vendredi 19 septembre 2008

Dominique Jamet - Un traître

Rentrée littéraire septembre 2008
sélectionné pour le fémina
"Juin 1940, en France, est-ce le meilleur moment pour avoir 20 ans ?
Jean Deleau est alors un jeune homme sans histoire. Quatre ans plus tard, devenu le chef redouté de la « Gestapo française » de Neuville-sur-Loire, il échappe à la justice de la Libération et parvient à se cacher pendant vingt ans chez sa mère.
Enfin arrêté en 1965, il passera encore vingt ans en prison avant d’être libéré, à 65 ans…
Ce roman est inspiré de la vie très réelle d’un collaborateur, jugé 23 ans après la fin de la guerre.
Choisit-on de devenir un traître ? Ou tentons-nous d’organiser des événements dont les mystères nous échappent ?"

"Au long des semaines et des mois qui suivirent, Jean Deleau se familiarisa avec les techniques, les méthodes et la pratique des interrogatoires avec ou sans violence.
Il y prenait une part de plus en plus active. C’était le métier qui entrait, et le passionnait, presque trop. Il croyait chaque jour davantage à ce qu’il disait et à ce qui se disait autour de lui. Ce n’était quand même pas la faute des Allemands si l’imbécillité, l’incompréhension, la sotte rancune du plus grand nombre, le mauvais vouloir et la carence des autorités, le travail de sape des communistes et des gaullistes les contraignaient à assumer les tâches normalement dévolues à la police et à la justice françaises.
Comment considérer autrement que comme des mauvais Français ceux qui, au lieu d’accepter la défaite et ses conséquences, de serrer les rangs autour du Maréchal et de son gouvernement, de soutenir la seule politique conforme à l’intérêt national, obéissaient aux ordres de gouvernements étrangers, suivaient les consignes de généraux dissidents et combinaient de lâches attentats dans l’ombre en espérant que les représailles qui en découlaient creusent un fossé infranchissable entre la population et les troupes d’occupation ?
L’homme d’ordre, le soldat casqué et botté, le combattant impitoyable qui s’éveillait, s’agitait et parlait chaque jour plus fort à l’intérieur de l’insignifiant, du gentil Jean Deleau, ce bon petit jeune homme, sentait monter en lui une haine instinctive et raisonnée pour ceux que les journaux et la radio, obéissant aux directives du gouvernement, appelaient systématiquement « terroristes » ou « bandits »"
L'Auteur :
Journaliste et écrivain, chroniqueur à Marianne, ancien directeur de la BNF, Dominique Jamet a publié chez Flammarion deux récits autobiographiques,
un petit Parisien (2000)
et Notre après guerre (2003).
Un petit Parisien a obtenu le prix France-Télévision.


Note
Envie de lire... probablement intéressant.
Impression tout de même de déjà lu...
Me donne envie de revoir le film "Lacombe Lucien".

2 commentaires:

Châteaubriant a dit…

Dominique Jamet donne un nom d'emprunt à Jacques Vasseur qui vécut Vingt ans chez sa mère. Neuville dans le livre n'est pas Orléans comme le dit Pivot mais Angers. Jacques Vasseur fut le salaud qui assassina les martyrs, à la chopinière et dans la Forêt de Juigné les moutiers près de Châteaubriant

http://www.paysdechateaubriant.fr

mazel a dit…

merci pour la précision historique.