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samedi 28 novembre 2009

Velma Wallis - le cadeau du froid, un conte de l'Alaska

Lu hier soir, une histoire très courte, mais un vrai coup de coeur !
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Une ode au courage et à la résistance morale des vieilles personnes à travers l’histoire d’une tribu d’Alaska à l’époque préhistorique.
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lu dans le cadre du partenariat de livraddict et des éditions Lattès.
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Deux vieilles femmes, gâtées par la tribu, exagèrent leurs douleurs... puis le froid arrivant, la nourriture se fit rare... si rare que la tribu décida de partir et d'abandonner les plus faibles...
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Les deux vieilles n'ont que peut de choix... s'abandonner à leur sort ou partir et lutter pour leurs survies...
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ce qu'elles font... et survivent... jusqu'au retour des leurs et leurs réintégration dans la tribu, couverte de gloire, de respect et d'amour.
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illustration : de Mario Sergio Montacuto
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Légende fondatrice qui relate la lutte pour la vie d'une ribu en Alaska :
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contrainte à marcher sans relâche, elle doit abandonner les plus faibles. Deux vieilles femmes n'ont pas pu poursuivre la marche, et pourtant, elles vont continuer à lutter, pas seulement pour elles-mêmes mais pour la tribu tout entière.
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Le Cadeau du froid relate une des légendes fondatrices des tribus d’Alaska. Elle convoque une époque où la culture occidentale était inconnue de ces peuples nomades.
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Lors d’un hiver des plus rigoureux, une tribu vient à connaître la faim : plus de réserve de baies, la viande se fait rare et les hommes sont trop faibles pour chasser. Pour espérer survivre, ils doivent marcher, inlassablement, laissant derrière eux les plus anciens.
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Comme beaucoup avant elles, deux vieilles femmes sont abandonnées au beau milieu de la grande plaine blanchie par la neige, avec deux peaux de phoque pour leur tenir chaud.
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Alors qu’elles s’apprêtent à s’endormir, l’une se rappelle un lieu de son enfance, où la rivière regorge de poissons, et les buissons de lapins. Luttant contre le froid qui les mord, le vent qui épuise leurs membres fatigués, elles avancent coûte que coûte dans la plaine, réapprenant petit à petit les gestes de leur jeunesse : entretenir le feu, poser les pièges pour se nourrir, creuser le sol pour trouver les racines comestibles…
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Pendant ce temps, la tribu subit toujours les ravages de la faim , et chacun s’interroge en secret sur le destin des deux anciennes, sans savoir encore qu’ils leur devront la vie.
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Sagesse venue d’Alaska, Le Cadeau du froid est un merveilleux conte de courage et de survie, qui nous rappelle la richesse de l’expérience, de l’entraide et de la volonté.http://www.editions-jclattes.fr/
Les plus anciennes traces humaines découvertes au Yukon seraient des os d'animaux travaillés par des êtres humains et seraient vieilles de 25 000 à 40 000 ans ; découvertes à Old Crow, leur pertinence est cependant contestée.
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S'il s'agit réellement d'os modifiés par des êtres humains, ce seraient les plus anciennes traces d'habitation connues en Amérique du Nord.
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Lors des glaciations, le nord et le centre du Yukon ne sont pas recouverts de glace.
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Vers 800, l'éruption du mont Churchill, près de l'actuelle frontière avec l'Alaska, recouvre le sud du Yukon d'une couche de cendre. Les récits des Premières Nations du Yukon mentionnent la mort de tous les animaux et poissons.
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Des récits similaires sont tenus parmi les Navajos et les Apaches ; selon certains anthropologues, cette éruption pourrait être la cause de la migration des peuples athapascans vers ce qui est l'actuel sud-ouest des États-Unis.
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D'importants réseaux commerciaux sont tissés entre les
Tlingits de la côte et les Premières Nations de l'intérieur du Yukon. Les peuples côtiers échangent des eulakanes et d'autres produits locaux contre du cuivre et des fourrures.- wikipédia
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Organisation sociale

La plupart de ces groupes se composaient d'unités familiales nomades élargies, quelque peu isolées les unes des autres en raison de la rareté des ressources alimentaires. Ils chassaient principalement le caribou et l'orignal, mais le petit gibier comme le lièvre, le lapin et le gibier d'eau, constituait une part importante de leur nourriture, ainsi que le poisson.
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A l'Est l'agriculture était plus présente. Les Indiens cultivaient le riz sauvage et récoltaient le suc d'érable.
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Le commerce des fourrures fut pratiqué par toutes les tribus : les Blancs avaient installé de nombreux comptoirs d'échange dans la région. La chasse aux animaux de fourrure prit alors une importance primordiale, si bien que les familles arrivèrent à être totalement dépendantes des Européens.
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Cette traite entraîna un profond déséquilibre dans la sociéré indienne et conduisit à la vulnérabilité de ces peuples dès lors quek, à trop avoir été chassé, le gibier se raréfia.
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Les tribus algonquines utilisaient plutôt le wigwam de forme conique, tandis que les Athabaskans s'abritaient dans des demeures au toit en dôme, couvert d'écorce de bouleau ou de peaux, mais dans les deux cas le foyer était situé au centre. Les étés dans cette région sont chauds mais de courte durée, les hivers sont rudes, cruellement froids et longs.
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Mythologie
C'est pendant ces interminables mois d'inactivité forcée que les conteurs narraient les mythes et les légendes des tribus et que se pratiquait l'art (divinatoire) de la scapulomancie.
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Ce dernier consistait à tenir au-dessus d'un feu de grandes omplates de caribou ou d'orignal et à "lire" les félures et les taches noircies qui s'y formaient, tout en racontant des histoires extravagantes, directement proportionnelles à l'imagination du narrateur!
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Les histoires de cannibales, d'hommes vivant dans les fourrés, d'Esprits et de puissances célestes, foisonnaient, ces dernières étant illustrées par le mythe athabaskan du Soleil et de la Lune, tandis que l'importance vitale du bois - nécessaire pour la fabrication d'outils, de raquettes de neige, de forêts, d'armes et de masques cérémoniels - transparaît dans un récit sur l'origine du pin.
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La mythologie sub-arctique tendait à refléter la précarité de l'existence humaine : par des allusions répétées aux aspects imprévisibles de la vie quotidienne, elle aidait ceux qui écoutaient à trouver leur place et à établir des modes de conduites adaptés dans un environnement hautement hostile et implacable. - http://www.medarus.org/NM/NMTextes/nm_06_01_auto_9_boreale.htm
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Le terme d'athapascan (ou athabascan) désigne un vaste ensemble de peuples amérindiens répartis en deux groupes principaux situés au sud-ouest et au nord-ouest de l'Amérique du Nord, ainsi que la famille regroupant toutes leurs langues.
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L'athapascan est la famille de langues la plus importante d'Amérique du Nord, à la fois en nombre de langues et en nombre de locuteurs (cependant, si l'on inclut dans le compte les langues d'Amérique centrale, la famille des langues uto-aztèques, qui s'étend au sud jusqu'au Mexique, la dépasse largement en nombre de locuteurs).
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Seules les langues algiques couvrent un plus large territoire. Le langues athapascanes font partie du groupe athapascan-eyak, lui-même partie du groupe des langues na-dené.
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Le mot athapascan provient du mot cri désignant le lac Athabasca au Canada.
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Les 24 langues athapascanes septentrionales sont parlées dans tout l'intérieur de l'Alaska et du nord-ouest du Canada, dans le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest aussi bien que dans les provinces de Colombie-Britannique, Alberta, Saskatchewan et Manitoba.
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Plusieurs langues athapascanes sont des langues officielles dans les Territoires du Nord-Ouest, notamment le chipewyan, le flancs-de-chien ou tlicho, le loucheux et l'esclave.
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Les sept langues athapascanes de la côte pacifique sont parlées dans le sud de l'Oregon et le nord de la Californie.
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Isolées des langues septentrionales et de celles de la côte, les six langues athapascanes méridionales, comprenant les diverses langues apaches et navajo, sont parlées dans le sud-ouest des États-Unis et le nord-ouest du Mexique.
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L'eyak et les langues athapascanes forment un groupe appelé athapascan-eyak. Le tlingit est relié de façon lointaine à ce groupe, avec lequel il forme la famille linguistique na-dené.
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Autres lectures sur le Grand Nord :

vendredi 6 novembre 2009

curiosité de lecture : le marchand de sable

"la belle endormie" de Simon Vouet

En cours de lecture, arrivée page 173...
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il aurait été étonnant de ne pas y croiser certains contes du folklore opulaires... qui me donne des envies de m'y replonger...
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Le marchand
de sable


est, dans la culture occidentale, un personnage fabuleux qui laisse tomber du sable sur les yeux des gens pour les endormir.
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illustration : Ole Lukøje, den store Danske de Nils Dardel
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Dans de multiples langues, les ouvrages de référence ne paraissent pas fixés quant au caractère unique ou multiple du marchand de sable.
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Mais elle a aussi été combinée avec une expression : avoir du sable sous les yeux utilisée au XVIIIe siècle.
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La combinaison s'est effectuée lors d'une nouvelle de Ernst Theodor Wilhelm Hoffmann dans L'Homme au sable parue en 1817 dans le recueil des Contes nocturnes (Nachtstücke).
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L'étudiant Nathanaël, héros de ce conte, a été marqué dans son enfance par l'avocat Coppelius, un ami de son père qu'il croit responsable de la mort de ce dernier et qu'il identifie à l'Homme au Sable.
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Devenu adulte, Nathanaël voit cette angoisse resurgir à la venue d’un opticien ambulant italien du nom de Coppola, qu’il prend pour Coppelius.
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Il lui achète une longue-vue de poche grâce à laquelle il découvre puis épie Olimpia, la fille de son professeur de physique Spalanzani qui habite de l'autre côté de la rue. Il tombe amoureux d'Olimpia.
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En fait, c'est un automate, auquel Spalanzani, plus alchimiste que physicien, a "donné vie" à l'aide de Coppelius. Nathanaël va -t-il vers la folie? Ou sera-t-il capable, avec l'aide de son ami et de sa fiancée Clara, de reprendre pied dans la réalité?
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Dans certaines versions et plus particulièrement les versions germaniques, le personnage n'est pas forcément bien veillant, comme dans le Sandmännchen de la télévision est-allemande. Il faut noter la ressemblance troublante entre le marchand de sable et l'elfe du Conte Une semaine du petit elfe Ferme-l'œil de Hans Christian Andersen (1805-1875).
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lire le conte sur le site :
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Hans Christian Andersen invente un personnage dans son conte pour enfant dans "Ole Lukøje".
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Un ours rend visite à deux enfants chaque soir avant leur coucher.
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Il s'enquiert de leur journée, de leurs soucis ou leur raconte une histoire et, avant de regagner son nuage, leur dit « Bonne nuit les petits, faites de beaux rêves ! » alors qu'une poignée de sable doré tombe en pluie sur les enfants endormis.
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L'ours repart sur un petit nuage au son de l'air Que ne suis-je la fougère ?, joué à la flûte à bec par le Marchand de sable.
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Le marchand de sable passe. : le sommeil se fait sentir.
Le marchand de sable est passé. : quelqu'un s'est endormi.
Le marchand de sable va passer. : il est temps d'aller dormir
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Il est, dans l'émission télévisée Bonne nuit les petits, l'employeur de Nounours.

samedi 10 janvier 2009

Les contes facétieux du cadavre : recueil de contes populaires tibétains


Bernard Grandjean m'a dit…
Une suggestion: "les contes facétieux du cadavre" (traduction Françoise Robin) bilingue français-tibétain - Langues et Monde. Un monument de la littérature populaire tibétaine !


Conclusion : me voilà avec 2 titres rajoutés sur ma liste de lecture...

«Voici l'histoire que le cadavre Ngôdrup-chàn raconta : Jadis, quelque part, il y avait six jeunes gens, un fils de chasseur, un fils de médecin, un fils d'artiste, un fils d'astrologue, un fils de charpentier et un fils de forgeron, qui scellèrent une amitié fraternelle.
À la suite de leur père, chacun apprit son propre métier.
Tel le jeune aigle qui a maîtrisé l'art du vol et le jeune canard celui de la nage, chacun s'appliquait à sa tâche chez soi puis jouait avec les autres.
Un jour, ils discutèrent et tombèrent d'accord : Le proverbe dit : "Adulte, le garuda fend les airs; le ciel a beau être très vaste, il n'a pas peur. Adulte, l'homme arpente le monde ; la terre a beau être très vaste, il n'a pas peur." Nous sommes dans ce cas-là.
Les yeux s'ouvrent quand on fait le tour du monde en l'observant. Les six jeunes gens étaient tous intelligents, très courageux et à même de concrétiser leurs projets, aussi chacun partit-il de chez soi pour regarder le spectacle du monde.
Grâce à leurs connaissances, ils firent une tournée d'observation du monde, dans le jeu et la bonne humeur, ne rencontrant pas de difficulté à se nourrir, se vêtir, et se loger. Ils virent beaucoup de choses qu'ils n'avaient jamais observées auparavant...»
Arrivé à ce point de l'histoire, Dechô Sangpo demanda : «Et alors, la démone a-t-elle fait du mal à Sermotso ou non ? Le cadavre Ngödrup-chän s'exclama : «Des paroles se sont échappées de la bouche du garçon dont le bon karma est épuisé !», et il s'en retourna au charnier Silwatsàl en volant.
Extrait de l'avant-propos :
«La société tibétaine était jusque dans les années cinquante - et elle l'est, dans une moindre mesure, aujourd'hui encore - traditionnellement agricole ou pastorale-nomade', peu dense, très peu industrialisée et presque totalement rurale (la capitale Lhasa ne comptait guère que trente mille habitants avant 1950).
Comme dans toute société de ce type, les contes, mystères, apologues, histoires, fables, légendes (la taxinomie tibétaine est floue et polysémique) occupaient et occupent toujours une place importante au quotidien, tant dans la formation de l'individu que dans la construction d'une identité collective, à travers la diffusion de valeurs et de figures de référence partagées par tous...»

Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Comme dans toute société de ce type, les contes, mystères, apologues, histoires, fables, légendes (la taxinomie tibétaine est floue et polysémique) occupaient et occupent toujours une place importante au quotidien, tant dans la formation de l'individu que dans la construction d'une identité collective, à travers la diffusion de valeurs et de figures de référence partagées par tous.
Les lecteurs occidentaux ont un accès relativement restreint aux oeuvres de cette tradition. On doit à Alexandra David-Néel et son fils adoptif Lama Yonden une traduction très adaptée et résumée de l'Épopée du héros, guerrier et saint Gesar, qui a le mérite d'être traduite directement du tibétain.
Il y a un demi-siècle, Rolf A. Stein a proposé, quant à lui, la traduction intégrale d'un épisode célèbre de ce cycle interminable (plus de cent quarante volumes à ce jour) et, si l'on peut dire, «in-terminé», puisque toujours en élaboration en quelque endroit des hautes terres tibétaines.
Des contes populaires tibétains ont bien été traduits et publiés, mais ces initiatives risquent de laisser les lecteurs sur leur faim pour plusieurs raisons : certains textes renferment des éléments culturels étrangers au monde qu'ils décrivent, faisant douter de leur origine.
Il arrive par ailleurs que le texte de départ soit si adapté à un lectorat occidental qu'il en perde sa saveur originale. Il est courant aussi que les récits proposés soient traduits de l'anglais, du chinois ou d'une autre langue, alors que la traduction directe du tibétain est le meilleur garant d'une fidélité à l'esprit de ces contes.
Quelques traductions intéressantes ont paru dans des revues confidentielles ou anciennes, et sont donc inaccessibles au grand public.
Enfin, certains contes, effectivement traduits du tibétain, sont en réalité des traductions de textes sanskrits dont l'arrière-plan indianisant n'évoque nullement la culture tibétaine.
Une exception se détache de cet ensemble : les Matériaux pour l'étude de la littérature populaire tibétaine, d'Alexander Macdonald.
Ce titre désigne un ensemble de vingt et une histoires (en deux volumes) qui ont plusieurs points communs avec les Contes facétieux du cadavre ici présentés, car des deux côtés il s'agit d'une variante d'un cycle narratif et littéraire plus large, les Contes du cadavre.
À l'instar d'une partie importante de la littérature narrative et populaire tibétaine, ce cycle trouve ses origines en Inde ; il est inspiré des célèbres Contes du vampire (ou vetäla) indiens, dont la plus célèbre version, traduite en français par l'éminent sanskritiste et indologue Louis Renou, fut publiée en 1963.
La trame est la suivante : un ascète offre des pierres précieuses inestimables à un souverain, qui s'enquiert auprès de son bienfaiteur de ce qu'il peut lui offrir en échange. Ce dernier lui demande de se procurer un cadavre enchanté pendu à un arbre, situé dans un charnier lointain et terrifiant ; grâce à ce cadavre, l'ascète pourra obtenir des pouvoirs surnaturels, des siddhi. Le roi, surmontant sa peur, s'exécute et parvient à capturer le cadavre enchanté.


Né en 1946, Bernard Grandjean a effectué de nombreux séjours en Inde et au Népal. Conjuguant passion pour l’écriture et passion pour l’Asie, il porte un amour particulier à la civilisation tibétaine, dont la lente agonie sous la botte chinoise est le moteur principal de son travail de romancier.
La Reine népalaise
En un lieu reculé du Tibet, un archéologue fait une découverte extraordinaire : un manuscrit de la main de Brikhouti Dévi, fille du roi du Népal et épouse d’un célèbre roi du Tibet du VIIe siècle.

Le début du manuscrit est surprenant, puisque Brikhouti mentionne qu’elle est tenue d’écrire l’histoire de sa vie avec une sincérité absolue, et ce dans un délai d’exactement treize jours !
Cette épreuve lui est imposée afin d’échapper à l’emprise d’une mystérieuse et terrible démone…

Puisant à des sources tant historiques que légendaires, ce roman se fonde sur l’un des plus étranges mythes tibétains, celui de la Grande Démone. Au travers de celle-ci, un lien existerait-il entre des événements aussi éloignés dans le temps que sont la vie de Brikhouti Dévi et le sort tragique que connaît aujourd’hui le Tibet ?
Kailash Editions - Collection Les exotiques - ISBN : 9782842681753

mardi 9 décembre 2008

L'écrivain Jean Markale est mort

Si ses ouvrages étaient loin d’avoir la rigueur d’un travail scientifique ou universitaire (Markale se voyait plus comme un poète que comme un chercheur), ils permirent au grand public de se familiariser avec l’épopée celtique, connaissance auparavant réservée à un peu nombre.




Jean Markale, spécialiste des civilisations celtiques et de leur mythologie, est mort dimanche 23 novembre à Auray (Morbihan) à l'âge de 80 ans.
Mi-Breton, mi-Irlandais, son enfance avait été bercée par les légendes racontées par sa grand-mère, qui habitait près de la forêt de Brocéliande.

Jean Markale est né le 23 mai 1928 à Paris de parents bretons. De son vrai nom Jacques Bertrand, il avait emprunté son pseudonyme au roi Mark de la mythologie celtique et connaissait sur le bout des doigts la légende arthurienne.

Après des études à Paris, il fut pendant 25 ans professeur de lettres classiques dans un lycée parisien, avant de se consacrer uniquement à l'écriture à partir de 1979, date de publication de la «La Femme celte» (Payot).
Auteur prolifique, il a publié plus d'une centaine d'ouvrages, consacrés pour la plupart aux civilisations celtiques, et plus particulièrement au cycle du roi Arthur, parmi lesquels un «Cycle du Graal» en huit tomes, «Contes et légendes des pays celtes», «Vercingétorix», «Druides et chamanes» ou «Petite Encyclopédie du Graal».

Il s'intéressait également à l'ésotérisme à travers des sujets comme les Cathares, les Templiers ou la légende de «l'or du diable» de Rennes-le-Château, faisant preuve d'une imagination débordante. A ceux qui lui reprochaient son manque de rigueur scientifique, il répondait: «Je préfère être considéré comme poète plutôt que comme chercheur.»

«Il a fait découvrir à un large public l'épopée celtique, connaissance auparavant réservée à une petite élite de chercheurs», a souligné Claire Fourier, une proche de Markale, écrivain elle aussi.

Son 103e ouvrage, «L'Homme lesbien» devrait paraître en janvier.
-Par BibliObs.com
biographie (wikipédia)

Jean Markale, de son vrai nom Jacques Bertrand, né le 23 mai 1928 à Paris, mort le 23 novembre 2008 à Auray[1], était un écrivain, poète, conteur et conférencier français.
Dans son enfance, sa grand-mère bretonne l'initie aux contes et légendes locales et suscite ainsi une véritable passion pour la culture bretonne.
Il commence sa carrière comme professeur de lettres à Paris. Il enseigne notamment dans les années 1970 à l'école Massillon, quai des Célestins, dans le IVe arrondissement de Paris.
Érudit en littérature médiévale, il captive ses élèves à travers les récits de Chrétien de Troyes et conte tous les mystères de Brocéliande. En parallèle, il entreprend d'étudier et de raconter le cycle arthurien et, au fil du temps, il se spécialise dans l'histoire et les littératures celtiques. Ayant quitté l'enseignement, il se consacre entièrement à son œuvre.

Il a publié de nombreux livres sur la
civilisation celtique. En particulier, il s'est intéressé à la place de la femme dans le monde celte et le cycle du Graal. Ses premiers ouvrages étaient principalement destinés à un public d'érudits. Il a par la suite vulgarisé son approche afin de permettre à d'autres personnes de se familiariser avec son sujet.

Il prendra parfois une position différente de celle du monde académique sur certaines questions historiques. Par exemple son opinion sur le sujet de l'énigme d'
Alésia dans Vercingétorix :

« L'Alésia de
César et de Vercingétorix est-elle Alise-Sainte-Reine ou Alaise ? La thèse favorable à Alise-Sainte-Reine n'est appuyée sur aucune preuve absolue. La thèse favorable à Alaise contient des éléments intéressants, surtout dans le cadre d'une réflexion générale sur les mouvements respectifs de César et de Vercingétorix. »
Polémique
Christian-Joseph Guyonvarc'h, dans Textes Mythologiques Irlandais, critique son ouvrage L'épopée celtique en Bretagne :

« M. Jean Bertrand, dit Jean Markale, se fait parfois passer pour professeur de lettres classiques. Il ne dit jamais où il enseigne ; Mais (…) il ne sait pas accentuer le grec, ignore tout du latin (…) il ne sait pas combien de cas comporte la déclinaison irlandaise (tantôt deux, tantôt trois)(...) Jean Markale lui-même se cite très complaisamment dans ses publications ultérieures et, chaque fois qu'il est question d'un texte irlandais, il renvoie à L'épopée Celtique comme si cet ouvrage contenait des traductions ou constituait la référence essentielle. Tout cela est, au mieux, une plaisanterie. »

Il a aussi été condamné dans une affaire de plagiat en
1989, ayant fait reparaître sous son propre nom le Guide de la Bretagne Mystérieuse, publié vingt ans plus tôt par Gwenc'hlan Le Scouëzec chez Tchou, qui avait déjà édité l'original dans la même collection.


Bibliographie
illustration : l'arbre d'or de la forêt de Brocéliande
Cycle du graal
La naissance du roi Arthur - Le cycle du Graal T1
Les chevaliers de la Table Ronde - Le cycle du Graal T2
Lancelot du lac - Le cycle du Graal T3
La Fée Morgane - Le cycle du Graal T4
Gauvain et les chemins d'Avalon - Le cycle du Graal T5
Perceval le Gallois - Le cycle du Graal T6
Galaad et le roi pêcheur - Le cycle du Graal T7
La mort du roi Arthur - Le cycle du Graal T8

La grande Épopée des Celtes
Les conquérants de l'île verte
Les compagnons de la branche rouge
Le héros aux cent combats
Les triomphes du roi errant
Les seigneurs de la brume
Autres livres
Aliénor d'Aquitaine
Amour et sexualité chez les Celtes

Brocéliande et l'énigme du Graal
Depuis le haut Moyen Age, et même sans doute bien avant, l'imaginaire de l'Europe occidentale s'est cristallisé autour d'un thème majeur : celui de la Forêt enchantée, située quelque part à l'ouest du monde, peuplée de chevaliers et de princesses, de fées et d'enchanteurs.
Cette forêt merveilleuse, au coeur de la Bretagne, impénétrable à ceux qui nient la réalité des légendes, c'est Brocéliande qu'on appelle aujourd'hui la forêt de Paimpont.
C'est là, dans cet espace clos, vestige d'une forêt perdue qui recouvrait jadis des étendues immenses, que nos rêves vagabondent à la recherche du Roi Arthur, de ses preux chevaliers, Lancelot du Lac et le vaillant Gauvain, des ombres évanescentes des Dames du Lac, qu'elles aient pour nom Guenièvre, Morgane, Viviane, ou bien celles de Merlin, de Tristan, d'Iseult la Blonde.
A travers tous ces personnages fabuleux, au-delà du miroir magique où se reflètent des amours brûlantes, des traditions immuables, surgit, éternellement vivante, la flamboyante image du Graal.
Le Graal !... mythique et mystérieux, ineffable trésor, ou bien suprême enjeu d'une " quête " intérieure que poursuivent tous les hommes ? Mais quelle est donc la vérité du Graal ? Que contient-il de si passionnément désirable : le sang du Christ ou l'Elixir de vie de la tradition alchimique ? Est-il encore présent et accessible derrière les frondaisons obscures des arbres de Brocéliande ?
Tel est l'itinéraire vertigineux que Jean Markale, écrivain aussi inspiré qu'érudit, propose dans ce livre, clé d'espérance qui permet d'entrevoir les arcanes masquant la divine lueur, la flamme indestructible qui brûlera toujours dans le coeur des hommes, plus forte que la mort et que le temps qui passe.

Carnac et l'énigme de l'Atlantide
Charlemagne et Roland
Chartres et enigme des druides
Chateaubriand au-delà du miroir
Contes et légendes des pays celtes
Contes de la mort
Contes populaires de bretagne
Contes populaires grivois des pays de france
Dolmens et menhirs
Druides et chamanes

Gisors et l'énigme des Templiers
Le mystère de la destruction de l'ordre du Temple décidée par Philippe le Bel, Il y a près de sept siècles, n'a jamais cessé d'obséder les esprits.
Mais depuis une vingtaine d'années, le problème soulevé par son anéantissement a rebondi et donné lieu à diverses interprétations, parfois sensationnelles, notamment à propos de Gisors et de son étrange château.
Qu'en est-il exactement ? Quel rôle ont joué les Templiers à Gisors ? Des secrets dorment-ils encore dans les souterrains de l'ancienne forteresse ?
Jean Markale répond très objectivement à toutes ces questions. Faisant oeuvre d'historien, mais ne négligeant aucune source d'informations, il est ainsi amené à poser des questions fondamentales concernant les Templiers eux-mêmes : qui étaient ces " pauvres chevaliers du Christ " ? Quels buts poursuivaient-ils ? Avaient-ils une mystérieuse mission et, si oui, laquelle ? Quel était l'inavouable secret pour lequel ils sont morts ?
Le résultat de cette enquête pourra étonner, car les Templiers, considérés le plus souvent comme victimes d'une noire machination, n'ont-ils pas plutôt été les exécutants dociles d'une politique papale de domination du monde ?
Nont-ils pas ainsi attiré sur leur tête les foudres du roi de France, ce dernier, dans sa lutte acharnée contre la papauté pour l'hégémonie européenne, ne pouvant tolérer plus longtemps la menace grandissante de leur toute-puissance ?
Une énigme absolue demeure cependant : les Templiers, tout en se prétendant chrétiens, reniaient Jésus. Quelle raison inexpliquée justifia donc cet incroyable serment ?
Dans le respect le plus total des sources historiques, Jean Markale s'efforce d'éclairer ce lancinant mystère en isolant les faits irréfutables des hypothèses trop souvent avancées sans fondement.

Guide spirituel de la forêt de Brocéliande
Halloween
Histoire secrète de la Bretagne
Histoire de la France secrète
L'amour courtois

La femme celte
Comment les Celtes considéraient-ils la femme ? L'auraient-ils rêvée ? N'est-ce pas l'image de la femme, plus que sa réalité, qu'ils nous ont léguée dans leurs traditions et leurs légendes ? - Ce livre s'efforce de rép
ondre à ces questions.
À travers les témoignages des Grecs et des Latins, à travers l'abondante littérature médiévale irlandaise, à travers la tradition bretonne et les fameux romans de la Table ronde, ainsi que les nombreux contes populaires de l'Europe occidentale, surgit la troublante silhouette d'une femme inconnue, la femme-soleil, sous les noms les plus divers : Dahud la « bonne sorcière », Rhiannon la « grande reine », Guenièvre le « blanc fantôme », Blodeuwedd la « née des fleurs », et beaucoup d'autres, jusqu'à Yseult, soleil incarné qui inonde de son amour l'hommelune Tristan, et cette étrange « Pucelle au Graal » qui tient entre ses mains un vase d'où émane une lumière surnaturelle...

La grande déesse
La Tour de Nesle
La tradition celtique en Bretagne armoricaine
La fille de Merlin
Lancelot et la chevalerie arthurienne
Le chêne de la sagesse
Le Druidisme
Le Mont-Saint-Michel et l'énigme du dragon
Le Roi Arthur et la société celtique
Le christianisme celtique et ses survivances populaires
Le périple de Saint Colomban
Le tombeau de Merlin
L'énigme des vampires
L'énigme du Saint Graal de Rennes-le-Château à Marie-Madeleine
L'Epopée celtique en Bretagne
L'Epopee celtique d'Irlande
Légendes de Bretagne
L'épopée des Gaulois
Les révoltés de Dieu
Les saints fondateurs de la Bretagne et des pays celtes
Les Dames du Graal
Les Celtes et la civilisation celtique
Les Mystères de l'après-vie
Mélusine
Memoires d'un celte
Merlin l'Enchanteur ou l'Eternelle quête magique
Montségur et l'énigme cathare
Notre-Dame de la nuit
Paroles celtes
Petite encyclopédie du graal
Pour une rose
Rennes-le-Château ou l'énigme de l'or maudit
Dans un petit bourg des Corbières, arrive un jour de juin 1885 le nouveau curé, Bérenger Saunière.
Il restera là jusqu'à sa mort en 1917 ayant marqué son village pour toujours, à la fois par son comportement hors du commun, mais aussi par la restauration fort étrange de son église et la construction d'importants bâtiments, tous réalisés au nom de sa fidèle servante Marie Denarnaud.
Trente ans après sa disparition, l'histoire de ce prêtre peu ordinaire rebondit et passionne un public de plus en plus nombreux.
L'abbé Saunière a-t-il trouvé un trésor royal ? A-t-il été le docile instrument d'une " confrérie secrète " ? A-t-il fréquenté les milieux ésotériques de Paris ? A-t-il été mêlé, de près ou de loin, au meurtre de l'abbé Gélis ? De fil en aiguille, étayée par de nouvelles interprétations, la légende de Bérenger Saunière perdure et s'enrichit. Mais quelle est la part d'affabulation dans tout cela ?
Ce livre reprend le dossier à son origine et démontre qu'il n'y a pas de fumée sans feu même si certains aspects de l'affaire ont été, à l'évidence, grossis. Une certitude en tout cas demeure : Saunière, de son vivant, avait trouvé quelque chose ; il a, après sa mort, laissé un énigmatique message que personne encore n'a réussi à déchiffrer.
Jean Markale, démontant le mécanisme complexe du " roman " qui s'est bâti autour d'un lieu et d'un homme déconcertants, ne s'appuie que sur des faits tangibles et vérifiables. Il détruit les fausses légendes, explore en profondeur toutes les pistes curieusement négligées jusqu'ici, tente de dévoiler les véritables dessous du mystère.

Siegfried ou l'or du Rhin
Sites et sanctuaires celtes
Vercingetorix
Chartres et l'énigme des druides
La cathédrale de Chartres est incontestablement l'un des plus beaux sanctuaires de toute la chrétienté, tant par son architecture et la richesse artistique de son ornementation, que par la valeur symbolique de son ensemble.
Mais c'est surtout un sanctuaire dédié à la Vierge, et cela, semble-t-il, bien avant l'introduction du christianisme en Gaule.
Quelle est donc cette mystérieuse Virgo paritura que les Druides auraient vénérée à l'emplacement même de la crypte de la cathédrale actuelle, dans une grotte ou dans un temple en plein air ? Ne serait-elle pas, cette " NotreDame de Sous-Terre ", l'image de la Mère universelle, la Déesse des Commencements, celle " sur le point d'enfanter " le monde, vers laquelle se dresse l'humanité entière, celle enfin que les chrétiens ont fini par identifier à l'Immaculée conception ?
A travers la cathédrale de Chartres, haut-lieu de la dévotion mariale, mais également à travers le labyrinthe de la vieille ville, si chargée d'histoire, d'étranges voix se font entendre.
Chartres n'es-elle pas située au centre de la Beauce, recouverte autrefois par une forêt immense, la forêt des Carnutes, qui, selon Jules César, abritait le plus grand sanctuaire de toute la Gaule, sanctuaire où les Druides venaient célébrer, une fois l'an, de très secrètes liturgies ?
Ce qui est sûr, en tout cas, c'est qu'il existe une filiation évidente entre le culte druidique de la Déesse-Mère et le culte de la Vierge Marie, culte lié lui-même aux représentations dites de la " Vierge Noire ".
Or, si NotreDame de Chartres, comme celle du Puy-en-Velay, comme celle de Rocamadour, est une " Vierge Noire ", que recouvre donc son image mythique, surtout dans un pays marqué par la présence indélébile des Druides ?
C'est à tous ces problèmes nimbés d'ombre que cet ouvrage, captivant et hautement documenté, tente de répondre, aussi bien par l'archéologie que par l'histoire, la mythologie et l'histoire des religions.
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samedi 25 octobre 2008

Italo Calvino - le vicomte pourfendu

livre de chevet :
littérature italienne
Au cours d'une bataille contre les Turcs, Médard de Terralba, chevalier génois, est coupé en deux par un boulet de canon.
Ses deux moitiés continuent de vivre séparément, fane faisant le bien, l'autre mutilant tout sur son passage.
Ce conte est pétri d'humour et de cynisme.
Le monde imaginaire de Calvino où des doigts coupés indiquent la route à suivre, où les lépreux vivent heureux a pourtant toutes les couleurs du réel
Et le Vicomte pourfendu prouve avec brio que la vertu comme la perversité absolues sont également inhumaines.


Italo Calvino, écrivain italien (occasionnellement scénariste), membre de l'OuLiPo, né à Santiago de Las Vegas (Cuba) le 15 octobre 1923, mort à Sienne (Italie) le 19 septembre 1985 à l'âge de 62 ans, fait partie des grands écrivains italiens du XXe siècle.
Né à Santiago de Las Vegas, il part ensuite à Cuba où son père Mario, d'origine ligure, travaille comme agronome, et sa mère Evelina Mameli (ou Eva), native de Sardaigne, est biologiste.

En 1925, il rentre en Italie alors
Mussolinienne où il grandit (à Sanremo) et reçoit une éducation laïque et antifasciste.

Lorsque la guerre éclate, il interrompt ses études d'agronomie ;
en 1943, il rejoint les partisans des brigades Garibaldi et en 1945, il se retrouve à Turin où il collabore avec plusieurs journaux, s'inscrit au parti communiste et entreprend des études de lettres qu'il conclut brillamment par un mémoire de littérature anglaise sur Joseph Conrad.
À cette période, il fait la connaissance de Cesare Pavese qui l'encourage à écrire.

En
1947, il publie son premier roman, Le Sentier des nids d'araignées, qui évoque son expérience de résistant.
L'œuvre rencontre un certain succès.
En 1949 paraît Le Corbeau vient le dernier.
Ces deux œuvres naissent dans l'atmosphère néoréaliste mais sont empreintes, la première surtout, d'un style qui se rapproche de la fable.
En 1952, sur les conseils de son éditeur, il abandonne sa manière néo-réaliste et se laisse aller à ses penchants pour le conte fantastique, à travers Le Vicomte pourfendu qui formera, avec Le Baron perché et Le Chevalier inexistant, la célèbre trilogie Nos ancêtres, vision allégorique de la condition humaine moderne.
Entre 1950 et 1956, il entreprend la compilation et la traduction des Contes populaires italiens à partir de contes folkloriques du XIXe siècle.

Après l'invasion de la Hongrie en
1956, Calvino se détourne du parti communiste et, progressivement, de l'engagement politique.

Au début des années 1960, dans deux articles : La mer de l'objectivité et Le défi au labyrinthe, il réfléchit à la situation littéraire internationale et tente de définir sa propre poétique dans un monde de plus en plus complexe et indéchiffrable.

Il publie en
1963 La Journée d'un scrutateur,
puis en 1964 s'installe à Paris où il entrera en contact avec les membres de l'OuLiPo, dont il devient formellement l'un des membres en 1972.
Parallèlement, son intérêt pour les sciences naturelles et la sociologie ne cesse de croître. Celles-ci influeront sur son œuvre : Cosmicomics (1965) est un recueil de contes fantastico-scientifiques, qui illustrent une fois de plus son goût pour le fantastique.

En 1964, il se marie et sa fille naît l'année suivante.

Le Château des destins croisés (
1969), Les Villes invisibles (1972), Si par une nuit d'hiver un voyageur (1979), appartiennent au « système combinatoire des récits et des destins humains », système à l'aide duquel Calvino – en s'appuyant sur un certain nombre d'éléments (les figures du tarot dans Le Château des destins croisés) – prétendait construire ces récits.
Ce « systématisme » traduit l'influence de l'OuLiPo et le goût de ses membres pour toutes les formes d'écriture à contraintes.

Il meurt en
1985 d'une hémorragie cérébrale, alors qu'il préparait, pour l'université de Harvard les Leçons américaines, qui paraissent après sa mort.


L'esthétique de Calvino


De Calvino, Roland Barthes disait : « Dans l’art de Calvino et dans ce qui transparaît de l’homme en ce qu’il écrit, il y a – employons le mot ancien, c’est un mot du dix-huitième siècle – une sensibilité. On pourrait dire aussi une humanité, je dirais presque une bonté, si le mot n’était pas trop lourd à porter : c’est-à-dire qu’il y a, à tout instant, dans les notations, une ironie qui n’est jamais blessante, jamais agressive, une distance, un sourire, une sympathie. »


L'expérience néo-réaliste


Le néoréalisme fut, davantage qu'une école, une façon de ressentir les choses partagée par les jeunes écrivains de l'après-guerre, qui se sentaient dépositaires d'une réalité sociale nouvelle.

Calvino, faisant référence à cette période, déclare qu'après la guerre il avait tenté – sans obtenir de résultat probant – de raconter, à la première personne, son expérience de résistant. C'est seulement après qu'il a adopté un point de vue extérieur, et donc un certain détachement, que son travail lui a donné entière satisfaction.

C'est ainsi que Calvino conçut Le Sentier des nids d'araignées. En adoptant le point de vue de Pin, le jeune narrateur, il confère un caractère fabuleux, fantastique au récit. Par ce moyen détourné, l'écrivain parvient à parer la réalité des attributs du rêve sans pour autant lui faire perdre sa consistance, tandis que la dimension mythico-fabuleuse évite au récit les lourdeurs de ce qui aurait pu être une œuvre emphatique sur la
Résistance.

Ainsi Calvino amorce-t-il un procédé qui lui deviendra propre : alléger la narration afin de rendre l'œuvre – selon le niveau d'interprétation adopté – accessible à tous, y compris aux lecteurs non avertis.

Ce choix, motivé au départ par des raisons idéologiques faciles à comprendre, permettra par la suite à Calvino de multiplier les niveaux de lecture de ses œuvres. Même dans Le Corbeau vient le dernier, tout en adhérant à l'esthétique néo-réaliste, Calvino ne peut s'empêcher d'y conserver la veine fabuleuse bien qu'abandonnant cette fois le point de vue de l'enfant.


La période fantastique


Calvino a toujours été attiré par la littérature populaire, l'univers de la fable, en particulier.
Dans Le Vicomte pourfendu, il exploite la veine fantastique : le cadre est celui de la fable tandis que la narration se fait sur deux niveaux : le plus immédiatement perceptible, le récit fabuleux, mais aussi le niveau allégorique et symbolique qui est très riche (il développe notamment les thèmes du contraste entre réalité et illusion, idéologie et éthique, etc.). Mais la morale du roman est d’abord une invitation à la nuance, puisqu'il apparaît que la vérité absolue est une chimère.

Les deux autres romans de la trilogie Nos ancêtres obéissent au même principe de fonctionnement. Le héros du Baron perché est un alter ego de Calvino, désormais débarrassé de ses anciennes conceptions et qui ne voit plus la littérature comme porteuse d'un message politique. Le Chevalier inexistant, dernier de la trilogie, est un roman plus sombre, en revanche.

À côté de cette production « fabuleuse », Calvino continue à traiter dans ses œuvres de la réalité quotidienne.

À ce cycle appartient
Marcovaldo, roman en deux parties. La première (1958) se rapporte davantage à la manière de la fable tandis que la seconde (1963) aborde des thèmes urbains sur un ton qui confine à l’absurde.
La même année que ce dernier, paraît La Journée d’un scrutateur dans lequel Calvino raconte la journée électorale d’un militant communiste, scrutateur dans un asile faisant office de bureau de vote, qui est profondément troublé par son contact imprévu avec un monde parfaitement irrationnel. -wikipédia

Note :
Superbe conte !
Rien ne vaut un très bon auteur pour faire passer une précédente lecture incipide.
*
liseuse de Eileen Graham