vendredi 27 juin 2008

Caryl Férey, des Zoulous et des Utus...

polar

Les confirmés
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Après la Nouvelle-Zélande et l'Australie où se situaient ses précédents polars, Haka et Utu, Caryl Férey s'installe en Afrique du Sud à Cape Town, entre quartiers riches et ghettos misérables.
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L'apartheid n'est pas qu'un vague souvenir dans la tête de son héros zoulou, Ali Neuman.
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Il dirige la brigade des homicides avec son adjoint, Epkeen, un Afrikaner plutôt déjanté, et Fletcher, un petit jeune qui vomit encore devant les cadavres de jeunes filles dans les bosquets du jardin botanique.
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Tous trois sont en train d'enquêter sur deux meurtres de femmes blanches, mais ne croient pas à une vengeance raciale.
Ces filles avaient, semble-t-il, une double vie, et ne rechignaient pas à tester les drogues dures.
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Caryl Férey ne ménage pas les fausses pistes et se fait un plaisir d'épingler les poussahs blancs, sûrs de leur pouvoir et de leur argent.
Mais le plus intéressant est son regard sur un pays qui ne cesse de gratter ses plaies.
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Ali, marqué par son enfance, traîne dans les bars glauques, fréquente des filles de hasard.
Epkeen ne vaut guère mieux, changeant de maîtresse de façon compulsive, noyant dans l'alcool ses échecs sentimentaux et familiaux.
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Caryl Férey sait faire monter la tension, créer une atmosphère étouffante jusqu'au dégoût. Il a longtemps traîné dans les townships où les Noirs crèvent de faim et acceptent n'importe quoi pour survivre.
Il ajoute un peu de magie noire et de grosses entreprises mafieuses qui n'ont pas d'états d'âme.
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Son roman est violent à l'image d'un pays qui n'oublie rien et son écriture, descriptive, parfois lyrique, s'acharne à appuyer là où ça fait encore mal.
L'an dernier, il signait chez Folio un Petit éloge de l'excès, un mot qui lui va bien et qu'il affiche la tête haute dans ce thriller particulièrement réussi et désespéré.
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biographie
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Né à Caen en 1967,
Caryl Férey a passé son enfance en Bretagne avant de commencer à voyager.
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Il a vécu quelque temps en Océanie, décor de ses romans Haka et Utu.
Il publie son premier roman en 1994, suivi quatre ans plus tard de Haka grâce auquel il fait une entrée remarquée sur la scène du thriller en recevant le prix de l'Aube noir 1998 :
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Jack Fitzgerald s'est engagé dans la police néo-zélandaise dans l'espoir de retrouver sa femme et sa fille mystérieusement disparues ;
vingt-cinq ans plus tard, le cadavre d'une jeune fille fait ressurgir tous ses vieux démons.
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En 2004, parait Utu dans lequel Paul Osborne, spécialiste de la question maorie, apprend le " suicide " de Fitzgerald dont il fut le bras droit.
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Incrédule, il reprend l'enquête et affronte ses propres démons.
Ce roman dense et violent a reçu plusieurs prix dont celui du Polar SNCF 2006 et a imposé Caryl Férey comme l'un des meilleurs espoirs du thriller français.
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Dans Plutôt crever, paru en 2002, c'est McCash, un flic borgne sans prénom, qui suit la trace de l'assassin d'un député.
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Caryl Férey écrit également des livres pour la jeunesse, des textes pour le théâtre et la radio. Grand voyageur, il est toujours en quête d'histoires à raconter.
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quelques titres…
Zulu
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Enfant, Ali Neuman a fui le bantoustan du KwaZulu pour échapper aux milices de l'Inkatha, en guerre contre l'ANC, alors clandestin.
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Même sa mère, seule rescapée de la famille, ne sait pas ce qu'elles lui ont fait...
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Aujourd'hui chef de la police criminelle de Cape Town, vitrine de l'Afrique du Sud, Neuman doit composer avec deux fléaux majeurs : la violence et le sida, dont le pays, première démocratie d'Afrique, bat tous les records.
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Les choses s'enveniment lorsqu'on retrouve la fille d'un ancien champion du monde de rugby cruellement assassinée dans le jardin botanique de Kirstenbosch.
Une drogue à la composition inconnue semble être la cause du massacre.
Neuman qui, suite à l'agression de sa mère, enquête en parallèle dans les townships, envoie son bras droit, Brian Epkeen, et le jeune Fletcher sur la piste du tueur, sans savoir où ils mettent les pieds...
Si l'apartheid a disparu de la scène politique, de vieux ennemis agissent toujours dans l'ombre de la réconciliation nationale...
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Utu : Un thriller chez les Maoris
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D'origine maorie, Jack Fitzgerald s'était engagé dans la police suite aux disparitions inexpliquées de son épouse et de sa fille sur une île de Nouvelle-Zélande.
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L'annonce de son suicide, après la mort d'un chaman indigène aux pratiques occultes effroyables, ne convainc pas son ancien bras droit.
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Osborne, spécialiste de la question maorie, revient sur les traces de son ami et par la même occasion sur son propre passé.
Hana, celle qu'il appelle " ma femme " et qu'il connaît depuis l'enfance, croise de nouveau sa route.
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Les disparitions continuent.
Une réalité glaçante se dessine.
Au pays du utu, la vengeance comme les gènes, se transmet dans le sang...
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La jambe gauche de Joe Strummer : Une enquête inédite de Mc Cash
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Mc Cash, s'il n'est plus flic, reste borgne et dévoré par une colère aussi vieille que son premier concert des Clash, à Belfast, avant les grèves de la faim de Bobby Sand et les victimes du Bloody Sunday...
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Plus de femme, pas d'avenir, des illusions perdues...
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Un ophtalmologue l'informe que s'il persiste à soigner par la destruction tout ce qui l'entoure, il sera vite et définitivement aveugle.
Belle raison pour en finir d'une lumineuse balle dans la tête !
L'étincelle pourtant viendra d'ailleurs.
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Une lettre lui révèle qu'il est le père d'Alice.
La mère est morte et c'est à lui désormais qu'il revient de veiller sur la petite...
A peine Mc Cash est-il arrivé dans le village de sa fille qu'il trouve une autre fillette noyée. Alice vient le voir. Elle est le témoin qui dérange.
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Lorsque tombent les morts, Mc Cash redécouvre la peur et l'espoir mêlés.
Lui qui voulait mourir mesure de plein fouet la valeur d'une vie. Celle de son enfant...
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Haka
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D'origine maorie, Jack Fitzgerald est devenu flic à Auckland avec l'espoir de retrouver sa femme et sa fille, mystérieusement disparues.
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Secondé par une jeune criminologue tout aussi acharnée, il trouvera sur sa route une effroyable série de cadavres liés - ou non ? - à des rites ancestraux, mais surtout la vérité sur les fantômes qui le hantent...
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Plutôt crever
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Si votre meilleure copine vous offre pour vos trente ans les Mémoires de Lacenaire et un calibre.44 dans une boîte à chaussures, méfiez-vous ! Lisez au moins le mode d'emploi.
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C'est ce qu'aurait dû faire Fred avant d'abattre le député Rogemoux et de prendre la fuite à travers la Bretagne, en voiture, à vélo, à pied ou en kayak...
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Il aurait trouvé le carnet et les étranges QCM d'Alice. Il aurait vu les six balles creuses et les petits papiers.
Il n'aurait pas été traqué par toutes les polices de France et ne serait pas devenu le gibier d'un terroriste basque aux tendances psychopathes.
Il n'aurait surtout pas eu dans son sillage, comme une ombre dévorée de colère, le flic borgne Mc Cash. Lui ne lâchera jamais.
Fred et Alice non plus. Quoi qu'il advienne. Plutôt crever !
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L'âge de pierre
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Mon frère faisait courir des rumeurs comme quoi son copain Brutasse allait me casser la tête, c'était un miracle que j'en aie réchappé, ah, il y avait un bon Dieu pour les tapettes.
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J'avais beau être un renard amoureux de Natalisalmon, on me prenait pour un phoque.
Mon frère m'a aiguisé comme un silex ; depuis, entre la combustion et l'étincelle, je consume les fées dégringolées et le vent comme autant de miracles improvisés.
Nous avons passé l'âge de pierre.
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'Celui qui est pressé est déjà mort." Edmond serait bien d'accord avec cet adage berbère, si seulement on lui laissait le temps de respirer : à peine débarqué au Maroc, il assiste, impuissant, à l'enlèvement de Farid, le cousin de la sulfureuse Leila, militante pour les droits de la femme.
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Lancés à la poursuite des ravisseurs en compagnie de Hamed, alias "le Bandit", ils apprendront à mordre la poussière du grand Sud marocain.
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Un road-movie tragi-comique qui, des gorges du Dadès aux portes majestueuses du Sahara, les mènera non sans mal jusqu'à Essaouira, la ville enchantée où Leila est attendue pour prononcer un discours mémorable sur l'avenir de la femme marocaine.
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Le jeune Edmond Benakem, surnommé Eddie, français de souche tuniso-bretonne, reporter au Guide du routard, voudrait bien faire paisiblement son job de globe-trotter fureteur.
Mais c'est sans compter sur la redoutable force des choses, qui, pour chaque nouvelle destination, l'entraîne dans d'invraisemblables tribulations.
Confronté à des situations hors normes, Eddie réagit avec son coeur, son humour et sa sensibilité.
À chaque fois, pour chaque polar, un voyage coloré au pays des embrouilles carabinées...
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La cage aux lionnes
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Sujet : Alice, qui a beaucoup voyagé dans son enfance, sait faire des tas de choses.
Mais son point fort n'est pas la relation avec les autres.
Heureusement, il y a la musique.
Et pour ses 14 ans son père lui offre deux places pour aller avec sa bonne amie au concert de son idole.
Rien ne se passe comme prévu et la soirée prend une tournure inattendue.
L'occasion pour Alice de montrer de quoi elle est capable.
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Commentaire : Un roman policier au rythme tonique et au suspense sous-jacent jusqu'à son terme.
Le langage courant est correct et correspond à l'âge d'Alice, subjuguée à l'idée de voir sa chanteuse préférée, de près !
Dès lors l'ambiance est à bien des égards, pesante, car on redoute la violence sous toutes ses formes (mauvaises rencontres, attaques la nuit, enlèvement, mauvais traitements...).
Le dénouement est heureusement très rassurant.
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Petit éloge de l'excès
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" Je n'invente rien, c'est dans le dictionnaire étymologique le mot est d'abord employé pour désigner un acte qui dépasse la mesure, un dérèglement.
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Je vous passe les détails mais, à la fin, l'emploi du mot au sens de " très grand ", et de son adverbe au sens de " très " ou " tout à fait " et cela sans idée d'excès, est fréquent.
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L'excès non seulement résiste aux règles imposées par les pauvres types sus-nommés, mais permet aussi de nous multiplier, de nous essayer à toutes les sauces, tous les possibles, de grandir en somme.
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Tant pis si on est excessivement mauvais.
Il n'y a à perdre que des illusions, des résidences secondaires, des voitures, des slips de bain. "
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Le Noir dans le Blanc : Saison 2005
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Il est marrant Gilles.
De son premier métier de photographe, Gilles Del Pappas n'a conservé dans ses archives que des portraits de tueurs.
Pas encore à la retraite...
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Et Romain Slocombe.
Il y a du sushi à se faire avec un tel bonhomme.
Tout ça parce qu'une citoyenne de l'empire du Soleil-Levant a disparu quelque part entre Grenoble et Vars.
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Et il faudrait vous parler aussi de Caryl Ferey... Un tendre ! Il ne s'est pas remis de la disparition d'Alice.
Même après avoir dansé le Haka, la bourrée guerrière des rugbymen All Blacks, il n'a pas réussi à impressionner le ravisseur de sa belle.
Quant à Lilian Bathelot, on ne vous dira pas comment il a retrouvé l'ADN d'un grognard qu'il a fait ressusciter du côté du refuge de Napoléon.
Colin Thibert, comme il le dit plaisamment, est né en 1951, indépendamment de sa volonté, et en Suisse pour ne rien arranger. Propre sur lui. Mais dans sa tête, on peut s'attendre à tout.
Maurice Attia est psychiatre. Ça n'arrange pas les choses lorsqu'il confond Freud, Lacan et les skis paraboliques. Cet homme n'ira pas au paradis. Il fallait bien une femme pour adoucir le climat délétère de ce deuxième Noir dans le Blanc varsinc. Manqué ! Elle s'appelle Pascale Ferroul. Ça rime avec embrouille.
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A vous de lire ! Le Noir dans le Blanc s'enracine avec bonheur à Vars. Au point, cette année, de faire entrer Ancy Neyroll, une autochtone, dans cette talentueuse et joyeuse confrérie de polardeux. Bienvenue au club !
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Autres titres
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A voir :
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Note :
Pas encore lu cet auteur...
cela me semble prometteur de bons moments de lecture...
Pour bien faire, je vais devoir choisir un livre avec les zoulous et un autre avec les












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