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mardi 29 juin 2010

Arnaldur Indridason : Hypothermie

Terminé hier soir... ce soir sera un autre livre d'un autre genre... pour le moment, quelques impressions de lecture et petites choses qui ont éveillées ma curiosité...
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Le thème sous-jacent de ce roman est la question de la validité des histoires de fantômes dont les Islandais, souvent, n'excluent pas l'existence. Il pose aussi la question du deuil, un thème transversal dans l'oeuvre d'Arnaldur
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un Erlendur différent et plus seul que jamais... et une enquête qu'il mène seul, non officielle puisque la morte c'est apparemment suicidée et l'affaire classée... et lui, cet homme terre-à-terre va devoir se pencher sur un histoire où l'occultisme tient une grande place.
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Et en parallèle il tente d'élucider une vieille affaire de disparition...
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Et toujours les mauvais souvenirs sur son passé restent présents... son frère disparu, son ex-femme qu'il va rencontrer brièvement... ses enfants qui semblent se réconcilier avec lui...
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beaucoup de lenteur dans ce roman, mais j'ai bien aimé tout de même contrairement a "hiver arctique".
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voir Blog d'Eric Boury traducteur littéraire islandais-français
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http://hanniballelecteur.over-blog.com/article-hypothermie-arnaldur-indridason-44486827.html
http://www.cuneipage.com/archive/2010/02/23/hypothermie-arnaldur-indridason.html
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Curiosités de lecture...


L'hypothermie est une situation dans laquelle la température centrale d'un animal à sang chaud ne permet plus d'assurer correctement les fonctions vitales.
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Chez les êtres humains, la température interne normale est de 37 °C ; la
thermorégulation est une des fonctions permettant d'assurer le bon déroulement des réactions chimiques et biologiques nécessaires à la vie (homéostasie).
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On parle d'hypothermie lorsque la température centrale est inférieure à 35 °C :
de 37 à 35 °C : normothermie ;
de 35 à 34 °C : hypothermie modérée ;
de 34 à 32 °C : hypothermie moyenne ;
de 32 à 25 °C : hypothermie grave ;
en dessous de 25 °C : hypothermie majeure.
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Hypothermie provoquée
Dans certains cas, la mise en hypothermie est volontaire et faite de manière contrôlée : le métabolisme de l'organisme (ou d'un organe particulier) est alors ralenti, permettant à ce dernier de mieux résister au manque d'oxygène.
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Ce type de traitement est largement employé en
chirurgie cardiaque (le terme utilisé est alors cardioplégie froide) : après installation d'une circulation extra-corporelle, le chirurgien refroidit le cœur ce qui permet son arrêt et l'intervention sur celui-ci. Le réchauffement de cet organe, en fin d'intervention, permet le plus souvent la reprise des battements cardiaques.
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Ce traitement a également été proposé lors de certains
comas avec anoxie du cerveau (par exemple dans les suites d'un arrêt cardio-circulatoire). - pour en savoir plus : wikipédia
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illustration de davidmanise.com
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Vie après la mort
La question du prolongement ou de l'anéantissement de la conscience après la mort est ancienne.
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L'origine et la nature de la conscience font l'objet de controverses et l'état de la conscience après le décès n'est pas un sujet d'étude des centres de recherche européens utilisant la méthode scientifique.
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En revanche, aux États-Unis, l'Université de l'Arizona possède un laboratoire de recherche scientifique sur la vie après la mort, dont la devise est : Si cela est vrai, cela sera découvert; si cela est faux, nous trouverons pourquoi c'est une erreur.
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Aujourd'hui comme autrefois, il existe de nombreuses hypothèses, croyances ou témoignages sur cette question.
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illustration : le Jugement dernier, fresque peinte par Michel-Ange
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Synonymes : « après-vie », « destinée des morts », « existence post mortem », « outre-tombe », « outre-vie », « survie de la conscience après la mort », « survie de la personnalité humaine », « survivance de l'âme », « vie dans l'au-delà », «
vie future »...
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La connaissance qui étudie le destin de l'âme après la mort s'appelle « eschatologie individuelle ». Eschatos (ἔσχατος) en grec signifie « dernier » et logos signifie « étude ». L'eschatologie est donc la doctrine qui concerne les fins dernières, les temps ultimes, soit de l'individu après sa mort (eschatologie individuelle), soit de l'humanité à son extinction (eschatologie humaine), soit du monde à sa disparition (eschatologie cosmique).
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Questions sur la mort
et l'immortalité
Toutes les civilisations, depuis la préhistoire, ont laissé des traces de croyances en une existence après la mort, chacune avec sa propre perception de l'immortalité, de l'esprit, de la rétribution des âmes et du sens de la vie. Ainsi, la croyance en la survie de l'âme, autant que le respect des défunts, sont à l'origine des divers rites funéraires.
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Quantité de philosophes et de théologiens ont développé des raisonnements pour prouver l'existence de l'âme et son immortalité ou sa survivance.
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Platon, dans le Phédon, a avancé cinq preuves ou raisonnements :
1) par les opposés (69-72 : "les vivants naissent à partir des morts", donc l'âme existe après la mort),
2) par la réminiscence (72-78 : "notre âme existe avant même d'arriver dans un corps", elle a appris dans un temps antérieur, où elle n'était pas dans une forme humaine, et elle peut s'en souvenir),
3) par l'affinité (78-84: "l'âme ressemble au divin", or ce qui est divin est immortel ; d'autre part, après la mort, l'âme va à son semblable, le divin, l'immortel, le sensé),
4) par l'harmonie (84-86 : un corps n'est vivant que par le mélange bien composé de propriétés opposés, c'est-à-dire la vie, c'est-à-dire l'âme),
5) par l'essence (102-107 : il est de la nature de l'âme d'être immortelle, indestructible, incorruptible).
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Le raisonnement intellectuel envisage aussi des
analogies avec certains phénomènes naturels. Ainsi, la mort serait comme le sommeil (suivi du réveil), comme l'hiver (suivi du printemps). Le principe de l'enfouissement des corps n'est pas sans rappeler non plus celui des graines en agriculture.
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illustration : « Guide sur la vie après la mort pour le gardien de la propriété de la déesse Mout Sesech ». Papyrus Égyptien sur la vie après la mort.
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Les expériences spirites
Depuis sa naissance au XIXe siècle, le spiritisme a convaincu des millions d'adeptes. Cette doctrine affirme possible la communication avec les esprits des morts. La méthode expliquée par les ouvrages spirites nécessite généralement la participation d'un ou plusieurs médiums. La médiumnité n'est cependant pas reconnue unanimement comme une réalité. Bien que peu étudiée, la pratique du spiritisme est actuellement très populaire au Brésil.
On nomme médium une personne qui serait sensible à une autre dimension ou qui favoriserait (volontairement ou non) des manifestations qui proviendraient d'une autre dimension.
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Cette autre réalité peut être l'au-delà (monde des défunts, des esprits, des anges, des démons, de Dieu), ou tout autre "univers" non perceptible par les cinq sens.
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La médiumnité est une faculté prise en considération dans le cadre :
de religions comme le
Pentecôtisme, le Renouveau charismatique, le Spiritualisme moderne, le Caodaïsme, l'Antoinisme, l'Animisme, le Vaudou, le Candomblé, le Palo Mayombe et les diverses formes de Spiritisme.
de certaines branches du
Bouddhisme tibétain comme le Bön ou les Nyingmapa d'où sont issus les oracles tibétains.
d'une philosophie comme la
doctrine spirite
d'une pratique comme le
channeling
d'une tradition comme le
Mazzérisme, le Shamanisme ou le Druidisme
d'une profession comme la
voyance
d'expériences
mystiques, d'Extase ou de visions
de cas de
Possession (anthropologie)
d'activités non spirituelles comme la
parapsychologie.
Dans la culture
occidentale moderne, les médiums sont généralement associés au mouvement spirite ou au domaine du surnaturel
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instituts analyse la médiumnité pour tenter de développer les connaissances scientifiques sur ce sujet. Par exemple : En
France : l'Inrees, l'Ifres ou encore l'Institut métapsychique international
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Romans
Bernard Werber, Les Thanatonautes, 1994 : roman où des scientifiques tentent de découvrir ce qui se cache au-delà de la mort, par le biais de nombreux EMI provoqués artificiellement. (lu)
La Nostalgie de l'Ange d'Alice Sebold. (lu)
Et si c'était vrai... (roman) de Marc Levy.
Le Fantôme de Canterville d'Oscar Wilde. (lu)
Connie Willis, Passage, 2001 ; Roman où les personnages sont des scientifiques étudiant les EMI dans un hôpital américain.
Jean-Christophe Grangé, Le Serment des limbes, 2007 : roman policier sur le sujet des EMI négatives, où le vécu satanique remplacerait le vécu divin dans les limbes, et où certains adeptes du satanisme utiliseraient l'Iboga pour recréer une EMI négative. (lu)
Marie-Aude Murail, Les expérienceurs, 2003 : roman policier/d'amour pour jeunesse, où un médecin teste les EMI sur ses patients, tandis que le célibataire cherche le corps de sa femme morte dix mois auparavant, avant de finalement aller la chercher et la faire sortie de l'EMI où elle a été pendant dix mois.
Peter James, Mort Imminente, 1991 : roman fictif où un anésthésiste provoque la mort imminente à ses patients grace à des comprimés GW 2937 qui provoque un status épilepticus.
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Et pour en finir, une chose dont je n'avais jamais entendu parler...

Une lanterne des morts est un édifice maçonné, de forme variable, souvent élancé, en forme de tour, généralement creux et surmonté d'un pavillon ajouré (au moins trois ouvertures), dans lequel au crépuscule, on hissait, souvent avec un système de poulies, une lampe allumée, supposée servir de guide aux défunts.
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illustration : Lanterne des morts de Sarlat-la-Canéda dite tour Saint-Bernard, Dordogne, France

lundi 15 février 2010

Camilla Läckberg - Le Tailleur de pierre

un polar psychologique, sur la famille et les origines...
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"la liseuse" de Michel Robin (Lali)
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commence dans les années 1920, avec l'histoire d'Agnes... enfant de la haute bougeoisie, gâtée, manipulatrice et odieuse.
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Elle encontre Anders, tailleur de pierre, s'en eprend en dépit des différences sociales, ou à cause d'elles... puis s'en lasse... mais le mal est fait et son père l'oblige au mariage...
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deux enfanrs vont naître, mais Agnès n'acceptera jamais ni son époux, ni ses enfants qui l'empêchent de vivre la vie qu'elle mérite et la cantonne dans la misère... et c'est le drame... ou la délivrance... Agnès part recontruire sa vie en Amérique... Elle est l'origine...
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Ingrid Bergman a habité dans cette ville.
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Des année plus tard...
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A Fjällbacka, petite ville portuaire, sur la côte ouest de la Suède, Sara, fille de Charlotte et petite fille de Lilian, une fillette iper-active est assassinée...
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l'enquête s'oriente entre la famille et les voisins, parents d'un enfant souffrant du syndrome d'Asperger... de vilains secrets sont mis à jour... vengeance, représaille, harcellement, violence, pédiophilie, meurtres, infanticide,


Patrik Hedström, policier, et Erica Falk, écrivain. Patrik et Erica viennent d’avoir un bébé, Maja, et Erica est en pleine dépression postpartum, souffrant du manque de sommeil et submergée par l’ampleur de ses nouvelles responsabilités.
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Les visites de sa belle-mère prompte à la critique n’arrangent pas la situation…
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Dans cette histoire, beaucoup de belle-mères insupportables et de bébés... sans compter les problèmes entre les membres du commissariat, vont quelques peut perturber le bon déroulement de l'enquête...
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résumé : “La dernière nasse était particulièrement lourde et il cala son pied sur le plat-bord pour la dégager sans se déséquilibrer.
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Lentement il la sentit céder et il espérait ne pas l’avoir esquintée. Il jeta un coup d’oeil par-dessus bord mais ce qu’il vit n’était pas le casier.
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C’était une main blanche qui fendit la surface agitée de l’eau et sembla montrer le ciel l’espace d’un instant.
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Son premier réflexe fut de lâcher la corde et de laisser cette chose disparaître dans les profondeurs…”
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Un pêcheur de Fjällbacka trouve une petite fille noyée. Bientôt, on constate que Sara, sept ans, a de l’eau douce savonneuse dans les poumons. Quelqu’un l’a donc tuée avant de la jeter à la mer. Mais qui peut vouloir du mal à une pe tite fille ?
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Alors qu’Erica vient de mettre leur bébé au monde et qu’il est bouleversé d’être papa, Patrik Hedström mène l’enquête sur cette horrible affaire. Car sous les apparences tran quilles, Fjällbacka dissimule de sordides relations hu – maines – querelles de voisinage, conflits familiaux, pratiques pédophiles – dont les origines peuvent remonter jusqu’aux années 1920. Quant aux coupables, ils pourraient même avoir quitté la ville depuis longtemps. Mais lui vouer une haine éternelle.
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Jean Edith Camilla Läckberg Eriksson (née le 30 août 1974 à Fjällbacka) est un auteur suédois de romans policiers. Elle est un des plus jeunes auteurs à succès dans son genre.
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Les romans de Camilla Läckberg se situent tous près de son lieu de naissance, la petite ville côtière de Fjällbacka, en Suède.
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Le Tailleur de pierre
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Ça marche très très bien pour la Suédoise Camilla Läckberg, 35 ans, nouvelle star du roman policier à domicile et traduite dans dix pays.
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En France, où elle a débarqué en force (trois romans publiés depuis l’an dernier), la greffe prend parfaitement:

- 250 000 exemplaires écoulés pour la Princesse des glaces,

- 140 000 pour le Prédicateur

- et 127 000 d’ores et déjà commandés par les libraires pour le Tailleur de pierre, en rayons depuis octobre. Un coffret vient de sortir, qui réunit les trois, et qui pourrait bien cartonner sous le sapin.
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A l’évidence, Camilla Läckberg bénéficie du phénomène Millénium : publiés dans la même collection, «Actes noirs», ses livres rappellent dès le premier coup d’œil la saga de feu Stieg Larsson. Couverture noire encadrée de rouge, dessin aux échos fantasy, typographie identique.
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Dans le fond cependant, rien à voir. Là où le premier, journaliste, bidouillait dans une allégresse palpable des romans d’aventures pourquoi pas invraisemblables, la seconde procède à l’ancienne, par le whodunit, genre déposé par Agatha Christie.
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Donc : du suspense psychologique, du Cluedo, toute la question étant de découvrir qui a commis le crime de l’entame - who has done it ? Plusieurs coupables sont envisagés, dont les trajectoires se croisent dans un jeu de pistes censé mettre le lecteur en ébullition.
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Ainsi le Tailleur de pierre. A partir du cadavre d’une petite fille découvert par un pêcheur dans une de ses nasses à homard, Läckberg agite plusieurs chiffons rouges. Vengeance, qu’aurait pu ourdir un voisin en représailles au harcèlement que lui fait subir la grand-mère de la gamine.
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Violence incontrôlée, de la part d’un adolescent autiste, atteint du syndrome d’Asperger. Infanticide, commis par un père à double vie. Pédophilie, bien sûr…
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En tout cas, il y a eu meurtre et non simple noyade, c’est certain d’après l’autopsie : les poumons de Sara contenaient du savon et de la suie, ce qui implique que l’enfant a été jetée à la mer après étouffement, ailleurs. Mais, au fait, quel rapport avec cette jeune femme de 1923, dont on suit en parallèle la trajectoire égoïste ? Fille d’un industriel, Agnes s’est entichée d’un pauvre tailleur de pierre, au grand dam de son père. Elle en paiera les conséquences et les fera payer autour d’elle.
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L’écheveau échoit à Patrick Hedström, du commissariat de Fjällbacka, petit port de la côte ouest de la Suède où Camilla Läckberg situe tous ses romans. Hedström aussi est récurrent, de même que sa compagne, Erica Falck, biographe à succès qui vient d’accoucher de leur premier enfant, d’où dépression post-partum carabinée.
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L’affaire est d’autant plus sensible pour le nouveau père Hedström qu’il connaissait l’enfant, la mère de Sara étant amie d’Erica… Dans le sillage du policier, Läckberg procède en un va-et-vient entre enquête et intime, elle intrique et complique les choses à plaisir, multiplie les ramifications et les soubassements.
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Il faut aimer ça, l’effet scie, l’impression de mariner sans fin. Sachant que Läckberg a un thème de prédilection plutôt classique (mais indubitablement riche) : la famille, les origines.
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Alors bon, elle ne manque pas d’habileté ni de venin, à l’encontre des femmes notamment, qu’elle coince entre séduction et aspiration à la stabilité, qu’elle figure velléitaires ou manipulatrices.
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Mais se lasser de sa plume systématique et pas franchement aérienne est possible. Läckberg est du genre à écrire, dans le Tailleur de pierre : «Parfois il lui parlait [au granit, ndlr] en travaillant, essayant de l’amadouer si c’était un bloc particulièrement compliqué, et il le caressait avec amour s’il était docile et doux comme une femme.» Ou encore : «Quelque chose, appelez ça de l’instinct, de l’expérience ou simplement de la méfiance, lui disait que tout n’était pas aussi limpide.»
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L’ellipse ne fait pas partie de son attirail, contrairement à la périphrase. C’est ce qu’atteste A l’école du polar, la saisissante méthode incluse dans le coffret qui rassemble les trois livres. En sept leçons («Un métier manuel», «L’ossature», «La description des personnages», «Les dialogues», «Le cadre», «La recherche» et «Le personnage principal»), Läckberg fait passer le message suivant : taratata, mais bien sûr que toi aussi tu peux écrire un polar, il suffit de t’entraîner un peu.
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D’ailleurs, tiens, voilà des recommandations et des exercices pratiques. Exemple : «Ne laissez pas l’arrière-plan rester un simple décor, intégrez-le pour obtenir l’ambiance voulue. Laissez le personnage principal lever la tête, désespéré, vers le ciel et sentir la pluie comme des larmes sur sa figure, laissez le soleil brûler le dos nu de l’homme qui creuse une tombe dans la forêt, etc.»
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Elle est épatante, Läckberg, d’une totale absence de complexes, d’un pragmatisme enjoué, loin de toute sacralisation écrasante. «Une personne avisée a dit que, écrire, c’est 1% d’inspiration et 99% de transpiration, et je peux personnellement vous garantir que c’est exact. Donc, ne vous tracassez pas trop pour la façon dont les mots vont tomber - veillez simplement à ce qu’ils tombent, et en cascade !» Allez hop, et que ça saute ! Sacré pistolet, cette Camilla.-http://www.liberation.fr/livres/0101606331-camilla-lackberg-la-reine-du-polaire
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Autres lecteurs :


entre égoïsme, autisme, pédophilie, dépression post-natale... on peut dire qu'on ne lit pas quelque chose de tout rose !
http://uncoindeblog.over-blog.com/article-le-tailleur-de-pierre-camilla-lackberg-40813586.html

Mon enthousiasme est débordant, et je me demande, m'inquiète serait plus juste, pour le prochain volume. http://motsdesoie.canalblog.com/archives/2009/12/22/16239696.html

le prochain tome, que j'attends avec une certaine impatience.
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curiosité de lecture

Le syndrome d'Asperger
(nom d'origine autrichienne prononcé /ˈasˌpɜrgər/) est un trouble du développement du spectre autistique. Il affecte la vie sociale de la personne, ses perceptions sensorielles, mais aussi sa motricité.
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C'est surtout Lorna Wing qui a révélé en 1981 le travail de Hans Asperger qui date de 1943[3], et qui l'a développé conjointement au principe de trouble du spectre autistique décelant une triade autistique qui a indirectement permis son intégration dans les critères de diagnostics. Ce travail original de Hans Asperger sera ensuite traduit de l'allemand à l'anglais par Uta Frith en 1991.
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Le syndrome d'Asperger a alors fait son entrée, en tant que trouble envahissant du développement (TED), dans la classification internationale des maladies en 1993 puis dans le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV) en 1994, mais « on reconnaît que le syndrome se situe sur un continuum sans rupture qui se dissout à son extrême dans la normalité ».
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Une fois ce syndrome reconnu par le milieu médical, la caractéristique la plus remarquée fut celle des passions hors-normes dans leur type et leur intensité, la personne atteinte pouvant devenir experte dans un domaine restreint.
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Mais le syndrome d'Asperger s'accompagne souvent d'autres traits tels que : hypersensibilité à certains bruits ou aliments, dysgraphie, élocution très particulière (ton de la voix, prosodie, tendance au langage très formalisé même chez les enfants), propension aux routines répétitives.
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Par commodité de langage, une personne atteinte du syndrome d'Asperger est aussi désignée par le terme « Asperger » ou plus familièrement un « Aspie » (expression anglo-saxonne).
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Certains chercheurs et des Asperger ont mis l'accent sur le fait de considérer le syndrome d'Asperger sous l'angle de la différence, plutôt que celle du handicap qu'il faut traiter ou guérir. Les limitations handicapantes, socialement en particulier, étant en effet associées à une singularité, parfois à des compétences exceptionnelles. Hans Asperger parle en 1979 de capacité à « renouveler un sujet par des voies inexplorées, toutes capacités convergeant dans la spécialité étudiée. »

Romans

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Millenium de Stieg Larsson. C'est dans le premier tome de la trilogie de Larsson (Voir pour l'édition française à la page 498) que le lecteur apprend que l'héroïne Lisbeth Salander souffre probablement d'une forme du syndrome d'Asperger. Puis, dans le tome 2 au cours d'une conversation entre Michael Blomkvist et l'ancien tuteur de Lisbeth, Holger Palmgren,le lecteur peut se faire une juste d'idée de la personnalité de Lisbeth à travers ses agissements dans les deux premiers tomes du roman. On y apprend qu'elle a une mémoire photographique, qu'elle est imbattable aux échecs, qu'elle adore les énigmes, qu'elle est incollable dans certaines formes de tests d'intelligence, qu'elle communique très mal avec autrui. Cependant, Holger Palmgren aura soin de noter : « Si tu lis les descriptions cliniques des patients atteints du syndrome d'Asperger, il y a certaines choses qui collent parfaitement avec Lisbeth, mais il y en a autant qui ne collent pas du tout. »
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"La bécassine de Wilson" d'Elisabeth Motsch. Où l'auteur raconte la difficulté à trouver un suivi médical adapté à son enfant atteint du syndrome d'Asperger.
les mots des autres de Clare Morral ,roman , Fayard, 2009. Où on apprend à la fin que l'un puis 2 des personnages ont probablement developpé cette forme de différence.
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"Le tailleur de pierre" de Camilla Läckberg. Le troisième Tome de la romancière présente un personnage atteint du syndrome d'Asperger, Morgan, développeur informaticien qui a appris à reconnaître les émotions grâce à des dessins de sa mère.
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source : wikipédia

mercredi 29 avril 2009

Ake Edardson : chambre n° 10

Terminé hier soir ce polar venu du froid...
Sans être exceptionnel, plutôt agréable à lire.



En cette fin d'été indien, la police criminelle suédoise de Gôteborg est appelée sur une scène de crime où une certaine Paula Ney a été retrouvée pendue dans la chambre numéro 10 de l'hôtel Revy.
La thèse du suicide ne convainc guère le commissaire Winter qui est déjà venu sur les lieux, dix-huit ans auparavant, lors de la disparition non résolue d'une autre jeune femme.
Persuadé comme l'est Winter d'être autrefois passé à côté d'un indice capital, cette nouvelle enquête, est l'occasion pour lui de rétablir la vérité.
A quelques semaines d'un congé sabbatique bien mérité, Erik Winter devra compter autant sur son équipe que sur ses souvenirs pour déterrer d'impensables secrets de famille et mettre fin à une série de meurtres plus horribles les uns que les autres.
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illustration : "la lectrice" de Manuel Merello

dimanche 9 novembre 2008

Maj Sjöwall & Per Wahlöö - Vingt-deux, v'la des frites


livre de chevet,
polar nordique
Un polar pour me changer des thrillers... plus de goût pour ce genre.
En fin de lecture... du très bon !


Alors qu'il réunit ses principaux collaborateurs dans le meilleur restaurant de Malmö, un célèbre et richissime entrepreneur est abattu d'une balle en pleine tête par un homme qui s'échappe tranquillement par l'une des fenêtres du restaurant.
Après de nombreux cafouillages, l'enquête échoit à Martin Beck car l'homme d'affaires a surtout construit sa fortune sur le trafic d'armes avec les colonies portugaises d'Afrique et l'on soupçonne en haut lieu un meurtre politique.
Cela n'empêche pas les enquêteurs de fouiller la vie des proches du défunt : une jolie veuve, un bras droit aux dents longues et un fondé de pouvoir véreux auraient-ils pu commanditer le meurtre ?
Comme souvent, la très prosaïque solution de l'énigme apparaîtra presque par hasard et les vrais méchants ne seront pas forcément punis.
La toile de fond de cette enquête est principalement l'incurie policière et la dégradation sociale induite par un affairisme aveugle uniquement préoccupé de ses profits, dans une société qui n'est solidaire que d'apparence. Avec leur économie de moyens habituelle, Maj Sjöwall et Per Wahlöö se contentent de nous montrer, dans la réalité de la vie des gens ordinaires, les conditions d'existence qui leur sont faites par ceux qui, dans le même temps, s'empiffrent au Savoy.
A l'autre bout de cette injustice, ceux qui s'en mettent plein les poches n'obtiennent même pas le brevet de respectabilité, le prestige qu'ils escomptaient, de la part de ceux qui pensent bien sûr être au-dessus du lot (comme le confirme avec mépris l'aristocratique sœur de Larsson).
En quelques images brèves et efficaces est tracée sous nos yeux une société de classes hermétiquement closes à l'Autre et prospérant sur le plus faible...
La violence faite aux hommes par le modèle social trouve parfois comme exutoire une violence réciproque que Martin Beck, et par delà nos deux auteurs, ont du mal à condamner totalement.
Quant à l'impéritie policière, abordée ici sur un mode drôlatique, elle est autant le fait du flic de base (le duo Kvant-Kristiannson, l'inspecteur Buckland) que des grands chefs stockholmois, la Sécurité intérieure (SEPO) étant, dans ce roman, savoureusement épinglée.
En savoir plus
Maj Sjöwall et Per Wahlöö sont un couple d'écrivains détectives suédois.

Per Wahlöö (né le 5 août 1926 à Göteborg et mort le 23 juin 1975 à Stockholm), diplômé de l'Université de Lund en 1946 consacra ses dix premières années de vie professionnelle au journalisme (il fut notamment reporter criminel) tout en publiant à partir de la fin des années 1950 quelques romans relevant pour l'essentiel du genre politique-fiction.

Maj Sjöwall (née le
25 septembre 1935 à Stockholm), était éditrice pour la maison d'édition suédoise Wahlström & Widstradt lorsqu'en 1961 elle rencontra Per Wahlöö qu'elle épousa l'année suivante.

Intéressés l'un et l'autre par la
criminologie, et animés par de fortes motivations politiques, ils décidèrent très rapidement d'investir le genre du roman policier, qui permet assez facilement de capter l'attention du lecteur tout en développant une argumentation plus intellectuelle. Par le truchement d'histoires policières classiques, mais néanmoins caractérisées par une vraie science de l'intrigue, le couple, dès Roseanna en 1965, a tenté d'exprimer sa vision du monde en général et de la société suédoise de l'époque en particulier.

Le constat implacable qu'ils ont fait de cette société suédoise déliquescente finit par trouver un écho éclatant à la fin de la décennie 1980 lorsque le fameux modèle social commença à voler en éclats sous les coups de boutoirs du
libéralisme économique.

Contexte socio-politique
Au milieu des années 1960, quand débute la saga des enquêtes de l'inspecteur Martin Beck, la Suède est un pays prospère. C'est même, juste derrière la Suisse, la nation européenne offrant le meilleur niveau de vie par habitant.
C'est un État largement industrialisé, importateur de matières premières et d'énergie, et exportateur de produits manufacturés.
Sa neutralité pendant la Seconde Guerre mondiale a profité à l'économie, qui non seulement n'a pas été détruite ou convertie en économie de guerre, mais s'est développée et modernisée.

Au plan politique le pays est dominé depuis les années 1930 par le Parti Social-Démocrate, champion toutes catégories de l'
État-providence. Les inégalités sociales sont faibles et la population immigrée est quasi inexistante (à l'exception d'une immigration finnoise).

C'est dans ce cadre idyllique en apparence, que dix ans durant — et dans autant de romans écrits à quatre mains — Maj Sjöwall et Per Wahlöö vont s'ingénier à montrer l'envers du décor, toutes les déviances traditionnellement passées sous silence, mais dont l'existence même prouve, à leurs yeux, que le fameux « modèle suédois » n'est qu'un leurre à bien des égards.

Pour reprendre une expression de
Robert Deleuse in Les maîtres du polar (Bordas, 1991), l'œuvre du couple scandinave est une « scannerisation de la société suédoise ». Per Wahlöö définissait le travail de son épouse et de lui-même comme « un scalpel ouvrant le ventre d'une idéologie appauvrie et exposant la morale discutable du pseudo bien-être bourgeois ».

Les romans :

Les dix romans formant la série des enquêtes de Martin Beck ont été publiés en Suède entre 1965 et 1975, et se sont arrêtés à la mort de Per Wahlöö. Les six premiers livres ont été publiés en français au début des années 1970 par les éditions Planète, puis la totalité de la série a été reprise au milieu des années 1980.
La série complète est en particulier parue dans la collection de poche 10/18 entre 1985 et 1987. La traduction des six premières enquêtes, jusqu'à et y compris 22, V'là des Frites, a été faite à partir de la traduction anglaise, tandis que la traduction des quatre enquêtes suivantes a été directement faite à partir de la version suédoise d'origine.
Ces derniers épisodes y gagnent encore en authenticité, en particulier grâce à l'utilisation fréquente du tutoiement, très répandu en Suède.

Roseanna
— Il s'agit du premier des dix romans de la série. On y fait la connaissance de presque tous les personnages récurrents de la série, et naturellement celle de Martin Beck.
Celui-ci, alors inspecteur principal de la police nationale affecté au bureau des homicides, est chargé d'enquêter sur la mort d'une inconnue retrouvée dénudée dans un canal.
Première parution française : éditions Planète (1970).

L'Homme qui partit en fumée
— Un homme est retrouvé mort dans un appartement des plus miteux la veille du départ en vacances de Martin Beck ; le lendemain, celui-ci doit quitter sa famille sur la petite île où il viennent d'arriver, car il est rappelé de toute urgence à Stockholm où un fonctionnaire du ministère des Affaires Etrangères lui demande d'abandonner sa villégiature et d'enquêter immédiatement sur la disparition d'un journaliste, de l'autre côté du Rideau de fer, en Hongrie.
(1966).

L'Homme au balcon
— Ce roman traite d'un sujet peu abordé dans la littérature policière de l'époque : la pédophilie.
Martin Beck et son équipe traquent un violeur meurtrier de petites filles dans un Stockholm écrasé par la chaleur du début d'été.
Au plan personnel, on voit les rapports du couple Beck se distendre de plus en plus sans que l'on sache très bien si cela est dû à l'hyperactivité de Martin au travail, ou bien s'il cherche à compenser par cette hyperactivité le désastre affectif qu'est sa vie privée.
Premier titre français : Elles n'iront plus au bois (Planète, 1970).

Le Policier qui rit
— Alors que toute la police de Stockholm est mobilisée pour faire face à une manifestation contre la guerre du Viêt Nam, deux de ses membres découvrent un autobus rempli de passagers arrosés à coup de pistolet mitrailleur.
Parmi les victimes se trouve un policier de la brigade criminelle : Åke Stenström.
Ainsi commence l'un des meilleurs romans de la série dans lequel, outre l'aspect enquête comme d'habitude impeccable, Sjöwall et Wahlöö nous donnent à voir une Suède où, sous des dehors de démocratie presque parfaite, se dissimulent les mêmes turpitudes policières et politiciennes que partout ailleurs en Europe occidentale (nous sommes en 1968)
Premier titre français : Le massacre de l'autobus (Planète, 1970).
Adaptation cinématographique américaine par Stuart Rosenberg en 1973 : The Laughing Policeman (en français : Le flic ricanant).

La Voiture de pompiers disparue
— Quand une banale voiture de pompiers peut en cacher une autre, tout aussi banale mais qui finalement va s'avérer le nœud tenant tous les éléments de l'intrigue !
Alors qu'il est en planque devant l'appartement d'un certain Malm, ignorant totalement pourquoi on l'a placé là par une nuit glaciale, l'immeuble explose littéralement à la figure de l'inspecteur Gunvald Larsson.
Les journaux témoignent que celui-ci s'est comporté en héros pour sauver le vie de plusieurs personnes.
Mais voilà... si la voiture des pompiers n'avait pas temporairement disparu en cours de route, il n'y aurait probablement eu que des blessés... mais plus de roman.
Premier titre français : Feu à Stockholm (Planète, 1972).

22, v'là des frites
— Un grand ponte de l'industrie est abattu dans la salle de restaurant de l'Hôtel Savoy à Malmö et le tueur peut prendre la fuite sans que personne n'ait le temps d'intervenir.
Martin Beck, à présent chef de la brigade criminelle - et en instance de quitter sa femme - se rend dans le sud de la Suède prêter main forte à son ami l'inspecteur-chef Per Mansson, le mâchouilleur de cure-dents parfumés à la menthe.
Outre les personnages habituels, on retrouve ici les inénarrables Kvant et Kristiansson, duo plus bête que méchant et la jolie Asa Torrel, jadis fiancée du policier Åke Stenström mort dans l'attaque de l'autobus (cf. Le policier qui rit), laquelle ne va pas laisser Martin Beck complètement indifférent...
Premier titre français : Le meurtre du Savoy (Planète, 1972).

L'Abominable Homme de Säffle
— Un assassinat à la baïonnette est commis dans un hôpital.
Or le mort n'est pas n'importe qui : c'est un flic, le commissaire Nyman. Qui plus est un flic gravement malade dont l'espérance de vie était des plus réduites.
Au fil de son enquête, Martin Beck et ses hommes vont découvrir que le commissaire Nyman avait l'habitude d'utiliser des méthodes très... spéciales avec les suspects.
Des méthodes qui cadrent mal avec l'idéologie soft de la social-démocratie suédoise, en apparence tout du moins.
(en français : Un flic sur le toit).
Adaptation cinématographique suédoise par Bo Widerberg en 1976 : Mannen på Taket

La Chambre close
— Une femme blonde coiffée d'un grand chapeau braque une banque ; l'affaire tourne mal : elle tue accidentellement un client.
Quelques jours avant, un vieil homme avait été retrouvé mort dans le petit appartement qu'il occupait.
Suicide, sans le moindre doute, d'autant que la chambre du mort était fermée de l'intérieur.
Sauf que Martin Beck a un doute...
Et quand un élément vient relier les deux événements, le doute se transforme en évidence.Un roman dense, à la conclusion teintée d'amoralisme renforçant un peu plus encore le côté profondément humain des personnages.

L'Assassin de l'agent de police
— Une femme est assassinée dans des conditions sordides et son corps jeté dans une mare.
Quelque temps après, des policiers en patrouille surprennent une bande de petits voleurs. Un fusillade éclate et un flic reste sur le carreau.
Manque de chance, l'un des voleurs, pour s'enfuir, dérobe la voiture qu'il ne fallait pas.
Où l'on voit le grand retour d'un personnage déjà rencontré par Martin Beck au détour de sa carrière ; où l'on voit aussi toute l'imbécillité de la hiérarchie policière, son goût exacerbé pour le pouvoir et sa soif de vengeance dès lors qu'un membre de l'institution a laissé sa peau pendant le service.
Un livre féroce, où Maj Sjöwall et Per Wahlöö mettent en pièce le mécanisme policier ; de plus en plus pessimiste
Les Terroristes
— Un important personnage d'un État sud-américain se rend en visite officielle en Suède ; un commando de terroristes internationaux s'y trouve au même moment ; une jeune fille idéaliste et naïve découvre soudain que son pays n'est pas le pays de cocagne dont on lui a rebattu les oreilles...
À partir de ces trois éléments, Maj Sjöwall et Per Wahlöö effectuent une autopsie brillante d'une société pas encore morte, mais pourtant déjà dans un état avancé de putréfaction.
C'est sans conteste le chef-d'œuvre de la série, comme si Per Wahlöö au commencement de ce roman savait que ce serait son dernier.
Les principaux personnages, sans exception, évoluent sur le fil du rasoir, prêts à basculer dans le néant. De la grande littérature.

illustrations:

1 - la liseuse de Renée Jullien

2 - Modigliani

3 - David Hamilton
sources : polars-cottet et wikipédia