jeudi 16 octobre 2008

curiosité de lecture : cannibalisme

Sur le point de terminer "Tokio" de Mo Hayder

Finalement, je trouve ce livre plutôt intéressant. Cela m'a permis de faire quelques recherches sur la guerre sino-japonnaise... période que je connais peu, juste entendu parler des "femmes de confort"...

Jusqu'à présent j'ai donc pu vérifier les faits avancés par Mo Hayder, sur les massacres de Nankin et de l'unité 731.

...Lorsque le tribunal de Tokyo s’ouvrit le 3 Mai 1946, l'acte d’accusation du procureur exposait en détail, preuves et témoins à l'appui, le déroulement des invasions japonaises, depuis l'incident du Mandchoukuo jusqu'à la guerre du Pacifique en passant par le conflit sino-japonais.

Dans les attendus du jugement, la Cour reprit pour l'essentiel les thèses de l'accusation.

Le détail des crimes révélés au cours des débats stupéfia les Japonais comme le monde entier.
L'opinion publique fut particulièrement choquée par le récit des atrocités commises dans les territoires occupés : celui du massacre de Nankin comme nous l’avons vu, mais aussi du commerce des drogues et de l'opium en Chine, de la marche de la mort de Bataan, aux Philippines, des assassinats de civils à Manille, de Chinois à Singapour, ou des mauvais traitements infligés aux prisonniers de guerre[5].

Des unités militaires japonaises spéciales ont mené des expériences sur des civils et des prisonniers de guerre en Chine. Une des plus tristement célèbres était l’Unité 731. Ses victimes furent l’objet de vivisections sans anesthésie, d’amputations et furent utilisées pour tester les armes biologiques, entre autres expériences.

Ces « chercheurs » japonais n’utilisaient pas de moyens anesthésiants car ils considéraient que cela pouvait altérer les résultats des expériences. Certaines victimes se virent injecter du sang d’origine animale.

Les japonais ont également utilisés des armes chimiques,
eu recourt au cannibalisme[6]
, au travail forcés, au pillage, etc.

Ces crimes étaient autant d’actes à punir pour les alliés. Les buts du tribunal de Tokyo étaient de juger les crimes contre la paix, les assassinats, les massacres et les crimes commis contre l’Humanité.



Le terme cannibale provient du mot caniba ou cariba utilisé par les Taïnos que Christophe Colomb a rencontrés lors de son premier séjour sur Hispaniola.
Il désignait alors, selon Colomb, les redoutables populations de l'est de l'île qui combattaient les autres peuples indigènes et mangeaient leurs victimes.
En débarquant à la Guadeloupe en novembre 1493, Colomb et son équipage ont découvert des ossements humains qu'ils ont alors attribués aux mêmes peuples Cariba, Caniba, devenus Caribales ou Canibales.
Le mot caraïbe fut alors employé pour désigner les autochtones des Petites Antilles mais aussi les anthropophages du Nouveau Monde, avant de se répandre en Europe et de prendre la forme cannibale dans le sens de « sauvage » mangeur d'homme.
En 1572, Montaigne y consacre une partie du premier livre (I, 31) de ses Essais,
et Shakespeare s'en inspire en 1611 pour créer le personnage maléfique de Caliban dans sa comédie La tempête.

On distingue l’endocannibalisme, qui consiste à manger les membres de son groupe humain, et l’exocannibalisme, qui consiste à manger des membres d'un autre groupe humain.

Quelques précisions sur le cannibalisme

"C'est un péché et je regrette l'homicide. Mais pour ce qui est du repas, je vois ça autrement " - Armin Meiwes - Le cannibale de Rotenbourg (Allemagne)

Le cannibalisme est une pratique ancestrale qui est aussi vieille que l'espèce humaine. Si celle-ci tant à diminuer, elle n'a néanmoins pas totalement disparu de notre planète. Des cas de cannibalisme sont signalés de temps à autre.

Dans son ouvrage intitulé "Cannibales", Martin Monestier estime qu'ils étaient plus de 100 millions au début du XIXe siècle, 50 millions vers 1910, et qu'aujourd'hui il resterait encore quelques 3 millions de personnes qui consommeraient régulièrement de la chair humaine.

Différence entre anthropophagie et cannibalisme Les anthropologues insistent beaucoup sur la différence existant entre l'anthropophagie et le cannibalisme. Si dans les deux cas, ces termes servent à qualifier un homme qui mange de la chair humaine, il existe néanmoins des différences :

En effet, le cannibalisme qui consiste pour un homme à manger un de ses semblables, s'inscrivait à l'origine dans une pratique rituelle faisant partie intégrante d'un système social.
On parlait même de société cannibale dans laquelle on distinguait les personnes consommables de celles qui ne l'étaient pas. Mais en aucune manière, il ne pouvait être question de sacrifice humain.
Dans le cannibalisme, on trouve obligatoirement quelque chose de l'ordre du rituel ou du culturel, un référent totalement absent dans l'anthropophagie.
En psychanalyse, on considère que le cannibalisme fait partie du fantasme du stade oral qui consiste à vouloir s'incorporer, en le dévorant l'objet de son désir.

Les motivations du cannibale

Celles-ci peuvent être multiples et s'entre mélanger.
Il peut s'agir :
d'un cannibalisme alimentaire du à une pénurie, à une disette.
d'un cannibalisme guerrier : manger son adversaire permet de s'attribuer ses vertus.
d'un cannibalisme sacré permettant le plus souvent l'évocation des ancêtres décédés, ou l'invitation des dieux.
d'un cannibalisme de vengeance pour humilier son ennemi, le rabaisser au niveau d'une viande de boucherie.
d'un cannibalisme judiciaire permettant de rétablir l'ordre social.
vient enfin, le cannibalisme érotique voire le cannibalisme pathologique.



Voir également :

1 commentaire:

Naina a dit…

J'ai lu "Tokyo" il y a déjà quelque temps. L'armée japonaise a commis des actes horribles dans les territoires qu'elle a occupés. Malheureusement, c'est une partie de l'histoire qui n'est pas enseignée dans les écoles japonaises. De plus, Le Japon s'est posé en victime à la suite des bombardements atomiques, les crimes commis ont été totalement oubliés. Et cela conduit à une certaines incompréhension entre les peuples d'Extrême-Orient. Un jour, j'ai rencontré un Japonais qui se demandait pourquoi en Extrême-Orient il n'était pas possible d'avoir la situation que nous, nous avons en Europe (notamment les relations franco-allemandes). Il ne comprenait pas pourquoi cela ne marchait pas et pourtant,il préparait une thèse... en histoire !