jeudi 9 octobre 2008

Le Français Jean-Marie Gustave Le Clézio, prix Nobel de littérature 2008

NOUVELOBS.COM 09.10.2008 16:09

L'Académie suédoise a récompensé l'auteur de "Désert", qui s'est dit "très ému", pour son oeuvre "de la rupture de l'aventure poétique et de l'extase sensuelle, l'explorateur d'une humanité au-delà et en-dessous de la civilisation régnante".
Après le prix Nobel de médecine, il s'agit du deuxième Nobel attribué à un Français en 2008.

Jean-Marie Gustave Le Clézio (Sipa)
Le prix Nobel de littérature 2008 a été attribué à l'écrivain français Jean-Marie Gustave Le Clézio pour son oeuvre "de la rupture", a annoncé, jeudi 9 octobre, l'Academie suédoise.
L'Académie a fait ce choix d'un "écrivain de la rupture, de l'aventure poétique et de l'extase sensuelle, l'explorateur d'une humanité au-delà et en-dessous de la civilisation régnante", selon les attendus de l'Académie.J-M G Le Clézio, 68 ans, recevra un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (1,02 million d'euros) le 10 décembre à Stockholm.
En juin dernier, il avait reçu le prix littéraire suédois Stig Dagerman qu'il lui sera remis en octobre à Stockholm.
"Gagner du temps"
Jean-Marie Gustave Le Clézio s'est déclaré "très ému et très touché" par la récompense, dans une interview en français à la radio publique suédoise.
"C'est un grand honneur pour moi", a ajouté le lauréat du prestigieux prix, précisant qu'il remerciait "avec beaucoup de sincérité l'Académie Nobel".
Avant l'attribution du prix, J-M G Le Clézio a estimé que le Nobel permet à un écrivain de "gagner du temps", lui "donne envie de rebondir"."Quand on est écrivain, on croit toujours aux prix littéraires (...) Comme tout prix littéraire, ça représente du temps, c'est gagner du temps. Ca donne envie de rebondir", a-t-il déclaré sur France Inter à propos du Nobel, dont il n'était alors que l'un des favoris.
"On écrit pour avoir des réponses, c'est une réponse", a-t-il souligné.
Interrogé sur la teneur du discours qu'il pourrait prononcer lors de la cérémonie d'attribution du Nobel, l'écrivain a évoqué "la difficulté que les jeunes ont à se faire publier", "toute la relativité du système éditorial".
"C'est difficile surtout quand on est très jeune. On doit sans cesse frapper aux portes, se heurter à des murs", a-t-il noté.
"Je n'écris que des romans parce que je suis incapable d'écrire des mémoires. J'ai une sorte de réticence à regarder ma vie, à considérer qu'elle a un intérêt", a-t-il encore noté, à propos de son dernier livre "Ritournelle de la faim".
Plusieurs fois primés
Né le 13 avril 1940 à Nice d'une famille bretonne émigrée à l'Ile Maurice au 18e siècle, Jean-Marie Le Clézio est considéré comme un des maîtres de la littérature francophone contemporaine.
Il a reçu entre autres le prix Renaudot en 1963 pour son ouvrage "Le procès-verbal". Il était alors âgé de 23 ans.
Son oeuvre très diverse évoque aussi les voyages et différentes cultures, notamment l'Amérique latine, l'Afrique et l'Océanie.
Les derniers lauréats français sont l'écrivain d'origine chinoise Gao Xingjian en 2000 et Claude Simon, grande figure du Nouveau roman, en 1985.
J-M GLe Clézio recevra un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (1,02 million d'euros) le 10 décembre à Stockholm.

Bibliographie de Jean-Marie Le Clézio

Jean-Marie Gustave Le Clezio, lauréat jeudi du prix Nobel de littérature, est l'auteur d'une cinquantaine de livres dans plusieurs genres, édités essentiellement chez Gallimard.Voici les principaux titres de son oeuvre:
- Le Procès-verbal (roman, 1963)
- La Fièvre (nouvelles, 1965)
- Le Déluge (roman, 1966)
- L'Extase matérielle (essai, 1967)
- Terra Amata (roman, 1967)
- Le Livre des fuites (roman, 1969)
- La Guerre (roman,1970)- Les Géants (roman, 1973)
- Voyages de l'autre côté (nouvelles, 1975)
- Les Prophéties du Chilam Balam (version et présentation de Le Clézio (76)
- Vers les icebergs (essai, 1978)
- Mondo et autres histoires (nouvelles, 1978)
- L'Inconnu sur la Terre (essai, 1978)
- Voyage au pays des arbres (jeunesse, 1978)
- Désert (roman, 1980)
- Trois Villes saintes (essai, 1980)-
La Ronde et autres faits divers (nouvelles, 1982)
- Relation de Michoacan (version et présentation de Le Clézio, 1984)
- Le Chercheur d'or (roman, 1985)
- Voyage à Rodrigues (roman, 1986)
- Le Rêve mexicain ou la pensée interrompue (essai, 1988)
- Printemps et autres saisons (nouvelles, 1989)
- Sirandanes (nouvelles, 1990)- Onitsha (roman, 1991)
- Étoile errante (roman, 1992)- Diego et Frida (biographie, 1993)
- La Quarantaine (roman, 1995)
- Poisson d'or (roman, 1997)
- Révolutions (roman, 2003)
- L'Africain (récit, 2004)
- Ourania (roman, 2005)
- Ritournelle de la faim (roman, 2008)
Note :
Après pas mal d'années de purgatoire (1985) pour la littérature française, enfin un français à l'honneur !
D'autant plus que le nom de Le clézio était murmuré depuis pas mal de temps et jamais honnoré.
C'est fait et mérité...
Regret tout de même pour mon favori Amos Oz. Dans le même cas le Le Clézio d'ailleurs. Son nom apparait tous les ans. Alors espérons encore... l'année prochaine à Stockholm.

2 commentaires:

sylire a dit…

J'aurais bien aimé Amoz Oz moi aussi... peut-être la pochaine foi ?
Mais je me réjouis pour LE CLEZIO !
Les français vont le lire un peu plus qu'avant.

mazel a dit…

moi aussi, mon grand favori était Amos Oz...
Mais contente tout de même pour Le Clézio... et puis de fait, un bon moyen pour remettre ses livres à l'honneur et que beaucoup le découvre.
J'aime assez sa modestie... rafraichissante lorsque on le compare a un certain BHL qui encombre les plateaux TV en ce moment !