html
*
l’enquête, ne sont qu’un prétexte, le fait déclencheur qui nous fait tirer sur une bobine de fil, l’histoire, notre monde : l’Afrique du Sud d’avant Coupe du Monde de football 2010, township, sida, drogues, gangs et mafia nigérienne, capitalisme absolu, ethnie, Histoire et barbarie…
Mais plus que ces amoncellements de ‘références’ qui en font l’un des pays les plus dangereux du monde, c’est le bois, la chaleur, la tôle, la sueur, la peau, le désert Namibie qui nous transportent : nous y sommes. Et pour longt - http://eclectiques.wordpress.com/2008/05/30/zulu-de-caryl-ferey/
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Biographie
Caryl Férey a grandi en Bretagne, une terre qu'il aime pour ses côtes déchiquetées, ses concerts dans les bistrots et ses tempêtes.
Grand voyageur, il a parcouru l'Europe à moto, puis a fait un tour du monde à 20 ans.
Il a notamment travaillé pour le Guide du Routard.

En 1994, paraît chez Balle d'Argent son premier roman Avec un ange sur les yeux.
Il sort la même année son premier polar, puis quatre ans plus tard le très remarqué Haka. Il écrit aussi pour les enfants, pour des musiciens, le théâtre et la radio. Il se consacre aujourd'hui entièrement à la littérature.

Il a obtenu le
Prix SNCF du polar 2005 pour Utu et le Grand prix de littérature policière 2008 pour Zulu.
curiosité de lectrice : Xhosa
Peuple de langue Bantoue formant l'une des principales communautés d'Afrique du Sud et vivant également au Swaziland.
Les Xhosa, dont la population est estimée à environ 7 millions, appartiennent à l'ensemble linguistique Ngouni, de même que les Zoulous et les Swazis.
Issus de la migration des peuples Bantous du centre de l'Afrique vers les latitudes australes, durant le Ier millénaire après JC, les Xhosa allaient parvenir jusqu'aux régions méridionales de l'Afrique du Sud.
L'ensemble Xhosa était formé de nombreuses chefferies, dont la constitution était encouragée par le lignage patrilinéaire : les fils du monarque au pouvoir se séparaient du groupe et formaient de nouvelles chefferies, menant leurs partisans vers de nouveaux territoires.
Dans leur progression, les groupes Xhosa (Fingos, Pondos, Thembous, etc.) se heurtèrent aux autres peuples Ngounis mais également aux colons Européens qui, depuis la région du Cap, avançaient vers le nord.
Durant la première moitié du XIXème siècle, les Thembous et les Pondos affrontèrent la puissance Zouloue. Ils parvinrent à bloquer l'expansion des Zoulous et le flux des populations qui, chassées par les régiments d'impies, fuyaient vers le sud.
En revanche, les Xhosa furent vaincus dans la longue série de guerres de frontières, appelées guerres cafres, qui les opposèrent, de 1778 à 1885, aux colons Européens.
Ceux-ci annexèrent progressivement les terres Xhosa, qui furent englobées dans la province du Cap.
Dès le début du XIXème siècle, les Xhosa, qui pratiquaient le culte des ancêtres, furent christianisés et alphabétisés par les missionnaires Européens.
Une partie des territoires qu'ils occupaient traditionnellement fut constituée en Bantoustans dans les années soixante-dix. Environ 4 millions de Xhosa furent contraints de vivre dans les homelands du Transkei et du Ciskei, érigés dans le cadre de la politique d'apartheid et qui accédèrent, en 1979 pour le premier, en 1981 pour le second, à une indépendance théorique.
Cette politique de ségrégation renforça le clivage qui existait entre la majorité rurale, placée dans les Bantoustans sous l'autorité omnipotente des chefs traditionnels, et la minorité urbaine, peuplant les townships (ghettos urbains) de la région du Cap et travaillant dans les mines et les industries sud-africaines.
Cette minorité, active dans les mouvements syndicaux et dirigée par une élite occidentalisée, formée principalement à l'université de Fort-Hare (fondée par des missionnaires chrétiens en 1916), joua un rôle prépondérant dans le mouvement nationaliste noir en Afrique du Sud, à travers le Congrès national africain (African National Congress, ANC).
Nelson Mandela, un Xhosa, en fut la figure la plus marquante avant d'être élu président d'Afrique du Sud.
Durant les années quatre-vingt, et jusqu'après le démantèlement du système d'apartheid, la rivalité pour le contrôle des townships — et à terme pour le contrôle du pouvoir — provoqua des affrontements meurtriers entre l'ANC et le mouvement Inkatha, dirigé par le chef Zoulou Mangosuthu Buthelezi. Certains analystes ont parfois, de manière schématique, réduit ce conflit à la résurgence d'une opposition ancestrale entre Xhosa et Zoulous.

illustration : Xhosa Beadwork (Nelson Mandela Metropolitan Art Museum, South Africa)
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curiosité le lectrice : Les Zoulous
sont un peuple d'Afrique Australe en partie sédentarisé ;
cette ethnie se trouve en Afrique du Sud.Le peuple zoulou (son nom vient de l’expression ama zoulou le peuple du ciel) fut unifié par le roi Chaka, qui fit de son clan de 1 500 personnes une nation redoutable par la conquête et l'assimilation.
L'unification zouloue est en partie responsable du mfecane, la vague chaotique d'émigration de clans au-delà des rivières Tugela et Pongola, nouvelles limites du KwaZulu.
Reconnus pour leur armée formidable (le impi), les Zoulous se heurtent aux colons boers et à l'armée britannique au XIXe siècle (noter la victoire zouloue à la bataille d'Isandhlwana pendant la guerre anglo-zouloue de 1879).
La majeure partie des Zoulous aujourd'hui sont cultivateurs, mais l'urbanisation en a attiré un grand nombre au cours du XXe siècle.
Les Zoulous urbains se trouvent principalement au Witwatersrand, zone minière dans la province de Gauteng comprenant Johannesburg ; et à Durban (dont le nom zoulou est eThekwini), port important du KwaZulu-Natal.
La vannerie, la garniture de perles, et le chant zoulous sont célèbres.Sur le plan politique, les Zoulous sont actuellement profondément divisés entre partisans du Congrès national africain (ANC) et ceux du Parti de la Liberté Inkatha (IFP).
De violentes émeutes éclataient entre ces partis en attendant la première élection de l'après-apartheid. L'IFP l'a emportée au KwaZulu-Natal, mais son vote est légèrement en recul aux élections récentes.
Depuis quelques années l'IFP s'est joint à une coalition d'unité avec l'ANC.*Le Bantoustan du KwaZulu :Drapeau du KwazuluSous l’Apartheid, le Bantoustan du KwaZulu (Kwa signifiant terre de) fut créé en 1970 sous le nom de Zululand (il prit son nom actuel en 1977).
On prévoyait que tous les zoulous deviendraient citoyens du KwaZulu, perdant ainsi leur citoyenneté sud-africaine.
La patrie ainsi crée était composée d’une multitude de terres éparses.
Des centaines de milliers de zoulous vivant en dehors du KwaZulu furent dépossédés et furent déplacés par la force dans de moins bonnes terres.
En 1993, environs 5,2 millions de zoulous vivaient dans le KwaZulu et environ 2 millions dans le reste de l’Afrique du Sud.
Le ministre en chef du KwaZulu fut, de sa création en 1970 jusqu’en 1994, Mangosuthu Buthelezi.
En 1994, la province du Natal fut rattachée au KwaZulu, le tout formant désormais, le KwaZulu-Natal.
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Inkatha Freedom Party :
En 1975, Buthelezi recréa le Inkatha YaKwaZulu, prédécesseur du Inkatha Freedom Party (ou IFP).
Cette organisation était théoriquement un mouvement de protestation contre l’apartheid, mais plus conservatrice que l’ANC.
Par exemple, Inkatha était opposé à la lutte armée et aux sanctions contre l’Afrique du Sud.
Inkatha était à l’origine en bons termes avec l’ANC, mais les deux organisations entrèrent en opposition en 1979 suite aux émeutes de Soweto.
À cause de ses positions de plus en plus en faveur du gouvernement de l’apartheid, Inkatha fut la seule grande organisation reconnue comme représentative des opinions des noirs sud-africains par le gouvernement de l’apartheid : l’ANC et les autres mouvements furent bannis.
À la différence des leaders du Transkei, du Ciskei, du Bophuthatswana et du Venda, Buthelezi n’a jamais accepté la pseudo-indépendance offerte lors de la politique du Separate Development, en dépit de fortes pressions de la part du gouvernement blanc
Violence politique :
Dès 1985, des membres de mouvements d’opposition s’engagèrent dans des luttes sanglantes. La violence politique apparut d’abord entre les membres du Inkatha et de l’ANC, ce qui donna lieu à des atrocités commises des deux côtés.
On suppose qu’elles furent alimentées par le gouvernement de l’apartheid a travers une aide plus ou moins directe à l’Inkatha.Les violences continuèrent tout au long des années 80 et s’accentuèrent dans les années 90 lors des premières élections nationales de 1994.
source : wikipédia
illustration : hutte zoulou
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illustration : la liseuse de Louise Rive

vendredi 27 février 2009

Mo Hayder - rituel

Troisième livre de Mo Hayder que je lis... assez "gore"... préféré "Tokyo" pour le côté "historique".
difficile de dire si j'aime ou non, me mets juste mal à l'aise.



Dans le port de Bristol, le sergent " Flea " Marley, plongeuse de la police, récupère une main humaine, tranchée net. L'autopsie de cette découverte macabre entraîne un constat terrifiant : l'amputation a eu lieu alors que la victime était encore en vie. Flea en fait part à Jack Caffery, commissaire de la brigade criminelle récemment muté de Londres. Tous deux se lancent à corps perdu dans l'enquête, au risque de réveiller leurs propres démons. Le retour du héros de Birdman dans une hallucinante plongée en eaux troubles. Dévastateur et éblouissant.

Les Muti : sorciers et sacrifices rituels

En Afrique du Sud, les remèdes traditionnels sont légion et les Sangoma (sorciers et guérisseurs) sont rois.
Des pratiques qui seraient de l'ordre du folklore s'il n'était aussi question de sacrifices rituels humains...»
Dates : XXe siècle»
But : guérison de maladies diverses»
Moyen : plantes, chair animale... et humaine

En Afrique du Sud,
on a volontiers affaire aux Sangomas pour se guérir de ses maux : si de nombreux sorciers se contentent de prescrire des remèdes à partir de plantes et parfois de chair animale, certains pensent que la chair humaine a aussi ses vertues.
Muti, qui signifie en langue zoulou "médecine", désigne cette forme de sorcellerie.
Certains Sangomas n'hésitent pas à fabriquer des médicaments à base de cadavres et réclament pour cela le sacrifice d'enfants, réputés plus purs que les adultes.
C'est qu'en effet les parties de corps humains sont douées de bien des bienfaits :
les parties génitales auraient le pouvoir d'accroître la virilité ou la fertilité ;
les yeux d'un enfant donneraient une vue perçante ;
la graisse de l'estomac garantirait de bonnes récoltes.
Par ailleurs, le traitement aurait davantage d'effet lorsque les prélèvements sont effectués sur des victimes vivantes, leurs cris éveillant les puissances surnaturelles.
En Afrique du Sud, les disparitions étranges se sont pour cette raison multipliées ces dernières années.

Les Muti : de l'Afrique du Sud à la Grande-Bretagne

En Afrique du Sud, le sacrifice rituel est longtemps resté un sujet tabou, dont personne ne voulait s'occuper.
Peur des représailles des sorciers, perçus comme très puissants par la majorité de la population ?
Manque d'intérêt pour des disparitions qui peuvent passer inaperçues dans un pays où l'on enregistre 22 000 homicides par an ?
Volonté de laisser dans l'ombre un aspect de la culture sud-africaine, traditionnel et barbare ?
En 1995, le gouvernement sud-africain a entrepris de lutter contre ces meurtres rituels en lançant des enquêtes sur la violence des pratiques de certains sorciers. Mais ces enquêtes sont restées dans l'ombre tandis que la vaste campagne d'information qui devait prendre leur suite n'a jamais eu lieu.
Dans les zones rurales, les coutumes tribales et les superstitions restent très fortes : on a encore inculpé récemment des personnes mangeant des organes humains, tandis que de nombreux enfants ont été agressés.
Des pratiques qui ne se cantonnent pas à l'Afrique du Sud : dans le reste du continent et même en Angleterre ont été découverts des sacrifices mutis. Jusqu'à Londres, où, en septembre 2001, le corps atrocement mutilé d'un enfant a été retrouvé, flottant dans la Tamise.

mercredi 20 août 2008

John Michael Coetzee - Scènes de la vie d'un jeune garçon

livre de chevet






littération sud-africaine


prix nobel de littérature 2003






John est un jeune Afrikaner qui vit en Afrique du Sud, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
Élevé tranquillement entre une mère ancienne institutrice et un père avocat reconverti dans la comptabilité, il mène une vie partagée entre l'école primaire, les vacances et le quotidien familial.
Un gosse comme les autres, à cela près qu'il entretient une haine sans faille pour les Afrikaners, lourds et ballots, dans une société où triomphent les hiérarchies, où les castes et les races sont bien distinctes : Afrikaners, Anglais, métis, Noirs, protestants, juifs.
Portrait de l'Afrique du Sud des années cinquante, Scènes de la vie d'un jeune garçon se veut l'apprentissage de l'autre, des Noirs à côté des Blancs, l'épreuve des préjugés, des injustices, d'une vie quotidienne passée entre l'anglais et l'afrikaans.
Mais c'est aussi l'histoire d'un enfant, ballotté entre une mère idéale et un père sans consistance, en pleine déconfiture. Avec un récit autobiographique faussement naïf, John Michael Coetzee, lauréat du Booker Prize en Grande-Bretagne pour Disgrâce, réussit une évocation remarquable des années cinquante, entre l'intime et le collectif, la mémoire individuelle et l'Histoire.
biographie
John Maxwell Coetzee (né le 9 février 1940 au Cap en Afrique du Sud) est un écrivain sud-africain afrikaaner d'expression anglaise et professeur de littérature.
Il est lauréat de nombreux prix littéraires de premier ordre dont le prix Nobel de littérature en 2003.

Après des études de lettres et de mathématiques à l'université du Cap, J. M. Coetzee part s'installer en Grande-Bretagne.
Il travaille comme programmeur pour IBM, puis pour International Computers, tout en nourrissant des ambitions littéraires.
Une bourse d'étude lui permet de reprendre ses études à l'université du Texas à Austin, où il soutient une thèse de doctorat sur les romans de Samuel Beckett.
Il retourne en Afrique du Sud en 1973. Son premier roman, Dusklands, y est publié en 1974.

Coetzee enseignera ensuite la littérature à l'
Université d'Adélaïde en Australie. Il est maintenant professeur à l'université de Chicago aux États-Unis.

Il a reçu de nombreux prix littéraires de premier ordre, le plus important étant le
prix Nobel de littérature en 2003. Il fut le premier écrivain deux fois lauréat du prestigieux Prix Booker, et à ce jour le seul avec l'auteur australien Peter Carey.

Prix littéraires :







autres titres lus :
En attendant les barbares

Dans un désert sans nom et un temps incertain, un Magistrat gère un fort qui marque la frontière de l'Empire.
Le pouvoir central s'inquiète d'une invasion barbare et dépêche sur les lieux le colonel Joll, un tortionnaire de la pire espèce.
Parmi les hommes et les femmes ramenés au fort et torturés, une jeune fille blessée attire l'attention du Magistrat qui finit par partir avec elle.
Mais, rejeté par le peuple nomade dont elle est originaire, le Magistrat s'en retourne auprès des siens. Accusé de trahison, il va à son tour passer par les mains du bourreau...
J.M. Coetzee, jouant ici sur la peur de l'autre et de l'inconnu qui mène parfois à la plus grande des cruautés, questionne les notions de liberté et de pouvoir au sein d'un Etat imaginaire qui n'est pas sans rappeler l'Afrique du Sud de l'apartheid.

Extrait :
Une oasis dans le désert, aux confins de l'Empire. Sur une cité paisible veille un homme juste et bon, le Magistrat.
Seule marque de l'écoulement du temps : le cycle des saisons. Au-delà des frontières, une terra incognita parcourue par des nomades chasseurs.
Pour la ville, une vague menace.
Afin de prévenir les incursions des barbares, le pouvoir central organise des expéditions punitives.
Les soldats rentrent avec leurs prisonniers qui sont ensuite affreusement torturés.
Le Magistrat s'éprend d'une jeune prisonnière aux chevilles brisées.
Il lui fait partager son lit, puis décide de la raccompagner chez les siens à la tête d'une expédition qui sera soumise à tous les périls : climat, espace qui se dérobe sans cesse, incompréhension des nomades.
Convaincu d'intelligence avec l'ennemi, il devient lui aussi victime des tortionnaires, cependant que s'est déclenchée l'escalade des représailles.
Les hostilités ont peu à peu vidé la ville de ses forces vives.
Pillée par les soldats, désertée par sa garnison, elle attend terrorisée, l’assaut définitif des barbares.

Maxwell K., sa vie, son temps

Michael K, dont la couleur de peau n'est jamais mentionnée, homme frustre et solitaire, quitte Le Cap accompagné de sa mère et se lance sur les routes.
Contrôles, interdictions, combats ne l'empêcheront pas d'accomplir son périple, remontant toujours plus loin au nord, en quête d'une ferme-refuge originelle où il espère vivre paisiblement.
Il parvient seul en ce lieu reculé, sa mère n'ayant pas supporté le voyage.
A partir de quelques graines retrouvées par hasard, il cultive son champ et crée son petit paradis.
Mais la guerre ne s'arrête pas, elle, et bien vite le rattrape. Pourtant, malgré les emprisonnements, la cruauté et le dénuement, Michael K ne se pliera pas aux lois des hommes...
Avec ce roman, J. M. Coetzee nous donne à lire une superbe parabole, à la fois sombre et éblouissante, sur la dignité humaine.

Au coeur de ce pays

Second roman du grand écrivain sud-africain, J.-M. Coetzee, Au coeur de ce pays est l'histoire hallucinée d'un drame en huis-clos.
Dans une ferme isolée du veldt, quatre personnages ouvrent le récit.
Magda, fille du maître, nourrie de solitude et de rêveries stériles, murée dans sa virginité.
Son père, Baas, le maître, homme autoritaire et sanguin.
Hendrik, le contremaître noir au service de la famille.
Enfin Anna, sa jeune épouse que vient d'amener Hendrik lorsque débute cette histoire.
Le père séduit Anna. C'est la dernière humiliation.
Entre eux tous, et parce que les choses ne pouvaient pas se passer autrement, les offenses se répondent alors dans une violence extrême.
Roman de l'oppression, de la haine et de la revanche Au coeur de ce pays est la métaphore bouleversante de la société sud-africaine contemporaine.

Envie de lire :

Vers l'âge d'homme

Le jeune garçon est devenu jeune homme.
John a échappé à sa famille étriquée.
Étudiant en mathématiques, il dévore la littérature mondiale pour réaliser son grand projet : quitter l'Afrique du Sud au bord de la révolution et se consacrer à l'art et à l'amour qui fera crépiter la flamme de la création.
Mais Londres, c'est sa saison en enfer. Dans la ville cruelle où il reste un étranger, il fait l'amer constat que le malheur est son élément : manque d'aplomb, d'ardeur, d'élan, manque de cœur.
Cet autoportrait de l'artiste comme jeune homme crispé et méfiant éclaire la genèse de l'œuvre de J.M. Coetzee par l'évocation de ses découvertes en littérature, en musique et en peinture contemporaines.
Célèbre pour sa réticence à se livrer, il confesse ici avec une impitoyable lucidité ses rêves, ses interrogations, ses épreuves. Mais au-delà de l'échec du poète féru de Pound, de Neruda, de Brodsky, se profile le romancier qui donnera Terres de crépuscule et Disgrâce : l'Afrique du Sud, blessure qui n'en finit pas de faire mal.

L'Âge de fer
En 1986, au Cap, Elizabeth Curren se meurt d'un cancer, et elle est brutalement confrontée à l'explosion de rage que le système de l'Apartheid a engendrée.
Dans une longue lettre à sa fille exilée en Amérique, Elizabeth relate les événements qui ponctuent ses derniers jours.
Témoin de l'émeute et de la répression dans un township voisin, elle découvre le corps criblé de balles du fils de sa domestique noire, et assiste à l'exécution par la police d'un autre adolescent...
Parvenue au terme de son existence, avec pour ange de la mort et confident un clochard réfugié chez elle, Elizabeth tentera de faire sa paix avec le monde.
Avec ces quelques jours dans la vie d'une vieille dame qui prend conscience des revendications de la jeunesse noire, J. M. Coetzee nous offre à sa manière grave, lancinante, un chef d'œuvre.

Disgrâce

David Lurie est enseignant au Cap, en Afrique du Sud, passionné par les œuvres de Byron et de Wordsworth. Il a 52 ans, il est père et a deux fois divorcé.
Dans son genre, c'est un Casanova. La question de sa vie sexuelle est facilement résolue : il paye une femme légère et chaque jeudi de la semaine est "une oasis de luxe et de volupté".
Sur le chemin des écoliers, il croise l'une de ses étudiantes, Mélanie Isaacs. Il la séduit.
Mais cette relation a tôt fait de faire scandale. Le professeur est démissionné pour "harcèlement sexuel".
Pour éviter le regard critique de la ville, il se rend chez sa fille, Lucy, propriétaire d'une petite exploitation agricole en province. Là, il assiste aux tâches quotidiennes de la campagne, des ventes de fruits et légumes à la protection des animaux, à la violence aussi, qui monte depuis la ville, partagée entre le vol et le viol…

INÉDIT
Décoloniser le roman
*
Ce texte de John Maxwell Coetzee, inédit en français, a été publié par la revue Upstream, Rondebosch, Afrique du Sud, 1988.
Par John Maxwell Coetzee
*
Je voudrais parler du roman et de l’histoire dans l’Afrique du Sud d’aujourd’hui, et en particulier de ce qui me semble une tendance, une tendance forte, peut-être même dominante : placer le roman en dessous de l’histoire, lire les romans comme ce que j’appelle vaguement des investigations imaginatives des véritables forces et des véritables circonstances historiques ;
et inversement traiter comme manquant de sérieux les romans qui ne se livrent pas à ce travail d’enquête (...).

En des temps de pression idéologique intense comme aujourd’hui, lorsque l’espace au sein duquel le roman et l’histoire coexistent ­ comme deux vaches dans le même pré, chacun s’occupant de ses propres affaires ­ se réduit à presque rien, le roman, me semble-t-il, n’a que deux options : la complémentarité ou la rivalité. Si le roman entend fournir indirectement au lecteur des expériences de vie de première main dans une période historique donnée en exprimant des forces en lutte à travers des personnages en lutte et en remplissant notre expérience grâce à une certaine densité d’observations, si tel est son but, pour le reste ­ pour ce que j’appellerai sa structuration principale, en fonction de son modèle historique ­, sa relation à l’histoire est de toute évidence une relation secondaire.
Que signifierait, par contraste, un roman qui occuperait une place autonome, que je définis comme rivale de l’histoire ? Il s’agit (...) d’un roman ayant ses propres règles, ses propres thématiques dans le cadre de propres conclusions, pas d’un roman qui fonctionne selon les règles de l’histoire et aboutit à des conclusions qui peuvent être vérifiées par l’histoire (comme le travail scolaire d’un enfant est vérifié par la maîtresse d’école).
Je pense à un roman qui élabore ses propres paradigmes et ses propres mythes, dans un processus (et c’est peut-être le point où commence la véritable rivalité, voire l’hostilité) qui va jusqu’à démasquer le statut mythique de l’histoire ­ autrement dit, démythifier l’histoire. Puis-je être plus explicite ?
Oui : un roman prêt à se bâtir en dehors des termes de lutte des classes, de conflit racial, de bataille des sexes ou de toute autre opposition à partir desquelles l’histoire et les disciplines historiques se construisent.

Pourquoi un romancier ­ moi-même ­ parle-t-il ici en termes d’hostilité au discours de l’histoire ? Parce que, comme je le suggérais plus haut, en Afrique du Sud la colonisation du roman par le discours historique avance à une vitesse alarmante.
C’est pourquoi je m’exprime ­ pour utiliser une image ­ en tant que membre d’une tribu menacée par la colonisation, une tribu dont certains membres ont été trop heureux ­ et c’était leur droit ­ d’embrasser la modernité, d’abandonner leurs arcs et leurs flèches ainsi que leurs huttes et d’emménager sous la voûte spacieuse des grands mythes historiques.-http://www.monde-diplomatique.fr/2003/11/COETZEE/10662

Note :
Contente de retrouvé l'un de mes auteurs favoris...
lu le premier chapitre, et déjà... hate de continuer.
Avec un auteur comme Coetzee, le plaisir de la lecture prend tout son sens.
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