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mardi 27 octobre 2009

prix Virilo, seconde édition : hormone XY et moustaches

En passant sur http://www.actualitte.com/actualite/14494-prix-virilo-XY-hormone-moustaches.htm, l'un des sites littéraires que je préfère...
suis restée étonnée par l'un des candidats à ce prix : Valéry Giscard d'Estaing !
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Tout de même accorder un prix de ce genre a une bluette même présidentielle, c'est un comble !
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La littérature est vraiment mise à mâle.
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illustration : une fois n'est pas coutume, mais là, "UN lectueur" s'impose... une toile Carl Spitzweg
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Avec supplément monocle pour les plus classieux de ces messieurs...
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Avec « un poil dans la main, un livre dans l'autre », le prix Virilo a tout de même pu trouver le temps de renouveler sa liste de sélectionnés pour une seconde édition de ce contrepoint littéraire du Fémina.
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Un prix qui « a prouvé au monde qu'il fallait mettre un genre au talent, donner un sexe au génie ».
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Et le 9 novembre prochain, le prix Virilo remettra à prompt renfort de moustaches, non loin du Crillon, où le Femina récompensera son lauréat, son prix, à 11 h 30, au Café de l'Ambassade.
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Mais il remettra également le prix Trop Virilo, qui récompense « la poussée de testostérone littéraire la plus vivace ».Muy macho, si !Si le Virilo Prize a disparu, au profit d'une seule littérature francophone cette année, d'autres accessits, comme le Prix de la plus mauvaise quatrième de couverture seront remis, uniquement sur le blog.
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Pour le prix Virilo, sont sectionnés

Loin des bras de Metin ARDITI (Actes Sud)
Nous autres de Stéphane AUDEGUY (Gallimard)
Assortiment pour une vie meilleure de Thomas GUNZIG (Au Diable Vauvert)
Jan Karski de Yannick HAENEL (Gallimard)
Dans les ombres sylvestres de Jérôme LAFARGUE (Quidam)
Des hommes de Laurent MAUVIGNIER (Minuit)
Trois femmes puissantes de Marie NDIAYE (Gallimard)
La Vérité sur Marie de Jean-Philippe TOUSSAINT (Minuit)
Yanvalou pour Charlie de Lyone TROUILLOT l (Actes Sud)
Les Insomniaques de Camille de VILLENEUVE (Philippe Rey) Et pour le prix Trop Virilo,
Parquet flottant de Samuel CORTO (Denoël)
L'hyper Justine de Simon LIBERATI (Flammarion)
La Princesse et le Président de Valery G. d'ESTAING (De Fallois/ X.O)
La Confession négative de Richard MILLET (Gallimard)
Cadence de Stéphane VELUT (Ch. Bourgois)
Kata Sutra, la vérité crue… de N.DAAM, E. DEFAUD, T. LECOQ J. SABROUX, E. PHILIPPE (Ja. Duvernet)
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Toujours doté de 11 € pour accompagner la réussite du lauréat et son talent hormonal, le Virilo n'attend plus que vous.
source : actualitté - Rédigé par
Clément S., le mardi 27 octobre 2009 à 08h46

En 2008, les lauréats ont été :

* Prix Virilo à Robert Alexis, pour "Les Figures" (Editions José Corti)
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* Prix Trop Virilo à Pierre Bisiou, pour "Enculée" (Editions Stock)
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illustration : softlab.ece.ntua.gr
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On y pense pas assez souvent, mais les Championnats du monde de barbe et moustaches ont eu lieu le 23 mai 2009. - source : http://www.tribords.com/?championnats-monde-barbe-moustaches

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idées de lecture :

La Moustache de Emmanuel Carrère
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Ayant vidé la poubelle sur le trottoir, il trouva vite le sac qu'on plaçait dans la salle de bains, en retira des coton-tiges, un vieux tube de dentifrice, un autre de tonique pour la peau, des lames de rasoir usagées. Et les poils étaient là.
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Pas tout à fait comme il l'avait espéré : nombreux, mais dispersés, alors qu'il imaginait une touffe bien compacte, quelque chose comme une moustache tenant toute seule.
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Il en ramassa le plus possible, qu'il recueillit dans le creux de sa main, puis remonta. Il entra sans bruit dans la chambre, la main tendue en coupelle devant lui et, s'asseyant sur le lit à côté d'Agnès apparemment endormie, alluma la lampe de chevet.
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Elle gémit doucement puis, comme il lui secouait l'épaule, cligna des yeux, grimaça en voyant la main ouverte devant son visage. " Et ça, dit-il rudement, qu'est-ce que c'est? "
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La moustache de Tahsin Yücel
Un baiser sans moustache de Catherine Simon
L'été de la moustache de François Gravel
La moustache du biographe de Kingsley Amis
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Un peu de littérature classique

LA MOUSTACHE
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Château de Solles, lundi 30 juillet 1883.
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Ma chère Lucie,
rien de nouveau. Nous vivons dans le salon en regardant tomber la pluie. On ne peut guère sortir par ces temps affreux; alors nous jouons la comédie.
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Qu'elles sont bêtes, ô ma chérie, les pièces de salon du répertoire actuel. Tout y est forcé, grossier, lourd.
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Les plaisanteries portent à la façon des boulets de canon, en cassant tout. Pas d'esprit, pas de naturel, pas de bonne humeur, aucune élégance.
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Ces hommes de lettres, vraiment, ne savent rien du monde. Ils ignorent tout à fait comment on pense et comment on parle chez nous. Je leur permettrais parfaitement de mépriser nos usages, nos conventions et nos manières, mais je ne leur permets point de ne les pas connaître.
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Pour être fins ils font des jeux de mots qui seraient bons à dérider une caserne ; pour être gais ils nous servent de l'esprit qu'ils ont dû cueillir sur les hauteurs du boulevard extérieur, dans ces brasseries dites d'artistes où on répète, depuis cinquante ans, les mêmes paradoxes d'étudiants. Enfin nous jouons la comédie.
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Comme nous ne sommes que deux femmes, mon mari remplit les rôles de soubrette, et pour cela il s'est rasé.
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Tu ne te figures pas, ma chère Lucie, comme ça le change! Je ne le reconnais plus... ni le jour ni la nuit. S'il ne laissait pas repousser immédiatement sa moustache je crois que je lui deviendrais infidèle, tant il me déplaît ainsi. Vraiment, un homme sans moustache n'est plus un homme.
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Je n'aime pas beaucoup la barbe; elle donne presque toujours l'air négligé, mais la moustache, ô la moustache! est indispensable à une physionomie virile. Non, jamais tu ne pourrais imaginer comme cette petite brosse de poils sur la lèvre est utile à l'oeil et... aux... relations entre époux.
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Il m'est venu sur cette matière un tas de réflexions que je n'ose guère t'écrire. Je te les dirai volontiers... tout bas. Mais les mots sont si difficiles à trouver pour exprimer certaines choses, et certains d'entre eux, qu'on ne peut guère remplacer, ont sur le papier une si vilaine figure, que je ne peux les tracer.
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Et puis, le sujet est si difficile, si délicat, si scabreux qu'il faudrait une science infinie pour l'aborder sans danger. Enfin! tant pis si tu ne me comprends pas.
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Et puis, ma chère, tâche un peu de lire entre les lignes. Oui, quand mon mari m'est arrivé rasé, j'ai compris d'abord que je n'aurais jamais de faiblesse pour un cabotin, ni pour un prédicateur, fût-il le père Didon, le plus séduisant de tous! Puis quand je me suis trouvée, plus tard, seule avec lui (mon mari), ce fut bien pis.
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Oh! ma chère Lucie, ne te laisse jamais embrasser par un homme sans moustaches ; ses baisers n'ont aucun goût, aucun, aucun !
Cela n'a plus ce charme, ce moelleux et ce... poivre, oui, ce poivre du vrai baiser. La moustache en est le piment.
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Figure-toi qu'on t'applique sur la lèvre un parchemin sec... ou humide. Voilà la caresse de l'homme rasé. Elle n'en vaut plus la peine assurément.
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D'où vient donc la séduction de la moustache, me diras-tu ? Le sais-je ?
D'abord elle chatouille d'une façon délicieuse. On la sent avant la bouche et elle vous fait passer dans tout le corps, jusqu'au bout des pieds un frisson charmant. C'est elle qui caresse, qui fait frémir et tressaillir la peau, qui donne aux nerfs cette vibration exquise qui fait pousser ce petit "Ah !" comme si on avait grand froid.
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Et sur le cou ! Oui, as-tu jamais senti une moustache sur ton cou ? Cela vous grise et vous crispe, vous descend dans le dos, vous court au bout des doigts. On se tord, on secoue ses épaules, on renverse la tête ; on voudrait fuir et rester ; c'est adorable et irritant ! Mais que c'est bon !
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Et puis encore... vraiment, je n'ose plus ? Un mari qui vous aime, mais là, tout à fait, sait trouver un tas de petits coins où cacher des baisers, des petits coins dont on ne s'aviserait guère toute seule. Eh bien, sans moustaches, ces baisers-là perdent aussi beaucoup de leur goût, sans compter qu'ils deviennent presque inconvenants !
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Explique cela comme tu pourras. Quant à moi, voici la raison que j'en ai trouvée. Une lèvre sans moustaches est nue comme un corps sans vêtements ; et, il faut toujours des vêtements, très peu si tu veux, mais il en faut !
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Le créateur (je n'ose point écrire un autre mot en parlant de ces choses), le créateur a eu soin de voiler ainsi tous les abris de notre chair où devait se cacher l'amour. Une bouche rasée me paraît ressembler à un bois abattu autour de quelque fontaine où l'on allait boire et dormir.
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Cela me rappelle une phrase (d'un homme politique) qui me trotte depuis trois mois dans la cervelle. Mon mari, qui suit les journaux, m'a lu, un soir, un bien singulier discours de notre ministre de l'agriculture qui s'appelait alors M. Méline. A-t-il été remplacé par quelque autre ? Je l'ignore. Je n'écoutais pas, mais ce nom, Méline, m'a frappée.
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Il m'a rappelé, je ne sais trop pourquoi, les scènes de la vie de Bohème. J'ai cru qu' il s'agissait d'une grisette. Voilà comment quelques bribes de ce morceau me sont entrées dans la tête.
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Donc M. Méline faisait aux habitants d'Amiens, je crois, cette déclaration dont je cherchais jusqu'ici le sens : "Il n'y a pas de patriotisme sans agriculture ! " Eh bien, ce sens, je l'ai trouvé tout à l'heure ; et je te déclare à mon tour qu'il n'y a pas d'amour sans moustaches. Quand on le dit comme ça, ça semble drôle, n'est-ce pas ? Il n'y a point d'amour sans moustaches ! "Il n'y a point de patriotisme sans agriculture", affirmait M. Méline ; et il avait raison, ce ministre, je le pénètre à présent !
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A un tout autre point de vue, la moustache est essentielle. Elle détermine la physionomie. Elle vous donne l'air doux, tendre, violent, croquemitaine, bambocheur, entreprenant !
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L'homme barbu, vraiment barbu, celui qui porte tout son poil (oh! le vilain mot) sur les joues n'a jamais de finesse dans le visage, les traits étant cachés. Et la forme de la mâchoire et du menton dit bien des choses, à qui sait voir. L'homme à moustaches garde son allure propre et sa finesse en même temps.
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Et que d'aspects variés elles ont, ces moustaches !
Tantôt elles sont retournées, frisées, coquettes. Celles-là semblent aimer les femmes avant tout !
Tantôt elles sont pointues, aiguës comme des aiguilles, menaçantes. Celles-là préfèrent le vin, les chevaux et les batailles.
Tantôt elles sont énormes, tombantes, effroyables. Ces grosses-là dissimulent généralement un caractère excellent, une bonté qui touche à la faiblesse et une douceur qui confine à la timidité.
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Et puis, ce que j'adore d'abord dans la moustache, c'est qu'elle est française, bien française. Elle nous vient de nos pères les Gaulois, et elle est demeurée le signe de notre caractère national enfin.
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Elle est hâbleuse, galante et brave. Elle se mouille gentiment au vin et sait rire avec élégance, tandis que les larges mâchoires barbues sont lourdes en tout ce qu'elles font.
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Tiens, je me rappelle une chose qui m'a fait pleurer toutes mes larmes, et qui m'a fait aussi, je m'en aperçois à présent, aimer les moustaches sur les lèvres des hommes.
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C'était pendant la guerre, chez papa. J'étais jeune fille, alors. Un jour on se battit près du château. J'avais entendu depuis le matin le canon et la fusillade, et le soir un colonel allemand entra chez nous et s'y installa. Puis il partit le lendemain.
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On vint prévenir père qu'il y avait beaucoup de morts dans les champs. Il les fit ramasser et apporter chez nous pour les enterrer ensemble. On les couchait, tout le long de la grande avenue de sapins, des deux côtés, à mesure qu'on les apportait; et comme ils commençaient à sentir mauvais, on leur jetait de la terre sur le corps en attendant qu'on eût creusé la grande fosse.
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De la sorte on n'apercevait plus que leurs têtes qui semblaient sortir du sol, jaunes comme lui, avec leurs yeux fermés. Je voulus les voir; mais quand j'aperçus ces deux grandes lignes de 6gures affreuses, je crus que j'allais me trouver mal ; puis je me mis à les examiner, une à une, cherchant à deviner ce qu'avaient été ces hommes.
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Les uniformes étaient ensevelis, cachés sous la terre, et pourtant tout à coup, oui ma chérie, tout à coup je reconnus les Français, à leur moustache !
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Quelques-uns s'étaient rasés le jour même du combat, comme s'ils eussent voulu être coquets jusqu'au dernier moment ! Leur barbe cependant avait un peu repoussé, car tu sais qu'elle pousse encore après la mort.
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D'autres semblaient l'avoir de huit jours; mais tous enfin portaient la moustache française, bien distincte, la fière moustache, qui semblait dire : "Ne me confonds pas avec mon voisin barbu, petite, je suis un frère."
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Et j'ai pleuré, oh! j'ai pleuré bien plus que si je ne les avais pas reconnus ainsi, ces pauvres morts. J'ai eu tort de te conter cela. Me voici triste maintenant et incapable de bavarder plus longtemps.
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Allons, adieu, ma chère Lucie, je t'embrasse de tout mon coeur. Vive la moustache !
- Guy de Maupassant
- Texte publié dans Gil Blas du 31 juillet 1883, sous la signature de Maufrigneuse, puis publié dans le recueil Toine

jeudi 24 septembre 2009

La première sélection du prix Interallié 2009

On prend les mêmes ... sauf 3 nouveaux dans le paysage... vraiment très tristounette cette rentrée littéraire... heureusement que les amis me donne envie de lire avec autre chose !
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illustration : "la liseuse" de Betto Lucio



Le jury du prix Interallié vient d'annoncer sa première sélection de romans.
On y retrouve notamment David Foenkinos, habitué des prix littéraires cette année:
il fait aussi partie des potentiels lauréats du Goncourt, du Médicis, du Renaudot et du Femina.
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... et je n'ai toujours pas envie de le lire...

Les romans sélectionnés:

Elisabeth Barillé, Heureux parmi les morts (Gallimard) zéro tentation
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Basile habille les femmes, Domi habille les morts, Ligeia leur parle.
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Luc le solitaire vit dans un fauteuil depuis plus de trente ans.
Basile possède en lui son seul ami véritable, mais Luc rêve de faire la peau à celui qu'il considère comme le meurtrier de Nelly, son unique amour. " La muse absente " de Basile.
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Supprimer ce couturier qui l'obsède et la ruine, c'est aussi le rêve d'Amélie Dalle, la fashionista graphomane, et, sans doute, le désir inavouable de l'ambitieux Etzo.
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Le beau Yann, lui, ne rêve que de faire un enfant à Domi, sa compagne, mais depuis que Ligeia a oublié dans son bureau à la morgue un recueil de ses poèmes, Domi la frondeuse rêve de rencontrer Rainer Maria Rilke.
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Avant sa tumeur au cerveau, Julio Ocampo construisait des maisons. Il ne connaît aucun de ces personnages. Doté de mystérieux pouvoirs, il sait pourtant le sort que l'auteur leur réserve. Julio serait-il un maçon visionnaire, les rêves, les agents doubles de la vie, et la mort, l'agent secret de la mode ?
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Depuis Corps de jeune fille, Elisabeth Barillé a publié cinq romans aux Editions Gallimard.
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Bernard Chapuis, Le rêve entouré d'eau (Stock)
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Quatre objets étranges, quatre orphelins adoptés par quatre célibataires :
Talbeau, avocat débonnaire et somptueux,
Valentine, dont le salon russe ne désemplit pas,
Luca, photographe de charme à l'accent romain,
et Bichot, le voisin du dessus, le petit homme au coeur d'une tribu imaginative.
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Des voix, des rires, des dîners, des bouteilles, des chats.
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Les objets : la selle du cavalier indien, le lit Ernest Boiceau, la tacouba d'Ahamed, le matsu des Kotani. Le jeu est de les trouver.
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Quatre voyages qui commencent et s'achèvent au cap Ferret en passant par le lac Léman, l'océan de sable du Ténéré, la nier intérieure du Japon. Sous le vent de l'amitié, quatre histoires entourées d'eau.
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Jean-Louis Ezine, Les taiseux (Gallimard)
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Je ne me suis pas toujours appelé du nom que je porte, et c'est comme si j'avais vécu une autre fois. C'est comme si j'avais été un autre.
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Mais de cet autre, je n'ai aucun souvenir. Rien qui puisse dire tel, plutôt les ombres floues des réminiscences où s'évanouissent, aux limites de la mémoire, les ultimes rayons d'un monde éteint.
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J'étais trop jeune pour les souvenirs, quandj'ai cessé d'être lui. Et cependant il a toujours occupé ma pensée, toute ma pensée.
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Il ne m'arrive rien d'important, ou de misérable, ou de triste ou d'heureux que je n'aie le sentiment étrange de recevoir par délégation. Nous sommes pourtant très différents, lui et moi.
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Pour commencer, lui avait un père, tandis que moi, je n'ai eu que le manque. Tout, depuis toujours, a gravité autour de ce trou noir. Je me heurte tous les jours au fantôme de celui que je fus quand je portais un autre nom.' Jean-Louis Ezine .
pas de couverture, illustration de Nikolay Samoukov

lundi 21 septembre 2009

Grand Prix de l'Imaginaire 2010 : les nominés sont...

Quelle liste, mes enfants, quelle liste !

Tout comme nous l'explique le site officiel du Grand Prix de l'imaginaire 2010,
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les lauréats ne seront connus qu'au cours des Utopiales, édition 2010, qui se déroulera du 28 octobre au 1er novembre 2009.
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Alors inutile de vous faire saliver plus longtemps, voici la liste des gens qui vont s'entretuer pour obtenir leur prix.
Quel beau carnage...
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illustration : de Ted Wen
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1) Roman francophone
Le Déchronologue de Stéphane Beauverger (La Volte)

Paysage sombre avec foudre de Alain Claret (Robert Laffont)

Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworski (Les Moutons électriques)

Lilliputia de Xavier Mauméjean (Calmann-Lévy)
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illustration : de Ted Wen

2) Roman étranger


Et dormir dans l'oubli comme un requin dans l'onde de Steven Hall (Robert Laffont)

Roi du matin, reine du jour de Ian McDonald (Denoël)

Le Nom du vent de Patrick Rothfuss (Bragelonne)

Terreur de Dan Simmons (Robert Laffont) seul lu de toute cette liste...

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3) Nouvelle francophone


Bataille pour un souvenir de Lionel Davoust (Identités, Glyphe)

La contrée du dragon de Thomas Day (Dragons, Calmann-Lévy)

Révélations du prince de feu de Léo Henry (Fiction 9, Les Moutons électriques)

Le diapason des mots et des misères (recueil) de Jérôme Noirez (Griffe d'encre)

La vieille qui, là-haut, porte son fagot noir de Timothée Rey (Fiction 9, Les Moutons électriques)
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illustration : de Misha Levin
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4) Nouvelle étrangère
Maelström de Kage Baker (N.S.O., Bragelonne)
Des choses fragiles (recueil) de Neil Gaiman (Au diable vauvert)
Lune et l'autre (recueil) de John Kessel (Gallimard)
Pixel Juice (recueil) de Jeff Noon (La Volte)
La jolie fille de Pol Pot de Geoff Ryman (Solaris 170)
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illustration : de Kathy Montgomery

5) Roman jeunesse

Le clairvoyage et La brume des jours de Anne Fakhouri (L'Atalante)
L'étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman (Albin Michel)
Jumper de Steven Gould (Mango)
Le sang des lions de Loïc Le Borgne (Intervista)
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illustration : de Jeff Mack,

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6) Prix Jacques Chambon de la traduction
Colette Carrière pour Le Nom du vent de Patrick Rothfuss (Bragelonne)Florence Dolisi pour Vélum de Hal Duncan (Denoël) Gilles Goullet pour Vision aveugle de Peter Watts (Fleuve Noir) Jean-Pierre Pugi pour Roi du matin, reine du jour de Ian McDonald (Denoël)
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illustration : l’artiste Phyllis Chase
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7) Prix Wojtek Siudmak du graphisme
Néjib Belhadj Kacem pour ses illustrations de la collection Interstices (Calmann-Lévy)
Arnaud Cremet pour Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworski (Les Moutons électriques)
Daylon pour Le Haut-Lieu et autres espaces inhabitables de Serge Lehman et Vélum de Hal Duncan (Denoël)
Beb Deum pour FaceBox (Delcourt)
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illustration : signée Holly Wojahn
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8) Essai
Echos de Cimmérie. Hommage à Robert Ervin Howard, sous la direction de Fabrice Tortey (Oeil du Sphinx) Les nombreuses vies de Conan de Simon Sanahujas (Les Moutons électriques) Dans les griffes de la Hammer de Nicolas Stanzick (Scali)
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illustration : bibliothèques de Lynn Shaler.
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9) Prix spécialDragons et chimères - carnets d'expédition de Pierre Dubois et Camille Renversade (Hoebeke)
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Laurent Genefort pour la collection Trésors de la SF (Bragelonne)
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Le lac aux Vélies de Nosfell et Ludovic Debeurme (Futuropolis)
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illustration : d’Otto Frello
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10) Prix européenLa Maison d'Ailleurs, à Yverdon (Suisse)Science + Fiction, il festival della fantascienza a Trieste (Italie)NIFFF, le Neuchâtel International Fantastic Film Festival (Suisse)
source : actualitté - Rédigé par
Nicolas G, le lundi 21 septembre 2009 à 00h00 illustration : d’Harriet Shorr.

mercredi 16 septembre 2009

Prix Femina : la sélection romans français et étrangers 2009

Un sourire de plus aux lèvres de certains éditeurs.
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Suite et poursuites des listes de prix littéraire de la rentrée, et pour continuer, c'est le Femina qui nous sert un gros stock, avec plusieurs auteurs mentionnés dans d'autres selections.
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Est-ce à dire qu'ils ont quelque chose d'intéressant, au point d'avoir retenu l'attention des jurés ? Hmm...
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illustration : "la liseuse" de Eileen de Groot
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Romans français
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Gwenaëlle Aubry: "Personne" (Mercure de France)
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David Foenkinos: "La délicatesse" (Gallimard)
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Brigitte Giraud: "Une année étrangère" (Stock)
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Yannick Haenel: "Jan Karski" (Gallimard) sur ma liste
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Eric Holder: "Bella ciao" (Seuil)
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Dany Laferrière: "L'énigme du retour" (Grasset)
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Francine de Martinoir: "L'aimé de juillet" (Jacqueline Chambon) petite tentation
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Eté 2003 : Octavie apprend la mort solitaire, dans son appartement parisien, du commandant Préfailles, qui avait été son mari et qu'elle avait quitté. Pourquoi l'avait-elle laissé ? Durant quelques jours, Octavie retrouve l'Alger des années cinquante à soixante qu'elle croyait avoir oublié.
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Dans la ville en guerre, elle avait rencontré, aimé follement, épousé Tancrède Préfailles, cet officier si cultivé qui avait vécu la Résistance, la déportation, le Viêtnam, et qui réprouvait secrètement le combat mené par les partisans de la colonisation.
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Et puis l'affrontement des deux camps, qu'elle aurait voulu ignorer, l'avait rattrapée : l'enlèvement d'Etienne Bazaine, partisan de l'indépendance, professeur comme elle, sa mort, sans doute sous la torture, avaient fait naître en elle, sur le rôle et les activités de Tancrède, un soupçon qui allait ronger sa vie.
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Cette vie, amputée depuis leur séparation, fracassée par les batailles comme celles de ses aïeules corses, elle tente enfin de la lire en retrouvant la beauté somptueuse de l'Algérie d'autrefois.
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Catherine Mavrikakis: "Le ciel de Bay City" (Sabine Wespieser)
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Laurent Mauvignier: "Des hommes" (Editions de Minuit)
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Laurence Plazenet: "la blessure et la soif" (Gallimard) hésitation
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La Fronde bouleverse la France.
La dynastie des Ming, en Chine, meurt.
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Deux hommes, passionnément, aiment des femmes qu'ils tremblent de perdre. L'un est français, l'autre chinois.
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Dans le chaos, ils cherchent la vérité et la justice. Des continents les séparent : M. de La Tour et Lu Wei ne devraient pas se rencontrer.
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L'amour fou. Dieu et le Vide vont avoir raison des continents entre eux. Pendant douze ans, deux hommes s'efforcent de briser l'absence qui les ronge. la privation, la ruine, les spectres du deuil. Ils leur opposent la fidélité, l'extase.
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Un jour, Lu Wei confie à M. de La Tour quelques sceaux qui sont tout ce qu'il a conservé de son univers. Les chemins les plus merveilleux sont des détours. Port-Royal et Louis XIV attendent encore M. de La Tour. Une femme aussi.
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Noëlle Revaz: "Efina" (Gallimard)
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Lidye Salvayre: "BW" (Seuil)
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Romans étrangers
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Gil Adamson: "La veuve" (Bourgois) forte tentation...
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Canada, 1903. Mary Bolton, l9 ans, vient de tuer son mari.
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Poursuivie par ses beaux-frères, des jumeaux géants et roux assoiffés de vengeance, la jeune veuve s'enfuit.
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En chemin, elle rencontre une série de personnages hauts en couleur auxquels elle s'attache un temps avant de toujours reprendre la route.
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Gil Adamson bâtit un grand récit picaresque, à la fois captivant et émouvant, celui de la plongée volontaire d'une jeune femme dans les espaces du Grand Nord américain.
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Nadeem Aslam: "La vaine attente" (Seuil) sur ma liste
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Sebastian Barry: "Le testament caché" (Joëlle Losfeld) très forte envie de le lire...
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Roseanne McNulty a cent ans ou, du moins, c'est ce qu'elle croit, elle ne sait plus très bien. Elle a passé plus de la moitié de sa vie dans l'institution psychiatrique de Roscommon, où elle écrit en cachette l'histoire de sa jeunesse, lorsqu'elle était encore belle et aimée.
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L'hôpital est sur le point d'être détruit, et le docteur Grene, son psychiatre, doit évaluer si Roseanne est apte ou non à réintégrer la société.
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Pour cela, il devra apprendre à la connaître, et revenir sur les raisons obscures de son internement. Au fil de leurs entretiens, et à travers la lecture de leurs journaux respectifs, le lecteur est plongé au coeur de l'histoire secrète de Roseanne, dont il découvrira les terribles intrications avec celle de l'Irlande.
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A travers le sort tragique de Roseanne et la figure odieuse d'un prêtre zélé, le père Gaunt, Sebastian Barry livre ici dans un style unique et lumineux un roman mystérieux et entêtant.
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Neil Bissondath: "Cartes postales de l'enfer" (Phebus)
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Abha Dawesar: "L'Inde en héritage" (Héloise d'Ormesson)
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Junot Diaz: "La brève et merveilleuse vie d'Oscar Wao" (Plon) tentation forte
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" Peu importe en quoi vous croyez, le fukû, lui, croit en vous. " Le fukû, c'est la malédiction qui frappe la famille d'Oscar, une très ancienne légende dominicaine.
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Oscar, rêve de mondes fantastiques, s'imagine en Casanova ou Tolkien, tombeur des îles et génie des lettres... au lieu de quoi il grandit et grossit au fond de sa classe et de son New Jersey, binoclard fou de SF, souffre-douleur obèse et solitaire.
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Et ses seuls superpouvoirs sont ses voyages dans le temps et l'Histoire : celui de sa mère, Beli, fuyant Saint-Domingue et la dictature de Trujillo, la fugue de sa sœur Lola et son retour au pays à lui. Ses pas ramenés inexorablement par le fukû, le destin, le désir, ou l'amour, à ses origines et à sa fin.
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Fantaisiste en diable, passe-muraille de langues et de mondes, La Brève et Merveilleuse Vie d'Oscar Wao pourrait n'être que la saga tragicomique d'une famille dominicaine aux Etats-Unis, si elle n'était pas surtout une explosion romanesque, une source intarissable et jouissive d'invention littéraire.
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Elena Ferrante: "Poupée volée" (Gallimard) faible tentation
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Pourquoi Leda interrompt-elle brusquement ses vacances ? Enseignante à l'université de Florence, seule depuis que ses deux filles sont parties rejoindre leur père au Canada, elle passe quelques semaines au bord de la mer et, parmi les estivants qu'elle observe chaque jour sur la plage, s'intéresse surtout à une famille, une véritable tribu.
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Elle se lie plus particulièrement d'amitié avec Nina, jeune femme mariée à un homme plus âgé, et sa fille Elena, qui semblent très complices et comme étrangères à une famille un peu rustre.
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Cette rencontre constitue pour Leda l'occasion de réfléchir à ses rapports avec ses propres filles, qu'elle a abandonnées pendant trois ans alors qu'elles étaient encore enfants, et à une maternité qu'elle n'a jamais pleinement assumée. Saura-t-elle se montrer à la hauteur cette fois ?
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Magnifique portrait de femme, Poupée volée est une réflexion lucide sur la difficulté d'être mère, à laquelle l'écriture puissante et viscérale d'Elena Ferrante confère toute son universalité.
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Paolo Giordano: "La solitude des nombres premiers" (Seuil) très envie de le lire
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Carol Ann Lee: "La rafale des tambours" (Quai voltaire) faible tentation
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Le 11 novembre 1920, le corps du Soldat inconnu est mis en terre à l'abbaye de Westminster à Londres. Parmi ceux qui assistent à la cérémonie - qualifiée par le Times de " plus grande effusion de larmes que l'Angleterre ait jamais connue " - figure Alex Dyer.
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S'il a tout fait pour appartenir à la commission chargée de sélectionner celui qui va incarner les millions d'hommes morts sur le front pour leur patrie, c'est qu'il a une dette à payer.
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La Rafale des tambours retrace l'histoire de trois personnes emprisonnées dans le cauchemar de la Grande Guerre : le journaliste Alex Dyer, son ami d'enfance Ted Eden et Clare, l'infirmière que Ted a épousée lors d'une permission. Alex aime Ted comme son frère, mais Clare lui inspire une passion à laquelle ni lui ni elle ne sauront résister. Ce premier roman est une puissante évocation des ravages que causent la guerre, l'amour et le remords
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Anna Luisa Pignatelli: "Noir toscan" (La différence) tentation
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" Noir ", c'est ainsi que les gens du village appellent l'homme venu du Sud qui s'est installé dans la ferme de Rofanello, au coeur de la campagne toscane.
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C'est un étranger qui, après la mort de sa femme et le départ de son fils, se retrouve seul, en butte à l'hostilité de tous.
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Il aime les arbres et les bêtes qu'il défend contre les braconniers et les chasseurs auxquels il voue une haine tenace.
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Ainsi, quand une louve arrive dans la région, Noir la laisse vivre sur ses terres et tente de la protéger contre la violence des voisins qui veulent la voir mourir, si possible dans d'atroces souffrances. Epié et traqué, Noir le sera jusqu'au bout.
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Mathias Zschokke: "Maurice à la poule" (Zoé) faible tentation
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Maurice passe ses jours crans son bureau du quartier nord de Berlin, là où débarquent les habitants de l'Est, une zone déclarée " sensible ".
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Il écrit à son ami et associé Hamid à Genève, le plus souvent il ne fait rien. De l'autre côté de la cloison, quelqu'un joue du violoncelle, cela l'apaise, mais il ne réussit pas à dénicher le musicien tant le dédale des immeubles est inextricable.
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Il fréquente souvent le Café Solitaire, la Papeterie de Carole, passe devant le Bar à Films de Jacqueline, des lieux dont les propriétaires changent souvent pour cause de faillite.
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Dans ce roman fait de détails, d'esquisses et de lettres, Zschokke met en scène des existences sans gloire, des êtres blessés par la vie, pour qui il nourrit une tendresse sans limites. " Zschokke nous tient en haleine avec presque rien...
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Il raconte avec tant d'obstination et de dissimulation que l'on pense tantôt à Beckett, tantôt à Robert Walser. "
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Le Femina sera décerné le 9 novembre prochain. L'an passé, c'est l'ouvrage de Jean-Louis Fournier, Où on va, papa ? qui avait remporté la majorité des suffrages. Alternative au Goncourt, le Femina est l'an passé entré en conflit, légèrement, avec le Médicis, qui a eu besoin de faire chambre littéraire à part, en étant décerné à des jours différents...
source : actualitté - Rédigé par
Cecile Mazin, le mercredi 16 septembre 2009 à 13h00
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Par curiosité... envie de savoir ce que j'ai lu... la moyenne est faible avec seulement 10...
et 2 toujours en attente de lecture... *
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2004 Jean-Paul Dubois Une vie française L'Olivier
2003 Dai Sijie Le complexe de Di Gallimard
1994 Olivier Rolin Port-Soudam Le Seuil
1988 Alexandre Jardin le Zèbre NRF
1982 Anne Hébert les Fous de Bassan Le Seuil
1974 René-Victor Pilhes l'Imprécateur Le Seuil
1967 Claire Etcherelli Élise ou la Vraie Vie Denoël
1953 Zoé Oldenbourg la Pierre angulaire NRF
1931 Antoine de Saint-Exupéry Vol de nuit NRF
1922 Jacques de Lacretelle Silbermann NRF
1919 Roland Dorgelès les Croix de bois Albin Michel
1905 Romain Rolland Jean-Christophe Albin Michel