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mercredi 19 mai 2010

Didier Daeninckk - Missak

J'arrive en fin de lecture...
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Tellement beau aujourd'hui, que j'ai passé la plus grande partie de mon temps a lire sur la balencelle... et un peu la flemme de vous raconter le livre... on verra demain.
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Je vous laisse donc quelques renseignements (pillage de wikipédia) sur Missak Manouchian... pour satisfaire votre curiosité et vous donner envie de le lire;
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En 1955, à l'occasion de l'inauguration de la rue du Groupe Manouchian, située dans le 20e arrondissement de Paris, Aragon écrit un poème Strophes pour se souvenir, librement inspiré de la dernière lettre que Missak Manouchian adressa à son épouse Mélinée. Ce poème sera mis en musique par Léo Ferré sous le titre L'Affiche rouge, en 1959.
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La mairie d'Évry a donné le nom de Missak Manouchian à un parc en bord de Seine, à l'endroit même où eut lieu son arrestation. Une plaque commémorative a été déposée le 21 février
2009, par la mairie de la ville de Paris, au 11 rue de Plaisance, Paris XIVe, en présence d'anciens Résistants. Cet ancien hôtel fut le dernier domicile de Mélinée (née Assadourian) et Missak Manouchian.
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Des photos de l'exécution prises clandestinement par un officier allemand sont rendues publique par
Serge Klarsfeld en décembre 2009.
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La dernière lettre de Manouchian à sa femme

Ma Chère Mélinée, ma petite orpheline bien-aimée,
Dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. Nous allons être fusillés cet après-midi à 15 heures. Cela m'arrive comme un accident dans ma vie, je n'y crois pas mais pourtant je sais que je ne te verrai plus jamais.
Que puis-je t'écrire ? Tout est confus en moi et bien clair en même temps.
Je m'étais engagé dans l'Armée de Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la Victoire et du but.
Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement.
Au moment de mourir, je proclame que je n'ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu'il méritera comme châtiment et comme récompense.
Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps.
Bonheur à tous... J'ai un regret profond de ne t'avoir pas rendue heureuse, j'aurais bien voulu avoir un enfant de toi, comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre, sans faute, et d'avoir un enfant pour mon bonheur, et pour accomplir ma dernière volonté, marie-toi avec quelqu'un qui puisse te rendre heureuse.
Tous mes biens et toutes mes affaires je les lègue à toi à ta sœur et à mes neveux. Après la guerre tu pourras faire valoir ton droit de pension de guerre en tant que ma femme, car je meurs en soldat régulier de l'armée française de la libération.
Avec l'aide des amis qui voudront bien m'honorer, tu feras éditer mes poèmes et mes écrits qui valent d'être lus.
Tu apporteras mes souvenirs si possible à mes parents en Arménie. Je mourrai avec mes 23 camarades tout à l'heure avec le courage et la sérénité d'un homme qui a la conscience bien tranquille, car personnellement, je n'ai fait de mal à personne et si je l'ai fait, je l'ai fait sans haine.
Aujourd'hui, il y a du soleil. C'est en regardant le soleil et la belle nature que j'ai tant aimée que je dirai adieu à la vie et à vous tous, ma bien chère femme et mes bien chers amis. Je pardonne à tous ceux qui m'ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendus.
Je t'embrasse bien fort ainsi que ta sœur et tous les amis qui me connaissent de loin ou de près, je vous serre tous sur mon cœur.
Adieu.
Ton ami, ton camarade, ton mari.Manouchian Michel.P.S. J'ai quinze mille francs dans la valise de la rue de Plaisance. Si tu peux les prendre, rends mes dettes et donne le reste à Armène. M. M.M.
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L'AFFICHE ROUGE
(Louis Aragon)

Vous n'avez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servi simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans
Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants
Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos
MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous
Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand
Adieu la peine et le plaisir
Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan
Un grand soleil d'hiver éclaire la colline

Que la nature est belle et que le cœur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant
Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent

Vingt et trois qui donnaient le cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant

Le Roman inachevé, 1956
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Missak (dit Michel) Manouchian

(arménien:Միսաք Մանուշյան Missak Manouchian)
est poète français d'origine arménienne, militant communiste de la MOI et commissaire militaire des FTP-MOI de la région parisienne (Adıyaman, le 1er septembre 1906 - fusillé au fort du Mont-Valérien, le 21 février 1944 à 37 ans)
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Bien que principalement connu pour son rôle dans la Résistance, il était avant tout un intellectuel et un poète.

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Missak Manouchian est né dans une famille de paysans arméniens du village d'Adıyaman en Turquie. Enfant, il perd son père, probablement tué par des militaires turcs lors du génocide arménien.
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Sa mère meurt quelque temps après, victime de la famine qui suivit. Il est alors recueilli, avec son frère Karabet, dans un orphelinat du protectorat français de Syrie. En 1925, ils débarquent à Marseille où Missak exerce le métier de menuisier qu'il a appris à l'orphelinat.
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Puis les deux frères décident d'aller à Paris, mais Karabet tombe malade. Missak se fait alors embaucher aux usines Citroën comme tourneur, afin de subvenir à leurs besoins. Karabet décède en 1927 et Missak est licencié au moment de la grande crise économique du début des années 1930.
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Il gagne alors sa vie en posant pour des sculpteurs. Missak écrit des poèmes et, avec son ami arménien Semma, il fonde deux revues littéraires, Tchank (l'Effort) et Machagouyt (Culture), où ils publient des articles concernant la littérature française et arménienne ; ils traduisent Baudelaire, Verlaine et Rimbaud en arménien.
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À la même époque, Missak et Semma s'inscrivent à la Sorbonne comme auditeurs libres et y suivent des cours de littérature, de philosophie, d'économie politique et d'histoire.
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En
1934, Missak adhère au parti communiste. En 1935, il est élu secrétaire du Comité de Secours pour l'Arménie (HOC) qui relève en fait de la MOI (main d'œuvre immigrée). Il devient alors un militant permanent. C'est là qu'en 1935 il rencontre Mélinée qui deviendra sa compagne. À la même époque, il est également responsable du journal Zangou (nom d'un fleuve arménien).
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Au moment de la guerre de 1939-1940, il semble qu'en tant qu'étranger, il ait été affecté dans une usine de la région de Rouen, en qualité de tourneur. Mais rentré à Paris, après la défaite de juin 1940, il reprend ses activités militantes, devenues illégales puisque le parti communiste est interdit depuis septembre 1939.
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Il est arrêté au cours d'une rafle anticommuniste avant le 22 juin 1941, date de l'invasion de l'URSS par les Allemands. Interné au camp de Compiègne, il est libéré au bout de quelques semaines, aucune charge n'étant retenue contre lui.
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Il devient alors responsable politique de la section arménienne clandestine de la MOI dont on ne connaît guère l'activité jusqu'en 1943.
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En février 1943, Manouchian est versé dans les FTP-MOI, groupe des Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée de Paris : il s'agit de groupes armés constitués en avril 1942 sous la direction du Juif bessarabien Boris Holban.
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Le premier détachement où il est affecté comporte essentiellement des Juifs roumains et hongrois et quelques Arméniens.
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Le 17 mars, il participe à sa première action armée, à Levallois-Perret, mais son indiscipline lui vaut un blâme et une mise à l'écart.
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En
juillet 1943, il devient commissaire technique des FTP-MOI parisiens puis en août, il est nommé commissaire militaire, à la place de Boris Holban qui avait été démis de ses fonctions pour raisons disciplinaires.
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Joseph Epstein, responsable d'un autre groupe de FTP-MOI, était devenu le responsable de l'ensemble des Francs-tireurs et partisans de la région parisienne. Il est donc le supérieur hiérarchique de Manouchian qui, lui-même, a sous ses ordres trois détachements, soit au total une cinquantaine de militants.
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On doit mettre à son actif l'exécution (par Marcel Rayman, Léo Kneler et Celestino Alfonso), le 28 septembre 1943, du général Julius Ritter, adjoint pour la France de Fritz Sauckel, responsable de la mobilisation de la main-d'œuvre (STO) dans l'Europe occupée par les nazis. Les groupes de Manouchian accomplissent près de trente opérations en plein Paris d'août à la mi-novembre 1943.
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La Brigade spéciale n° 2 des Renseignements généraux avait réussi deux coups de filet en mars et juillet 1943.
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À partir de là, elle put mener à bien une vaste filature qui aboutit au démantèlement complet des FTP-MOI parisiens à la mi-novembre avec 68 arrestations dont celles de Manouchian et Joseph Epstein.
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Au matin du 16 novembre 1943, Manouchian est arrêté en gare d'Évry Petit-Bourg. Sa compagne Mélinée parvient à échapper à la police. Missak Manouchian, torturé, et vingt-trois de ses camarades sont livrés aux Allemands de la Geheime Feldpolizei (GFP) qui exploitent l'affaire à des fins de propagande.
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Missak ­Manouchian meurt fusillé à 37 ans. Après avoir refusé qu'on leur bande les yeux, les vingt-deux hommes sont fusillés au Mont-Valérien le 21 février 1944[4].
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Seule Olga Bancic, vingt-troisième membre du groupe, fut décapitée à la prison de Stuttgart le 10 mai 1944[5].
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Dans la foulée de ces exécutions, la propagande allemande placarde 15 000 exemplaires de ces fameuses affiches rouges portant en médaillons noirs les visages de dix fusillés. Au centre, la photo ­de Manouchian, avec cette inscription : « Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés. ».
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Mais l'affaire de l'Affiche rouge, placardée sur les murs de Paris par l'ennemi, produit l'effet contraire à celui escompté : pour toute la Résistance, elle devient l'emblème du martyre. Les soutiens de sympathisants se multiplient.

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Olga (ou Golda) Bancic dite Pierrette,
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née le 10 mai 1912, le 15 mai 1912 ou le 28 mai 1912, selon les sources, à Chişinău (Kichinev) en Bessarabie, et morte décapitée le 10 mai 1944 à Stuttgart, est une immigrée roumaine, juive et communiste, soldat volontaire de l'armée française de libération (FTP-MOI/ Groupe Manouchian).

mercredi 8 juillet 2009

Michel Quint - Effroyables jardins et Aimer à peine

Bonne soirée hier soir au club de lecture d'Andrésy... pas mal de monde. Et comme d'habitude je me suis laissée tenter... par juste 2 nouveautés...
-"le Club des poliers yiddish" de Michael Chabon, mais il se trouvait déjà sur ma liste des envies...
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-"les dix femmes de l'industriel Rauno Rämekorpi" de Arto Paasilina. Quoique là, j'ai un peu hésité, déçue par ses deux derniers romans.
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-"chana tova, Barbara" de Karine Naccache, choisi parce que littérature juive.
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-"Belle mère" de Claude Pujade-Renaud, choisi pour sa couverture et surtout sa 4ème de couverture...
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-"la traversée du Mozambique par temps calme" de Patrice Pluyette... enfin, depuis le temps qu'il était sur ma liste, mais jamais libre à la bibliothèque...
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-"et mon mal est délicieux" de Michel Quint, auteur que je n'avais encore jamais lu !
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-"jardins effroyables" et "aimer à peine" de Michel Quint également...
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Me voilà donc avec 3 courts romans de Michel Quint, dont "jardins effroyables" lu cette nuit. Vraiment superbe... si bien que j'enchaine aujourd'hui avec "aimer à peine".

Effroyables jardins

Mais que signifie à la fin le nez rouge, comme abandonné, oublié sur la couverture ?
Il est d'abord l'absence, ou le dévoilement trop tardif d'un père dont il a connu l'histoire trop tard, trop tard pour découvrir quel héros était ce père, ce qui lui aurait évité les sarcasmes méprisants du "morveux" qu'il était alors.
Du mépris, il en avait aussi, et à revendre, pour l'oncle Gaston et la Nicole, sa petite femme potelée. Mais voilà qu'un jour, tous sur leur trente et un, ils sont allés ensemble au cinéma, comme on va à la messe.
Et dans le générique, un nom allemand est apparu, et tous ont été parcourus par un frisson que l'auteur, adolescent, ne pouvait pas comprendre. Pas encore.
Il a fallu attendre la fin du film, et que Gaston s'installe devant une bière, au café d'en face, pour lui rapporter toute l'histoire. Celle qui a fait de son père, d'un simple instituteur qui faisait aussi le clown le dimanche, pour arrondir (tous) les mois difficiles, un résistant.
Un résistant - avec son nez rouge - à toutes les indignités de la guerre et à toutes les mascarades, à toutes les pitoyables pitreries d'après-guerre, où les accusés finissent par apparaître comme les véritables augustes aux cheveux rouges.
Ce livre vous happe, et derrière les "effroyables jardins", on en découvre d'autres, incroyablement soignés et beaux comme des paradis, où l'on peut continuer, dignement, à "être des hommes".


Aimer à peine

"Oui, je veux vous aimer mais vous aimer à peine", lui a-t-elle murmuré sur un air de tango.
Peu importe la peine, peu importe même que la demoiselle soit allemande et que les attentats terroristes ensanglantent Munich et ses Jeux olympiques en cet été de 1972, le narrateur tombe illico amoureux.
Et le passé de lui remonter en pleine figure dans cette Allemagne profonde où, à l'image d'Inge sa jeune Lorelei férue de Camus et d'Apollinaire, l'on n'en finit pas de culpabiliser et de tenter de laver la honte et la barbarie d'autrefois.
D'autant que le hasard s'en mêle !
Ainsi, le jeune homme croise la route d'un vieil officier allemand, celui-là même qui quelques années auparavant arrêta et déporta son père, le clown héroïque d'Effroyables jardins.
Comment réagir alors face à ce bourreau, qui, l'âge aidant, a perdu de sa prestance, mais se réfugie toujours derrière l'honneur du devoir accompli ?
Pardonner ? Impossible !
Se venger ? Déplacé.
Le fils se contentera de partir à reculons, hanté par une question : comment aurait réagi son père ? Sans doute aurait-il chaussé son nez rouge pour dénoncer le ridicule de la situation.
La question demeurera sans réponse puisque le père tire sa révérence avant de connaître le mot de la fin…
Non pas la suite, mais le second volet d'Effroyables jardins, Aimer à peine apporte un nouvel éclairage à ce premier récit et confirme que Michel Quint est un bien bel écrivain.
En quelque soixante-dix pages, mêlant le patois lillois à une écriture sobre et ramassée, interrogeant inlassablement le passé, il nous conte la grande histoire à hauteur d'hommes, rendant un hommage teinté d'admiration et de tendresse à la dignité des petites gens.
Ces héros très discrets qui, tels les Adrian et Roselyne de son récit, ont choisi de dire non à la haine, se rendant par là même simplement exceptionnels d'humanité.
De cette précieuse humanité le regard que Michel Quint porte sur eux regorge, et c'est probablement ce qui n'en finit pas de nous toucher dans ce petit livre, comme dans le précédent.
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illustration : "la liseuse" de Bui Huy Quang

dimanche 17 août 2008

Marc Lévy - Les enfants de la liberté

livre de chevet

roman historique ? récit ?

Les Enfants de la liberté est le titre du septième roman de Marc Levy paru le 4 mai 2007. L'auteur y raconte l'histoire de son père et de son oncle, juifs-résistants, membres de la brigade Marcel Langer, des MOI toulousains.
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Jeannot, Tu leur diras de raconter notre histoire, dans leur monde libre.
Que nous nous sommes battus pour eux.
Tu leur apprendras que rien ne compte plus sur cette terre que cette putain de liberté capable de se soumettre au plus offrant.
Tu leur diras aussi que cette grande salope aime l’amour des hommes, et que toujours elle échappera à ceux qui veulent l’emprisonner, qu’elle ira toujours donner la victoire à celui qui la respecte sans jamais espérer la garder dans son lit.
Dis-leur Jeannot, dis-leur de raconter tout cela de ma part, avec leurs mots à eux, ceux de leur époque. Les miens ne sont faits que des accents de mon pays, du sang que j’ai dans la bouche et sur les mains.


biographie


Marc Lévy est un écrivain français né le 16 octobre 1961 à Boulogne-Billancourt en région parisienne.


Il entre à 18 ans comme secouriste à la Croix-Rouge, où il reste six ans.
En 1984, il s'installe aux États-Unis où il crée, à San Francisco et dans le Colorado, deux sociétés spécialisées dans l'imagerie de synthèse, Rainbow Images.
Neuf ans plus tard, il revient à Paris et fonde avec deux amis un cabinet d'architecture, Eurythmic Cloiselec.
Il vit actuellement à Londres avec sa femme et son fils.

En
2000, il publie son premier roman, Et si c'était vrai, traduit en 38 langues, et adapté au cinéma par Dreamworks (Steven Spielberg). Il sera classé pendant plus de 250 semaines dans la liste des meilleures ventes.

Il est le romancier le plus lu en France, ses romans atteignant systématiquement le haut des classements des ventes.
Aujourd'hui traduit en 38 langues, il a déjà vendu plus de 15 millions d'exemplaires dans le monde.(wikipédia)
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Titre lu :
Et si c'était vrai...
Lauren est dans le coma, c'est indéniable. Mais elle est aussi dans le placard d'Arthur, un peu comme un fantôme, cela est tout aussi indéniable...
Arthur, en tout cas, est bien obligé de l'admettre : il la voit, l'entend, la comprend et finit même par l'aimer. Mais que peut-on espérer d'un fantôme que l'on est le seul à distinguer ?
On ne tombe pas amoureux d'un mirage, on ne force pas son meilleur ami à dérober une ambulance pour kidnapper un corps dans le coma, on ne ment pas à la police pour sauver une ombre, et pourtant...

Marc Lévy signe ici un premier roman particulièrement grisant, qui s'amuse du lecteur et de ses certitudes, toujours avec légèreté : comme Arthur, on se laisse prendre au jeu de Lauren, et comme lui, on finit par se dire, entre deux rebondissements : Et si c'était vrai....
Phénoménal succès de librairie dès sa sortie, ce roman trouvera bientôt une consécration sur grand écran puisque Steven Spielberg a décidé de porter cette invraisemblable histoire à l'écran.
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Note
Et bien voilà...
livre prété, donc malgré ce que je pense de Marc Levy comme auteur, je vais tout de même tenter de lire celui-là.
Il faut dire qu'après la lecture de son premier roman, pas vraiment envie de le connaître plus.
Enfin, pas osé dire non, pour ne pas froisser une fan... et puis, qui sais, ce n'est pas un roman, alors, peut-être une bonne surprise ?
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En attendant, un petit tour chez l'éditeur afin de voir les nouveautés de la rentrée...