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vendredi 26 février 2010

Colin Cotterill - Le Déjeuner du coroner

Terminé hier soir...
un polar (etnique ?) amusant... les personnages sont sympathiques, l'histoire embrouillée à souhait, se lit facilement.
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72 ans, veuf, Siri Paiboun, médecin, n'a pas eu la possibilité de prendre sa retraite... et doit donc continuer une activité pour vivre.
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Il a été nommé coroner du Laos (17 feux rouges, 7 avions et 1 hélicoptère), et s'occupe donc de la morgue et des défunts avec un bien pauvre matériel et des assistants pour le moins surprenants : Dtui l'infirmière et Mr Geung un trisomique à la mémoire étonnante.
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Bien que sans aucune connaissance du sujet (formé sur le tas en quelques jours) il fait donc ses autopsies un vieux manuel de médecine légale à la traduction approximative, et des outils émoussés.
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Sans grande passion pour son métier, jusqu'au jour où, suite au meurtre de l'épouse d'un membre influant du parti, il doit mener cette enquète délicate... mais voilà que la morgue s'enrichit de 3 autres cadavres qui semble bien avoir subit la torture... un risque d'incident diplomatique est pratiquement certain... et Siri va devoir s'en mêler également...
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et Siri retrouve un regain d'intérêt, il est vrai qu'il est aidé par les esprits des forêts, et que les fantômes viennent lui rendre des visites nocturnes et lui laissent quelques indices... sans compter qu'il est probablement la réincarnation de Yeh Ming, un très grand chamane mort il y a plus de 1000 ans... alors bien entendu, Siri ne peut manquer d'être a la hauteur, puis s'apercevoir que son métier l'amuse et enfin... trouve l'amour...
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"la liseuse" de Philippe Schulte
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Bref coup d'oeil sur wikipédia...
Le Laos (République démocratique populaire lao) est un pays sans accès à la mer d'Asie du Sud-Est,
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Sa capitale est Vientiane. ...
histoire


...Au mois de juillet 1962, un gouvernement d'union nationale fut mis en place au Laos. Le pays demeurait cependant partagé : au sud, les forces anticommunistes et neutralistes, au nord, le Pathet Lao.
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À cette époque, la politique américaine dans la région consistait à garantir la neutralité du Laos et du Cambodge tout en défendant activement le Sud Viêt Nam et la Thaïlande.
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En 1962, le président Kennedy conclut un accord avec le Nord Viêt Nam, stipulant le retrait de l'armée populaire vietnamienne et de l'armée américaine du pays.
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Les États-Unis se retirèrent mais pas le Nord-Viêt Nam, et la piste Hô Chi Minh, qui traversait le Laos, fut de plus en plus utilisée pour alimenter l'effort de guerre au Sud Viêt Nam.
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En 1963, le Pathet Lao lança une offensive qui lui donna le contrôle d'une grande partie de l'est et du nord-est du pays. Les États-Unis renoncèrent à engager des forces régulières mais ils intensifièrent leurs activités clandestines au Laos. Des équipes des Special Forces s'infiltrèrent dans le sud du pays ; et la CIA entreprit d'armer les tribus montagnardes laotiennes.
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illustration : asianamericanheritage.org


politique

Président de la République démocratique populaire lao, Choummaly Souriya Sayasone.
Premier ministre, Bouasone Bouphavanh.
Parlement, Président de la Chambre, Thongsing Thammavong.
Régime politique avec parti unique.
Le président de la République est élu par le Parlement pour 5 ans.
La politique du gouvernement est déterminée par le Parti à travers le Politburo et le Comité central.
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illustration : Le Mékong au Laos.

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L'ethnie des
Hmong du nord du pays est exterminée par le régime communiste qui les opprime depuis 1975 à cause de leur choix de combattre aux côtés des États-Unis lors de la guerre du Viêt Nam.
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Le gouvernement actuel est accusé de vouloir exterminer systématiquement les membres de cette ethnie qui n'ont pas réussi à quitter le pays et sont encerclés dans la jungle.
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À Vientiane en revanche, certains Hmongs sont intégrés à la société et occupent pour certains de hautes fonctions dans l'appareil d'État. L'opposition en exil dénonce régulièrement les atteintes aux Droits de l'homme commis contre les Hmongs dans la zone de Saysomboune. Des attentats secouent sporadiquement le pays, sans qu'il soit possible de les attribuer à un mouvement politique précis.
Le Laos est membre de l'
ASEAN (Association des nations du Sud-Est asiatique) depuis le 23 juillet 1997. Il a accueilli, pour la première fois, le sommet de l'ASEAN du 24 novembre au 1er décembre 2004 à Vientiane.
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illustration : femmes Hmong
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religion
Diverses religions cohabitent au Laos, placées sous l'autorité du Front lao d'édification nationale (FLEN), structure mise en place par le gouvernement communiste pour réguler les activités religieuses et les traditions des ethnies minoritaires.
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La plupart des communautés religieuses coexistent en harmonie.
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La plupart des Laotiens sont de confession bouddhiste (bouddhisme du Petit Véhicule, ou
bouddhisme theravâda).
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Introduit au XIVe siècle, le bouddhisme imprégnait si fortement la vie laotienne que le régime communiste a dû s'en accommoder. Les rites animistes sont cependant très répandus dans le pays, notamment chez les ethnies minoritaires, mais ont été intégrés dans le culte bouddhique.
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Le Laos compte plus de 5 000 pagodes et environ 22 000 moines, dont 9 000 font partie du clergé permanent. Il faut y ajouter un total d'environ 450 nonnes (le plus souvent des veuves).
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La plupart des Laotiens se font moines une fois dans leur vie, pour une période qui varie d'une semaine à la quasi-totalité de leur vie. Les chrétiens (catholiques, protestants et mormons) représentent environ 2 % de la population.
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Le FLEN les distingue à l'intérieur de la catégorie religieuse « Église de Jésus Christ ».
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L'Église catholique compte environ 35 000 fidèles, souvent d'origine vietnamienne. Il y a trois évêques au Laos, basés à Vientiane, Paksé et Thakhek.
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Les protestants comptent quant à eux environ 60 000 fidèles, notamment dans les ethnies Hmong, Yao et Khmères.
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Il existe d'autres minorités religieuses, comme l'
Islam, le Confucianisme, la Foi Baha’ie et le bouddhisme mahâyâna. Très peu de Laotiens sont athées ou agnostiques.
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L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours compte un millier de membres, surtout présents dans les provinces de Vientiane et de Bokhéo.
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Les Témoins de Jéhovah tentent de se faire reconnaître officiellement par les autorités du pays.
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La secte bouddhique Thammayudh, bien qu'incorporée au bouddhisme lao en 1975, est encore présente dans le pays, notamment à Vientiane.
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Il y a environ 400 pratiquants de l'Islam au Laos, la plupart étant des expatriés du Moyen-Orient ou de l'ethnie cambodgienne Cham.
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Deux mosquées sont présentes à Vientiane, l'une chiite et l'autre sunnite. Bien que reconnaissant la liberté de culte, garantie par la loi le régime laotien encadre les pratiques et se montre plutôt réticent envers les non-bouddhistes. -wikipédia
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illustration : travelblog24.de

mardi 28 octobre 2008

Tony Hillerman, père du « polar navajo », est mort

Ça commence à faire beaucoup. Beaucoup trop. Quelques semaines après la disparition de James Crumley, on apprenait lundi que Tony Hillerman était mort.

Agé de 83 ans, une défaillance pulmonaire l’a emporté dimanche dans un hôpital d'Albuquerque (Nouveau-Mexique), la ville où vivait depuis des années.
La fille du romancier, en annonçant la nouvelle, a expliqué que la santé de son père avait décliné depuis deux ans, et que son père avait subi deux attaques cardiaques, alors qu’un cancer de la prostate le dévorait.

Né le 27 mai 1925 à Sacred Heart (Oklahoma), au sein d’une famille de cultivateurs, Tony Hillerman fut d’abord journaliste avant de d’enseigner –le journalisme…-. Tout en s'adonnant à son autre passion: écrire. Dans un genre précis : le polar.

Profondément humaniste,
Hillerman s’est toujours intéressé à la question navajo.
Hillerman donnera ses lettres de noblesses au genre qu’il aura lui-même crée : le roman policier ethnologique.
Hillerman aura présenté au monde les "Four Corners", une région indienne située aux frontières entre les quatre Etats du Colorado, de l'Utah, du Nouveau-Mexique et de l'Arizona.
C’est ici que prendront place des romans tels "La Voie de l'ennemi" (1970),
"Là où dansent les morts » (1973),
"Le Peuple de l'ombre" 1980
ou encore
"Le Vent sombre" (1982),
« Le vent qui gémit » -son premier "polar féminin"-, etc.
Un roman de Tony Hillermann, c’est une ode : le doux plaisir de retrouver la même bande de personnages (le sergent Jim Chee, le lieutenant Leaphorn, tous deux de la polifce tribale Navajo,
et la dernière apparue Louisa Bourebonnette, etc) dans des récits peuplées de vent, de poussière, de chamans et de mystères.

Les polars d’Hillerman sont tous des allers et retours entre mythe et réalité, dans une Amérique bien actuelle.


Plusieurs de ses oeuvres avaient été adaptées au cinéma
dont "Le Vent sombre" produit en 1991 par Robert Redford et réalisé par Errol Morris.
Un film cependant renié par Tony Hillerman.

En 2003, on avait lu son autobiographie,

« Rares furent les éceptions» (Rivages). Aujourd’hui, on relira ses romans. Le dernier paru en France étant lé réédition en poche de « L’Homme squelette » (Rivages/Noir).
Photo : Tony Hillerman (John Foley/Opale).
Par Hubert Artus Rue89 27/10/2008 17H45

Quelques titres :

"The Blessing Way" - "La Voie de l'Ennemi" - 1970.

Un homme est découvert mort sur le territoire de la réserve. Certains n'hésitent pas à faire intervenir la sorcellerie et voit déjà dans cet évènement la manifestation d'un sorcier. Joe Leaphorn garde la tête froide et suspecte plutôt une intervention extérieure à la réserve.

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"Dance Hall of the Dead" - "Là où dansent les Morts" - 1973.
Le territoire zuni, encastré en plein milieu de la réserve Navajo, est le théâtre de deux étranges disparitions.Joe Leaphorn, appelé sur place, ne suit pas les avis des autres experts et pense que ces faits pourrait avoir une relation avec des évènements qui se sont déroulés plusieurs siècles auparavant ( Cet ouvrage a remporté l'Edgard, prix du meilleur roman policier publié aux USA en 1973).
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"Listening Woman" - "Femme qui écoute" - 1978.
Un vieillard et une femme sont assassinés de manière brutale. Seul témoin de la scène : une vieille femme aveugle : "Femme-qui-Ecoute". Joe Leaphorn enquête...
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"People of Darkness" - "Le Peuple de l'Ombre" - 1980.

Jim Chee, jeune policier navajo, est contacté par une certaine madame Vines qui déclare s'être fait dérober des objets enfermés dans un coffret. Elle ne connaît pas exactement le contenu du coffret mais désigne sans hésiter le "Peuple de l'Ombre" comme responsable. Que signifie cette appelation ? Et en quoi cela pourrait-t-il avoir un rapport avec l'explosion d'un puit qui a eu lieu dans le passé ?...( Premier roman mettant en scène Jim Chee )
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"The Dark Wind" - "Le Vent Sombre" - 1982.
Un avion s'écrase dans le désert et attire l'attention de Jim Chee, présent lors de l'accident. Par la suite, on découvre le corps d'une personne à qui on a "enlevé" les paumes des mains et les plantes des pieds. Le FBI est sur le coup. Jim Chee aussi...(Cet ouvrage a fait l'objet d'une très bonne adaptation cinématographique en 1994 avec les excellents Lou Diamond Phillips - Jim Chee - et Fred Ward - Joe Leaphorn.).
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"The Ghostway" - "La Voie du Fantôme" - 1984.

Dans le cadre du programme fédéderal pour la protection des témoins, le FBI cache une personne dans la réserve sans en informer la Police Tribal. S'ensuit une série d'évènements dramatiques qui obligent le FBI à, appeler Jim Chee à la rescousse...
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"Skinwalkers" - "Porteurs de Peau" - 1986.
Alors qu'il se trouve dans sa caravane, le policier Jim Chee est victime d'une tentative d'assassinat. Trois balles sont tirées dans sa direction. Qui plus est, d'autres meurtres sont commis qui semblent être en relation avec cette tentative. Joe Leaphorn et Jim Chee vont se cotoyer et essayer de découvrir le dessous des cartes.
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"A Thief of Times" - "Le Voleur de Temps" - 1988.
Le docteur Eleanor Friedman-Bernal a été vue pour la dernière fois alors qu'elle quittait Chaco. Depuis, plus de nouvelle. C'est d'autant plus bizarre qu'elle est suspectée de vol. Alors que les recherches débutent, Jim Chee, lui, fait une découverte peu réjouissante dans une fosse...
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"Talking God" - "Dieu-qui-parle" - 1989.
Tandis que Joe Leaphorn recherche un nom à mettre sur un cadavre, Jim Chee arrête un certain Henry Hyghhawk pour avoir sacager des tombes. Il devient cependant vite évident qu'il y a un lien entre les deux affaires. .
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"Coyote waits" - "Coyote attend" - 1990.
Delbert Nez, un collègue de Jim Chee, cherchait à appréhender le petit malin qui barbouillait de peinture blanche un relief basaltique au Sud de Shiprock. Mais voilà, quelqu'un l'a assassiné. Le petit malin ou un autre ? ...Peut-être le vieil homme trouvé sur une route toute proche avec un pistolet encore tout chaud glissé dans la ceinture de son pantalon...
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"Sacred Clowns" - "Les Clowns sacrés" - 1993.
Alors qu'il assiste à une cérémonie religieuse donné par les gens des pueblos, Jim Chee remarque qu'un des koshares -clowns sacrés- est en train de faire quelque chose d'inhabituel qui fait rire l'assemblée. Joie de courte durée puisque le clown sera retrouvé mort quelques minutes plus tard dans une rue adjacente...
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"The Fallen Man" - "Un homme est tombé" - 1998.
Il y a 11 ans, le lieutenant Joe Leaphorn avait mené une enquête sur l' étrange disparition d'un dénommé Hal Breedlove mais celle-ci n'avait pas abouti. Un mystérieux squelette retrouvé il y a peu sur la montagne sacrée des Navajos, Ship Rock, relance cependant l'affaire et fait de nouveau se réunir les principaux protagonistes de la série : Joe Leaphorn à la retraîte depuis peu mais qui ne peut s'empêcher de jouer les détectives, Jim Chee qui occupe maintenant le poste de lieutenant de la Police Tribale Navajo mais également une nouvelle recrue en la personne d'une jeune agent stagiaire nommée Bernadette Manuelito...Ship Rock, la Montagne Sacrée des Navajos a-t-elle livré tous ses secrets ?...

vendredi 1 août 2008

Yasmina Khadra - le quatuor algérien

le polar algérien


Ce folio policier contient les quatre tomes des aventures du commissaire Llob :




En 1988, le commissaire Llob tente d’empêcher la justice algérienne de gracier un dangereux psychopathe.

Il ne peut pas deviner qu’il vient de mettre le doigt dans un terrible engrenage…

La libération de ce meurtrier est le premier acte d’une machination terrifiante ourdie par certains maîtres du pouvoir algérien pour éliminer l’un des leurs.

Pour que le coup soit imparable, il doit être cautionné par un homme libre, intègre, obstiné, intransigeant. Un fonctionnaire dont personne ne peut soupçonner qu’il puisse se laisser manipuler par quiconque. Le commissaire Llob est parfait pour ce rôle. Mais acceptera-t-il de s’effacer comme il est prévu qu’il le fasse ?

Au fil de son enquête, Llob devra comprendre ce qui s’est passé au cours d’une nuit d’août 1962 quand des familles entières de harkis ont dû affronter la haine des combattants de l’Armée de libération. Quels comptes ont été réglés au cours de ces massacres ? Quels secrets ont été enfouis dans les charniers creusés sous les taillis ?


Yasmina Khadra poursuit ici son implacable autopsie de la société algérienne. Sans aucune concession, avec cette force et cette lucidité qui ont fait le succès de ses romans précédents et lui ont permis d’être traduit dans tous les pays d’Europe et aux États-Unis, il continue de brosser le portrait de ce peuple généreux qui avait toutes les raisons de croire à son épanouissement avant que la cupidité boulimique de ses dirigeants et leurs effroyables manipulations le fassent basculer dans sa propre négation.




« Da Achour ne quitte jamais sa chaise à bascule. Chez lui, c’est une protubérance naturelle. Une cigarette au coin de la bouche, le ventre sur ses genoux de tortue, il fixe inlassablement un point au large et omet de le définir. Il est là, du matin au soir, une chanson d’El Anka à portée de somnolence, consumant tranquillement ses quatre-vingts ans dans un pays qui déçoit.

Il a fait pas mal de guerres, de la Normandie à Diên Biên Phu, de Guernica au Djurdjura, et il ne comprend toujours pas pourquoi les hommes préfèrent se faire péter la gueule, quand de simples cuites suffisent à les rapprocher. »


Le tonnerre éructe de toutes ses forces dans la nuit. De temps à autre, les lumières éblouissantes de l’éclair ricochent sur le bas quartier, peuplant les recoins de visions cauchemardesques. Il est vingt-deux heures, et pas un chat ne se découvre assez de cran pour se hasarder dans les rues. C’est l’heure où les gens s’autoséquestrent pour se forger des alibis, la conscience cadenassée, un sommeil opaque sur les yeux. Le moindre friselis est perçu comme un cri d’agonie. Alger retourne en enfer.


Le commissaire Llob, après avoir enterré un ami d’enfance égorgé en plein soleil dans son jardin, est convoqué par sa hiérarchie pour avoir eu le tort d’écrire un livre. La guerre civile fait rage. Colère, amertume et terreur se mêlent tandis qu’au cœur des villes, dans le silence des maquis ou sur les plages en pleine foule se terre la bête immonde de l’intégrisme. Prête à frapper. Prête à tout ; un jouet dans la main des puissants...

note :
Déjà lu lors de la parution de chacun des romans... mais je n'ai pas pu résister, encore une fois.
D'ailleurs, bon moyen pour le relire à nousveau.
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