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mardi 13 avril 2010

Janwillem Van de Wetering - Le Chat du sergent

"Le chat se frotta contre la jambe du visiteur. Freddie le ramassa et le coucha sur le dos. Sortant un couteau à cran d'arrêt de sa poche, il gratta le menton du chat avec la pointe.
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Le chat ronronna. - Crétin de chat, dit Freddie. Je pourrais lui ouvrir le ventre comme les toubibs l'ont fait à Cora, aujourd'hui. Mais moi je ne le recoudrai pas. Je le laisserai ici avec les tripes a l'air.
- Je ne vous le conseille pas, dit De Gier.
- Si vous ne filez pas droit, je tuerai votre chat, et votre vieille mère et tous les gens à qui vous tenez..."
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Quatorze nouvelles, dont huit mettant en scène les célèbres "flics d'Amsterdam", De Gier et Grijpstra.
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Janwillem Lincoln van de Wetering, né le 12 février 1931 à Rotterdam et mort le 4 juillet 2008 à Blue Hill, Maine, USA) est l'auteur de nombreuses œuvres en anglais et en néerlandais.
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Il est surtout connu pour ses romans policiers, dont les personnages les plus populaires sont Grijpstra et de Gier, deux officiers de police d'Amsterdam qui figurent dans une longue série de romans et de nouvelles. Il a également écrit des livres pour les enfants et des œuvres de non-fiction.
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Van de Wetering est né et a passé sa jeunesse à Rotterdam, mais ensuite il a vécu en Afrique du Sud, au Japon, à Londres, en Colombie, au Pérou, en Australie, à Amsterdam et finalement dans le Maine en 1975, où se déroulent deux de ses nouvelles avec Grijpstra et de Gier, ainsi que ses histoires pour enfants avec le porc-épic Hugh Pine.
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Ses nombreux voyages et ses expériences dans un monastère bouddhiste Zen, et comme membre des Amsterdam Special Constabulary ("policier pendant ses loisirs" comme il le dit dans l'introduction de Outsider in Amsterdam) donnent de l'authenticité à ses œuvres fictionnelles et non fictionnelles.
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Il a obtenu le Grand prix de littérature policière en 1984, pour son roman Le Massacre du Maine, .
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Une lecture agréable mais sans plus... très vite lassant, bien que j'ai trouvé les deux dernières nouvelles assez originales. Je tenterai probablement un de ses polars en cours d'année...

samedi 26 décembre 2009

Woody Allen - L'erreur est humaine

18 récits déjantés, du drôle, de l’absurde, du ridicule, du délire, des situations grotesques,
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jai apprécié quelques nouvelles, mais devient très vite lassant... un livre qui ne me laissera que peux de souvenir... heureusement, il reste ses films.
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illustration : "la liseuse" de l’artiste Paul Allen
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Un père qui distribue à tour de bras des pots-de-vin pour que son fils soit admis dans la meilleure école maternelle,
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un New-Yorkais qui prend un vol pour l’Angleterre afin de s’acheter un costume à odeur,
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un père et le directeur d’une colonie de cinéma qui se battent pour les droits du film tourné par le fils pendant l’été,
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l’enlèvement et la prise d’otage de la doublure d’une star de Bollywood,
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la psychanalyse d’un écrivain,
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le témoignage de Mickey au procès des dirigeants de Disney,
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etc...
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En savoir plus : http://www.tout-woody.com/fr/home.htm

dimanche 6 décembre 2009

John Irving - Les rêves des autres

Voilà bien longtemps que je n'avais plus relu un John Irving... Un peu déçue, sur 7 nouvelles seulement 2 que j'ai aimées... et il semble bien que je ne sois pas la seule.
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la première : "les rêves des autres" ... un homme sans rêves, après son divorce, se met a rêver les rêves de ceux qui ont couchés avant lui sur le lit, le fauteuil, etc... jusqu'au lit de ses parents...
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et "Faut-il sauver Piggy Sneed ?" où l'on rencontre la férocité enfantine...
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illustration : "liseuses" de Sophie Fattal

Elles sont sept, ces nouvelles réunies pour la première fois en un volume, contrepoint à une oeuvre romanesque foisonnante.
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Pour sa plus grande joie, le lecteur y retrouvera ce qu'il connaît : la satire du conformisme, l'imagination débridée, le goût du burlesque, les tabous joyeusement pourfendus — cette vitalité hors du commun qui permet à l'auteur de passer indemne par-dessus les gouffres de ses obsessions.
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Mais certains y découvriront aussi, parfois, le récit à mi-voix, la description en demi-teinte, la profondeur et l'humanité du propos qui font ici d'Irving un nouvelliste à l'égal de Katherine Mansfield ou du Joyce des Dublinois.
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ils l'ont lu :
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http://sebastienfritsch.canalblog.com/archives/2008/11/13/11040323.html Pourtant, toutes les nouvelles qui composent ce recueil ne sont pas toutes de la même trempe. Certaines sentent même un peu le fond de tiroir.
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illustration : Quint Buchholz,

dimanche 29 mars 2009

Bernard Quiriny - Contes carnivores


Terminé ce matin... au petit déjeuner... impossible d'entreprendre autre chose avant de connaître la dernière nouvelle !

Succession de contes dans la lignée de Villiers de L'Isle Adam, Poe, Stevenson, Borges, Henri de Régnier ou Marcel Aymé, où le fantastique se mêle au drolatique et à l'onirique.

Il ne s’agit pas de fantastique traditionnel, mais plutôt de ’réalisme magique’ ou de "merveilleux".

De ces quatorze nouvelles, certains textes ne sont d’ailleurs pas vraiment fantastiques, mais étranges, ou insolites.


- Pour faire l’amour avec une jolie jeune fille rencontrée par hasard, vous devez... la peler car sa peau est... (Sanguine, conte initial).

- Un évêque vit avec deux corps et se transpose tantôt dans l’un tantôt dans l’autre (L’épiscopat d’Argentine).

- La langue des Yapous est totalement incompréhensible car reposant uniquement sur des malentendus (Quiproquopolis).

- Une société d’admirateurs de marées noires s’est constituée, et ses membres courent d’une catastrophe à l’autre pour en juger l’esthétique (Marées noires).

- Un critique musical n’écoute pas la musique, mais... la sent, à l’odeur (Chroniques musicales : Synesthésie).

- Un peintre renommé couronne son oeuvre en se faisant tuer en plein vernissage : le tableau criblé de son sang est à présent terminé (Souvenirs d’un tueur à gages : Autoportrait).

- Le ’zveck’ est un alcool très dangereux : il ne tue pas, mais rend saoûl pour la vie (Une beuverie pour toujours).

- Qui habet aures, l’histoire d’un homme qui entend les pensées des autres quand elles le concernent directement. Et lorsqu’il entendra la voix d’une femme qui l’aime, mais dont il ignore tout, le drame s’enclenche...

- Mélanges amoureux racontent les complexes circonvolutions d’un personnage marié, et amoureux de trois autres femmes, dont le reflet se révèle dans les miroirs de chacune... des autres.

- Un peintre sur oeufs est amené un jour à illustrer un oeuf... né d’une femme (L’oiseau rare).

- plantes carnivores relate la troublante relation entre un botaniste et ses dionées.
illustration : José Roosevelt

mardi 3 février 2009

Haruki Murakami - Saules aveugles, femmes endormies

livre de chevet... après avoir abandonné lachement Védrines...

En attendant de voir ce qu'en disent les lecteurs compulsifs... coup d'oeil sur le blog de Frédéric Ferney...
Toujours curieuse de savoir ce qu'en pense les professionnels de la littérature...
*
Murakami avec un fil de soie

Frédéric Ferney a LU :
"Saules aveugles, femme endormie" d'Haruki MURAKAMI,
traduit du japonais par Hélène MORITA (Belfond).
3 février

C'est un recueil de nouvelles, 23 si j'ai bien compté - avec Murakami, le mot recueil prend tout son sens spirituel , intense, tacite, de repli sur la vie intérieure. Certaines datent de plus de vingt ans, la plupart sont parues dans des revues américaines: le New Yorker, Harper's, McSweeny's.
Chez Murakami, le temps est un petit dieu qui dort, et le monde est son rêve. Un monde à la sensualité troublante, insolite, où les corps flottent comme des algues. On s'y enfonce, on s'y noie. Tout est fatidique, élémentaire, spectral. On se frotte les yeux, trop tard, le marchand de sable est passé.

Murakami déduit par un fil de soie ce que chaque instant contient de plus doux, même le plus morbide, même le plus tragique, la mort d'un fils par exemple. On a parlé parfois d'une "écriture hypnotique" à son sujet: on résiste d'abord, et puis on s'abandonne, même si nos craintes ne vont pas fondre. Pour comprendre un écrivain, il faut savoir ce qu'il a d'extrême, de non-négociable: chez Murakami, c'est la suavité. Il sème la terreur avec ça.

Murakami a l'art d'abolir les frontières entre les sexes, entre les espèces, entre les époques: on circule librement dans l'étrangeté, à la limite du surréalisme. A la limite seulement: il ne va pas vous peindre des cornes à la place des yeux; je crois Murakami bien trop rêveur pour sombrer dans l'onirisme. Tout est relié, les astres, les créatures, les dieux, comme dans le bouddhisme. Avec une voie ferrée, un vieillard, une jeune fille, il fabrique des saisons, des heures, des destins. Ses personnages sont des silences oubliés, moins des créatures que des atomes qui se croisent ou se heurtent, en pure perte, comme chez Lucrèce.

On pense parfois à un Maupassant avec une fleur de cerisier à la bouche ou au Henry James du "Tour d'écrou" pour la densité de l'inquiétude. Il aime les chats, il en met partout comme des miroirs; il aime le blanc, qui est la couleur du deuil, il en met partout aussi; il aime le vide. Là où on ne voit rien, il décèle un présage , une ride sur l'eau, un nuage dans le ciel - il a traduit Raymond Carver et Scott Fitzgerald en japonais, ce n'est pas étonnant. Il ressent, il pressent, sans jamais s'émouvoir.

Il ne dessine pas, il peint, au lavis. Il soigne un détail, il laisse le reste dans le flou, il détecte l'impalpable péril dans la fêlure d'un compotier ou dans une aile de papillon. C'est une technique très particulière, quand on est accoutumé aux crayons noirs du roman contemporain. Pas de morale, pas de chute, pas de leçon. On est dans l'implicite, dans le latent, dans le songe. Une fois passé le pont, les fantômes viennent à vous. Brrr!

mardi 7 octobre 2008

JMG Le Clézio - Mondo et autres histoires

livre du week-end

Les contes de Le Clézio, qui semblent nés du rêve et du recueillement, nous parlent pourtant de notre époque.
Venu d'ailleurs, Mondo le petit garçon qui passe, Lullaby la voyageuse, Jon, Juba le sage, Daniel Sindbad qui n'a jamais vu la mer, Alia, Petite Croix, et tant d'autres, nous sont délégués comme autant d'enfants-fées.
Ils nous guident.
Ils nous forcent à traverser les tristes opacités d'un univers où l'espoir se meurt.
Ils nous fascinent par leur volonté tranquille, souveraine, accordée au silence des éléments retrouvés.
Ils nous restituent la cadence limpide du souffle, clé de notre âme.
Note
Et bien voilà... depuis le temps que je voulais lire un roman de Le Clézio... c'est fait !
livre lumineux !
et quel style !
Aucun doute, je vais en lire d'autres !
*
Par contre, trouvé une certaine parenté avec un des livres d'Orsenna... que j'avais d'ailleurs beaucoup aimé également.

vendredi 19 septembre 2008

Bernard Quiriny - Contes carnivores

rentrée littéraire septembre 2008
envie de lire

Un botaniste amoureux de sa plante carnivore ;

Un curé argentin qui a la faculté de se dédoubler dans différents corps ;

Onze écrivains morts que vous n'avez jamais lus ;

Une femme-orange qui se laisse littéralement boire par ses amants ;

Une société d'esthètes fascinés par les marées noires ;

Des Indiens d'Amazonie qu'aucun linguiste ne comprend ;


Et l'extraordinaire Pierre Gould qui resurgit sans cesse en héros transformiste...

Quatorze nouvelles fantastiques à l'Imagination débridée et au style ciselé. dans la grande tradition des labyrinthes borgésiens et du Passe-Muraille de Marcel Aymé.
Le lecteur attentif croisera aussi l'ombre de Thomas de Quincey et d'Enrique Vila-Matas, qui s'invite en personne dans la préface.


Biographie

Bernard Quiriny est né en 1978 en Belgique. Il a publié en 2005 un premier recueil de nouvelles.
L'Angoisse de la première phrase, qui a remporté le prix de la Vocation.
Contes carnivores est préfacé par Enrique Vila-Matas.


La presse en parle

Note

Vraiment impatiente de le lire...

vendredi 5 septembre 2008

Qiu Xiaolong - Cité de la Poussière rouge

Rentrée littéraire de septembre 2008
littérature chinoise : nouvelles
Shanghai, cité de la Poussière Rouge. Dans cet ensemble composé de maisons shikumen – maisons traditionnelles shangaïennes – les habitants aiment se réunir dans l’une des allées pour leur « conversation du soir ».
Lors de ces rencontres se tissent les histoires qui composent ce recueil.
Les narrateurs appartiennent à différentes catégories sociales, s'expriment dans diverses tonalités, et leurs récits se rattachent de près ou de loin à la cité.
Toutes les nouvelles sont donc reliées entre elles. L'unité du recueil ne repose pas seulement sur celle du lieu, mais aussi sur l'interpénétration des récits et sur le déroulement chronologique.
L’ensemble couvre plus de cinquante ans, de la prise de pouvoir du Parti communiste en 1949 jusqu'à l’actuel « socialisme à la chinoise », en passant par la « révolution et la construction socialistes » sous Mao, le désastre de la Révolution Culturelle, puis la réforme économique de Deng Xiaoping.
Chaque nouvelle s’inscrit dans les événements politiques et sociaux, et un extrait du « bulletin d’information de la Poussière Rouge », un affichage de quartier qui résume les événements de l'année, fournit le cadre historique et politique essentiel.


Revue de presse : http://www.lemonde.fr/livres/article/2008/09/05/cite-de-la-poussiere-rouge-de-qiu-xiaolong_1091887_3260.html?xtor=RSS-3260
la société chinoise post-maoïste est un roman


Que s'est-il passé en Chine entre octobre 1949 quand le président Mao a proclamé la fondation de la République populaire et les Jeux olympiques de Pékin en 2008 ?
Quantité d'ouvrages ont déjà tenté de répondre à cette vaste question. Le livre de Qiu Xiaolong donne une vision panoramique plutôt convaincante de l'histoire de la société chinoise au cours de la deuxième moitié du XXe siècle.

Les vingt-quatre récits qui constituent la Cité de la Poussière rouge - dont une grande partie a été publiée cet été en feuilleton dans Le Monde -, évoquent ainsi le destin de quelques habitants d'un quartier populaire de Shanghaï entre ces deux dates.
Chacun est précédé d'un communiqué résumant en quelques lignes la situation politique et économique de la Chine pour l'année concernée.

Ainsi en 1995,
au moment où "le Comité central du Parti a adopté la proposition de poursuivre la réforme économique à travers la transformation de l'économie planifiée traditionnelle en économie socialiste de marché", intervient l'histoire de Vieux Fang le Bossu, ancien ouvrier des aciéries qui, au temps de la révolution culturelle a mené avec un zèle redoutable la guerre contre les "suppôts du capitalisme pourri".

Il n'a manifestement pas compris que la société a changé et reste imperméable aux subtilités de "l'économie socialiste de marché", il continue de poursuivre de sa hargne vengeresse les marchands ambulants de plus en plus nombreux et dont la présence est désormais encouragée par les autorités au même titre que toutes les initiatives privées.

D'ailleurs que pourrait-il faire d'autre puisque les entreprises d'Etat comme l'aciérie où il travaillait peuvent se déclarer en faillite et ne plus assurer les retraites de leurs anciens ouvriers ?
Vieux Fang finira par vivre misérablement aux crochets de ceux qu'il a autrefois pourfendus.
Les personnages de Qiu Xiaolong sont d'autant plus émouvants que l'on retrouve dans leurs mésaventures l'écho de sa propre histoire comme cet épisode où un fils doit aider son père malade à rester debout pendant des heures, portant au cou une pancarte qui stigmatise ses crimes.

Né en 1953 à Shanghaï, Qiu Xiaolong s'est vu interdire d'école pendant plusieurs années parce que son père, propriétaire d'une petite entreprise, était considéré pendant la révolution culturelle comme un droitier contre-révolutionnaire.
Ayant appris l'anglais plus ou moins seul, il s'intéresse particulièrement à la littérature américaine, rédige un mémoire sur T. S. Eliot et se trouve d'ailleurs dans la ville natale du poète américain à Saint Louis quand se produisent les événements de la place Tiananmen.

Depuis il vit et enseigne aux Etats-Unis, où il s'est fait connaître par une série de romans policiers mettant en scène les tribulations de l'inspecteur Chen Cao empêtré dans les contradictions de la société chinoise d'après-Mao.
Dans cette société, où le parti entend tout régenter tout en encourageant les initiatives économiques les plus sauvages, ces contradictions ne manquent pas.
Dans Cité de la Poussière rouge, elles se ramènent la plupart du temps à l'opposition entre deux sortes d'individus, les opportunistes comme ces déserteurs partis à Taïwan pendant la guerre de Corée et qui reviennent, fortune faite, pour être accueillis en héros, et les idéalistes qui ont cru faire preuve de loyauté à l'égard du parti alors qu'ils ont été simplement manipulés.

En confrontant le discours politique officiel à sa traduction concrète dans la vie des gens ordinaires, Qiu Xiaolong se livre à un décryptage cruel de la langue de bois employée par les dirigeants chinois, aussi efficace que bien des pamphlets.
- Gérard Meudal
Note :
chic, un nouveau Qiu Xiaolong...
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voir les autres nouveautés chez l'éditeur : http://www.lianalevi.fr/litterature/litterature.htm

Murakami Haruki - Saules Aveugles Femme Endormie

Rentrée littéraire 2008
littérature japonaise
Vingt-trois nouveaux petits contes de notre quotidien, transfigurés par la poésie et la grâce de Murakami.
La quintessence de son art inégalé des situations d'apparence anodines qui basculent dans le fantastique ou l'absurde.
Japon, de nos jours.
Par une douce journée de mai, un jeune homme accompagne à l'hôpital son cousin, pratiquement sourd de l'oreille droite.
Il se souvient alors de la visite qu'il avait rendue, des années auparavant, à la fiancée d'un de ses amis.
La jeune fille leur avait raconté l'histoire, plutôt triste, d'une femme endormie sous l'emprise de saules aveugles.
Un dimanche de juillet irréprochable, au bord d'un étang où flottent des canettes de coca telles les vestiges d'une cité antique engloutie, un auteur décide d'écrire une histoire sur les tantes pauvres, un sujet qui lui est totalement inconnu.
Et qu'il ne tarde pas à avoir littéralement sur le dos, lorsqu'une tante pauvre se retrouve accrochée à lui, au grand dam de son entourage.
En 1979, un ami de Murakami, collectionneur de vieux disques de jazz et de femmes mariées, n'a cessé de vomir pendant quarante jours et quarante nuits, tout en étant assailli de coups de fil anonymes.
Attiré par les deux millions de yens à la clé, un jeune homme se présente à un concours de pâtisserie. Sans savoir que le jury est composé d'énormes corbeaux, prêts à s'entretuer en cas de désaccord.
Malgré l'avis de ses proches, une femme épouse un homme de glace, après s'être assurée qu'il ne risquait pas de fondre à la première dispute. Mais sa vie de couple ne tarde pas à prendre un tour inattendu.
Après avoir été souvent confronté à des coïncidences plus que bizarres, Murakami choisit de nous raconter les plus insignifiantes.
Sachant que, le plus souvent, nous les laissons filer sans les voir, comme des feux d'artifice en plein jour.
Depuis quelque temps, Mizuki Ando oublie régulièrement son nom. Une défaillance souvent gênante, qui l'amène à consulter une psychiatre. Heureusement, cette crise a une cause bien réelle : un singe a volé le badge d'écolière portant son nom, qu'elle gardait précieusement chez elle. Mais le singe peut lui expliquer pourquoi.
À travers ces histoires qui font surgir l'étrange, l'humour et le fantastique à partir de situations contemporaines d'apparence anodines, Haruki Murakami nous démontre encore une fois son art magistral de transfigurer la banalité de nos existences.
Biographie et bibliographie :
voir l'article :



Note : j'aime assez lire des nouvelles... et comme j'ai lu déjà sans déplaisir l'un de ses livres, pourquoi pas...



vendredi 29 août 2008

Alice Munro - Fugitives

Rentrée littéraire septembre 2008

Carla vit dans un mobile home avec Clark.

Ils ont monté un petit centre équestre.

Un soir, pour casser la routine et s'amuser un peu, elle a raconté à Clark que M. Jamieson, le voisin, lui demandait des faveurs sexuelles.

À la mort du vieil homme, Clark veut faire chanter sa veuve. Carla n'ose pas avouer son mensonge.


Il pleut à longueur de journée et les cours d'équitation sont déserts. Et puis sa chèvre préférée, Flora, a disparu.

Lassée de tout, Carla s'enfuit.

La fille de Juliet, Penelope, est partie vivre dans un "Centre d'équilibre spirituel".

Au début, elle donnait signe de vie en envoyant des cartes d'anniversaires impersonnelles. Puis plus rien.

Des années après, Juliet apprend par hasard que Penelope est vivante et qu'elle a cinq enfants. Elle n'en sait pas plus. Ne réclame ni détail ni indice.

"Elle continue d'espérer un mot de Penelope, mais sans aucun acharnement. Elle espère comme les gens espèrent sans se faire d'illusion des aubaines imméritées, des rémissions spontanées, des choses comme ça.

"Huit nouvelles. Huit variations autour de l'amour et du destin.

Dans un style souvent comparé à Tchekhov ou à Raymond Carver, Alice Munro explore les relations entre les êtres et ces moments de l'existence où une révélation, une rencontre, font tout vaciller.

Des années 20 à nos jours, ses héroïnes cherchent à échapper à une vie aliénante, à un passé trop lourd ou au couperet du temps qui passe. Munro excelle dans ces portraits de femmes en quête d'ailleurs.

Des femmes modestes, ni des modèles ni des héroïnes mais des sœurs, des voisines d’Outre-Atlantique, des passantes imparfaites, avec leurs compromis et leurs échappée-belles.

Plongées dans le hasard, elles l’organisent pour se faire croire qu’elles le maîtrisent. Elles ne prétendent même pas être lucides, et cette authenticité nous donne envie de nous asseoir à côté d’elles et d’essayer de les comprendre.

Toutes décident à un moment ou un autre de s’en aller.

Dans Pouvoirs, qui clôt ce recueil, Alice Munro nous manipule avec brio, passant d’un narrateur à l’autre, changeant de points de vue, de chronologie, de perspectives.

Nous perdons pied, car qui est réellement cette femme ?

Nous la découvrons à cœur avant de la perdre tout à fait. Nous savons des choses que nous oublions par la suite. Nous croyons être près d’elle alors qu’elle s’éloigne.

Elle est une fugitive, dans une vie qui s’échappe d’elle.

Le temps délite les choses et l’emmène« doucement, inexorablement, loin de ce qui commence à se désagréger derrière elle, se désagréger et s’assombrir tendrement pour se résoudre en une apparence de suie, une douceur de cendres ».

Revue de presse Mensup :

Alice Munro livre des portraits de femmes dans un recueil de nouvelles

Considérée comme l'un des plus grands écrivains anglo-saxons, la Canadienne Alice Munro publiera un recueil de nouvelles intitulé Fugitives le 21 août prochain aux éditions de l'Olivier.
*
Candidate de premier plan au prix Nobel de littérature, elle est unanimement admirée par ses pairs comme Jonathan Franzen ou Joyce Carol Oates, et par la critique.

Dans Fugitives, Alice Munro propose huit nouvelles autour des thèmes de l'amour et du destin.

Elle choisit souvent dans ses fictions un moment fatidique pour ses personnages, le temps d'une révélation ou d'une rencontre.

Ces nouvelles, qui explorent la mémoire et les souvenirs, sont portées par des héroïnes telles que Carla qui vit dans un mobile home avec Clark et ne supporte pas son mensonge et la fille de Juliet, Penelope, qui, après être partie dans un centre spirituel n'a plus donné de nouvelles.

Alice Munro est l'auteur d'une dizaine de recueils de nouvelles.

Son unique roman Loin d'elle a été adapté au cinéma par Sarah Polley en 2007.

La nouvelliste a reçu dans sa carrière de nombreuses distinctions au Canada, mais aussi aux Etats-Unis où elle a remporté en 1999 le National Book Critics' Circle Fiction Award, et en Angleterre avec le W.H. Smith Award en 1995 et le Commonwealth Writers Prize en 2005.
Récompenses
sources :
et wikipédia

Note :

Il serait peut-être temps pour moi de découvrir cet auteur... Aucun souvenir de l'avoir déjà lu.
Quant à la littérature canadienne, me semble pas non plus l'avoir abordée... grande honte !

Et comme il faut bien commencer un jour, autant débuter par cet auteur... candidate au nobel de littérature...

dimanche 13 juillet 2008

Franz Bartelt : le bar des habitudes

livre de chevet (nouvelles)



Avez-vous comme moi, un café où vous aimez passer quelques heures?
Vous savez, ces lieux où les visages vous sont familiers; où les serveurs savent ce que vous allez commander.
Un endroit où il fait bon lire, au milieu du bruit ambiant et des volutes de cigarettes? Franz Bartlet réunit dans ce recueil seize histoires, dont certaines parlent de ces endroits typiquement français.

Le bar des habitudes est en fait le titre de la première nouvelle de ce livre : Balmont entre comme tous les matins dans le troquet de son quartier. Mais ce matin-là, rien ne se passera comme à l'habitude.
Mauvais rêve : Malone se surprend un matin à avoir envie de tuer sa femme. Cette envie est si intense qu'il a peur pour elle.
*
Ma tournée : Nadège est serveuse. Un jour elle voit l'homme de sa vie entrer dans le bar.
*
La tourte : alors que toute la famille est attablée pour déguster la tourte, un SDF entre dans la salle à manger.
*
Date limite de consommation : quand une jeune fille de 19 ans décide de se tatouer sur le ventre "date limite de consommation" avec la date d'anniversaire de ses 50 ans.
*
Histoire molle : à quoi ressemble la vie d'un couple de mous?
*
Le souvenir de Fred : En allant chercher son pain comme tous les jours, Tony croise son ami Fred. Mais celui-ci a changé, sa peau est devenue noire comme de l'ébène.
*
Un parcours sans fautes : c'est l'histoire de Mme Belvaux, dont le mari, professeur de français, la reprend sans cesse sur son élocution.
*
Lili : Lili n'aime pas son nom. Elle fera tout pour en changer.
*
Un mauvais joueur : Protone aime bien aller dans les bars et lancer des paris sur son poids. Qui devinera, à cinquante kilos près, combien il pèse?
*
Tueur en série : et si c'était une vocation, comme plombier ou dentiste? Si on ressentait le même amour du travail bien fait?
*
Le sixième commandement : quelle peut-être l'issue pour un époux terriblement jaloux?
*
Dans le train : un homme prend le train pour retrouver sa région natale. Mais le train roule et ne s'arrête jamais.Testament d'un homme trop aimé : tout est dit dans le titre.
*
Un voisin redoutable : Pedro est au désespoir, de nouveaux voisins viennent de s'installer à côté de chez lui, et ils sont aussi stupides que fachos.
*
Ta tête d'assassin : Jeff aime bien faire sa tête d'assassin pendant les repas de famille. Cela amuse ses neveux et nièces. Mais jamais il n'aurait imaginer jusqu'où cela pourrait l'emmener.
*
Ce sont des récits très différents les uns des autres: tendres, cruels, drôles, réalistes, surnaturels... Pourtant toutes ces histoires ont en commun le grain de sable qui vient enrayer la machine. Comment réagit-on quand l'inatendu frappe à notre porte?
*
L'écriture de Franz Bartlet est très simple, épurée, au service de ses personnages et histoires. Ma lecture s'est faite en apesanteur, hors du temps, avec un sentiment d'irréalité et de bien être.

Dans les rades du Nord, mieux que chez soi


Franz Bartelt fait basculer le quotidien et livre seize nouvelles douces et décalées.
Au Bar des habitudes, il suffit d'un détail pour que tout se grippe et glisse dans la confusion: une cliente qui n'est pas à l'heure, un homme refusant de quitter le zinc, un absent pour faire le quatrième à la belote coinchée.
A la maison, même topo. Le mari se met à rêver qu'il tue sa femme, et les années de mariage sans le plus petit nuage se transforment en minutes de cauchemar. Un clochard joue les invités surprises dans une famille bien sous tous rapports et c'est l'hallali.
En seize nouvelles, Franz Bartelt découpe ainsi le quotidien, le pousse dans ses retranchements, joue sur un mot, un sentiment, une situation et plonge dans l'incongru, dans une dérive qui fait tomber les masques, comme s'il faisait du saut à l'élastique avec ses personnages pour s'en rapprocher, s'en éloigner, s'en rapprocher encore.

Qu'il écrive des romans, des récits, des textes courts ou des polars, Franz Bartelt reste un oulipien du fantastique, un obsédé du minuscule comme ces piliers de bar qui s'installent dans le même coin obscur, se font oublier des pékins facilement envapés pour surprendre les nouvelles du dehors.
Dans les bistrots du nord de la France où l'écrivain a ses quartiers, il croise des couples mous qui s'abandonnent au plaisir, meurent comme ils respirent, dans un double contentement muet. Un jour, il prend un train qui mène à ses souvenirs d'enfance mais ne s'arrête à aucune gare convenue.

Plusieurs fois, Franz Bartelt a mis ses pas dans ceux des poètes. Il a suivi Verlaine et Rimbaud dans des paysages d'Ardenne où le noir et blanc est une tenue de rigueur.
Il a également accompagné l'œuvre d'André Dhôtel dans un texte quasiment initiatique (Aux pays d'André Dhôtel, aux éditions Traverses).
De toutes ces influences, il a fait son miel, le nez dans la mousse de bière et les yeux dans les nuages. Désormais, Le bar des habitudes est un lieu de rendez-vous obligatoire, le détour nécessaire pour passer de l'autre côté d'un miroir un peu piqué, celui que l'on scrute les soirs de solitude: il vous renvoie votre visage, juste derrière le comptoir, quand on se dit qu'il faudrait prendre le chemin du retour, rentrer chez soi, là où personne ne vous attend. (lire)
*
Note : tout simplement magnifique... une bonne lecture de vacances !