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lundi 23 novembre 2009

Oliver Sebban - le jour de votre nom

Lecture terminée hier soir...
J'ai de la chance d'avoir été choisie pour lire ce roman... Un récit très dense qui découvre un pan de l'Histoire difficile et peu glorieux... et une histoire humaine.
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Alors, encore un grand merci à Babelio de m'avoir sélectionnée.
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"C'est un roman familial, avec la Deuxième Guerre mondiale pour cadre. La famille, la mémoire sont mes thèmes privilégiés. On ne peut exister sans mémoire. » dit Olivier Sebban,
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Odyssée tragique d'un homme, un destin poignant de l’Espagne fasciste à la guerre 39-45.
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Parcours d'un homme déraciné auquel il ne reste plus rien, pas même son identité, les faits sont alignés les uns à la suite des autres, entassés les uns sur les autres...
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Alvaro est un juif espagnol, obligé de se réfugié dans France en guerre, laissant femme et enfants derrière lui, suite à la haine farouche de son beau-père, juif errant, condamné à se déplacer sans trêve.
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Interné dans le camp de Gurs, infamie des camps de concentration établis en France pendant la drôle de guerre, après avoir envahi la zone libre, les allemands boucleront les survivants dans des wagons plombés à destination d'Auschwitz.
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La fin ouvre le début de l'histoire. L'action se déroule de 1938 à 1944, de la fin de la guerre d'Espagne à la déportation en Pologne. En parallèle à l'Histoire, c'est la recherche de son identité, hanté par la vie de son père, que sa soeur relate dans un carnet qui ne le quitte pas et qui lui apprendra que Díaz n’est pas son vrai nom...
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autres lecteurs :
http://www.paperblog.fr/2250344/le-jour-de-votre-nom-olivier-sebban-rentree-litteraire-2009/
http://www.stemilou-books.com/article-le-jour-de-votre-nom-olivier-sebban-39370859.html
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jeudi 8 octobre 2009

Vincent Message - les veilleurs - Prix Laurent Bonelli et Virgin Mégastore

C'est l'histoire d'un fait divers...

Nexus a été condamné à la prison à vie pour avoir abattu trois personnes en pleine rue.
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Affaire classée? Pas tout à fait.
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Une enquête officieuse tente d'élucider les zones d'ombre. Juste après son forfait, le meurtrier s'est endormi sur ses victimes.
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Il prétend avoir sauvé le monde par son geste et entrer dans un monde parallèle quand il dort.
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Les Veilleurs nous entraîne dans un autre monde qu'est la folie et du sommeil. Et je me pose la question, fou ou prophète ?
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Tout de même, un bouquin de 630 pages... et je commence a perdre le fil... au bout de 200 pages. J'étais pourtant prévenue, ayant lu l'article de Laurence sur Biblioblog... je l'avais d'ailleurs oter de ma liste de lecture... mais bon, mis de côté pour moi par la bibliothèque (j'avais oublié de le décommander)... et puis je suis d'une curiosité maladive... donc, je vais essayer d'en voir encore un peu... et si possible de le terminer...
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Donc pour le moment je ne sais trop quoi en penser... le seul livre qui m'ait causer ce genre de réation est "terra nova" de Carlos Fuentes... et on était également dans l'onirisme.
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illustration : "la liseuse" de Yuri Bogatyrenko
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Oscar Nexus a tué trois personnes dans la rue, puis il s’est endormi sur les cadavres.
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Nexus est un marginal auquel son emploi de veilleur de nuit n’a donné qu’un ancrage très fragile dans la réalité.
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Interné dans une clinique, il est pris en charge par Joachim Traumfreund, un médecin atypique et brillant.
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C’est à lui et à Paulus Rilviero, un officier de police, qu’on confie le soin de tirer au clair les mobiles de Nexus et de déterminer s’il est responsable de ses actes.
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Afin de se consacrer à ce cas intriguant, Traumfreund transfère le criminel dans une annexe de la clinique, un bâtiment situé dans un coin de montagne que l’hiver isole peu à peu.
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Une fois sur place, nos deux enquêteurs découvrent que Nexus est un dormeur pathologique qui reprend nuit après nuit le fil du même Grand Rêve.
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Pour comprendre son crime, Traumfreund et Rilviero vont devoir s’immerger dans cet univers onirique où Nexus mène une véritable vie parallèle. Captivés par les récits du meurtrier, ils sont parfois rattrapés par le doute : comment être sûrs qu’ils n’ont pas affaire à un fabulateur ?
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À partir de ce fait divers, Les Veilleurs nous entraîne dans une exploration passionnante des territoires de la folie et du sommeil. Reprenant certains codes des grands thrillers hollywoodiens, l’auteur compose une fresque sur la place de l’imaginaire dans la société moderne, plus rationaliste qu’aucune autre, mais aussi fascinée par les mondes virtuels et les faces nocturnes de la réalité.
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Visitez le site de l'auteur :
http://www.vincentmessage.com/
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Vincent Message est né en 1983 à Paris. Les Veilleurs est son premier roman.
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les avis
des autres lecteurs
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Dès le début de l'été, certains sites et critiques nous l'annonçaient comme la grande révélation de cette rentrée littéraire : un premier roman époustouflant de maîtrise, un univers riche et loin des histoires germano-pratines auxquelles nos écrivains français nous ont habitué... Un peu plus et l'on criait au chef d'œuvre. ... un style lourd et indigeste, m'a paru interminable. bien d'accord avec toi Laurence.
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Les Veilleurs alignent ainsi les passages brillants au cours desquels l'auteur jongle avec les péripéties et les digressions. Mais, déjà, une propension chez Vincent Message à se regarder chantourner la syntaxe se fait sentir dès les premiers chapitres. Et rien ne s'arrange au fur et à mesure du récit. La densité de l'intrigue n'est pas fascinante, elle est fatigante. Elle n'est pas davantage joyeusement complexe, elle est absconse.
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Un bon livre au potentiel certain qui tue le plaisir de la lecture à force de croire que la surenchère ajoute de la valeur dramatique et littéraire n'est, en fait, pas un bon livre. Vincent Message est un écrivain, c'est sûr, il devrait juste avoir davantage confiance en lui et éviter de se cacher derrière des tombereaux de mots. fatigant est bien le mot...
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http://lepotinoirdedoriane.blogspot.com/2009/09/les-veilleurs-vincent-message.html Je me suis perdue en chemin !!! et, au bout de trois semaines, je jette l'éponge à une centaine de pages de la fin . pour le moment je résiste...
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Je suggère donc d’emprunter Les veilleurs d’une façon ou d’une autre et de lire le chapitre 26 intitulé “Traumfreund esquisse une théorie générale de la nuit” (p. 496 à 535), c’est superbe, car brillant malgré le convenu du débat, ce qui est probablement le plus difficile en littérature. La fin du livre, la troisième et dernière partie (p. 569 à 614), révélant la supercherie, confirme qu’il était plus que dispensable de s’étendre ainsi sur le pseudo onirisme de Nexus, étrangement absent de sa narration… Je persiste donc et signe mon regret : Les veilleurs est un chef d’œuvre de trois cent cinquante pages… sur plus de 600 pages ! je crains le pire...
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Un roman passionnant ! Bien sûr, il est long (j'ai mis cinq jours pour le lire) mais je ne me suis jamais ennuyée, toujours cette volonté d'en savoir plus, sur Nexus, le Séabra, ses habitants, et toujours ce doute.
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En toute équité, quelques blogueurs enthousiastes
Je garde toutefois un très bon souvenir de cette lecture et j’irai sans hésiter lire les prochains romans de cet auteur.
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Un superbe premier roman de Vincent message que les Veilleurs.
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Un roman sublime, virtuose, un délicieux mélange des genres. Ce n’est pas un livre, c’est un tableau, une sorte de fresque romanesque d’un sublime rare. Et quelle jonction, parfois c’est un polar, parfois c’est une ballade, c’est un péplum, souvent une douce réflexion philosophique sur notre société moderne .
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dimanche 13 septembre 2009

Sélection du mois de septembre du Grand Prix des Lectrices de Elle 2010

Pa une fidèle lectrice de "elle"...
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il m'arrivai de le lire dans les salles d'attente autrefois, mais maintenant mon dentiste achète "géo" et mon généraliste des revue sur "la chasse"...
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et il y a bien longtemps que je ne sors plus sans mon livre...
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enfin, bref ! tout de même tentée par le polar aux temps des soviets...
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illustration : "la liseuse au chale" d’Émile Bernard
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Voici la sélection du mois de septembre du Grand Prix des Lectrices de Elle 2010
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Tom Rob Smith Enfant 44
Belfond très tente, je le rajoute sur ma liste...
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Un suspense inouï qui vous prend à la gorge, le portrait d'un homme en quête de vérité, ou péril de sa vie et de celle des siens, la restitution magistrale de cette implacable machine à broyer les hommes que fut le système soviétique.
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Le premier roman d'un jeune auteur qui fait une entrée fracassante sur la scène littéraire internationale.
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Hiver 1953, Moscou. Le corps d'un petit garçon est retrouvé sur une voie ferrée. Agent du MGB, la police d'Etat chargée du contre-espionnage, Léo est un officier particulièrement zélé.
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Alors que la famille de l'enfant croit à un assassinat, lui reste fidèle à la ligne du parti : le crime n'existe pas dons le parfait État socialiste, il s'agit d'un accident.
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L'affaire est classée mois le doute s'installe dans l'esprit de Léo. Tombé en disgrâce, soupçonné de trahison, Léo est contraint à l'exil avec sa femme, Raïssa, elle-même convaincue de dissidence.
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C'est là, dans une petite ville perdue des montagnes de l'Oural, qu'il va faire une troublante découverte : un autre enfant mort dans les mêmes conditions que l' accident " de Moscou. Prenant tous les risques, Léo et Raïssa vont se lancer dans une terrible traque, qui fera d'eux des ennemis du peuple...
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Eric Fottorino L'homme qui m'aimait tout bas Gallimard
certainement un très beau livre, mais je n'aime pas trop les histoires de famille..
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Mon père s'est tué d'une balle dans la bouche le 11 mars 2008. Il avait soixante-dix ans passés. J'ai calculé qu'il m'avait adopté trente-huit ans plus tôt, un jour enneigé de février 1970.
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Toutes ces années, nous nous sommes aimés jusque dans nos différences. Il m'a donné son nom, m'a transmis sa joie de vivre, ses histoires de soleil, beaucoup de sa force et aussi une longue nostalgie de sa Tunisie natale.
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En exerçant son métier de kinésithérapeute, il travaillait " à l'ancienne ", ne s'exprimait qu'avec les mains, au besoin par le regard. Il était courageux, volontaire, mais secret : il préféra toujours le silence aux paroles, y compris à l'instant ultime où s'affirma sa liberté, sans explication. "
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Ce sont les mots qu'ils n'ont pas dits qui font les morts si lourds dans leur cercueil ", écrivit un jour Montherlant. Mais il me laissa quand même mes mots à moi, son fils vivant, et ces quelques pages pour lui dire combien je reste encore avec lui.
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Tanguy Viel Paris-Brest Les Ed. de Minuit hésitation...
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Il est évident que la fortune pour le moins tardive de ma grand-mère a joué un rôle important dans cette histoire. Sans tout cet argent, mes parents ne seraient jamais revenus s'installer dans le Finistère. Et moi-même sans doute, je n'aurais jamais quitté Brest pour habiter Paris.
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Mais le vrai problème est encore ailleurs, quand il a fallu revenir des années plus tard et faire le trajet dans l'autre sens, de Paris vers Brest.
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Source : Elle.fr

En attendant la gloire

en lisant la presse (Le Monde)... un article sur les oubliés de la rentrée littéraire... doit être terrible l'angoisse de l'écrivain... il n'y a pas que la page blanche...
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A la fin août, Laurent Bénégui était en vacances à la campagne. Il a pris sa voiture, est allé à la ville la plus proche pour faire une tournée des librairies.
"Les plus grosses, rigole-t-il, je ne prends pas de risques."
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Il a contourné les piles les plus en vue, les Amélie Nothomb, Frédéric Beigbeder ou Marie Ndiaye,


et ouf, SMS, son dernier livre, était là, plus loin, plus discret mais bien là.
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Critique humoristique de la modernité, Sms (éd. Julliard) est son quatrième roman en quatre ans, le huitième depuis qu'à l'âge de 23 ans, après ses études de médecine, il s'est lancé dans l'écriture. Laurent Bénégui sait faire rire son lecteur, mais il n'a pas le cœur à rire en ce moment : il est de ceux qui avouent leurs insomnies en cette rentrée littéraire.
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Annelise Roux , elle, ne met pas un pied dans une librairie ces temps-ci.
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Terrée dans sa retraite bordelaise, elle n'en est sortie que pour "monter" à Paris le temps d'un entretien pour France Culture.
La solitude de la fleur blanche (éd. Sabine Wespieser) est le premier roman, après trois polars, de cette jeune femme aux allures frêles, partagée entre le "plaisir fou" d'être publiée à la rentrée et "un stress incroyable". Annelise Roux a une manière singulière de résumer son état : "Je suis en plein post-partum."
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Ils ont sué sang et eau, y ont mis toutes leurs tripes, ont attendu un long été avec pour seuls retours ceux des proches, forcément suspects, et voilà "leur bébé" en rayons, à portée de mains de milliers - de dizaines de milliers ? - de lecteurs.
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illustration : Calliope, détail du « sarcophage des Muses », œuvre romaine du IIe siècle ap. J.-C.
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Tant de labeur vaut bien reconnaissance.
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Mais "le jour de sa sortie en librairie, le livre est un enfant mort-né", tranche l'éditrice Anne Carrière qui vit dans une terreur : gérer les frustrations des auteurs dont les livres ne se vendent pas, l'éditeur étant, évidemment, jugé responsable.
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illustration : lalibrairie immaginaire - desordre.net


Des 430 romans français publiés en cette rentrée, combien survivront ?

Que restera-t-il après le ressac ?
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illustration : de Maria Rosa Vidal Tosas
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Etre publié en septembre est un bonheur d'écrivain : les médias accordent plus de place aux livres, les libraires les laissent plus longtemps sur leurs tables - un bon roman peut tenir jusqu'à Noël.
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Mais c'est aussi le temps des vedettes, de la course aux prix littéraires, "un grand barnum", résume l'éditrice Sabine Wespieser.
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Une épreuve pour les auteurs, surtout les "petits", les "sans nom", contraints d'attendre le reflux de la première vague, celle des locomotives de l'édition, avant d'espérer une petite apparition dans les médias malgré la profusion.
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"Frédéric Beigbeder a besoin qu'on lui fasse de la pub ?",

ironise Hayat El El Yamani, auteur de Rêve d'envol (éd. Anne Carrière).
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Cette ingénieure, spécialiste des cartes à puces dans une multinationale, l'admet : ce moment est celui "de l'attente, de l'espoir et de l'envie".
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Depuis qu'à l'âge de 20 ans, elle a décidé d'écrire, dans la journée, au travail, elle "met (ses) idées sur des Post-it". Le soir et le week-end, elle s'installe dans sa cuisine, devant sa baie vitrée, en région parisienne, et elle écrit. Elle a plusieurs manuscrits dans ses tiroirs. Un jour, elle a mis Rêve d'envol dans une enveloppe, l'a envoyé à quatre éditeurs, "un geste d'humilité, d'orgueil et d'espoir".
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Anne Carrière a réagi en dix jours. "J'ai pris ce livre parce que je l'aime", explique l'éditrice.
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Trois semaines après sa sortie, huit radios, six magazines et deux quotidiens régionaux en ont parlé. Hayat El Yamani espère que ce n'est pas fini, mais l'essentiel est là, ce Rêve d'envol se concrétise : "Je suis visible", dit-elle.
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Au pire, cette rentrée aura permis à Hayat El Yamani d'être "repérée" : les libraires, les critiques et le monde de l'édition sauront qu'elle existe.
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Dans le jargon professionnel, il y a aussi les "orphelins", déjà publiés dans cinq ou six maisons différentes, ils tentent leur chance ailleurs.
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Yves Pagès, le nouveau patron de "Verticales", la petite collection chic de Gallimard, en reçoit beaucoup.
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"Certains auteurs ont un ou deux romans à faire et devraient s'arrêter là, mais ils continuent avec des livres inutiles", juge-t-il. Mais même vendu à quelques centaines d'exemplaires, un roman n'est pas forcément "inutile" :
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"Nous avions publié six livres d'Olivia Rosenthal à moins de 1 000 exemplaires, se souvient l'éditeur-romancier.
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Le septième, On est pas là pour disparaître , est parti à 10 000."
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Joëlle Losfeld, des éditions du même nom, avait publié cinq romans de Michel Quint "à 300-400 exemplaires" quand elle a sorti le sixième, Effroyables jardins. Elle n'en attendait ni plus ni moins que les précédents. Il s'en est vendu... 400 000 !
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L'édition a ses mystères que les éditeurs ne s'expliquent pas, si ce n'est en trois mots : "l'air du temps". Une alchimie qui autorise tous les espoirs. Du volatil, de l'imprévisible. De l'irrationnel, à double tranchant.
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Pour une Muriel Barbery et son Elégance du hérisson (plus de 1 million d'exemplaires pour un tirage initial de 4 000), pour une Claudie Gallay et ses Déferlantes (255 000 exemplaires pour un premier tirage de 7 500), combien de bons auteurs restés dans l'ombre ?
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"J'ai le regret de livres que j'ai trouvés extraordinaires et qui n'ont pas marché", soupire Joëlle Losfeld.
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Au printemps, elle a publié Le nez à la fenêtre, de Jean-Noël Blanc, "un livre plein d'esprit, émouvant, les critiques ont été formidables". Les 4 000 exemplaires tirés ont été vendus, mais "ça aurait dû aller au-delà".
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En attendant la reconnaissance, Nathalie Azoulai écrit un scénario pour un téléfilm.
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Après avoir travaillé pendant dix ans dans l'édition, cette normalienne de 42 ans a décidé de se vouer à l'écriture, encouragée par le succès de Mère agitée (éd. du Seuil, 2002, 30 000 exemplaires), son premier roman.
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Las ! Les trois suivants ont rencontré beaucoup moins d'écho dans la presse. "On se demande à quoi ça rime, mais on continue, soupire-t-elle.
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C'est tellement difficile de dire "c'est mon métier". Il faut que quelqu'un d'autre le dise."
Le pire, c'est le regard des autres. "On vous dit : "Tu fais quoi dans la vie ?" et il faut bien répondre.
La plupart du temps, je réponds "j'écris des bouquins". "Ah bon ! Quel genre de bouquins ?"
"Des romans." "Tu es romancière, alors ?"
Mais dans la tête des gens, si vous êtes romancière, vous êtes connue, et si vous n'êtes pas Amélie Nothomb, vous n'existez pas."
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Laurent Bénégui, lui aussi, ne veut faire que ça. L'auteur de SMS, 50 ans, aurait pu être un médecin-écrivain. Il a été un cinéaste-écrivain.
Depuis quatre ans, il est écrivain tout court. "J'aime la vie que ça me fait", dit-il.
Il aime travailler chez lui, tapi dans le bureau qu'il a aménagé dans le sous-sol de sa maison de banlieue, faire les courses, éplucher les carottes en pensant à l'un de ses personnages, écrire tous les jours, samedis, dimanches, vacances compris, critiquer le monde qui l'entoure par le biais de l'écriture.
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L'un de ses romans, Au petit Marguery, dont il a fait un film avant de devenir écrivain tout court, a été traduit en japonais. Il vend quelques milliers d'exemplaires de chacun de ses livres.
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De quoi vivre ? "Difficilement." Dans ses insomnies de rentrée, il se rassure : "Tous les éditeurs vous le disent : un jour ça vient."
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L'essentiel, c'est de durer.
Après tout, Nathalie Sarraute avait plus de 50 ans quand elle a commencé à connaître le succès,
Albert Cohen 73 ans quand Belle du Seigneur a été publié.
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Aux auteurs qu'elle édite, Claire Delannoy, directrice littéraire chez Albin Michel, donne un conseil : "Au moment de la publication, soyez déjà sur le livre suivant." "C'est une cote de mailles, ça protège de la souffrance", explique-t-elle.
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Le silence des médias dévalorise, déstabilise, pour aider les auteurs face à cette "remise en question terrible", elle leur dit qu'ils n'ont tout simplement pas été lus.
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D'autant, assure Sabine Wespieser en citant Muriel Barbery et Claudie Gallay, qu'un livre peut très bien se vendre sans le soutien des médias. Mais quel auteur est prêt à y croire ?
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Laurence Plazenet n'écrit "ni pour la gloire ni pour l'argent". Elle "ne (se)demande pas si un jour(elle aura) le succès d'une
Anna Gavalda ou d'un Marc Lévy".
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Mais elle avoue qu'elle sera déçue si elle ne voit aucune ligne sur son roman, La blessure et la soif (Gallimard).
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Un pavé d'érudition, trois ans et demi de travail, des levers à 5 heures pendant les vacances, des couchers à 2 heures le reste de l'année, des recherches dans les bibliothèques entre les cours, les enfants, les copies à corriger...
Ce travail, "c'est un énorme orgueil tempéré par la lucidité".
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A 12 ans, on la surnommait Marguerite "parce que Yourcenar". Elle écrit depuis l'âge de 6 ans, a toujours eu "cette certitude absolue de l'écriture, d'un héritage à assumer et à transmettre".
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Mais à 41 ans, elle s'estime "trop vieille pour le succès". Et en tant que maître de conférences à la Sorbonne, spécialiste de la littérature du XVIIe siècle, elle sait bien que "seule une infime minorité de textes passe l'épreuve du temps".
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Son éditeur, le poète
Guy Goffette, se souvient qu'un jour, à Bruxelles, il est entré chez un bouquiniste qui ne vendait que des livres parus chez Gallimard. Ni Camus ni Sartre, mais des écrivains qu'il ignorait. Il s'est demandé comment autant d'auteurs inconnus avaient pu être lus, a acheté quelques livres, les a trouvés remarquablement écrits.
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Puis il s'est interrogé. Les relirait-il ? La réponse était non. -

mardi 1 septembre 2009

Le Guide de la rentrée littéraire 2009

Lire, septembre 2009
Le voici, votre guide! Comme chaque année, Lire s'est associé aux libraires de Virgin Megastore pour composer, pour vous, le guide de la rentrée littéraire.
Un supplément de 32 pages qui renforce l'offre de notre magazine et la diversifie.
Trente titres, retenus parmi des centaines de romans lus et annotés.
Trente titres qui devraient vous procurer toutes les sensations qu'un lecteur réclame à un livre.
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La rentrée littéraire est une des étapes les plus excitantes de la vie culturelle française.
Un jeu. Qui décrochera le Goncourt? Qui sera la révélation de l'année? Qui bousculera les habitudes? Qui dérangera?...
Pour le savoir, suivez le guide.
La lecture des libraires est, pour nous journalistes, absolument capitale: les libraires sont en première ligne sur le front de la défense du livre; ils sentent mieux que personne les tendances, appréhendent les souhaits des lecteurs, recueillent les avis, savent ce qu'un roman peut faire pour changer une vie. Libraire, journaliste: il se pourrait bien que ce soit, sous une forme différente, le même métier. - François Busnel
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Pour le moment, pas encore eu le temps de le lire complètement, donc les 3 livres que j'avais retenus y sont...
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2/Libraires: le compte à rebours
3/
Vincent Message, prix Laurent-Bonelli/Lire Virgin Megastore
4/
Les veilleurs
5/
Véronique Ovaldé - Entre réalisme et conte de fées
6/
Et que le vaste monde poursuive sa course folle
7/
Le tombeau de Tommy
8/
Démon
9/
Les sentinelles
10/
L.A. Story
11/
La double vie d'Anna Song
12/
Une année étrangère
13/
Jan Karski
14/
Jean-Michel Guenassia, l'incorrigible
15/
La légende de nos pères
16/
Géométrie d'un rêve
17/
Comment les fourmis m'ont sauvé la vie
18/
Lait noir
19/
La faculté des rêves
20/
Grand homme
21/
Contrebande
22/
La double vie d'Irina
23/
Marie NDiaye - Afrique et Occident
24/
Paris insolite
25/
La clé de l'abîme
26/
La vaine attente
27/
Mémoires de Marc-Antoine Muret
28/
Lyonel Trouillot - Le parrain des lettres haïtiennes
29/
La femme de midi
30/
Carrefour des nostalgies
31/
L'Inde en héritage
32/
Si je t'oublie, Bagdad
33/
Delphine de Vigan - Spleen quotidien

la rentrée littéraire 2009 avec Télérama



Comme tous les jour, je passe voir Télérama, pas tant pour le programme télé, mais pour les livres présentés..
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et là, un dessin que j'adore...
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lundi 31 août 2009

Vincent Wackenheim - La revanche des otaries,

En passant chez Actualitté...
Un livre retenu... qui semble ne pas engendrer la morosité...
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Dieu fit le monde, les oiseaux, la lumière, les congés payés et la pilule du lendemain et vit que tout ça était bon. Sauf qu'à Sodome et Gomorrhe, personne n'appliquait la législation en vigueur et les consignes du Tout-Puissant. Une sorte de constante dans la Création : personne ne l'écoute vraiment... Alors, hop !, Déluge !
*
Mais avant cela, confier à Noé l'Arche – entre celle d'Alliance et celle des animaux, ça fait beaucoup... - qui abritera les bestioles par paires (et pas simplement de fesses), pour recommencer, la même chose, en mieux, et ailleurs.
Un beau matin, alors que Noé finit sa nuit d'amour avec une otarie (on vous expliquera après...), l'Arche s'agite : deux DinoZores sont apparus. Comme ça. Sans avertir personne.
*
Sauver la création, d'accord, mais celle qui a déjà disparu, faut-il la ressusciter ?
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Et avez vous pensé au bruit et l'odeur de deux bestiaux de 20 mètres de long ? Ça fait jaser...
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Surtout que la Communauté de l'Arche – qui vaut amplement celle de l'Anneau – n'est pas du genre baba cool, plutôt procédurière.
*
On passe de Commission en Assemblée, et de Vote en Plebiscite, pour déterminer comment l'on va aborder la question des resquilleurs clandestins...
*
Et peu à peu l'insurrection gronde : l'autorité de Noé, qui doit même se priver des calins de la petite biche, est sapée, grignotée progressivement.
*
Et les animaux se rebiffent : toutes ces lois que l'on avait instaurées s'effritent. Les deux DinoZores sèment la panique.
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Qui contraindra les carnivores à poursuivre leur régime laitue et laisser leurs plats du jour tranquilles ?
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Comment faire respecter les règles linguistiques fixées, qui restreignent toute utilisation d'expression où une bête serait évoquée ?
La femme de Noé sait-elle que son mari est zoophile ?
Et le Peer To Peer : contrôlera-t-on la prolifération des couples, interdits de procréer pour d'évidentes raisons logistiques ?

Vincent Wackheim Dilettante©La Revanche des Otaries,
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c'est un peu des Monty Python, avec un zeste de grand n'importe quoi, que l'on aurait saupoudré de théologie à scandale. Pas encore interdit par le Vatican, ce qui ne saurait tarder, le livre de Vincent est bourré d'humour potache, de révélations stupéfiantes et de divines âneries...
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Autrement dit, un panaché d'excellence pour amateurs de blasphème qui ne mange pas de pain – béni, évidemment.
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Un Noé zoophile, des animaux plus humains que jamais, une société procédurière, le tout aménagé avec une plume qui alterne anachronismes et murmures divins, tout est réuni pour une apocalypse (au sens étymologique, grec, donc, de Révélation) qui laissera pantois.
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Inutile de vous dire que l'on s'amuse avec ce patchwork de satires, de satyres et d'intrus, qui tombent à point nommé, pour mettre une joyeuse pagaille.
Alléluia, priez avec moi : la fin du monde approche, rien ne nous dit que Noé parviendra à destination, alors en attendant, passez une excellente traversée, en compagnie de l'équipage et de son capitaine. Attention cependant aux secousses...
Retrouvez La revanche des otaries de Vincent Wackenheim, en librairie
source : actua littéRédigé par
Nicolas G, le lundi 31 août 2009
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illustration : "la liseuse" de Tom Greenshields